Catégorie : A la Une

  • Le Bénin et le Ghana soutiennent le plan marocain pour le Sahara occidental

    Le Bénin et le Ghana soutiennent le plan marocain pour le Sahara occidental

    Le Bénin et le Ghana renforcent leur appui au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental

    • Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a obtenu le soutien du Bénin et du Ghana pour son plan d’autonomie concernant le Sahara occidental.
    • Les deux pays africains ont réaffirmé leur adhésion à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, validant ce plan comme base du règlement du conflit.

    Lors de rencontres diplomatiques bilatérales organisées avec les délégations officielles du Bénin et du Ghana, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, a plaidé pour une reconnaissance renforcée du plan d’autonomie proposé par le Maroc pour la région du Sahara occidental.

    Les discussions ont abouti à un soutien explicite des deux pays africains à cette initiative, perçue comme la solution la plus viable pour un règlement durable du conflit.

    Bénin : un soutien historique à l’intégrité territoriale marocaine

    La Commission mixte de coopération maroco-béninoise, réunie à Cotonou, a adopté une déclaration commune réaffirmant le soutien du Bénin à l’intégrité territoriale du Maroc, incluant la région du Sahara. Ce soutien s’inscrit dans une position constante de Cotonou en faveur de la souveraineté marocaine.

    La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a salué l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui consacre le plan d’autonomie marocain comme base d’un règlement négocié et durable.

    Une mission officielle sera prochainement organisée à Dakhla pour évaluer les avancées économiques et sociales de la région, ainsi que pour explorer des partenariats concrets. Les deux pays ont également convenu que la prochaine session de la Commission mixte se tiendra dans cette ville.

    Ghana : un revirement stratégique en faveur du Maroc

    Le Ghana, qui avait précédemment retiré son soutien à la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en janvier 2025, a désormais adopté une position claire en faveur du plan d’autonomie marocain. Cette évolution marque un changement majeur dans la diplomatie africaine vis-à-vis du conflit.

    Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a confirmé ce soutien lors de sa rencontre avec Nasser Bourita, soulignant que le plan marocain représente la seule solution réaliste et durable pour résoudre le conflit saharien.

    Le Ghana rejoint ainsi la majorité des pays africains ayant adopté cette position, avec désormais plus de 116 pays soutenant l’initiative marocaine, représentant plus de 60 % des membres de l’ONU.

    Les deux pays ont également réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération économique dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures et l’agriculture. Un Forum économique et d’investissement Maroc-Ghana sera créé pour faciliter les échanges commerciaux et les partenariats sectoriels.

    Le Maroc a également proposé son soutien à la sécurité alimentaire du Ghana via la fourniture d’engrais produits par le groupe OCP, visant à améliorer les rendements agricoles locaux, notamment pour la culture du cacao.

    Enfin, le Ghana a réitéré son engagement en faveur de l’Initiative atlantique et du gazoduc Afrique-Atlantique, des projets stratégiques portés par le Maroc pour renforcer la connectivité régionale.

  • Président camerounais : le parti au pouvoir dément les rumeurs sur son absence prolongée

    Président camerounais : le parti au pouvoir dément les rumeurs sur son absence prolongée

    Président camerounais : le parti au pouvoir dément les rumeurs sur son absence prolongée

    Cameroun : le président camerounais à l'étranger, le parti au pouvoir réagit aux critiques

    Le ministre d’État Jacques Fame Ndongo a balayé d’un revers de main les spéculations entourant l’absence prolongée du président camerounais. Pour lui, évoquer une vacance du pouvoir relève d’un « barbarisme juridique, voire politique ou logique ». Aucune loi au Cameroun ne fixe en effet une durée maximale pour un séjour présidentiel à l’étranger, rappelle-t-il sans détour.

    Paul Biya, en poste depuis 1982, continue d’exercer ses fonctions avec rigueur. Ses collaborateurs lui soumettent régulièrement des dossiers, traités de visu ou via des canaux électroniques accessibles à tous. Une organisation qui prouve, selon le gouvernement, l’absurdité des accusations de vacance.

    L’opposition parle d’« exil de fait »

    Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Maurice Kamto, n’a pas tardé à réagir. Mamadou Mota, son vice-président, s’interroge : « À partir de combien de semaines un président en exercice perd-il sa légitimité territoriale ? Quarante-cinq jours hors du pays, ce n’est pas un séjour, c’est un exil de fait. »

    Le MRC ironise également sur l’idée d’un Cameroun gouverné en « télétravail clandestin », suggérant que Paul Biya dirigerait le pays depuis l’étranger, sans présence physique.

