Auteur/autrice : nigeractu

  • Corruption et délinquance financière au Niger : les causes profondes d’un échec persistant

    Corruption et délinquance financière au Niger : les causes profondes d’un échec persistant

    comprendre l’ampleur du phénomène au Niger

    Chaque année, l’indice de perception de la corruption révèle les failles des systèmes de gouvernance à travers le monde. Le dernier rapport de Transparency International, rendu public en 2026, confirme une tendance inquiétante : la corruption ne recule pas, même dans les pays dotés d’institutions solides. Cette problématique, loin d’être anecdotique, touche tous les régimes politiques et tous les niveaux de développement économique.

    Parmi les 182 pays étudiés, 122 obtiennent un score inférieur à 50, seuil symbolisant une corruption élevée dans le secteur public. Le Niger, avec un score de 31, se classe 124ᵉ, perdant trois places par rapport à l’année précédente. Ce recul illustre les difficultés persistantes pour endiguer ce fléau, qui mine la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens envers l’action publique.

    Parallèlement, la délinquance économique et financière continue de prospérer malgré les efforts des autorités. La Cellule de Lutte contre la Délinquance Économique et Financière (COLDEFF) déploie des moyens considérables, mais les détournements de fonds, les fraudes et les abus de biens sociaux restent monnaie courante. Ces pratiques, souvent facilitées par des failles structurelles, révèlent l’inefficacité partielle des dispositifs actuels.

    une approche réactive, pas préventive

    Les politiques mises en œuvre jusqu’à présent semblent se concentrer sur les effets visibles de la corruption plutôt que sur ses causes racines. Les arrestations spectaculaires, les sanctions symboliques et les communiqués officiels dominent l’action publique, sans pour autant s’attaquer au problème de fond. Cette stratégie, bien que médiatisée, manque cruellement de vision à long terme.

    la pression sociale : un facteur souvent sous-estimé

    Dans de nombreuses sociétés africaines, la solidarité familiale et communautaire exerce une pression constante sur les agents de l’État. Ces derniers, souvent issus de milieux modestes, se retrouvent dans l’obligation morale d’aider leurs proches, parfois au mépris de la légalité. Cette réalité, bien que complexe, est rarement intégrée dans les politiques anticorruption.

    L’exemple d’Abdou (nom d’emprunt), fonctionnaire intègre devenu fraudeur par nécessité, illustre ce dilemme. Malgré un salaire initialement suffisant pour subvenir à ses besoins et aider sa famille, l’inflation et l’absence de revalorisation salariale l’ont progressivement poussé à détourner des fonds. Pour lui, ces actes n’étaient pas criminels, mais une réponse à l’incapacité de l’État à garantir une protection sociale minimale.

    Pendant près de deux ans, Abdou a détourné près de 50 millions de FCFA avant d’être démasqué. Un règlement à l’amiable lui a évité la prison, soulevant une question cruciale : dans quelle mesure les sanctions actuelles sont-elles dissuasives ?

    la précarité des agents publics, terreau fertile pour la corruption

    Le second facteur clé réside dans la dégradation continue du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Les salaires, souvent gelés ou en retard, créent un environnement économique précaire. Dans ces conditions, certains agents perçoivent la corruption non plus comme une transgression, mais comme une solution de survie. Cette réalité, bien que condamnable, mérite une attention particulière pour comprendre les mécanismes de la délinquance financière.

    des pistes pour une lutte anticorruption plus efficace

    Pour inverser durablement la tendance, trois leviers d’action doivent être activés simultanément.

    1. renforcer les systèmes de contrôle et de transparence

    Les procédures internes des entreprises publiques et des services financiers doivent être repensées. L’installation de systèmes de surveillance vidéo est un premier pas, mais elle doit s’accompagner d’une digitalisation complète des processus pour réduire les opportunités de fraude. Les contrôles aléatoires et les audits surprise doivent devenir la norme, et non l’exception.

    2. éduquer et sensibiliser les populations

    Il est essentiel de mener des campagnes de sensibilisation ciblées pour expliquer que pousser un proche à détourner des fonds publics constitue une atteinte grave à l’intérêt général. Ces initiatives doivent cibler les familles, les communautés et les associations pour créer une prise de conscience collective sur les conséquences de la corruption.

    3. appliquer des sanctions équitables et dissuasives

    Les mesures répressives doivent être appliquées sans distinction de statut social ou de réseau relationnel. L’impunité, réelle ou perçue, reste l’un des principaux moteurs de la corruption. Les peines doivent être proportionnelles aux préjudices causés, et leur application doit être transparente pour renforcer la confiance dans les institutions.

    vers une approche globale et durable

    La lutte contre la corruption et la délinquance économique au Niger ne peut se limiter à des actions ponctuelles ou à des discours politiques. Elle exige une stratégie intégrée, combinant réformes institutionnelles, mesures sociales et transformation des mentalités. Seule une approche holistique permettra au pays de surmonter ces défis et de garantir un développement économique et social durable pour ses citoyens.

  • Ministre de la santé à l’hôpital Niger-türkiye : bilan et perspectives

    Ministre de la santé à l’hôpital Niger-türkiye : bilan et perspectives

    Visite du ministre de la Santé à l’hôpital Niger-Türkiye : évaluation des conditions de travail et perspectives d’amélioration

    Le Colonel-major Garba Hakimi, ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique du Niger, a réalisé une inspection approfondie de l’Hôpital de l’Amitié Niger-Türkiye pour évaluer les conditions de travail du personnel et identifier les besoins prioritaires. Cette visite s’est déroulée dans le cadre d’un engagement fort envers l’amélioration des infrastructures sanitaires et des services hospitaliers au pays.

