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  • Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre

    Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre

    (Nairobi) – L’armée malienne et des milices alliées ont tué au moins 31 civils et incendié des maisons les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, qui est en proie à des conflits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

    Le 2 octobre, les forces armées maliennes et des milices dozos, des milices composées essentiellement de personnes issues de l’ethnie bambara qui participent à des opérations de contre-insurrection depuis une décennie, ont tué au moins 21 hommes et ont incendié au moins 10 maisons dans le village de Kamona. Le 13 octobre, ces forces ont tué 9 hommes et une femme dans le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de là. Les deux villages sont situés dans une région du centre du Mali contrôlée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM), lié à Al-Qaïda. Des témoins ont déclaré que des soldats et des milices dozos ont sommairement exécuté les villageois après les avoir accusés de collaborer avec le GSIM.

    « Les massacres d’octobre dans la région de Ségou ne sont que les dernières atrocités attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les autorités maliennes devraient mener une enquête crédible et impartiale sur ces meurtres, et traduire les responsables en justice dans le cadre de procès équitables. »

    Human Rights Watch a mené des entretiens par téléphone en octobre avec 10 personnes ayant connaissance des incidents, dont 5 témoins et 5 chefs de communauté, activistes de la société civile et journalistes. Le 8 novembre, Human Rights Watch a écrit aux ministres de la Justice et de la Défense du Mali pour leur faire part de ses conclusions et poser certaines questions, mais n’a reçu aucune réponse à l’heure de la publication de ce communiqué.

    Les témoins ont déclaré avoir identifié les soldats à leurs tenues de camouflage, et les Dozos à leurs vêtements traditionnels et aux amulettes qu’ils portaient autour du cou.

    Le 2 octobre, vers 10 heures du matin, des soldats à bord d’au moins sept pick-ups et trois véhicules blindés, ainsi que des miliciens dozos à moto, sont entrés dans Kamona et ont commencé à rechercher les hommes du village. Les témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient alerté les habitants de l’arrivée de l’armée, ce qui a poussé de nombreux habitants à fuir.

    « Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et exécutés », a déclaré un survivant à Human Rights Watch.

    Des témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient fui le village avant l’arrivée de l’armée, et qu’il n’y avait pas eu d’affrontement entre les deux camps.

    Les témoins pensent que ces meurtres, corroborés par des rapports des médias, sont liés aux récentes attaques commises par le GSIM dans la région de Ségou, notamment une attaque qui a détruit l’usine sucrière de Siribala le 8 août.

    Les villageois ont ensuite trouvé 17 corps sous un arbre dans le village, et quatre autres corps au nord de Kamona. Ils ont expliqué que les soldats avaient incendié au moins 10 huttes et 3 hangars appartenant à des habitants de l’ethnie peule.

    Un berger de 40 ans qui s’était caché dans une maison abandonnée avec sa fille de 9 ans a déclaré que lorsque les assaillants sont partis, vers 16 heures, il a trouvé les 17 corps. « Les gens avaient été criblés de balles », a-t-il déclaré. « L’un d’eux avait la tête complètement fracassée. J’ai également vu plusieurs douilles de balles à côté des corps. »

    Un autre homme, âgé de 39 ans, a déclaré avoir aidé à enterrer les corps. « Nous avons creusé une fosse commune sous l’arbre et y avons déposé les [corps des] 17 hommes », a-t-il déclaré. « Plus au nord, nous avons trouvé quatre autres corps. Tous avaient reçus des balles dans le ventre et dans la tête, nous avons donc creusé une autre fosse, les y avons déposés et les avons recouverts de sable. »

    Les villageois ont fourni une liste des 21 victimes, toutes des hommes âgés de 20 à 65 ans. Ils pensent que les soldats ont tué d’autres personnes lors de cette attaque. « Nous avons entendu dire qu’au moins 15 autres hommes avaient été tués dans la brousse ce jour-là », a déclaré un villageois. « Mais nous ne sommes pas allés vérifier, car nous avions peur que l’armée revienne. »

    Le 13 octobre, vers 13 heures, des soldats maliens à bord de cinq pick-ups et des miliciens dozos à bord d’au moins 30 motos sont entrés dans le village de Balle, provoquant la fuite de certains habitants. « Je ne me suis pas enfui immédiatement, mais lorsque j’ai vu les soldats faire du porte-à-porte et gifler et donner des coups de pied aux hommes, je me suis enfui », a déclaré un homme de 24 ans. « Depuis ma cachette, j’ai entendu des coups de feu. »

    Des témoins ont déclaré que les soldats et les miliciens dozos ont tué 10 civils, dont une femme de 55 ans, et neuf hommes, âgés de 22 à 67 ans, et ont volé au moins 100 vaches.

    Un homme de 33 ans a déclaré qu’après l’attaque, il a trouvé les 10 corps au milieu du village. « Ils étaient les uns à côté des autres, criblés de balles », a-t-il déclaré. « Certains avaient les jambes et les bras cassés. »

    La fille de la femme qui a été tuée, elle-même âgée de 21 ans, a déclaré que sa mère avait crié en s’adressant aux soldats, les accusant d’avoir maltraité les villageois. « Elle s’est dirigée vers les soldats », a-t-elle déclaré. « Ils l’ont alors emmenée là où les hommes avaient été rassemblés, et l’ont abattue. »

    Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major Général des Armées du Mali a déclaré que le 13 octobre, des soldats avaient mené une opération de « reconnaissance offensive » autour de Balle, qui avait « permis la neutralisation d’une vingtaine de terroristes » et la saisie de matériel militaire.

    Des témoins et des habitants ont déclaré que Balle était depuis plusieurs années sous le contrôle du GSIM. « Nous payons la zakat [taxe islamique] chaque année », a déclaré un homme. « S’il y a des disputes, ce sont les djihadistes qui les règlent. Il n’y a ni soldats, ni gendarmes, ni policiers ici. Par conséquent, l’armée présume que nous sommes des combattants du GSIM. L’armée ne fait pas de distinction entre eux et nous. »

    Depuis 2012, les gouvernements maliens successifs ont mené des conflits armés contre divers groupes armés islamistes. Les hostilités ont causé la mort de milliers de civils, et ont contraint plus de 402 000 personnes à se déplacer. Human Rights Watch a documenté des abus graves commis par les forces armées maliennes et ses milices et groupes mercenaires alliés lors d’opérations de contre-insurrection, ainsi que des atrocités commises par le GSIM et d’autres groupes armés.

