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  • Crise politique au Bénin : putsch avorté contre patrice talon

    Crise politique au Bénin : putsch avorté contre patrice talon

    Des tirs ont retenti ce dimanche à Cotonou, la plus grande ville du Bénin, alors que des militaires ont annoncé à la télévision nationale la destitution du président Patrice Talon. Rapidement, le gouvernement béninois a qualifié cette action de tentative de coup d’État, précisant qu’elle avait été neutralisée par les forces armées.

    Le président béninois Patrice Talon lors d’une cérémonie à Cotonou, en 2022.

    Comment s’est déroulée cette tentative de coup d’État ?

    Huit militaires, identifiés comme le Comité militaire pour la refondation (CMR), ont pris le contrôle des studios de la télévision publique pour annoncer la chute du président Patrice Talon. Ils ont justifié leur action par plusieurs griefs :

    • une détérioration de la sécurité dans le nord du pays,
    • le manque de soutien envers les soldats et leurs familles,
    • des promotions jugées injustes au sein de l’armée,
    • et une atteinte aux libertés fondamentales sous le gouvernement Talon.

    Des barrages ont été installés autour du palais présidentiel et de l’hôtel Sofitel, tandis que des coups de feu ont été signalés dans la capitale économique. Malgré cette agitation, la majorité des habitants de Cotonou ont poursuivi leurs activités quotidiennes.

    Réaction des autorités et des forces de l’ordre

    Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a affirmé que les forces armées béninoises étaient restées fidèles à leur engagement républicain. « Les militaires loyalistes ont repris le contrôle de la situation et neutralisé cette manœuvre », a-t-il déclaré à la télévision nationale. Selon ses propos, il s’agissait d’un groupuscule isolé sans réelle emprise sur l’armée régulière. « La ville et le pays sont totalement sécurisés », a-t-il ajouté.

    Les autorités ont confirmé l’arrestation d’une douzaine de militaires impliqués dans cette tentative de putsch.

    Qui est Patrice Talon et quel est son bilan ?

    Patrice Talon, en fonction depuis 2016, devrait quitter le pouvoir en avril 2026 après deux mandats présidentiels, conformément à la Constitution béninoise. Bien que son gouvernement soit salué pour ses réalisations économiques, il est critiqué pour son tour autoritaire, notamment la restriction des libertés et l’exclusion de l’opposition principale lors des prochaines élections.

    Le Bénin, malgré sa croissance économique, fait face à des menaces terroristes dans sa région septentrionale, ce qui a été évoqué par les putschistes pour justifier leur action.

    Quelle est la position de la communauté internationale ?

    La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement condamné cette subversion anticonstitutionnelle, réaffirmant son soutien au gouvernement légitime et au peuple béninois.

    L’Union africaine (UA) a également dénoncé cette tentative de coup d’État, appelant les militaires à rentrer dans leurs casernes et à respecter l’ordre constitutionnel. Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a exigé l’arrêt immédiat des actions illégales et le retour des soldats à leurs obligations professionnelles.

    Contexte politique : un pays habitué aux crises

    Le Bénin a une histoire politique tumultueuse, marquée par plusieurs coups d’État depuis son indépendance en 1960. Après des périodes de régime militaire dans les années 1960 et 1970, le pays a connu une alternance démocratique avant de faire face à de nouvelles tensions sous la présidence Talon.

    Cette tentative de putsch s’ajoute à deux autres complots déjoués en 2020 et en septembre 2024. Elle s’inscrit dans un contexte régional instable, avec des coups d’État récents au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée-Bissau.

  • Crise politique au Bénin : putsch avorté et pouvoir présidentiel maintenu

    Crise politique au Bénin : putsch avorté et pouvoir présidentiel maintenu

    Crise politique au Bénin : un groupe de militaires tente un putsch

    Des militaires se réclamant du Comité militaire pour la refondation (CMR) ont annoncé, dimanche matin, sur la télévision publique béninoise, avoir destitué le président Patrice Talon. Cependant, l’entourage de ce dernier a immédiatement démenti cette annonce en affirmant que le chef de l’État était en sécurité et que l’armée régulière reprenait le contrôle de la situation.

    Le président béninois Patrice Talon, à Paris le 9 novembre 2021

    Contexte politique et tensions au Bénin

    Patrice Talon, en poste depuis 2016, doit terminer son second mandat en 2026, conformément à la limite constitutionnelle. Le pays, connu pour sa croissance économique, fait également face à des violences jihadistes dans sa région septentrionale. Depuis le début des années 2020, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou encore la Guinée, ont connu des coups d’État, renforçant l’instabilité dans la région.

    Réactions immédiates et mesures de sécurité

    Peu après l’annonce des putschistes, une source proche de Patrice Talon a confirmé à l’AFP que le président était sain et sauf et que l’armée reprenait le contrôle. Selon cette source, le groupe à l’origine de la tentative de coup d’État n’a ni investi la résidence présidentielle ni la présidence de la République à Cotonou. La situation était qualifiée de sous contrôle et les autorités assuraient que le nettoyage des derniers foyers de résistance était en cours.

    L’ambassade de France à Cotonou a signalé des coups de feu à proximité du domicile du président, invitant les ressortissants français à rester chez eux par précaution. Une source militaire a également indiqué que la ville de Cotonou et le pays dans son ensemble étaient totalement sécurisés.

    Critiques et enjeux démocratiques

    Bien que Patrice Talon soit reconnu pour ses efforts en matière de développement économique, ses détracteurs lui reprochent un virage autoritaire dans un pays autrefois salué pour son dynamisme démocratique. Par ailleurs, le principal parti d’opposition a été écarté de la prochaine élection présidentielle, prévue pour avril, opposant le parti au pouvoir à un candidat dit modéré.

    Historique des coups d’État au Bénin

    Le Bénin, comme plusieurs nations d’Afrique de l’Ouest, a une histoire politique marquée par des coups d’État ou des tentatives avortées. Cette instabilité récente dans la sous-région rappelle les défis persistants auxquels font face les gouvernements pour maintenir la stabilité institutionnelle.

