Auteur/autrice : nigeractu

  • Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye promulgue officiellement les articles l29 et l30 du Code électoral

    Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye promulgue officiellement les articles l29 et l30 du Code électoral

    Le président Bassirou Diomaye Faye a franchi une étape décisive dans la révision législative du Sénégal en promulguant officiellement les articles L29 et L30 du Code électoral. Cette validation intervient après un processus parlementaire rigoureux, renforçant ainsi la structure juridique encadrant les futurs scrutins nationaux.

    (Dé)baptiser les rues : un acte aux enjeux multiples (Par Oumar Ba)

    L’évolution de ce dossier a été marquée par un renvoi initial du texte le 7 mai 2025. Le chef de l’État avait alors relevé des erreurs matérielles nécessitant une correction. En réponse, l’Assemblée nationale s’est réunie en urgence le lundi 11 mai 2025 pour une seconde délibération, aboutissant à une nouvelle adoption du texte législatif.

    Malgré certaines spéculations évoquant une date butoir de promulgation au 13 mai, le calendrier institutionnel a été strictement observé. Les délais prévus par la Constitution n’étaient pas encore épuisés au moment de la signature présidentielle, garantissant ainsi la régularité totale de la procédure.

    Modernisation du cadre législatif électoral

    Cette réforme s’inscrit dans une volonté globale de réajuster les règles du jeu démocratique au Sénégal. Les modifications apportées aux articles L29 et L30 touchent des points essentiels, notamment les critères d’éligibilité des candidats et les modalités pratiques de l’organisation des élections.

    Avec la signature apposée par le président Bassirou Diomaye Faye, ces nouvelles dispositions acquièrent désormais force de loi. Ce tournant législatif prépare le terrain pour les échéances électorales à venir, en apportant les clarifications nécessaires au Code électoral.

  • Le Kremlin face aux crises : la stratégie calculée du silence diplomatique

    Le Kremlin face aux crises : la stratégie calculée du silence diplomatique

    Face aux tourmentes qui frappent ses partenaires stratégiques à travers le globe, la Russie adopte une posture qui interpelle : un mutisme total. Loin de l’image d’un protecteur infaillible, le Kremlin semble avoir fait du silence une véritable doctrine diplomatique lorsque ses alliés traversent des zones de turbulences majeures. Décryptage d’une méthode basée sur l’effacement volontaire.

    Ce schéma se reproduit avec une précision chirurgicale. Qu’il s’agisse de déboires militaires localisés, de révoltes populaires ou de crises institutionnelles graves, la réponse de Moscou n’est ni le soutien public enflammé, ni l’envoi immédiat de renforts de communication. C’est un vide médiatique rigoureux qui contraste avec son activisme habituel sur l’échiquier mondial.

    Le pragmatisme froid du « Wait and See »

    Cette attitude n’est pas un signe de faiblesse, mais un choix rationnel. Devant un partenaire en fâcheuse posture, la Russie applique la règle de l’attente prudente. L’enjeu est d’éviter que le prestige et la crédibilité russes ne soient associés à une cause perdue ou à un leader sur le point de chuter.

    En restant dans l’ombre, le Kremlin conserve une liberté d’action totale. Si l’allié reprend le contrôle par ses propres moyens, le partenariat reprend son cours normal. Si, à l’inverse, le régime s’effondre, ce silence préalable permet à Moscou de ne pas être emporté dans la chute et d’amorcer, en coulisses, des liens avec les futurs détenteurs du pouvoir.

    L’absence de mots comme forme de désaveu

    Ce mutisme est également un outil de communication indirect. Contrairement aux diplomaties occidentales qui multiplient les condamnations, la Russie exprime ses désaccords ou son agacement par l’absence de réaction officielle. Lorsqu’un allié commet une erreur stratégique ou s’engage dans une voie sans issue sans l’aval de son protecteur, le silence du ministère des Affaires étrangères fait office de sanction discrète. C’est une manière de signifier au pays en détresse qu’il doit assumer seul le coût de ses fautes.

