Auteur/autrice : nigeractu

  • L’économie du Tchad gagne en solidité selon les dernières analyses de S&P

    L’économie du Tchad gagne en solidité selon les dernières analyses de S&P

    Vue de la ville de N’Djamena. © JAMG – PHOTOS DR

    En confirmant la note souveraine du pays à « B- » assortie d’une perspective stable le 16 mars, l’agence S&P vient valider les orientations stratégiques du « Plan national de développement Tchad Connexion 2030 ». Pour les autorités financières nationales, cette décision reflète une confiance renouvelée dans la trajectoire économique du Tchad, marquée par une croissance dynamique, un endettement maîtrisé et le soutien indéfectible des institutions internationales.

    Ferme agricole communautaire intégrée (Faci) de Milé à Guereda. © JAMG – PHOTOS DR

    Une croissance économique revue à la hausse

    La reprise amorcée en 2023 s’est intensifiée tout au long de l’année 2025 au Tchad. Portée par la hausse des cours du pétrole et un secteur des services en plein essor, l’activité affiche une santé robuste. S&P anticipe désormais une progression du PIB réel de 5 % pour l’année en cours, dépassant largement les prévisions initiales de 3,6 % émises fin 2024.

    De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) se montre encore plus optimiste avec une estimation de croissance à 5,2 %. Cette vitalité s’explique par la performance du secteur agricole et le redressement des activités non pétrolières. Bien que les hydrocarbures restent un pilier central pour les exportations, la diversification vers l’agriculture et les services soutient efficacement la consommation locale.

    Les puits forés fournissent de l'eau potable à des centaines de milliers de personnes. © Photo de Sinan Balcikoca / AGENCE ANADOLU / Anadolu via AFP

    Une dette publique sous contrôle

    Le Tchad a réalisé des avancées notables dans la gestion de ses finances publiques. Le taux d’endettement se stabilise autour de 36 % du PIB, un niveau raisonnable au regard des standards régionaux. Précurseur, le pays a été le premier à solliciter le cadre commun du G20 en 2022 pour restructurer ses engagements extérieurs.

    Aujourd’hui, la dette extérieure ne constitue plus que la moitié du passif total, avec des conditions de remboursement majoritairement concessionnelles. Cette situation offre une nouvelle marge de manœuvre financière indispensable pour déployer les grands chantiers du plan « Tchad Connexion 2030 ». Les autorités maintiennent une gestion budgétaire rigoureuse afin de garantir la pérennité de cette stabilité tout en finançant les priorités sociales.

    Le Président de la République, Chef de l’Etat, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno en visite au marché central de N'Djamena. © JAMG – PHOTOS DR

    Amélioration de la collecte des recettes fiscales

    Un autre pilier des réformes concerne la mobilisation des ressources internes. Selon l’OCDE, le ratio des recettes fiscales par rapport au PIB est passé de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023. Cette progression témoigne des efforts pour élargir l’assiette fiscale et moderniser l’administration des impôts.

    En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les attentes, portées par une économie diversifiée et les engagements pris dans le cadre d’un accord avec le FMI de 625,3 millions de dollars. La digitalisation des procédures et le renforcement de la gouvernance financière participent activement à cette efficacité accrue.

    Pêche sur le lac Tchad. © JAMG – PHOTOS DR

    Perspectives d’avenir avec Tchad Connexion 2030

    Malgré ces succès, le Tchad doit poursuivre la consolidation de ses acquis, notamment en matière de diversification économique et d’infrastructures de base. Ces défis sont au cœur du plan « Tchad Connexion 2030 », adopté en mai 2025 après une transition politique stabilisée par l’élection de Mahamat Idriss Deby Itno.

    Pour financer cette vision, le pays a mobilisé 20,5 milliards de dollars à Abu Dhabi en novembre 2025. Le programme s’appuie sur 268 projets concrets visant une croissance de 8 % d’ici 2030 et une réduction significative de la pauvreté. Les quatre piliers majeurs sont :

    • Le développement d’infrastructures stratégiques (énergie, eau, transports, télécoms).
    • Le renforcement des services sociaux (santé, éducation, emploi des jeunes).
    • La diversification via les filières porteuses (élevage, pêche, mines, tourisme).
    • L’optimisation du climat des affaires par la simplification administrative.
    Centrale de Farcha. © JAMG – PHOTOS DR
  • Faure Gnassingbé et Yoweri Museveni renforcent les liens pour la paix et l’intégration africaine

    Faure Gnassingbé et Yoweri Museveni renforcent les liens pour la paix et l’intégration africaine

    Le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, a intensifié ses actions diplomatiques à travers l’Afrique centrale et de l’Est. Ce déplacement stratégique vise à consolider la coopération régionale et à promouvoir la stabilité dans la zone des Grands Lacs. À Kampala, le dirigeant a assisté à l’investiture du président ougandais Yoweri Museveni, marquant ainsi une nouvelle étape dans les relations entre les deux nations.