    À retenir :

    • Une tentative de coup d’État a été avortée dimanche matin au Bénin.
    • Le président Patrice Talon est en sécurité et l’armée a repris le contrôle.
    • Le pays reste sous haute surveillance dans un contexte régional tendu.
    • Les autorités assurent que la situation est maîtrisée et que les derniers foyers de résistance sont neutralisés.
  • Bénin : les autorités déjouent une tentative de putsch à Cotonou

    Bénin : les autorités déjouent une tentative de putsch à Cotonou

    Dans la matinée du dimanche 7 décembre 2025, des coups de feu ont retenti dans la capitale économique du Bénin, Cotonou, plongeant momentarily la ville dans l’incertitude. Des militaires ont rapidement bloqué l’accès au palais présidentiel, où le président Patrice Talon se trouvait. Les autorités locales ont immédiatement réagi en qualifiant la situation de totalement sous contrôle, assurant que l’ordre et la sécurité étaient rétablis sur l’ensemble du territoire national.

    Une tentative de putsch avortée

    Selon les informations relayées par les médias locaux, une faction de militaires a tenté de s’emparer du pouvoir en s’introduisant à la télévision nationale. Ces derniers ont annoncé la destitution du président Talon, invoquant des motifs liés à la détérioration de la situation sécuritaire et à la remise en cause des libertés fondamentales au Bénin.

    Quelques heures plus tard, le ministre béninois de l’Intérieur, Alassane Seidou, est apparu à son tour à l’antenne pour confirmer que la tentative de coup d’État avait été déjouée. Une déclaration qui a été immédiatement reprise par le président Patrice Talon dans une adresse solennelle à la Nation. Ce dernier a réaffirmé que la sécurité et l’ordre public seraient maintenus partout dans le pays, tout en promettant que les auteurs de ce complot ne resteraient pas impunis.

    Réactions internationales et soutien régional

    La tentative de putsch au Bénin intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest — comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou encore la Guinée-Bissau — ont connu des coups d’État ces dernières années, exacerbant les instabilités politiques dans la sous-région. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rapidement réagi en annonçant le déploiement immédiat de troupes nigérianes, ivoiriennes, ghanéennes et sierra-léonaises pour soutenir le gouvernement béninois et préserver l’ordre constitutionnel.

    L’aviation nigériane a d’ailleurs mené des frappes aériennes à Cotonou en coordination avec les protocoles de la CEDEAO, bien que les cibles précises n’aient pas été dévoilées. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des missions de la Force en attente de la CEDEAO, qui avait déjà été déployée en Gambie en 2017 pour garantir une transition pacifique après une crise post-électorale.

    Par ailleurs, l’Union africaine (UA) a condamné avec la plus grande fermeté cette tentative de déstabilisation, réaffirmant son attachement au respect des institutions démocratiques. De son côté, la France, ancienne puissance coloniale, a appelé ses ressortissants présents au Bénin à faire preuve de la plus grande prudence et à rester confinés en raison d’un contexte encore volatil.

    Un climat politique sous haute tension

    Cette tentative de coup d’État survient à un moment charnière pour le Bénin. Patrice Talon, en place depuis 2016, achève son second mandat en 2026, la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Son dauphin désigné, Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances, est largement favori pour lui succéder, notamment après l’exclusion des principaux partis d’opposition du processus électoral. Une décision qui a alimenté les tensions politiques dans le pays ces derniers mois.

    Si Patrice Talon est reconnu pour avoir impulsé un développement économique notable, il est également critiqué par ses détracteurs pour avoir adopté une dérive autoritaire, s’éloignant du modèle démocratique qui avait fait la réputation du Bénin dans les années 1990 et 2000. Cette situation a engendré une méfiance croissante parmi la population, comme en témoigne Anatole Zinsou, un informaticien de Cotonou : « Il y a une tension palpable dans le pays depuis des mois, notamment à cause des élections. L’exclusion de certains acteurs du processus électoral ne fait qu’aggraver les divisions. »*

    Témoignages de la population

    Dans les rues de Cotonou, la journée s’est déroulée dans un calme relatif, malgré les rumeurs persistantes. Michelle Eudoxie, une coiffeuse de 50 ans, a expliqué à l’AFP : « Ce soir, on va essayer de rentrer plus tôt. On ne sait pas qui est à l’origine de ce coup d’État, alors mieux vaut être prudent. »*

    Pour Nabil Sacca, un vendeur d’essence ayant travaillé près du palais présidentiel ce matin-là, la peur a dominé : « J’ai entendu les coups de feu ce matin. J’ai quitté mon quartier pour me mettre à l’abri. On ne peut pas savoir ce qui va se passer. »*

    Une histoire politique marquée par les coups d’État

    Le Bénin, malgré son passé démocratique, n’a pas été épargné par les instabilités politiques. Le dernier coup d’État remonte à 1972, lorsque Mathieu Kérékou avait pris le pouvoir. Depuis, le pays avait connu une transition démocratique exemplaire, jusqu’à l’arrivée de Patrice Talon. Remy Agblo, un commerçant, a confié : « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu à l’époque. Heureusement que ça a été déjoué. »*

    Alors que les autorités béninoises et leurs alliés régionaux maintiennent une surveillance accrue, la situation reste sous haute tension. Les prochaines heures seront déterminantes pour comprendre les conséquences de cette tentative de putsch et son impact sur la stabilité politique et sécuritaire du Bénin.

  • Avocate burkinabè Ini Benjamine Esther Doli : détention arbitraire et condamnation dénoncées

    Avocate burkinabè Ini Benjamine Esther Doli : détention arbitraire et condamnation dénoncées

    Condamnation de Maître Ini Benjamine Esther Doli : une atteinte aux libertés fondamentales au Burkina Faso

    Une avocate et défenseure des droits humains au Burkina Faso, Ini Benjamine Esther Doli, a été condamnée à un an de prison ferme pour ses prises de position publiques, illustrant une fois de plus la répression croissante des voix critiques dans le pays. Son cas s’inscrit dans un contexte alarmant de restrictions des libertés et de détentions arbitraires ciblant les défenseur·es des droits et les journalistes.

    Ini Benjamine Esther Doli

    Le 10 novembre 2025, le tribunal de grande instance de Ouagadougou a reconnu Maître Ini Benjamine Esther Doli coupable de deux chefs d’accusation : « outrage au chef de l’État » (article 352-2 du Code pénal) et « entreprise de démoralisation des forces armées » (article 312-11 du Code pénal). Ces condamnations font suite à des publications qu’elle a partagées sur son compte Facebook, où elle critiquait ouvertement les autorités et les dysfonctionnements du système judiciaire. Elle a écopé d’une peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende de 1 000 000 F.CFA (environ 1 525 euros).