    Une solidarité strictement transactionnelle

    Cette réalité souligne la nature profonde des relations nouées par la Russie : des liens basés sur l’intérêt et non sur l’émotion. L’intervention, qu’elle soit verbale ou matérielle, ne survient que si les intérêts vitaux russes sont directement menacés. Si la crise ne concerne que le pouvoir local, Moscou préfère préserver son capital politique et laisser son partenaire gérer seul la pression internationale.

    Pendant ce retrait officiel, la machine d’influence russe s’active via des canaux détournés pour brouiller les pistes ou pointer du doigt des ingérences extérieures. Cela offre une diversion pendant que le Kremlin évalue la situation réelle. En définitive, le soutien de la Russie est un atout précieux par beau temps, mais dès que l’orage gronde, ses alliés se retrouvent souvent face à leur propre destin, seuls dans le silence de Moscou.

  • Alerte sur la liberté de circulation au Mali face au blocus de la capitale

    Alerte sur la liberté de circulation au Mali face au blocus de la capitale

    L’organisation Amnesty International tire la sonnette d’alarme concernant la situation sécuritaire au Mali. Elle exhorte les combattants du JNIM à garantir la sécurité et à rétablir la libre circulation des populations civiles. Depuis le 30 avril, les insurgés imposent un véritable siège routier autour de Bamako, une ville qui dépend lourdement des flux de marchandises importées pour sa survie quotidienne.

    Cette entrave aux déplacements majeurs engendre des répercussions critiques. Selon les observations recueillies, l’asphyxie actuelle de Bamako menace directement les droits fondamentaux des citoyens, notamment l’accès à la santé, à la sécurité alimentaire et, plus largement, le droit à la vie. Le respect du droit international humanitaire par les groupes armés est désormais une urgence absolue.

    Depuis deux semaines, le Jnim soumet Bamako à un blocus en réduisant les entrées dans la capitale malienne

    Un événement marquant a illustré cette tension le 6 mai dernier : un convoi de transport civil a été pris pour cible entre Bamako et Bougouni. Ces camions, qui transportaient des produits de consommation comme des fruits, ne bénéficiaient d’aucune protection militaire et ne convoyaient aucun matériel de guerre. En réaction à cette insécurité grandissante, de nombreuses entreprises de transport ont décidé d’interrompre leurs services vers la capitale.

    En lien avec ce blocus, plus d'une dizaine de compagnies de transport routier ont annoncé en début de semaine avoir suspendu leurs liaisons au départ et à destination de Bamako.

    Intensification des opérations militaires au Nord

    Parallèlement au blocus du sud, l’armée malienne prévoit d’intensifier ses interventions aériennes sur Kidal. Cette localité est passée sous l’influence des rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad) et de leurs alliés du JNIM à la fin du mois d’avril. Tandis que les forces régulières multiplient les frappes, les groupes séparatistes affirment retenir prisonniers environ 200 soldats maliens capturés lors des récents affrontements.

    Sur le terrain, la vie quotidienne devient un défi. À Kidal, les habitants subissent des interruptions chroniques d’électricité et une dégradation des réseaux de communication. L’incertitude domine et les populations peinent à identifier des sources d’information fiables au milieu des discours contradictoires.

    À Gao, bien que la ville reste sous autorité gouvernementale, la méfiance s’installe. Les conséquences économiques sont déjà visibles : le prix de certaines denrées de base, comme l’oignon, a doublé en peu de temps. Cette stratégie d’isolement semble viser à détacher les régions septentrionales du reste du pays, le JNIM cherchant désormais à prendre le contrôle effectif des centres urbains.

    Une administration absente dans plusieurs zones

    Le centre du pays n’est pas épargné. Plusieurs secteurs de la région de Ségou, sur la rive gauche du fleuve Niger, ainsi qu’une partie de Koulikoro, échappent totalement au contrôle de l’État. Dans ces zones, les groupes djihadistes imposent la zakat, un impôt religieux, et ont provoqué la fermeture de plus de 2 300 établissements scolaires sur l’ensemble du territoire malien.

    Les experts décrivent une phase de réorganisation tactique. Si l’armée malienne semble se préparer à une contre-offensive d’envergure, les forces du JNIM et du FLA observent attentivement ces mouvements. Dans ce bras de fer, les civils restent les premières victimes des exactions commises par les différentes parties en présence.

