Catégorie : A la Une

  • Coupe du monde 2026 : la presse mondiale impressionnée par la démonstration des Bleus face à la Suède

    Coupe du monde 2026 : la presse mondiale impressionnée par la démonstration des Bleus face à la Suède

    La performance éclatante de l’équipe de France contre la Suède en 16es de finale de la Coupe du monde 2026 suscite une onde de choc dans les médias internationaux. Nombreux sont les observateurs à qualifier cette supériorité d’« obscène », tant les Bleus ont dominé leur adversaire avec une aisance déconcertante.

    Un doublé de Mbappé et un geste d’anthologie d’Olise

    Le match a été marqué par un nouveau doublé de Kylian Mbappé, confirmant son statut de joueur clé de la compétition. Michael Olise, quant à lui, a frôlé le but d’anthologie avec une tentative spectaculaire qui aurait pu rester dans les annales. Les images de ces actions font le tour du monde et alimentent les conversations sur la puissance offensive française.

    Vers un 8e de finale contre le Paraguay

    Fort de ce succès, le parcours des Bleus se dessine désormais vers les 8es de finale, où ils affronteront le Paraguay. Les analystes scrutent déjà le tableau théorique jusqu’à la finale, et la presse n’hésite pas à voir en cette équipe de France un favori incontestable pour le titre mondial.

  • Mercato : le RB Leipzig ferme la porte au PSG pour Yan Diomandé

    Mercato : le RB Leipzig ferme la porte au PSG pour Yan Diomandé

    La situation autour de Yan Diomandé s’intensifie. L’ailier ivoirien, très courtisé, aurait donné sa priorité au Paris Saint-Germain. Mais le RB Leipzig ne compte pas le laisser filer.

    Auteur d’un début de Coupe du monde remarqué, dans la continuité de sa saison avec le RB Leipzig, Yan Diomandé suscite les convoitises. Alors que Liverpool en a fait sa priorité, l’ailier ivoirien aurait choisi de rejoindre le PSG, se rapprochant ainsi d’un transfert vers le double champion d’Europe en titre. Cependant, Marcel Schäfer, directeur sportif du club allemand, a tempéré les ardeurs parisiennes.

    Le PSG se heurte à l’intransigeance de Leipzig

    « Notre intention est limpide : Yan Diomandé jouera pour le RB Leipzig l’année prochaine, et nous ne transigerons pas là-dessus ! Nous connaissons sa valeur. Certes, s’il poursuit sur cette dynamique, le moment viendra de lui permettre de franchir un cap, mais pas cette saison. En principe, il a un contrat de quatre ans et nous gardons la main. Ces développements actuels sont avant tout une reconnaissance de ses performances. Ni plus, ni moins. Et si nous ne trouvons pas de solution, tant pis, il lui reste quatre ans de contrat. Je le répète donc : Yan Diomandé restera un joueur de Leipzig », a déclaré le dirigeant.

    Yan Diomandé reste focalisé sur le Mondial

    De son côté, Yan Diomandé s’est montré beaucoup plus évasif en conférence de presse au sujet de son avenir : « Vous m’apprenez l’information. Je n’ai pas internet, ni Instagram, ni TikTok. C’est mon agent qui discute avec le club, je n’ai aucun détail. Je ne veux pas aborder ce sujet, même avec lui, car jouer une Coupe du monde est un privilège tous les quatre ans, il faut en profiter. Mon objectif est de marquer l’histoire avec mon pays et de donner le meilleur. Mon rêve est de jouer pour ma nation. Je n’ai plus les réseaux sociaux, donc je ne vois rien. Mon agent gère le reste. Pour moi, l’essentiel est de rester concentré sur le Mondial et d’écrire l’histoire. »

  • Frank Onyeka s’engage définitivement avec Coventry City

    Frank Onyeka s’engage définitivement avec Coventry City

    Promu en Premier League pour la saison 2026-2027, Coventry City officialise l’arrivée définitive de Frank Onyeka en provenance de Brentford.

