Auteur/autrice : nigeractu

  • Escalade de la violence terroriste au Burkina Faso : plus de cent victimes en dix jours

    Escalade de la violence terroriste au Burkina Faso : plus de cent victimes en dix jours

    Le Burkina Faso traverse une période critique avec une vague d’offensives meurtrières menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une branche d’Al Qaïda. En l’espace de seulement dix jours, des centaines de personnes ont perdu la vie, touchant de plein fouet les forces de l’ordre. Face à ce drame, le sommet de l’État observe un mutisme total.

    Un décalage flagrant entre le discours officiel et la réalité du terrain

    Le silence règne au sein des médias nationaux et des institutions dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce manque de communication s’explique par la difficulté de concilier ces attaques incessantes avec la promesse d’une reconquête territoriale totale, argument central du pouvoir militaire depuis le coup d’État de septembre 2022. La situation sécuritaire dans l’est et le nord du pays semble pourtant échapper au contrôle des autorités.

    Le 6 mars dernier, un raid violent a visé une unité de police à Yamba, localité située à une vingtaine de kilomètres de Fada N’Gourma. Selon des sources locales, l’assaut aurait fait plusieurs dizaines de victimes, dont au moins trente policiers. Les assaillants, arrivés en grand nombre à moto, ont pillé le campement et emporté du matériel avant que les renforts ne puissent intervenir.

    Une coordination accrue des groupes armés au Sahel

    Le mois de février a été l’un des plus sanglants de l’année. Les observateurs de West Africa Maps ont recensé 38 actions offensives du JNIM et plusieurs attaques de l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Ces groupes opèrent souvent près des frontières avec le Mali et le Niger, des zones stratégiques pour le contrôle des ressources minières et des routes commerciales.

    Cette instabilité impacte directement le Niger économie et la sécurité régionale, rendant l’actu Niger indissociable de la crise burkinabè. Les Niger nouvelles font d’ailleurs régulièrement état de mouvements de combattants entre ces pays limitrophes. Alors que la politique nigérienne tente de s’organiser face à la menace, la Niamey actualité reste attentive à la porosité des frontières.

    Le lourd tribut payé par les supplétifs civils

    Les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), milice citoyenne soutenant l’armée, sont en première ligne. Le 14 février a marqué un tournant tragique avec la mort de 186 VDP et d’une centaine de gardes forestiers lors de raids coordonnés dans le nord. Cette efficacité tactique démontre, selon les experts, une organisation de plus en plus sophistiquée des groupes djihadistes.

    Parallèlement, la stratégie de défense populaire montre des signes de dérive. Des membres des VDP sont régulièrement accusés d’exactions contre la minorité Peul, suspectée à tort de complicité avec les insurgés. Début mars, de nouveaux massacres de civils ont été signalés dans la zone de Bittou, aggravant les tensions communautaires au sein du pays.

  • Wapco Niger renforce la santé des communautés locales par des actions concrètes

    Wapco Niger renforce la santé des communautés locales par des actions concrètes

    Une initiative sanitaire d’envergure pour les pasteurs du Niger

    WAPCO (Niger) a récemment mené une campagne de vaccination et de déparasitage du bétail dans la région de Zinder, en collaboration avec les autorités locales de l’élevage. Sept campements de pasteurs, dont N’Guel Eléfi et Tesker, ont bénéficié de ces services, couvrant plus de 10 000 animaux. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la première phase du projet « Communautés en bonne santé », désormais déployé dans toutes les zones traversées par le pipeline.

    Des consultations médicales gratuites pour les populations riveraines

    Pour renforcer les capacités de gestion de la santé des communautés locales, WAPCO (Niger) a mobilisé ses ressources médicales disponibles sur site. Deux projets pilotes de consultations gratuites ont été lancés début 2025 près des stations de pompage 5 et 6, suscitant un vif intérêt auprès des habitants. Encouragée par ce succès, l’entreprise a étendu l’initiative en août 2025, organisant sept consultations médicales communautaires gratuites au total. Ces actions ont permis de soigner 1 249 résidents et d’offrir une ambulance tricycle à un centre de santé local.

    Un engagement élargi pour le bien-être animal et humain

    Lors de la mise en œuvre de ces consultations, WAPCO (Niger) a identifié un besoin criant chez les éleveurs : la santé de leur bétail, essentiel à leur subsistance. En réponse, l’entreprise a élargi son programme « Communautés en bonne santé » en partenariat avec les autorités locales. Résultat : plus de 20 000 animaux ont été vaccinés et déparasités dans trois grands points de rassemblement de pasteurs situés le long du pipeline. Ces actions visent à protéger les moyens de production des éleveurs et à soutenir leur activité.

    Campagne de vaccination et de déparasitage du bétail au Niger

    Une philosophie d’entreprise axée sur le développement partagé

    Depuis sa création, WAPCO (Niger) adopte une approche de coopération basée sur le bénéfice mutuel et le développement partagé. Tout en assurant le bon fonctionnement de son pipeline, l’entreprise s’engage activement dans des actions sociales et environnementales. Parmi ses initiatives phares, on retrouve le Projet de Développement Communautaire Intégré (PDCI), qui vise à améliorer les conditions de vie locales. Par des dons et des aides ciblées, WAPCO (Niger) contribue à renforcer les moyens de subsistance des populations et à favoriser un environnement stable pour ses activités.