    L'armée malienne dit avoir procédé à des frappes sur la ville de Kidal contrôlée par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA)

    Face à cette crise généralisée, certains observateurs préconisent l’ouverture d’un dialogue inclusif. Bien que le gouvernement de transition refuse officiellement toute négociation avec ceux qu’il qualifie de terroristes, des échanges secrets auraient déjà eu lieu par le passé pour sécuriser l’approvisionnement en carburant. L’avenir du pays pourrait dépendre de la capacité des acteurs nationaux à s’asseoir autour d’une table pour trouver une issue politique durable.

  • Pas de réunion de crise au domicile d’Ousmane Sonko : un démenti formel

    Pas de réunion de crise au domicile d’Ousmane Sonko : un démenti formel

    Depuis le début de la journée de ce vendredi, une rumeur persistante circule concernant une prétendue rencontre de crise organisée par Ousmane Sonko. Les bruits de couloir évoquaient une réunion convoquée en urgence à son domicile situé à la Cité Keur Gorgui pour 18 heures, dans un climat politique marqué par une certaine effervescence.

    Selon ces bruits de couloir, plusieurs cadres du parti Pastef devaient y prendre part, notamment El Malick Ndiaye, Birame Souleye Diop, Yassine Fall, Daouda Ngom, Abass Fall et Ayib Daffé. Cependant, après vérification auprès de l’entourage immédiat du leader politique, il s’avère que ces allégations sont totalement infondées.

    Un proche collaborateur d’Ousmane Sonko a tenu à clarifier la situation en affirmant qu’aucune session du bureau politique n’est à l’ordre du jour, que ce soit à sa résidence privée ou dans un autre lieu. Il précise qu’aucune convocation officielle n’a été transmise aux membres mentionnés et déplore la propagation de cette fausse information sur les plateformes numériques.

  • Tabaski 2026 : le Burkina Faso ferme ses frontières au bétail et bouscule la Côte d’Ivoire

    Tabaski 2026 : le Burkina Faso ferme ses frontières au bétail et bouscule la Côte d’Ivoire

    À l’approche de la grande fête du sacrifice, une onde de choc secoue le marché du bétail en Afrique de l’Ouest. En suspendant brutalement ses exportations de cheptel, le Burkina Faso place la Côte d’Ivoire dans une position délicate. Abidjan doit désormais trouver en urgence 172 000 têtes pour satisfaire la demande, alors que les circuits d’approvisionnement sahéliens se ferment les uns après les autres.

    La décision a été actée par un arrêté interministériel signé le 8 mai 2026 par les autorités burkinabè en charge du Commerce, de l’Agriculture et de l’Économie. Ce texte suspend la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) de bétail depuis le 11 mai. Les commerçants disposant de titres encore valides n’ont eu qu’une semaine pour clore leurs transactions. Désormais, plus aucun animal ne peut légalement quitter le territoire burkinabè.

    Pour Ouagadougou, cette mesure vise officiellement à assurer la disponibilité des animaux sur le marché local afin de stabiliser les prix et de préserver le budget des ménages avant la Tabaski. Cependant, en Côte d’Ivoire, cette annonce sonne comme une rupture majeure.

    Une dépendance structurelle mise à rude épreuve

    Les besoins ivoiriens pour cette période de célébration sont massifs : entre 172 000 et 350 000 têtes selon les estimations incluant ovins et bovins. Or, l’élevage local ne parvient à couvrir qu’un quart de ces besoins, soit environ 87 500 bêtes. Le pays s’appuie traditionnellement sur le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Bénin pour combler ce déficit.

    Sur le terrain, notamment au parc à bétail de Yamoussoukro, l’inquiétude grandit. Les prix ont déjà grimpé de 10 % par rapport à l’an dernier. Mohamed Touré, porte-parole des commerçants locaux, souligne que l’insécurité au Sahel complique déjà les flux en provenance du Mali. Sans l’apport du Niger et du Burkina Faso, le ravitaillement devient un véritable casse-tête logistique.

