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  • Mali : les autorités interdisent la circulation des motos hors des grandes villes

    Mali : les autorités interdisent la circulation des motos hors des grandes villes

    Des membres armés du Mouvement national de libération de l'Azawad (FLA) circulent à moto dans le camp de Battle d'Amachach, quatre jours après le retrait des Corps africains, à Tessalit, le 6 mai 2026. (Photo AFP)

    Publié aujourd’hui à 10h14 Lecture : 1 minute.

  • Crise sécuritaire en RDC : le Burundi presse la communauté internationale d’agir

    Crise sécuritaire en RDC : le Burundi presse la communauté internationale d’agir

    Crise sécuritaire en RDC : le Burundi appelle la communauté internationale à agir face à l’échec des accords de paix

    Alors que la République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une insécurité persistante dans sa région orientale, le Burundi, actuellement à la tête de l’Union africaine, tire la sonnette d’alarme. Lors d’une rencontre diplomatique majeure à Bujumbura, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont échangé sur la dégradation de la situation et les défis liés à la mise en œuvre des accords de paix.

    Échanges entre Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, et Floribert Anzuluni, son homologue congolais

    Un appel urgent à la communauté internationale

    Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a clairement exprimé son inquiétude face à la persistance des violences dans l’Est de la RDC, malgré la signature de l’Accord de Washington. Cet accord historique, négocié sous l’égide des États-Unis, visait à rétablir la paix entre la RDC et le Rwanda, en présence du président Donald Trump. Pourtant, les hostilités se poursuivent, alimentées par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue selon Kinshasa par Kigali.

    Le Burundi, témoin privilégié de ces tensions, dénonce le non-respect systématique de l’accord par les parties concernées. Malgré des avancées ponctuelles, comme le retour de certains réfugiés dans leurs villages, de vastes zones restent sous le joug de l’insécurité. Les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes armés, dont les ADF, poussent une partie de la population à fuir vers les pays voisins, aggravant une crise humanitaire déjà critique.

    « Les accords signés entre la RDC et le Rwanda, facilités par Washington, n’ont pas été pleinement respectés. Plusieurs zones connaissent une recrudescence de l’insécurité, provoquant de nouveaux déplacements de populations. Une implication accrue de la communauté internationale est indispensable pour soutenir les initiatives régionales en cours. »

    — Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères

    Renforcement des relations bilatérales malgré les tensions

    Malgré la gravité de la situation sécuritaire, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de consolider leurs relations diplomatiques et économiques. Plusieurs sujets stratégiques ont été abordés lors de cette rencontre, dont :

    • La finalisation de la construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa.
    • La gestion du Secrétariat exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), actuellement présidée par la RDC.
    • La préparation du prochain sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CIRGL.
    • L’intensification de l’aide humanitaire en faveur des réfugiés congolais accueillis au Burundi.

    Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, a salué les efforts du Burundi dans la mobilisation de l’aide humanitaire. Une réunion de la Troïka de la CIRGL est en préparation pour évaluer la situation sécuritaire et les contributions financières des pays membres.

    Une alliance militaire pour contrer les groupes armés

    Face à l’escalade des violences dans l’Est de la RDC, Bujumbura et Kinshasa ont renforcé leur coopération militaire. Signé en mars 2023, l’accord bilatéral de défense entre les deux pays a conduit au déploiement de milliers de soldats burundais pour appuyer les FARDC et sécuriser la frontière commune. Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie régionale visant à neutraliser les groupes armés, notamment les ADF et l’AFC/M23.

    Le Burundi, sous la présidence d’Évariste Ndayishimiye, s’est engagé à jouer un rôle clé dans la pacification du continent africain. Cette mission s’aligne sur les priorités fixées lors de la prise de fonction de Ndayishimiye à la tête de l’Union africaine, succédant à João Lourenço de l’Angola.

    Une impasse diplomatique qui aggrave la crise

    Malgré plusieurs rounds de négociations, dont ceux de Doha et de Montreux en avril 2026, les tensions persistent. Les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et de non-respect des engagements continuent de freiner tout progrès significatif. Les médiateurs internationaux, notamment les États-Unis et le Qatar, peinent à faire avancer le processus de paix, chaque partie interprétant les termes de l’Accord de Washington à sa convenance.

    Cette paralysie diplomatique a des répercussions dramatiques sur le terrain. Les combats s’intensifient dans l’Est de la RDC, aggravant une crise humanitaire déjà dévastatrice. Les populations civiles, prises en étau entre les belligérants, paient le prix fort de cette instabilité chronique.

    Perspectives d’avenir

    Alors que la communauté internationale est appelée à jouer un rôle plus actif, les deux pays restent déterminés à trouver une solution durable. Le Burundi, en tant que président de l’Union africaine, se positionne comme un acteur clé dans la recherche d’une paix durable. Cependant, l’urgence d’une action concertée et efficace n’a jamais été aussi pressante.