    La sécurité régionale au cœur des échanges à Kampala

    En marge des cérémonies officielles, les deux présidents ont tenu une séance de travail approfondie sur les problématiques sécuritaires majeures. Leurs discussions se sont focalisées sur la situation instable dans l’est de la République démocratique du Congo. Lomé et Kampala maintiennent un dialogue constant pour appuyer les processus de paix et garantir la sécurité dans cette région névralgique du continent.

    Un axe diplomatique entre le Togo et le Congo

    Avant son étape ougandaise, Faure Gnassingbé s’est rendu à Oyo, en République du Congo, pour s’entretenir avec le président Denis Sassou N’Guesso. Cette visite de travail a permis d’aborder le renforcement des liens bilatéraux et divers dossiers économiques cruciaux.

    Les échanges ont notamment mis en lumière le partenariat entre le Port autonome de Lomé et le Port autonome de Pointe-Noire. Ces deux infrastructures majeures, liées par des accords signés en août 2020, jouent un rôle moteur dans le dynamisme des échanges commerciaux entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

    Médiation et intégration continentale

    Au-delà des aspects purement économiques, le président togolais a réaffirmé son engagement envers les défis politiques africains. En sa qualité de médiateur pour l’Union africaine dans la crise congolaise, Faure Gnassingbé poursuit ses efforts diplomatiques pour instaurer une paix durable et favoriser une véritable intégration africaine.

  • Lens – PSG : où et quand suivre ce choc de Ligue 1 en direct ?

    Lens – PSG : où et quand suivre ce choc de Ligue 1 en direct ?

    Le stade Bollaert s’apprête à vibrer pour l’affiche entre le RC Lens et le PSG ce mercredi 13 mai à 21h. Ce duel, comptant pour la 29e journée de Ligue 1, sera diffusé en exclusivité sur la chaîne beIN Sports 1.

    Lens contre PSG : une affiche de haut de tableau

    Le RC Lens a déjà assuré sa présence en Ligue des Champions en sécurisant la deuxième place du championnat. Cette réussite s’est scellée lors d’une soirée mémorable où le jeune Mezian Mesloub, âgé de seulement 16 ans, a trouvé le chemin des filets quelques secondes après son entrée en jeu. Un moment historique pour son premier match professionnel. L’entraîneur lensois, Pierre Sage, a souligné la dimension émotionnelle de cet exploit, rappelant que le père du joueur est une figure du club. Désormais, les Sang et Or ambitionnent également de briller en Coupe de France.

    De son côté, le PSG arrive dans le Nord avec un statut de leader conforté. Malgré une prestation laborieuse face à Brest, les Parisiens se sont imposés grâce à une réalisation tardive de Désiré Doué à la 82e minute. Ce succès minimaliste permet au club de la capitale de maintenir son avance en tête du classement.

    Comment regarder Lens – PSG en direct ?

    Pour ne rien manquer de ce choc au sommet, les supporters devront se brancher sur beIN Sports le mercredi 13 mai à 21h. Plusieurs options s’offrent aux téléspectateurs pour accéder à la rencontre. Canal+ propose notamment son pack Sport au tarif de 29,99 euros mensuels la première année, avant de passer à 39,99 euros, avec un engagement de deux ans. Cette offre inclut l’accès aux grandes compétitions européennes.

    Alternativement, RMC Sport met à disposition une version 100 % digitale. Le prix est fixé à 29 euros par mois avec un engagement d’un an, ou 35 euros par mois pour la formule sans engagement. C’est l’occasion idéale de suivre l’une des rencontres les plus attendues de la saison de Ligue 1.

  • Deuil en Côte d’Ivoire : disparition de Koné Gogé, figure emblématique d’Abobo

    Deuil en Côte d’Ivoire : disparition de Koné Gogé, figure emblématique d’Abobo

    La commune d’Abobo est plongée dans la tristesse suite à la disparition de l’une de ses figures les plus respectées. Le Doyen Koné Gogé, qui fut maire de cette importante municipalité d’Abidjan, s’est éteint ce mardi 12 mai 2026. La nouvelle de son décès a été confirmée par son entourage proche ainsi que par des responsables politiques locaux, provoquant une onde de choc au sein de la population.