    Face à l’urgence, les autorités ivoiriennes tentent de réagir. Assoumany Gouromenan, représentant du ministère des Ressources animales, a rencontré les organisations religieuses sunnites (CODISS) pour encourager les fidèles à se tourner vers les races locales. Toutefois, cette alternative se heurte aux habitudes de consommation, les béliers sahéliens étant plus prisés pour leur stature que les races locales, plus petites.

    La stratégie de souveraineté de l’Alliance des États du Sahel

    Cette suspension s’inscrit dans une politique plus large adoptée par les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Niger avait déjà pris des mesures similaires l’année précédente. Le Burkina Faso, de son côté, cherche à transformer son économie pastorale. L’objectif est de passer de la vente de bétail sur pied à l’exportation de viande traitée, une ambition portée par l’Agence Faso Abattoir créée en 2025.

    Le secteur est stratégique : les exportations de bétail burkinabè sont passées de 400 millions de FCFA en 2020 à près de 11,8 milliards de FCFA en 2024, devenant le troisième produit d’exportation du pays. Toucher à ce pilier économique témoigne d’une volonté de reprise en main souveraine des ressources nationales.

    Un contexte diplomatique sous haute tension

    Il est difficile d’isoler cette décision économique du climat politique glacial entre Ouagadougou et Abidjan. Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en 2022, les relations n’ont cessé de se dégrader. Le leader burkinabè a plusieurs fois critiqué l’attitude de la Côte d’Ivoire, l’accusant de servir de base arrière à des opposants cherchant à déstabiliser son régime.

    Le rappel du chargé d’affaires Dié Millogo fin 2024 et l’absence d’ambassadeurs en poste dans les deux capitales illustrent cette rupture. Malgré une tentative de dialogue en décembre 2025 entre les ministres Adama Dosso et Karamoko Jean Marie Traoré, la méfiance persiste. Le décès récent en détention de l’activiste Alino Faso en avril 2026 aurait encore durci les positions.

    Si l’argument de la sécurité alimentaire nationale est mis en avant, la durée de cette interdiction sera révélatrice. Une levée rapide après la fête confirmerait une gestion de crise intérieure, tandis qu’un maintien prolongé de la fermeture des frontières pourrait être perçu comme un levier de pression politique sur Abidjan, Yamoussoukro et Bouaké.

  • Un an de détention pour Succès Masra : le visage d’une opposition muselée au Tchad

    Un an de détention pour Succès Masra : le visage d’une opposition muselée au Tchad

    Une année derrière les barreaux pour le leader des Transformateurs

    Cela fait désormais un an que les autorités du Tchad maintiennent en détention Succès Masra, figure centrale de l’opposition et ancien Premier ministre. Cette incarcération, fondée sur des accusations perçues comme purement politiques, illustre la fermeté du gouvernement face à toute forme de contestation dans le pays.

    Le récit d’une interpellation matinale

    Le 16 mai 2025, à l’aube, les forces de l’ordre ont investi le domicile de Succès Masra à N’Djamena pour procéder à son arrestation. La justice lui reproche d’avoir encouragé la haine et l’insurrection à travers ses interventions sur les réseaux sociaux. Ces accusations faisaient suite aux violents heurts intercommunautaires ayant endeuillé la province du Logone Occidental le 14 mai précédent. Pourtant, le leader politique s’était contenté de présenter ses condoléances aux familles des victimes, affirmant avec force que la vie humaine ne devait jamais être dévalorisée sur le sol tchadien.

    Un verdict lourd et une procédure d’appel

    En août 2025, le verdict est tombé : 20 ans de réclusion criminelle. Le tribunal a reconnu l’opposant coupable de complicité de meurtre et de propagation de messages xénophobes. Succès Masra, qui clame son innocence, n’est pas le seul visé ; plusieurs de ses coaccusés ont écopé de peines similaires, assorties de fortes amendes. Bien que ses conseils aient immédiatement fait appel, le dossier reste en suspens et doit désormais être examiné par la Cour suprême.