    Un avenir tourné vers plus d’impact et de collaboration

    À l’avenir, WAPCO (Niger) prévoit d’intensifier ses évaluations des besoins communautaires pour mieux répondre aux attentes des populations riveraines. L’entreprise entend élargir la portée de ses actions sociales afin que davantage de résidents puissent profiter des retombées positives du développement. Tout en garantissant la sécurité et la fluidité de son pipeline, WAPCO (Niger) maintiendra une collaboration étroite avec les communautés locales, en prenant des mesures concrètes pour améliorer leurs conditions de vie et promouvoir une croissance mutuelle.

  • Crise démocratique en afrique : quels enjeux en 2024 ?

    Crise démocratique en afrique : quels enjeux en 2024 ?

    Un continent sous tension : l’afrique face aux bouleversements politiques

    Depuis 2020, l’Afrique traverse une période marquée par une série de coups d’État, au nombre de neuf à ce jour. Ces événements ont entraîné l’arrivée au pouvoir de dirigeants militaires, remplaçant des présidents issus de processus électoraux. Parallèlement, l’Afrique se tourne de plus en plus vers le Sud global, affichant une opposition croissante aux positions de l’Occident.

    L’injonction démocratique : entre promesses et désillusions

    Depuis le discours historique de François Mitterrand à La Baule en 1990, les pays africains ont été incités à adopter des systèmes démocratiques sous la pression des nations occidentales. Pourtant, cette transition n’a pas toujours été synonyme de stabilité ou de progrès. Certains régimes ont détourné ces principes à leur avantage, tandis que d’autres les ont rejetés, préférant des modèles dits « illibéraux ».

    Vers une nouvelle ère politique ?

    Cette crise de la démocratie en Afrique soulève des questions cruciales : comment concilier souveraineté nationale et attentes internationales ? Quels sont les risques d’un repli vers des régimes autoritaires ? Autant de défis qui redéfinissent le paysage politique du continent.

  • Site partenaire Burkina Faso – ANRS MIE

    Site partenaire Burkina Faso – ANRS MIE

    Site partenaire Burkina Faso

    Dernière mise à jour le 28 avril 2026

    L’essentiel sur le Site partenaire Burkina Faso

    Le Site partenaire Burkina Faso s’articule principalement autour du Centre Muraz de l’Institut national de Santé publique (INSP) à Bobo-Dioulasso et du Centre de Recherche international pour la Santé (CRIS/UO) de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou.

    • Acteurs clefs : ministère de la Santé du Burkina Faso, Centre Muraz/INSP, CRIS, PCCEI UMR 1058 Montpellier, ambassade de France au Burkina Faso, ANRS MIE
    • Actions principales : renforcer les collaborations nationales et internationales, soutenir les jeunes chercheurs, appuyer les équipes burkinabè dans la réponse aux appels à projets et renforcer le Centre Muraz/INSP et le CRIS
    • Priorités de recherche : VIH, hépatites virales, papillomavirus humains, tuberculose, Covid-19, arboviroses
    En savoir plus sur le réseau international

    En bref

    Date de création
    2001

    Responsables
    Dr Dramane Kania (Coordinateur Burkina Faso), Pr Nicolas Nagot (Coordinateur France)

    Hébergement physique du partenariat
    Centre Muraz/INSP, Bobo-Dioulasso, et CRIS/UO, Ouagadougou, Burkina Faso

    Genèse du partenariat

    Les premières collaborations franco-burkinabè ont débuté dès 1999. Le partenariat s’est mis en place en 2001 et a été officialisé en 2006 par la signature d’un accord-cadre entre l’ANRS et le ministère de la Santé, autour du Centre Muraz à Bobo-Dioulasso.

    La collaboration s’est ensuite développée autour d’un second centre de recherche, le Centre de Recherche Internationale pour la Santé (CRIS/UO), située à l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) à Ouagadougou.

    Depuis quelques années, les collaborations et champs d’action du Site partenaire Burkina Faso ont été élargis aux maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes pour mieux répondre aux enjeux de santé publique et scientifiques du Burkina Faso et de la région. Leur étude se fait selon l’approche One health (une seule santé), dans un contexte de santé globale.

    Le Centre Muraz et le CRIS

    Le Centre Muraz, à Bobo-Dioulasso, est une Direction technique de l’Institut national de Santé publique (INSP). Ses missions sont la recherche, la formation et l’expertise en lien avec quatre grands programmes de recherche : maladies infectieuses, maladies à potentiel épidémique, santé sexuelle et reproductive, politique et gestion des systèmes de santé et capitalisation. Le Centre dispose d’un laboratoire doté d’un plateau technique de niveau relevé pour le diagnostic et l’innovation diagnostique des maladies infectieuses ainsi que d’un Centre de méthodologique et de gestion des données de la recherche.

    Le Centre de Recherche Internationale pour la Santé (CRIS/UO) est une structure de recherche et de formation au sein de l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) à Ouagadougou. Il a pour ambition de favoriser la création d’une plateforme de recherche internationale pour la santé à l’UJKZ et de former de jeunes professionnels de santé à la recherche médicale. Les activités de recherche concernent différents problèmes de santé publique liés au VIH/sida et à la santé globale.