    Le milieu de terrain international nigérian, âgé de 28 ans, avait été prêté aux Sky Blues en janvier dernier. Son transfert permanent a été activé dès l’ouverture du mercato estival. Sous les ordres de Frank Lampard, Onyeka a joué un rôle déterminant dans la conquête du titre de Championship. En 14 apparitions, il a inscrit un but décisif lors d’un match clé face à Derby County en avril.

    Fort de 75 matchs de Premier League disputés sous le maillot des Bees, le joueur apporte une précieuse expérience de l’élite anglaise à Coventry. La durée de son contrat n’a pas été communiquée.

  • PSG : Gabriel Moscardo sur le départ, l’Espanyol Barcelone en pole position

    PSG : Gabriel Moscardo sur le départ, l’Espanyol Barcelone en pole position

    Le Paris Saint-Germain a officialisé ce mardi son premier mouvement estival avec le départ de Gonçalo Ramos vers l’AC Milan, une transaction avoisinant les 70 millions d’euros. D’autres joueurs sont attendus sur le marché des transferts, notamment Randal Kolo Muani, proche de la Juventus, et Kang-in Lee, qui devrait s’engager avec l’Atlético de Madrid. Dans ce contexte, le jeune milieu de terrain Gabriel Moscardo pourrait lui aussi quitter la capitale française.

    Moscardo vers un prêt à l’Espanyol Barcelone

    Gabriel Moscardo, recruté pour 20 millions d’euros en janvier 2024, n’a encore jamais porté le maillot parisien en match officiel. Après des prêts à Reims puis à Braga, le joueur de 20 ans, sous contrat jusqu’en juin 2028, attire désormais l’attention de l’Espanyol Barcelone. Selon des sources proches du dossier, un nouveau prêt est en bonne voie et pourrait être finalisé dans les prochains jours.

    « Je souhaite rester au Paris Saint-Germain »

    Interrogé en avril dernier sur son avenir, Gabriel Moscardo avait pourtant exprimé son attachement au club : « Nous n’avons pas encore parlé de la saison prochaine. Mon agent, en accord avec la direction du PSG, décidera de ce qui est le mieux pour moi. Bien sûr, je souhaite rester au Paris Saint-Germain, y faire la préparation d’avant-saison, car c’est là que je suis à ma place et que je dois être. J’ai davantage de temps de jeu. Je suis en pleine progression et je pense que cette année à Braga a été très importante ; elle m’apporte de l’expérience pour les prochains défis. Et si Dieu le veut, un jour je jouerai une saison complète au Paris Saint-Germain et je prouverai que j’en suis capable. » Reste à savoir si ce souhait coïncidera avec les plans du club.

  • Retraite du général Bertin Bada : 43 ans au service du Bénin

    Retraite du général Bertin Bada : 43 ans au service du Bénin

    Le général d’armée aérienne Bertin Bada a officiellement quitté les rangs des Forces armées béninoises ce mardi 30 juin 2026, après 43 années de service. Une cérémonie solennelle s’est tenue à la Base aérienne de Cotonou, marquée par des honneurs militaires, le salut au drapeau et une revue des troupes.

    La cérémonie s’est déroulée en présence du chef d’état-major général, le général Fructueux Gbaguidi, et du ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Agonkan. Tous ont salué le parcours rigoureux et l’engagement du plus haut gradé de l’armée béninoise.

    Élevé au rang de général cinq étoiles le 9 février 2026, Bertin Bada avait ensuite été nommé conseiller à la défense et à la sécurité du président Romuald Wadagni. Il occupait auparavant le poste de directeur du cabinet militaire de l’ancien président Patrice Talon.

    Âgé de 63 ans, le général Bada quitte l’institution militaire après une carrière dense. Il a également vécu une épreuve personnelle lors de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, au cours de laquelle il a perdu son épouse.