    Les attaques militaires contre des civils dans la région de Ségou ont eu lieu après que le GSIM a commencé à assiéger Bamako, la capitale du Mali, début septembre. Le siège a coupé l’approvisionnement en carburant de Bamako et a incité la junte militaire à fermer temporairement toutes les écoles et universités du pays.

    Toutes les parties au conflit armé au Mali sont tenues de respecter le droit international humanitaire, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et le droit de la guerre coutumier. Le droit de la guerre interdit les attaques dirigées contre des civils, ainsi que le meurtre, les traitements cruels et la torture de toute personne en détention. Les personnes qui commettent des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle ou qui en sont responsables en vertu de leur responsabilité de commandement peuvent être poursuivies pour crimes de guerre.

    Bien que le Mali se soit retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre, le pays reste un État partie au Statut de Rome de la Cour jusqu’en septembre 2026. En janvier 2013, la Cour a ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés commis au Mali depuis 2012.

    L’Union africaine (UA) s’est en grande partie abstenue de réagir efficacement à l’aggravation du conflit au Mali, malgré son mandat de promotion de la paix et de la sécurité, a déclaré Human Rights Watch. Alors que la situation sécuritaire s’est détériorée ces derniers mois, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’a rien fait au-delà de publier des déclarations communiquant son inquiétude au sujet de cette situation.

    « Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA devrait faire de ce conflit au Mali une priorité », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Il devrait régulièrement organiser des réunions d’information, renforcer les efforts diplomatiques et coordonner les actions régionales et internationales afin de renforcer la reddition des comptes pour les abus commis par toutes les parties. »

    ………………..

    Articles

    Le Parisien/AFP  RFI

  • Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre

    Mali : L’armée et des milices ont massacré des villageois dans une région du centre

    (Nairobi) – L’armée malienne et des milices alliées ont tué au moins 31 civils et incendié des maisons les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, qui est en proie à des conflits, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

    Le 2 octobre, les forces armées maliennes et des milices dozos, des milices composées essentiellement de personnes issues de l’ethnie bambara qui participent à des opérations de contre-insurrection depuis une décennie, ont tué au moins 21 hommes et ont incendié au moins 10 maisons dans le village de Kamona. Le 13 octobre, ces forces ont tué 9 hommes et une femme dans le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de là. Les deux villages sont situés dans une région du centre du Mali contrôlée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM), lié à Al-Qaïda. Des témoins ont déclaré que des soldats et des milices dozos ont sommairement exécuté les villageois après les avoir accusés de collaborer avec le GSIM.

    « Les massacres d’octobre dans la région de Ségou ne sont que les dernières atrocités attribuées à l’armée malienne et à ses milices alliées », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les autorités maliennes devraient mener une enquête crédible et impartiale sur ces meurtres, et traduire les responsables en justice dans le cadre de procès équitables. »

    Human Rights Watch a mené des entretiens par téléphone en octobre avec 10 personnes ayant connaissance des incidents, dont 5 témoins et 5 chefs de communauté, activistes de la société civile et journalistes. Le 8 novembre, Human Rights Watch a écrit aux ministres de la Justice et de la Défense du Mali pour leur faire part de ses conclusions et poser certaines questions, mais n’a reçu aucune réponse à l’heure de la publication de ce communiqué.

    Les témoins ont déclaré avoir identifié les soldats à leurs tenues de camouflage, et les Dozos à leurs vêtements traditionnels et aux amulettes qu’ils portaient autour du cou.

    Le 2 octobre, vers 10 heures du matin, des soldats à bord d’au moins sept pick-ups et trois véhicules blindés, ainsi que des miliciens dozos à moto, sont entrés dans Kamona et ont commencé à rechercher les hommes du village. Les témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient alerté les habitants de l’arrivée de l’armée, ce qui a poussé de nombreux habitants à fuir.

    « Ceux qui n’ont pas pu fuir ont été rassemblés et exécutés », a déclaré un survivant à Human Rights Watch.

    Des témoins ont déclaré que les combattants du GSIM avaient fui le village avant l’arrivée de l’armée, et qu’il n’y avait pas eu d’affrontement entre les deux camps.

    Les témoins pensent que ces meurtres, corroborés par des rapports des médias, sont liés aux récentes attaques commises par le GSIM dans la région de Ségou, notamment une attaque qui a détruit l’usine sucrière de Siribala le 8 août.

    Les villageois ont ensuite trouvé 17 corps sous un arbre dans le village, et quatre autres corps au nord de Kamona. Ils ont expliqué que les soldats avaient incendié au moins 10 huttes et 3 hangars appartenant à des habitants de l’ethnie peule.

    Un berger de 40 ans qui s’était caché dans une maison abandonnée avec sa fille de 9 ans a déclaré que lorsque les assaillants sont partis, vers 16 heures, il a trouvé les 17 corps. « Les gens avaient été criblés de balles », a-t-il déclaré. « L’un d’eux avait la tête complètement fracassée. J’ai également vu plusieurs douilles de balles à côté des corps. »

    Un autre homme, âgé de 39 ans, a déclaré avoir aidé à enterrer les corps. « Nous avons creusé une fosse commune sous l’arbre et y avons déposé les [corps des] 17 hommes », a-t-il déclaré. « Plus au nord, nous avons trouvé quatre autres corps. Tous avaient reçus des balles dans le ventre et dans la tête, nous avons donc creusé une autre fosse, les y avons déposés et les avons recouverts de sable. »

    Les villageois ont fourni une liste des 21 victimes, toutes des hommes âgés de 20 à 65 ans. Ils pensent que les soldats ont tué d’autres personnes lors de cette attaque. « Nous avons entendu dire qu’au moins 15 autres hommes avaient été tués dans la brousse ce jour-là », a déclaré un villageois. « Mais nous ne sommes pas allés vérifier, car nous avions peur que l’armée revienne. »

    Le 13 octobre, vers 13 heures, des soldats maliens à bord de cinq pick-ups et des miliciens dozos à bord d’au moins 30 motos sont entrés dans le village de Balle, provoquant la fuite de certains habitants. « Je ne me suis pas enfui immédiatement, mais lorsque j’ai vu les soldats faire du porte-à-porte et gifler et donner des coups de pied aux hommes, je me suis enfui », a déclaré un homme de 24 ans. « Depuis ma cachette, j’ai entendu des coups de feu. »

    Des témoins ont déclaré que les soldats et les miliciens dozos ont tué 10 civils, dont une femme de 55 ans, et neuf hommes, âgés de 22 à 67 ans, et ont volé au moins 100 vaches.