    Les dates clés de la collaboration franco-burkinabè

    Gouvernance du partenariat et collaborateurs


    Coordinateur Burkina Faso : Dr Dramane KANIA
    Centre Muraz/INSP, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso


    Coordinateur France : Pr Nicolas NAGOT
    PCCEI/UMR1058, Inserm, EFS, université de Montpellier, université des Antilles, France


    Coordinateur adjoint : Dr Désiré DAHOUROU
    Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), Bobo-Dioulasso, France


    Coordinateur honoraire : Pr Nicolas MEDA
    CRIS/UO, Ouagadougou, Burkina Faso

    Le Site partenaire fut précédemment coordonné par le Pr Nicolas MEDA (coordinateur Burkina Faso) et le Pr Philippe VANDE PERRE (Coordinateur France).

    Les collaborateurs (liste non exhaustive)

    De nombreux partenaires tels que des universités, des ONG, des ministères, des institutions de recherches, des structures de santé ou des acteurs communautaires sont en lien avec le Centre Muraz et le CRIS à travers le Site partenaire. On trouve également d’autres partenariats institutionnels, financiers ou sur projet.

    Les principales activités du partenariat

    • Collaboration avec les associations de malades, les acteurs du système de santé et les décideurs, dès le développement de nouveaux projets de recherche pour faciliter la production et le transfert des connaissances
    • Animation scientifique : organisation de journées d’échange avec les acteurs de la recherche et de la santé autour de thématiques spécifiques en lien avec les priorités du Burkina Faso et de la région
    • Ouverture et renforcement de collaborations au niveau national (IRSS de Nanoro, Nouna, CNRFP, CORUS, LCR, ONSP, …) et aux niveaux régional et international avec les acteurs du Réseau international de l’ANRS MIE, l’OMS …
    • Poursuivre l’offre de formation et de renforcement des capacités des jeunes chercheurs et équipes de recherche (écriture de projets, de notes de politique, transfert de connaissances, rédaction d’articles…)
    • Appui aux équipes de recherche burkinabè pour répondre aux appels à projets et mettre en place des projets
    • Renforcer le plateau technique du Centre Muraz/INSP pour poursuivre des recherches de qualité et renforcer l’infrastructure du CRIS pour un espace suffisant consacré à la coordination des projets de recherche

    Evolution des axes de recherche

    Recherche sur le VIH, les IST et les co-infections par la tuberculose et les hépatites virales

    Depuis les années 1990, la collaboration franco-burkinabè en recherche en santé s’est concentrée sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge du VIH.

    Des essais thérapeutiques ont été menés et se poursuivent encore aujourd’hui sur la prévention de la transmission mère-enfant (Kesho-Bora, Promise PEP, PREVENIR PEV, TRI MOM) ; le renforcement de l’observance et les thérapies antirétrovirales (THILAO, MOBIDIP, 2LADY) ; le diagnostic de la tuberculose chez les enfants infectés par le VIH (PAANTHER).

    La recherche sur la prévention du VIH et des IST dans les populations clés (cohortes Yérelon pour les travailleuses du sexe et CohMSM pour les HSH) a permis d’évaluer la faisabilité et l’efficacité opérationnelle de stratégies comportementales et biomédicales.

    Les sciences sociales ont exploré le vécu des malades et l’accès aux soins des femmes séropositives.

    La recherche biologique a analysé la transmission du VIH (sexuelle et de la mère à l’enfant), la résistance aux traitements, la diversité génétique du virus et l’impact de la co-infection VIH-tuberculose.

    Des études sur les hépatites virales, révélant une forte prévalence du VHB et du VHC avec une répartition hétérogène dans le pays, ont proposé la mise en place de stratégies d’intervention spécifique (REVERSO).

    Recherche sur les maladies infectieuses émergentes (MIE)

    De nouveaux axes de recherche ont émergé plus récemment, notamment sur les arboviroses (ARBOFASO) ou le Covid-19, avec des études sur l’évaluation de traitements (COVERAGE Africa), le diagnostic, la compréhension et l’impact du virus, selon une approche One Health.

    Priorités de recherche actuelles

    Les activités de recherche menées et soutenues par les acteurs principaux du Site partenaire Burkina Faso et leurs collaborateurs portent sur le VIH, les hépatites virales, le papillomavirus humain (HPV : human papillomavirus), la tuberculose, le Covid-19 et les arboviroses. Différents domaines de recherche sont sollicités comme l’innovation, le diagnostic, la recherche clinique, la recherche fondamentale, la santé publique et les sciences sociales. Plus précisément :

    • Recherche clinique : stratégies d’allègement thérapeutique, diagnostic et prise en charge du cancer du col de l’utérus chez les personnes vivant avec le VIH, traitement des maladies émergentes (Covid-19), innovation diagnostique (VHB : virus de l’hépatite B )
    • VIH au cours de la vie : prévention de la transmission mère-enfant du VIH , adolescence et transition vers l’âge adulte, vieillissement
    • Populations vulnérables : HSH* (PrEP**, IST***), travailleurs et travailleuses du sexe, enfants des rues, usagers de drogues
    • Hépatites : épidémiologie de l’hépatite C et de l’hépatite E, effet de l’environnement (VHB et aflatoxine)
    • Quadruple élimination de la transmission mère-enfant (VIH, VHB, syphilis, maladie de Chagas)
    • Maladies infectieuses émergentes : dengue et autres arboviroses, Covid-19 et préparation aux épidémies

     

    * hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes

    ** Pre-exposure prophylaxis (prophylaxie pré-exposition)

    *** infections sexuellement transmissibles

    L’apport du Site partenaire Burkina Faso

    Le partenariat a permis de renforcer les capacités de recherche du Centre Muraz et d’autres équipes de recherche du Burkina Faso, favorisant l’innovation scientifique, la formation des jeunes chercheurs, l’élaboration de politiques sanitaires et l’engagement communautaire.