    Une visite diagnostique complète des services hospitaliers

    Dès son arrivée, le ministre a parcouru plusieurs services clés de l’établissement, notamment :

    • le service des urgences,
    • le service de mammographie,
    • les blocs opératoires,
    • l’unité de soins intensifs pour nouveau-nés,
    • les laboratoires d’embryologie et de prélèvement d’ovocytes,
    • le service de gynécologie et obstétrique.

    Cette inspection a permis d’obtenir une vision claire des infrastructures, du matériel et des conditions de travail des agents. Une présentation détaillée a ensuite été faite par la direction, mettant en lumière les résultats, les défis et les besoins de l’établissement.

    Un hôpital dédié à la santé des femmes et des enfants

    Comme l’a rappelé M. Manou Gagara, directeur des soins, l’hôpital a été créé par le décret N°2018-767/PRN/MSP en novembre 2018 et a débuté ses activités en novembre 2019. Sa mission principale est d’offrir des soins de qualité aux femmes et aux enfants, tout en participant à la recherche médicale, à la formation et à la promotion de la santé.

    Parmi ses atouts, l’hôpital dispose de :

    • 45 lits opérationnels,
    • 10 couveuses fonctionnelles en néonatalogie,
    • plusieurs équipements de dernière génération,
    • une unité kangourou pour les prématurés,
    • du matériel adapté aux besoins croissants de la population.

    Le personnel, composé de 188 Nigériens et 26 coopérants turcs, couvre un large éventail de spécialités. Les statistiques récentes témoignent de son efficacité :

    • 66 182 consultations externes enregistrées entre janvier 2025 et janvier 2026,
    • 484 hospitalisations en janvier 2026,
    • 212 accouchements, dont 147 par césarienne,
    • 28 admissions en néonatalogie.

    De plus, M. Manou Gagara a annoncé que plusieurs équipements et produits essentiels ont été commandés pour renforcer les capacités du personnel.

    Les défis rencontrés et les solutions envisagées

    Malgré ces avancées, certains problèmes structurels ont été identifiés, notamment :

    • le manque de documentation dans certains services,
    • l’absence de radiographie pour analyser les résultats de mammographie, entraînant l’inactivité partielle du service,
    • le manque de réactifs indispensables pour les analyses.

    Des échanges constructifs ont eu lieu avec les agents, qui ont partagé leurs difficultés quotidiennes et leurs attentes. Le ministre a salué leur engagement et leur a assuré que des solutions seraient mises en œuvre pour résoudre ces problèmes.

    Un partenariat renforcé et des perspectives prometteuses

    À l’issue de sa visite, le Colonel-major Garba Hakimi a exprimé sa satisfaction quant aux résultats obtenus par l’hôpital. Il a également salué le soutien des autorités turques dans le développement du secteur sanitaire nigérien.

    Le ministre a souligné l’importance d’un climat de confiance entre les agents nigériens et turcs pour garantir une collaboration optimale. Il a encouragé l’équipe à poursuivre ses efforts et à capitaliser sur les progrès enregistrés.

    « Nous avons identifié des solutions concrètes pour répondre à chaque difficulté mentionnée. Il est essentiel de maintenir cette dynamique pour offrir des soins toujours plus performants », a-t-il déclaré.

    Conclusion : vers une santé publique renforcée au Niger

    Cette visite ministérielle illustre l’engagement continu du Niger à améliorer son système de santé grâce à des partenariats internationaux et à une gestion rigoureuse des ressources. L’Hôpital de l’Amitié Niger-Türkiye se positionne ainsi comme un modèle de coopération sanitaire et d’innovation médicale dans la région.

  • Partenariat santé usa Burkina Faso 147 millions dollars

    Partenariat santé usa Burkina Faso 147 millions dollars

    Le Département d’État des États-Unis a officialisé, le 25 février, la signature d’un protocole d’accord bilatéral de cinq ans avec le Burkina Faso. Ce partenariat financier, s’élevant à 147 millions de dollars, a pour vocation d’accompagner le pays dans sa lutte contre des enjeux sanitaires majeurs comme le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies infectieuses. Parallèlement, il vise à renforcer les dispositifs nationaux de surveillance épidémiologique et de gestion des crises sanitaires.

    Le document signé établit un cadre de coopération renforcé, destiné à optimiser la prévention et la maîtrise des maladies transmissibles au sein de la population burkinabè. Une approche qui s’inscrit dans une dynamique de résilience sanitaire à long terme.

    Engagement financier et souveraineté sanitaire

    Dans le cadre de cet accord, le Burkina Faso s’engage à mobiliser 107 millions de dollars de ses ressources propres en santé. Cet investissement reflète une volonté politique forte d’autonomisation et de consolidation de son système de soins, essentiel pour une réponse sanitaire efficace et durable.

    Sécurité sanitaire mondiale et modernisation des infrastructures

    Une enveloppe de 12 millions de dollars sera allouée à des mesures de sécurité sanitaire globale. Ces fonds serviront à :

    • Consolider les systèmes de santé communautaires pour une couverture plus large et plus inclusive ;
    • Moderniser les outils de collecte et de transmission des données épidémiologiques, notamment via la numérisation ;
    • Renforcer les capacités des laboratoires afin d’identifier rapidement les pathogènes émergents et d’anticiper les risques pandémiques.

    Par ailleurs, le protocole réaffirme l’appui américain à des programmes historiques, tels que la lutte contre le paludisme et la promotion de la santé maternelle et infantile. Une attention particulière est portée aux agents de santé communautaires, piliers d’un système de santé ancré dans les réalités locales.

    Intégration des experts et vision à long terme

    À l’issue du mémorandum, les professionnels de santé et techniciens de laboratoire financés par les États-Unis seront intégrés dans la fonction publique du Burkina Faso. L’objectif ? Construire un système de santé national robuste, capable de faire face aux défis sanitaires transfrontaliers et de protéger aussi bien les populations burkinabè qu’américaines.