    Un homme de 33 ans a déclaré qu’après l’attaque, il a trouvé les 10 corps au milieu du village. « Ils étaient les uns à côté des autres, criblés de balles », a-t-il déclaré. « Certains avaient les jambes et les bras cassés. »

    La fille de la femme qui a été tuée, elle-même âgée de 21 ans, a déclaré que sa mère avait crié en s’adressant aux soldats, les accusant d’avoir maltraité les villageois. « Elle s’est dirigée vers les soldats », a-t-elle déclaré. « Ils l’ont alors emmenée là où les hommes avaient été rassemblés, et l’ont abattue. »

    Dans un communiqué daté du 14 octobre, le chef d’État-Major Général des Armées du Mali a déclaré que le 13 octobre, des soldats avaient mené une opération de « reconnaissance offensive » autour de Balle, qui avait « permis la neutralisation d’une vingtaine de terroristes » et la saisie de matériel militaire.

    Des témoins et des habitants ont déclaré que Balle était depuis plusieurs années sous le contrôle du GSIM. « Nous payons la zakat [taxe islamique] chaque année », a déclaré un homme. « S’il y a des disputes, ce sont les djihadistes qui les règlent. Il n’y a ni soldats, ni gendarmes, ni policiers ici. Par conséquent, l’armée présume que nous sommes des combattants du GSIM. L’armée ne fait pas de distinction entre eux et nous. »

    Depuis 2012, les gouvernements maliens successifs ont mené des conflits armés contre divers groupes armés islamistes. Les hostilités ont causé la mort de milliers de civils, et ont contraint plus de 402 000 personnes à se déplacer. Human Rights Watch a documenté des abus graves commis par les forces armées maliennes et ses milices et groupes mercenaires alliés lors d’opérations de contre-insurrection, ainsi que des atrocités commises par le GSIM et d’autres groupes armés.

    Les attaques militaires contre des civils dans la région de Ségou ont eu lieu après que le GSIM a commencé à assiéger Bamako, la capitale du Mali, début septembre. Le siège a coupé l’approvisionnement en carburant de Bamako et a incité la junte militaire à fermer temporairement toutes les écoles et universités du pays.

    Toutes les parties au conflit armé au Mali sont tenues de respecter le droit international humanitaire, notamment l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et le droit de la guerre coutumier. Le droit de la guerre interdit les attaques dirigées contre des civils, ainsi que le meurtre, les traitements cruels et la torture de toute personne en détention. Les personnes qui commettent des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle ou qui en sont responsables en vertu de leur responsabilité de commandement peuvent être poursuivies pour crimes de guerre.

    Bien que le Mali se soit retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre, le pays reste un État partie au Statut de Rome de la Cour jusqu’en septembre 2026. En janvier 2013, la Cour a ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés commis au Mali depuis 2012.

    L’Union africaine (UA) s’est en grande partie abstenue de réagir efficacement à l’aggravation du conflit au Mali, malgré son mandat de promotion de la paix et de la sécurité, a déclaré Human Rights Watch. Alors que la situation sécuritaire s’est détériorée ces derniers mois, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’a rien fait au-delà de publier des déclarations communiquant son inquiétude au sujet de cette situation.

    « Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA devrait faire de ce conflit au Mali une priorité », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Il devrait régulièrement organiser des réunions d’information, renforcer les efforts diplomatiques et coordonner les actions régionales et internationales afin de renforcer la reddition des comptes pour les abus commis par toutes les parties. »

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    Le Parisien/AFP  RFI

  • Massacres dans le centre du Mali : l’armée et ses alliés accusés

    Massacres dans le centre du Mali : l’armée et ses alliés accusés

    Des exactions meurtrières ciblent les civils dans la région de Ségou

    Des opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des milices locales ont causé la mort d’au moins 31 civils dans deux villages de la région de Ségou, les 2 et 13 octobre. Ces attaques, marquées par des exécutions sommaires et des destructions de biens, surviennent dans un contexte où les tensions persistent face à la présence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

    Des villages pris pour cible : Kamona et Balle

    Le 2 octobre, des soldats en véhicules blindés et des miliciens dozos, reconnaissables à leurs tenues traditionnelles, ont fait irruption dans le village de Kamona. Selon des témoignages recueillis sur place, au moins 21 hommes ont été abattus après avoir été rassemblés sous la menace. Dix habitations ont été incendiées, principalement celles appartenant à des membres de l’ethnie peule. Les habitants, alertés par des éléments du GSIM en fuite, avaient tenté de se cacher dans la brousse, mais ceux restés sur place ont été exécutés sans distinction.

    « Ceux qui n’ont pas pu s’échapper ont été alignés et tués sans procès », relate un survivant sous couvert d’anonymat. Les corps retrouvés sous un arbre et dispersés aux alentours portaient des traces de balles, dont certains présentaient des blessures graves à la tête.

    Le 13 octobre, un scénario similaire s’est répété à Balle, situé à une cinquantaine de kilomètres. Cinq pick-ups militaires et une trentaine de motos transportant des miliciens ont encerclé le village. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été exécutés. Des vaches ont également été volées, aggravant la précarité des survivants. Un témoin de 24 ans a décrit les scènes de violence : « Les soldats frappaient les hommes à coups de pied et de poing avant de les abattre ».

    Un berger de 40 ans, caché avec sa fille de 9 ans, a raconté avoir découvert 17 corps après le départ des assaillants : « Certains avaient les membres brisés et la tête fracassée par des impacts de balles ». Les villageois ont enterré les victimes dans des fosses communes, craignant de nouvelles représailles.

