Catégorie : A la Une

  • Rencontre diplomatique à Bamako : vers une alliance contre le terrorisme au Sahel

    Rencontre diplomatique à Bamako : vers une alliance contre le terrorisme au Sahel

    Un sommet stratégique entre Dakar et Bamako malgré les tensions politiques

    Le président sénégalais, également à la tête de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest, a rencontré ce mardi à Bamako son homologue malien Assimi Goïta. L’objectif affiché : renforcer la coopération régionale face à l’insécurité grandissante qui frappe le Sahel, malgré les désaccords politiques persistants entre les deux nations.

    Un engagement commun contre les groupes armés dans la zone sahélienne

    Deux ans après sa première visite au Mali en tant que chef d’État, Bassirou Diomaye Faye effectue désormais ce déplacement en qualité de président en exercice de la CEDEAO. Une fonction qu’il occupe depuis le 19 juillet, soulignant l’importance accordée à cette rencontre pour établir une réponse unifiée contre les menaces terroristes qui fragilisent la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

    Malgré les divergences politiques ayant marqué les relations entre le Sénégal et le Mali ces dernières années, les deux dirigeants ont choisi de mettre en avant leur volonté commune de lutter contre les groupes armés opérant dans la région. Cette visite s’inscrit dans un contexte où la montée des violences exige une coordination accrue entre les pays du Sahel.

    Le Sahel, épicentre d’une crise sécuritaire sans précédent

    Les attaques perpétrées par des organisations terroristes ont atteint un niveau critique dans plusieurs États du Sahel, nécessitant une mobilisation immédiate des nations voisines. La rencontre entre les deux présidents vise ainsi à réaffirmer l’importance d’une action collective pour sécuriser les frontières et protéger les populations civiles.

    En réunissant leurs forces et leurs stratégies, le Sénégal et le Mali entendent envoyer un signal fort à la communauté internationale sur leur détermination à endiguer la propagation du terrorisme. Cette collaboration pourrait également ouvrir la voie à des initiatives conjointes avec d’autres pays de la sous-région.

    Une diplomatie africaine tournée vers la résolution des conflits

    Cette visite illustre la volonté des dirigeants ouest-africains de privilégier le dialogue et la coopération régionale, malgré les tensions internes. En prenant les rênes de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la nécessité de privilégier les solutions africaines aux crises sécuritaires, en s’appuyant sur des partenariats bilatéraux et multilatéraux.

    Alors que le Sahel reste en proie à une instabilité chronique, cette rencontre entre le Sénégal et le Mali pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le terrorisme, en posant les bases d’une stratégie commune et partagée.

  • Liberté d’expression : l’arrestation d’un réalisateur marocain fait polémique

    Liberté d’expression : l’arrestation d’un réalisateur marocain fait polémique

    liberté d’expression : l’arrestation d’un réalisateur marocain fait polémique

    Depuis le 13 juillet 2026, le cinéaste et rappeur marocain El Mahdi Lyoubi est privé de liberté après qu’une interdiction de quitter le territoire marocain lui a été notifiée à l’aéroport de Rabat-Salé. Son arrestation, motivée sans explication claire, soulève de vives inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales au Maroc.

    Un artiste engagé et reconnu

    Né en 1992 à Salé, El Mahdi Lyoubi s’est imposé comme une figure majeure de la scène artistique marocaine et française. Diplômé de la prestigieuse Fémis, il a marqué le cinéma documentaire avec son court-métrage Marseille, 14 juillet, primé dans des festivals internationaux comme le MoMA à New York ou le Sheffield DocFest. Actuellement en préparation de son premier long-métrage, soutenu par le Fonds arabe pour les arts et la culture (Afac), il mène également une carrière musicale sous le pseudonyme Mehdi Black Wind. Son engagement, tant artistique que social, en fait une voix incontournable pour la justice et la liberté d’expression.

    Le 10 juillet 2026, alors qu’il s’apprêtait à rentrer en France après un séjour familial et des repérages, il a été empêché d’embarquer à l’aéroport de Rabat-Salé. Une interdiction de quitter le territoire, dont les motifs restent flous, lui a été signifiée en salle d’embarquement. Renforcé vers le commissariat de Salé sans explication, il a finalement été placé en garde à vue après une audition prolongée au commissariat de Casablanca.

    Une procédure opaque et inquiétante

    Ses proches n’ont été informés que tardivement de son placement en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Oukacha. Aucune visite familiale ni consultation d’avocat n’a pu être organisée, en raison notamment de la grève des avocats au Maroc. Officiellement, les autorités évoquent des publications sur les réseaux sociaux, sans autre précision. Son audience est prévue pour le 22 juillet 2026, mais le manque de transparence entoure cette affaire.

    Cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large de répression croissante contre les artistes au Maroc. Depuis fin 2025, plusieurs créateurs ont été poursuivis ou condamnés pour leurs œuvres ou prises de parole. Le rappeur Pause Flow a écopé de trois mois de prison avec sursis, tandis que Hamza Raid et Souhaib Qabli ont été condamnés à des peines similaires. En février 2026, la distributrice Zineb Kharroubi a également été visée par une condamnation pour incitation à commettre des délits.

    Ces affaires illustrent une tendance inquiétante : la criminalisation croissante de l’expression artistique. Pourtant, l’article 25 de la Constitution marocaine consacre la liberté d’expression et de création. Les signataires de cette mobilisation appellent à une réaction immédiate pour garantir les droits d’El Mahdi Lyoubi et préserver les libertés fondamentales.

    Ils exigent notamment que les autorités marocaines :

    • respectent pleinement les droits procéduraux d’El Mahdi Lyoubi, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du Maroc ;
    • réexaminent sans délai les mesures restrictives à son encontre, en s’assurant qu’elles reposent sur des bases légales claires ;
    • garantissent un procès équitable et conforme aux obligations constitutionnelles et internationales en matière de droits humains ;
    • assurent les conditions nécessaires pour que les artistes puissent exercer librement leurs activités dans un climat respectueux des libertés et de la diversité culturelle ;
    • libèrent immédiatement et sans condition El Mahdi Lyoubi.

    Cette affaire rappelle avec force que la liberté de création et d’expression est le socle de toute démocratie. Les signataires restent mobilisés pour un dialogue constructif avec les autorités compétentes.

    Qui soutient cette demande de libération ?

    Cette mobilisation rassemble des associations marocaines et internationales, des institutions culturelles, des personnalités artistiques et universitaires ainsi que des défenseurs des droits humains.

    Parmi les co-signataires figurent notamment :

    • Associations : Association marocaine des droits humains, Avocats sans frontières, Festival Visions du Réel, Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Ligue des Droits de l’homme, Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Syndicat de la magistrature, The International Coalition for Filmmakers at Risk, Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM), Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH).
    • Personnalités : Adele Haenel, Aïssa Maïga, Alice Diop, Annie Ernaux, Bachar Mar-Khalifé, Clément Cogitore, Édouard Louis, Fatna El Bouih, Françoise Vergès, Geoffroy de Lagasnerie, Georges Didi-Huberman, Guillaume Cailleau, Judith Lévy, Léa Seydoux, Lina Soualem, Louis Arène, Maguy Marin, Mati Diop, Milo Rau, Montassir Sakhi, Pinar Selek, Robert Guédiguian, Tiago Rodrigues, Virginie Despentes.
  • Tchad quitte la cour pénale internationale : une justice sous le feu des critiques

    Tchad quitte la cour pénale internationale : une justice sous le feu des critiques

    Le Tchad a officiellement tourné la page de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué daté du 27 juillet 2026, le gouvernement de N’Djamena a annoncé son retrait du Statut de Rome, invoquant un déséquilibre flagrant dans l’application de la justice internationale. Selon les autorités tchadiennes, la CPI affiche une « sélectivité inquiétante », ciblant de manière disproportionnée les pays africains.

    Cette décision, prise conformément à l’article 127 du Statut de Rome, a été notifiée au Secrétaire général des Nations Unies, dépositaire officiel du traité. Le ministère tchadien des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger a justifié ce choix par un « bilan décevant » de la Cour depuis son entrée en vigueur en 2002. Pour N’Djamena, la CPI n’a pas tenu ses promesses, se révélant « inégale et politisée ».

    Les chiffres avancés par le gouvernement tchadien étayent cette position. Sur les 125 États signataires du Statut de Rome, 33 sont africains. Pourtant, la Cour n’a ouvert que 13 enquêtes depuis sa création, dont une majorité concerne des pays du continent africain. Selon les données disponibles au 11 mai 2026, 9 des 13 situations sous enquête sont africaines, contre seulement 4 dans d’autres régions. Pire encore, sur les sept personnes détenues par la CPI, six le sont dans le cadre de procédures liées à l’Afrique.

    Ce constat, jugé accablant par N’Djamena, renforce l’idée d’une « justice à deux vitesses ». Les autorités tchadiennes dénoncent une « instrumentalisation politique » de la CPI, pointant du doigt une concentration excessive de son activité sur le Sud global. Face à cette situation, le gouvernement appelle l’Union africaine à renforcer les structures judiciaires locales pour offrir une alternative plus équitable, autonome et efficace.

    Malgré ce retrait, N’Djamena réaffirme sa volonté de lutter contre l’impunité des crimes les plus graves. Les autorités tchadiennes estiment désormais que les juridictions nationales et les mécanismes africains disposent des moyens nécessaires pour assumer pleinement cette mission, dans le respect de la souveraineté des États.

