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  • Mayo-tsanaga : quand la terreur de boko haram transforme les villages en déserts humains

    Mayo-tsanaga : quand la terreur de boko haram transforme les villages en déserts humains

    mayo-tsanaga : quand la terreur de boko haram transforme les villages en déserts humains

    Une décennie de cauchemars : les habitants du mayo-tsanaga survivent sous la menace permanente

    Plus de 50 villages vidés de leurs habitants, des familles brisées, et un État camerounais qui semble contempler le désastre sans agir.

    Ce qui n’était autrefois qu’une menace lointaine venue des confins du Nigeria, dans l’État de Borno, est devenu une réalité quotidienne pour les populations du département du Mayo-Tsanaga. Depuis 2014, Boko Haram a franchi les frontières, s’installant durablement sur le mont Gossi à Tourou, à seulement 35 km de Mokolo. Les attaques, de plus en plus fréquentes et violentes, laissent derrière elles un paysage de désolation : des maisons brûlées, des récoltes pillées, des vies brisées.

    Les terroristes ne ciblent plus seulement les civils, mais aussi les infrastructures essentielles : écoles, centres de santé, postes de sécurité. Résultat ? Des villages entiers sont abandonnés, leurs habitants contraints de fuir pour sauver leur peau. Parmi les localités désertées, on compte Gossi, Tourou, Vizik, Ldamang, Magoumaz et bien d’autres, où les noms mêmes évoquent désormais le silence et l’oubli. En mai 2022, lors des Rencontres fraternelles du mayo-tsanaga, le cinquième adjoint au maire de Mokolo, Mahadek Nicolo Nouhou, dressait un bilan accablant : une dizaine de villages entièrement vidés, deux occupés par les terroristes, et sept autres régulièrement assiégés.

    La situation n’a fait qu’empirer depuis. Les populations, épuisées par des années de terreur, dénoncent l’inaction des autorités. « Nous sommes abandonnés, comme si notre sort ne comptait pas. Pourquoi nos élus et le gouvernement ferment-ils les yeux ? » s’indignent les habitants de Tourou. La nuit, les hommes fuient vers les montagnes, partageant des grottes avec la faune locale, risquant morsures et maladies. Au petit jour, ils retournent sur leurs terres, le cœur lourd, pour tenter de survivre.

    Une réponse militaire dérisoire

    Face à des terroristes lourdement armés, l’État camerounais déploie des moyens dérisoires. Lors de l’attaque du 18 juin 2026 à Ldamang, seuls deux soldats étaient présents sur place. Comment des forces aussi réduites pourraient-elles contrer des groupes bien équipés ? Les comités de vigilance, composés de civils désarmés, se retrouvent en première ligne, brandissant machettes et bâtons contre des assaillants équipés de fusils d’assaut.

    Les promesses des élites locales et nationales se résument à des discours creux, des visites éphémères et des rencontres sans lendemain. Les ministres se succèdent à Mokolo, font des déclarations, puis repartent, laissant les populations face à leur destin. Les villages de Gossi, Toufou 1 et 2, Roum et Hitawa, autrefois florissants, sont désormais des fantômes de ce qu’ils étaient.

    Un exode qui dépasse les frontières

    Le drame ne se limite pas au Mayo-Tsanaga. Depuis le début du mois de juin 2026, près de 500 nouveaux déplacés ont été recensés, fuyant vers des zones plus sûres. Début juillet, une autorité communale de Kalfou, dans le Mayo-Danay, a accueilli près de 300 personnes venues de Mokolo, parcourant plus de 200 km dans l’espoir d’échapper à la terreur. Ces familles abandonnent tout : leurs maisons, leurs terres, leurs papiers d’identité réduits en cendres. Pire encore, des enfants se retrouvent séparés de leurs parents, livrés à eux-mêmes, privés d’école et de protection. Certains basculent dans le banditisme ou abandonnent leurs études, tandis que des jeunes filles voient leur avenir s’assombrir.

    Le Mayo-Tsanaga se meurt. L’agriculture s’effondre, les écoles ferment, l’économie locale s’effondre. Si rien ne change, ce département camerounais pourrait devenir un désert humain, une cicatrice ouverte dans le paysage national. Combien de villages devront encore être rayés de la carte avant que cette crise ne devienne une priorité pour l’État ?