  • Crise humanitaire au Sahel : 24 millions de personnes en détresse en 2026

    Crise humanitaire au Sahel : 24 millions de personnes en détresse en 2026

    Une crise humanitaire majeure s’intensifie au Sahel sans susciter l’attention requise

    carte illustrant l'urgence humanitaire au Sahel

    Alors que les projecteurs du monde restent braqués sur d’autres conflits, une urgence silencieuse frappe le Sahel. En 2026, plus de 24 millions d’habitants de cette région d’Afrique de l’Ouest se retrouvent en situation de détresse aiguë. Selon les Nations Unies, cette crise humanitaire, l’une des plus graves et des moins financées au monde, s’aggrave sans que l’aide internationale ne suive.

    Cette situation touche cinq pays : la Mauritanie, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les familles y subissent de plein fouet les conséquences d’une combinaison de crises : affrontements armés, déplacements forcés, flambée des prix et bouleversements climatiques. Les moyens de subsistance s’effritent, plongeant des millions de personnes dans une précarité sans précédent.

    Les données de l’Organisation des Nations Unies pour les affaires humanitaires révèlent un bilan inquiétant. Entre juin et août, période charnière avant les récoltes, près de 15,5 millions d’individus pourraient basculer dans une insécurité alimentaire sévère. Parmi eux, plus de 1,5 million se retrouveront dans une situation d’urgence absolue, nécessitant une intervention immédiate.

    Derrière ces chiffres se cachent des histoires humaines déchirantes : des parents réduisant les portions de repas, des paysans incapables d’investir dans leurs cultures, des enfants privés d’école et des communautés entières contraintes de fuir les violences.

    Financements humanitaires en chute libre

    Les organisations d’aide tirent la sonnette d’alarme : les contributions internationales s’effondrent. En 2025, seulement 29 % des fonds nécessaires ont été collectés. Cette baisse drastique oblige les acteurs humanitaires à revoir leurs priorités à la baisse, voire à abandonner certains programmes dans les zones les plus vulnérables.

    Le contexte économique mondial, marqué par les tensions au Moyen-Orient, aggrave la situation. Les coûts de l’énergie, du transport et des intrants agricoles explosent, pénalisant des populations déjà affaiblies. Chaque euro manquant se traduit concrètement par moins de denrées distribuées, moins de protection pour les plus vulnérables et moins d’accès aux soins ou à l’éducation.

    L’insécurité gagne du terrain

    La crise alimentaire est indissociable de l’aggravation de l’insécurité. Autrefois cantonnée au Sahel central, la menace s’étend désormais vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Les groupes armés étendent leur emprise, forçant des milliers de familles à abandonner leurs foyers et paralysant les services publics essentiels. Résultat : près de 12 900 établissements scolaires ont fermé leurs portes, privant 2,3 millions d’enfants de leur droit à l’instruction.

    Pour les observateurs, cette exclusion éducative est un danger à long terme. Une génération entière risque de grandir sans formation, dans des zones où les opportunités économiques sont quasi inexistantes et où les groupes armés exploitent la misère des jeunes.

    Le climat, un ennemi supplémentaire

    À cette instabilité s’ajoutent les ravages du changement climatique. Depuis le début de l’année, près de 590 000 personnes ont été affectées par des inondations dévastatrices, tandis que les sécheresses prolongées et la désertification grignotent les ressources disponibles.

    Le Sahel, déjà l’une des régions les plus exposées aux conséquences du réchauffement, paie un lourd tribut malgré sa faible contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

    Face à cette spirale, les Nations Unies exhortent les donateurs internationaux à réagir sans délai. Des solutions existent, mais sans un afflux rapide de fonds, la situation pourrait basculer dans le chaos. Des millions de personnes risquent de sombrer dans une précarité encore plus profonde dans les mois à venir.

     

  • Sanctions américaines contre m23 et fdlr en rdc : une pression croissante sur les groupes armés

    Sanctions américaines contre m23 et fdlr en rdc : une pression croissante sur les groupes armés

    Les États-Unis accentuent leur pression sur les factions armées qui déstabilisent l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le département du Trésor américain a dévoilé de nouvelles sanctions ciblant deux figures clés du conflit : un responsable du renseignement de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) et un commandant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ces mesures s’ajoutent à celles prises début mars, lorsque Washington avait déjà sanctionné l’armée rwandaise et plusieurs de ses officiers pour leur soutien présumé à la rébellion du M23.

    Une stratégie de sanctions plus précise pour fragiliser les réseaux

    Contrairement aux précédentes vagues de sanctions, qui visaient principalement des entités ou des structures étatiques, cette nouvelle série frappe des individus précis au sein des chaînes de commandement. Selon les autorités américaines, le cadre du M23 ciblé joue un rôle crucial dans la collecte de renseignements et l’élaboration des stratégies militaires dans le Nord-Kivu. Quant au commandant des FDLR, il appartient à l’état-major d’une organisation classée terroriste par plusieurs juridictions internationales. Ces groupes, héritiers des milices hutues rwandaises ayant fui au Zaïre après le génocide de 1994, servent souvent de prétexte à Kigali pour justifier ses incursions en territoire congolais.

    En sanctionnant simultanément un membre du M23 et un officier des FDLR, Washington envoie un message clair : aucune faction n’est épargnée. L’objectif est de tarir les ressources des deux camps en bloquant l’accès aux circuits financiers internationaux, en gelant leurs avoirs sous juridiction américaine et en exposant leurs partenaires à des sanctions secondaires.