  • Forces étrangères au Togo : l’opposition en alerte face aux rumeurs de déploiement

    Forces étrangères au Togo : l’opposition en alerte face aux rumeurs de déploiement

    Faure Essozimna Gnassingbé et Vladimir Poutine, au Kremlin, à Moscou, le 19 novembre 2025. © Ramil Sitdikov / POOL / AFP

    Depuis plusieurs jours, des informations circulent concernant l’arrivée présumée de nouveaux acteurs militaires étrangers dans le Nord du Togo. Des sources locales évoquent notamment la présence de l’Africa Corps, une structure successorale des forces russes en Afrique, ainsi que des éléments turcs. Ces annonces suscitent une vive inquiétude au sein de l’opposition, qui s’interroge sur les motivations et les implications de ce déploiement.

    Une présence étrangère qui interroge

    Les rumeurs, encore floues, pointent vers des mouvements militaires dans des zones frontalières sensibles. L’Africa Corps, souvent associée à Moscou, et la Turquie, acteur croissant sur le continent africain, seraient au cœur de ces discussions. Dans un contexte géopolitique déjà tendu, cette éventuelle installation soulève des questions sur la souveraineté du Togo et son alignement stratégique.

    Les autorités togolaises n’ont pas encore réagi officiellement à ces allégations. Pourtant, les partis d’opposition multiplient les prises de parole pour exiger des éclaircissements. « Ces informations, si elles sont avérées, pourraient transformer radicalement l’équilibre sécuritaire régional », déclare un porte-parole de l’opposition.

    Des craintes pour la stabilité nationale

    Les craintes ne se limitent pas aux aspects militaires. Une partie de la classe politique togolaise redoute aussi des répercussions économiques et diplomatiques. L’Africa Corps et la Turquie sont perçus comme des acteurs aux ambitions parfois divergentes, ce qui pourrait compliquer les relations du Togo avec ses voisins et ses partenaires traditionnels.

    Certains analystes locaux estiment que ces déploiements pourraient s’inscrire dans une logique de « mercenariat stratégique », où des puissances extérieures chercheraient à sécuriser des intérêts économiques ou géopolitiques. L’opposition exige donc une transparence totale sur ces mouvements et met en garde contre toute ingérence étrangère.

    Que faire face à ces incertitudes ?

    Face à l’absence de confirmations officielles, les acteurs politiques togolais appellent à la prudence. Une commission d’enquête parlementaire pourrait être mise en place pour examiner ces allégations et évaluer leur impact potentiel. « Le Togo doit rester maître de sa sécurité », insiste un député de l’opposition.

    En attendant des réponses claires, la tension persiste dans le Nord du pays, où les populations s’interrogent sur les risques d’une militarisation accrue. Les prochains jours seront décisifs pour comprendre si ces rumeurs reflètent une réalité ou une simple spéculation.

  • Burkina Faso : Ibrahim Traoré dénonce l’esclavage historique et l’extrémisme islamique

    Burkina Faso : Ibrahim Traoré dénonce l’esclavage historique et l’extrémisme islamique

    Burkina Faso : Ibrahim Traoré dénonce l’esclavage historique et l’extrémisme islamique

    Lors d’une allocution télévisée, le président du Burkina Faso a abordé un sujet longtemps passé sous silence : l’esclavage perpétré par des puissances arabes envers les peuples africains. Une prise de parole qui suscite de vives réactions dans l’espace musulman.

    Un discours historique sur la mémoire africaine

    Dans un message retransmis à l’échelle nationale, Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabé, a évoqué avec fermeté les siècles d’oppression subis par l’Afrique aux mains de régimes arabes. Cette déclaration marque une rupture avec les tabous persistants autour de ce sujet douloureux.

    Le président a souligné l’importance de reconnaître ces crimes historiques pour mieux combattre les dérives actuelles, notamment la montée de l’islam radical sur le continent. Selon lui, ces deux phénomènes sont intimement liés et menacent la stabilité du Burkina Faso comme celle de toute l’Afrique de l’Ouest.

    Réactions et enjeux géopolitiques

    Cette prise de position a immédiatement provoqué des remous dans les milieux religieux et politiques musulmans. Certains y voient une critique légitime des abus passés, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation politique du débat.

    Au Burkina Faso, cette allocution a été perçue comme un signal fort en faveur de la souveraineté africaine et de la lutte contre toutes les formes d’extrémisme. Les observateurs locaux estiment qu’elle pourrait renforcer la cohésion nationale face aux menaces terroristes qui pèsent sur le pays.