    Un climat politique de plus en plus restreint

    Cette affaire s’inscrit dans une dérive plus globale de l’espace démocratique au Tchad. Déjà, lors de la présidentielle de mai 2024 où il affrontait Mahamat Idriss Déby, Succès Masra et ses partisans subissaient des pressions constantes et des arrestations arbitraires. Le climat de l’époque était marqué par l’assassinat non élucidé d’un autre cadre de l’opposition, un crime resté impuni à ce jour. Après le scrutin, le leader des Transformateurs avait d’ailleurs dénoncé des résultats truqués.

    La répression ne s’est pas limitée à la sphère politique directe. Les épisodes de 2021 et 2022 ont été le théâtre de violences policières extrêmes, causant de nombreux décès et des centaines d’arrestations lors de manifestations. Plus récemment, en mai 2026, huit autres figures politiques ont été condamnées à huit ans de prison pour rébellion après avoir tenté d’organiser un rassemblement pro-démocratie.

    L’appel à une médiation régionale

    Face à cette situation, le rôle des organisations régionales comme la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) devient crucial. Il est impératif que ces institutions pèsent sur les autorités de N’Djamena pour exiger le respect des libertés fondamentales et l’application stricte de l’accord de Kinshasa, censé protéger l’activité des partis politiques d’opposition et garantir la sécurité de leurs dirigeants.

  • Le Bénin, moteur agricole : comment les réformes ont transcendé l’économie

    Le Bénin, moteur agricole : comment les réformes ont transcendé l’économie

    Depuis 2016, le Bénin a entrepris une métamorphose profonde de son secteur agricole. Une stratégie gouvernementale audacieuse, combinant d’importantes subventions, une mécanisation rapide et un aménagement territorial précis, a conduit à des productions agricoles sans précédent. Qu’il s’agisse du coton, de l’ananas, du maïs ou du soja, l’agriculture béninoise est devenue le pilier fondamental de la croissance économique nationale et un garant essentiel de la sécurité alimentaire pour ses habitants.

    Les filières stratégiques du Bénin : une croissance agricole impressionnante

    En l’espace de quelques années, les campagnes agricoles du Bénin ont changé de dimension. Les plans de développement ambitieux mis en œuvre par le gouvernement du Président Patrice Talon ont porté leurs fruits, propulsant les volumes de production vers des sommets jamais atteints.

    Le maïs, céréale essentielle à l’alimentation des Béninois, illustre parfaitement cette dynamique. Sa production, qui peinait à dépasser 1,3 million de tonnes en 2016, a spectaculairement atteint 2,5 millions de tonnes en 2025. Face à une demande intérieure d’environ 1 million de tonnes, le Bénin assure désormais une autosuffisance confortable. Ce volume excédentaire génère toutefois un enjeu de régulation des échanges transfrontaliers afin de préserver la stabilité des prix sur les marchés intérieurs.

    La culture du soja incarne la politique d’industrialisation du Bénin. Partant d’un volume modeste de 140 000 tonnes en 2016, la production de soja a connu une progression remarquable, atteignant 422 000 tonnes en 2022, puis un record historique de 606 016 tonnes pour la campagne 2024-2025, soit une multiplication par plus de quatre. Cette performance assure l’approvisionnement des installations de transformation de pointe au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), tout en garantissant des volumes significatifs pour l’exportation.

    Le riz, autre denrée fondamentale, a suivi une évolution tout aussi positive. La production de riz paddy est passée de 204 000 tonnes avant 2016 à 525 000 tonnes dès 2022, avec une projection ambitieuse d’atteindre 1 million de tonnes en 2025.

    Le coton, surnommé l’« or blanc », conserve sa place de choix dans l’agriculture béninoise. Alors que seulement 269 000 tonnes étaient récoltées en 2015, la période post-2016 a vu la production annuelle moyenne se stabiliser au-delà de 640 000 tonnes, avec un sommet à 766 273 tonnes en 2021. Cette constance dans la performance assure au Bénin son statut de premier producteur de coton sur le continent africain, avec l’objectif du million de tonnes fermement maintenu.