    Une diplomatie américaine plus affirmée dans la région des Grands Lacs

    Ces sanctions s’inscrivent dans une démarche diplomatique plus large. Depuis le début de l’année, l’administration américaine multiplie les signaux envers Kinshasa, Kigali et les autres capitales africaines impliquées dans les tentatives de médiation. Les mesures du 2 mars contre l’armée rwandaise avaient marqué un tournant en désignant nommément des généraux et en pointant directement l’institution militaire comme acteur du conflit. Les nouvelles sanctions de juin approfondissent cette approche en ciblant des éléments précis au sein des groupes armés non étatiques.

    Sur le terrain, le M23 maintient son emprise sur de vastes zones du Nord-Kivu, incluant des villes stratégiques comme Goma et Bukavu, capturées lors des offensives de début d’année. Malgré les négociations sous médiation qatarienne et angolaise, aucun cessez-le-feu durable n’a encore été obtenu. Si ces sanctions ne suffiront pas à inverser le rapport de forces militaire, elles compliquent significativement la logistique des individus visés et renforcent la pression sur leurs alliés.

    Un levier financier dont l’impact réel reste à évaluer

    L’efficacité de ces sanctions individuelles soulève des questions. Les groupes armés opérant dans l’est de la RDC opèrent souvent hors des radars bancaires traditionnels, privilégiant des réseaux informels pour financer leurs activités. Les trafics d’or, d’étain, de tantale et de tungstène, bien documentés par les ONG spécialisées, continuent de fournir des revenus aux FDLR et au M23, notamment via le Rwanda, l’Ouganda et, dans une moindre mesure, le Burundi.

    Néanmoins, ces mesures revêtent une forte dimension symbolique. Elles offrent une base légale aux partenaires européens, qui pourraient suivre l’exemple américain. Bruxelles a déjà adopté, en mars, des sanctions similaires contre des personnalités rwandaises et congolaises impliquées dans le conflit. Cette coordination transatlantique, rare ces dernières années, pourrait affaiblir la légitimité des cadres sanctionnés et compliquer leurs tentatives de blanchiment d’argent ou de réhabilitation.

    Pour le gouvernement congolais de Félix Tshisekedi, ces annonces représentent une victoire diplomatique, même limitée. Depuis 2022, Kinshasa plaide pour un durcissement des sanctions contre Kigali et ses alliés locaux. Pour le Rwanda, qui rejette toute implication directe dans le conflit, ces nouvelles désignations américaines compliquent sa communication officielle et réduisent l’influence de ses lobbyistes à Washington.

  • Oligui Nguema brise le silence sur la pression migratoire américaine

    Oligui Nguema brise le silence sur la pression migratoire américaine

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a révélé avoir rejeté une proposition des États-Unis visant à accueillir sur le sol gabonais des migrants expulsés du territoire américain. Cette déclaration, formulée lors d’un entretien télévisé, positionne Libreville en opposition avec une tendance diplomatique impulsée par Washington depuis le retour de Donald Trump à la présidence en janvier 2025.

    Une décision ferme face aux sollicitations américaines

    D’après les déclarations du chef de l’État gabonais, l’administration américaine aurait proposé un arrangement où le Gabon servirait de terre d’accueil pour des étrangers en situation irrégulière aux États-Unis. Oligui Nguema a catégoriquement refusé cette offre, sans pour autant dévoiler les éventuelles contreparties évoquées par les négociateurs américains. Cette transparence inhabituelle contraste avec la discrétion généralement observée chez d’autres dirigeants africains sollicités sur ce sujet épineux.

    Cette décision s’inscrit dans un contexte où Donald Trump a fait de l’expulsion massive des migrants un pilier de sa politique intérieure. Faute de pouvoir renvoyer certains individus vers leur pays d’origine, les États-Unis recherchent des États tiers prêts à les recevoir, en échange d’avantages variés. Plusieurs nations africaines ont déjà été approchées, et certaines y ont souscrit.

    Le Gabon trace sa propre voie diplomatique

    En rendant publique cette proposition américaine, Oligui Nguema affiche une volonté de se démarquer clairement des autres capitales africaines. Des pays comme le Rwanda, l’Eswatini ou le Soudan du Sud sont régulièrement cités comme partenaires potentiels ou actifs dans ce système d’externalisation migratoire. Libreville, elle, refuse catégoriquement cette logique, invoquant des raisons liées à la souveraineté nationale et à la cohésion sociale interne.

    Cette prise de position n’est pas dénuée de portée stratégique. Depuis le coup d’État d’août 2023 et l’élection présidentielle d’avril 2025, le Gabon œuvre à consolider ses institutions. Refuser publiquement une demande des États-Unis, tout en veillant à préserver ses liens économiques avec Washington, reflète une stratégie diplomatique réfléchie. Libreville mise ainsi sur sa crédibilité auprès des opinions africaines et de ses alliés européens, notamment la France.

    Cependant, cette audace comporte des risques. L’administration Trump n’hésite pas à sanctionner les pays qui s’opposent à ses politiques, qu’il s’agisse de barrières douanières ou de restrictions de visas. Le Gabon, dont l’économie repose sur le pétrole brut et le manganèse, reste particulièrement vulnérable aux fluctuations des relations bilatérales avec les grandes puissances.