    Le Doyen Koné Gogé

    Un pilier politique et coutumier s’en va

    Personnalité aux multiples facettes, Koné Gogé cumulait des responsabilités de premier plan. En plus de son passé de magistrat municipal, il officiait en tant que délégué du PDCI-RDA pour la zone d’Abobo 2. Son engagement ne s’arrêtait pas à la sphère politique, puisqu’il portait également la lourde charge de chef du village de Kpafonon, faisant de lui un trait d’union essentiel entre l’administration moderne et les traditions ancestrales.

    Son passage à la tête de la mairie d’Abobo a marqué une étape significative dans le développement de la commune. Homme de consensus et d’expérience, il était perçu par beaucoup comme un guide et un serviteur dévoué de l’État de Côte d’Ivoire. Son influence au sein du PDCI-RDA et son ancrage local faisaient de lui une voix écoutée et respectée de tous.

    Pluie d’hommages pour le patriarche de Kpafonon

    Depuis l’annonce de son rappel à Dieu, les hommages se multiplient pour saluer la mémoire de ce grand homme. Ses collaborateurs et ses administrés retiennent l’image d’un leader charismatique qui a consacré sa vie au service de sa communauté. Sur les plateformes sociales, les messages de condoléances soulignent la perte immense que représente son départ pour la grande famille politique ivoirienne et pour les autorités coutumières.

    Alors que les détails concernant ses funérailles seront communiqués ultérieurement, l’émotion reste vive à Abobo. La disparition du Doyen Koné Gogé laisse un vide difficile à combler pour tous ceux qui ont cheminé à ses côtés durant ses nombreuses années de service public et traditionnel.

  • Offensive militaire sur le lac Tchad : les combattants de Boko Haram battent en retraite

    Offensive militaire sur le lac Tchad : les combattants de Boko Haram battent en retraite

    Sous la pression d’une vaste opération aéroterrestre, les insurgés de Boko Haram ont été contraints d’abandonner leurs positions stratégiques sur le lac Tchad. Cette manœuvre d’envergure, dirigée par le Tchad avec le soutien logistique et opérationnel du Nigeria et du Niger, a provoqué une déroute manifeste dans les rangs jihadistes.

    Boko Haram , Kano, Nigeria, lac Tchad , Niger

    Une pluie de frappes sur les bastions insulaires

    Depuis plusieurs jours, l’aviation tchadienne pilonne intensément les campements terroristes dissimulés sur les îles isolées de cette zone marécageuse. Ce territoire, partagé entre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, constitue depuis 2009 le sanctuaire de Boko Haram et de la faction rivale de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

    Ces bombardements n’ont pas été sans conséquences pour les populations civiles. Des dizaines de pêcheurs nigérians, contraints de verser des taxes aux jihadistes pour travailler dans ces eaux, ont été victimes des frappes. Plusieurs blessés graves, souffrant de brûlures importantes, ont été évacués vers les structures hospitalières de Bosso, au Niger.

    Fuite massive vers des zones incertaines

    Face à l’avancée des troupes, les combattants évacuent précipitamment leurs bases. Des témoins rapportent que les insurgés quittent les îles de la zone de Shuwa, à la frontière tripartite, emportant leurs familles à bord de petites embarcations de fortune. Les localités de Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota sont particulièrement concernées par cet exode.

    Sur le terrain, des affrontements directs ont opposé les forces tchadiennes aux terroristes sur l’île de Kaukeri, considérée comme l’un des piliers logistiques du groupe dans la région du lac.

    Une riposte régionale coordonnée

    Cette offensive d’envergure fait suite à une série d’attaques sanglantes contre l’armée du Tchad. Récemment, une embuscade a coûté la vie à deux officiers généraux, tandis qu’un assaut contre une base militaire riveraine avait provoqué le décès de 24 soldats tchadiens.

    Pour répondre à cette menace, une coalition aérienne a été mise en place. Le Nigeria et le Niger ont chacun déployé deux avions de chasse pour appuyer les escadrilles tchadiennes. Acculés sur les rives, les fuyards se retrouvent désormais dans une impasse, craignant de pénétrer dans les territoires contrôlés par l’Iswap, avec qui ils entretiennent une rivalité meurtrière depuis leur scission en 2016.