  • Mahmoud Salah libéré au Niger : le front populaire se dresse contre Tiani

    Mahmoud Salah libéré au Niger : le front populaire se dresse contre Tiani

    Mahmoud Salah, figure rebelle nigérienne, entouré de ses partisans lors d'un rassemblement à Ahahi

    La libération de Mahmoud Salah relance les tensions au Niger

    La réapparition de Mahmoud Salah sur la scène politique nigérienne, après sa libération récente, marque un tournant dans le bras de fer opposant le Front populaire de libération (FPL) au pouvoir en place. Les déclarations des partisans de Salah, évoquant un retour aux armes, confirment l’escalade des tensions dans la région d’Ahahi.

    Un leader dissident libéré, une situation explosive

    Mahmoud Salah, une figure emblématique de l’opposition nigérienne, a recouvré sa liberté après une détention prolongée. Sa libération, intervenue dans des circonstances encore floues, a immédiatement été saluée par ses soutiens comme une victoire. Pourtant, cette bonne nouvelle pour ses partisans s’accompagne d’une menace claire : le FPL annonce la reprise des hostilités contre le régime du général Abdourahamane Tiani.

    Les images diffusées montrent Mahmoud Salah au milieu de ses troupes, lors d’un rassemblement organisé dans le nord du pays. Les discours tenus lors de cet événement laissent peu de doute sur l’intention du mouvement : le FPL ne compte pas se contenter de paroles.

    Les motivations derrière ce conflit politique

    Les tensions entre le FPL et les autorités nigériennes s’inscrivent dans un contexte plus large de contestation politique. Depuis plusieurs mois, des groupes armés et des mouvements citoyens dénoncent la gouvernance du général Tiani, accusé de dérive autoritaire. La libération de Mahmoud Salah, perçue comme une tentative de désamorcer la crise, semble au contraire avoir exacerbé les divisions.

    Les observateurs notent que le FPL, dirigé par des figures historiques de la rébellion, bénéficie d’un soutien croissant parmi les populations locales. Les appels à l’action armée, lancés lors des rassemblements, reflètent une radicalisation des positions. « Le peuple nigérien en a assez des promesses non tenues », a déclaré un porte-parole du mouvement lors de l’événement.

    Les risques d’une confrontation armée

    La reprise des hostilités par le FPL pourrait plonger le Niger dans une nouvelle phase de violence. Les autorités nigériennes ont déjà renforcé leur dispositif sécuritaire dans les zones sensibles, notamment à Ahahi. Cependant, les experts craignent que cette militarisation ne fasse qu’attiser les tensions.

    Les conséquences humanitaires d’un conflit armé seraient désastreuses pour une région déjà fragilisée par les crises précédentes. Les populations civiles, prises entre deux feux, paieraient le prix fort d’un affrontement qui s’annonce inévitable si aucune solution politique n’est trouvée rapidement.

    Que réserve l’avenir pour le Niger ?

    Face à cette situation tendue, plusieurs scénarios se dessinent. Certains analystes estiment que le général Tiani pourrait tenter une ouverture politique pour apaiser les esprits, tandis que d’autres prédisent une escalade militaire inévitable. Une chose est sûre : la libération de Mahmoud Salah a changé la donne, et le Niger se trouve à un carrefour décisif.

    Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si le pays parviendra à éviter un nouveau conflit ou s’il basculera dans une crise encore plus profonde. Les Nigériens, quant à eux, attendent des signaux forts de la part des deux camps pour éviter le pire.

  • Tensions internationales : une nuit agitée à l’ONU et ailleurs

    Tensions internationales : une nuit agitée à l’ONU et ailleurs

    UNE NUIT DE CRISPATIONS DIPLOMATIQUES. Lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU a été le théâtre d’un incident rare : les États-Unis ont quitté la salle en signe de protestation contre les propos tenus par la France. L’ambassadeur français avait dénoncé, lors de son intervention, les positions américaines en matière de droits humains, comparant Washington à des régimes comme la Corée du Nord ou la Russie. Ces critiques font suite au vote de vendredi dernier, où dix pays, dont les États-Unis, avaient rejeté le renouvellement du mandat de Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. « Les États-Unis, autrefois symbole des droits humains, se retrouvent aujourd’hui alignés sur des régimes autoritaires comme la Corée du Nord, le Nicaragua, le Mali ou la Russie. Leur isolement est patent, et le monde ne les écoute plus », avait réagi la mission française auprès de l’ONU à Genève. Un responsable cité par des médias internationaux a confirmé l’effet de surprise provoqué par cette attaque frontale.