  • Général Bertin Bada : 43 ans de service, la retraite d’un pilier de l’armée béninoise

    Général Bertin Bada : 43 ans de service, la retraite d’un pilier de l’armée béninoise

    Après plus de quatre décennies de carrière militaire exemplaire, le premier général cinq étoiles de l’histoire du Bénin prend sa retraite. Portrait d’un homme de devoir, dont l’intégrité face aux crises républicaines a forgé la légende, mais dont le parcours demeure marqué par le drame du 7 décembre 2025.

    Quarante-trois ans. Près d’un demi-siècle à surveiller le ciel et à protéger l’État. En quittant le service actif, le Général d’armée aérienne Bertin Bada ne tourne pas seulement une page personnelle ; il referme un chapitre entier de l’histoire des Forces armées béninoises (FAB).

    Entré dans les rangs au début des années 1980, ce pilote et instructeur de haut vol s’est imposé comme la clé de voûte du dispositif sécuritaire national. Des cockpits de l’armée de l’air au Cabinet militaire de la présidence, il a incarné une loyauté absolue aux institutions démocratiques.

    L’incarnation de la droiture républicaine

    Dans une sous-région instable, le parcours du Général Bada rappelle que la grandeur d’un soldat réside dans son respect des lois. Reconnu pour sa rigueur morale et son intégrité, il a gravi méthodiquement chaque échelon. De Chef d’État-Major de l’armée de l’air à Directeur du cabinet militaire sous Patrice Talon, sa nomination comme Conseiller à la Défense et à la Sécurité par le président Romuald Wadagni a couronné cette expertise. En février 2026, il est entré dans le panthéon militaire comme premier officier à arborer cinq étoiles depuis l’indépendance.

    Le sacrifice du 7 décembre 2025

    Cette vie de droiture s’est heurtée à la violence. Dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025, alors que des mutins tentaient un coup d’État, le domicile du général a été attaqué. Son épouse, Berthe Kougblénou (Bada), a été mortellement touchée. Compagne depuis 1982, elle est tombée victime de la haine des factieux visant, à travers son mari, la démocratie béninoise.

    « Elle s’est éteinte dans l’intérêt de la République », ont déclaré les autorités judiciaires lors des hommages. Le général, malgré ce deuil cruel, a poursuivi son service, transformant sa douleur en sacerdoce pour la patrie.

    L’héritage d’une légende des airs

    Alors qu’il quitte l’uniforme pour une retraite méritée, Bertin Bada laisse des forces aériennes modernisées et une génération d’officiers formés à la rectitude. L’histoire retiendra l’image d’un soldat qui a tout donné au Bénin, jusqu’à sa paix familiale, sans jamais dévier de son serment. L’armée perd un chef, la Nation garde un modèle.

  • Mercato : l’om prêt à se séparer d’un cadre pour 10 millions d’euros

    Mercato : l’om prêt à se séparer d’un cadre pour 10 millions d’euros

    Le mercato estival bat son plein et l’Olympique de Marseille est au cœur des discussions. Sous la pression de l’UEFA, le club phocéen doit vendre pour éviter des sanctions. Le nouveau directeur sportif Grégory Lorenzi est sur tous les fronts pour gérer cet été crucial. Le cas Mason Greenwood est très suivi, mais un autre cadre pourrait aussi faire ses adieux.

    Mason Greenwood en instance de départ

    Meilleur buteur de l’OM ces deux dernières saisons, Greenwood attire les convoitises. Fenerbahçe et surtout l’AS Roma sont sur les rangs. Les discussions avec le club romain semblaient avancées, mais un accroc serait survenu : la direction marseillaise n’aurait pas apprécié que le joueur soit contacté sans son accord préalable.

    Pierre-Emile Højbjerg sur le marché ?

    Un autre dossier pourrait se concrétiser : l’Atalanta Bergame, avec son nouveau directeur sportif Cristiano Giuntoli, fait de Højbjerg sa priorité. Giuntoli avait déjà tenté de le recruter à la Juventus par le passé. Selon des informations proches du dossier, l’OM aurait fixé le prix de l’international danois à 10 millions d’euros minimum, sans fermer la porte à un départ.