    Le partenariat a permis de renforcer le Centre Muraz, aboutissant à sa reconnaissance nationale et à son intégration en 2018 comme Direction technique de recherche de l’Institut National de Santé Publique (INSP). L’ANRS MIE a soutenu son équipement, notamment avec une structure d’accueil pour les cohortes, un laboratoire de virologie moléculaire P2, un laboratoire d’immunolo­gie et un centre de calcul.

    En 2021, grâce au Site partenaire, le Centre Muraz a rejoint le réseau AFROSCREEN pour le séquençage des variants SARS-Cov-2 et d’autres agents pathogènes, avec l’installation d’une plateforme de génomique et l’acquisition d’un séquenceur Illumina MiniSeq.

    Le Site partenaire a aussi permis la création du CRIS/UO, facilitant la coordination des recherches à Ouagadougou.

    Le Site partenaire du Burkina Faso collabore avec l’université Nazi Boni (UNB) et l’UJKZ pour soutenir la formation d’étudiants en master et doctorat. Ce soutien a favorisé l’émergence de jeunes chercheurs qui sont les principaux animateurs de la recherche et de l’orientation des politiques sanitaires sur les maladies infectieuses au Burkina Faso.

    Des chercheurs associés participent à divers groupes techniques nationaux et internationaux pour l’élaboration de recommandations. Parmi ces groupes, on peut citer les Comités nationaux de surveillance des variants SARS-CoV-2 et de validation des algorithmes de dépistage du VIH, et les groupes de réflexion de l’OMS sur les thérapeutiques VIH/hépatites/IST et sur l’allaitement.

    Le partenariat permet également de soutenir les associations et des comités communautaires engagés contre le VIH et les hépatites virales au Burkina Faso. Ces acteurs contribuent à l’animation scientifique et aux projets de recherche, permettant ainsi de réaliser notamment des projets auprès de populations vulnérables.

    Malgré les défis géopolitiques, le Site partenaire continue de fédérer les acteurs de la recherche, valorisant les recherches menées et explorant de nouvelles perspectives pour le Burkina Faso et la région.

    Pour aller plus loin

    Actualités

    AFROSCREEN, un programme de riposte contre la Covid-19

    L’Agence française de développement (AFD) et l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes, en partenariat avec l’Institut Pasteur, l’IRD et des laboratoires de 13 pays d’Afrique lancent conjointement le projet AFROSCREEN. Ce projet répond à un besoin urgent de surveillance de…

    19 juillet 2021

    Actualités

    Rencontre avec Adama Sana, dans le cadre du projet COVID4P

    Rencontre avec Adama Sana, dans le cadre du projet COVID4P

    18 octobre 2021

    Actualités

    Journées scientifiques 2022 du site partenaire de l’ANRS au Burkina Faso

    Les 11es Journées scientifiques du site partenaire de l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes au Burkina Faso ont lieu les 21 et 22 novembre 2022, à Ouagadougou et en ligne. C’est l’occasion de présenter plusieurs projets de recherche menés au sein du site : ORHEB, TRI-MOM et AFROSCREEN

    22 novembre 2022

  • Somalie : le cicr tire la sonnette d’alarme face à la menace de famine

    Somalie : le cicr tire la sonnette d’alarme face à la menace de famine

    La Somalie traverse une période critique où la survie de millions de personnes est en jeu. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tire la sonnette d’alarme : la crise alimentaire s’aggrave dangereusement, avec près de 6,5 millions d’individus en proie à une insécurité alimentaire extrême. Cette situation dramatique est aggravée par une sécheresse persistante qui réduit à néant les moyens de subsistance des populations.

    Un pastoralisme en détresse

    Les deux dernières saisons des pluies ont été insuffisantes, plongeant la Somalie dans une crise similaire à celle de 2022. Le pastoralisme, qui constitue le pilier de l’économie locale et emploie plus de 60 % de la population, s’effondre. La perte massive du bétail prive les familles de ressources essentielles, les précipitant vers l’extrême pauvreté. Des milliers de personnes sont contraintes de se diriger vers des camps de déplacés, où les conditions de vie deviennent de plus en plus précaires.

    Des témoignages poignants

    À Dhusamareb, un éleveur de 61 ans a subi un revers dramatique : il a perdu 90 % de son troupeau de chèvres ainsi que plus des deux tiers de ses chameaux en moins d’un an. « Je crains que les habitants ne subissent le même sort que mes animaux », déclare-t-il avec désespoir. Dans la région de Nugal, une jeune femme de 19 ans a quitté son foyer après la mort de son troupeau, terrifiée à l’idée de ne plus pouvoir nourrir ses enfants.

    Déplacements forcés et crise humanitaire

    En 2025, plus de 500 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, fuyant à la fois les conflits et les effets dévastateurs de la sécheresse, notamment dans les collines d’Al-Miskat, dans la région de Bari au Puntland. La baisse des financements dédiés à l’aide humanitaire pousse de nombreuses organisations à réduire leurs interventions, alors que les besoins ne cessent de croître. Accès à l’eau, distributions alimentaires et soins de santé deviennent des ressources de plus en plus rares.