    LA ROUMANIE DÉCIDE DE RÉAGIR FACE À DES INCURSIONS DE DRONES. Le ministère roumain des Affaires étrangères a annoncé lundi l’expulsion d’un membre de l’ambassade de Russie, le qualifiant de personne « indésirable ». Cette décision intervient après la présentation à l’ambassadeur russe, Vladimir Lipaev, de fragments d’un drone de type Shahed, abattu par un chasseur F-16 roumain. Entre vendredi et lundi, trois drones ont été interceptés, dont un nouveau signalé en début de semaine. Moscou a dénoncé une « mise en scène propagandiste » et menacé de « mesures de rétorsion ».

    L’ARABIE SAOUDITE VICTIME D’UNE ATTAQUE DE DRONES EN PROVENANCE D’IRAK. Le ministère saoudien de la Défense a accusé des « milices terroristes soutenues par l’Iran » d’avoir visé son territoire, sans que des revendications ne soient formulées. Les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par Téhéran, ont pour leur part revendiqué des tirs contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole. Depuis la reprise des hostilités le 13 juillet après quatre années de trêve, les houthistes menacent de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour faire pression sur Riyad et la communauté internationale. « Leur objectif est double : soutenir l’Iran et contraindre l’Arabie saoudite à faire des concessions politiques au Yémen », analysent les observateurs.

    LE TCHAD QUITTE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE. N’Djamena a justifié cette décision par le « déséquilibre » dans les enquêtes de la CPI, qui concernent majoritairement des pays africains. Sur les 13 enquêtes ouvertes depuis son entrée en vigueur, neuf visent des États du continent, contre quatre dans d’autres régions. Selon des sources locales, cette initiative aurait été encouragée par les États-Unis, qui multiplient les pressions contre la Cour. Washington a en effet lancé une offensive diplomatique majeure contre la CPI, la qualifiant de menace pour ses citoyens et promettant de nouvelles sanctions. Le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines aurait discuté de ce sujet avec son homologue tchadien en début de semaine.

  • Niger : Trois ans d’isolement et une population prise en otage par la junte

    Niger : Trois ans d’isolement et une population prise en otage par la junte

    Trois ans. Trois longues années que le Niger s’enfonce dans une impasse politique, économique et sécuritaire sous la direction de la junte militaire arrivée au pouvoir en juillet 2023. Présenté comme un tournant historique destiné à restaurer la souveraineté nationale, le coup d’État devait également permettre de rétablir la sécurité, relancer l’économie et renforcer l’unité du pays. Trois ans plus tard, ces promesses peinent à se concrétiser tandis que le quotidien des Nigériens demeure marqué par les difficultés. Alors que le pouvoir continue de mettre en avant la souveraineté retrouvée et la rupture avec les partenaires occidentaux, une grande partie de la population fait face à une dégradation persistante de ses conditions de vie. L’isolement diplomatique, les tensions régionales et la fragilité économique continuent d’alimenter les incertitudes dans un pays confronté à des défis multiples. L’économie sous pression et un quotidien de plus en plus difficile Les conséquences économiques de cette période se font ressentir dans presque tous les secteurs. Les perturbations des échanges commerciaux avec plusieurs voisins, les difficultés d’approvisionnement, les sanctions qui ont marqué les premiers mois du régime et la baisse des investissements étrangers ont profondément affecté l’activité économique. De nombreuses entreprises ont ralenti leurs activités, certaines ont fermé leurs portes, tandis que les opportunités d’emploi se sont raréfiées. Dans les marchés, les ménages subissent une hausse durable des prix des produits alimentaires, des carburants et de nombreux biens de consommation courante. Pour une partie importante de la population, le pouvoir d’achat continue de s’éroder, rendant chaque mois un peu plus difficile que le précédent. Les collectivités locales, les commerçants et les agriculteurs sont également confrontés à des difficultés de financement, à un accès limité au crédit et à un climat économique marqué par l’incertitude, freinant les initiatives privées et les investissements. Des libertés publiques fortement restreintes Au-delà des difficultés économiques, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un rétrécissement progressif de l’espace civique. La société civile évolue dans un climat de forte pression où les critiques à l’égard des autorités peuvent exposer leurs auteurs à des poursuites ou à des arrestations. Les médias indépendants travaillent dans un environnement devenu particulièrement sensible, plusieurs journalistes faisant état d’intimidations ou de restrictions dans l’exercice de leur profession. Les manifestations publiques sont fortement encadrées et les rassemblements politiques demeurent limités, réduisant les possibilités d’expression de l’opposition et des organisations citoyennes. Dans ce contexte, une partie de la population choisit le silence par prudence, tandis que d’autres prennent le chemin de l’exil. Une situation sécuritaire qui demeure préoccupante La lutte contre le terrorisme constituait la principale justification avancée par les militaires lors de leur prise du pouvoir. Pourtant, malgré les réorganisations militaires et les nouveaux partenariats sécuritaires, les attaques attribuées aux groupes armés continuent de frapper plusieurs régions du pays. Les populations vivant dans les zones frontalières restent confrontées aux violences, aux déplacements forcés et aux difficultés d’accès aux services essentiels. De nombreux villages continuent de vivre dans l’insécurité permanente, avec des conséquences importantes sur l’agriculture, l’éducation et les activités économiques. Cette persistance de la menace nourrit les interrogations sur l’efficacité de la stratégie sécuritaire mise en œuvre depuis trois ans. Un discours officiel qui convainc de moins en moins La récente intervention télévisée du général Abdourahamane Tiani, ce samedi, illustre les critiques formulées par une partie des observateurs. Au lieu d’annoncer des mesures concrètes susceptibles d’améliorer rapidement la situation sécuritaire ou économique, le chef de la junte a consacré une large partie de son intervention à dénoncer des menaces extérieures et à mettre en cause des acteurs étrangers. Pour de nombreux analystes, cette communication traduit la difficulté du pouvoir à présenter des résultats tangibles sur les principaux engagements qui avaient justifié le changement de régime. À mesure que les difficultés persistent, une partie de l’opinion publique s’interroge davantage sur les solutions proposées que sur la désignation de responsabilités extérieures. Une gouvernance de plus en plus refermée Le maintien prolongé du régime militaire s’accompagne d’un verrouillage progressif de la vie politique. L’absence de calendrier clair pour un retour à un pouvoir civil entretient les interrogations sur l’avenir institutionnel du pays. Les partis politiques disposent d’une marge d’action réduite et le débat public demeure limité. Cette concentration du pouvoir entre les mains des autorités militaires alimente les inquiétudes de ceux qui craignent un éloignement durable des mécanismes de contrôle démocratique et de la participation citoyenne. Trois ans après, un bilan qui interroge Trois ans après le changement de pouvoir, les attentes suscitées par la transition restent largement confrontées à la réalité des difficultés quotidiennes. L’économie demeure fragile, le coût de la vie continue de peser sur les ménages, les libertés publiques font l’objet de nombreuses critiques et l’insécurité persiste dans plusieurs régions. Pour de nombreux Nigériens, l’enjeu dépasse désormais les discours politiques : il s’agit de retrouver des conditions de vie plus stables, une sécurité durable et des perspectives économiques capables d’offrir un avenir meilleur. Dans ce contexte, les appels à la responsabilité, au dialogue et à des réponses concrètes aux préoccupations de la population continuent de se multiplier.
  • Gazoduc Nigeria-Maroc : Rabat sollicite la Banque mondiale et l’US Exim Bank pour mobiliser 26 milliards de dollars