    Bien que relaxée pour le chef de « trahison » qui lui était initialement reproché, Maître Doli reste incarcérée au quartier féminin de la prison civile de Ouagadougou. Elle a interjeté appel de cette décision et continue d’avoir accès à ses avocats ainsi qu’à sa famille.

    Un parcours marqué par l’engagement et la répression

    Ini Benjamine Esther Doli est une figure connue pour son combat en faveur des droits humains. Diplômée en droit, elle a occupé des fonctions clés au sein de l’appareil judiciaire burkinabè, notamment en tant que substitut du procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso et commissaire du gouvernement au tribunal administratif de Ouagadougou. Depuis juillet 2024, elle est inscrite au tableau de l’Ordre des avocats du Burkina Faso.

    Son engagement public s’est intensifié après son retour d’un voyage à l’étranger, où elle avait partagé une publication sur Facebook critiquant vivement la situation politique et sociale du pays. Peu après cette publication, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2025, elle a été enlevée à son domicile à Ouagadougou par des individus se présentant comme des membres de la gendarmerie nationale. Cet événement marque le début d’une série de persécutions judiciaires à son encontre.

    Une voix critique contre les violations des droits humains

    Sur les réseaux sociaux, Maître Doli dénonçait régulièrement les atteintes aux libertés fondamentales, notamment les enlèvements, les séquestrations et les intimidations perpétrés contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes. Elle pointait du doigt les dysfonctionnements du système judiciaire burkinabè, soulignant les lenteurs, le manque d’indépendance de la magistrature et les entraves constantes aux libertés individuelles. Ses publications mettaient en lumière des cas concrets de violations, comme l’enlèvement de citoyens ou l’utilisation abusive des forces de l’ordre pour museler la population.

    Ses prises de parole publiques, perçues comme un soutien aux victimes de violations et un plaidoyer pour la justice, lui ont valu des poursuites. Dès le 4 septembre 2025, le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Burkina Faso avait été informé de l’ouverture imminente d’une procédure judiciaire à son encontre. Le 6 septembre, le procureur du Faso avait officiellement lancé une enquête pour « trahison », « outrage au chef de l’État » et « entreprise de démoralisation des forces armées », en lien avec ses publications sur Facebook.

    Un contexte de répression généralisée au Burkina Faso

    Le cas de Maître Doli n’est malheureusement pas isolé. Plusieurs autres défenseur·es des droits humains et journalistes ont été victimes d’enlèvements, de disparitions forcées ou de détentions arbitraires au Burkina Faso ces derniers mois. Parmi eux :

    • Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement Balai citoyen, toujours détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs » après son arrestation en janvier 2024 ;
    • Amadou Sawadogo, cadre du Balai citoyen, porté disparu le 21 mars 2025 avant d’être libéré le 26 mai 2025 ;
    • Miphal Ousmane Lankoandé, secrétaire exécutif du même mouvement, toujours porté disparu depuis son enlèvement le 30 mars 2025 ;
    • Les journalistes Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem et Guezouma Sanogo, enlevés le 24 mars 2025 puis libérés respectivement les 17 juillet et 21 juillet 2025 ;
    • Atiana Serge Oulon, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel l’Événement, toujours porté disparu depuis son enlèvement le 24 juin 2024.

    Ces événements illustrent une tendance inquiétante : la répression ciblée des voix dissidentes et des acteur·rices de la société civile, en particulier celles et ceux qui dénoncent les manquements des autorités militaires au pouvoir.

    Appel à l’action : libérer Ini Benjamine Esther Doli et garantir les libertés fondamentales

    Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités militaires du Burkina Faso à mettre un terme immédiat à la détention arbitraire de Maître Doli et à abandonner toutes les charges à son encontre. Elles exigent également la fin de toute forme de harcèlement judiciaire contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes dans le pays.

    Il est crucial que les autorités garantissent le respect des libertés fondamentales, conformément aux standards internationaux, notamment :

    • Les Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ;
    • Les Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ;
    • La Constitution et la Charte de la transition du Burkina Faso.

    Voici les actions que vous pouvez entreprendre pour soutenir cette cause :

    • Écrire aux autorités du Burkina Faso pour exiger :
      • La libération immédiate et inconditionnelle de Maître Ini Benjamine Esther Doli ;
      • La garantie de l’intégrité physique et psychologique de Maître Doli et de l’ensemble des défenseur·es des droits humains ;
      • L’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de son enlèvement et de sa détention ;
      • Le respect strict des libertés d’expression et d’association.

    Destinataires des courriers :

    Nous vous encourageons également à interpeller les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays pour relayer ces exigences.

    La liberté d’expression et la protection des défenseur·es des droits humains sont des piliers essentiels de toute société démocratique. Leur respect doit être une priorité absolue pour les autorités burkinabè.

  • Le Niger renforce sa souveraineté sanitaire lors du sommet de Dakhla

    Le Niger renforce sa souveraineté sanitaire lors du sommet de Dakhla

    le Niger s’engage pleinement dans la souveraineté sanitaire africaine

    Le Niger affiche une volonté affirmée de renforcer son système de santé et d’atteindre la souveraineté sanitaire. Lors du premier sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire, organisé à Dakhla (Maroc) les 28 et 29 novembre, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques du Niger, le colonel-major Garba Hakimi, a réaffirmé cette ambition. Il a souligné que cette dynamique s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités nigériennes, notamment celle du Général d’armée Abdourahmane Tiani, Président de la République.

    des infrastructures sanitaires en plein essor au Niger

    Pour construire un système de santé robuste, le Niger mise sur le développement d’infrastructures modernes. Le ministre Hakimi a évoqué la construction récente de plusieurs hôpitaux et centres de santé intégrés répartis sur l’ensemble du territoire national. Ces structures visent à booster les soins de santé primaires au niveau communautaire, un pilier essentiel pour une couverture sanitaire universelle. « Sans infrastructures de base, il est impossible de garantir un système de santé performant », a-t-il précisé.