    Vers une réécriture de l’histoire africaine ?

    En abordant ce sujet sensible, Ibrahim Traoré s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réhabiliter la mémoire des victimes de l’esclavage transsaharien. Cette démarche s’accompagne d’un appel à une réflexion collective sur les racines des conflits actuels en Afrique.

    Les historiens et chercheurs burkinabés sont désormais incités à approfondir les travaux sur cette période méconnue, afin d’éclairer les jeunes générations sur ce pan de l’histoire africaine.

  • RDC : les raisons de l’adhésion de Félix Tshisekedi au dialogue national inclusif

    RDC : les raisons de l’adhésion de Félix Tshisekedi au dialogue national inclusif

    RDC : les raisons de l’adhésion de Félix Tshisekedi au dialogue national inclusif

    Le président congolais Félix Tshisekedi a finalement consenti à organiser un dialogue national inclusif, une décision annoncée à l’issue d’une réunion avec les représentants des confessions religieuses à Kinshasa. Cette initiative, réclamée depuis plus d’un an par divers acteurs politiques et sociaux, marque un tournant dans la gestion des tensions internes. Cependant, son passage dans les faits reste conditionné à plusieurs étapes clés : publication d’un décret présidentiel, désignation des facilitateurs, définition précise de leur mission ainsi que l’établissement d’un calendrier et d’un cadre de discussion clairs.

    Cette volte-face du chef de l’État s’inscrit dans un contexte où la plateforme d’opposition C64 avait initialement prévu une manifestation de grande ampleur pour le 22 juillet. En réponse à cette annonce présidentielle, l’opposition a accepté de reporter sa mobilisation, tout en fixant un ultimatum au président Tshisekedi : le 15 août au plus tard pour lancer officiellement le processus. La question se pose désormais : cet objectif est-il réalisable dans les délais impartis ?

    Affrontements entre forces de l'ordre et manifestants à Kinshasa en juin 2026, illustrant les tensions autour d'un projet de révision constitutionnelle

    Analyse des motivations : Selon Bob Kabamba, professeur de science politique à l’Université de Liège, cette décision reflète une stratégie visant à désamorcer les tensions croissantes dans le pays. « Le président Tshisekedi cherche à élargir sa base de légitimité en associant les forces vives de la nation, notamment les acteurs religieux, à la résolution des crises politiques », explique-t-il. Cette approche pourrait aussi permettre de gagner du temps face aux pressions de l’opposition, tout en maintenant un dialogue sous contrôle.

    Les prochaines semaines seront déterminantes : le chef de l’État devra concrétiser ses promesses en publiant les textes officiels et en nommant les acteurs du dialogue. L’opposition, de son côté, surveillera de près l’application de cet ultimatum, tandis que la population congolaise attend des résultats tangibles pour apaiser les clivages persistants.

  • Partenariat Bénin-Maroc : quatorze accords pour une coopération renforcée

    Partenariat Bénin-Maroc : quatorze accords pour une coopération renforcée

    Une session historique pour les relations bilatérales

    La 7ème session de la Commission mixte de coopération entre le Bénin et le Maroc s’est tenue à Cotonou, dans les locaux du Ministère de l’Économie et des Finances. Cet événement a marqué une étape majeure dans l’histoire des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays, avec la signature de quatorze accords couvrant des secteurs stratégiques variés.

    Des échanges commerciaux à dynamiser

    Co-présidée par Corinne Amori Brunet, ministre béninoise des Affaires étrangères chargée de l’Intégration des Afrodescendants, et Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, cette rencontre a permis d’évaluer les avancées réalisées et de tracer de nouvelles perspectives. Nasser Bourita a salué la maturité démocratique et les performances économiques du Bénin, soulignant son rôle croissant dans l’émergence africaine. Il a insisté sur la nécessité d’aligner le partenariat sur les priorités des deux gouvernements pour maximiser son impact, en impliquant davantage le secteur privé afin de stimuler les échanges, les investissements et le financement du développement.

    Un modèle de coopération interafricaine

    L’ambition affichée est de faire de cette collaboration un exemple de partenariat fondé sur la solidarité, le partage et le développement durable. Concernant la menace terroriste, Nasser Bourita a réitéré la solidarité totale du Maroc envers le Bénin et appelé à promouvoir un islam de tolérance. De son côté, Hugues Oscar Lokossou, ministre béninois de l’Économie et des Finances, a pointé du doigt les échanges commerciaux encore limités malgré leur potentiel. Il a évoqué plusieurs secteurs où l’expertise marocaine et béninoise pourraient se compléter, avec pour objectif de construire un espace de prospérité partagée.