    Un levier pour redéfinir l’influence régionale

    Cette annonce survient à un moment où Libreville cherche à renforcer son rôle au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), dont Oligui Nguema a brièvement assuré la présidence. Cette fermeté affichée envers Washington pourrait servir d’argument auprès des pays du Bassin du Congo, en quête d’une diplomatie africaine plus autonome et exigeante en matière de réciprocité.

    Le dossier migratoire illustre ainsi les dilemmes auxquels font face les dirigeants africains face à une administration américaine pragmatique. Accepter les propositions de Washington peut ouvrir la voie à des compensations financières ou diplomatiques, mais au prix de tensions internes. Refuser, c’est affirmer sa souveraineté, tout en s’exposant à un désengagement américain. Oligui Nguema a choisi la seconde option et l’a annoncé publiquement, dans un contexte où l’échiquier diplomatique africain se réorganise rapidement.

    Cette prise de parole marque également une volonté du président gabonais de s’imposer davantage sur la scène internationale, après une année centrée sur la stabilisation interne. Les prochaines semaines permettront de mesurer si cette déclaration entraîne une réaction de la Maison-Blanche ou un ajustement des relations bilatérales.

  • Mali: le terrorisme face à la dérive autoritaire du pouvoir

    Mali: le terrorisme face à la dérive autoritaire du pouvoir

    Au Mali, Maître Mountaga Tall, figure emblématique de la défense des droits humains et de la démocratie, a été enlevé il y a un mois par les services de sécurité de l’État. Il est détenu dans un lieu secret, en dehors de tout cadre légal, aux côtés de son fils et d’autres militants, militaires et religieux. Ces arrestations massives ont débuté après les attaques dévastatrices du 25 avril, perpétrées par les groupes jihadistes du Jamaat Nosrat al-Islam wal Muslimin (Jnim) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Maître Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre de la Justice, dénonce l’instrumentalisation de la lutte antiterroriste par le pouvoir en place pour étouffer toute opposition.

    Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre de la Justice malien, lors d'un événement à Bamako en 2017.
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    Interview : Maître Mountaga Tall, avocat et militant pro-démocratie, est détenu arbitrairement depuis un mois. Sa famille et ses avocats exigent sa libération immédiate et son transfert devant un juge. Pensez-vous que les autorités de transition maliennes prendront enfin ces revendications en compte ?

    Maître Konaté : Je ne nourris aucun espoir quant à leur réaction, mais ils se doivent de respecter les principes fondamentaux du droit. Aucun citoyen ne peut être privé de liberté en dehors des cadres prévus par la loi. Même dans un contexte aussi tendu, l’État de droit se juge à la manière dont il traite ses détracteurs et ses défenseurs. Il est intolérable qu’un avocat, par ailleurs opposant politique, n’ait jamais été autorisé à recevoir la visite d’un médecin, d’un avocat ou même du bâtonnier de l’ordre. Après le communiqué ferme du bâtonnier, les militaires au pouvoir ont riposté en enlevant le propre fils de Maître Tall. Cette escalade inacceptable révèle une stratégie de terreur sans précédent.

    Ces arrestations massives, impliquant des militaires et des religieux, s’inscrivent dans une enquête de la justice militaire sur d’éventuels liens avec les groupes armés à la suite des attaques du 25 avril. Officiellement, aucun lien n’a été établi avec ces enlèvements, mais cette rhétorique antiterroriste semble trouver un écho favorable auprès d’une partie de la population malienne…

    Il est crucial d’expliquer à ces concitoyens que la lutte contre le terrorisme ne peut servir de prétexte à l’insécurité juridique. Un camp militaire n’est pas un tribunal. La détention légale doit être justifiée, tandis que l’arbitraire, lui, se cache. Aujourd’hui, c’est Maître Tall qui en fait les frais, mais demain, ce pourrait être n’importe quel autre citoyen. Même en temps de guerre, le cadre juridique doit être préservé. La justice doit être le socle, avant comme après la lutte antiterroriste.

    La justice malienne a récemment condamné l’ancien Premier ministre Moussa Mara à un an de prison ferme pour un simple tweet, tandis que des appels publics à la violence contre des militants pro-démocratie ou des commerçants étrangers restent impunis. Peut-on encore parler d’une justice indépendante, ou est-elle désormais soumise aux autorités de transition ?

    La justice malienne donne aujourd’hui l’impression de se plier aux exigences d’un régime militaire. Pourtant, son rôle est de servir l’État et les citoyens, et non un pouvoir éphémère. Les juges doivent se rappeler cette mission première. La peur ne doit pas servir d’excuse pour renoncer à leur devoir. Ils ont même le droit de se mettre en retrait face à des pressions inacceptables. Aujourd’hui, ils se rendent complices d’un système qui pervertit l’idée même de justice. Mais un jour, cette justice reprendra ses droits.