  • Réforme constitutionnelle au Sénégal : la société civile exige un processus électoral transparent

    Réforme constitutionnelle au Sénégal : la société civile exige un processus électoral transparent

    Le paysage politique du Sénégal est actuellement marqué par une étape décisive de son évolution institutionnelle. Après la validation par les parlementaires d’un projet de réforme de la Constitution le lundi 29 juin, le mouvement citoyen Y’en a marre sort du silence pour clarifier sa position sur l’avenir démocratique du pays.

    L’organisation, pilier de la contestation sociale depuis quinze ans, soutient l’idée d’un référendum telle qu’évoquée par le président Bassirou Diomaye Faye. Cependant, les militants mettent en garde contre toute tentative de manipulation de l’opinion et fustigent le retour de certaines dérives politiques qu’ils espéraient révolues.

    Le référendum comme gage de légitimité populaire

    Pour les responsables du collectif, le climat actuel entre les partisans du pouvoir et l’opposition ne doit pas occulter l’intérêt national. Aliou Sané, figure de proue du mouvement, insiste sur le fait que la consultation populaire ne doit pas servir de simple outil tactique dans le duel qui oppose l’exécutif à d’autres forces politiques.

    « L’annonce de ce référendum ne doit pas être une manœuvre politique dilatoire », affirme le leader de Y’en a marre. Il plaide pour une pédagogie active permettant aux citoyens du Sénégal de saisir les enjeux réels des modifications proposées avant de se prononcer de manière souveraine dans les urnes.

    Dénonciation des campagnes de stigmatisation

    Le collectif exprime également son inquiétude face à la résurgence de méthodes visant à discréditer les voix divergentes. Depuis qu’il a émis des réserves sur la démarche législative portée par le Pastef, le mouvement fait l’objet d’attaques virulentes. Certains militants proches d’Ousmane Sonko tentent de les assimiler à un « lobby LGBT », une étiquette particulièrement sensible et stigmatisée dans la société sénégalaise.

    Ces accusations, qualifiées de calomnies par le collectif, rappellent les pratiques subies sous les régimes de Abdoulaye Wade et Macky Sall. Les membres de Y’en a marre s’étonnent de voir ces procédés réutilisés par ceux-là mêmes qui s’en offusquaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition aux côtés de la société civile.

    Enfin, la tension est montée d’un cran avec l’interpellation de douze individus, dont neuf jeunes militants du parti Alternative pour la relève citoyenne (ARC), aux abords de l’Assemblée nationale lors du vote de la réforme. Bien que libérées après quelques heures, ces personnes avaient été arrêtées pour troubles à l’ordre public, illustrant la nervosité ambiante autour de ce chantier constitutionnel au Sénégal.

  • Ayyoub Bouaddi sur toutes les listes : le PSG connaît le montant à payer

    Ayyoub Bouaddi sur toutes les listes : le PSG connaît le montant à payer

    Le PSG s’apprête à connaître un mercato estival agité. Le club parisien veut renforcer son effectif et a multiplié les pistes. Les dirigeants suivent de près la situation d’Ayyoub Bouaddi, dont le prix de vente est désormais connu.

    Après un deuxième sacre consécutif en Ligue des champions, le PSG juge nécessaire de renouveler le groupe de Luis Enrique. Le club de la capitale a donc exploré plusieurs options sur le marché, dont celle menant à Ayyoub Bouaddi. Le milieu de terrain de 18 ans impressionne sous le maillot du Maroc lors de la Coupe du monde 2026. Son profil attire les dirigeants parisiens, mais aussi d’autres grands clubs. Le joueur du LOSC aurait plusieurs choix pour la suite de sa carrière.