    Quatorze accords pour une coopération multidimensionnelle

    À l’issue de cette session, quatorze accords ont été officiellement signés, couvrant des domaines aussi divers que l’enseignement supérieur, la recherche scientifique, la justice, la sécurité, la formation professionnelle, l’agriculture, le tourisme, la santé ou encore l’environnement. Parmi ces textes, on retrouve notamment :

    • Un accord relatif à l’assistance administrative mutuelle en matière douanière ;
    • Une convention d’entraide judiciaire en matière pénale ;
    • Un plan d’actions dans le domaine de la justice ;
    • Un protocole de coopération dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments ;
    • Un mémorandum d’entente dans le domaine des sports et de la formation sportive ;
    • Une convention de partenariat pour le développement touristique ;
    • Un mémorandum d’entente dans le domaine de l’environnement et du développement durable.

    Une vision commune pour l’avenir

    Corinne Amori Brunet a également mis en avant l’importance de renforcer le partenariat dans des secteurs clés comme l’économie, l’industrie, l’investissement, le numérique et la culture. Ces accords viennent concrétiser une volonté politique commune de diversifier et d’approfondir la coopération entre le Bénin et le Maroc, en s’appuyant sur des bases solides et une vision partagée.

  • Circuit clandestin : le Maroc au centre des livraisons de carburant russe

    Circuit clandestin : le Maroc au centre des livraisons de carburant russe

    Navire transportant du carburant

    En 2025, le Maroc a émergé comme une plateforme stratégique dans l’acheminement de produits pétroliers russes destinés à des marchés normalement fermés par les sanctions occidentales. Deux investigations menées parallèlement révèlent un système organisé de contournement, impliquant des acteurs internationaux et des méthodes de dissimulation sophistiquées.

    Un réseau d’approvisionnement sous contrôle suisse

    Un négociant genevois, la société Alvari SA, a joué un rôle central dans l’organisation de livraisons massives de carburant russe vers le Maroc. Selon les données recueillies, cette entreprise a facilité le transfert de dizaines de millions de dollars de produits pétroliers en provenance de terminaux russes de la Baltique. Trois navires, dont le Tranquil Sea, le Duke II et l’Eldia, ont acheminé ces cargaisons vers les ports marocains de Jorf Lasfar et Mohammedia.

    Les enquêtes révèlent que le Tranquil Sea, placé sur la liste noire britannique dès octobre 2025, a également subi des sanctions de l’Union européenne et de la Suisse. Les autorités ukrainiennes l’accusent par ailleurs d’avoir servi d’instrument d’espionnage des activités militaires de l’OTAN, tandis que la Finlande l’a arraisonné pour suspicion d’endommagement d’un câble sous-marin. Interrogée par les journalistes, Alvari SA a nié toute implication dans l’affrètement ou l’exploitation de ces navires.

    Des certificats falsifiés pour masquer l’origine russe

    Pour dissimuler la provenance réelle du carburant, un certificat d’origine a été établi par la Chambre de commerce et d’industrie de Chypre, désignant le Turkménistan comme pays de départ. En réalité, les cargaisons ont transité par des opérations de transbordement en mer, au large de Gibraltar, sous couvert de manœuvres logistiques dites « Off Port Limits » (OPL). Ces pratiques, théoriquement réservées à des opérations mineures, sont souvent exploitées pour contourner les restrictions commerciales.

    Côté financier, les transactions ont été réalisées en dollars entre la Attijariwafa Bank, contrôlée par la holding royale Al Mada, et la branche offshore de la Banque centrale populaire basée à Tanger. Les importateurs marocains auraient bénéficié d’une réduction d’environ sept dollars par tonne par rapport aux prix européens, soit une économie significative non répercutée sur les prix de vente.

    Sur le plan diplomatique, cette dynamique coïncide avec une visite du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à Moscou, quelques jours avant un vote crucial au Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du Sahara occidental. La Russie s’est finalement abstenue, une décision favorable aux intérêts de Rabat.

    L’Espagne face à une possible réexportation vers l’UE

    Une enquête espagnole confirme l’inquiétude suscitée par ce circuit. Les importations de diesel en provenance du Maroc ont connu une hausse spectaculaire, passant de zéro avant la guerre en Ukraine à près de 45 % des achats totaux de carburant du pays en 2026. Les données de Kpler indiquent que le Maroc a importé 645 000 tonnes de diesel russe en 2025, un volume qui a encore augmenté en début d’année suivante.