    Un bilan accablant et des responsabilités floues

    Les opérations militaires, présentées comme des « reconnaissances offensives » par les autorités, auraient selon elles permis la « neutralisation de vingt terroristes ». Pourtant, les habitants de Balle affirment vivre sous le contrôle du GSIM depuis des années. « Nous payons la zakat et réglons nos conflits via leurs instances. L’armée nous considère tous comme des djihadistes », explique un villageois. Cette confusion entre civils et combattants aggrave les risques de dérives.

    Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi publiquement aux accusations portées contre leurs troupes. Pourtant, les preuves s’accumulent : témoignages, listes de victimes, et examens des corps confirment la gravité des exactions. Les milices dozos, souvent composées de membres de l’ethnie bambara, collaborent régulièrement avec l’armée dans des opérations antiterroristes depuis une décennie.

    Les enquêtes menées par des organisations locales confirment l’ampleur des dégâts. À Kamona, 21 hommes âgés de 20 à 65 ans figurent sur les registres des victimes. Les survivants évoquent en outre la disparition d’une quinzaine d’autres hommes dans la brousse, non recensés officiellement.

    Un conflit aux conséquences humanitaires désastreuses

    Depuis 2012, le conflit au Mali a fait des milliers de morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Les violences entre l’armée, les milices et les groupes armés islamistes se sont intensifiées ces derniers mois, notamment après le siège imposé par le GSIM autour de Bamako début septembre. Ce blocus a paralysé l’approvisionnement en carburant de la capitale et contraint les autorités à fermer temporairement les écoles et universités.

    Le droit international humanitaire interdit formellement les attaques contre les civils, les meurtres arbitraires et les traitements cruels. Pourtant, les exactions se multiplient des deux côtés. Le Mali, bien que retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, reste lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une enquête sur les crimes présumés commis depuis 2012 est toujours en cours.

    Face à l’aggravation de la crise, les instances régionales peinent à agir. L’Union africaine s’est contentée de déclarations d’inquiétude, sans traduire ses préoccupations en actions concrètes. « Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA doit faire de ce conflit une priorité absolue », a souligné une experte en droits humains. « Il est temps d’organiser des réunions régulières et de coordonner une réponse internationale pour mettre fin à l’impunité ».

  • Massacres au Mali : l’armée et les milices accusées de crimes contre des civils

    Massacres au Mali : l’armée et les milices accusées de crimes contre des civils

    Des exactions meurtrières imputées à l’armée malienne et aux miliciens dozos

    Des opérations militaires menées conjointement par l’armée malienne et des milices alliées ont coûté la vie à au moins 31 civils dans deux localités de la région de Ségou, au centre du pays, les 2 et 13 octobre. Selon les témoignages recueillis, ces attaques ciblaient délibérément des habitants, accusés de collaboration avec des groupes armés islamistes.

    Le 2 octobre, une unité composée de soldats en véhicules blindés et de miliciens dozos, reconnaissables à leurs tenues traditionnelles, a pénétré dans le village de Kamona. Au moins 21 hommes ont été sommairement exécutés, et une dizaine de maisons ont été incendiées. Les rescapés rapportent qu’aucun affrontement n’a eu lieu, les membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ayant quitté les lieux avant l’arrivée des forces armées.

    « Ceux qui n’ont pu s’enfuir ont été rassemblés et abattus », témoigne un habitant ayant survécu aux violences. Les corps retrouvés sous un arbre et dans les environs du village présentaient des blessures par balles, dont certaines à la tête. Les villageois évoquent également la disparition d’au moins 15 autres hommes, dont les traces n’ont pu être confirmées par crainte d’une nouvelle intervention armée.

    Le 13 octobre, une nouvelle opération a visé le village de Balle, situé à une cinquantaine de kilomètres de Kamona. Cinq pick-ups militaires accompagnés de miliciens à moto ont fait irruption dans la localité, provoquant la fuite de plusieurs habitants. Dix civils, dont une femme de 55 ans, ont été tués, et une centaine de têtes de bétail ont été volées. Les corps, retrouvés criblés de balles, témoignaient d’une violence extrême, certains présentant des fractures aux membres.

    Un survivant de 24 ans raconte avoir assisté, depuis sa cachette, à des violences commises par les soldats : « Ils fouillaient les maisons, frappaient les hommes et tiraient sans discernement ». La fille de la victime féminine a précisé que sa mère, après avoir interpellé les militaires sur leur conduite, avait été exécutée aux côtés des autres hommes.

    Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations. Pourtant, les faits s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues dans la région, où le GSIM multiplie les attaques contre les forces de sécurité et les infrastructures civiles. Le siège imposé à Bamako depuis septembre a notamment entraîné une pénurie de carburant et la fermeture temporaire des établissements scolaires.

    Les populations locales, soumises à un climat de peur permanent, dénoncent l’absence de distinction opérée par l’armée entre civils et combattants. « Nous payons la zakat chaque année et réglons nos litiges selon la charia. L’armée nous considère tous comme des terroristes », confie un habitant de Balle sous couvert d’anonymat.

    Ces exactions rappellent les crimes de guerre documentés par des organisations internationales depuis 2012, année où le Mali a basculé dans une crise sécuritaire sans précédent. Des milliers de civils ont péri, et plus de 400 000 personnes ont été déplacées. Le droit international humanitaire interdit formellement les attaques contre les populations civiles, ainsi que les exécutions sommaires et les traitements inhumains.

    Bien que le Mali ait quitté la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, le pays reste juridiquement lié au Statut de Rome jusqu’en 2026. Une enquête sur les crimes présumés commis depuis 2012 est toujours en cours. L’Union africaine, quant à elle, est critiquée pour son inaction face à l’escalade des violences.

    Les familles des victimes, désemparées, attendent désormais des comptes rendus clairs de la part des autorités. « Nous réclamons une enquête transparente et la punition des responsables », plaide un représentant communautaire de la région de Ségou.

  • Liberté de la presse au Niger : six journalistes devant la justice après une arrestation arbitraire

    Liberté de la presse au Niger : six journalistes devant la justice après une arrestation arbitraire

    Arrestations de journalistes au Niger : une atteinte directe à la liberté de la presse

    Le 2 novembre 2025, la police judiciaire de Niamey a procédé à l’arrestation de six professionnels des médias, marquant une nouvelle étape dans le recul des libertés fondamentales au Niger. Parmi eux, trois journalistes ont été placés en détention arbitraire, suscitant une vague de condamnations internationales. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), via l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, dénoncent avec fermeté cette violation flagrante de la liberté de la presse et exigent leur libération immédiate et sans conditions.