    L’insurrection, qui a déjà provoqué des milliers de décès et des millions de déplacés, principalement dans le nord-est du Nigeria, continue de mobiliser la Force multinationale mixte. Cette alliance régionale, réactivée pour stabiliser la zone, tente de mettre un terme définitif à une décennie de violences transfrontalières.

  • Rodez s’impose au bout du suspense face au Red Star et file vers Saint-Étienne

    Rodez s’impose au bout du suspense face au Red Star et file vers Saint-Étienne

    Red Star 2-3 Rodez

    Buts : Cabral (15e) et Escartin (61e) pour le Red Star // Baldé (29e), Magnin (67e) et Younoussa (69e) pour le RAF

    Expulsion : Haag (90e+5) au Red Star

    L’ascension vers l’élite du football français passait par une soirée électrique à Saint-Ouen. Dans un stade Bauer incandescent, le Red Star et Rodez ont livré un duel épique pour ces play-offs de Ligue 2. Au terme d’un scénario haletant, ce sont les Ruthénois qui ont arraché la victoire (2-3), renversant par deux fois la situation. Ce succès leur ouvre les portes d’un nouveau défi de taille : un déplacement à Geoffroy-Guichard pour défier Saint-Étienne vendredi prochain.

    Sous un ciel printanier et devant des tribunes combles, les Audoniens ont démarré la rencontre tambour battant. Sur un service précis de Damien Durand, Kevin Cabral a déclenché l’euphorie en plaçant une tête décroisée imparable dans la lucarne de Quentin Braat, pourtant sacré meilleur portier du championnat la veille (0-1, 15e). Loin de se laisser abattre, les joueurs de l’Aveyron ont réagi. Tairyk Arconte a fait parler sa puissance pour offrir le ballon de l’égalisation à Ibrahima Baldé (1-1, 29e).

    Une efficacité redoutable pour le RAF

    Après une pause rythmée par l’ambiance unique de Bauer, le Red Star a repris sa marche en avant. Quentin Braat a dû s’employer pour détourner une tentative de Cabral, mais il n’a rien pu faire quelques instants plus tard. Sur une remise intelligente de l’attaquant audonien, le défenseur Josué Escartin a redonné l’avantage aux locaux (2-1, 61e).

    C’est alors que le match a basculé dans la folie. En l’espace de deux minutes, Rodez a totalement inversé la vapeur. D’abord, Mathis Magnin a propulsé une demi-volée splendide sous la barre transversale à la suite d’un corner (2-2, 67e). Puis, alors que le Red Star réclamait des penaltys dans la surface adverse, le RAF a lancé un contre assassin conclu par Wilitty Younoussa, dont la frappe est passée entre les jambes de Gaëtan Poussin (2-3, 69e).

    Invaincus en championnat depuis novembre dernier, les Ruthénois ont géré la fin de match avec sang-froid, manquant même l’occasion de creuser l’écart. La tension est montée d’un cran dans le temps additionnel avec l’expulsion de Giovanni Haag pour contestation. Malgré la déception, le public de Saint-Ouen a salué ses joueurs, tandis que les supporters de Rodez célébraient déjà leur prochain rendez-vous dans le Chaudron stéphanois.

    Red Star (5-3-2) : Poussin – Sylla (Magnin, 75e), Durivaux, Escartin, Huard (Haag, 62e), Durand – Danger, Pierret, Hachem (Ba, 75e) – Cabral (Khaoui, 75e), Ikanga (Benali, 62e). Entraîneur : Grégory Poirier.

    Rodez (3-5-2) : Braat – Galves, Laurent, Magnin, Lipinski, Jean-Lambert (Ponti, 66e) – Mendes (Benchamma, 90e+2), Trouillet (Saka, 86e), Joly (Younoussa, 66e) – Baldé (Nagera, 86e), Arconte. Entraîneur : Didier Santini.

  • Urgence au Tchad : le quotidien périlleux des femmes réfugiées

    Urgence au Tchad : le quotidien périlleux des femmes réfugiées

    Le Tchad traverse actuellement une phase de pression humanitaire sans précédent. Avec plus de 1,3 million de réfugiés et de rapatriés, dont une immense majorité de femmes et d’enfants, le pays peine à absorber ce flux massif. Cette situation s’inscrit dans un contexte de pauvreté endémique et de fragilité des services publics de santé.