    Selon les analyses, ces cargaisons, après avoir transité par le Maroc, pourraient être réexportées vers l’Espagne. Les chiffres officiels révèlent une reprise des flux vers la péninsule ibérique, avec 76 000 tonnes débarquées à Tarragone, Barcelone et Bilbao entre avril et juin 2026, une période marquée par des tensions au Proche-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz. Les raffineurs espagnols s’alarment de cette concurrence déloyale, estimant que ces carburants pourraient provenir de sources illicites.

    Des présomptions étayées, mais peu de preuves tangibles

    Bien que les deux enquêtes, menées de manière indépendante, convergent vers un même schéma, aucune ne dispose de preuve matérielle absolue confirmant que chaque cargaison suit ce circuit complet. Les indices reposent sur des données de traçabilité maritime, des documents douaniers et des témoignages d’experts du secteur. La complexité des circuits commerciaux internationaux rend la traçabilité des produits raffinés particulièrement ardue, une fois ceux-ci mélangés à d’autres flux.

  • Maroc et Bénin : un partenariat renforcé pour une coopération africaine exemplaire

    Maroc et Bénin : un partenariat renforcé pour une coopération africaine exemplaire

    À l’issue de discussions tenues à Cotonou, la République du Bénin et le Royaume du Maroc ont salué les progrès accomplis dans leur collaboration bilatérale. Cette rencontre, organisée en amont de la coprésidence de la 7e session de la Commission mixte de coopération maroco-béninoise, a également révélé une ambition commune : approfondir et élargir les domaines d’échange entre les deux nations.

    Des avancées majeures depuis 2004

    Lors de ces échanges, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et Corinne Amori Brunet, ministre béninoise des Affaires étrangères chargée de l’intégration des Afrodescendants, accompagnée de Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué à la mobilisation des ressources et à la gestion de la dette, ont souligné les résultats concrets obtenus depuis la visite royale de Sa Majesté Mohammed VI à Cotonou en juin 2004.

    Les deux délégations ont mis en avant la solidité des liens historiques et la confiance mutuelle qui unissent le Maroc et le Bénin, illustrée par la relation privilégiée entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président Romuald Wadagni. Une volonté partagée a été réaffirmée : faire de cette coopération un exemple de partenariat interafricain, fondé sur des valeurs de solidarité, d’échange et de partage.

    Des secteurs stratégiques identifiés pour l’avenir

    Les discussions ont permis de cibler plusieurs domaines à fort potentiel, dont :

    • L’économie, le commerce et les investissements ;
    • Le tourisme, l’agriculture et la justice ;
    • La sécurité, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur ;
    • La recherche scientifique, la santé, le numérique et la culture.

    Les deux pays ont insisté sur la nécessité de mobiliser le secteur privé pour dynamiser les échanges économiques et soutenir le financement du développement.

    Rencontre officielle entre responsables marocains et béninois

    Signature d'accords lors des entretiens maroco-béninois

  • Maroc et États-Unis unis pour la sécurité maritime africaine en 2026

    Maroc et États-Unis unis pour la sécurité maritime africaine en 2026

    Le Maroc et les États-Unis au cœur d’une alliance stratégique pour la sécurité maritime africaine

    La ville de Rabat s’apprête à accueillir une édition majeure du Sommet des forces maritimes africaines (AMFS), prévue du 20 au 24 juillet 2026. Sous l’égide de la Marine royale marocaine, en collaboration avec les commandements navals américains en Europe et en Afrique (NAVAF et MARFORAF), cet événement mettra en lumière les enjeux cruciaux de l’innovation et de la sécurité des espaces maritimes. Trois axes principaux structurent cette rencontre : le renforcement de la collaboration interministérielle, l’adoption de technologies innovantes et l’intensification des partenariats avec les pays voisins et les acteurs internationaux.

    L’objectif affiché est clair : identifier et résoudre les défis communs liés à la sécurité maritime, tout en consolidant les capacités opérationnelles des forces africaines. Pour la première fois cette année, l’AMFS 2026 intégrera des ateliers interactifs basés sur des scénarios réels, permettant aux participants d’anticiper et de préparer des réponses coordonnées aux crises potentielles.