    Une inculpation contestée et des peines lourdes

    Les six journalistes concernés – Moussa Kaka, Abdoul Aziz Idé, Ibro Chaibou, Youssouf Seriba, Oumarou Kané et Souleymane Brah – ont été inculpés de « complicité dans la diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public », selon l’article 31 de la loi sur la cybercriminalité (modifiée en 2024 par l’ordonnance 2024-28). Ces charges, passibles de deux à cinq ans de prison, reposent sur la publication et le débat autour d’une invitation diffusée sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, liée à une conférence organisée par le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP).

    Trois d’entre eux – Ibro Chaibou, Youssouf Seriba et Oumarou Kané – ont été incarcérés à la prison de Kollo, à 50 km de Niamey, tandis que les trois autres ont été libérés sous caution, bien que les charges contre eux persistent.

    Un contexte politique tendu et des précédents inquiétants

    Ces arrestations s’inscrivent dans un climat de répression accrue depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a restreint drastiquement l’espace civique. Plusieurs défenseur·es des droits humains et journalistes ont déjà été victimes d’arrestations arbitraires, comme Moussa Tchangari, détenu depuis près d’un an, ou encore les journalistes de Sahara FM (Hamid Mahmoud, Mahaman Sani et Massaouda Jaharou), toujours emprisonnés pour avoir relayé une information jugée sensible. Moussa Kaka, déjà poursuivi en 2007 sous un régime précédent, voit son histoire se répéter, avec la fermeture de RFI Niger en 2023.

    L’Observatoire rappelle que la simple diffusion d’une invitation ou l’organisation d’un débat ne saurait constituer une infraction. Selon lui, ces poursuites visent à intimider la presse et à étouffer toute voix dissidente, en violation de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

    Des appels à l’abandon des charges et à la révision de la loi

    L’Observatoire exige la libération sans délai des journalistes encore détenus – Ibro Chaibou, Youssouf Seriba, Oumarou Kané, Hamid Mahmoud et Mahaman Sani – ainsi que l’abandon de toutes les charges contre l’ensemble des professionnels visés. Il appelle également à une révision urgente de la loi sur la cybercriminalité, dont les dispositions actuelles permettent des interprétations abusives, notamment pour museler les critiques du pouvoir. En 2024, une ordonnance a rétabli des peines de prison pour des infractions comme la diffamation ou la diffusion d’informations jugées « troublantes », une mesure jugée dangereuse pour les défenseur·es des droits humains.

    Le Niger, sous la pression internationale, doit garantir le respect de la liberté de la presse et mettre fin à ces pratiques arbitraires.

  • Mali : la crise du carburant asphyxie les opérations humanitaires

    Mali : la crise du carburant asphyxie les opérations humanitaires

    Mali : la crise du carburant asphyxie les opérations humanitaires

    Aide humanitaire

    Une pénurie aiguë de carburant provoquée par un blocus djihadiste sur plusieurs axes routiers stratégiques nourrit la crise humanitaire au Mali. Une situation qui bouleverse la vie quotidienne des habitants et paralyse les opérations onusiennes dans un pays déjà miné par la faim et l’insécurité.

    Selon le bureau de l’ONU en charge des affaires humanitaires (OCHA), les difficultés d’approvisionnement en carburant ont fortement ralenti les interventions dans plusieurs régions du centre et du sud du pays, notamment autour de Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara. Ces zones charnières relient la capitale Bamako au nord du Mali, en proie à l’insécurité.

    Plusieurs partenaires humanitaires ont dû réduire leurs missions de terrain, limitant les cliniques mobiles à un rayon d’environ dix kilomètres autour de leurs bases. Les restrictions de mouvement, les braquages et les contrôles irréguliers ont conduit à la suspension temporaire de certaines opérations.

    Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, bloque notamment les importations de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, par où transitent la plupart des biens importés dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Ouest. Le blocus affecte désormais Bamako et la majorité des régions du pays, plongeant les populations dans une crise énergétique et alimentaire.

    Léré coupée du monde

    Dans la région de Tombouctou, au nord-ouest du pays, la ville de Léré, proche de la frontière mauritanienne, est soumise depuis le 27 octobre à une restriction d’accès imposée par des groupes armés.

    « Cette nouvelle mesure a provoqué des déplacements de populations vers des zones plus sûres », indique l’OCHA dans un rapport sur l’accès humanitaire au Mali pour le mois d’octobre, précisant que « hormis les acteurs humanitaires déjà présents dans la ville […], aucun acteur humanitaire ou organisation humanitaire n’a accès à la localité ».

    Selon le rapport, une cinquantaine d’incidents d’accès ont été recensés dans le pays, soit une hausse de 13 % par rapport à septembre. Les engins explosifs demeurent la principale menace, avec 28 cas signalés. Trois attaques directes contre des humanitaires ont été rapportées, et neuf enlèvements ont été enregistrés, principalement dans les régions de Ségou, au centre du pays, et de Gao, dans le nord.

    À Douentza, deux agents humanitaires ont perdu la vie dans le chavirement d’une pinasse sur le fleuve Niger, près du village de Kagnimé. « Ces violences compromettent la sécurité du personnel et ralentissent les opérations sur le terrain », souligne le rapport de l’OCHA, ajoutant que « le contexte reste relativement imprévisible » et que « les contraintes logistiques, notamment liées au carburant et autres facteurs physiques, accentuent les défis d’accès aux populations dans le besoin ».

    Un climat de répression 

    Cette crise s’inscrit dans un contexte politique de plus en plus répressif. Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir en 2020, le général Assimi Goïta a consolidé son emprise sur l’appareil d’État, suspendant indéfiniment les élections présidentielles et dissolvant en mai 2025 tous les partis politiques. En juillet, une loi lui a donné la possibilité de prolonger son mandat « autant de fois que nécessaire, jusqu’à la pacification du pays ».

    Le chef des droits humains à l’ONU, Volker Türk, a depuis dénoncé « la fermeture de la porte à toute élection démocratique au Mali dans un avenir prévisible » et une « instrumentalisation de la loi contre l’expression de la dissidence ». Les arrestations d’opposants et de simples citoyens se sont multipliées, à l’image de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, arrêté en août, puis condamné à une peine de prison pour « atteinte à la crédibilité de l’État ».