    Après les attaques du 25 avril, la mort du ministre Sadio Camara et la prise de Kidal, certains ont cru le pouvoir malien fragilisé. Pourtant, il semble toujours aussi solide…

    Il vacille, mais il se maintient par la force et la terreur. Le terrorisme, bien sûr, n’a aucune place dans une société civile, car il nie les fondements mêmes de la paix et de la coexistence. Cependant, il devient impossible d’ignorer la responsabilité d’un pouvoir issu d’un coup d’État et qui perpétue son règne par la violence. L’exposition croissante des Maliens aux risques terroristes est directement liée aux choix opérés par ceux qui gouvernent le pays depuis six ans sans légitimité électorale.

    Vous êtes un opposant déclaré au régime de transition, mais vous n’avez pas rejoint la Coalition des forces pour la République (CFR), menée par l’imam Dicko. Pourquoi ce refus d’unir vos forces à cette opposition ?

    Parce que nous sommes aujourd’hui face à un dilemme dangereux : d’un côté, un pouvoir militaire illégitime qui gouverne par la force, de l’autre, une opposition où se côtoient des acteurs dont les valeurs sont incompatibles avec les principes républicains. L’imam Dicko et ses alliés ne peuvent faire table rase des années d’horreur vécues en 2012, lorsque les groupes djihadistes ont instauré leur loi barbare dans le nord du pays. On ne peut pas reconstruire un Mali démocratique en s’alliant avec ceux qui, hier encore, justifiaient ou participaient à ces exactions. Avant toute union, il faut que ces crimes soient reconnus et que les principes de justice et de dignité humaine soient réaffirmés.

    Les régimes de l’Alliance des États du Sahel (AES), au Mali, au Niger et au Burkina Faso, accusent systématiquement leurs opposants d’être des ennemis de la souveraineté nationale, des terroristes ou des agents de l’ingérence étrangère. En tant que Malien, comment répondez-vous à ces accusations ?

    Je suis d’abord et avant tout un patriote malien, engagé pour la défense des libertés et de l’État de droit. Ce qui dérange ces régimes issus de putschs, c’est qu’ils refusent qu’on leur rappelle leurs propres manquements au droit. Les vrais antipatriotes, ce sont ceux qui affament leur peuple et piétinent les libertés au nom d’une sécurité illusoire. Personne ne contestera mon attachement à la nation malienne, et c’est précisément pour cela que je m’oppose à ceux qui la desservent.

  • Rencontre diplomatique de haut niveau entre l’Algérie et le Niger à Niamey

    Rencontre diplomatique de haut niveau entre l’Algérie et le Niger à Niamey

    Mercredi dernier, une audience présidentielle de grande importance s’est tenue à Niamey, la capitale du Niger. Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a été chaleureusement accueilli par le président nigérien, le Général Abdourahamane Tiani, pour échanger sur les relations bilatérales et les projets communs entre les deux nations.

    Lors de cette rencontre, Sifi Ghrieb a transmis au Général Tiani les salutations fraternelles du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à renforcer les liens de solidarité et à approfondir la coopération entre les deux pays, dans une perspective de développement mutuel.

    Renforcement des partenariats stratégiques

    Les discussions ont porté sur plusieurs axes majeurs, notamment l’évaluation des projets de coopération déjà en cours. Les deux dirigeants ont passé en revue les conclusions de la visite officielle effectuée par le président nigérien en Algérie en février 2026. Ils ont également analysé les résultats concrets issus des entretiens entre le Général Tiani et le président Tebboune.

    Parmi les sujets abordés, la mise en œuvre des décisions prises lors de la 2e session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne, organisée à Niamey en mars 2026, a occupé une place centrale. Les deux parties ont souligné l’importance d’accélérer le rythme de réalisation des projets structurants pour concrétiser les ambitions communes.

    Un modèle de coopération Sud-Sud

    Le président nigérien a exprimé sa profonde gratitude envers son homologue algérien pour l’attention constante portée à la coopération bilatérale. Il a mis en avant le succès exceptionnel du projet de centrale électrique réalisé en un temps record, illustrant la force des relations entre les deux pays. Cette réalisation témoigne de leur volonté commune de bâtir un partenariat solide, diversifié et bénéfique pour leurs peuples respectifs.

    Le Général Tiani a salué la dynamique exceptionnelle qui caractérise les relations algéro-nigériennes, la qualifiant de modèle de coopération Sud-Sud. Il a réitéré son engagement à hisser ces relations à un niveau encore plus élevé, en collaboration avec le président Tebboune.

    De son côté, Sifi Ghrieb a félicité les avancées significatives réalisées en un temps record. Il a salué l’entrée dans une nouvelle phase d’engagement politique et de concrétisation effective des projets convenus, grâce à la détermination des dirigeants des deux pays. Le suivi rigoureux de la feuille de route conjointe a été salué comme un facteur clé de réussite.

    Perspectives d’avenir et secteurs prioritaires

    L’Algérie s’est engagée à poursuivre ses efforts pour renforcer la coopération bilatérale dans des secteurs stratégiques. Parmi ceux-ci figurent l’énergie, les hydrocarbures, les infrastructures, la santé, la formation, l’enseignement supérieur, le numérique et les transports. Les projets structurants dans ces domaines seront prioritaires pour soutenir le développement économique et renforcer l’intégration régionale.