    Renforcer la coopération face aux menaces transfrontalières

    Lors d’une conférence de presse, le contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale marocaine, a souligné l’engagement du Royaume en faveur d’une coopération africaine renforcée. «Ce sommet illustre notre détermination à consolider la stabilité régionale et à intensifier les efforts collectifs pour garantir la paix et la sécurité maritimes», a-t-il déclaré. Les échanges porteront notamment sur l’intégration des technologies émergentes, la lutte contre la pêche illicite, le trafic maritime illégal, le terrorisme et les migrations irrégulières, ainsi que la protection des écosystèmes marins.

    Le responsable militaire a rappelé que la sécurité maritime constitue une priorité stratégique absolue, nécessitant un dialogue permanent, une confiance mutuelle et une action concertée entre toutes les parties prenantes. «Aucune nation ne peut relever ces défis seule. C’est pourquoi nous misons sur des partenariats solides et des solutions innovantes pour bâtir un avenir maritime plus sûr», a-t-il ajouté.

    «Ce sommet constituera un levier essentiel pour renforcer la coopération entre l’Afrique, ses forces maritimes et leurs partenaires internationaux. Il favorisera l’échange de bonnes pratiques et contribuera à forger un avenir maritime plus sécurisé et prospère pour tout le continent.»

    Contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale

    L’amiral George Wikoff, commandant de la NAVAF, a également mis en avant l’impact direct de la sécurité maritime sur le commerce mondial, la sécurité alimentaire et la stabilité des États riverains. «L’AMFS 2026 rassemble les dirigeants africains et leurs alliés américains autour de défis communs : piraterie, trafic illégal, contrebande et criminalité transnationale. Ces menaces, souvent transfrontalières, exigent une réponse unifiée et des mécanismes de collaboration renforcés entre les nations et les agences», a-t-il expliqué.

    Il a insisté sur la nécessité de «façonner des solutions durables» et de former des partenaires compétents, capables de sécuriser les voies maritimes et de collaborer efficacement face aux crises. «Notre mission est de renforcer ces relations et de soutenir l’émergence de professionnels capables d’anticiper les menaces et de protéger leurs zones d’influence», a-t-il conclu.

    Une collaboration maroco-américaine en pleine expansion

    L’édition 2026 de l’AMFS se tient dans un contexte marqué par une dynamique bilatérale croissante entre le Maroc et les États-Unis. Cette synergie s’étend à plusieurs domaines militaires, reflétant une volonté commune de renforcer la coopération africaine et de moderniser les capacités maritimes du continent.

    Le Maroc, qui a récemment exprimé son intérêt pour le développement d’une industrie militaire nationale, mise sur des partenariats stratégiques avec Washington. Les discussions en cours portent notamment sur des projets de coproduction et de création d’emplois locaux, dans le cadre d’une Initiative atlantique annoncée lors de l’exercice African Lion. «Nous explorons activement de nouvelles pistes de coopération pour répondre à nos besoins respectifs», a déclaré Ben Ziff, chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Rabat. «Le Maroc, avec son tissu industriel dynamique, est un partenaire de premier plan pour renforcer notre sécurité collective.»

    «Ce partenariat repose sur le partage des capacités et des ressources pour sécuriser nos intérêts communs. Ensemble, nous pouvons bâtir un écosystème robuste, capable de répondre aux défis maritimes actuels et futurs.»

    Ben Ziff, chargé d’affaires – ambassade des États-Unis à Rabat

    L’AMFS 2026 accueillera également la Conférence des sous-officiers supérieurs africains (SEL), offrant ainsi un cadre privilégié pour partager des solutions innovantes et améliorer la coordination entre les responsables maritimes du continent.

  • Conrad Gbaguidi sur le point de devenir médiateur de la République au Bénin

    Conrad Gbaguidi sur le point de devenir médiateur de la République au Bénin

    Conrad Gbaguidi sur le point de devenir médiateur de la République au Bénin

    La prochaine assemblée du Conseil économique et social (CES) du Bénin, prévue ce mercredi 22 juillet 2026, s’annonce comme un tournant institutionnel majeur. Plusieurs observateurs s’accordent sur une information : Conrad Gbaguidi, actuel président du CES, serait en passe de briguer le poste de premier vice-président, une nomination qui lui ouvrirait simultanément les portes de la fonction de médiateur de la République.

    Portrait de Conrad Gbaguidi pressenti pour le poste de médiateur de la République au Bénin

    Un nouveau rôle institutionnel pour Conrad Gbaguidi

    Cette nomination, si elle se concrétise, s’appuie sur une réforme législative récente. La loi n° 2026-13, modifiant l’organisation du CES, attribue désormais au premier vice-président les attributions traditionnelles du médiateur de la République. Une évolution saluée par les parlementaires lors de son adoption, qui permet de fusionner deux entités clés tout en conservant leur structure administrative distincte.

