Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

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Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

La junte militaire au Burkina Faso a pris une décision radicale en début de semaine en déclarant persona non grata Carol Flore-Smereczniak, principale représentante des Nations Unies dans le pays. Cette mesure intervient après la publication d’un rapport critique de l’ONU dénonçant les violations des droits des enfants dans un contexte de conflit armé persistant.

une expulsion qui s’inscrit dans une série de tensions avec l’ONU

Carol Flore-Smereczniak devient la deuxième haute responsable onusienne expulsée par les autorités burkinabè en trois ans. En 2022, Barbara Manzi, alors coordinatrice résidente, avait subi le même sort, illustrant une intolérance croissante envers toute forme de surveillance extérieure. Le porte-parole de la junte accuse la responsable d’avoir contribué à la rédaction du dernier rapport onusien, qui met en lumière des violences graves commises à l’encontre de mineurs.

un rapport accablant sur les atteintes aux droits des enfants

Le document de l’ONU révèle des chiffres alarmants : entre juillet 2022 et juin 2024, 2 483 violations graves ont été recensées, touchant 2 255 enfants. Parmi ces actes, on compte des meurtres, des enlèvements, mais aussi le recrutement forcé d’enfants par des groupes armés et des forces de sécurité. 65 % des abus seraient imputables à des groupes islamistes, tandis que les forces burkinabè et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) seraient responsables du reste.

Le rapport souligne également une hausse inquiétante des attaques contre les écoles et s’alarme de la détention arbitraire d’enfants, souvent accusés à tort de liens avec des groupes armés. Ces pratiques ont été largement documentées par des organisations comme Human Rights Watch depuis 2016, mettant en évidence un climat de violence généralisé affectant les jeunes générations.

une junte en désaccord avec les conclusions de l’ONU

Les autorités burkinabè rejettent catégoriquement les conclusions du rapport, qu’elles qualifient de partiales et inappropriées. En mars 2025, le ministre des Affaires étrangères a vivement critiqué l’utilisation par l’ONU de termes comme « groupes armés non étatiques » pour désigner les groupes terroristes, ou encore la qualification des VDP de « milices ». En juillet, il a exigé un recentrage des interventions onusiennes au Burkina Faso, afin d’aligner leur action sur la vision politique du pays.

une répression systématique des voix critiques

Depuis le coup d’État de 2022, les militaires au pouvoir mènent une politique de répression contre les médias, l’opposition et les dissidents. Plutôt que de nier les abus, la junte devrait, selon les observateurs, collaborer avec l’ONU pour mettre un terme à ces violences. Un plan d’action conjoint pourrait ainsi être élaboré pour protéger les populations, en particulier les enfants, victimes collatérales d’un conflit qui s’éternise.