    Les échanges ont également permis d’aborder le suivi des programmes de coopération commerciale et économique ainsi que les projets stratégiques dans la région. Les deux parties ont insisté sur la nécessité d’accélérer leur mise en œuvre afin de stimuler la croissance économique et de favoriser une intégration plus poussée entre les pays africains.

    Sécurité et stabilité régionales

    Sur le plan régional, les dirigeants ont échangé sur les défis actuels. Ils ont réaffirmé leur volonté de renforcer la concertation et la coordination bilatérales pour contribuer activement à la paix, à la sécurité et à la stabilité en Afrique. Ces efforts s’inscrivent dans une vision commune visant à bâtir un environnement propice au développement et à la prospérité.

    Cette rencontre à Niamey marque une étape supplémentaire dans l’approfondissement des relations algéro-nigériennes. Elle confirme la volonté des deux pays de construire un partenariat durable, basé sur la solidarité, la confiance et une vision commune de l’avenir.

  • Tensions en RDC : mobilisation contre la révision constitutionnelle de Félix Tshisékédi

    Tensions en RDC : mobilisation contre la révision constitutionnelle de Félix Tshisékédi

    tensions en RDC : mobilisation contre la révision constitutionnelle de Félix Tshisékédi


    Alors que le projet de révision de la Constitution avance pas à pas, des figures majeures de l’opposition et de la société civile ont choisi de réagir. Sous l’égide du collectif C 64, elles ont lancé un appel solennel aux Congolais pour qu’ils marquent leur opposition à l’ambition de Félix Tshisékédi de se présenter à un troisième mandat. Résultat : la capitale, Kinshasa, a connu une journée « ville morte » marquante. Les rues, habituellement animées, se sont vidées, les commerces ont fermé leurs portes, et l’ensemble du pays a semblé retenir son souffle face à cette première contestation d’envergure.

     

    La révision constitutionnelle en RDC : un bras de fer politique en cours

     

    Cette mobilisation réussie pourrait inciter l’opposition à intensifier la pression sur Félix Tshisékédi. Pourtant, le président congolais, déterminé à poursuivre sa quête d’un troisième mandat, ne semble pas prêt à céder. Pour contourner les obstacles juridiques, il privilégie la voie référendaire, donnant l’illusion d’une légitimité populaire. Une stratégie qui rappelle les pratiques observées ailleurs en Afrique, où les élections sont rarement perdues une fois organisées. Le chef de l’État, convaincu de son bon droit, ne recule devant rien pour atteindre son objectif. Pendant ce temps, ses partisans, dont des leaders religieux, préparent une contre-manifestation prévue le 5 juin afin de montrer leur soutien indéfectible.

     

    Le dénouement de cette crise dépendra donc des rapports de force en présence. Si Félix Tshisékédi parvient à imposer sa volonté, la révision constitutionnelle verra le jour. En revanche, si l’opposition parvient à mobiliser suffisamment de citoyens et d’institutions, le projet pourrait bien être enterré. Une chose est sûre : la vie politique en République démocratique du Congo continue de refléter les dynamiques du continent, où les mêmes erreurs se répètent sans que les leçons ne soient tirées.

     

    Un président sous pression face aux multiples crises du pays

     

    Arrivé au pouvoir dans des circonstances controversées, Félix Tshisékédi semble aujourd’hui plus préoccupé par son maintien au pouvoir que par les défis urgents auxquels le pays est confronté. Alors que l’est de la RDC échappe toujours au contrôle de Kinshasa et que l’épidémie d’Ebola continue de faire des victimes, le président mise sur une révision constitutionnelle risquée plutôt que de s’attaquer aux crises sécuritaires et sanitaires. Pourtant, des voix influentes, dont celles de religieux, avaient exhorté le chef de l’État à engager sans tarder un dialogue national pour apaiser les tensions et trouver des solutions durables. Plusieurs mois plus tard, aucune avancée notable n’a été enregistrée. Pourquoi une telle inertie ? Est-ce une question de confiance en sa position de force ? Ou bien une méconnaissance des réalités africaines où les dirigeants répètent les erreurs de leurs prédécesseurs sans en tirer les conséquences ?

     

  • Route kara–kabou : un projet stratégique pour booster l’économie régionale

    Route kara–kabou : un projet stratégique pour booster l’économie régionale

    Un investissement historique pour les infrastructures ouest-africaines

    Un projet d’envergure vient de recevoir l’aval financier de la Banque africaine de développement (BAD) et du Fonds africain de développement. Ce financement, s’élevant à plus de 59 millions de dollars américains, vise la réhabilitation complète du tronçon routier reliant Kara, au Togo, à Kabou, au Bénin. Cette initiative, menée en partenariat avec la Banque islamique de développement (BiD) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), constitue une avancée majeure pour le développement des échanges transfrontaliers.