    Réactions et perspectives internationales

    Tous les pays sollicités n’ont pas rejoint l’initiative. Le Zimbabwe a refusé une aide de 367 millions de dollars, invoquant des craintes liées à la souveraineté et aux clauses de contrôle. La Zambie, quant à elle, a émis des réserves sur certains aspects de l’accord. Les négociations entre Washington et Lusaka se poursuivront, sous réserve de modifications des termes jugés problématiques.

    Une stratégie sanitaire ambitieuse à l’échelle mondiale

    Cet accord s’inscrit dans la stratégie « America First » dédiée à la santé mondiale. À ce jour, 18,56 milliards de dollars de nouveaux financements ont été engagés à travers le monde, dont 11,33 milliards issus de l’aide américaine et 7,23 milliards de cofinancements des pays partenaires. Au 25 février, 17 protocoles d’accord avaient été signés avec des nations telles que le Botswana, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Nigeria, le Rwanda et d’autres encore.

  • Renforcement des systèmes de santé au Burkina Faso : un partenariat clé avec les États-Unis

    Renforcement des systèmes de santé au Burkina Faso : un partenariat clé avec les États-Unis

    Les États-Unis et le Burkina Faso ont scellé un accord de santé d’une durée de cinq ans, visant à élever la sécurité sanitaire au rang de priorité mutuelle dans la région du Sahel. Ce cadre de coopération est conçu pour doter le Burkina Faso des moyens nécessaires pour gérer de manière autonome les menaces infectieuses, tout en contribuant à la protection de la population américaine. L’initiative promeut une vision de résilience locale, axée sur des systèmes de santé plus robustes et gérés directement sur le territoire burkinabè. Cette collaboration bilatérale est structurée autour d’objectifs précis, de ressources dédiées et d’un suivi régulier. Dans un environnement régional complexe, l’ambition est claire : anticiper, détecter et réagir promptement face aux épidémies.

    Une alliance stratégique et axée sur les résultats

    Cette coopération a été élaborée pour s’inscrire dans la durée et produire des résultats tangibles. Des mécanismes de coordination seront mis en œuvre pour harmoniser les priorités nationales avec le soutien international. Les responsabilités seront partagées, et une grande transparence sera exigée dans la gestion des fonds. Grâce à une planification pluriannuelle, les programmes bénéficieront d’une stabilité accrue, permettant une évaluation précise de leur impact. Une approche basée sur la performance est privilégiée, avec des cibles sanitaires clairement définies et des indicateurs de suivi rigoureux.

    Des investissements échelonnés et ciblés

    Un soutien financier substantiel est prévu pour intensifier la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies infectieuses. Ces fonds seront alloués à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge, avec un accent particulier sur l’efficacité opérationnelle. Parallèlement, le Burkina Faso s’est engagé à augmenter ses dépenses publiques en matière de santé. Cette montée en puissance nationale vise à renforcer l’appropriation locale des programmes et à garantir leur pérennité. Une part spécifique des ressources sera consacrée à la préparation et à la réponse aux urgences sanitaires.

    Des priorités de santé publique bien définies

    Une feuille de route détaillée a été établie pour concentrer les actions sur des domaines à fort potentiel d’amélioration sanitaire. La lutte contre le paludisme sera poursuivie à travers des campagnes ciblées, la distribution de moustiquaires imprégnées et l’élargissement de l’accès aux tests rapides. La riposte au VIH/sida sera renforcée par des stratégies de prévention combinée, une prise en charge continue et un soutien à l’observance thérapeutique. Les soins de santé maternelle et infantile seront intégrés aux services de proximité pour assurer une continuité des parcours de soins.

    Modernisation de la surveillance épidémiologique

    La détection précoce des menaces infectieuses est un pilier central de cet accord. Des plateformes numériques seront privilégiées pour accélérer la notification, fiabiliser les données et éclairer les décisions. Les systèmes d’alerte seront interopérables pour permettre des réponses rapides et adaptées. Des formations seront dispensées pour améliorer la qualité des rapports et la traçabilité des cas. Cette modernisation vise à contenir rapidement les flambées épidémiques et à réduire leur coût humain.

    Laboratoires : mieux équipés et interconnectés

    La capacité des laboratoires sera considérablement augmentée pour identifier les agents pathogènes avec une grande fiabilité. Des équipements adaptés seront fournis, et des protocoles harmonisés seront adoptés. Les réseaux de référence seront consolidés pour accélérer les confirmations diagnostiques et favoriser le partage d’expertise. Des audits réguliers garantiront la qualité, la biosécurité et la maintenance des infrastructures. Ces améliorations permettront de réduire les délais de diagnostic et d’optimiser la prise en charge des patients.

    Renforcement des services de santé de proximité

    Les agents de santé communautaires constitueront l’épine dorsale de ce dispositif. Leur rôle central est de rapprocher la prévention, le dépistage et le traitement des populations. Ils bénéficieront de dotations en outils, de formations continues et d’une supervision constante. Les parcours de soins seront simplifiés pour limiter les abandons. En complément, des campagnes d’information seront menées pour encourager l’adoption de gestes protecteurs et l’accès aux services.

    Intégration durable du personnel de santé

    À l’issue de la période couverte par l’accord, l’intégration des agents de première ligne financés par les partenaires dans la fonction publique de santé est prévue. Cette transition vise à éviter toute interruption des activités et à stabiliser l’offre de soins. Les techniciens de laboratoire seront également valorisés pour consolider l’expertise locale. Ce choix stratégique permettra de bâtir un système résilient, fondé sur des compétences nationales, avec une meilleure rétention des talents et une gouvernance clarifiée.

