Réforme électorale au Sénégal : les propositions de khalidou dit mbaye sokoma pour une démocratie plus représentative

Écrit par

dans

Écouter cet article ⏱ ~5 min

Le Sénégal s’apprête à franchir un cap décisif dans l’évolution de son système démocratique. Khalidou dit Mbaye Sokoma, président du Mouvement Patriotique pour un Développement Durable (MPPD) / AND DEFAR SUNU REEW, propose une refonte profonde du mode de scrutin pour garantir une représentation politique plus fidèle et ancrée dans les réalités territoriales.

Le système actuel : un modèle à améliorer

Les élections législatives sénégalaises reposent sur un système mixte : 112 sièges sont attribués par scrutin majoritaire à un tour, tandis que 53 sièges sont répartis à la proportionnelle sur liste nationale. Pour les scrutins locaux, la répartition s’effectue à 45 % en majoritaire et 55 % en proportionnelle. Une organisation qui, selon Khalidou dit Mbaye Sokoma, ne reflète pas suffisamment la diversité des suffrages exprimés par les citoyens.

Cinq axes majeurs pour une réforme électorale ambitieuse

1. Instaurer une proportionnelle intégrale pour plus de représentativité

L’un des piliers de la proposition consiste à adopter un scrutin proportionnel intégral, aussi bien pour les législatives que pour les élections locales. L’objectif ? Éliminer les distorsions entre le nombre de voix obtenues et les sièges attribués. Cette réforme permettrait d’ouvrir la représentation à une diversité de forces politiques, y compris les candidats indépendants et les mouvements citoyens, tout en renforçant l’ancrage territorial des élus.

2. Recentrer le rôle des députés sur leurs territoires

Khalidou dit Mbaye Sokoma plaide pour une redéfinition du statut de député. L’élu ne doit plus être perçu comme un simple représentant d’un parti, mais comme une figure ancrée dans un territoire, directement choisie par les citoyens. Les partis politiques conserveraient leur rôle, mais ne seraient plus les seuls intermédiaires entre les électeurs et leurs représentants. Le député deviendrait ainsi un acteur plus proche, garant d’une responsabilité accrue envers ses administrés.

3. Moderniser le scrutin local avec un second tour

Pour les élections municipales et départementales, la réforme suggère d’instaurer un second tour si aucune liste n’obtient la majorité absolue (50 %). Cette mesure vise à clarifier les rapports de force et à encourager les alliances stratégiques, tout en renforçant la légitimité des exécutifs locaux. Une approche qui, combinée à une proportionnelle renforcée, permettrait de mieux refléter la diversité politique au sein des communes.

4. Renforcer l’administration électorale par une territorialisation accrue

Pour optimiser l’organisation des scrutins, Khalidou dit Mbaye Sokoma propose de s’appuyer davantage sur les préfets et sous-préfets dans leurs zones de compétence. Cette territorialisation permettrait de fluidifier le dialogue entre l’État et les collectivités locales, tout en garantissant une impartialité et une égalité de traitement strictes. Une administration électorale plus proche des citoyens favoriserait ainsi une participation plus active et informée.

5. Kaolack : une organisation municipale repensée

Ville stratégique par sa taille et son poids démographique (plus d’1,3 million d’habitants répartis en 45 quartiers), Kaolack mérite une organisation municipale adaptée. La proposition suggère la création de trois ou quatre communes d’arrondissement, basées sur des critères précis : démographie, infrastructures, bassins de vie, ressources fiscales et capacités administratives. Une telle réforme vise à améliorer la gestion locale et à renforcer le lien entre les élus et les citoyens.

Vers une démocratie plus transparente et inclusive

Au cœur de cette proposition réside une conviction : une démocratie de qualité se mesure à sa capacité à traduire fidèlement la volonté des citoyens en représentation politique. Khalidou dit Mbaye Sokoma appelle à un débat national, ouvert et rigoureux, pour construire un système où chaque voix compte et où chaque territoire trouve sa place dans la désignation des représentants de la nation.