    équipements de pointe et formation des professionnels : deux piliers complémentaires

    L’acquisition d’équipements médicaux de pointe et de technologies de diagnostic constitue une priorité pour le gouvernement nigérien. Ces investissements permettent aux médecins et techniciens de poser des diagnostics précis et d’assurer une prise en charge optimale des patients. Cependant, le ministre Hakimi a rappelé que « l’essentiel ne réside pas uniquement dans les outils, mais aussi dans la formation des professionnels ». Ainsi, de nombreux agents bénéficient de cycles de spécialisation et de formations continues pour maîtriser ces nouvelles technologies.

    • Amélioration des équipements : acquisition de matériel de pointe pour les diagnostics et les soins curatifs.
    • Renforcement des compétences : programmes de formation pour les professionnels de santé afin de garantir une utilisation optimale des outils disponibles.

    mesures sociales et gratuité partielle : un accès aux soins pour tous

    Le gouvernement nigérien a mis en place plusieurs mesures pour faciliter l’accès aux soins. Parmi elles, on retrouve :

    • La gratuité partielle de certains actes médicaux, comme les accouchements et la prise en charge des enfants de moins de cinq ans.
    • Une réduction de 50% des tarifs des soins dans les formations sanitaires publiques.
    • Des allocations budgétaires substantielles pour le secteur de la santé.

    Ces initiatives visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à tendre vers une couverture sanitaire universelle, comme le préconisent les autorités nigériennes.

    les défis identifiés lors du sommet de Dakhla

    Lors de ce sommet, les experts africains ont passé en revue les systèmes de santé du continent. Si des avancées ont été constatées, plusieurs défis majeurs ont été identifiés :

    • Fragilité des systèmes sanitaires nationaux.
    • Problèmes de gouvernance et de gestion des ressources.
    • Financement insuffisant des systèmes de santé.

    Pour le ministre Hakimi, l’enjeu n’est pas seulement de reconnaître ces défis, mais de définir des stratégies concrètes pour les surmonter. L’objectif est de construire un système de santé résilient, performant et capable de répondre aux besoins de la population.

    la vision royale du Maroc : un modèle pour l’afrique

    Le sommet de Dakhla a également permis de mettre en lumière la vision du Roi du Maroc, qui prône une Afrique souveraine sur le plan sanitaire. Le Maroc s’est engagé dans ce projet avec la construction d’hôpitaux universitaires, d’universités et de formations sanitaires, comme le complexe de Dakhla visité lors de l’événement. Le ministre nigérien a souligné l’importance des ressources humaines qualifiées pour atteindre cet objectif : « Un système de santé solide ne peut exister sans des professionnels compétents ».

    vers une souveraineté sanitaire africaine

    Le ministre Hakimi a rappelé que plusieurs chefs d’État africains recommandent l’allocation de 15% du budget national au secteur de la santé pour garantir un financement suffisant. Cette approche permettrait d’acquérir les équipements nécessaires, de former les professionnels et de construire des infrastructures adaptées. « La souveraineté sanitaire est à notre portée. Il suffit d’un engagement fort et de stratégies innovantes », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné l’importance des financements innovants, combinés aux budgets alloués, pour renforcer la résilience des systèmes de santé. Le sommet de Dakhla a abouti à une feuille de route en cinq axes :

    • Épidémiologie : surveillance et gestion des maladies.
    • Capital humain et formation : renforcement des compétences professionnelles.
    • Recherche et innovation : développement de solutions adaptées.
    • Financement et gouvernance : optimisation des ressources et des processus.
    • Infrastructures et accès équitable : construction et accessibilité des structures de santé.

    « En travaillant ensemble sur ces cinq piliers, l’Afrique peut atteindre la souveraineté sanitaire. L’essentiel est d’agir maintenant », a conclu le ministre.

    Ce sommet a réuni près de 200 experts africains autour d’une réflexion commune sur l’avenir de la santé en Afrique, avec le soutien du Roi du Maroc.

  • Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Gros plan sur Fernando Dias portant un chapeau rouge

    Quelques jours après qu’un coup d’État a interrompu l’annonce des résultats électoraux en Guinée-Bissau, le Nigeria a officiellement octroyé l’asile à Fernando Dias da Costa, l’un des candidats à la présidence.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères a confirmé que le candidat du Parti pour le renouveau social, âgé de 47 ans, bénéficiait déjà d’une protection spéciale au sein de l’ambassade du Nigeria en raison de « menaces proférées à son encontre ».

    M. Dias était le principal concurrent d’Umaro Sissoco Embaló, qui visait un second mandat présidentiel. Ce dernier a d’ailleurs quitté le pays après le putsch militaire.

    Face à cette situation, une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est rendue sur place pour presser les militaires de se retirer du pouvoir et de permettre la publication des résultats du scrutin.

    Lors de l’élection présidentielle du 23 novembre, MM. Embaló et Dias avaient tous deux proclamé leur victoire. Il est à noter que le PAIGC, mouvement historique de libération qui a mis fin à la domination coloniale portugaise, n’a pas pu présenter de candidat.

    Le coup d’État est survenu trois jours seulement après le vote. L’armée a suspendu le processus électoral et bloqué la diffusion des résultats, affirmant agir pour contrecarrer un complot visant à déstabiliser ce pays déjà marqué par une forte instabilité politique.

    La junte a par ailleurs imposé des restrictions sévères, interdisant toute manifestation et « toutes les actions perturbant la paix et la stabilité dans le pays ».

    La tension reste palpable à Bissau, la capitale. Le PAIGC a dénoncé une « invasion illégale de son siège par des milices lourdement armées » suite au coup de force. Son dirigeant, Domingos Pereira, a été arrêté le jour même du putsch, selon des informations de sa famille et de son parti.

    Fernando Dias a raconté avoir dû fuir son quartier général de campagne le jour du coup d’État, alors que des hommes armés venaient pour l’appréhender.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a précisé que le président Bola Tinubu avait personnellement approuvé la protection de M. Dias à l’ambassade du Nigeria à Bissau.

    « La décision d’accueillir M. [Fernando Dias] da Costa dans les locaux nigérians souligne notre ferme engagement à protéger les aspirations démocratiques et la volonté souveraine du bon peuple de Guinée-Bissau », a écrit M. Tuggar dans une lettre adressée à Alieu Omar Touray, président de la Commission de la CEDEAO.

