Auteur/autrice : nigeractu

  • Paysage politique béninois : les Démocrates confirment leur rôle d’opposant

    Paysage politique béninois : les Démocrates confirment leur rôle d’opposant

    Au Bénin, le paysage politique connaît une réorganisation majeure. Tandis que le parti Les Démocrates a réaffirmé son ancrage dans l’opposition ce samedi 9 mai, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) ont choisi de se retirer de ce bloc. Cette divergence de trajectoires fait suite à l’élection présidentielle qui a vu la victoire de Romuald Wadagni.

    À l’issue d’un Conseil national extraordinaire centré sur les « défis structurels et perspectives », la formation politique présidée par Nourénou Atchadé a clarifié sa position. Par la voix de Lambert De La Pierre Sodji, qui a lu le communiqué final, le parti a rappelé son statut officiel d’opposant, enregistré auprès du ministère de l’Intérieur depuis le 26 avril 2022. Le texte souligne que « Le Parti Les Démocrates réaffirme solennellement son appartenance à l’opposition politique ». Convaincus qu’« aucune démocratie moderne et équilibrée ne saurait prospérer sans une opposition crédible, structurée et responsable », ses dirigeants entendent incarner une force de contradiction face au nouveau président Romuald Wadagni, tout en s’engageant à agir « dans le respect des institutions républicaines ».

    Les FCBE choisissent de rejoindre la mouvance présidentielle

    La confirmation du positionnement des Démocrates survient dans un contexte de recomposition politique post-électorale. En effet, le parti FCBE, perçu jusqu’alors comme une force d’opposition modérée, a formalisé sa sortie de ce camp après une réunion de ses instances.

    Ce revirement stratégique est motivé par les résultats décevants des récents scrutins. Le candidat du parti à la présidentielle, Paul Hounkpè, qui a par la suite quitté ses rangs, n’avait recueilli que 5,95 % des voix, un score très éloigné de celui du vainqueur, Romuald Wadagni.

    À cette défaite s’ajoute l’échec aux élections législatives, où les FCBE n’ont remporté aucun siège au parlement. Yaya Garba, un des cadres du parti, a expliqué que le verdict des urnes dictait cette nouvelle trajectoire : « Le peuple a fait son choix, et ce choix nous engage ». Par ailleurs, la formation a salué le président sortant, Patrice Talon, pour ses deux mandats et pour la tenue d’élections présidentielles jugées « sereines ».

    Le départ des FCBE du camp de l’opposition propulse de fait Les Démocrates au rang de principal mouvement d’opposition déclaré au Bénin. Il est à noter que ce parti n’avait pas pu présenter de candidat à l’élection présidentielle, faute d’avoir réuni le nombre de parrainages exigé par le Code électoral. Cette réaffirmation de leur positionnement par Les Démocrates coïncide avec la période de transition qui précède l’investiture du nouveau gouvernement, suite à la validation finale des résultats du scrutin présidentiel.

  • Centrafrique : le dilemme sécuritaire entre Wagner et l’Africa Corps

    Centrafrique : le dilemme sécuritaire entre Wagner et l’Africa Corps

    L’ombre de l’Africa Corps plane sur la Centrafrique

    Alors que la Centrafrique se trouve à la croisée des chemins, le remplacement des paramilitaires de Wagner par l’Africa Corps soulève de vives inquiétudes. Si le président Touadéra semble privilégier la continuité avec Wagner, Moscou pousse pour l’installation de cette nouvelle structure. Ce changement n’est pas qu’administratif : il redéfinit le coût de la sécurité et les méthodes d’intervention sur le terrain.

    Un coût exorbitant pour un résultat identique

    Le modèle économique de ces deux entités diffère radicalement. Là où Wagner se rémunérait par l’exploitation directe des ressources naturelles du pays, l’Africa Corps exige un paiement mensuel de 10 milliards de francs CFA de la part du Kremlin. Pour la population centrafricaine, le constat est amer : peu importe le nom de l’organisation, le climat de terreur et les exactions restent une menace constante, seul le mode de financement évolue.

    Le précédent malien : un avertissement pour Bangui

    Depuis la disparition d’Evguéni Prigojine, l’Africa Corps a pris le relais au Mali, offrant un aperçu de ce qui pourrait attendre la Centrafrique. Les témoignages recueillis auprès de réfugiés maliens en Mauritanie sont glaçants. Malgré le changement d’appellation, les civils dénoncent une continuité dans la violence. Un chef de village exilé confirme que les hommes sont les mêmes et que les massacres se poursuivent sans distinction.

    • Structure de commandement : Contrairement à l’autonomie relative de Wagner, l’Africa Corps est sous la tutelle directe du ministère russe de la Défense, engageant ainsi la responsabilité de l’État russe.
    • Recrutement : Les effectifs, estimés à 2 000 hommes au Mali, incluent des combattants russes, biélorusses et plusieurs recrues issues d’États africains.
    • Impact humain : Des récits font état d’exécutions sommaires, de viols systématiques et d’une politique de la terre brûlée.

    Des témoignages de rescapés insoutenables

    À la frontière mauritanienne, des survivants racontent l’horreur. Fatma, une mère ayant perdu ses enfants dans le village de Kurmare, décrit des pillages et des meurtres gratuits perpétrés par des « hommes blancs ». Une autre réfugiée, Mougaloa, témoigne du sort tragique de la communauté peule, souvent prise pour cible sous prétexte de lutte contre les djihadistes.

    Selon des représentants de l’ONU, bien que les chiffres officiels des victimes civiles attribués aux forces russes semblent en baisse, la réalité pourrait être bien plus sombre. La peur des représailles réduit de nombreux témoins au silence. En Centrafrique, l’incertitude demeure sur la capacité de l’Africa Corps à apporter une stabilité qui ne soit pas synonyme d’oppression sanglante pour les populations locales.