    Une transition naturelle pour l’institution

    Conrad Gbaguidi, à la tête du CES depuis février 2025, a déjà piloté les premières phases de restructuration de l’institution. Son expertise sur les dossiers économiques et sociaux du pays, ainsi que sa connaissance approfondie du fonctionnement du Conseil, renforcent les attentes autour de sa désignation future. Cette transition reflète une volonté de renforcer la cohésion entre les instances consultatives et les mécanismes de médiation nationale.

    La composition du nouveau bureau du CES sous les projecteurs

    L’élection des membres du bureau, dont le président et les vice-présidents, sera officialisée lors de la séance plénière de ce mercredi. Les débats s’annoncent serrés, mais Conrad Gbaguidi semble bénéficier d’un soutien majoritaire parmi les participants. Les observateurs soulignent que son profil correspond aux attentes des nouveaux statuts du CES, qui privilégient une approche intégrée des missions de médiation et de conseil économique.

    Reste à savoir si les membres du CES valideront cette hypothèse lors du vote. Une chose est sûre : la prochaine mandature du Conseil s’inscrira dans une dynamique de modernisation et de simplification des institutions publiques béninoises.

  • Niamey au cœur d’une mission onusienne pour le Sahel

    Niamey au cœur d’une mission onusienne pour le Sahel

    Niamey accueille une initiative diplomatique majeure orchestrée par les Nations Unies. L/envoyée spéciale du Secrétaire général, Sahle-Work Zewde, a été reçue en audience par le Général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, pour lancer une revue stratégique du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Cette tournée de consultations s’étendra à l’ensemble des pays membres de la CEDEAO ainsi qu’à ceux de l’Alliance des États du Sahel.

    CCPRN

    La capitale nigérienne, épicentre d’une évaluation régionale

    Niamey s’impose comme la première étape d’une mission d’envergure confié à Sahle-Work Zewde, chargée par le Conseil de sécurité de l’ONU d’évaluer l’efficacité de l’UNOWAS. Cette revue s’inscrit dans un contexte de transformations politiques et sécuritaires majeures en Afrique de l’Ouest et au Sahel. L’objectif ? Examiner en profondeur les actions de prévention des conflits, de médiation et de coopération menées par le bureau onusien auprès des États membres.

    Cette évaluation s’annonce comme un exercice crucial pour adapter les stratégies onusiennes aux réalités complexes de la région, marquée par des défis persistants.

    CCPRN

    Une consultation inclusive pour une mission onusienne repensée

    La mission de Sahle-Work Zewde ne se limite pas aux échanges avec les autorités nigériennes. Elle s’étendra à l’ensemble des pays concernés, incluant ceux de la CEDEAO et de l’Alliance des États du Sahel. Des rencontres sont prévues avec les gouvernements, les formations politiques et la société civile pour recueillir leurs retours sur le rôle de l’UNOWAS et leurs attentes pour les prochaines années.

    Les contributions recueillies alimenteront un rapport destiné au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les conclusions de cette évaluation pourraient redéfinir les priorités et le mandat de l’institution, alors que la région fait face à des enjeux sécuritaires, politiques et humanitaires toujours plus pressants.

    CCPRN

    Un lien historique entre l’envoyée onusienne et le Niger

    Lors de son entretien avec le Général Abdourahamane Tiani, Sahle-Work Zewde a rappelé ses liens de longue date avec le Niger. Elle avait déjà œuvré dans le pays en 1993, dans le cadre d’une mission d’observation électorale organisée par l’Organisation de l’unité africaine. Elle a salué les progrès réalisés depuis cette période, tout en insistant sur la nécessité d’un dialogue permanent entre l’ONU et les États de la région.

    Le Niger confirme son engagement

    À l’issue de leur rencontre, le Général Abdourahamane Tiani a pris acte des objectifs de la mission et réaffirmé la pleine disponibilité des autorités nigériennes à participer activement à la revue de l’UNOWAS. Plusieurs hauts responsables étaient présents lors de l’audience, dont des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, le Dr Soumana Boubacar, ministre porte-parole du gouvernement, ainsi que le conseiller en charge des questions stratégiques et diplomatiques.

    Une évaluation décisive pour l’avenir de l’ONU au Sahel

    Dans un contexte de profondes mutations géopolitiques en Afrique de l’Ouest, les Nations Unies misent sur l’inclusivité pour façonner l’avenir de l’UNOWAS. En choisissant Niamey comme point de départ de cette mission, l’ONU envoie un signal fort : la réussite de l’institution dépendra d’une écoute attentive de tous les acteurs, de la CEDEAO à l’Alliance des États du Sahel. La refonte diplomatique est désormais en marche.