    L’engagement du CICR pour atténuer la crise

    Depuis novembre 2025, le CICR a apporté un soutien crucial à plus de 5 000 familles déplacées. L’organisation a notamment réhabilité des forages dans les régions de Bari et Sanaag, fourni des équipements pour restaurer des puits et pris en charge des enfants atteints de malnutrition aiguë au centre de stabilisation de Kismayo. Par ailleurs, le CICR soutient 11 cliniques gérées par le Croissant-Rouge somalien, renforçant ainsi l’accès aux soins dans les zones les plus touchées.

    Un appel urgent à l’action

    Le CICR met en garde : « Sans pluies salvatrices et sans une augmentation significative des aides humanitaires, des millions de personnes risquent de sombrer dans une situation encore plus critique ». La Somalie se trouve à un tournant décisif : chaque jour sans action renforce le danger d’une catastrophe humanitaire majeure, mettant en péril des vies par milliers.

  • Niger : financement américain pour un système de santé plus résilient

    Niger : financement américain pour un système de santé plus résilient

    Le Niger et les États-Unis ont signé un accord de partenariat quinquennal d’un montant de 178 millions de dollars, dédié au renforcement du système de santé nigérien. Ce financement vise à renforcer l’autonomie sanitaire du pays et à professionnaliser les acteurs du secteur médical.

    un partenariat pour des soins accessibles et durables

    D’après les informations transmises par l’ambassade américaine à Niamey, cet investissement s’articule autour de plusieurs axes stratégiques. Il a pour objectif de pérenniser les progrès accomplis dans la lutte contre le paludisme, d’améliorer la surveillance des maladies infectieuses et de renforcer les programmes de santé maternelle et infantile.

    renforcer la prévention et les soins de santé

    L’enveloppe financière permettra notamment de financer des campagnes de prévention contre le paludisme, de développer des outils de dépistage et d’assurer un accès élargi à des traitements adaptés. Par ailleurs, les autorités nigériennes se sont engagées à injecter plus de 71 millions de dollars supplémentaires dans leur budget santé, afin de prendre davantage en charge la gestion et l’organisation du système sanitaire national.

    un modèle de collaboration efficace

    L’accord met en lumière une collaboration directe entre les deux pays, conçue pour optimiser l’utilisation des fonds. Ce partenariat privilégie le financement des services de santé de proximité, réduit les lourdeurs administratives et favorise des résultats tangibles et mesurables.

    vers un avenir sanitaire plus sûr

    Grâce à cette initiative, Washington et Niamey souhaitent jeter les bases d’un système de santé plus robuste, indépendant et durable. Selon les responsables américains, cette démarche reflète une volonté partagée de consolider les avancées sanitaires obtenues au fil des années.

  • Relations internationales Sahel : évolutions stratégiques entre l’ue et Washington

    Relations internationales Sahel : évolutions stratégiques entre l’ue et Washington

    Le Sahel sous le prisme des nouvelles alliances entre l’UE et les États-Unis

    Réunion des dirigeants de l'AES à Niamey le 6 juillet 2024

    Le Sahel, région marquée par des défis sécuritaires et politiques majeurs, voit émerger de nouvelles dynamiques diplomatiques. Récemment, Washington a renforcé ses liens avec plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali, à travers des accords bilatéraux et des déclarations symboliques.

    Le 25 février, le département d’État américain a officialisé un mémorandum d’entente de cinq ans avec le Burkina Faso, prévoyant une aide financière de 147 millions de dollars. Cet appui vise principalement à soutenir les efforts locaux dans la lutte contre le VIH/Sida et d’autres maladies. Parallèlement, les États-Unis ont réitéré leur respect de la souveraineté du Niger, lors d’un échange téléphonique avec le Premier ministre de la transition, Ali Mahamane Zeine.

    De son côté, l’Union européenne semble adopter une stratégie plus nuancée. Malgré les tensions persistantes avec les autorités maliennes, João Cravinho, représentant spécial de l’UE pour le Sahel, s’est rendu à Bamako. Cette visite soulève des questions sur une possible révision de la position européenne face aux régimes militaires de la région.


    Analyse des nouvelles stratégies occidentales au Sahel

    Francis Kpatindé, spécialiste reconnu de l’Afrique de l’Ouest et enseignant à Sciences-Po Paris, décrypte ces évolutions.

    Vers une normalisation des relations ?

    DW : L’Union européenne a dépêché son envoyé spécial, João Cravinho, dans les capitales de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette démarche annonce-t-elle un rapprochement entre l’UE et ces pays ?


    Analyse de Francis Kpatindé

    Pour écouter cet audio, activez JavaScript ou utilisez un navigateur prenant en charge l’audio HTML5.


    Francis Kpatindé : Il est essentiel d’adopter une posture prudente face aux évolutions récentes du Sahel. Ces dernières années, cette région a souvent surpris les observateurs internationaux. Même si les relations restent tendues, on perçoit peut-être les prémices d’un changement. Cependant, il serait prématuré de parler de rapprochement complet. Les tensions entre les puissances occidentales et les pays sahéliens persistent, bien qu’une légère détente puisse s’amorcer.