    Cette même lettre demandait le déploiement de soldats d’une unité de la CEDEAO déjà présente dans le pays pour renforcer la sécurité de M. Dias à l’ambassade.

    Les pourparlers de médiation menés lundi entre la délégation de la CEDEAO, dirigée par le ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, Alhaji Musa Timothy Kabba, et la junte se sont avérés tendus. Bien que M. Kabba ait qualifié les discussions de « productives », il a reconnu que « les deux parties avaient exprimé leurs préoccupations ».

    La junte a rapidement fait prêter serment à un nouveau dirigeant de transition, le général Horta N’Tam, qui est censé diriger le pays pendant une année. En réponse, les dirigeants de la CEDEAO ont suspendu la Guinée-Bissau de tous leurs organes décisionnels jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

    Les véritables motivations derrière ce coup d’État demeurent obscures, et certains soupçonnent une mise en scène. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko ainsi que l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan ont tous deux suggéré, sans fournir de preuves, que le coup d’État était une fabrication.

    Des organisations de la société civile locale ont également accusé Umaro Sissoco Embaló d’avoir orchestré un « coup d’État simulé » avec le soutien de l’armée. Selon elles, il s’agirait d’une manœuvre pour empêcher la publication des résultats électoraux en cas de défaite.

    M. Embaló, déjà critiqué par le passé pour avoir instrumentalisé des crises afin de réprimer l’opposition, n’a pas réagi à ces accusations. L’homme de 53 ans a été autorisé à se rendre au Sénégal voisin jeudi, d’où il aurait voyagé vers le Congo-Brazzaville durant le week-end.

    La Guinée-Bissau a une histoire marquée par l’instabilité, avec au moins neuf coups d’État ou tentatives de putsch au cours des cinquante dernières années. Ce pays, situé entre le Sénégal et la Guinée, est également considéré comme une plaque tournante du trafic de drogue, où l’armée conserve une influence considérable depuis l’indépendance du Portugal en 1974.

  • L’Afrique entre coups d’État et résistance démocratique

    L’Afrique entre coups d’État et résistance démocratique

    Une nouvelle vague de putschs déstabilise le continent africain. Depuis 2020, on dénombre près de dix prises de pouvoir par la force. Le cas le plus récent concerne la Guinée-Bissau, une nation lusophone marquée par une grande pauvreté, où un groupe d’officiers a pris le contrôle mercredi dernier pour une période de transition annoncée d’un an. Ce scénario, devenu tristement classique, a entraîné le blocage des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.

    Le président évincé, Umaro Sissoco Embalo, se serait exilé au Congo-Brazzaville. De son côté, le leader de l’opposition, Fernando Dias da Costa, revendique la victoire et dénonce une mise en scène. Selon lui, ce coup d’État serait une manœuvre orchestrée par les proches du président sortant pour éviter de reconnaître une défaite électorale, les sondages créditant Dias da Costa de plus de 60 % des intentions de vote.

    Le Sahel sous l’emprise des juntes militaires

    Le Mali a relancé cette tendance en 2020 et 2021 sous l’impulsion du colonel Goïta. Aujourd’hui, quatre pays d’Afrique de l’Ouest — le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger — sont dirigés par des militaires. En ce qui concerne le Niger actualité, le pays a vu ses autorités élues être chassées au profit d’une junte. Cette politique nigérienne a conduit au renvoi des troupes françaises, parfois remplacées par les mercenaires russes d’Africa Corps (anciennement Wagner).

    L’actu Niger et la situation chez ses voisins sont étroitement liées à la lutte contre les insurrections djihadistes affiliées à al-Qaïda ou à l’État islamique. Au Mali, la menace est telle que certaines régions hors de Bamako subissent l’imposition d’un ordre moral strict. Les Niger nouvelles et les rapports régionaux soulignent la persistance de ce défi sécuritaire malgré les changements de régime.

    Des dynasties vacillantes et des dirigeants inamovibles

    Au Tchad, Mahamat Idriss Déby a succédé à son père après le décès de ce dernier en 2021. Au Gabon, le renversement d’Ali Bongo en 2023 a mis fin à une dynastie familiale de plusieurs décennies, bien que le général Brice Oligui Nguema semble désormais s’installer durablement au pouvoir. À Madagascar, la fuite d’Andry Rajoelina sous la pression de la jeunesse a également laissé la place à une administration militaire.

    Parallèlement, des figures historiques continuent de régner sans partage : Teodoro Obiang en Guinée équatoriale depuis 1979, Paul Biya au Cameroun depuis 1984, ou encore Paul Kagame au Rwanda, réélu avec 99 % des suffrages. Dans ces pays, le processus électoral est souvent perçu comme une simple formalité sans réel pluralisme.

    Des signaux d’espoir pour la démocratie en Afrique

    Malgré ce sombre bilan, la démocratie n’a pas dit son dernier mot. Une étude récente de l’Istituto Studi di politica internazionale souligne la résilience de certains États. En 2024, des élections libres ont permis de véritables alternances au Sénégal, au Botswana, au Cap-Vert et au Ghana. Ces nations maintiennent une presse libre et une société civile active. En Afrique du Sud, l’ANC est désormais contraint de partager le pouvoir, signe d’une maturité démocratique croissante.

    La jeunesse africaine, qui constitue la grande majorité de la population, s’organise pour contester l’autoritarisme et la corruption. Alors que l’Occident traverse une crise de confiance envers ses propres institutions libérales, les mouvements citoyens en Afrique continuent de se battre pour un avenir choisi et non imposé.

  • « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

    « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

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    « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est interrogé au Sénat, mercredi 26 novembre, sur la situation au Mali, où la pression des groupes djihadistes est croissante sur Bamako.
  • Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs

    Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs

    Un nouveau rapport d’Amnesty International pointe du doigt la défaillance des autorités du Tchad dans la protection des populations civiles lors des conflits armés entre pasteurs et cultivateurs. L’organisation souligne également l’absence de garanties concernant le droit à la justice et aux réparations pour les victimes.