    Ancrage national et redevabilité accrue

    L’appropriation par le Burkina Faso est un principe directeur de cette collaboration. Les priorités budgétaires seront ajustées pour sécuriser l’investissement social et sanitaire. Des cadres de suivi seront mis en place pour mesurer les résultats, corriger les écarts et partager les enseignements. Une redevabilité conjointe sera recherchée pour garantir la bonne utilisation des fonds. De plus, des consultations régulières avec les acteurs locaux seront encouragées.

    Un impact régional escompté

    La dimension régionale a été intégrée pour prévenir la propagation transfrontalière des épidémies. Les échanges d’informations seront facilités avec les pays voisins et les instances techniques. Des exercices conjoints de simulation seront organisés pour tester les plans d’urgence. En renforçant un pays pivot du Sahel, un effet d’entraînement positif est attendu. Les chaînes d’approvisionnement seront également sécurisées pour fluidifier l’acheminement des intrants essentiels.

    Prise en compte du contexte politique

    La période de transition militaire a été prise en considération pour inscrire les actions dans une stabilité institutionnelle. Les programmes de santé seront protégés des aléas politiques par des plans de continuité. Les partenaires techniques et financiers collaboreront avec les autorités sanitaires pour préserver la neutralité des services. Cette approche vise à maintenir l’accès aux soins essentiels, même en période de recomposition politique.

    Une stratégie américaine cohérente et articulée

    La Stratégie de santé mondiale America First est mise en avant pour lier sécurité sanitaire et résilience des systèmes. De nombreux engagements bilatéraux ont déjà été conclus en Afrique pour amplifier la prévention et la réponse. Cette cohérence favorisera l’alignement des soutiens, évitera les doublons et accélérera l’atteinte des résultats. En pratique, des synergies seront recherchées entre les initiatives thématiques et le renforcement global du système de santé.

    Des résultats mesurables et partageables

    Des indicateurs précis seront suivis pour évaluer la couverture des services, la qualité des soins et l’efficacité des dépenses. Des tableaux de bord seront utilisés pour guider les décisions, ajuster les priorités et documenter l’impact. Les bonnes pratiques seront diffusées pour inspirer d’autres programmes dans la région du Sahel. À terme, l’objectif est une réduction durable des infections évitables ainsi que des décès maternels et infantiles.

    Perspectives positives pour les citoyens

    Des bénéfices concrets sont attendus pour les ménages grâce à des services de proximité plus fiables. Des délais de diagnostic réduits, une meilleure disponibilité des intrants et une information sanitaire améliorée contribueront à renforcer la confiance. Parallèlement, les mécanismes de protection des populations les plus vulnérables seront renforcés. Avec des moyens appropriés et une gouvernance vigilante, une trajectoire de progrès durable est désormais à portée de main pour le Burkina Faso.

  • Crise en Côte d’Ivoire : les journalistes dénoncent une ingérence politique dans leur syndicat

    Crise en Côte d’Ivoire : les journalistes dénoncent une ingérence politique dans leur syndicat

    Crise institutionnelle à l’UNJCI : une décision de justice contestée

    Le 20 février, un collectif réclamant le respect des textes a obtenu du juge des référés la suspension du Congrès ordinaire de l’UNJCI, qui devait permettre le renouvellement des instances dirigeantes. Face à cette situation, l’organisation a décidé de faire appel de cette décision.

    Avec l’échéance du mandat des instances prévue pour le 26 février à minuit, un Congrès extraordinaire a été organisé le 25 février afin d’éviter tout blocage institutionnel. Conformément aux statuts de l’UNJCI, les congressistes ont voté, à la majorité requise, la prolongation des mandats jusqu’à la tenue effective du Congrès ordinaire.

    Cette prorogation a cependant été suivie d’incidents violents, illustrant un climat de tension extrême au sein de l’organisation.

    Les dirigeants de l’UNJCI, de la FAJ et de la FIJ s’expriment

    Jean Claude Coulibaly, président de l’UNJCI, a réagi en ces termes : « Nous avons pris acte de la décision de justice suspendant notre 12ᵉ Congrès ordinaire, tout en entamant un recours. Cependant, il était impensable de laisser s’installer un vide statutaire qui aurait affaibli notre organisation. La prorogation adoptée en Congrès extraordinaire est une mesure de responsabilité et de continuité. L’UNJCI est la maison commune des journalistes ivoiriens. Elle ne peut être ni affaiblie ni placée sous tutelle administrative. »

    De son côté, Omar Faruk Osman, président de la Fédération africaine des journalistes (FAJ), a souligné : « Empêcher un syndicat de tenir son Congrès pour renouveler ses instances, puis tenter d’exploiter cette situation pour créer un vide institutionnel, constitue une violation grave de la liberté syndicale. Cela va à l’encontre des engagements africains et internationaux de la Côte d’Ivoire. Aucune autorité politique ne peut imposer ou influencer la direction d’une organisation de journalistes. »

    Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a également réagi avec fermeté : « Il s’agit d’une atteinte sérieuse à la liberté d’association et d’une ingérence manifeste dans les affaires internes d’un syndicat. Avec la FAJ, nous engagerons des procédures auprès des instances internationales et africaines compétentes, notamment l’Organisation internationale du travail (OIT), afin de déposer une plainte officielle contre le gouvernement ivoirien pour ces abus. L’autonomie syndicale est protégée par le droit international. Elle est non négociable. »

    Appel à la protection de l’indépendance syndicale

    La FIJ et la FAJ exhortent les autorités ivoiriennes à respecter pleinement l’indépendance de l’UNJCI, à assurer la sécurité de ses membres et à permettre l’organisation du Congrès ordinaire dans des conditions de liberté, de transparence et de sérénité.