    Le LOSC a fixé un tarif pour Ayyoub Bouaddi

    Ayyoub Bouaddi est décrit comme l’un des joueurs les plus recherchés du moment. Le talent lillois est suivi par le PSG, mais aussi par le FC Barcelone, le Bayern Munich, l’Inter et plusieurs clubs de Premier League. Le Real Madrid a également été mentionné, mais se concentrerait sur d’autres cibles. De son côté, le LOSC souhaite le garder une saison de plus pour compter sur lui en Ligue des champions. Cependant, en cas de départ, le club nordiste attendrait environ 80 millions d’euros.

    Le LOSC préférerait éviter de vendre au PSG

    Selon des informations concordantes, les dirigeants lillois seraient enclins à céder leur pépite à un club de Premier League, idéalement Manchester City, plutôt qu’au PSG. La décision finale reviendra à Ayyoub Bouaddi, qui devra choisir son avenir. Avec la Coupe du monde 2026 comme vitrine, l’international marocain s’annonce comme l’une des attractions majeures du prochain mercato estival.

  • Mali : le JNIM mise sur les fonctions étatiques plutôt que le territoire

    Mali : le JNIM mise sur les fonctions étatiques plutôt que le territoire

    Le 24 juin 2026, la circulation a repris sur l’axe stratégique Bamako-Mourdiah-Nara, dans le centre-ouest du Mali, après plusieurs semaines de blocus imposé par le JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin). Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la réouverture, mais la manière dont elle a été obtenue : non par une offensive militaire décisive de l’État, mais par des médiations menées par des notabilités locales et des acteurs communautaires auprès du groupe jihadiste.

    Cet épisode invite à reconsidérer les grilles de lecture du conflit sahélien. Il suggère que la dynamique ne se réduit plus à une succession d’offensives, de replis ou de conquêtes territoriales. Elle se joue aussi dans la capacité à ouvrir ou fermer un axe routier, à garantir les échanges, à influencer les mobilités ou à conditionner le fonctionnement ordinaire de la vie collective. Le centre de gravité de la compétition semble se déplacer : la question n’est plus seulement qui contrôle un territoire, mais qui exerce concrètement les fonctions permettant à une société de fonctionner, produisant ainsi de l’autorité. C’est à partir de cette hypothèse que nous proposons de relire les évolutions récentes de la stratégie du JNIM et les transformations de la guerre et de la fabrique de l’autorité dans les marges sahéliennes.

    I. De la conquête des territoires à la conquête des fonctions

    Ce qui change aujourd’hui au Sahel n’est peut-être pas seulement la géographie de la guerre, mais son objet. La compétition porte de moins en moins sur la conquête durable des territoires et de plus en plus sur le contrôle des fonctions qui permettent à une société de fonctionner. Cette évolution invite à déplacer le regard : des espaces vers les flux, des territoires vers les fonctions, de la conquête militaire vers la production de l’ordre.

    Les développements observés au Mali depuis 2024 illustrent cette mutation. Sans renoncer aux attaques contre les forces armées, le JNIM a intégré à son répertoire des blocus routiers, des restrictions de circulation, des interdictions d’approvisionnement, des contrôles des axes commerciaux et des pressions sur les corridors reliant Bamako à Kayes, Nioro-du-Sahel, Ségou ou Mourdiah. Ces opérations affectent les circuits d’approvisionnement, le fonctionnement des marchés, la mobilité des personnes, les activités économiques et, plus largement, les conditions ordinaires de la vie collective.

    Cette évolution traduit un changement stratégique. Longtemps, la guerre au Sahel a été appréhendée par une cartographie des territoires contrôlés, des localités conquises ou des positions perdues et reprises. Cette lecture reste pertinente, mais devient insuffisante pour comprendre les transformations actuelles. Le JNIM pousse plus loin une logique que l’on retrouve dans plusieurs insurrections contemporaines : le contrôle des fonctions devient progressivement aussi important que le contrôle des espaces.

