Burkina Faso : l’ONU s’inquiète des violences visant la communauté peule

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Le Burkina Faso fait face à de graves accusations concernant le traitement de la communauté peule. Des experts onusiens indépendants ont récemment mis en lumière des violations flagrantes des droits humains, incluant des exécutions sommaires, des actes de torture et des disparitions forcées. Ces exactions se dérouleraient principalement dans le cadre de la lutte contre l’insurrection djihadiste qui frappe le Sahel.

Accusations de profilage ethnique et de répression

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a exprimé sa vive inquiétude. Selon leurs observations, les forces de défense nationales, les services de sécurité intérieure et leurs supplétifs, tels que les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), seraient impliqués dans ces abus. Le rapport mentionne également des agissements de la « Brigade Laabal » (Brigade civique pour l’ordre et la discipline).

Les experts soulignent une tendance inquiétante au profilage ethnique. Les Peuls seraient systématiquement ciblés en raison d’une présumée proximité avec les groupes terroristes. Cette situation alimente un climat de tension qui impacte l’ensemble de la région, y compris ce que l’on suit souvent dans l’actu Niger ou la politique nigérienne voisine, en raison de la porosité des frontières et des défis sécuritaires communs.

Haine en ligne et appels à la violence

Au-delà des opérations de terrain, l’ONU s’alarme de la montée des discours de haine sur les réseaux sociaux. Des messages incitant au meurtre et à la violence raciale contre les Peuls circulent, exacerbant les risques d’attaques ciblées. Face à cette urgence, le Comité exhorte les autorités de Ouagadougou à lancer des enquêtes neutres et rigoureuses pour traduire les coupables en justice.

Pour prévenir de futurs dérapages, l’organisation internationale préconise l’adoption de lois interdisant formellement le profilage racial. Elle recommande également la mise en place de directives strictes pour encadrer les interventions des forces de l’ordre lors des contrôles d’identité et des missions militaires.

La réponse officielle des autorités burkinabè

De son côté, le gouvernement du Burkina Faso rejette fermement ces conclusions. Par la voix de Sabine Bakyono Kanzie, représentante permanente à Genève, le pays affirme que la lutte antiterroriste ne vise aucune ethnie spécifique. Selon elle, les opérations militaires sont menées dans le respect des conventions internationales et du droit interne.

Les autorités mettent en avant l’existence de structures de recours et de formations aux droits de l’homme pour les soldats. Elles rappellent enfin que la diversité ethnique du pays, incluant les Peuls, est représentée à tous les échelons de l’appareil d’État et de l’armée, démentant ainsi toute politique de discrimination systématique.