    DW : Après le Niger et le Mali, les États-Unis affichent un intérêt croissant pour le Burkina Faso, notamment via un accord ciblant la lutte contre le VIH/Sida. Faut-il y voir un signal positif ?

    Francis Kpatindé : Absolument. Cet accord est un indicateur encourageant. Les puissances occidentales, conscientes des enjeux sécuritaires et économiques, proposent désormais des partenariats limités mais concrets : coopération économique, aide humanitaire et formations militaires pour lutter contre le terrorisme. Elles savent pertinemment que leur inaction pourrait, à terme, les fragiliser indirectement. Abandonner ces pays au prétexte d’une quête accrue de souveraineté serait irresponsable. Par ailleurs, ces puissances ne négligent pas les ressources naturelles de la région. Le Niger regorge d’uranium, le Burkina Faso d’or, et le Mali en produit également en grande quantité.

    Une stratégie européenne en mutation

    DW : L’Union européenne semble abandonner sa vision régionale pour privilégier une approche pays par pays. Partagez-vous cette analyse ?

    Francis Kpatindé : Tout à fait. L’Allemagne, par exemple, entretient des relations solides avec plusieurs pays du Sahel, malgré les tensions avec la France, ancienne puissance coloniale de ces États. Cette stratégie permet à l’UE de diversifier ses partenariats et de maintenir un dialogue avec des régimes parfois hostiles à Paris. L’Allemagne et la Hongrie jouent un rôle clé en offrant des canaux de communication alternatifs. Ainsi, la France peut, via ces alliés européens, conserver un lien minimal avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso.


    Perspectives d’avenir pour le Sahel

    Les récentes initiatives occidentales au Sahel reflètent une adaptation aux réalités géopolitiques locales. Si les relations restent complexes, les échanges bilatéraux et les accords sectoriels pourraient ouvrir la voie à une coopération plus stable. Reste à savoir si ces démarches suffiront à rétablir la confiance entre les parties.

    Une chose est certaine : les enjeux sécuritaires, économiques et humanitaires du Sahel continueront de façonner les politiques internationales dans la région.

  • 1,1 milliard d’euros pour le Niger, Burkina et la RDC : le plan sanitaire des USA pour l’Afrique poursuit sa vague d’adhésion

    1,1 milliard d’euros pour le Niger, Burkina et la RDC : le plan sanitaire des USA pour l’Afrique poursuit sa vague d’adhésion

    1,1 milliard d’euros pour le Niger, Burkina et la RDC : le plan sanitaire des USA pour l’Afrique poursuit sa vague d’adhésion

    Photo de Muriel Edjo

    Muriel EDJO, Agence Ecofin

    Ces conventions visent le renforcement des capacités de la RDC et du Burkina Faso à répondre aux menaces sanitaires avant qu’elles se propagent hors de leurs territoires.

    Ces conventions visent le renforcement des capacités de la RDC et du Burkina Faso à répondre aux menaces sanitaires avant qu’elles se propagent hors de leurs territoires.

    DR

  • Niger : un accord sanitaire à 178 millions de dollars, quels enjeux pour sa souveraineté ?

    Niger : un accord sanitaire à 178 millions de dollars, quels enjeux pour sa souveraineté ?

    Le Niger vient-il de signer un accord sanitaire historique ou de fragiliser sa souveraineté numérique ? La question divise depuis la signature, le 26 février 2026 à Niamey, d’un protocole de coopération sanitaire entre les autorités nigériennes et les États-Unis.

    Avec un budget global de 178 millions de dollars (soit près de 99,6 milliards de FCFA), cet accord s’aligne sur la stratégie « America First » portée par l’administration du président Donald Trump. Les objectifs affichés sont clairs : intensifier la lutte contre le paludisme, renforcer la surveillance des maladies infectieuses, éradiquer la poliomyélite et améliorer la santé des mères et des enfants. Pourtant, derrière ces objectifs louables se cachent des zones d’ombre et des interrogations majeures.

    Un partenariat sous haute tension budgétaire

    Sur cinq ans, les États-Unis s’engagent à débourser jusqu’à 107 millions de dollars, tandis que le Niger s’engage à injecter plus de 71 millions de dollars supplémentaires dans son système de santé.

    Cette hausse des dépenses nationales intervient dans un contexte économique déjà tendu, marqué par des difficultés budgétaires persistantes et une pression sécuritaire qui pèse lourdement sur les finances publiques. Dans ces conditions, plusieurs questions se posent : cet effort financier sera-t-il tenable sur le long terme ? Quelles priorités budgétaires seront sacrifiées pour honorer cet engagement ?

    Santé publique ou outil d’influence géopolitique ?

    Si l’accord est présenté comme un soutien technique pour renforcer le système sanitaire nigérien, son étendue dépasse largement le cadre médical. En effet, le Niger intègre désormais un réseau d’échange de données de santé avec les États-Unis, moyennant rémunération. Un aspect peu médiatisé qui soulève des inquiétudes : qui contrôle ces données sensibles ? Sous quelles garanties juridiques sont-elles protégées ?

    À l’ère du numérique, la santé devient un terrain de rivalités stratégiques. Ce protocole ouvre-t-il la porte à un transfert massif d’informations médicales vers des serveurs américains ? Si oui, quels risques cela représente-t-il pour la souveraineté du Niger ?