    Un État n’existe pas uniquement parce qu’il exerce sa souveraineté sur un territoire. Il existe aussi parce qu’il remplit des fonctions que les populations considèrent comme essentielles : sécuriser les déplacements, garantir les échanges, protéger les circuits d’approvisionnement, rendre la justice, arbitrer les conflits, organiser la fiscalité et faire respecter des règles communes. Lorsque ces fonctions deviennent l’objet principal de la compétition, la nature du conflit se transforme. La question n’est plus seulement qui contrôle un territoire, mais qui est en mesure d’en assurer le fonctionnement.

    C’est précisément sur ce terrain que le JNIM déplace la confrontation. Le mouvement ne cherche pas nécessairement à administrer directement les territoires où il est implanté. Il semble plutôt investir les fonctions qui rendent l’État socialement indispensable, tout en laissant à ce dernier les coûts de l’administration quotidienne. Nous appelons ce processus une captation fonctionnelle de l’État : une stratégie par laquelle un acteur armé cherche moins à exercer une souveraineté territoriale complète qu’à s’approprier les fonctions qui fondent, aux yeux des populations, l’utilité concrète de l’État. Les routes constituent l’expression la plus visible de cette transformation. Elles cessent d’être de simples infrastructures de transport pour devenir de véritables institutions politiques. Les fermer, les rouvrir, filtrer les marchandises, taxer les flux commerciaux ou conditionner la mobilité revient à exercer des prérogatives traditionnellement associées à l’autorité publique. Contrôler une route ne consiste plus seulement à contrôler un espace, mais à contrôler les interactions économiques et sociales qui le traversent.

    Ce déplacement du contrôle des territoires vers celui des flux constitue l’une des mutations stratégiques les plus significatives de la guerre au Sahel. La véritable question n’est donc plus de savoir qui occupe les territoires, mais qui contrôle les fonctions qui donnent un sens à ces territoires. Car lorsque les fonctions changent de mains avant les territoires, c’est la nature même du conflit qui se transforme.

    II. Quand l’État cesse d’être le seul producteur d’autorité

    Cette transformation éclaire également le rôle des communautés. Leur intervention dans la levée du blocus ne signifie pas nécessairement une adhésion au projet politique du JNIM. Elle traduit surtout les contraintes auxquelles sont confrontées des populations dont les conditions de survie dépendent de la réouverture des routes, de l’accès aux marchés et de la continuité des échanges. La négociation relève moins d’une préférence politique que d’une rationalité de survie. Il serait toutefois erroné de considérer ces communautés comme un bloc homogène. Commerçants, transporteurs, chefs coutumiers, autorités religieuses, éleveurs ou jeunes ruraux n’ont ni les mêmes intérêts ni les mêmes rapports avec les groupes armés. Ce sont ces divergences qui font des communautés des espaces permanents de négociation, de compromis, mais aussi de tensions autour de la production de l’ordre local.

    Cette réalité invite à repenser la fabrique de l’État. Depuis Max Weber, l’État moderne est pensé comme une forme d’organisation politique capable d’institutionnaliser l’autorité à travers un ordre rationnel-légal. Sa légitimité repose sur l’impersonnalité des règles, la bureaucratie et le monopole de la violence physique légitime. Toutefois, l’analyse wébérienne rappelle que toute domination s’inscrit dans une pluralité de registres de légitimité, où les formes rationnelle-légale, traditionnelle et charismatique peuvent coexister, se concurrencer ou se renforcer.