    Gazoduc Nigeria-Maroc : Rabat sollicite la Banque mondiale et l’US Exim Bank pour mobiliser 26 milliards de dollars

    Le Maroc intensifie ses démarches pour réunir les financements nécessaires à la réalisation du Gazoduc africain atlantique (GAA), développé en partenariat avec le Nigeria. Rabat cherche à mobiliser 26 milliards de dollars auprès de l’Export-Import Bank des États-Unis (US Exim Bank) et de la Banque mondiale, a indiqué l’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani,……

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  • Le Tchad se retire de la Cour pénale internationale

    Le Tchad se retire de la Cour pénale internationale

    Afrique

    Le Tchad se retire de la Cour pénale internationale

    Après une demande de reconsidération des États-Unis, N’Djamena déplore une efficacité «limitée et à géométrie variable».


    Agence France-Presse
    à N’Djamena

    Le Tchad a annoncé sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale, évoquant son efficacité « limitée et à géométrie variable », lundi dans un communiqué du porte-parole du gouvernement.

    « Cette décision est l’aboutissement d’un examen approfondi du fonctionnement de la Cour pénale internationale depuis son entrée en fonction en 2002 ainsi que de son bilan dont l’efficacité demeure limitée et à géométrie variable », a indiqué le gouvernement tchadien, qui dénonce une activité concentrée sur le continent africain.

    Sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis son entrée en vigueur, neuf « concernent des États africains, contre quatre ouvertes dans d’autres régions du monde, mais sans avancées concrètes », a fustigé le porte-parole.

    « À la même date, la Cour ne compte plus que sept personnes détenues, dont six sont poursuivies dans des situations africaines », a-t-il insisté.

    Une demande américaine

    Selon un communiqué publié jeudi sur la page du ministre des Affaires étrangères tchadien, cette décision a été prise à la demande des États-Unis.

    Le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines a exhorté le gouvernement tchadien à reconsidérer son adhésion à la CPI au cours d’un échange téléphonique avec le chef de la diplomatie tchadienne jeudi.