  • Sénégal : un soutien inattendu à la candidature de Macky Sall à l’ONU

    Sénégal : un soutien inattendu à la candidature de Macky Sall à l’ONU

    Trois jours après l’avoir reçu au Palais de la République, Bassirou Diomaye Faye a pris une décision historique : le Sénégal apportera son « plein soutien » à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Une annonce qui marque un tournant dans les relations entre les deux hommes, autrefois opposés.

    Un choix dicté par la raison d’État plutôt que par les rancœurs

    Pour Macky Sall, ce soutien arrive à point nommé. Bien que symbolique, cette décision renforce sa position sur la scène internationale, où il incarne désormais une candidature pleinement légitimée par son pays d’origine. Le Sénégal, par la voix de son président actuel, reconnaît ainsi l’importance de cette candidature pour l’influence africaine au sein de l’ONU, notamment pour obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité.

    Ce revirement s’explique par une logique de continuité étatique, dépassant les clivages politiques. Bassirou Diomaye Faye, libéré de prison en mars 2024 après une grâce présidentielle, avait bâti son discours sur la rupture avec l’ère Macky Sall. Pourtant, en soutenant sa candidature, il place l’intérêt national au-dessus des tensions passées, illustrant une maturité politique rare.

    Un contexte politique sénégalais favorable à ce revirement

    Ce changement de cap n’est pas anodin. Il intervient après la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor, Ousmane Sonko, évincé du poste de Premier ministre en mai dernier. Tant que leur alliance persistait, la ligne dure contre l’ancien régime restait un pilier du discours gouvernemental. La fin de cette coalition a offert au président une liberté inédite pour réévaluer sa position sur la question Macky Sall.

    Cette décision s’inscrit également dans une stratégie personnelle de Bassirou Diomaye Faye, qui cherche à reconstituer une base électorale élargie en intégrant des réseaux issus de l’ancien système, y compris ceux de Macky Sall et d’Abdoulaye Wade. Une manœuvre visant à consolider sa propre légitimité en vue de 2029.

    Une candidature africaine face à la règle de la rotation régionale

    Malgré ce soutien, la route vers le poste de secrétaire général reste semée d’embûches. La coutume veut que le candidat vienne de la région dont c’est le tour, en l’occurrence l’Amérique latine cette fois-ci. Avec quatre candidats latino-américains en lice, dont l’Argentine, le Chili ou l’Équateur, Macky Sall devra compter sur d’autres atouts pour s’imposer.

    Son profil d’ancien chef d’État et son absence d’ennemi déclaré parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité lui offrent des perspectives, même si la décision finale reviendra aux arbitrages diplomatiques des grandes puissances. Proche de la France tout en cultivant des liens avec la Russie, il mise sur une diplomatie équilibrée pour séduire les décideurs internationaux.

    Son dernier déplacement à Moscou, où il a été reçu par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, confirme cette volonté de mobiliser tous les leviers pour faire de sa candidature un succès. Le verdict tombera cet automne, mais une chose est sûre : l’appui du Sénégal a levé un obstacle majeur.

  • Brice Oligui Nguema en visite officielle en France : enjeux et partenariats clés

    Brice Oligui Nguema en visite officielle en France : enjeux et partenariats clés

    Brice Oligui Nguema en voyage diplomatique en France : quels accords économiques et sécuritaires ?

    Journaliste
    Le président gabonais Brice Oligui Nguema lors d'une rencontre officielle

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entame aujourd’hui une visite officielle de trois jours en France, marquant sa deuxième visite diplomatique dans ce pays depuis son accession au pouvoir.

    Cette rencontre vise à consolider les liens entre le Gabon et la France, avec un accent particulier sur des domaines stratégiques comme les investissements directs, le développement des infrastructures, la transition vers des énergies durables, l’industrialisation locale, ainsi que les échanges culturels et économiques.

    Lors de ces entretiens avec le président français, les deux dirigeants aborderont également des sujets liés à la défense et à la sécurité, notamment le renouvellement de l’accord militaire bilatéral et l’avenir de la base française Camp De Gaulle à Libreville. Cette base, autrefois occupée par près de 1 200 soldats français, accueille désormais une centaine de militaires, dans le cadre d’une réorganisation plus large des forces françaises en Afrique.