  • Togo : le meeting du CNCC à Akassimé peine à mobiliser les foules

    Togo : le meeting du CNCC à Akassimé peine à mobiliser les foules

    Un rassemblement marqué par une faible affluence à Lomé

    Le grand rendez-vous politique organisé par le CNCC (Cadre national de concertation pour le changement) n’a pas atteint ses objectifs de mobilisation. Le samedi 09 mai 2026, le terrain d’Akassimé, situé au cœur de Lomé, présentait un visage inhabituellement vide. Malgré une communication offensive en amont, les foules attendues par cette coalition de l’opposition ne se sont pas manifestées, laissant place à quelques groupes de sympathisants isolés.

    Un décalage entre les slogans politiques et les attentes sociales

    Alors que l’événement devait débuter à 14 heures, le site ne comptait que très peu de participants une heure plus tard. Pour de nombreux observateurs de la vie publique au Togo, ce manque d’intérêt illustre une lassitude vis-à-vis des formes traditionnelles de protestation. Aujourd’hui, les préoccupations des citoyens semblent se porter davantage sur des enjeux concrets tels que l’accès à l’emploi, la fourniture d’eau potable ou le déploiement de l’Amu (Assurance maladie universelle), délaissant les discours partisans classiques.

    Une stratégie de l’opposition remise en question

    Les têtes d’affiche du mouvement, incluant plusieurs députés de l’Assemblée nationale, n’ont pas réussi à fédérer. Cette dualité entre l’action parlementaire et la mobilisation de rue sème le doute sur la cohérence de leur démarche. Le ton adopté, souvent perçu comme alarmiste, paraît désormais déconnecté d’une population en attente de solutions pragmatiques pour améliorer son quotidien.

    La transformation du CRAC en CNCC n’a pas produit l’étincelle espérée. Pour une partie de l’opinion, ce changement de dénomination n’est qu’une modification superficielle qui n’impacte pas le fond des revendications. L’ambiance sur le terrain d’Akassimé s’apparentait plus à une réunion locale qu’à une démonstration de force politique d’envergure nationale.

    Vers une nécessaire réinvention des modes d’action

    Pour espérer retrouver une certaine influence, l’opposition togolaise devra impérativement repenser ses méthodes. Le désintérêt pour les discours répétitifs prouve que les électeurs réclament une implication plus directe dans le développement du pays. L’avenir de ces partis politiques repose désormais sur leur aptitude à proposer des alternatives crédibles et constructives, loin des mobilisations éphémères et des critiques systématiques.

  • Le Mali face aux jihadistes : Macron critique le départ de l’armée française

    Le Mali face aux jihadistes : Macron critique le départ de l’armée française

    Face à l’intensification de l’offensive jihadiste qui déstabilise le Mali, le président français Emmanuel Macron a exprimé son avis, estimant que la junte malienne n’avait « pas pris la meilleure décision » en exigeant le retrait des forces armées françaises.

    Mali : Emmanuel Macron affirme que la junte a commis une erreur en chassant l’armée française

    Lors de son déplacement à Nairobi, le président Emmanuel Macron a réagi avec fermeté à la dégradation rapide de la situation sécuritaire au Mali.

    Pour le chef d’État français, l’évolution récente des événements démontre que la junte malienne a fait un mauvais calcul en demandant le départ de l’armée française, qui était présente dans le pays jusqu’en 2022 et jouait un rôle clé dans la lutte contre les groupes jihadistes.

    L’escalade des violences fragilise Bamako

    Depuis la fin du mois d’avril, le Mali est le théâtre d’une offensive de grande ampleur, menée conjointement par des groupes jihadistes et des mouvements rebelles majoritairement touaregs.

    Ces assauts ont eu pour conséquence d’affaiblir considérablement l’autorité de la junte, arrivée au pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021. Malgré les opérations militaires en cours, plusieurs régions du territoire malien sont confrontées à une insécurité grandissante.

    Le fossé entre Paris et le Sahel s’élargit

    Le retrait des forces françaises du Mali a marqué une rupture historique dans les relations diplomatiques et militaires entre Paris et Bamako. Cette fracture s’est ensuite étendue à d’autres nations du Sahel, notamment le Burkina Faso et le Niger, où des changements de régime par coup d’État ont également entraîné le départ des soldats français.

    Depuis plusieurs années, la présence militaire française dans la bande sahélienne est un sujet de vives tensions politiques et de contestations populaires au sein de la région.

  • Présence économique française au Sénégal : entre géants et PME innovantes

    Présence économique française au Sénégal : entre géants et PME innovantes

    Du littoral de Dakar aux charmantes ruelles de l’île de Gorée, et de l’axe autoroutier desservant l’aéroport aux localités plus reculées, des dizaines de milliers de lampadaires solaires transforment l’éclairage public au Sénégal. Ce marché spécifique voit la prédominance de deux entreprises françaises majeures : Ragni, une société familiale basée dans les Alpes-Maritimes, et Fonroche, une PME dynamique d’Agen. Elles font partie intégrante des 340 sociétés françaises opérant sur le territoire sénégalais.

    Moins médiatisées que les grands groupes tricolores bien établis en Afrique de l’Ouest, tels qu’Orange, TotalEnergies, Auchan ou Eiffage, ces petites et moyennes entreprises françaises identifient au Sénégal d’importantes opportunités de croissance. Leur déploiement renforce la vitalité de la présence économique française dans le pays.