    L’impact dévastateur du conflit soudanais

    Les répercussions des affrontements au Soudan voisin sont particulièrement visibles dans l’est du territoire. À Abéché, Adré (province d’Ouaddaï) ou encore dans le camp d’Iridimi, situé à plus de 1 000 kilomètres de N’Djamena, les femmes et les jeunes filles paient un lourd tribut.

    À Adré, à proximité immédiate de la frontière, la sécurité quotidienne est un défi permanent. De nombreuses femmes témoignent des violences subies lorsqu’elles s’aventurent hors des zones sécurisées, notamment pour ramasser du bois de chauffe. Ce qui devrait être une tâche domestique ordinaire se transforme en un moment de terreur, marqué par des risques de harcèlement et d’agressions sexuelles.

    Malgré ce climat de peur, des initiatives de soutien psychosocial et de formation professionnelle tentent de renforcer la résilience de ces survivantes, leur offrant des perspectives d’autonomie financière.

    Le drame des soins de santé est illustré par l’histoire d’une jeune femme à Abéché, victime d’une fistule obstétricale après un accouchement sans assistance à l’âge de 15 ans. Délaissée par son entourage et souffrant de complications graves pendant une décennie, elle n’a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale que très récemment, tout en restant confrontée à de fortes pressions sociales.

    Le directeur exécutif adjoint de l'UNFPA, Andrew Saberton, vêtu d'une tenue médicale et d'un bonnet de protection, observe un incubateur dans une maternité d'un hôpital au Tchad.

    Un système de santé à bout de souffle

    Dans la province du Wadi Fira, l’afflux continu de réfugiés sature les infrastructures médicales. Le camp d’Iridimi, qui fait partie d’un réseau de huit sites accueillant plus de 333 000 personnes, illustre cette détresse. Les sages-femmes y gèrent jusqu’à 300 naissances mensuelles avec des ressources dérisoires.

    La pénurie de produits anesthésiants est telle que certaines césariennes ne peuvent être pratiquées dans des conditions de dignité et de sécurité acceptables. Andrew Saberton, cadre de l’UNFPA, a fermement rappelé qu’aucune femme ne devrait subir une telle intervention sans anesthésie.

    Un cri d’alarme face au désengagement financier

    La crise est accentuée par une chute brutale des financements internationaux. Les ressources allouées à l’UNFPA au Tchad ont fondu de 44 % par rapport à l’année précédente. Pour l’exercice 2026, sur les 18,7 millions de dollars indispensables à la protection et à la santé maternelle, seuls 2,5 % ont été collectés pour le moment.

    Le Tchad détient déjà l’un des records mondiaux de mortalité maternelle, avec 860 décès pour 100 000 naissances vivantes. Sans un renforcement immédiat de l’aide internationale, la survie des femmes et des filles dans l’est du pays restera gravement compromise.

  • Crise énergétique au Mali : le sabotage des infrastructures plonge Bamako dans l’obscurité

    Crise énergétique au Mali : le sabotage des infrastructures plonge Bamako dans l’obscurité

    Le week-end des 10 et 11 mai 2026 a marqué un tournant critique pour la stabilité énergétique du Mali. Dans la région de Kayes, à proximité de la réserve forestière du Baoulé, des éléments du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) ont procédé au dynamitage coordonné de plusieurs pylônes haute tension. Cet acte de sabotage de grande ampleur a été perpétré alors que l’Africa Corps, partenaire russe des forces locales, est censé assurer la sécurité de la zone, soulevant ainsi de vives inquiétudes sur l’efficacité réelle de cette collaboration sur le terrain.

    Une stratégie de siège contre l’économie malienne

    L’insurrection armée semble avoir franchi un nouveau palier dans sa confrontation avec l’État. Au-delà des escarmouches habituelles en zone rurale, le JNIM mène désormais une véritable guerre d’usure contre les infrastructures vitales. Après avoir perturbé les flux commerciaux en s’attaquant aux convois de marchandises et aux transports civils sur les axes routiers majeurs, les groupes terroristes ciblent maintenant le cœur énergétique du pays. En frappant les lignes de transport d’électricité, ils visent directement la résilience de Bamako et la stabilité du gouvernement de transition.

    L’expertise technique affichée lors de ces destructions est préoccupante. Les assaillants ont ciblé des structures métalliques complexes dans des zones d’accès difficile, provoquant un effondrement du réseau qui a plongé de nombreux quartiers de la capitale dans un noir total. Cette situation aggrave une crise énergétique déjà profonde, rendant le quotidien des citoyens de plus en plus précaire.