  • L’accélérateur HEC Paris dynamise l’écosystème startup en Côte d’Ivoire

    L’accélérateur HEC Paris dynamise l’écosystème startup en Côte d’Ivoire

    Les estimations gouvernementales révèlent la présence d’environ 300 startups en activité en Côte d’Ivoire. Pour propulser leurs entreprises, de nombreux entrepreneurs privilégient des programmes de formation reconnus. Parmi eux, Challenge + Afrique, une initiative de la prestigieuse école de commerce française HEC Paris, attire particulièrement l’attention.

    En cinq ans, Challenge + Afrique, un programme de la célèbre école de commerce HEC Paris, a accompagné ​​​​​​​près de 120 start-up, à Abidjan et Dakar.

    Une vingtaine de participants, hommes et femmes, assistent à leur session inaugurale. Leur objectif principal est de comprendre comment accroître la valeur de leur jeune entreprise. Mariama Kaba, originaire du Sénégal, est une experte en validation des acquis de l’expérience qui se lance dans l’entrepreneuriat. Son projet vise à certifier les compétences des travailleurs du secteur informel. Elle témoigne avec enthousiasme : « J’ai déjà participé à des projets d’entreprise, mais je suis toujours restée en retrait. C’est l’opportunité de me concentrer sur ma propre initiative, d’acquérir de nouvelles compétences… car la finance était un ‘gros mot’ pour moi. Ce matin, le cours sur les fondamentaux de la startup était très instructif ; je note tous les mots-clés pour créer une fiche récapitulative. Ce que j’attends ? Le réseau est également essentiel ; toutes les personnes présentes sont une source d’inspiration. Après seulement deux jours, je parle de mes collègues à mes amis et à ma famille. Je suis exactement là où je dois être pour sortir de ma zone de confort. »

    Les projets de cette promotion, incluant celui de Mariama, couvrent des domaines variés, allant de l’accès au logement à des solutions techniques pour l’économie d’énergie.

    Développer une vision stratégique pour une croissance exponentielle

    Les participants investissent 5 000 euros (environ 3 millions de francs CFA) pour bénéficier des conseils d’experts comme Etienne Krieger. Ce spécialiste de la finance entrepreneuriale partage ses « bonnes recettes » pour le succès : « Nous sommes ici pour leur faire prendre conscience des éléments qui crédibiliseront leurs projets, pour identifier des besoins réels, mal ou non satisfaits par les offres existantes, pour les aider à vendre, et pour qu’ils soient suffisamment crédibles afin d’attirer des investisseurs qui les aideront à passer d’une activité artisanale à une dimension ‘industrielle’. »

    Parmi les réussites notables du programme, on compte Leya, une startup basée à Abidjan. Cette entreprise facilite l’approvisionnement en liquidités des guichets de mobile money. Thibaut Cathenoz, cofondateur de Leya, souligne l’impact de la formation : « Nous avons pu prendre un recul considérable, affiner notre pitch, perfectionner notre proposition de valeur et comprendre les mécanismes d’une levée de fonds. Cela nous a été extrêmement utile par la suite, puisque nous avons effectivement levé des fonds. Franchement, ce fut une aide précieuse. »

    En l’espace de cinq ans, le programme Challenge + Afrique a soutenu près de 120 startups, opérant principalement à Abidjan et Dakar.

  • Rapport oms 2024-2025 Burkina : percées sanitaires et accès aux soins renforcé

    Rapport oms 2024-2025 Burkina : percées sanitaires et accès aux soins renforcé

    rapport biennal 2024-2025 de l’oms au Burkina : avancées sanitaires et résilience renforcée

    Le rapport biennal 2024-2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Burkina Faso présente des progrès majeurs dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et climatiques persistants.

    Parmi les réalisations clés, on note l’extension du vaccin antipaludique à l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays, une mesure cruciale pour prévenir le paludisme et protéger les enfants. Le document met également en avant le déploiement du package WHO PEN dans six districts, améliorant la prise en charge des maladies non transmissibles au niveau des soins primaires.

    Une avancée réglementaire notable est l’adoption d’un décret antitabac interdisant la consommation de tabac dans les lieux publics et les transports en commun, renforçant ainsi la santé publique et la réduction des risques.

    Les actions menées par l’OMS contre le paludisme ont eu un impact significatif : plus de 5 millions d’enfants ont bénéficié de la chimioprévention saisonnière, tandis que près de 15 millions de moustiquaires imprégnées ont été distribuées à travers le Burkina Faso.

    Dans les zones difficiles d’accès, l’OMS a garanti la continuité des soins grâce à des postes de santé avancés et des cliniques mobiles. Plus de 58 tonnes de médicaments et d’équipements médicaux ont ainsi été acheminées vers les populations vulnérables.

    Le rapport souligne aussi des progrès dans les systèmes d’information sanitaire, avec la mise en œuvre de la Classification Internationale des Maladies (CIM-11) dans quatre hôpitaux de référence. Cette étape facilite l’amélioration de la qualité des données, le suivi de la mortalité et la prise de décision éclairée.

    Ces résultats démontrent les efforts du Burkina Faso pour renforcer la résilience du système de santé, optimiser les services et protéger les populations. Ils mettent également en lumière les priorités stratégiques à consolider dans les prochains cycles programmatiques.


  • L’expansion du JNIM vers le golfe de Guinée et les défis sécuritaires au Sahel

    L’expansion du JNIM vers le golfe de Guinée et les défis sécuritaires au Sahel

    Depuis son apparition en 2017, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, s’est imposé comme une force incontournable au Sahel central. En s’implantant durablement dans plusieurs régions du Mali, du Niger et du Burkina Faso, l’organisation rivalise désormais avec les autorités étatiques pour la gestion et le contrôle des populations territoriales.