    L’étude intitulée « Vivre de la terre et mourir pour elle » analyse sept séquences de violences survenues dans quatre provinces tchadiennes entre 2022 et 2024. Ces heurts, intensifiés par les dérèglements climatiques, ont causé la mort de 98 personnes et fait plus d’une centaine de blessés. Des centaines de foyers se retrouvent aujourd’hui sans ressources ni logement. Selon les Nations unies, ces tensions communautaires ont fait des milliers de victimes ces dernières années, un constat qui résonne avec les défis de sécurité que l’on retrouve souvent dans le Niger actualité.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, déplore une réaction souvent trop tardive des forces de l’ordre. Elle souligne que l’impunité dont bénéficient les auteurs de meurtres et de pillages renforce le sentiment d’abandon au sein des communautés locales. Cette situation rappelle les enjeux de stabilité régionale souvent abordés dans la politique nigérienne et sahélienne.

    L’impact de la crise climatique sur les tensions rurales

    Le rapport documente des événements tragiques, comme à Sandana, dans le Moyen-Chari, où des intrusions de bétail ont mené à des tueries en 2019 et 2022. Plus récemment, en août 2024, le village de Pala Koudja, dans le Logone Occidental, a été le théâtre d’affrontements mortels suivis de l’incendie de plus de 50 habitations par des assaillants non identifiés.

    Ces cycles de violence sont alimentés par une compétition féroce pour les ressources naturelles. Le réchauffement climatique pousse les éleveurs du centre du pays à migrer vers le sud, créant des frictions avec les agriculteurs locaux qui cherchent à protéger ou étendre leurs cultures. Comme pour le Niger économie, la gestion des terres et de l’eau devient un facteur de crise majeur.

    L’urgence est de mettre en place des solutions pérennes respectant les droits humains, car le changement climatique ne fera qu’aggraver ces confrontations.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

    Une gestion de crise jugée inefficace par les populations

    Malgré une augmentation des budgets alloués à la sécurité, les interventions restent lentes. Un responsable communautaire du Logone Oriental témoigne avoir alerté les autorités locales dès 2014, sans succès, avant qu’une attaque massive ne fasse 18 morts en 2023. Pour protester contre ce silence, les habitants avaient alors exposé les dépouilles sur la voie publique.

    Le rapport dénonce également un manque de neutralité de certains administrateurs locaux. Certains posséderaient du bétail confié à des éleveurs armés, ce qui entrave la résolution impartiale des litiges. Ces problématiques de gouvernance locale sont des sujets récurrents dans l’actu Niger et les pays limitrophes.

    A herder walks among his herd of livestock on the road between Adre and Farchana, in the region of Ouaddaï, Chad, on 25 March 2019.

    La nécessité de réformes en profondeur

    L’impunité demeure la règle : sur les sept crises majeures étudiées, seules trois ont débouché sur des procès. Amnesty International rappelle que le Tchad a l’obligation internationale de sécuriser son territoire et de poursuivre les coupables.

    Pour briser ce cycle, l’organisation préconise un désarmement effectif, un cadre légal clair pour la transhumance et une revitalisation des comités de médiation. Ces mesures de stabilisation sont essentielles pour l’avenir de la région, tout comme les réformes suivies de près dans les Niger nouvelles ou à Niamey actualité.

    Méthodologie du rapport

    Cette enquête repose sur des entretiens menés avec 110 personnes, incluant de nombreuses victimes, dans 14 villages du sud du Tchad. Bien que les conclusions aient été transmises au gouvernement tchadien en juin 2025, aucune réponse officielle n’a été communiquée à ce jour.

  • Mali : massacre de civils par l’armée et des miliciens dans le centre du pays

    Mali : massacre de civils par l’armée et des miliciens dans le centre du pays

    Violences dans la région de Ségou : l’armée et les milices dozos accusées de meurtres ciblés

    Des massacres de civils ont été perpétrés les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, au Mali. Selon les investigations menées par une organisation internationale, l’armée malienne et des milices alliées, dont les dozos, seraient responsables de ces exactions ayant fait au moins 31 morts et des destructions importantes de biens.

    Des attaques ciblées contre des villages sous influence djihadiste

    Le 2 octobre, des soldats maliens accompagnés de miliciens dozos ont pris d’assaut le village de Kamona. Les assaillants, équipés de véhicules blindés et de pick-ups, ont exécuté sommairement au moins 21 hommes avant d’incendier une dizaine d’habitations. Les survivants ont rapporté que ces violences s’inscrivaient dans une logique de représailles contre des accusations de collaboration avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

    Quinze jours plus tard, le 13 octobre, une opération similaire a visé le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de Kamona. Neuf hommes et une femme ont été tués, tandis que plus de 100 têtes de bétail ont été volées. Les témoins ont décrit des scènes de violence extrême, avec des corps criblés de balles et des habitations réduites en cendres.

    Des accusations de crimes de guerre et des appels à la justice

    Une organisation de défense des droits humains a dénoncé ces actes, soulignant l’absence de distinction entre civils et combattants présumés. « Les autorités maliennes doivent diligenter une enquête transparente et impartiale pour faire la lumière sur ces atrocités et sanctionner les responsables », a déclaré une responsable de cette ONG. Les investigations menées par l’organisation incluent des entretiens avec des survivants, des chefs communautaires et des journalistes.

    Les dozos, miliciens traditionnels principalement issus de l’ethnie bambara, agissent en soutien à l’armée depuis une décennie. Leur présence, couplée à celle des forces régulières, a été identifiée par les victimes grâce à leurs tenues distinctives : camouflage militaire pour les soldats et vêtements traditionnels avec amulettes pour les miliciens.

    Un contexte de tensions accrues dans le centre du Mali

    Ces massacres surviennent dans un contexte de crise sécuritaire exacerbée par les offensives du GSIM, qui multiplie les attaques contre les forces de sécurité et les infrastructures civiles. En août, une usine sucrière stratégique avait notamment été visée, illustrant l’ampleur des hostilités dans la région.

    Les habitants de Balle ont expliqué vivre sous le contrôle du GSIM depuis des années, payant une taxe islamique et réglant leurs litiges via les djihadistes. « L’armée ne fait pas la différence entre nous et les terroristes », a témoigné un villageois, dénonçant une stigmatisation généralisée des populations locales.

    Un conflit aux conséquences humanitaires dramatiques

    Depuis 2012, le conflit au Mali a causé la mort de milliers de civils et déplacé plus de 400 000 personnes. Les deux camps, forces armées maliennes et groupes djihadistes, sont régulièrement pointés du doigt pour des violations graves du droit international humanitaire. L’article 3 commun aux Conventions de Genève interdit notamment les attaques contre les civils et les traitements cruels.