  • Mayo-tsanaga : quand la terreur de boko haram transforme les villages en déserts humains

    Mayo-tsanaga : quand la terreur de boko haram transforme les villages en déserts humains

    mayo-tsanaga : quand la terreur de boko haram transforme les villages en déserts humains

    Une décennie de cauchemars : les habitants du mayo-tsanaga survivent sous la menace permanente

    Plus de 50 villages vidés de leurs habitants, des familles brisées, et un État camerounais qui semble contempler le désastre sans agir.

    Ce qui n’était autrefois qu’une menace lointaine venue des confins du Nigeria, dans l’État de Borno, est devenu une réalité quotidienne pour les populations du département du Mayo-Tsanaga. Depuis 2014, Boko Haram a franchi les frontières, s’installant durablement sur le mont Gossi à Tourou, à seulement 35 km de Mokolo. Les attaques, de plus en plus fréquentes et violentes, laissent derrière elles un paysage de désolation : des maisons brûlées, des récoltes pillées, des vies brisées.

    Les terroristes ne ciblent plus seulement les civils, mais aussi les infrastructures essentielles : écoles, centres de santé, postes de sécurité. Résultat ? Des villages entiers sont abandonnés, leurs habitants contraints de fuir pour sauver leur peau. Parmi les localités désertées, on compte Gossi, Tourou, Vizik, Ldamang, Magoumaz et bien d’autres, où les noms mêmes évoquent désormais le silence et l’oubli. En mai 2022, lors des Rencontres fraternelles du mayo-tsanaga, le cinquième adjoint au maire de Mokolo, Mahadek Nicolo Nouhou, dressait un bilan accablant : une dizaine de villages entièrement vidés, deux occupés par les terroristes, et sept autres régulièrement assiégés.

    La situation n’a fait qu’empirer depuis. Les populations, épuisées par des années de terreur, dénoncent l’inaction des autorités. « Nous sommes abandonnés, comme si notre sort ne comptait pas. Pourquoi nos élus et le gouvernement ferment-ils les yeux ? » s’indignent les habitants de Tourou. La nuit, les hommes fuient vers les montagnes, partageant des grottes avec la faune locale, risquant morsures et maladies. Au petit jour, ils retournent sur leurs terres, le cœur lourd, pour tenter de survivre.

    Une réponse militaire dérisoire

    Face à des terroristes lourdement armés, l’État camerounais déploie des moyens dérisoires. Lors de l’attaque du 18 juin 2026 à Ldamang, seuls deux soldats étaient présents sur place. Comment des forces aussi réduites pourraient-elles contrer des groupes bien équipés ? Les comités de vigilance, composés de civils désarmés, se retrouvent en première ligne, brandissant machettes et bâtons contre des assaillants équipés de fusils d’assaut.

    Les promesses des élites locales et nationales se résument à des discours creux, des visites éphémères et des rencontres sans lendemain. Les ministres se succèdent à Mokolo, font des déclarations, puis repartent, laissant les populations face à leur destin. Les villages de Gossi, Toufou 1 et 2, Roum et Hitawa, autrefois florissants, sont désormais des fantômes de ce qu’ils étaient.

    Un exode qui dépasse les frontières

    Le drame ne se limite pas au Mayo-Tsanaga. Depuis le début du mois de juin 2026, près de 500 nouveaux déplacés ont été recensés, fuyant vers des zones plus sûres. Début juillet, une autorité communale de Kalfou, dans le Mayo-Danay, a accueilli près de 300 personnes venues de Mokolo, parcourant plus de 200 km dans l’espoir d’échapper à la terreur. Ces familles abandonnent tout : leurs maisons, leurs terres, leurs papiers d’identité réduits en cendres. Pire encore, des enfants se retrouvent séparés de leurs parents, livrés à eux-mêmes, privés d’école et de protection. Certains basculent dans le banditisme ou abandonnent leurs études, tandis que des jeunes filles voient leur avenir s’assombrir.

    Le Mayo-Tsanaga se meurt. L’agriculture s’effondre, les écoles ferment, l’économie locale s’effondre. Si rien ne change, ce département camerounais pourrait devenir un désert humain, une cicatrice ouverte dans le paysage national. Combien de villages devront encore être rayés de la carte avant que cette crise ne devienne une priorité pour l’État ?