  • Documentaire pape thiaw can Sénégal : l’antre du lion à découvrir sur rts

    Documentaire pape thiaw can Sénégal : l’antre du lion à découvrir sur rts

    plongez dans l’expérience de pape thiaw avec « l’antre du lion », un documentaire inédit sur la can du Sénégal

    découvrez « l’antre du lion », un documentaire exclusif où pape thiaw, sélectionneur du Sénégal, partage les coulisses de sa première participation à la coupe d’afrique des nations (can). une aventure intense, racontée avec franchise et émotion, à ne pas manquer.

    Pape Thiaw lors de la CAN

    une immersion totale dans l’univers des lions du Sénégal

    dans ce film captivant, pape thiaw revient sur les défis, les victoires et les moments clés qui ont marqué cette compétition historique. entre la pression des attentes, les stratégies de jeu et les liens uniques au sein de l’équipe, chaque détail est dévoilé pour offrir une vision authentique de cette expérience hors du commun.

    le documentaire met en lumière l’engagement sans faille des joueurs, leur esprit d’équipe et la détermination qui a conduit le Sénégal vers de nouveaux sommets. un récit inspirant pour tous les passionnés de football.

    diffusion et horaire : quand et où regarder « l’antre du lion » ?

    préparez-vous à vivre cette immersion le dimanche 17 mai à 21h sur RTS. une occasion unique de revivre, en direct, les coulisses de la première can de pape thiaw en tant que sélectionneur. un rendez-vous à ne pas rater pour les fans de football et les supporters des Lions.

    pourquoi ce documentaire est un incontournable ?

    • témoignages exclusifs : pape thiaw partage ses réflexions, ses doutes et ses aspirations.
    • images inédites : plongez au cœur de l’action avec des séquences rares et des analyses techniques.
    • émotions brutes : revivez les instants forts qui ont forgé la légende de cette can.

    « l’antre du lion » est bien plus qu’un simple documentaire : c’est une ode au football sénégalais et à l’excellence sportive. ne manquez pas cette diffusion pour découvrir l’histoire derrière la performance.

    à propos de pape thiaw et de la can 2025

    en tant que sélectionneur du Sénégal, pape thiaw a su insuffler une nouvelle dynamique à l’équipe nationale. cette participation à la CAN 2025 a marqué un tournant dans sa carrière et dans l’histoire du football sénégalais. un récit à suivre absolument.

  • Sommet Africa Forward : le Sénégal affiche sa détermination à Nairobi

    Sommet Africa Forward : le Sénégal affiche sa détermination à Nairobi

    Le Premier ministre Ousmane Sonko a officié ce matin à Dakar le départ de la délégation sénégalaise en route pour Nairobi. Le sommet « Africa Forward », prévu jusqu’au 13 mai 2026 au Kenya, rassemble des dirigeants africains, des investisseurs internationaux et des représentants du secteur privé.

    Le président Bassirou Diomaye Faye, déjà présent sur place, sera accompagné d’une équipe ministérielle et d’experts en finance pour défendre une vision souveraine des enjeux africains.

    une ligne directrice claire pour le développement du Sénégal

    Avant le décollage, Ousmane Sonko a rappelé avec force les principes guidant la participation sénégalaise : « À Nairobi, nous défendrons une approche exigeante : pas de développement sans souveraineté, pas de souveraineté sans autonomie financière. »

    Dakar ne compte pas se contenter d’assister aux débats, mais souhaite influencer activement les nouvelles règles de financement du continent. L’objectif est de mettre fin aux contraintes économiques étouffantes imposées aux pays africains.

    les grands enjeux du sommet Africa Forward

    Ce rendez-vous inédit entre l’Afrique et la France abordera des thèmes cruciaux comme :

    • la restructuration de la dette africaine
    • le financement des infrastructures essentielles
    • l’accélération de la transition énergétique
    • les défis liés à la stabilité et à la paix sur le continent

    Le Sénégal mise sur des partenariats public-privé (PPP) plus justes, permettant de mobiliser des fonds tout en garantissant la maîtrise stratégique des choix nationaux.

  • Crise sans précédent : la CAF annule la victoire du Sénégal à la CAN 2025

    Crise sans précédent : la CAF annule la victoire du Sénégal à la CAN 2025

    Crise sans précédent : la CAF annule la victoire du Sénégal à la CAN 2025

    La décision controversée de la Confédération africaine de football de retirer le titre de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Sénégal, attribuant une défaite 0-3, déclenche une vague d’indignation et met le football africain en ébullition. Clubs et experts dénoncent unanimement une crise de confiance profonde.

    La CAF retire le trophée au Sénégal, le football africain en pleine tourmente - image 1

    L’onde de choc de cette décision de la CAF continue de se propager avec force. Le club égyptien Pharco FC a publiquement déclaré un boycott total et illimité de toutes les compétitions sous l’égide de la CAF. Le club justifie sa position en qualifiant la sanction infligée au Sénégal d’« injuste, politiquement motivée et en totale contradiction avec les valeurs du sport ».

    L’indignation n’est pas isolée. Plusieurs autres formations égyptiennes et algériennes ont manifesté leur solidarité envers le Sénégal, soulevant la perspective d’un boycott généralisé des tournois continentaux. Des géants du football africain, tels que les Mamelodi Sundowns d’Afrique du Sud et le Simba SC de Tanzanie, ont fermement condamné cette décision, la décrivant comme « honteuse » et susceptible d’établir un précédent néfaste pour l’avenir du football sur le continent.

    Rappelons que la Confédération africaine de football avait initialement statué une défaite par forfait (0-3) du Sénégal face au Maroc lors de la finale de la CAN 2025. La justification officielle de la CAF reposait sur une infraction au règlement : les joueurs sénégalais auraient quitté le terrain en signe de protestation après l’octroi d’un penalty au Maroc en fin de match.