    L’impuissance sécuritaire face au sabotage

    Le contraste est saisissant entre les annonces de sécurisation et la réalité des faits. Bien que les unités de l’Africa Corps et les Forces Armées Maliennes (FAMa) affirment contrôler ces secteurs stratégiques, les groupes armés ont pu acheminer des explosifs et miner des installations massives sans être détectés. Cette incapacité à protéger des points sensibles pose la question de l’adéquation des moyens militaires russes face à des menaces hybrides et décentralisées.

    Malgré l’usage de drones et la multiplication des patrouilles, le réseau électrique reste vulnérable. Pour de nombreux observateurs, l’efficacité des paramilitaires russes semble se limiter aux centres urbains et à la communication de guerre, laissant les infrastructures critiques à la merci des commandos de saboteurs.

    Une capitale asphyxiée par la chaleur et l’obscurité

    Pour la population de Bamako, les conséquences sont dramatiques. La ville subit une canicule extrême avec des températures atteignant 45°C. L’absence d’électricité rend impossible l’usage des systèmes de ventilation et paralyse les pompes nécessaires à la distribution de l’eau potable. Les centres de santé et les maternités se retrouvent dans une situation d’urgence absolue, tentant de maintenir leurs activités vitales avec des moyens de fortune.

    Bien que les autorités tentent de rassurer en évoquant l’arrivée de convois de carburant, la réalité technique est implacable : les groupes électrogènes de secours ne peuvent compenser la perte des lignes haute tension. La vie économique et sociale de la capitale est suspendue à une réparation incertaine du réseau.

    Menaces régionales sur les barrages de Manantali et Sélingué

    L’inquiétude s’étend désormais au-delà des frontières nationales. Des sources sécuritaires indiquent que le JNIM pourrait désormais viser les barrages hydroélectriques de Manantali et Sélingué. Ces infrastructures sont essentielles non seulement pour le Mali, mais aussi pour le Sénégal et la Mauritanie, qui dépendent des accords de partage énergétique et de la gestion des eaux du bassin du fleuve.

    Une attaque contre ces barrages provoquerait une catastrophe régionale, menaçant l’agriculture irriguée et l’approvisionnement en eau de millions de personnes. Cette escalade dans le choix des cibles montre une volonté délibérée de provoquer un chaos total auquel les dispositifs sécuritaires actuels peinent à répondre efficacement.

    Le gouvernement de transition se retrouve aujourd’hui face à un défi immense. La promesse de reconquête territoriale et de sécurité totale se heurte à la fragilité des services de base. Alors que le coût du soutien de l’Africa Corps pèse lourdement sur les finances publiques, les résultats en matière de protection des infrastructures vitales se font attendre. Pour les habitants de Bamako, la souveraineté nationale doit désormais se traduire par un accès concret à l’eau et à la lumière.

  • Dette du Sénégal : les pistes des économistes pour se passer du FMI

    Dette du Sénégal : les pistes des économistes pour se passer du FMI

    À l’occasion d’un sommet crucial organisé à Dakar, des spécialistes de la finance et des chercheurs se sont réunis pour réfléchir à l’avenir économique du pays. Placée sous l’égide du Premier ministre Ousmane Sonko, absent pour des raisons de santé signalées par la ministre de la Justice Yacine Fall, cette rencontre visait à définir une nouvelle trajectoire pour la gestion des finances publiques.

    Ayib Daffé, qui préside le groupe parlementaire de la coalition Pastef au pouvoir, a porté la voix du gouvernement en appelant à une rupture avec la « pensée unique ». Cette position marque une volonté claire de s’écarter des recommandations classiques du Fonds monétaire international (FMI), notamment concernant la restructuration de la dette, une option que les autorités de Dakar refusent d’envisager selon les modalités habituelles.

    L’insoutenabilité du modèle actuel selon les experts

    Le débat a mis en exergue l’urgence de la situation financière. Pour l’économiste Souleymane Bah, le niveau actuel de l’endettement extérieur n’est plus viable. Il explique que les revenus générés par l’État ne parviennent plus à couvrir simultanément le remboursement du principal et le paiement des intérêts. La stratégie consistant à contracter de nouveaux emprunts pour honorer les anciens est jugée dangereuse, particulièrement dans un contexte de hausse globale des taux d’intérêt.