    Cette évolution s’accompagne d’une recrudescence des violences armées. Les attaques des groupes djihadistes du GSIM et de la branche locale de Daech continuent de frapper le centre et le nord du pays, notamment à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger. Depuis le mois d’avril, le bureau de Volker Türk fait état de « centaines d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations et de détentions arbitraires, de disparitions forcées et d’autres enlèvements commis par toutes les parties au conflit ».

    À cela s’ajoute à la crise humanitaire dans un pays où 6,4 millions de personnes ont besoin d’aide, dont 3,5 millions d’enfants, selon l’OCHA. Le Mali compte plus de 400 000 déplacés internes et 335 000 réfugiés dans les pays voisins. Selon un rapport de l’ONU publié mercredi sur l’insécurité alimentaire dans le monde, le Mali figure parmi les six crises alimentaires les plus graves de la planète, aux côtés d’Haïti, de la Palestine, du Soudan du Sud, du Soudan et du Yémen. Et la situation continue de se dégrader à un rythme alarmant dans plusieurs zones déjà fragilisées en raison du désengagement de la communauté internationale. 

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    L’afflux des réfugiés burkinabés

    Dans le cercle de Koro, à la frontière avec le Burkina Faso, l’afflux massif de réfugiés accentue encore la pression. Depuis avril, près de 50 000 Burkinabés s’y sont installés, doublant la population réfugiée.

    Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), cette arrivée met à rude épreuve les capacités locales d’accueil. Pour y répondre, l’agence a ouvert un bureau de terrain à Koro, opérationnel depuis le 16 octobre, afin de renforcer la coordination et d’accélérer la réponse humanitaire.

    Le Mali abrite aujourd’hui plus de 150 000 réfugiés burkinabés et nigériens, fuyant à la fois les attaques djihadistes et les opérations militaires menées contre les groupes armés.

  • Burkina Faso : la justice sous les projecteurs, des magistrats poursuivis pour corruption

    Burkina Faso : la justice sous les projecteurs, des magistrats poursuivis pour corruption

    Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a mis au jour un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Une dizaine de magistrats, interpellés en octobre, sont désormais inculpés pour avoir influencé des décisions judiciaires en échange de rétributions financières.

    Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

    Dysfonctionnements majeurs au sein du système judiciaire burkinabè

    Selon un communiqué officiel, une dizaine de hauts magistrats du Burkina Faso, incluant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour corruption. Ces arrestations, réalisées en octobre, sont le résultat d’une série d’auditions qui ont exposé un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag – l’organe chargé de la « révolution progressive populaire » du régime militaire – a confirmé ces révélations.

    Enjeux financiers considérables et décisions judiciaires controversées

    Le porte-parole a souligné que « d’importantes sommes d’argent ont été utilisées pour des actes de corruption et d’influence », ce qui a conduit à des instructions partiales et des jugements partisans. Une affaire spécifique est mise en avant : celle d’une dizaine de douaniers qui avaient été relaxés suite à un non-lieu. Le Korag dénonce cette décision comme une « mascarade judiciaire », estimant qu’elle « compromet sérieusement la lutte contre la corruption ».

    Le gouvernement militaire s’engage à renforcer la lutte

    Le régime du capitaine Traoré, en place depuis 2022 et se réclamant de l’héritage de Thomas Sankara, a fait de la lutte contre la corruption un élément fondamental de son programme. « Nous intensifierons la bataille contre la corruption et l’impunité au sein des acteurs judiciaires », a affirmé le capitaine Sorgho, tout en pointant un « grave dysfonctionnement au sein de la chaîne de justice ». Cette posture vise également, pour le régime militaire souvent critiqué pour sa gestion des voix dissidentes, à démontrer sa détermination face aux dérives internes qui pourraient ternir son image.

  • Junte burkinabè : la lutte contre la corruption frappe les douaniers et magistrats

    Junte burkinabè : la lutte contre la corruption frappe les douaniers et magistrats

    La junte du Burkina Faso engage des poursuites contre les acteurs d’un vaste réseau de corruption

    Au Burkina Faso, la lutte contre la corruption franchit une nouvelle étape. Une instance gouvernementale spécialement créée en 2024, le Korag, vient de révéler les détails d’une affaire de racket systématique impliquant des douaniers et des magistrats. Cette enquête, ouverte il y a quatre ans, met en lumière des pratiques illégales ayant touché des transporteurs routiers souhaitant faciliter le passage de leurs marchandises.

    Selon les informations communiquées par le Korag, les preuves accumulées sont accablantes. Plusieurs douaniers ont été pris en flagrant délit, comme en témoignent des vidéos et des témoignages recueillis. De plus, des sommes importantes en liquide ont été saisies dans leurs bureaux et domiciles, confirmant l’ampleur des détournements.

    Un système judiciaire infiltré par la corruption

    Malgré les preuves évidentes, les douaniers accusés avaient bénéficié d’un non-lieu, une décision contestée par la junte. Cette dernière accuse un avocat et dix magistrats de la cour d’appel de Ouagadougou d’avoir perçu des pots-de-vin pour influencer les procédures judiciaires. Ces hauts responsables seraient même allés jusqu’à révéler l’identité des témoins à charge, mettant en péril leur sécurité.

    Le Korag dénonce une « mascarade judiciaire » et un « dysfonctionnement grave » au sein de la chaîne judiciaire. Ces manquements ont conduit à l’arrestation récente des magistrats impliqués. La junte a réaffirmé sa détermination à sanctionner les responsables, y compris par des poursuites pénales, tout en garantissant la protection des témoins.

    Des mesures strictes pour rétablir la confiance

    Face à cette crise, les autorités burkinabè s’engagent à renforcer les contrôles internes et à appliquer une tolérance zéro envers les actes de corruption. Le Korag, dont la mission est de superviser la vision stratégique du pays pendant la transition, a joué un rôle clé dans cette affaire. Ses investigations ont permis de révéler un réseau de complicité touchant plusieurs institutions.

    Cette affaire illustre les défis auxquels le Burkina Faso doit faire face pour restaurer l’intégrité de ses institutions publiques. Les autorités promettent des actions rapides pour garantir que justice soit rendue et que les responsables soient tenus pour compte.