    Les espaces sahéliens illustrent précisément cette imbrication. L’autorité de l’État y entre constamment en interaction avec des légitimités traditionnelles, incarnées par les chefs coutumiers, les autorités religieuses et les notabilités locales, mais aussi avec une légitimité que le JNIM cherche progressivement à construire. Celle-ci ne repose pas principalement sur le charisme personnel de ses dirigeants. Elle procède davantage de sa capacité à produire un ordre concret, à arbitrer rapidement des litiges, à sécuriser certains axes, à réguler des marchés ou à sanctionner les comportements déviants. Il ne s’agit donc pas d’une autorité charismatique au sens de Weber. Le JNIM tend plutôt à construire ce que l’on pourrait qualifier de légitimité performative : une légitimité qui ne découle ni d’un statut institutionnel, ni d’un héritage traditionnel, ni exclusivement du prestige d’un chef, mais de la démonstration répétée de sa capacité à exercer certaines fonctions que les populations associent à l’État. La levée du blocus de Mourdiah et Nara illustre une configuration où ces formes d’autorité ne se substituent pas les unes aux autres ; elles coexistent, se concurrencent et parfois s’articulent. L’État conserve sa légalité institutionnelle ; les autorités traditionnelles mobilisent leur capital social pour préserver les équilibres locaux ; tandis que le JNIM cherche à convertir sa capacité coercitive en capacité de gouvernement.

    Nous allons même plus loin. Ce que le JNIM semble rechercher n’est pas tant la conquête immédiate de l’appareil d’État que son désaisissement fonctionnel progressif, en particulier dans les marges territoriales où la présence de l’État demeure discontinue. En investissant les fonctions concrètes qui structurent la vie quotidienne – sécuriser les déplacements, arbitrer les conflits, réguler les échanges ou organiser l’accès aux ressources –, il ne remplace pas l’État ; il en déplace progressivement le centre de gravité. L’enjeu n’est plus d’occuper les institutions du pouvoir central, mais de transférer, dans les périphéries, les fonctions qui fondent l’autorité politique. L’État demeure juridiquement souverain, mais il risque de perdre ce qui constitue, au sens wébérien, le cœur de sa légitimité pratique : la capacité reconnue à produire durablement l’ordre collectif là où vivent les populations. Avant de contester le monopole de la violence légitime, le JNIM cherche surtout à acquérir une capacité socialement reconnue à produire l’autorité dans les espaces où l’État est devenu intermittent.

    Conclusion

    En ce sens, le véritable enjeu n’est peut-être plus de savoir si le JNIM est en mesure de construire un État parallèle, mais s’il parvient progressivement à reconfigurer les conditions sociales de production de l’autorité. La fabrique de l’État ne procède pas uniquement de constitutions, d’institutions ou de capacités coercitives ; elle résulte aussi de la reconnaissance quotidienne de celui qui garantit la sécurité, organise les échanges, arbitre les conflits et rend la vie collective prévisible. Chaque médiation réussie, chaque route rouverte, chaque litige tranché en dehors des institutions publiques contribue, même involontairement, à déplacer les frontières de la légitimité politique.

    Dans cette perspective, le principal défi des États sahéliens ne réside sans doute pas uniquement dans la reconquête militaire des territoires. Il consiste surtout à redevenir, aux yeux des populations, l’acteur le plus crédible pour assurer la sécurité, rendre la justice, garantir la mobilité et produire un ordre prévisible. La bataille décisive qui se joue aujourd’hui au Sahel n’oppose peut-être pas d’abord deux forces cherchant à contrôler un territoire. Elle oppose deux prétentions concurrentes à devenir, aux yeux des populations, l’acteur capable d’organiser durablement la vie collective. Autrement dit, le conflit porte moins sur le monopole de la violence que sur la capacité socialement reconnue à produire l’autorité.

  • Burkina Faso : les premiers effets de la rupture avec la France sur les citoyens

    Burkina Faso : les premiers effets de la rupture avec la France sur les citoyens

    La décision de mettre fin aux relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France commence à se manifester concrètement, non seulement au niveau interétatique, mais également dans la vie quotidienne de nombreux ressortissants burkinabè.

    Depuis quelques jours, environ deux cents personnes ayant déposé une demande de visa, dont les dossiers étaient en cours d’examen, ont été invitées à se présenter dans les bureaux de CAPAGO pour récupérer leur passeport, accompagné d’une notification de refus. Cette mesure a pris de court plusieurs candidats qui espéraient encore une issue favorable.