    Le groupe de réflexion Ideas Africa Network, organisateur de l’événement, critique vivement l’approche du FMI. Selon le chercheur Ndongo Samba Sylla, l’institution internationale privilégie une vision comptable favorable aux créanciers, au détriment d’investissements réels destinés à la transformation structurelle de l’économie du Sénégal.

    Vers des réformes monétaires et structurelles

    Parmi les pistes explorées pour regagner une souveraineté financière, les participants ont évoqué plusieurs solutions radicales :

    • Une réforme profonde du système monétaire, incluant un débat sur le maintien ou non du Franc CFA.
    • La demande d’annulation de dettes qualifiées d’« illégitimes », car contractées de manière opaque par l’administration précédente sans transparence budgétaire.

    Cette quête d’indépendance financière s’inscrit toutefois dans un contexte politique nuancé. Tandis que les experts réunis à Dakar cherchent des voies alternatives, le président Bassirou Diomaye Faye s’est rendu à Nairobi, au Kenya, pour s’entretenir avec Kristalina Georgieva, la directrice du FMI. Un dialogue qui souligne la complexité des relations entre les nouvelles autorités sénégalaises et les bailleurs de fonds internationaux.

  • L’avenir financier du Sénégal en débat à Dakar

    L’avenir financier du Sénégal en débat à Dakar

    La capitale sénégalaise, Dakar, est actuellement le théâtre d’une réflexion intense sur la trajectoire économique du pays. La Conférence internationale sur la dette du Sénégal s’est ouverte avec un objectif clair : explorer des voies de sortie de crise qui s’éloignent des schémas d’austérité traditionnellement imposés par les institutions internationales.

    Une remise en question radicale du rôle du FMI

    Au cœur des échanges, la responsabilité du Fonds monétaire international est pointée du doigt par plusieurs intervenants. L’économiste Ndongo Samba Sylla, représentant d’International Development Economics Associates (Ideas), n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’institution de Washington entretient un mécanisme de dépendance plutôt que de proposer de réelles solutions.

    Il soutient que l’approche actuelle favorise systématiquement les créanciers et sert les intérêts géopolitiques de puissances comme les États-Unis ou la France. Pour cet expert, le système financier mondial actuel enferme les nations africaines, dont le Sénégal, dans des cycles d’endettement perpétuels.

    La nécessité d’un front commun africain

    Si le diagnostic de la crise fait consensus, les solutions divergent. Alioune Tine, à la tête de l’Afrikajom Center, estime que la réponse ne peut être uniquement monétaire ou technique. Il plaide pour une approche politique et solidaire à l’échelle du continent.

    D’après lui, c’est par une action collective des pays africains endettés qu’un rapport de force pourra être établi face aux bailleurs de fonds. Il appelle à dépasser les replis identitaires pour embrasser une souveraineté adaptée aux réalités de la mondialisation, tout en refusant les politiques qui étouffent la croissance locale.

    Distributeur d'argent rouge en Afrique (illustration)

    Un fardeau financier dépassant 130 % du PIB

    La situation financière du Sénégal est devenue critique suite aux révélations du Premier ministre Ousmane Sonko concernant des irrégularités budgétaires et une « dette cachée » léguée par la précédente administration. Ces chiffres, validés par les instances internationales, placent l’endettement public au-delà de 130 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

    Face à ce constat, certains experts militent pour l’annulation pure et simple des créances jugées illégitimes. Ils suggèrent également qu’une gestion plus rigoureuse de la banque centrale pourrait permettre d’honorer les engagements sans sacrifier le budget social de l’État.

    Transparence et dialogue international

    Sur le plan législatif, le parti Pastef-Les Patriotes entend instaurer de nouveaux garde-fous. Ayib Daffé, figure parlementaire du mouvement, insiste sur l’importance de la sincérité budgétaire et d’un contrôle accru de l’Assemblée nationale sur chaque nouvel emprunt pour éviter les dérives passées.

    Parallèlement, le président Bassirou Diomaye Faye a récemment entamé des discussions avec Kristalina Georgieva, directrice du FMI, lors d’un sommet à Nairobi. Cette démarche diplomatique vise à renégocier les termes de la collaboration avec l’institution afin de sortir le pays de l’impasse économique qui dure depuis deux ans.