    Une poussée stratégique vers le sud et le littoral africain

    L’actu Niger et la politique nigérienne sont aujourd’hui marquées par une nouvelle dynamique : l’expansion du groupe vers le golfe de Guinée. Depuis 2019, le JNIM multiplie les incursions dans le nord du Bénin, du Togo et de la Côte d’Ivoire. Cette progression, bien que planifiée, révèle des disparités surprenantes. Si le Bénin a connu une dégradation sécuritaire majeure en 2025, la Côte d’Ivoire n’a plus fait l’objet de revendications armées depuis 2022, tandis que le Ghana semble, pour l’heure, épargné par ces attaques.

    Le dilemme interne de la croissance territoriale

    L’expansion géographique n’est pas un processus linéaire pour le JNIM. Selon les analyses récentes, cette stratégie pose un véritable dilemme aux dirigeants du groupe. Ne pas s’étendre risque de laisser le champ libre à des organisations concurrentes ou de décevoir les combattants locaux. À l’inverse, une progression trop rapide pourrait entraîner un éparpillement des ressources et provoquer des tensions internes, menant potentiellement à une fragmentation de la structure.

    Vers de nouvelles politiques de sécurité en Afrique de l’Ouest

    Dans un contexte marqué par la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) et sa rupture avec la CEDEAO, la compréhension des logiques internes du JNIM est primordiale. Pour les observateurs de la Niamey actualité et des Niger nouvelles, il est essentiel de décrypter ces mouvements pour élaborer des stratégies de défense plus efficaces face à la menace jihadiste croissante.

    Experts et intervenants sur la question sahélienne

    Cette thématique est analysée par des spécialistes reconnus de la région :

    • Jean-Hervé Jézéquel (International Crisis Group) : Directeur du projet Sahel, docteur de l’EHESS et expert des enjeux sécuritaires régionaux.
    • Marte Beldé (Sciences Po Bordeaux) : Chercheuse postdoctorale dont les travaux portent sur l’économie politique et l’expansion spatiale des mouvements armés en Afrique de l’Ouest.
    • Beatriz de León Cobo (Sorbonne Université) : Spécialiste de la radicalisation et directrice du Forum de Dialogue Europe-Sahel.

    La modération des échanges est assurée par Dan Sanaren (CERI–Sciences Po / CNRS).

  • Tensions soudano-tchadiennes : une frontière sous haute tension et ses conséquences

    Tensions soudano-tchadiennes : une frontière sous haute tension et ses conséquences

    Tensions à la frontière soudano-tchadienne : quand les conflits déstabilisent N’Djamena

    Des milliers de Soudanais ont fui vers le Tchad pour échapper aux violences au Darfour

    La crise au Soudan s’aggrave, provoquant un exode massif vers le Tchad. Près d’un million de personnes ont franchi la frontière, dont 100 000 en seulement deux semaines après la chute d’El-Fasher au Darfour du Nord. Cette affluence aggrave une situation humanitaire déjà critique dans un pays marqué par des années d’instabilité.

    Une frontière au cœur des tensions régionales

    Les 1 300 km séparant le Soudan du Tchad traversent des zones désertiques difficiles à contrôler. Historiquement empruntées par des milices et groupes rebelles, ces régions sont désormais sous la menace des Forces de soutien rapide (FSR), qui dominent une grande partie du Darfour.

    Depuis fin 2024, les incidents se multiplient : une frappe de drone tue deux soldats tchadiens, tandis qu’une incursion attribuée aux FSR en janvier 2025 fait sept morts près de Tiné.

    Face à ces menaces, le gouvernement de N’Djamena a décidé de fermer totalement la frontière, craignant une propagation du conflit sur son territoire.

    Neutralité affichée, soupçons persistants

    Le Tchad affirme maintenir une position neutre dans le conflit soudanais. Pourtant, des analyses, dont des images satellites, suggèrent que des livraisons d’armes en provenance des Émirats arabes unis pourraient transiter par son territoire en faveur des FSR. Les autorités tchadiennes rejettent catégoriquement ces accusations, soulignant qu’elles subissent elles aussi des attaques et des incursions.

    Cette polémique alimente les divisions internes : en avril 2025, plusieurs officiers supérieurs, notamment issus de l’ethnie Zaghawa (fortement présente dans les forces de sécurité), ont été limogés, en raison de leur opposition historique aux FSR.

    Un retour en grâce de la France

    Après une période de tensions diplomatiques, N’Djamena se rapproche de nouveau de Paris. La question soudanienne figure désormais au cœur des échanges entre Mahamat Idriss Déby et Emmanuel Macron. La France, qui avait autrefois fourni un soutien crucial en renseignement pour sécuriser la frontière, voit son rôle diminuer. Ce réchauffement des relations apparaît donc stratégique pour le Tchad.

  • Le Tchad verrouille sa frontière face à l’intensification des combats au Soudan

    Le Tchad verrouille sa frontière face à l’intensification des combats au Soudan

    À la frontière entre le Tchad et le Soudan, le 22 novembre 2025.

    L’onde de choc du conflit soudanais atteint désormais les pays voisins de manière critique. Face à la dégradation brutale de la situation sécuritaire, les autorités de N’Djamena ont pris la décision radicale, ce 23 février, de clore intégralement la frontière séparant le Tchad du Soudan. Cette mesure de protection, annoncée comme immédiate, restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

    Dans les faits, cette décision entraîne l’arrêt total des flux migratoires et des échanges commerciaux entre les deux nations. Seules quelques dérogations exceptionnelles pour des motifs humanitaires pourront être accordées, sous réserve d’une validation stricte par les services de sécurité tchadiens. Cette fermeture intervient alors que la stabilité régionale est mise à rude épreuve, un sujet qui préoccupe également les observateurs de l’actu Niger et de la politique nigérienne dans cette zone sahélienne sous tension.