    « La partie américaine a exprimé ses préoccupations quant au fonctionnement de cette institution et souhaité un réexamen par le Tchad de son adhésion au Statut de Rome », indiquait le communiqué résumant l’échange.

    « Ce n’est pas à la demande des Américains que nous avons décidé de nous retirer de la CPI », a toutefois assuré à l’AFP vendredi le ministre des Affaires étrangères tchadien, Abdoulaye Sabre Fadoul.

    Visé par une enquête

    Le Tchad prend cette décision alors qu’il a été accusé par l’armée soudanaise et par plusieurs ONG de leur faciliter les envois d’armes venues des Émirats arabes unis (EAU) à destination des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui s’opposent depuis avril 2023 à l’armée soudanaise dans une guerre civile meurtrière.

    « Cette décision compromet les perspectives de succès de plusieurs initiatives en cours, notamment le signalement que nous avons déposé en 2025, pour des ONG, concernant des faits présumés de complicité de crimes internationaux liés, entre autres, à l’acheminement d’armes en provenance des EAU au profit des FSR », a commenté l’avocat français Vincent Brengarth.

    Les deux belligérants du conflit soudanais sont régulièrement accusés par la communauté internationale des crimes de guerre que sont le ciblage systématique de civils et les bombardements indiscriminés de zones habitées.

    « Au-delà de ce dossier, ce retrait affaiblit l’architecture internationale de justice pénale et renforce les craintes de voir les auteurs des crimes les plus graves échapper à toute poursuite », a conclu Me Brengarth.

    Vendredi, le Venezuela avait également annoncé son retrait de la CPI. Sa ministre des Affaires étrangères, Felix Plasencia, évoquait « un biais géographique avéré, qui a concentré son activité de manière disproportionnée sur des pays africains et latino‑américains, au détriment du Sud global ».

  • Crise au Sahel : juntes du Burkina et du Niger sous haute tension

    Crise au Sahel : juntes du Burkina et du Niger sous haute tension

    Une région sous pression : deux juntes militaires face à des défis majeurs

    La bande sahélo-saharienne traverse une période particulièrement critique. Les juntes militaires du Burkina Faso et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), doivent désormais gérer une double pression : des menaces extérieures persistantes et des fragilités internes croissantes. Cette situation complexe révèle les limites des régimes post-coup d’État dans leur quête de stabilité.

    Ouagadougou resserre son étau sur ses propres institutions

    À Ouagadougou, l’atmosphère est marquée par une méfiance généralisée. Le gouvernement militaire burkinabè a adopté une mesure radicale : la confiscation des passeports des membres du gouvernement et de certains officiers supérieurs de l’armée.

    Cette restriction exceptionnelle ne se limite pas aux plus hauts responsables. Elle s’applique également à des cadres militaires de premier plan, illustrant une volonté de contrôle absolu sur les sphères décisionnelles. En limitant la liberté de mouvement de ces personnalités, les autorités cherchent à prévenir toute fuite, tout rapprochement douteux ou toute tentative de désolidarisation.

    Cette décision survient dans un contexte où l’insécurité reste endémique. Malgré le déploiement massif des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et des opérations militaires continues, les attaques jihadistes frappent tant les forces de sécurité que les populations civiles. Cette instabilité persistante exacerbe les tensions internes et pousse le régime à verrouiller davantage ses structures.

    Pour de nombreux observateurs, ces mesures reflètent la difficulté des juntes à préserver une cohésion interne durable. Plus le pouvoir se concentre entre quelques mains, plus les risques de divisions, de rivalités ou de défections s’accentuent, devenant un enjeu stratégique majeur.

    Niger : une opposition armée déterminée à renverser la junte

    Au Niger, la contestation prend une tournure militaire. Mohamed Salah, secrétaire général du Front Patriotique pour la Libération (FPL), libéré en juin 2026 dans le cadre d’un échange d’otages avec Khalifa Haftar en Libye, a réaffirmé sa détermination à renverser la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani.

    En échange de sa libération, les autorités nigériennes avaient libéré Barkadine Mahamat Rifi, un dirigeant de la katiba libyenne « Ahrar Fazzan » recherché par Haftar. Fort de ce soutien, Mohamed Salah annonce désormais une « grande opération » destinée à restaurer l’ordre constitutionnel et à libérer l’ancien président Mohamed Bazoum, qu’il considère comme le seul dirigeant légitime du pays.

    Cette évolution marque un tournant dans la crise nigérienne. Alors que les autorités concentrent leurs efforts sur la lutte contre le terrorisme, elles doivent désormais faire face à une opposition armée revendiquant ouvertement un changement de régime. Cette multiplication des foyers de tension risque de diluer davantage les ressources sécuritaires du pays.