    L’aspect le plus troublant de cette affaire réside dans le déroulement post-incident. Après une interruption d’environ dix minutes, la rencontre avait effectivement repris. Le Sénégal avait alors non seulement maintenu son avantage de 1-0, acquis grâce à un but de Pape Gueye, mais avait également remporté le match après prolongation, célébrant son titre et soulevant le trophée à Rabat le 18 janvier.

    Contre toute attente, et suite à une réclamation déposée par la Fédération royale marocaine de football, la CAF a révisé le score de la finale, déclarant le Maroc vainqueur 3-0 et lui octroyant ainsi le championnat en tant que pays hôte.

    L’annonce de ce changement de résultat a secoué la planète football. Des publications sportives de renom comme L’Équipe l’ont décrite comme l’une des résolutions les plus « étranges et contestées » de l’histoire récente du football. De son côté, The Athletic a souligné le caractère sans précédent d’une telle situation dans le cadre d’une compétition continentale.

    La légitimité de cette décision est largement remise en question par de nombreux spécialistes du football. Ils argumentent que si une infraction majeure avait été commise par le Sénégal, l’arbitre et les officiels de la rencontre auraient dû intervenir et déclarer un forfait immédiat, plutôt que de laisser le match se terminer pour ensuite en modifier le résultat suite à une plainte du Maroc.

    Face à cette situation, la Fédération sénégalaise de football a officiellement annoncé son intention de déposer un recours auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) et de la FIFA. Des sources médiatiques africaines évoquent même la possibilité que l’équipe nationale du Sénégal se retire des futures compétitions de la CAF, en protestation contre ce qu’elle perçoit comme un traitement inéquitable.

    Cet épisode regrettable porte un coup sévère à la réputation du football africain, d’autant plus que la CAN représente le tournoi le plus emblématique et prestigieux du continent. Beaucoup craignent qu’une prolongation de cette crise n’entache durablement le prestige et l’intégrité des compétitions organisées par la CAF pour les saisons à venir.

  • Vers un apaisement entre le Bénin et le Niger avec l’élection de Romuald Wadagni

    Vers un apaisement entre le Bénin et le Niger avec l’élection de Romuald Wadagni

    Le gouvernement de Niamey semble adopter une posture d’ouverture prudente vis-à-vis de la future administration béninoise. À l’approche de l’investiture du président élu Romuald Wadagni, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a évoqué la perspective d’un rapprochement entre le Bénin et le Niger, après une période marquée par de fortes tensions.

    S’exprimant sur la chaîne nationale nigérienne RTN, le chef de la diplomatie a admis qu’aucun contact officiel n’avait encore été établi avec l’équipe de transition à Cotonou. Toutefois, il a manifesté un intérêt réel pour l’instauration d’un nouveau dialogue constructif entre les deux nations voisines.

    « Nous accueillerions avec beaucoup de satisfaction une démarche du nouveau gouvernement béninois allant dans ce sens », a précisé le ministre, tout en soulignant l’importance de signes concrets de bonne volonté pour restaurer la confiance mutuelle.

    Un climat diplomatique délétère depuis le putsch de 2023

    Les liens entre le Bénin et le Niger ont subi une dégradation majeure suite au coup d’État de juillet 2023, qui a placé le général Abdourahamane Tiani à la tête du pays. Depuis cet événement, le Niger maintient sa frontière terrestre fermée, ce qui entrave considérablement les flux commerciaux bilatéraux.

    La crise a franchi un nouveau palier en janvier 2026, marquée par l’expulsion réciproque de diplomates et l’arrêt des services de l’ambassade du Bénin à Niamey. Les autorités nigériennes reprochent notamment à Cotonou de servir de base arrière à des mouvements hostiles au pouvoir militaire, des allégations que le gouvernement béninois a toujours fermement démenties.

    Enjeux pétroliers et frontaliers : les points de discorde

    Au-delà des divergences politiques, la discorde s’enracine dans des dossiers économiques stratégiques. Le projet de pipeline géré par Wapco demeure une priorité absolue dans les échanges entre les deux États. Cette infrastructure est vitale pour l’exportation de l’or noir nigérien via le port béninois de Sèmè-Kpodji.

    Par ailleurs, le blocage persistant de la frontière terrestre pèse lourdement sur le quotidien des populations locales et sur l’activité des transporteurs empruntant l’axe stratégique Niamey-Cotonou.

    Romuald Wadagni face à son premier défi diplomatique

    L’élection de Romuald Wadagni, le 12 avril 2026, et son entrée en fonction prévue pour le 24 mai, marquent peut-être le début d’une ère nouvelle. À Niamey, les propos de Bakary Yaou Sangaré sont interprétés comme une main tendue, bien que conditionnée par des actes concrets de la part du futur président.

    Malgré l’échec d’une tentative de médiation tripartite en 2025, impliquant d’anciens chefs d’État, la normalisation avec le Niger s’impose comme l’un des chantiers prioritaires du mandat de Romuald Wadagni. Un dénouement positif permettrait de redynamiser l’économie régionale et d’améliorer la sécurité collective dans une zone sahélienne en proie à une instabilité croissante.

  • Sénégal : comment réinventer le pouvoir citoyen après l’élection de Diomaye ?

    Sénégal : comment réinventer le pouvoir citoyen après l’élection de Diomaye ?