    Les leçons des précédents africains

    D’autres pays africains ont déjà été confrontés à des accords similaires, avec des résultats contrastés. Le Zimbabwe a refusé toute participation, tandis qu’au Kenya, un dispositif comparable a été bloqué par la justice. En Zambie, un accord de plus d’un milliard de dollars a été rejeté pour des raisons liées au partage des données sensibles, jugées contraires à l’intérêt national.

    Ces exemples nourrissent les doutes : le Niger a-t-il obtenu des garanties renforcées pour protéger ses données ? Ou a-t-il choisi, par pragmatisme, de privilégier l’urgence sanitaire au détriment des précautions juridiques ?

    Une chance pour transformer le système de santé nigérien ?

    Il serait réducteur de réduire cet accord à sa dimension géopolitique. Le Niger fait face à des défis sanitaires majeurs : paludisme endémique, vulnérabilité aux épidémies, infrastructures médicales défaillantes en zones rurales, et un taux de mortalité maternelle toujours alarmant.

    Si les fonds sont utilisés de manière optimale, des avancées significatives pourraient être réalisées : modernisation des systèmes de surveillance épidémiologique, extension de la couverture vaccinale, ou encore renforcement des centres de santé communautaires. Cependant, l’histoire montre que les financements extérieurs, aussi importants soient-ils, ne suffisent pas toujours à garantir des changements durables sans réformes structurelles internes.

    Souveraineté sanitaire vs dépendance stratégique

    Cet accord illustre un dilemme récurrent pour les États africains : comment attirer des investissements cruciaux tout en préservant leur autonomie décisionnelle ? Dans un contexte géopolitique en pleine mutation, où les alliances se redéfinissent, le Niger semble opter pour une stratégie pragmatique.

    Reste à savoir si cette approche renforcera effectivement son système de santé ou si elle ouvrira un débat plus large sur la gouvernance des données et la souveraineté numérique. Car derrière les 178 millions de dollars, une question persiste : la valeur d’un partenariat se mesure-t-elle uniquement en chiffres ?

  • Partenariat sanitaire entre le Niger et les États-Unis : 178 millions $ pour booster la santé

    Partenariat sanitaire entre le Niger et les États-Unis : 178 millions $ pour booster la santé

    Partenariat sanitaire entre le Niger et les États-Unis : un engagement de 178 millions de dollars pour transformer le système de santé nigérien

    Le Niger et les États-Unis ont scellé un accord historique en matière de santé publique. Ce protocole bilatéral, signé à Niamey le 26 février 2026, vise à renforcer durablement les infrastructures sanitaires du pays africain. L’objectif ? Construire un système de santé plus résilient, autonome et pérenne pour les années à venir.

    Cet accord quinquennal prévoit un investissement financier américain de 107 millions de dollars, complété par une augmentation de 71 millions de dollars des dépenses nationales nigériennes en santé. Ensemble, ces fonds représentent un budget global de 178 millions de dollars, destiné à financer des projets concrets et ambitieux.

    Les priorités sanitaires du partenariat Niger-États-Unis

    Les grandes lignes de cette coopération s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques :

    • Renforcement de la lutte contre le paludisme : consolidation des actions existantes pour réduire l’impact de cette maladie endémique.
    • Amélioration de la surveillance et de la réponse aux maladies infectieuses : mise en place de systèmes de détection précoce et de gestion des épidémies.
    • Prévention de la poliomyélite et promotion de la santé maternelle et infantile : actions ciblées pour protéger les populations les plus vulnérables.
    • Développement des capacités du personnel soignant : formation et accompagnement des professionnels de santé.
    • Accès facilité aux diagnostics et traitements : renforcement des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement.

    Un partenariat axé sur l’efficacité et la souveraineté sanitaire

    Cet accord marque une étape clé dans la collaboration entre Niamey et Washington. L’accent est mis sur la réduction des coûts administratifs et le soutien direct aux services de première ligne. Pour le Niger, l’enjeu est double : améliorer la performance de son système de santé tout en renforçant son autonomie dans la définition de ses priorités.

    En investissant massivement dans la santé publique, les deux pays réaffirment leur engagement commun en faveur d’une souveraineté sanitaire et d’une gestion durable des ressources médicales. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les questions de résilience, d’efficacité et de durabilité des politiques de santé sont plus que jamais au cœur des débats.

  • Sahel : entre développement et rivalités, les stratégies du Maroc et de l’Algérie

    Sahel : entre développement et rivalités, les stratégies du Maroc et de l’Algérie

    À première vue, les nations du Sahel, cette vaste zone géographique s’étendant du Mali au Tchad, ne présentent pas les caractéristiques économiques d’un nouvel eldorado. Loin d’être un pôle d’attraction majeur pour les investissements directs étrangers, les indicateurs économiques des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont marqués par de profondes fragilités. Au Mali, par exemple, 47 % de ses 25,9 millions d’habitants ont moins de 15 ans, seulement un quart des terres est cultivable, et le pays se classe au 188e rang sur 193 à l’Indice de Développement Humain (PNUD). Près de 45 % de la population y vit sous le seuil de pauvreté. Le Burkina Faso et le Niger affichent des statistiques similaires, avec respectivement 40 % et 60,5 % de leur population sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale). Ces trois nations, toutes enclavées, sont actuellement gouvernées par des régimes militaires issus de coups d’État et ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), bénéficiant d’un soutien discret du Kremlin cherchant à affaiblir l’influence française. Leur discours anti-français, anti-occidental et anti-démocratique promettait la prospérité à leurs citoyens, une richesse qu’ils accusaient l’Europe d’avoir confisquée. Cependant, cette prospérité tarde à se matérialiser. Face à cette situation, deux puissances régionales voisines, l’Algérie et le Maroc, proposent leurs services.