    Une menace directe pour l’intégrité du territoire tchadien

    Le gouvernement justifie ce verrouillage par la multiplication des incursions armées et des violations répétées de sa souveraineté territoriale. Ces incidents, provoqués par les belligérants soudanais, font peser un risque constant sur la sécurité des populations civiles vivant dans les zones frontalières. L’objectif affiché par le Tchad est clair : préserver l’intégrité de son sol face à un chaos qui menace de franchir les limites géographiques.

    Bien que les autorités n’aient pas explicitement désigné les groupes responsables de ces troubles, des rapports concordants indiquent que la localité stratégique d’El-Tina, située à la lisière des deux pays, serait tombée sous le contrôle des Forces de soutien rapide (FSR). Ces dernières auraient mené une offensive massive, appuyée par des véhicules blindés et de l’artillerie lourde, provoquant une onde de choc jusqu’au Tchad.

    Incertitudes et tensions militaires à la frontière

    La situation sur le terrain demeure extrêmement volatile et les informations filtrent au compte-gouttes. Les mouvements de troupes et les frappes signalées dans le Darfour Nord accentuent la pression sur les pays limitrophes. Alors que le Soudan s’enfonce dans une guerre civile dévastatrice, le Tchad tente de s’isoler des flammes du conflit pour éviter une déstabilisation interne majeure, une problématique de sécurité qui fait écho aux enjeux de Niamey actualité dans la gestion des crises frontalières en Afrique.

  • Putschistes africains abandonnent leurs alliés civils au Sahel

    Putschistes africains abandonnent leurs alliés civils au Sahel

    Pourquoi les juntes africaines tournent le dos à leurs soutiens civils

    Le 29 janvier 2026, le capitaine Ibrahim Traoré a mis fin à une époque politique au Burkina Faso en dissolvant officiellement tous les partis politiques, y compris ceux ayant soutenu son coup d’État de septembre 2022. Cette mesure, présentée comme une « restructuration » de l’État pour réduire les divisions sociales, marque en réalité la fin de l’espace civique indépendant et une concentration accrue du pouvoir entre les mains de la junte.

    Les partis, déjà suspendus depuis l’arrivée de Traoré au pouvoir, voient désormais leurs biens confisqués par l’État. Ce revirement s’inscrit dans une logique où les juntes militaires, malgré leur discours initial de mobilisation populaire et de renouveau révolutionnaire, écartent systématiquement les groupes civils ayant contribué à légitimer leur prise de pouvoir.

    Un schéma récurrent chez les putschistes africains

    L’histoire des coups d’État en Afrique montre que les juntes militaires, une fois solidement installées, se détournent rapidement de leurs alliés civils. Initialement perçus comme des soutiens indispensables, ces derniers sont souvent marginalisés, voire réprimés, une fois leur rôle de légitimation joué. Cette tendance, observée depuis des décennies, se confirme aujourd’hui au Sahel et ailleurs sur le continent.

    Les groupes civils apportent en effet une légitimité immédiate aux putschistes : foules mobilisées, appuis politiques et impression d’un changement porté par la volonté populaire. Cependant, leur indépendance et leurs revendications deviennent rapidement un obstacle pour les juntes, qui craignent de partager leur autorité ou de voir leurs propres plans de transition contestés.

    Des alliances éphémères au Mali, au Niger et en Guinée

    Au Mali, le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), coalition d’opposition ayant soutenu le coup d’État d’août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, a rapidement été écarté par la junte du colonel Assimi Goïta. Après avoir salué l’intervention militaire, le mouvement s’est retrouvé exclu des instances de transition, puis marginalisé après le second coup d’État de mai 2021.

    En Guinée, les partis d’opposition ayant initialement légitimé le coup d’État du général Mamady Doumbouya en 2021 ont également vu leur influence s’évanouir. Certains de leurs dirigeants ont même été arrêtés pour avoir critiqué leur exclusion de la transition politique.

    Ces exemples illustrent une constante : les juntes militaires africaines, malgré un soutien civil initial, finissent par se retourner contre leurs anciens alliés pour conserver un contrôle absolu sur le pouvoir.

    Pourquoi les juntes militaires africaines abandonnent-elles leurs alliés civils ?

    Le soutien des civils est souvent essentiel pour déclencher ou stabiliser un coup d’État. Il offre une légitimité visible et une base de soutien immédiate. Cependant, une fois au pouvoir, les militaires n’ont aucun intérêt à partager leur autorité. Les groupes civils, avec leurs propres dirigeants et attentes, deviennent des obstacles potentiels à la consolidation du régime.

    Cette dynamique se retrouve dans des contextes historiques variés. Au Soudan, en 1969, le Parti communiste avait soutenu le colonel Jaafar Nimeiri, avant d’être réprimé et écrasé en 1971. En Égypte, en 2013, le mouvement Tamarod, ayant appuyé le général Abdelfattah el-Sisi, a vu son influence disparaître à mesure que l’espace civique se réduisait.

    Ces cas montrent que l’enthousiasme initial des civils ne doit pas être interprété comme un mandat durable. Les juntes militaires africaines, qu’elles soient au Burkina Faso, au Mali, au Niger ou ailleurs, privilégient la concentration du pouvoir à toute forme de collaboration avec leurs anciens alliés.

    La dissolution des partis politiques au Burkina Faso n’est donc qu’une illustration supplémentaire d’un phénomène récurrent : une fois leur emprise sur le pouvoir assurée, les juntes africaines se débarrassent de leurs soutiens civils pour éviter toute contestation de leur autorité.