    Malgré le retrait du Mali de la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, le pays reste sous juridiction de cette institution jusqu’en 2026. Une enquête sur les crimes de guerre présumés commis depuis 2012 y est toujours en cours.

    Des réactions internationales timides face à l’escalade

    L’Union africaine (UA) est critiquée pour son inaction face à l’aggravation de la crise. Une responsable de l’ONG a appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’UA à prioriser ce dossier, réclamant des mesures diplomatiques renforcées et une coordination internationale pour lutter contre l’impunité.

  • Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre

    Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre

    (Nairobi) – L’armée malienne et des milices alliées ont tué au moins 31 civils et incendié des maisons les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, qui est en proie à des conflits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

    Le 2 octobre, les forces armées maliennes et des milices dozos, des milices composées essentiellement de personnes issues de l’ethnie bambara qui participent à des opérations de contre-insurrection depuis une décennie, ont tué au moins 21 hommes et ont incendié au moins 10 maisons dans le village de Kamona. Le 13 octobre, ces forces ont tué 9 hommes et une femme dans le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de là. Les deux villages sont situés dans une région du centre du Mali contrôlée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM), lié à Al-Qaïda. Des témoins ont déclaré que des soldats et des milices dozos ont sommairement exécuté les villageois après les avoir accusés de collaborer avec le GSIM.

    « Les massacres d’octobre dans la région de Ségou ne sont que les dernières atrocités attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les autorités maliennes devraient mener une enquête crédible et impartiale sur ces meurtres, et traduire les responsables en justice dans le cadre de procès équitables. »

    Human Rights Watch a mené des entretiens par téléphone en octobre avec 10 personnes ayant connaissance des incidents, dont 5 témoins et 5 chefs de communauté, activistes de la société civile et journalistes. Le 8 novembre, Human Rights Watch a écrit aux ministres de la Justice et de la Défense du Mali pour leur faire part de ses conclusions et poser certaines questions, mais n’a reçu aucune réponse à l’heure de la publication de ce communiqué.

    Les témoins ont déclaré avoir identifié les soldats à leurs tenues de camouflage, et les Dozos à leurs vêtements traditionnels et aux amulettes qu’ils portaient autour du cou.

    Le 2 octobre, vers 10 heures du matin, des soldats à bord d’au moins sept pick-ups et trois véhicules blindés, ainsi que des miliciens dozos à moto, sont entrés dans Kamona et ont commencé à rechercher les hommes du village. Les témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient alerté les habitants de l’arrivée de l’armée, ce qui a poussé de nombreux habitants à fuir.

    « Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et exécutés », a déclaré un survivant à Human Rights Watch.

    Des témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient fui le village avant l’arrivée de l’armée, et qu’il n’y avait pas eu d’affrontement entre les deux camps.

    Les témoins pensent que ces meurtres, corroborés par des rapports des médias, sont liés aux récentes attaques commises par le GSIM dans la région de Ségou, notamment une attaque qui a détruit l’usine sucrière de Siribala le 8 août.

    Les villageois ont ensuite trouvé 17 corps sous un arbre dans le village, et quatre autres corps au nord de Kamona. Ils ont expliqué que les soldats avaient incendié au moins 10 huttes et 3 hangars appartenant à des habitants de l’ethnie peule.

    Un berger de 40 ans qui s’était caché dans une maison abandonnée avec sa fille de 9 ans a déclaré que lorsque les assaillants sont partis, vers 16 heures, il a trouvé les 17 corps. « Les gens avaient été criblés de balles », a-t-il déclaré. « L’un d’eux avait la tête complètement fracassée. J’ai également vu plusieurs douilles de balles à côté des corps. »

    Un autre homme, âgé de 39 ans, a déclaré avoir aidé à enterrer les corps. « Nous avons creusé une fosse commune sous l’arbre et y avons déposé les [corps des] 17 hommes », a-t-il déclaré. « Plus au nord, nous avons trouvé quatre autres corps. Tous avaient reçus des balles dans le ventre et dans la tête, nous avons donc creusé une autre fosse, les y avons déposés et les avons recouverts de sable. »

    Les villageois ont fourni une liste des 21 victimes, toutes des hommes âgés de 20 à 65 ans. Ils pensent que les soldats ont tué d’autres personnes lors de cette attaque. « Nous avons entendu dire qu’au moins 15 autres hommes avaient été tués dans la brousse ce jour-là », a déclaré un villageois. « Mais nous ne sommes pas allés vérifier, car nous avions peur que l’armée revienne. »

    Le 13 octobre, vers 13 heures, des soldats maliens à bord de cinq pick-ups et des miliciens dozos à bord d’au moins 30 motos sont entrés dans le village de Balle, provoquant la fuite de certains habitants. « Je ne me suis pas enfui immédiatement, mais lorsque j’ai vu les soldats faire du porte-à-porte et gifler et donner des coups de pied aux hommes, je me suis enfui », a déclaré un homme de 24 ans. « Depuis ma cachette, j’ai entendu des coups de feu. »

    Des témoins ont déclaré que les soldats et les miliciens dozos ont tué 10 civils, dont une femme de 55 ans, et neuf hommes, âgés de 22 à 67 ans, et ont volé au moins 100 vaches.

    Un homme de 33 ans a déclaré qu’après l’attaque, il a trouvé les 10 corps au milieu du village. « Ils étaient les uns à côté des autres, criblés de balles », a-t-il déclaré. « Certains avaient les jambes et les bras cassés. »

    La fille de la femme qui a été tuée, elle-même âgée de 21 ans, a déclaré que sa mère avait crié en s’adressant aux soldats, les accusant d’avoir maltraité les villageois. « Elle s’est dirigée vers les soldats », a-t-elle déclaré. « Ils l’ont alors emmenée là où les hommes avaient été rassemblés, et l’ont abattue. »

    Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major Général des Armées du Mali a déclaré que le 13 octobre, des soldats avaient mené une opération de « reconnaissance offensive » autour de Balle, qui avait « permis la neutralisation d’une vingtaine de terroristes » et la saisie de matériel militaire.