  • Mali : la pénurie de carburant paralyse l’assistance humanitaire

    Mali : la pénurie de carburant paralyse l’assistance humanitaire

    Le Mali traverse une période critique où l’approvisionnement énergétique devient un obstacle majeur pour les secours. Un blocus imposé par des groupes armés sur des axes routiers essentiels aggrave la crise humanitaire au Mali, paralysant les interventions de l’ONU et affectant lourdement une population déjà confrontée à l’insécurité et à la précarité alimentaire.

    D’après les données fournies par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), les difficultés pour obtenir du carburant freinent considérablement les déploiements dans le centre et le sud du pays. Des localités comme Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara sont particulièrement touchées. Ces zones sont stratégiques puisqu’elles assurent la liaison entre Bamako et les régions septentrionales, là où l’instabilité est la plus forte.

    En conséquence, de nombreuses organisations ont dû restreindre leurs activités. Les cliniques mobiles, par exemple, ne peuvent plus s’éloigner de plus de dix kilomètres de leurs points d’attache. Entre les restrictions de circulation, les risques de braquages et les contrôles intempestifs, plusieurs programmes ont été mis en pause.

    Depuis le mois de septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, entrave les importations de pétrole venant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Pour ce pays enclavé, ces routes sont vitales. Ce blocus s’étend désormais jusqu’à Bamako, plongeant la nation dans une double crise énergétique et sociale.

    Léré isolée du reste du pays

    Dans la zone de Tombouctou, la commune de Léré, située non loin de la frontière avec la Mauritanie, subit des restrictions d’accès sévères depuis la fin du mois d’octobre. Cette pression exercée par les groupes armés a provoqué d’importants mouvements de populations cherchant refuge dans des secteurs plus cléments.

    Le dernier rapport de l’OCHA souligne qu’en dehors des équipes déjà installées sur place, aucun nouvel acteur humanitaire ne peut pénétrer dans la ville. Le document recense une cinquantaine d’incidents liés à l’accès au cours du mois d’octobre, marquant une hausse de 13 % par rapport au mois précédent. Les engins explosifs restent un danger permanent. De plus, des enlèvements et des agressions directes contre les travailleurs humanitaires ont été signalés, notamment vers Ségou et Gao.

    La logistique est également endeuillée : à Douentza, deux agents ont péri lors d’un accident de navigation sur le fleuve Niger. Ces drames, couplés au manque de ressources énergétiques, rendent l’accès aux populations vulnérables de plus en plus aléatoire.

    Une gouvernance sous tension

    Cette dégradation s’inscrit dans un cadre politique complexe. Le général Assimi Goïta, au pouvoir depuis 2020, a renforcé son contrôle sur l’État en reportant les échéances électorales et en interdisant les partis politiques en 2025. Une législation récente lui permet même de se maintenir à la tête du pays jusqu’à une hypothétique stabilisation totale.

    Cette situation est suivie de près par les instances internationales, notamment dans le cadre de la politique nigérienne et régionale, alors que les libertés publiques s’amenuisent. Des figures politiques, comme l’ex-Premier ministre Moussa Mara, ont été emprisonnées, illustrant une répression accrue contre toute forme de contestation. Parallèlement, les exactions attribuées aux différentes parties au conflit, incluant Daech et le GSIM, se multiplient près des frontières avec le Burkina Faso et le Niger, alimentant régulièrement le flux de Niger actualité.

    Aujourd’hui, environ 6,4 millions de Maliens nécessitent une aide d’urgence. Le pays compte des centaines de milliers de déplacés internes et de réfugiés. Selon l’ONU, le Mali figure désormais parmi les zones de faim les plus préoccupantes au monde, au même titre que le Soudan ou le Yémen.

    Des réfugiés ayant fui les violences au Burkina Faso ont trouvé refuge à Soucoura, au Mali, en mars 2024.

    L’urgence des réfugiés au niveau des frontières

    Dans le secteur de Koro, la pression migratoire est à son comble. L’arrivée massive de plus de 50 000 citoyens burkinabés a doublé la population de réfugiés dans cette zone frontalière. Pour faire face à cette situation, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a renforcé sa présence locale afin de mieux coordonner les secours.

    Le territoire malien accueille actuellement plus de 150 000 personnes ayant fui les combats au Burkina Faso et au Niger. Ces populations, prises entre les attaques terroristes et les opérations militaires, symbolisent l’urgence d’une réponse régionale coordonnée, alors que l’actu Niger et l’instabilité au Sahel continuent de dominer les préoccupations humanitaires.

  • Crises alimentaires : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur 16 zones critiques

    Crises alimentaires : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur 16 zones critiques

    crises alimentaires : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur 16 zones critiques

    L’Organisation des Nations unies alerte sur l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans seize régions du monde, qualifiées de « zones critiques ». Ces territoires, où des millions de personnes risquent de sombrer dans la famine, illustrent l’urgence d’une réponse internationale coordonnée.

    des territoires au bord de la famine : quels pays concernés ?

    Parmi les seize zones identifiées par l’ONU, plusieurs pays se distinguent par leur situation dramatique. Haïti, le Mali, la Palestine, le Soudan du Sud, le Soudan et le Yémen figurent en tête de liste, où les populations subissent un risque imminent de famine catastrophique.

    D’autres régions connaissent une situation « très préoccupante » : l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Birmanie, le Nigeria, la Somalie et la Syrie. Quatre autres zones critiques sont également mentionnées : le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya et la situation des réfugiés rohingyas au Bangladesh.

    les causes multiples d’une crise humanitaire

    Selon le rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire mondial (PAM), les conflits armés, les chocs économiques, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’insuffisance des financements aggravent considérablement la situation. Ces facteurs combinés plongent des millions de personnes dans une précarité alimentaire sans précédent.

    une aide humanitaire en péril

    Le financement de l’aide humanitaire est « dangereusement insuffisant ». Sur les 29 milliards de dollars nécessaires pour soutenir les populations vulnérables, seulement 10,5 milliards ont été récoltés. Cette pénurie de fonds menace directement l’assistance alimentaire, notamment pour les réfugiés.