    Parmi les cultures de rente, l’ananas a connu une augmentation de 93 %, passant de 244 000 tonnes avant 2016 à 470 000 tonnes en 2022, et devrait prochainement atteindre 600 000 tonnes. La noix de cajou a également vu sa production doubler, avec une progression de 105 %, passant de 91 000 tonnes à 187 000 tonnes en 2023, tout en affichant une amélioration de rendement de 34 %. Pour cette filière stratégique, l’État apporte un soutien direct aux agriculteurs, couvrant 500 FCFA du coût total de 600 FCFA pour l’acquisition de plants certifiés.

    Les subventions étatiques : un soutien crucial de 110 milliards de FCFA

    Ces résultats exceptionnels sont indissociables d’un appui financier direct et substantiel de la part de l’État. Face à une flambée des prix mondiaux des engrais et intrants chimiques, menaçant de compromettre l’accès des agriculteurs à ces ressources vitales, l’administration du Président Patrice Talon a agi pour sauvegarder le secteur agricole. Une somme colossale de 110 milliards de FCFA a été allouée en subventions pour les campagnes agricoles s’étalant de 2022 à 2025 (incluant 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025). Cette initiative politique majeure a permis de maîtriser le coût des intrants, prévenant ainsi une chute des rendements et écartant le risque d’insécurité alimentaire au Bénin.

    Modernisation agricole : maîtrise de l’eau et mécanisation au Bénin

    La modernisation des infrastructures et des méthodes de culture constitue un autre axe essentiel de cette transformation agricole. L’agriculture béninoise, autrefois vulnérable aux caprices du climat, gagne en autonomie grâce à d’ambitieux aménagements hydro-agricoles. Avant 2016, seulement 6 200 hectares, soit 2 % du potentiel national, étaient équipés. Depuis 2016, ce chiffre a quadruplé, avec 25 440 hectares aménagés dans 67 communes. L’ambition à moyen terme est d’atteindre 50 000 hectares, consolidant ainsi la résilience du secteur et améliorant significativement les revenus des agriculteurs.

    Simultanément, la mécanisation agricole progresse rapidement, allégeant la charge de travail des cultivateurs. Le taux de mécanisation, qui était inférieur à 8 % avant 2016, a doublé. Plus de 400 000 hectares ont été labourés mécaniquement grâce à l’introduction de 5 000 ensembles de tracteurs, acquis à moitié prix grâce aux subventions étatiques. Pour assurer la durabilité de ces équipements, 6 000 tractoristes et 300 mécaniciens ont été formés. Cette évolution offre un gain de temps et d’argent immédiat aux exploitants, et l’objectif est d’atteindre un taux de mécanisation de 30 % d’ici fin 2026, avec 8 000 kits opérationnels.

    Financement et durabilité : piliers d’une agriculture béninoise renouvelée

    Concernant le financement agricole, les dispositifs précédents, le FNDA et le FADeC-Agriculture, ont été remplacés par des mécanismes profondément réformés. Le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) agit désormais comme un levier puissant pour le crédit agricole, ayant soutenu plus de 3 000 projets pour un financement dépassant les 19 milliards de FCFA. Parallèlement, le Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC-Agriculture) a facilité 330 investissements au niveau communal, mobilisant 68 milliards de FCFA. L’ambition immédiate est de perfectionner la gouvernance pour étendre cet impact à des milliers d’autres initiatives.

    Cette renaissance agricole s’inscrit dans une démarche écologique proactive. Alors que 80 % des terres béninoises souffraient d’une faible fertilité avant 2016, l’adoption de pratiques de gestion durable a permis de restaurer la productivité de plus de 3 millions d’hectares, tout en les protégeant de l’érosion. Le secteur halieutique a également bénéficié de cette approche, avec l’assainissement et le réensemencement des plans d’eau, auparavant pollués et sous-exploités. La production halieutique totale a ainsi enregistré une hausse de 79 %. Preuve de cette avancée environnementale et réglementaire, les produits de la pêche béninoise, en particulier les crevettes, sont de nouveau exportés avec succès vers l’Union européenne. Les filières animales ne sont pas en reste, avec des augmentations de 53 % pour la production de viande et de 43 % pour les œufs, avec des prévisions solides pour atteindre 75 % des besoins du pays.