    Des avantages concrets pour les professionnels du transport

    Les entreprises de logistique et les transporteurs privés vont bénéficier d’un bouleversement positif grâce à cette modernisation. Trois impacts majeurs se dessinent :

    • Une réduction significative des coûts opérationnels : la qualité de la chaussée permettra de limiter l’usure prématurée des véhicules, réduisant ainsi les dépenses en entretien et en remplacement de pièces.
    • Un gain de productivité incontestable : l’élimination des obstacles naturels et des dégradations de la route facilitera la circulation, accélérant les délais de livraison et optimisant les rotations des camions.
    • Une sécurité renforcée sur l’axe : l’amélioration du tracé et l’ajout de signalisations modernes diminueront les risques d’accidents, sécurisant à la fois les conducteurs et les marchandises transportées.

    Une amélioration du quotidien pour les populations locales

    Les habitants du Bénin et du Togo profiteront également de cette infrastructure repensée. Les trajets entre les deux pays deviendront plus fluides, plus rapides et moins fatigants, offrant un confort inédit aux voyageurs et aux commerçants. Par ailleurs, l’accès aux services essentiels (écoles, centres de santé, marchés) sera facilité pour les communautés rurales situées le long de l’itinéraire, mettant fin à leur isolement géographique.

    Un levier pour l’intégration économique en Afrique de l’Ouest

    Cette route, en reliant efficacement le Bénin au Togo, s’inscrit dans une dynamique d’intégration sous-régionale. Les zones agricoles isolées pourront désormais acheminer leurs produits vers les grands pôles urbains et les ports de Lomé et Cotonou sans délai excessif, limitant ainsi les pertes post-récolte. En réduisant les barrières physiques au commerce, ce projet contribue à bâtir une économie ouest-africaine plus résiliente et interconnectée.

  • Renforcement des liens diplomatiques : le président béninois en mission à Lomé

    Renforcement des liens diplomatiques : le président béninois en mission à Lomé

    Une visite placée sous le signe de la fraternité et du progrès

    Le renforcement des relations entre Cotonou et Lomé atteint un nouveau palier avec la visite officielle du chef de l’État béninois, Romuald Wadagni, au Togo. Cette démarche, à la fois symbolique et opérationnelle, illustre la volonté partagée des deux nations de consolider leurs liens historiques et d’amplifier leur coopération mutuelle.

    Reçu avec les plus grandes marques de considération par les autorités togolaises, le Président Wadagni a réitéré, à l’occasion de ce déplacement, l’engagement des deux pays en faveur d’un avenir commun marqué par la prospérité et la stabilité.

    Un dialogue axé sur les enjeux contemporains

    Les échanges, menés à haut niveau, ont permis d’aborder des sujets stratégiques d’importance capitale pour l’avenir de la sous-région. Plusieurs axes majeurs ont été explorés :

    • Dynamisation des échanges économiques : Les discussions ont porté sur l’optimisation des flux commerciaux, l’harmonisation des infrastructures portuaires et douanières, ainsi que l’assouplissement des procédures pour favoriser la libre circulation des biens et des personnes.
    • Renforcement de la sécurité collective : Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, les deux pays ont convenu de renforcer leur collaboration en matière de renseignement et de coordination opérationnelle afin de préserver la stabilité de leurs frontières.
    • Développement de nouveaux partenariats : La visite a également été l’occasion de réexaminer les accords en vigueur et de définir les contours de futures collaborations, notamment dans les domaines technique, énergétique et culturel.

    Une vision partagée pour l’avenir

    Au-delà des aspects protocolaires, cette visite incarne une étape décisive dans l’histoire des deux peuples, unis par des liens géographiques, culturels et historiques indéfectibles. Face à des défis communs, le Bénin et le Togo réaffirment leur conviction que le dialogue et la concertation constituent les fondements d’une intégration sous-régionale efficace et pérenne.

    « Cette initiative illustre la vitalité de notre diplomatie régionale et notre détermination à concrétiser les aspirations de nos populations à travers une intégration concrète et bénéfique », a souligné un haut responsable diplomatique.

    En associant leurs efforts, les dirigeants des deux nations traceront une voie prometteuse vers une coopération renforcée, porteuse de paix et de développement durable pour l’ensemble de la sous-région.

  • Gabon : le refus catégorique du président Oligui Nguema face aux migrants expulsés des États-Unis

    Gabon : le refus catégorique du président Oligui Nguema face aux migrants expulsés des États-Unis

    Le Gabon affiche une position ferme face aux pressions américaines concernant l’accueil des migrants expulsés. Dans un contexte de tensions migratoires croissantes, Libreville a clairement indiqué qu’il ne validerait aucun accord bilatéral permettant le transit ou l’installation de ces personnes sur son territoire.

    Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à préciser sa pensée lors d’un entretien exclusif, en insistant sur la nécessité de préserver les intérêts stratégiques du Gabon. Interrogé sur ses relations avec l’administration américaine, il a rappelé que, malgré une relation personnelle apaisée avec le locataire de la Maison-Blanche, les priorités nationales priment sur toute considération diplomatique.

    « J’ai une grande estime pour le président américain, mais le Gabon ne peut pas accepter un accord qui ne servirait pas ses objectifs. Nous ne sommes pas prêts à signer un texte qui mettrait en péril notre stabilité ou notre souveraineté. », a-t-il déclaré avec une clarté qui ne souffre d’aucun ambiguïté.