    Le PAM a dû réduire ses programmes d’aide, suspendre les distributions de nourriture dans certaines zones et abandonner des initiatives comme les repas scolaires. De son côté, la FAO met en garde contre la suspension des programmes de soutien agricole, essentiels pour les moyens de subsistance des populations locales.

    des conséquences dévastatrices à long terme

    Cindy McCain, directrice générale du PAM, rappelle que « nous sommes au bord d’une catastrophe alimentaire totalement évitable ». Elle souligne que l’inaction ne fera qu’aggraver l’instabilité dans ces régions déjà fragilisées.

    Qu Dongyu, directeur général de la FAO, insiste sur l’importance de la prévention de la famine : « Ce n’est pas seulement un devoir moral, mais un investissement judicieux pour la paix et la stabilité à long terme ».

    urgence d’une mobilisation internationale

    Les deux organisations appellent à une augmentation urgente des financements pour éviter une famine généralisée. Elles soulignent que sans une aide immédiate, des millions de vies seront menacées, et les conséquences humanitaires et géopolitiques seront irréversibles.

  • La Mauritanie confirme la condamnation de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz

    La Mauritanie confirme la condamnation de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz

    La haute juridiction mauritanienne a rendu son verdict, confirmant partiellement la décision de la Cour d’appel de Nouakchott concernant l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Si les chefs d’accusation d’abus de pouvoir et de trafic d’influence ont été écartés, la Cour suprême a maintenu les charges d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent, ainsi que la peine de 15 ans de prison ferme.

    Avec l’achèvement des procédures judiciaires, l’éventualité d’une grâce présidentielle est désormais envisagée. Une telle mesure pourrait être facilitée par l’engagement des institutions de la société civile mauritanienne et le soutien de partenaires de la Mauritanie.

    Il est à noter que l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz et l’actuel chef de l’État, Mohamed Cheikh Ghazouani, partagent une amitié de longue date, s’étendant sur quatre décennies. Tous deux sont d’anciens officiers généraux à la retraite, ayant suivi leur formation militaire au Maroc.

    Maître Lô Gourmo, avocat représentant le collectif de défense de l’État constitué partie civile, a souligné que la Cour suprême a « cassé à moitié » la décision de la Cour d’appel de Nouakchott. Il a précisé que si les charges d’abus de pouvoir et de trafic d’influence ont été écartées, les éléments fondamentaux du dossier, à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent et le recel, ont été confirmés. Ce sont ces accusations qui fondent la peine de quinze ans de prison ferme.

    L’avocat a également expliqué que l’abandon des charges d’abus de pouvoir et de trafic d’influence était significatif. Une condamnation sur ces points aurait en effet renvoyé à la nature des fonctions exercées par l’ancien président et aurait potentiellement impliqué l’application de l’article 93 de la loi fondamentale, relatif à la compétence de la Haute Juridiction, une disposition que le Conseil Constitutionnel avait déjà écartée par le passé.

    Pour Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de l’organisation Mauritanie Transparency, le verdict, bien qu’important, ne répond pas entièrement aux attentes de son association. Il a rappelé que Mauritanie Transparency « s’attendait à un procès plus vaste, incluant tous les acteurs ayant participé à la dilapidation des fonds publics ». Selon lui, de nombreux responsables sont impliqués dans ces pratiques de gouvernance, mais seul le cas de Mohamed Ould Abdel Aziz a été retenu. Malgré ces lacunes, il a exprimé l’espoir que cette procédure marque le début d’une nouvelle ère de transparence dans la gouvernance du pays.

  • L’ambitieux projet de modernisation hospitalière au Mali : un bond pour la santé publique

    L’ambitieux projet de modernisation hospitalière au Mali : un bond pour la santé publique

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    Le Président Goïta initie un programme ambitieux pour les infrastructures de santé au Mali

    Le 10 novembre 2025, à Bamako, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, a officiellement inauguré le Projet présidentiel d’urgence hospitalière en posant sa première pierre. Cette cérémonie significative, qui s’est déroulée au Centre de santé de référence de Korofina, dans la Commune I du District de Bamako, marque le coup d’envoi d’une vaste initiative visant à transformer et à moderniser le système de santé malien.

    La Ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, a souligné que ce programme s’inscrit dans la lignée des recommandations formulées lors des États généraux de la santé de décembre 2024. Ces assises avaient clairement mis en évidence l’impératif d’améliorer l’accès aux soins et la qualité des services médicaux pour l’ensemble de la population malienne.

    Une restructuration profonde des infrastructures hospitalières

    Ce projet d’envergure, selon les précisions de la Ministre Touré, vise une « modernisation et restructuration » fondamentale de l’appareil hospitalier national. Il prévoit la construction de 15 nouvelles structures hospitalières et la conversion des Centres de santé de référence (CSREF) du district de Bamako en véritables hôpitaux de district. Le financement de ces travaux est entièrement assuré par le budget national. Les chantiers à Bamako devraient être achevés en 12 mois, tandis que ceux des régions s’étendront sur 24 mois.

    Le Projet présidentiel d’urgence hospitalière se décline en trois axes stratégiques majeurs pour une meilleure couverture sanitaire :

    1. La mutation des CSREF des sept arrondissements de Bamako en hôpitaux de district pleinement opérationnels.
    2. L’édification de nouveaux hôpitaux de district dans les localités stratégiques de Bla et Kangaba.
    3. La construction d’hôpitaux régionaux modernes dans les villes de San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro, Bandiagara et Koulikoro.

    Ces futures infrastructures médicales seront dotées d’équipements de pointe, offriront des capacités d’hospitalisation significativement accrues et proposeront des services spécialisés. Il est notamment prévu l’intégration d’unités d’hémodialyse au sein des hôpitaux des 1er et 6e arrondissements de Bamako, répondant ainsi à un besoin crucial.

    Engagement présidentiel et suivi rigoureux des chantiers

    À l’issue de la cérémonie inaugurale, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a réaffirmé que la santé est un pilier indispensable au développement socio-économique du Mali. Il a instruit la Ministre de la Santé de garantir la continuité des services publics durant la période des travaux et d’assurer un respect scrupuleux des délais contractuels. Le Président a également insisté sur la vocation humaine de ce projet : rendre les soins de qualité plus accessibles aux populations, réduire le nombre d’évacuations sanitaires coûteuses et désengorger les établissements de santé existants.