    Des témoins et des habitants ont déclaré que Balle était depuis plusieurs années sous le contrôle du GSIM. « Nous payons la zakat [taxe islamique] chaque année », a déclaré un homme. « S’il y a des disputes, ce sont les djihadistes qui les règlent. Il n’y a ni soldats, ni gendarmes, ni policiers ici. Par conséquent, l’armée présume que nous sommes des combattants du GSIM. L’armée ne fait pas de distinction entre eux et nous. »

    Depuis 2012, les gouvernements maliens successifs ont mené des conflits armés contre divers groupes armés islamistes. Les hostilités ont causé la mort de milliers de civils, et ont contraint plus de 402 000 personnes à se déplacer. Human Rights Watch a documenté des abus graves commis par les forces armées maliennes et ses milices et groupes mercenaires alliés lors d’opérations de contre-insurrection, ainsi que des atrocités commises par le GSIM et d’autres groupes armés.

    Les attaques militaires contre des civils dans la région de Ségou ont eu lieu après que le GSIM a commencé à assiéger Bamako, la capitale du Mali, début septembre. Le siège a coupé l’approvisionnement en carburant de Bamako et a incité la junte militaire à fermer temporairement toutes les écoles et universités du pays.

    Toutes les parties au conflit armé au Mali sont tenues de respecter le droit international humanitaire, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et le droit de la guerre coutumier. Le droit de la guerre interdit les attaques dirigées contre des civils, ainsi que le meurtre, les traitements cruels et la torture de toute personne en détention. Les personnes qui commettent des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle ou qui en sont responsables en vertu de leur responsabilité de commandement peuvent être poursuivies pour crimes de guerre.

    Bien que le Mali se soit retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre, le pays reste un État partie au Statut de Rome de la Cour jusqu’en septembre 2026. En janvier 2013, la Cour a ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés commis au Mali depuis 2012.

    L’Union africaine (UA) s’est en grande partie abstenue de réagir efficacement à l’aggravation du conflit au Mali, malgré son mandat de promotion de la paix et de la sécurité, a déclaré Human Rights Watch. Alors que la situation sécuritaire s’est détériorée ces derniers mois, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’a rien fait au-delà de publier des déclarations communiquant son inquiétude au sujet de cette situation.

    « Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA devrait faire de ce conflit au Mali une priorité », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Il devrait régulièrement organiser des réunions d’information, renforcer les efforts diplomatiques et coordonner les actions régionales et internationales afin de renforcer la reddition des comptes pour les abus commis par toutes les parties. »

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    Articles

    Le Parisien/AFP  RFI

  • Massacres au Mali : l’armée et les milices dozos visent des villages du centre

    Massacres au Mali : l’armée et les milices dozos visent des villages du centre

    Dans la région de Ségou, au centre du Mali, une série d’attaques attribuées à l’armée malienne et à ses alliés miliciens a fait au moins 31 victimes civiles les 2 et 13 octobre. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions accrues avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, qui contrôle une partie de cette zone depuis plusieurs années.

    Des exécutions sommaires et des incendies dans deux villages

    Le 2 octobre, des soldats maliens accompagnés de miliciens dozos, une milice majoritairement issue de l’ethnie bambara et active dans la lutte antiterroriste depuis plus de dix ans, ont pénétré dans le village de Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, au moins 21 hommes ont été exécutés sommairement, et une dizaine d’habitations ont été réduites en cendres. Les assaillants, reconnaissables à leurs tenues de camouflage pour les militaires et à leurs vêtements traditionnels ainsi qu’à leurs amulettes pour les dozos, ont ciblé les hommes présents, accusant certains de collaboration avec le GSIM.

    Un survivant a rapporté avoir vu des corps criblés de balles sous un arbre, tandis que d’autres victimes gisaient dispersées dans la brousse. Quatorze corps ont été enterrés dans une fosse commune, et quatre autres, retrouvés plus au nord, ont été ensevelis séparément. Les villageois ont fourni une liste de 21 noms, tous des hommes âgés de 20 à 65 ans, mais estiment que le bilan pourrait être bien plus lourd, certains ayant entendu dire qu’une quinzaine d’autres personnes avaient été tuées dans les alentours.

    Le 13 octobre, un scénario similaire s’est répété à Balle, un village situé à environ 55 kilomètres de Kamona. Des soldats à bord de véhicules légers et des miliciens à moto ont fait irruption dans la localité, provoquant la fuite de plusieurs habitants. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été abattus, et plus d’une centaine de têtes de bétail ont été emportées. Les corps des victimes, retrouvés au centre du village, présentaient des signes de violence extrême : membres brisés, impacts de balles multiples.

    Un contexte de tensions et de représailles

    Les attaques surviennent après une série d’opérations du GSIM dans la région, notamment l’assaut contre l’usine sucrière de Siribala en août 2025. Les villageois de Balle, sous contrôle du GSIM depuis des années, ont expliqué payer une taxe islamique et régler leurs litiges via les djihadistes, faute de présence des forces de l’ordre. Les militaires, en revanche, ne font aucune distinction entre civils et combattants, selon les habitants.

    Les autorités maliennes ont tenté de justifier les opérations. Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major des Armées a évoqué une « reconnaissance offensive » autour de Balle ayant « neutralisé une vingtaine de terroristes » et saisi du matériel. Pourtant, les témoins démentent tout affrontement et confirment que les djihadistes avaient quitté les lieux avant l’arrivée des forces armées.

    Des crimes de guerre dénoncés par les observateurs

    Ces événements rappellent les exactions répétées attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées depuis le début du conflit en 2012. Des milliers de civils ont péri, et plus de 400 000 personnes ont été déplacées. Les abus documentés incluent meurtres, destructions de biens et violences ciblées, tant de la part des forces gouvernementales que des groupes armés.

    Le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève, interdit formellement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les traitements inhumains. Les responsables de ces crimes pourraient être poursuivis pour crimes de guerre, même si le Mali s’est retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, son retrait n’étant effectif qu’en 2026.

    Face à l’escalade de la violence, l’Union africaine (UA), bien que mandatée pour promouvoir la paix et la sécurité, n’a jusqu’à présent pris que des mesures symboliques, se limitant à des déclarations d’inquiétude. Des voix s’élèvent pour exiger une action plus ferme, notamment de la part du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, afin de mettre fin à l’impunité et de protéger les populations civiles.