    Cet article explore la notion de pouvoir citoyen dans le contexte sénégalais qui a suivi l’alternance de mars 2024. Il établit un pont entre la philosophie politique contemporaine (Pierre Rosanvallon, Cynthia Fleury, Achille Mbembe, Souleymane Bachir Diagne), le cadre juridique national (Constitution révisée, dialogues nationaux, décentralisation) et les traditions ouest-africaines. Celles-ci incluent les vertus civiques wolof comme le jom, la kersa, le ngor et la teranga, ainsi que les institutions délibératives telles que la penc et le palabre. La première section retrace une généalogie de la figure du citoyen, de la Grèce antique aux transformations actuelles de la « contre-démocratie » décrites par Rosanvallon, en la confrontant aux modèles politiques africains précoloniaux. La seconde partie se penche sur le cas sénégalais pour analyser les crises et les voies de refondation du pouvoir citoyen. Elle défend une synergie entre les outils juridiques modernes (saisine directe de la Cour constitutionnelle, contrôle de l’action publique, démocratie locale) et les grammaires éthiques traditionnelles (vertus civiques, délibération collective, économie morale du masla). L’idée centrale est que le pouvoir citoyen transcende le vote et la protestation : il requiert une individuation, au sens de Cynthia Fleury, soutenue par des institutions de vigilance et enrichie par une éthique de la responsabilité que les sociétés sahéliennes avaient codifiée bien avant la colonisation.

    Introduction

    Le 24 mars 2024, l’élection de Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la présidence du Sénégal, avec plus de 54 % des voix au premier tour, a conclu une période politique mouvementée. Cette séquence a été marquée par une tentative de report du scrutin, une forte mobilisation citoyenne, une intervention décisive du Conseil constitutionnel et la libération du candidat victorieux juste avant le vote. Cet événement, largement analysé sur le continent, a été perçu comme le triomphe d’un « pouvoir citoyen » revitalisé. Deux ans plus tard, le débat s’oriente sur la concrétisation de cette refondation. Les projets de loi issus des dialogues nationaux sur la justice (2024) et le système politique (2025) sont en discussion, le chef de l’État ayant lui-même déclaré que « la Constitution ne nous appartient pas », marquant une volonté de réappropriation collective. Cependant, des critiques émergent déjà, pointant des reculs. La saisine citoyenne directe de la Cour constitutionnelle, promise dans le programme de la coalition Diomaye Président et préconisée par le Dialogue national, a été écartée des projets finaux. Ce choix maintient un verrou institutionnel qui empêche le citoyen lambda de contester directement la violation de ses droits fondamentaux.

    Ce décalage entre la promesse civique et sa mise en œuvre institutionnelle limitée est le point de départ de notre analyse. Il nous amène à nous interroger sur la nature du citoyen et de son pouvoir dans un contexte de défiance systémique (Pierre Rosanvallon), de ressentiment social (Cynthia Fleury) et dans un espace post-colonial où la modernité juridique côtoie des grammaires coutumières toujours vivaces. Notre thèse est que le pouvoir citoyen sénégalais ne peut être compris ni comme une simple importation de la démocratie représentative, ni comme un repli sur une identité fantasmée. Il nécessite une approche hybride, où les dispositifs légaux modernes sont irrigués par des ressources éthiques et délibératives locales, souvent sous-estimées par la sociologie politique.

    Notre réflexion se déploiera en deux temps. D’abord, une approche généalogique retracera l’évolution du concept de citoyenneté, de ses origines occidentales à ses expressions africaines. Ensuite, une analyse plus prospective examinera les défis actuels du pouvoir citoyen au Sénégal et esquissera des pistes de refondation qui allient droit, coutume et éthique.

    Première partie : Généalogie d’une figure politique

    I. Strates historiques de la citoyenneté occidentale

    La citoyenneté occidentale trouve ses racines dans la pensée grecque. Pour Aristote, dans La Politique, le citoyen (politès) se définit par sa participation active aux fonctions judiciaires et délibératives. Cette vision fonctionnelle lie intrinsèquement la citoyenneté à l’action politique partagée. La cité (polis) est un corps délibérant où les membres exercent la souveraineté à tour de rôle, fondée sur l’isègoria (égalité de parole) et l’isonomia (égalité devant la loi). Ce modèle, bien que puissant, était exclusif, laissant de côté femmes, étrangers et esclaves. Cette tension entre l’intensité de la participation et l’étendue de l’inclusion a marqué toute l’histoire de la citoyenneté.

    Rome a introduit un changement majeur. Le civis romanus est avant tout détenteur d’un statut juridique. Avec l’édit de Caracalla en 212, la citoyenneté romaine est étendue à tous les habitants libres de l’Empire, dissociant la citoyenneté de la participation directe au pouvoir central. Une citoyenneté abstraite, fondée sur des droits (le jus civile), voit le jour. Cette tradition a fortement influencé la conception libérale du citoyen comme sujet de droits.

    La Révolution française a refondé la figure du citoyen en le définissant comme membre du souverain collectif. La Déclaration de 1789 lie les droits naturels de l’homme à la participation du citoyen à la volonté générale. Cependant, cette universalité de principe s’est heurtée à des exclusions pratiques : distinction entre citoyens « actifs » et « passifs », exclusion des femmes et des esclaves. Ces contradictions ont alimenté deux siècles de luttes pour l’élargissement des droits civiques.

    Au XXᵉ siècle, le sociologue T.H. Marshall a décrit la citoyenneté moderne comme une succession de trois strates : civile (droits individuels), politique (droit de vote) et sociale (droit à l’éducation, à la santé). Ce modèle met en lumière la citoyenneté comme un processus historique d’inclusion progressive et en constante évolution.

    Pierre Rosanvallon enrichit cette analyse en observant l’érosion de la confiance envers les élus, qui a cédé la place à une défiance organisée. Il identifie trois figures du peuple : le peuple-vigilant, le peuple-veto et le peuple-juge. Ces formes de surveillance, d’empêchement et de jugement constituent ce qu’il appelle la « contre-démocratie ». Ce n’est pas l’opposé de la démocratie, mais son complément critique. Rosanvallon met en garde contre le risque que cette contre-démocratie ne se transforme en populisme, une pathologie où la défiance devient un rejet systématique des institutions.