    L’agriculture béninoise : une orientation vers le marché et le territoire

    Par une approche de développement agricole ancrée dans les territoires, caractérisée par un renforcement des prérogatives de l’État et un soutien ciblé aux diverses filières, le gouvernement béninois a réussi à réorganiser l’économie rurale de manière holistique. Cet effort a significativement amélioré l’accès aux marchés internationaux et favorisé la consolidation de partenariats stratégiques durables.

    En moins de dix ans, les décisions politiques courageuses et l’appui financier conséquent déployés par l’administration du Président Patrice Talon ont profondément modifié la vision de l’agriculture au Bénin. Loin d’être une simple activité de subsistance, elle est devenue un secteur économique vibrant, moderne et hautement compétitif. Le prochain enjeu majeur sera de pérenniser cette bonne gouvernance et de renforcer les mécanismes de contrôle pour garantir que les richesses générées bénéficient équitablement et durablement à l’ensemble des producteurs ruraux.

  • Le rendez-vous des lettres s’installe à Dakar pour le FILID

    Le rendez-vous des lettres s’installe à Dakar pour le FILID

    L’effervescence littéraire s’empare de nouveau de la capitale avec la tenue de la cinquième édition du Festival international de littérature de Dakar (FILID). Cet événement majeur, accueilli par l’Institut français du Sénégal, propose une immersion totale dans l’univers de la création contemporaine.

    Un carrefour pour les passionnés de lecture et d’écriture

    Le FILID constitue un espace de dialogue privilégié entre les différents acteurs de la chaîne du livre. Des écrivains de renom, des éditeurs engagés et un public de lecteurs enthousiastes se retrouveront pour débattre des tendances actuelles des lettres africaines et mondiales. Ce festival est une invitation à découvrir la diversité des récits et à partager une passion commune pour l’écrit.

    Détails de l’événement à Dakar

    Le rendez-vous est fixé à l’Institut français Léopold Sédar Senghor pour une journée riche en découvertes :

    • Date précise : 16 mai 2026
    • Heure de début : 9h00
    • Cadre : Salle de cinéma de l’Institut français
    • Localisation : 89, rue Joseph T. Gomis

    Cet événement s’annonce comme un moment fort de l’agenda culturel, favorisant les interactions directes autour des œuvres et des auteurs qui font l’actualité littéraire.

  • Ousmane Sonko mobilise les cadres du Pastef à la Cité Keur Gorgui

    Ousmane Sonko mobilise les cadres du Pastef à la Cité Keur Gorgui

    Le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, a décidé de rassembler les piliers de sa formation politique pour une concertation de haut niveau. Cette rencontre stratégique se tient ce vendredi, dès 18 heures, au sein de sa résidence privée située dans le quartier de la Cité Keur Gorgui.

    Parmi les figures marquantes de l’état-major attendues à ce rendez-vous crucial, on retrouve plusieurs responsables de premier plan du mouvement, notamment :

    • El Malick Ndiaye
    • Birame Souleye Diop
    • Yassine Fall
    • Daouda Ngom
    • Abass Fall
    • Ayib Daffé

    Bien que les points précis inscrits à l’ordre du jour n’aient pas encore été officiellement communiqués, cette mobilisation massive des cadres du Pastef intervient dans un contexte politique suivi de près. La présence de ces personnalités influentes souligne l’importance de cette réunion interne dont les conclusions restent attendues.

  • Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo plébiscité à la présidence du PPA-CI

    Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo plébiscité à la présidence du PPA-CI

    Lors du premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire à Abidjan, les militants ont massivement renouvelé leur confiance à Laurent Gbagbo. À 80 ans, l’ancien chef de l’État accepte un nouveau mandat à la tête de la formation qu’il a créée après son retour de la CPI.

    C’est une confirmation sans surprise pour Laurent Gbagbo. Il a été reconduit à la présidence du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), à l’occasion du premier congrès ordinaire du parti qui s’est déroulé au Palais de la Culture de Treichville, dans la capitale économique ivoirienne.

    Près de 3 000 congressistes ont acclamé la réélection de l’ancien président. Cette formation politique avait été fondée en 2020, marquant son retour sur la scène politique après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) des accusations de crimes contre l’humanité découlant de la crise post-électorale de 2010-2011.