  • Alliance militaire russe au Mali : le coût réel d’Africa corps après Wagner

    Alliance militaire russe au Mali : le coût réel d’Africa corps après Wagner

    L’impact financier d’Africa corps sur le Mali, successeur de Wagner

    Au cœur de Bamako, une modeste chapelle orthodoxe, édifiée par les forces russes d’Africa Corps, symbolise leur présence militaire au Mali. Cette structure, assemblée en tuiles et tôles, marque un tournant dans la coopération sécuritaire entre Bamako et Moscou. Depuis sept mois, ces nouveaux alliés ont pris le relais du controversé groupe Wagner, promettant une lutte renforcée contre les groupes jihadistes. Pourtant, cette transition s’accompagne d’une facture salée : près d’un milliard de dollars engagés par la junte malienne pour un bénéfice opérationnel encore incertain.

    Cette alliance militaire russe, désormais incarnée par Africa Corps, soulève des questions sur son efficacité et son coût réel. Entre promesses sécuritaires et réalités économiques, l’engagement de Bamako auprès de Moscou interroge. Quels sont les véritables enjeux de cette coopération pour le Mali ?

    Une transition militaire coûteuse entre Wagner et Africa Corps

    Le remplacement de Wagner par les forces d’Africa Corps au Mali ne s’est pas fait sans transition. Depuis sept mois, les soldats russes de cette nouvelle entité œuvrent aux côtés de l’armée malienne pour contenir la menace jihadiste. Leur implantation à Bamako, matérialisée par des infrastructures comme la chapelle orthodoxe, reflète une volonté d’ancrage durable.

    Cependant, cette collaboration s’accompagne d’un investissement financier majeur. Selon les estimations, la junte malienne aurait déboursé près d’un milliard de dollars pour financer cette alliance militaire. Un budget colossal qui interroge sur la rentabilité et l’efficacité des opérations menées par Africa Corps.

    Pour comprendre l’ampleur de cet engagement, il est essentiel d’analyser les implications économiques et stratégiques de cette coopération pour le Mali. Entre dépenses militaires et résultats opérationnels, le bilan reste contrasté.

    Les dépenses engagées par le Mali pour Africa Corps

    L’alliance avec Africa Corps représente un poste de dépenses significatif pour le gouvernement malien. En plus des coûts directs liés à la présence des forces russes, Bamako doit assumer des dépenses logistiques et opérationnelles importantes. Ces investissements incluent :

    • Financement des infrastructures : construction et entretien des bases militaires, comme celle de Bamako où se trouve la chapelle orthodoxe.
    • Rémunération des forces : paiement des salaires et des prestations des mercenaires et conseillers russes.
    • Logistique et soutien : fourniture de matériel, de munitions et de moyens de transport pour les opérations militaires.
    • Frais annexes : dépenses liées à la sécurité, aux communications et aux services logistiques nécessaires au bon fonctionnement des troupes.

    Ces coûts, cumulés, atteignent près d’un milliard de dollars, un montant qui pèse lourdement sur les finances publiques du Mali, déjà fragilisées par des années de crise sécuritaire et politique.

    Des résultats militaires en demi-teinte

    Malgré l’engagement financier massif, les résultats obtenus par Africa Corps dans la lutte contre le jihadisme restent limités. Les groupes armés, toujours actifs dans le nord et le centre du pays, continuent de menacer la stabilité régionale. Les opérations conjointes entre l’armée malienne et les forces russes peinent à inverser la tendance.

    Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés :

    • Manque de coordination : les différences de doctrine militaire et de tactiques entre les forces maliennes et russes compliquent les opérations conjointes.
    • Résistance locale : la présence de mercenaires étrangers suscite des tensions au sein de la population et des factions militaires maliennes.
    • Adaptation des groupes jihadistes : ces derniers ont développé des stratégies pour contourner les offensives des forces pro-gouvernementales.

    Dans ce contexte, la junte malienne se trouve confrontée à un dilemme : poursuivre son alliance avec Africa Corps malgré des résultats mitigés, ou explorer d’autres options pour sécuriser le territoire.

    Le Mali face à l’héritage de Wagner et aux défis d’Africa Corps

    La transition entre Wagner et Africa Corps au Mali illustre les défis auxquels fait face Bamako dans sa quête de stabilité. Après des années de collaboration controversée avec le groupe russe, marqué par des accusations de violations des droits humains, le gouvernement malien a opté pour une nouvelle formule : une alliance officielle avec Moscou via Africa Corps.

    Cette décision s’inscrit dans un contexte géopolitique où le Mali cherche à diversifier ses partenariats en matière de sécurité. Cependant, les attentes sont élevées, et la pression pour obtenir des résultats concrets s’intensifie. Entre le coût exorbitant de cette collaboration et les limites opérationnelles observées, Bamako doit désormais évaluer la viabilité de cette stratégie.

    Les alternatives à l’alliance avec Russia

    Face aux défis posés par Africa Corps, le Mali pourrait envisager d’autres pistes pour renforcer sa sécurité. Parmi les options possibles :

    • Renforcement des partenariats régionaux : collaboration accrue avec les pays voisins comme le Niger ou le Burkina Faso pour une approche régionale contre le jihadisme.
    • Soutien des forces locales : investissement dans la formation et l’équipement des troupes maliennes pour une autonomie accrue.
    • Dialogue avec les groupes armés : exploration de voies diplomatiques pour réduire les tensions et favoriser la réconciliation nationale.

    Ces alternatives, bien que complexes, pourraient offrir au Mali une sortie de crise plus durable que l’alliance actuelle avec Africa Corps.

    Conclusion : un engagement coûteux, des résultats incertains

    L’alliance militaire entre le Mali et Africa Corps s’inscrit dans une stratégie de lutte contre le jihadisme, mais son coût financier et ses résultats opérationnels restent sujets à débat. Avec près d’un milliard de dollars engagés, Bamako doit désormais évaluer si cette collaboration est viable à long terme, ou si d’autres options doivent être envisagées pour assurer la stabilité du pays.

    Une chose est sûre : la quête de sécurité au Mali passe par une réflexion approfondie sur les partenariats internationaux et les priorités nationales.