    Cynthia Fleury, quant à elle, explore les dimensions subjectives de la citoyenneté. À travers des concepts comme l’individuation (la capacité à se constituer comme sujet singulier), le courage (la vertu de dire non et de persévérer) et le ressentiment (cette « peste émotionnelle » qui mine les sociétés), elle lie la philosophie politique à la psychanalyse. Pour elle, un État de droit robuste repose sur des citoyens individués, courageux et capables de surmonter le ressentiment. Le pouvoir politique doit donc aussi prendre soin des citoyens pour préserver les conditions de l’adhésion démocratique.

    II. L’expérience africaine : citoyenneté avant la citoyenneté

    Une généalogie limitée à l’Occident serait incomplète. Les sociétés africaines précoloniales ont développé leurs propres formes d’appartenance politique et d’éthique civique. L’Afrique précoloniale était politiquement diverse, abritant des empires, des royaumes et des sociétés sans État centralisé. Au Sénégal, les royaumes wolofs possédaient des institutions de contre-pouvoir, comme le jambur (assemblée de notables) qui pouvait déposer un roi. Le pouvoir n’était pas absolu, mais encadré par des conseils et une légitimité conditionnée au respect de normes éthiques.

    La penc wolof, assemblée villageoise tenue sous l’arbre à palabre, est une institution politique fondamentale. Elle est régie par des principes de délibération inclusive, de recherche du consensus et d’engagement par la parole. Ce modèle, qui privilégie la concorde et la cohésion sociale, offre une alternative conceptuelle précieuse à la démocratie délibérative occidentale.

    Les sociétés wolof ont également formalisé une éthique civique articulée autour de plusieurs vertus. Le jom incarne l’honneur, la dignité et le courage. La kersa représente la pudeur, le respect et la retenue, agissant comme un garde-fou contre l’arrogance. Le ngor symbolise la droiture, l’intégrité et le respect de la parole donnée.

    D’autres vertus complètent ce système : le muñ (patience), la teranga (hospitalité), le masla (sens de la conciliation), le sago (maîtrise de soi) ou encore le fit (bravoure). Cet ensemble de valeurs constitue une matrice éthique cohérente qui lie les dispositions individuelles aux exigences de la vie en communauté, offrant un socle pour toute refondation civique.

    Des penseurs africains contemporains comme Achille Mbembe, Souleymane Bachir Diagne et Felwine Sarr travaillent à actualiser cet héritage. Ils plaident pour une pensée de la citoyenneté qui puise dans les ressources africaines pour construire des futurs démocratiques originaux. Le pouvoir citoyen sénégalais a donc tout intérêt à s’inspirer de ce double héritage, occidental et africain.

    De cette analyse croisée, le citoyen apparaît comme une figure complexe : participant à la délibération (héritage grec et de la penc), titulaire de droits (héritage romain et des Lumières), agent de contrôle (analyse de Rosanvallon), sujet individué (perspective de Fleury) et porteur de vertus civiques locales. C’est cette combinaison que la seconde partie met à l’épreuve.

    Deuxième partie : Crises et refondations du pouvoir citoyen sénégalais

    1. Le diagnostic contemporain : un pouvoir citoyen entre exaltation et frustration

    La période 2021-2024 au Sénégal a été une illustration parfaite de la contre-démocratie de Rosanvallon. Les mobilisations massives, les manifestations contre le report de l’élection et la victoire finale de Bassirou Diomaye Faye ont montré la puissance de la surveillance et de l’empêchement citoyens. Cependant, cette séquence a eu un coût humain élevé et a exacerbé la polarisation. Le risque persiste que cette contre-démocratie, sans canaux institutionnels adéquats, se transforme en un cycle de protestation permanent, glissant vers le populisme.

    L’analyse de Cynthia Fleury est également pertinente. Le ressentiment, alimenté par le chômage des jeunes, la défiance envers les élites et le sentiment d’humiliation, a été un moteur du changement. Ce ressentiment continue de fragiliser la société et pourrait se retourner contre le nouveau pouvoir si les attentes ne sont pas comblées. La réponse n’est pas seulement institutionnelle, elle doit aussi être symbolique et affective, en restaurant la dignité des citoyens.

    De nombreux intellectuels sénégalais s’inquiètent de l’érosion des vertus traditionnelles comme le ngor, le jom et la kersa. La corruption, la violence verbale en politique et l’opportunisme sont perçus comme des symptômes de cette dégradation. Sans une éthique civique partagée, même les meilleures institutions démocratiques fonctionnent à vide. Le pouvoir citoyen repose aussi sur la disponibilité de ces dispositions éthiques.

    1. Les ressources juridiques disponibles

    La Constitution sénégalaise de 2001 garantit de nombreux droits, et le Conseil constitutionnel a prouvé son rôle de gardien de l’État de droit. Néanmoins, une lacune majeure demeure : l’absence de saisine citoyenne directe de cette institution. Le citoyen ne peut pas contester directement une loi qu’il juge inconstitutionnelle. Bien que promise par la coalition au pouvoir, cette réforme cruciale n’a pas été retenue dans les projets de loi, ce que de nombreux acteurs de la société civile considèrent comme une trahison.

    L’Acte III de la décentralisation, bien qu’ambitieux, n’a pas encore produit tous ses effets, faute de moyens et de culture participative. C’est pourtant au niveau local que la fusion entre les dispositifs modernes et l’héritage coutumier (comme la penc) pourrait être la plus fructueuse pour revitaliser la démocratie.