  • Mayelia PARTICIPATIONS insuffle une nouvelle dynamique au contrôle technique avec la SICTA

    Mayelia PARTICIPATIONS insuffle une nouvelle dynamique au contrôle technique avec la SICTA

    La holding Mayelia PARTICIPATIONS a franchi une étape majeure dans son développement avec l’intégration officielle de la SICTA (Société Ivoirienne de Contrôle Technique Automobile), l’acteur historique de la sécurité routière en Côte d’Ivoire.

    Une fusion entre héritage et innovation technologique

    Lors d’une rencontre avec les médias à Abidjan, David Fofana, PDG de Mayelia PARTICIPATIONS, a exposé les contours de cette acquisition stratégique. Un an après la reprise effective, le bilan souligne une volonté de moderniser un héritage de plus de 50 ans d’expertise. L’objectif est clair : marier le savoir-faire historique de la SICTA avec l’agilité et les solutions innovantes portées par le groupe acquéreur.

    L’amélioration du service client au cœur de la stratégie

    L’un des piliers de cette transformation repose sur l’optimisation du parcours de l’automobiliste. Le groupe s’appuie sur ses succès passés, notamment avec Mayelia Automotive, où les délais de traitement avaient été ramenés à seulement 30 minutes. Cette expertise en gestion de flux doit désormais bénéficier à l’ensemble du réseau pour offrir une expérience utilisateur fluide et performante.

    Un engagement fort pour la sécurité routière

    En s’inscrivant dans la vision gouvernementale de « Zéro complaisance », l’entreprise se positionne comme un allié institutionnel de premier plan. Cette rigueur technique vise à réduire drastiquement les accidents sur les routes ivoiriennes en garantissant la conformité rigoureuse des véhicules en circulation.

    Une ambition panafricaine multisectorielle

    Aujourd’hui, Mayelia PARTICIPATIONS dépasse le simple cadre de l’inspection automobile pour s’affirmer comme un conglomérat diversifié. Avec une présence active dans deux pays et la gestion de six filiales, le groupe déploie une stratégie de synergie entre plusieurs domaines clés :

    • Mobilité : à travers Mayelia Mobilité.
    • Technologies : via l’entité CIEIRIA.
    • Formation : avec Mayelia Academy.
    • Contrôle technique : regroupant Mayelia Automotive Côte d’Ivoire, Mayelia Automotive Guinée et la SICTA.

    Cette expansion témoigne d’une vision panafricaine visant à transformer durablement les infrastructures et les services de transport sur le continent.

  • Dialogue entre Bassirou Diomaye Faye et le FMI sur les réformes économiques au Sénégal

    Dialogue entre Bassirou Diomaye Faye et le FMI sur les réformes économiques au Sénégal

    Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a profité du sommet Africa Forward tenu à Nairobi pour s’entretenir avec la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva.

    FMI–Sénégal : Kristalina Georgieva évoque la dette et les réformes après son échange avec Diomaye

    Cette rencontre diplomatique a permis d’aborder des thématiques financières majeures pour l’avenir du pays. La dirigeante de l’institution internationale a souligné l’importance des échanges portant sur la conduite des réformes, le suivi de l’endettement public et la nécessité d’une transparence accrue dans la gestion de l’État sénégalais.

    Un soutien affirmé malgré l’absence de nouveau programme

    Si Kristalina Georgieva a réitéré la volonté du FMI de soutenir le Sénégal dans ses ambitions de développement, aucune annonce concrète n’a encore été faite concernant le nouveau mécanisme de financement sollicité par Dakar. Ce dossier, en suspens depuis de longs mois, reste conditionné par une analyse rigoureuse de la situation macroéconomique globale.

    Des responsables de l’institution avaient précédemment précisé que l’instabilité actuelle des marchés financiers mondiaux rendait complexe l’évaluation de la viabilité de la dette sénégalaise. Une telle démarche demande une prudence particulière afin d’éviter des décisions hâtives dans un environnement économique international volatil.

    Vers une feuille de route économique soutenable

    L’objectif affiché par le FMI est de permettre aux autorités sénégalaises de structurer une stratégie de croissance à la fois crédible et finançable. L’idée est de bâtir un modèle qui ne repose pas sur une austérité budgétaire trop lourde pour les citoyens, tout en répondant aux exigences de rigueur financière nécessaires à la stabilité du pays.

    Le gouvernement actuel, ayant hérité d’un passif de dette conséquent, doit désormais identifier les leviers les plus efficaces pour stabiliser les comptes publics. Les discussions se poursuivent donc entre les deux parties pour définir les meilleures options stratégiques face aux défis économiques du Sénégal.