    Des juntes sous pression : entre instabilité interne et défis sécuritaires

    Les défis auxquels sont confrontées les juntes du Burkina Faso et du Niger dépassent désormais la simple lutte contre le terrorisme. Au Burkina Faso, les autorités s’inquiètent de la stabilité de leur propre appareil d’État, allant jusqu’à imposer des restrictions inédites à leurs élites. Au Niger, la menace provient d’une contestation organisée, affichant clairement son ambition de renverser le régime en place.

    Cette combinaison de pressions internes, de défis sécuritaires et d’oppositions politiques ou armées met en lumière la fragilité persistante des gouvernements issus de coups d’État. Malgré un discours axé sur la restauration de la souveraineté et de la sécurité, ces régimes restent confrontés à des défis majeurs qui interrogent leur capacité à instaurer une stabilité durable.

    À mesure que les tensions s’accumulent, la situation au Sahel devient de plus en plus complexe. Les juntes militaires doivent désormais gérer simultanément les attaques des groupes armés, les critiques politiques, les difficultés économiques, les attentes des populations et les risques de contestation interne. Cette accumulation de crises pourrait peser lourdement sur la stabilité de la région dans les mois à venir.

  • Crise au PDCI en Côte d’Ivoire : tout comprendre aux procédures judiciaires contre Tidjane Thiam

    Crise au PDCI en Côte d’Ivoire : tout comprendre aux procédures judiciaires contre Tidjane Thiam

    Le président du PDCI, Tidjane Thiam, après un entretien avec Reuters, à Paris, le 23 avril 2025. © Stéphanie Lecocq/REUTERS

    Publié aujourd’hui à 18h55 Lecture : 5 minutes.

    Résumer
    Tidjane Thiam Parti Démocratique de Côte d’ivoire (PDCI)
  • Gabon : une stratégie ambitieuse pour préserver sa biodiversité d’ici 2030

    Gabon : une stratégie ambitieuse pour préserver sa biodiversité d’ici 2030

    Le Gabon franchit une étape décisive pour l’avenir de ses écosystèmes en adoptant une nouvelle stratégie nationale dédiée à la préservation de sa biodiversité. Lors d’un atelier organisé à Libreville, les acteurs locaux ont finalisé la Stratégie et le Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2022-2030, un document clé pour orienter les politiques environnementales du pays.

    Ce texte, présenté comme « la boussole du Gabon pour protéger 30 % de son territoire d’ici 2030 », s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux du pays. La SPANB a été conçue pour répondre aux défis majeurs : préserver les forêts, les zones côtières et les espèces menacées, tout en favorisant un développement durable.

    Quatre priorités ont été définies pour les huit prochaines années : étendre la protection des milieux naturels à au moins 30 % des terres et des espaces marins, restaurer les écosystèmes endommagés, réduire les pressions exercées sur la faune (braconnage, déforestation, pollution) et mobiliser des financements durables pour la conservation.

    Après avoir intégré les dernières recommandations des parties prenantes, la version consolidée de la SPANB sera soumise au Gouvernement pour validation avant d’être officiellement transmise au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Cette étape marquera l’engagement international du Gabon dans la lutte pour la préservation de la biodiversité.

    Pour Tsayi Mouvagha, coordonnatrice de la stratégie, « le vrai travail commence désormais ». Elle souligne l’importance de la vulgarisation de ce plan auprès des institutions, des entreprises, des populations et des acteurs de la société civile pour en garantir une mise en œuvre efficace sur l’ensemble du territoire.

    Avec un couvert forestier représentant 88 % de son territoire et 13 parcs nationaux, le Gabon abrite une richesse biologique exceptionnelle. La SPANB 2022-2030 doit désormais servir de cadre pour concilier exploitation raisonnée des ressources et protection de l’environnement.

    Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra largement des moyens alloués. Sans un budget adapté et une implication active des collectivités locales, des entreprises et des communautés locales, ce plan pourrait rester lettre morte.

  • Ibrahim Traoré et la stratégie numérique de contrôle au Burkina Faso

    Ibrahim Traoré et la stratégie numérique de contrôle au Burkina Faso

    La liberté de la presse au Burkina Faso n’est plus uniquement menacée par des mesures répressives directes. Aujourd’hui, elle subit une offensive méthodique menée à travers les réseaux sociaux, où des campagnes de désinformation et de harcèlement ciblé transforment les plateformes numériques en armes de contrôle politique.

    Une récente investigation met en lumière le rôle central joué par le capitaine Ibrahim Traoré, figure de la junte militaire, dans l’orchestration de ces pratiques. Selon les conclusions d’un rapport d’enquête, le chef de l’État burkinabé aurait mis en place une milice numérique dédiée à la neutralisation des voix critiques, désormais désignée sous le nom de Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C).