    Parmi les personnes concernées figurent des patients programmés pour des soins médicaux en France, des entrepreneurs impliqués dans des collaborations économiques, des étudiants qui préparaient leur rentrée universitaire de septembre, ainsi que d’autres voyageurs dont les plans sont désormais compromis. Parallèlement, les créneaux réservés au dépôt des demandes de visa étudiant ont également été supprimés, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude.

    Au-delà du conflit diplomatique, cette évolution révèle une réalité : les décisions prises au sommet de l’État peuvent avoir des répercussions immédiates sur la population. Les citoyens, qui ne participent pas directement aux choix diplomatiques, se retrouvent néanmoins confrontés aux effets de ces orientations.

    Pour certains analystes, cette situation illustre une gouvernance jugée très centralisée autour du capitaine Ibrahim Traoré. Ses critiques estiment qu’il adopte des décisions stratégiques avec une grande détermination, au risque de ne pas évaluer pleinement leurs conséquences sur une partie de la population. Ils considèrent que cette façon de gérer les affaires de l’État donne parfois l’impression que le pays est administré comme un bien personnel, où les priorités politiques priment sur les difficultés que rencontrent les citoyens dans leur quotidien.

    Ses partisans, en revanche, affirment que ces choix s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer la souveraineté du Burkina Faso, même si cette voie peut entraîner des coûts à court terme.

    Quelles que soient les interprétations politiques de cette rupture, un constat persiste : des centaines de Burkinabè voient aujourd’hui leurs projets d’études, de santé, d’affaires ou de voyage brutalement interrompus. Derrière les décisions diplomatiques se trouvent des vies, des familles et des aspirations dont l’avenir est désormais incertain.

  • Gestion des projets de la Bad : le Gabon met les bouchées doubles

    Gestion des projets de la Bad : le Gabon met les bouchées doubles

    Le gouvernement gabonais renforce son suivi des projets financés par la Banque africaine de développement (BAD) pour en accélérer l’exécution. Une réunion de travail s’est tenue lundi 29 juin 2026 sous la présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, en présence d’une délégation de l’institution dirigée par son administrateur-pays, Mamour Ousmane Ba. Étaient également présentes la ministre de la Planification, Louise Mvono, et le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy. Cette rencontre fait suite aux échanges récents entre le président de la République et le président de la BAD à Brazzaville, en marge des assemblées annuelles, visant à évaluer l’avancement des projets et à lever les obstacles à leur mise en œuvre.

    Hermann Immongault a rappelé la volonté du gouvernement d’instaurer un contrôle plus strict pour chaque projet du portefeuille BAD. L’exécutif considère que les ressources issues de l’endettement doivent se traduire par des résultats tangibles pour la population, conformément au Plan national de croissance et de développement. Il a souligné l’importance de la transparence, de l’efficacité et du respect des délais, estimant que chaque partie prenante doit assumer ses responsabilités pour améliorer la performance des investissements publics.

    Un plan d’action pour accélérer les chantiers

    Profitant de la présence de la délégation de la BAD à Libreville, le gouvernement a adopté un plan d’action visant à accélérer les projets en retard. Deux dossiers retiennent particulièrement l’attention : le Programme intégré d’alimentation en eau potable et d’assainissement de Libreville (PIAEPAL) et la route Ndendé-Doussala. Pour cette infrastructure routière, Hermann Immongault a relayé les préoccupations du chef de l’État face à la lenteur des travaux, appelant à des mesures correctives. Le gouvernement affirme aussi avoir évalué ses propres dysfonctionnements pour mieux coordonner l’action avec son partenaire financier.

    De son côté, Mamour Ousmane Ba a salué les réformes engagées par les autorités gabonaises et réaffirmé l’engagement de la BAD à soutenir les priorités nationales. Il a notamment présenté la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), destinée à améliorer l’efficacité des investissements sur le continent. Présente au Gabon via un portefeuille de projets structurants dans l’eau, la formation professionnelle, l’agriculture et les infrastructures routières, la BAD entend poursuivre son appui au développement du pays.