    Les dialogues nationaux de 2024 et 2025 sont une innovation intéressante, cherchant à fonder les réformes sur une large consultation. Cette démarche s’inspire de la tradition de la penc. Toutefois, leur crédibilité est mise à mal lorsque leurs recommandations les plus importantes, comme la saisine citoyenne, sont ignorées dans les textes finaux.

    Enfin, les organes de contrôle comme la Cour des comptes ou l’OFNAC sont essentiels pour la souveraineté de surveillance. Leur efficacité dépend de leur indépendance réelle et de leur capacité à être saisis par les citoyens, des aspects que les réformes en cours doivent absolument renforcer.

    1. Vers une refondation du pouvoir citoyen : sept propositions articulées

    Face à ce diagnostic, sept propositions interdépendantes peuvent être formulées pour une refondation cohérente.

    Premièrement, instaurer la saisine citoyenne directe de la Cour constitutionnelle. Cela donnerait aux citoyens les moyens d’agir en tant qu’acteurs juridiques permanents et de défendre leurs droits fondamentaux.

    Deuxièmement, reconnaître juridiquement les espaces délibératifs traditionnels comme la penc. Ils devraient devenir des instances de consultation obligatoire pour certaines décisions communales, afin de redynamiser la démocratie locale.

    Troisièmement, refonder l’éducation civique en y intégrant la grammaire des vertus wolof (jom, kersa, ngor), non comme des éléments folkloriques, mais comme des compétences essentielles à la vie démocratique.

    Quatrièmement, garantir l’indépendance constitutionnelle des organes de contrôle et permettre aux citoyens de les saisir directement pour signaler des dysfonctionnements, avec une protection efficace des lanceurs d’alerte.

    Cinquièmement, institutionnaliser les dialogues nationaux via une charte de procédure qui assure la transparence et oblige le pouvoir à justifier publiquement tout écart par rapport aux recommandations émises.

    Sixièmement, développer une politique du soin démocratique, inspirée par Cynthia Fleury. Cela implique de s’attaquer aux racines du ressentiment par des politiques sociales et un travail de reconnaissance des dignités blessées.

    Septièmement, relancer la décentralisation avec des outils concrets comme les budgets participatifs obligatoires et les audits citoyens annuels des comptes municipaux, transformant les administrés en co-gestionnaires.

    Le Sénégal peut s’inspirer d’expériences internationales comme la saisine citoyenne en Afrique du Sud, le processus constituant en Tunisie ou les budgets participatifs au Brésil, tout en construisant un modèle qui lui est propre.

    Ces propositions ne sont pas naïves. Elles font face à des objections légitimes sur l’idéalisation des traditions, la primauté du droit moderne ou le réalisme politique. Cependant, notre but n’est pas de canoniser le passé, mais d’identifier des ressources culturelles vivantes. Ignorer la dimension éthique et culturelle de la démocratie serait une erreur. Le rôle de la pensée critique est d’élargir le champ des possibles et de proposer des horizons pour guider l’action.

    Conclusion : Un citoyen sénégalais, pluriel et rigoureux

    Le pouvoir citoyen est une notion complexe, nourrie par des héritages multiples : grec, romain, révolutionnaire, mais aussi par la contre-démocratie de Rosanvallon, la clinique politique de Fleury, et surtout, par la richesse de l’éthique civique wolof et de la tradition délibérative de la penc.

    Le Sénégal est à un carrefour. L’alternance de 2024 a suscité un immense espoir civique. La volonté politique de refondation est palpable, mais elle est déjà mise à l’épreuve par des choix cruciaux : la saisine citoyenne sera-t-elle adoptée ? La décentralisation sera-t-elle effective ? Le ressentiment sera-t-il transformé en énergie constructive ?

    Les réponses ne viendront pas seulement des dirigeants, mais aussi des citoyens eux-mêmes. Le pouvoir citoyen n’est pas un acquis, mais une construction historique fragile. Le défi est de cultiver des citoyens courageux, vigilants et justes. C’est de l’articulation entre la rigueur des institutions, la vitalité de la délibération et la profondeur de l’éthique que pourra naître, au Sénégal, un pouvoir citoyen à la hauteur des enjeux de notre temps.

  • La Côte d’Ivoire face à l’impératif de l’industrialisation pour un essor économique durable

    La Côte d’Ivoire face à l’impératif de l’industrialisation pour un essor économique durable

    Les journalistes ont massivement pris part aux échanges avec  le directeur Région UEMOA, directeur général Ecobank Côte d’Ivoire, Paul-Harry Aithnard. (Photo. Dr)
    Les journalistes ont massivement pris part aux échanges avec le directeur Région UEMOA, directeur général Ecobank Côte d’Ivoire, Paul-Harry Aithnard. (Photo. Dr)

    Le développement économique de la Côte d’Ivoire passe inévitablement par une stratégie d’industrialisation ambitieuse. C’est le constat majeur qui a émergé lors d’un récent déjeuner de presse à Abidjan-Plateau, où Paul-Harry Aithnard, directeur régional UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, a partagé sa vision éclairée sur ce sujet crucial. Pour lui, l’industrialisation est la voie royale pour que la Côte d’Ivoire atteigne le statut de pays pleinement émergent, s’inspirant de modèles de réussite comme la Malaisie.

    Monsieur Aithnard a souligné l’urgence de cette transformation structurelle. Il a mis en perspective la situation ivoirienne en la comparant à celle de la Malaisie il y a un quart de siècle. « Le PIB de la Côte d’Ivoire s’élève aujourd’hui à 100 milliards de dollars, un niveau similaire à celui de la Malaisie il y a 25 ans. Entre 2000 et 2025, la Malaisie a multiplié son PIB par quatre, passant de 100 à plus de 400 milliards de dollars », a-t-il précisé, illustrant le potentiel immense de croissance que l’industrialisation peut débloquer pour l’économie ivoirienne.