    Bien qu’il ait atteint l’âge de 80 ans et ait évoqué en 2025 son désir de prendre du recul par rapport aux fonctions officielles, Laurent Gbagbo a finalement cédé à la demande insistante de ses partisans. Il a donc accepté de poursuivre sa mission à la tête du PPA-CI.

    Ce congrès est perçu comme une étape stratégique pour le parti, qui entend renforcer son maillage territorial et redynamiser ses structures. Pour les cadres du PPA-CI, ce nouveau mandat de leur leader historique doit également servir à préparer une transition en douceur vers une nouvelle génération de dirigeants.

  • Réunion d’urgence à la Cité Keur Gorgui : Ousmane Sonko mobilise ses lieutenants

    Réunion d’urgence à la Cité Keur Gorgui : Ousmane Sonko mobilise ses lieutenants

    Le leader du parti Pastef a lancé une convocation générale à ses principaux collaborateurs pour une rencontre au sommet. C’est dans sa résidence de la Cité Keur Gorgui que Ousmane Sonko s’apprête à recevoir l’élite de son état-major politique.

    Ousmane Sonko-Diomaye Président

    Prévue pour débuter aux alentours de 18 heures, cette réunion de travail devrait voir défiler les visages emblématiques du mouvement. Selon les informations recueillies, le cercle restreint des conseillers et responsables est attendu pour échanger sur les orientations du moment.

    Les cadres de Pastef attendus au domicile du leader

    La liste des personnalités conviées confirme l’importance de ce ballet politique. Sont notamment attendus au domicile de Ousmane Sonko :

    • El Malick Ndiaye
    • Birame Souleye Diop
    • Yassine Fall
    • Daouda Ngom
    • Abass Fall
    • Ayib Daffé

    Cette concentration de hauts responsables à la Cité Keur Gorgui alimente de nombreuses interrogations. Quel est l’ordre du jour exact de ce sommet restreint ? Les prochaines heures pourraient apporter des éclaircissements sur les motivations réelles de ce rassemblement stratégique.

  • Tensions au PPA-CI : des figures de proue interdites d’accès au premier congrès ordinaire

    Tensions au PPA-CI : des figures de proue interdites d’accès au premier congrès ordinaire

    À l’approche du premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), l’ambiance est à la fermeté. La formation politique dirigée par l’ancien président Laurent Gbagbo a pris la décision radicale d’interdire la participation de plusieurs de ses hauts cadres et militants à cet événement historique prévu les 14 et 15 mai 2026 à Abidjan.

    Parmi les personnalités visées par cette mesure d’exclusion temporaire figurent des noms bien connus de la scène politique ivoirienne, notamment Don Mello, Stéphane Kipré, Dali Arthur et Armand Ouégnin. Cette décision intervient alors que ces derniers font l’objet de procédures disciplinaires rigoureuses au sein de l’appareil du parti.

    Un rappel à l’ordre après les élections de 2025

    Le grief retenu contre ces cadres est lié à un acte d’indiscipline caractérisé. En effet, ils auraient passé outre la consigne officielle du PPA-CI qui consistait à ne pas s’impliquer dans l’élection présidentielle d’octobre 2025, ainsi que dans les législatives du 27 décembre 2025. En bravant ce boycott, ils se sont placés en porte-à-faux avec la ligne directrice édictée par la direction du parti.

    La direction a été claire : tant que les conclusions des enquêtes disciplinaires ne sont pas rendues, l’accès au conclave leur est strictement refusé. Cette mesure de suspension vise à garantir la cohésion d’un mouvement qui cherche à se restructurer après une période électorale mouvementée.

    Les enjeux du rassemblement au palais de la culture

    Ce premier congrès ordinaire, qui se tiendra au palais de la culture d’Abidjan, revêt une importance capitale pour l’avenir du PPA-CI. L’objectif affiché est double : consolider les bases de la formation et remobiliser les troupes dans un climat de sérénité retrouvée. Toutefois, l’ouverture de ce sommet se déroule dans un contexte de dissensions internes manifestes, illustrées par ces sanctions frappant des piliers historiques de l’entourage de Laurent Gbagbo.