    Les BIR-C : une machine de guerre virtuelle

    Inspirées des unités militaires de terrain, ces formations opèrent exclusivement en ligne. Leur mission ? Occuper l’espace numérique et étouffer toute velléité de débat contradictoire. Leur action ne se limite pas à des réactions spontanées : elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à rendre toute prise de parole dissidente économiquement et socialement coûteuse pour ses auteurs.

    Les tactiques employées par les BIR-C

    Les méthodes déployées par ces cyberactivistes révèlent une approche systématique et coordonnée :

    • Harcèlement algorithmique : Les journalistes d’investigation et les éditorialistes indépendants sont systématiquement ciblés dès qu’ils analysent la politique sécuritaire ou les décisions gouvernementales. Des vagues de messages hostiles, souvent générés par des comptes automatisés, submergent leurs espaces de publication.
    • Menaces physiques et intimidations : Outre les attaques verbales, les publications de ces réseaux incluent régulièrement le doxxing – la diffusion publique d’informations personnelles – ainsi que des appels à l’arrestation ou à la violence physique contre les détracteurs du régime.
    • Désinformation stratégique : Les médias locaux et internationaux indépendants sont systématiquement discrédités. Qualifiés de « propagateurs de fausses informations » ou de « complices de puissances étrangères », ils voient leur crédibilité sapée par une saturation de contenus pro-junte sur les réseaux sociaux.
    • Monopole de l’attention numérique : Grâce à des campagnes coordonnées, les discours soutenant le pouvoir dominent l’espace public en ligne, reléguant les analyses critiques aux marges des débats. La visibilité des opinions divergentes est ainsi réduite, voire neutralisée.

    L’impunité comme fondement du système

    L’absence de poursuites judiciaires contre ces agissements constitue un élément clé de cette stratégie. Alors que les journalistes et activistes critiques sont fréquemment arrêtés ou contraints au silence, les membres des BIR-C agissent en toute impunité. Cette tolérance officielle encourage une autocensure généralisée parmi les professionnels des médias et les citoyens.

    Face au risque de devenir la cible de campagnes de harcèlement, de nombreux acteurs de l’information préfèrent éviter les sujets sensibles – qu’il s’agisse de la gouvernance, des opérations militaires ou de la crise sécuritaire. Cette pression psychologique agit comme une censure invisible, aussi efficace que les mesures administratives pour museler la presse.

    Un écosystème médiatique sous contrôle

    Les spécialistes de la communication politique soulignent que la domination des espaces numériques par des récits unilatéraux appauvrit le débat démocratique. Lorsque les opinions divergentes disparaissent des radars, la pluralité des sources d’information s’étiole, privant les citoyens d’outils essentiels pour évaluer les politiques publiques.

    Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée dans des régimes autoritaires ou hybrides, où les réseaux sociaux deviennent des champs de bataille stratégiques. Les campagnes de désinformation et les cybermilices y jouent un rôle central pour discréditer les médias indépendants et marginaliser les voix critiques. Pour les défenseurs de la liberté de la presse, ces pratiques représentent une nouvelle forme de répression, tout aussi redoutable que la censure traditionnelle.

    Un contexte déjà marqué par la répression

    Cette offensive numérique ne vient pas s’ajouter à un vide juridique, mais s’inscrit dans un paysage déjà fortement restrictif. Depuis plusieurs années, le Burkina Faso a vu ses médias internationaux suspendus ou interdits, tandis que des journalistes ont subi intimidations, convocations arbitraires ou disparitions temporaires. Ces mesures, combinées aux campagnes en ligne, créent un environnement où l’expression indépendante devient de plus en plus périlleuse.

    Les observateurs avertissent : cette dérive liberticide ne se limite pas à une menace pour les professionnels des médias. Elle affecte l’ensemble du débat public, sapant la confiance des citoyens dans les institutions et limitant leur capacité à participer pleinement à la vie démocratique.

    Des répercussions au-delà des frontières

    Les conclusions de cette enquête soulèvent des inquiétudes quant à l’image internationale du Burkina Faso. La liberté de la presse est un indicateur clé pour les investisseurs, les organisations internationales et les partenaires au développement lorsqu’ils évaluent la stabilité et la qualité de la gouvernance d’un pays. Une dégradation persistante de cet indicateur pourrait nuire durablement à la réputation du pays sur la scène mondiale.

    Plus largement, cette affaire illustre une mutation profonde de la guerre informationnelle. Autrefois centrée sur les médias traditionnels, la propagande s’est déplacée vers les réseaux sociaux, où la viralité, les algorithmes et la rapidité de diffusion des contenus amplifient certains récits tout en étouffant les dissentiments. Pour les défenseurs de la liberté d’expression, cette évolution représente l’un des défis majeurs des États confrontés à des crises politiques et sécuritaires prolongées.