    Les piliers d’une industrialisation réussie en Côte d’Ivoire

    Afin de permettre à la Côte d’Ivoire de quadrupler son économie au cours des 25 prochaines années, Paul-Harry Aithnard a formulé des propositions concrètes, axées sur des leviers stratégiques :

    • L’inclusion financière : Il est primordial de développer l’accès aux services financiers pour l’ensemble de la population. Cela permettrait aux citoyens d’épargner, d’effectuer des paiements, de conserver leurs fonds, de se financer et d’investir leur petite épargne, stimulant ainsi l’économie par la base.
    • La digitalisation : Pour concrétiser cette inclusion financière et accroître la productivité à des coûts optimisés, la technologie et la digitalisation sont des catalyseurs essentiels. Mettre l’accent sur ces outils est indispensable pour passer à l’échelle supérieure et moderniser les processus économiques.

    Rôles des acteurs clés : secteur privé et État

    La réussite de ce projet d’industrialisation en Côte d’Ivoire repose sur une collaboration étroite entre tous les acteurs :

    • Le secteur privé et bancaire : Ces entités ont un rôle déterminant à jouer en finançant les grands projets d’infrastructures. Paul-Harry Aithnard a d’ailleurs confirmé l’engagement délibéré d’Ecobank à soutenir ces initiatives.
    • L’État : Les autorités publiques doivent concentrer leurs efforts sur le développement du secteur de l’électricité, une condition sine qua non à toute industrialisation. Parallèlement, l’amélioration du système éducatif est cruciale, avec un focus sur des disciplines clés telles que les sciences, la technologie et le management.

    Le directeur général a salué les progrès déjà réalisés par la Côte d’Ivoire, notamment l’augmentation significative de sa capacité de production énergétique ces dernières années. Il a également noté des signaux encourageants dans le domaine de l’éducation, indiquant des choix stratégiques pertinents pour l’avenir du pays. Ces avancées constituent une base solide pour l’accélération de l’industrialisation et le renforcement de la compétitivité économique de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale.

  • Vegetalisation urbaine au Burkina Faso : une solution contre la chaleur et la pollution

    Vegetalisation urbaine au Burkina Faso : une solution contre la chaleur et la pollution

    vegetalisation urbaine au Burkina Faso : une solution contre la chaleur et la pollution

    Le Burkina Faso lance un vaste programme d’aménagement paysager visant à créer 80 espaces verts, 60 ronds-points végétalisés et 65 kilomètres de voiries arborées. Ces initiatives transforment progressivement le paysage des villes burkinabè, offrant des alternatives durables face aux défis climatiques et environnementaux.

    des aménagements pour rafraîchir les villes et embellir le quotidien

    Dans des centres urbains souvent marqués par la poussière, la chaleur étouffante et un manque criant d’espaces de détente, ces projets d’aménagement apportent une bouffée d’oxygène. L’exemple emblématique de l’espace vert situé au pied de l’échangeur de Ouaga 2000 illustre parfaitement ces avancées. Ces réalisations ne profitent pas uniquement aux habitants locaux : « Vous ne pouvez pas imaginer ma joie en découvrant ces lieux ! Originaire de la diaspora burkinabè, je vis au Sénégal et je reviens régulièrement. Ces espaces aménagés m’ont totalement séduite », confie le Dr Ines Bationo, de passage dans son pays.

    réduire la chaleur urbaine grâce à la nature

    Plusieurs études internationales confirment que la végétalisation des villes constitue une réponse efficace contre la hausse des températures urbaines. Les arbres de rue, en apportant de l’ombre et en limitant la chaleur ressentie, jouent un rôle clé. Selon les experts, « multiplier les espaces verts, les toitures végétalisées et les arbres permettrait de baisser la température moyenne en ville de 2°C, atténuant ainsi les risques sanitaires liés aux canicules ». Les recherches montrent également que les zones boisées affichent des températures maximales inférieures de 4°C par rapport aux espaces dégagés.

    un impact bien au-delà de l’environnement

    Au-delà de leur fonction rafraîchissante, ces aménagements renforcent le civisme et le sentiment d’appartenance des citoyens. Les espaces verts deviennent des lieux de rencontre, de repos et de cohésion sociale, favorisant ainsi les échanges et le bien-être collectif. « Ça change complètement l’environnement. Avant, c’était juste de la terre rouge, sans intérêt. Aujourd’hui, c’est beau, un microclimat s’est installé, exactement ce dont nous avons besoin. Même si nous sommes un pays sahélien, face à la canicule, l’écologie doit devenir une priorité partagée », souligne Mahamadi Ouedraogo, figure associative engagée.

    des défis à relever pour une durabilité à long terme

    Si la plantation d’arbres est une étape cruciale, leur entretien sur le long terme représente un enjeu majeur. Lassané Sawadogo, acteur de la société civile, met en garde : « Après l’aménagement, il est essentiel d’instaurer des mécanismes d’accès à ces espaces pour que la mairie et le ministère de l’Environnement puissent générer des revenus et assurer leur maintenance ».

    Les premiers retours des visiteurs sont encourageants. Sidoine Nakanabo, une visiteuse, se réjouit : « On est ravi ! Ce lieu permet de se détendre tout en stimulant le tourisme burkinabè ».

    une vision moderne de la ville : entre infrastructures et nature

    À travers ce programme, le Burkina Faso envoie un message fort : une ville moderne ne se limite pas aux routes et aux bâtiments. Elle intègre également des arbres, de l’ombre et des espaces où les citoyens peuvent se ressourcer. Une approche équilibrée pour allier développement urbain et respect de l’environnement.