Cameroun : pourquoi l’absence de Paul Biya alimente les spéculations ?

Deux mois sans apparaître en public, pour le président camerounais, c’est une situation inédite. Pourtant, selon les autorités, aucun motif de préoccupation n’existe.
Benoit Ndong Soumeth, ministre chargé de mission à la Présidence, tente d’apaiser les esprits. « Une population peut légitimement s’interroger sur la santé de son dirigeant, mais le ministre directeur du Cabinet civil a confirmé que tout se passe bien. Sa déclaration doit suffire à rassurer les Camerounais. Aucun problème n’est à signaler, et nous ne sommes ni en exception ni en urgence », déclare-t-il.
Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint du MRC de Maurice Kamto, voit cela différemment. Pour lui, l’absence de transparence autour du séjour présidentiel en Europe relève d’un manque de respect envers le peuple camerounais.
« Le peuple camerounais mérite des réponses claires »
« Pourquoi recourir à des manœuvres électorales pour ensuite s’absenter pendant des semaines ? Si le président rencontre des problèmes de santé, le peuple a le droit de le savoir. Il est inacceptable de maintenir une telle ambiguïté autour son état », martèle-t-il.
Cabral Libii, figure de l’opposition et troisième à la dernière présidentielle, adopte une position plus radicale. Il estime que cette absence n’a aucun impact sur la légalité des institutions. « Peu importe où il se trouve, la légalité camerounaise actuelle reste fragile. Avec les élections locales qui approchent, le vrai combat est de voter massivement pour renverser ce régime », affirme-t-il.
Le député du PCRN mise, lui, sur un changement politique pour réformer les règles encadrant les déplacements présidentiels.