    Cette prise de position illustre une diplomatie gabonaise résolument tournée vers la défense de ses propres enjeux. En refusant de s’engager dans ce mécanisme d’externalisation des flux migratoires, le gouvernement évite de s’ajouter des contraintes administratives et sécuritaires, alors que le pays fait face à des défis internes majeurs.

    Priorité à la souveraineté nationale et à la stabilité

    Pour Libreville, les défis actuels se concentrent sur la consolidation de la Vème République, la relance économique et la préparation des prochaines élections. L’accueil de migrants expulsés n’apparaît pas comme une priorité, et encore moins comme une solution envisageable.

    En adoptant cette ligne dure, le Gabon envoie un signal fort à ses partenaires internationaux : aucune collaboration, aussi amicale soit-elle, ne justifiera une remise en cause de sa souveraineté ou de sa cohésion sociale. Une posture qui renforce l’image d’un État déterminé à maîtriser son destin.

  • Confrontation politique à Kinshasa : l’opposition défie l’exécutif

    Confrontation politique à Kinshasa : l’opposition défie l’exécutif

    politiqueRépublique démocratique du Congo

    Confrontation politique à Kinshasa : l’opposition défie l’exécutif

    Malgré l’appel à une journée de mobilisation générale lancé par les forces d’opposition, le pouvoir en place maintient son projet de modification de la loi fondamentale. Les deux camps s’affrontent sur l’interprétation des événements.

    RDC Kinshasa | Centre administratif de Kinshasa

    Mercredi après-midi, les activités commerciales et scolaires ont lentement repris leur cours dans les rues de Kinshasa, après la journée de protestation organisée par les partis d’opposition. Ces derniers, regroupés sous la bannière de la Coalition Article 64, avaient appelé à une « journée ville morte » pour protester contre le projet présidentiel de réforme constitutionnelle.

    Alors que l’opposition clame un succès retentissant en évoquant une participation massive de la population, les autorités gouvernementales minimisent l’impact de cette mobilisation et réaffirment leur détermination à mener à bien la révision des textes fondamentaux.

    Une capitale sous tension : entre peur et répression

    Dans plusieurs arrondissements de la capitale, les habitants ont choisi de rester cloîtrés chez eux. Entre la crainte d’affrontements violents et la présence imposante des forces de l’ordre, les axes routiers de Kinshasa ont offert un spectacle inhabituel de calme forcé.

    « Je n’entends même pas les écoliers dans la rue. Les établissements scolaires sont fermés. Personne ne veut de cette réforme constitutionnelle. Si nous ne résistions pas, nous serions contraints de nous rendre au travail. Le peuple s’y oppose catégoriquement », confie un résident de la commune de Ngaliema.

    Un autre témoin décrit une atmosphère marquée par des restrictions drastiques de liberté de mouvement :

    « Ici, la situation est oppressante. Des militaires et des policiers quadrillent les rues et dispersent les rassemblements. Impossible de circuler librement, ni en voiture ni à moto. Les commerces sont tous fermés. La situation est critique. »

    L’opposition revendique une victoire populaire

    À l’issue de cette journée de contestation, les figures de proue de l’opposition dressent un bilan qu’elles qualifient d’historique. Selon elles, la mobilisation a dépassé toutes leurs espérances et elles annoncent déjà de nouvelles actions d’envergure pour faire obstacle au projet présidentiel.

    Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, va jusqu’à évoquer un rejet sans ambiguïté du chef de l’État par la population kinoise.

    « La population de Kinshasa a répondu à 99,9 % à notre appel. En restant chez eux, au-delà de l’obéissance à notre mot d’ordre, les citoyens ont clairement désavoué Félix Tshisekedi et sa volonté dictatoriale de modifier la Constitution pour prolonger son mandat. Il est temps pour lui de prendre acte de ce désaveu massif », a-t-il lancé avec fermeté.

    Le pouvoir maintient sa position malgré les critiques

    Une interprétation des événements que la majorité présidentielle réfute avec la plus grande énergie. Du côté de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), les responsables assurent que la mobilisation n’a eu qu’un impact limité et que les activités normales ont repris leur cours.

    Christian Lumu Lukusa, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS, rejette catégoriquement l’idée d’une adhésion populaire aux consignes de l’opposition.

    « Malgré les tentatives de certains leaders de l’opposition pour semer la peur et appeler à des actes de violence, la population n’a pas suivi leurs directives. Je peux vous l’affirmer : Kinshasa est pleinement active », a-t-il déclaré.

    Il a également réitéré l’engagement de son camp à poursuivre la réforme constitutionnelle, présentée comme une nécessité pour moderniser les institutions congolaises.

    « Concernant la réforme constitutionnelle, nous la maintiendrons car elle répond à un impératif national et à une volonté de modernisation de nos structures étatiques », a-t-il souligné.

    Un référendum au cœur du conflit institutionnel

    Selon Christian Lumu Lukusa, la réforme envisagée devra être soumise à un référendum, conformément à l’adoption, le 27 mai, par l’Assemblée nationale d’une loi référendaire. Une perspective que l’opposition qualifie d’illégale au regard de la Constitution actuelle.

    Ce désaccord profond entre les deux camps augure de nouvelles tensions politiques dans les semaines à venir, alors que chaque partie campe sur ses positions.