Le Bénin et l’Algérie ont franchi une étape décisive dans leur coopération sécuritaire. Lors d’une rencontre au cabinet du Ministère de la Défense nationale à Cotonou, les autorités béninoises et une délégation diplomatique et militaire algérienne ont posé les bases d’un partenariat stratégique bilatéral. Objectif : renforcer la riposte face à la pression terroriste dans le nord du pays.
Une réponse à l’insécurité dans le nord du Bénin
La pression constante des groupes armés terroristes dans le nord du Bénin exige des capacités d’anticipation et de riposte accrues pour les Forces armées béninoises (FAB). C’est dans ce contexte que Cotonou a choisi de se tourner vers Alger, dont l’expertise en contre-terrorisme est reconnue internationalement.
Pourquoi l’Algérie ?
Le choix algérien répond à plusieurs critères stratégiques :
- Un savoir-faire éprouvé : l’armée algérienne maîtrise la lutte contre les maquis insurgés, le contrôle des frontières terrestres et la surveillance en milieu semi-aride et sahélien.
- La diversification des alliances : fidèle à son pragmatisme, le Bénin multiplie les canaux de coopération militaire — formation logistique, technologie de renseignement — sans dépendre exclusivement des partenaires occidentaux.
- La formation des cadres : l’accès aux académies militaires et centres de formation tactique algériens constitue un levier majeur pour la montée en puissance des unités d’élite des FAB.
Des engagements concrets pour une coopération durable
Les discussions ont abouti à des orientations précises pour structurer cette coopération inter-États :
Un accord-cadre de défense en préparation
Les deux parties ont posé les jalons d’un accord juridique instaurant une coopération technique renforcée, la formation continue des cadres militaires béninois et le transfert d’expérience en gestion de crise et en renseignement d’origine électromagnétique et tactique.
Une concertation opérationnelle permanente
Béninois et Algériens ont convenu d’établir un canal de communication direct et régulier pour coordonner l’évaluation des menaces transfrontalières qui déstabilisent l’espace sahélo-saharien et menacent le golfe de Guinée.
Un soutien à la stabilité régionale
Alger confirme sa volonté de réinvestir le terrain diplomatique et sécuritaire en Afrique subsaharienne, tandis que Cotonou consolide sa position de verrou stratégique protégeant la côte ouest-africaine.
En scellant ce rapprochement, le Bénin opte pour une stratégie proactive : former ses hommes, diversifier ses appuis et s’appuyer sur l’expertise d’acteurs continentaux majeurs pour répondre à la crise sécuritaire régionale.