    Maroc : un accès stratégique sur l’Atlantique

    Le Royaume du Maroc met en avant un projet d’envergure avec la construction du port Dakhla Atlantique. Cette infrastructure vise à devenir un hub majeur pour l’Afrique de l’Ouest et une passerelle vers les Amériques, à l’image du port Tanger Med. Les travaux devraient s’achever en 2028, pour une mise en service prévue l’année suivante. La vision derrière ce projet est de créer une porte d’entrée maritime essentielle. Géopolitiquement, l’offre est séduisante : un port qui, à terme, pourrait être relié par une ligne ferroviaire (encore à l’étude) aux trois pays de l’AES, leur offrant ainsi un désenclavement vital et un accès direct à l’océan Atlantique. L’objectif clair est de stimuler leurs économies. Pour le Maroc, qui fait face à un isolement géographique relatif dû à son conflit avec l’Algérie, c’est une opportunité de démontrer que son plan de développement pour le Sahara occidental peut bénéficier à toute la sous-région. Ce développement économique est également perçu comme un moyen indirect de contrer les groupes djihadistes qui déstabilisent le Sahel en offrant des perspectives d’avenir à une jeunesse désœuvrée, d’autant plus que la région connaît une croissance démographique rapide, sa population étant susceptible de doubler en une décennie.

    Algérie : un gazoduc transsaharien vers l’Europe

    L’Algérie, après une période de tensions avec le Niger, a renoué le dialogue mi-février avec le chef du pouvoir militaire à Niamey, Abderrahmane Tiani. Alger a proposé la construction, « dès la fin du ramadan », du tronçon nigérien du gazoduc transsaharien. Ce projet ambitieux, d’une longueur totale de 4 800 kilomètres, acheminera le gaz naturel du Nigeria, via le Niger, jusqu’en Algérie, pour ensuite être exporté vers l’Europe. La Sonatrach, la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures, serait en charge de la construction sur le territoire nigérien et s’engagerait à former des Nigériens à son exploitation. Ce dernier point représente un avantage comparatif notable par rapport à d’autres acteurs, comme la Chine, qui ne privilégient pas toujours la formation locale pour la gestion des ressources nationales.

    Deux visions complémentaires mais en confrontation

    Des discussions ont eu lieu à Madrid puis à Washington (les 23 et 24 février) concernant le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. Si ce conflit, qui dure depuis un demi-siècle, venait à trouver une résolution, l’Algérie et le Maroc pourraient alors envisager une approche conjointe face aux défis sécuritaires et démographiques explosifs du Sahel. Une telle collaboration empêcherait les États de l’AES de tirer parti des rivalités existantes entre les deux capitales régionales. Le djihadisme, en effet, prospère sur le terreau fertile de la pauvreté et des gouvernements autoritaires. Alger et Rabat cherchent, chacun de leur côté, à briser cette spirale infernale. Chacun met en avant ses atouts spécifiques : Alger propose ses ressources en hydrocarbures et l’expertise de la Sonatrach, tandis que Rabat mise sur sa stratégie de grands projets d’infrastructure et son ambition de se positionner comme un carrefour entre l’Afrique, l’Amérique et l’Europe. Ces deux stratégies, bien que potentiellement complémentaires, se trouvent malheureusement en opposition directe en raison du conflit du Sahara occidental. En septembre 2025, le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, avait publiquement exigé que l’Algérie « cesse de soutenir le terrorisme international », une accusation à laquelle Alger avait répondu, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, en qualifiant ces propos de « logorrhée de soudard ».

  • Côte d’Ivoire : le secteur agricole, pilier économique et défis sociaux

    Côte d’Ivoire : le secteur agricole, pilier économique et défis sociaux

    Avec une croissance économique parmi les plus fortes d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire a bâti son développement sur un secteur agricole historiquement dominant. À son indépendance, l’agriculture représentait près de 50 % du PIB national. Malgré une diversification progressive de l’économie, elle conserve une place centrale : en 2024, elle ne contribuait plus qu’à 15,9 % du PIB, mais employait encore 46 % de la population active et générait plus de la moitié des exportations du pays (51,5 % en 2025).

    Les disparités entre zones urbaines et rurales restent marquées. Le taux de pauvreté atteint 54,4 % en milieu rural, contre 37,5 % en moyenne nationale. L’emploi dans ces territoires repose massivement sur l’agriculture, où près de 90 % des agriculteurs font partie du premier décile des revenus les plus faibles. Dans le secteur du cacao, considéré comme le moteur agricole ivoirien, 60 % des producteurs vivent sous le seuil de pauvreté national.

    Les cultures de rente et industrielles (1er producteur mondial de cacao et de noix de cajou, 3ème producteur mondial de caoutchouc naturel) tirent l’économie agricole. Pourtant, le pays dépend fortement des importations pour ses besoins en céréales et en poissons, essentiels à l’alimentation des populations urbaines. La production vivrière, quant à elle, repose majoritairement sur un modèle informel, limitant l’accès des petits producteurs aux marchés et aux circuits de distribution structurés.