    Parmi les dossiers prioritaires, la question de la transformation locale du manganèse, dont le Gabon figure parmi les principaux producteurs mondiaux. Libreville ambitionne d’interdire l’exportation de minerai brut à compter de 2029, afin de stimuler une industrie nationale de transformation et d’accroître la valeur ajoutée des ressources exportées.

    La délégation gabonaise, composée de chefs d’entreprise, de responsables politiques et de représentants des médias, participera à des réunions et ateliers visant à renforcer les synergies entre les deux nations.

  • Soutien du Sénégal à macky sall pour l ONU : un virage diplomatique majeur

    Soutien du Sénégal à macky sall pour l ONU : un virage diplomatique majeur

    Le Sénégal engage désormais l’ensemble de ses moyens diplomatiques pour appuyer la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Cette initiative, officialisée au mois de juillet 2026, intervient trois jours après une rencontre décisive entre l’ancien président et son successeur au Palais de la République à Dakar.

    Un changement de cap spectaculaire dans la position sénégalaise

    Ce ralliement représente une rupture nette avec la posture adoptée par Dakar à la fin du mois de mars 2026. À l’époque, le Sénégal figurait parmi une vingtaine d’États de l’Union africaine ayant refusé de soutenir la candidature de Macky Sall, alors soutenue par le Burundi dans le cadre de la présidence tournante de l’UA.

    L’audience du 17 juillet 2026 a permis de lever ces réticences. D’après le communiqué officiel, Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall dans un climat serein, malgré les tensions persistantes issues de la transition politique qui a suivi l’élection présidentielle de mars 2024.

    Une compétition internationale intense pour succéder à António Guterres

    Macky Sall doit désormais affronter trois adversaires de premier plan pour prendre la relève d’António Guterres, dont le mandat s’achèvera le 31 décembre 2026. Parmi eux figurent Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ainsi que Rebecca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

    Le soutien apporté par le Sénégal à Macky Sall constitue un atout majeur pour sa campagne, lui permettant de s’appuyer sur le réseau diplomatique de son pays d’origine. Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a d’ores et déjà annoncé que l’ensemble du gouvernement ainsi que les représentations sénégalaises à l’étranger seront mobilisés pour promouvoir cette candidature.

    Un contexte politique sénégalais marqué par des défis persistants

    Cette décision s’inscrit dans un environnement politique encore marqué par les séquelles de la transition de 2024. Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 avec le soutien du parti Pastef, avait promis une rupture avec la gouvernance de Macky Sall. Plusieurs dossiers sensibles, notamment les demandes de reddition de comptes formulées par des victimes de répressions sous l’ancien régime, restent en suspens.

    Pourtant, le soutien à la candidature de Macky Sall est interprété par certains analystes comme un geste de continuité républicaine. Cette initiative pourrait également permettre à Diomaye Faye de renforcer une coalition politique élargie, dépassant les clivages partisans nationaux.

    Avec une population de 18 millions d’habitants et son statut de membre fondateur de plusieurs organisations régionales, dont la CEDEAO — dont Diomaye Faye préside actuellement la conférence des chefs d’État —, le Sénégal joue un rôle clé dans l’équilibre diplomatique ouest-africain. Son ralliement pourrait ainsi influencer d’autres capitales africaines encore indécises.

    Une tournée diplomatique en Afrique de l’Ouest

    Après avoir obtenu le soutien de Dakar, Macky Sall s’est rendu à Banjul le 17 juillet 2026 pour s’entretenir avec le président gambien Adama Barrow. Cette série de rencontres s’inscrit dans une stratégie de lobbying intensified auprès des chefs d’État africains.

    Le choix du futur secrétaire général des Nations unies se jouera dans les prochains mois au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. La capacité de Macky Sall à fédérer un consensus africain sera déterminante pour faire face à des candidatures soutenues par d’autres blocs régionaux.

  • Le président gabonais Oligui Nguema reçoit un accueil exceptionnel en France

    Le président gabonais Oligui Nguema reçoit un accueil exceptionnel en France

    le président gabonais Oligui Nguema reçoit un accueil exceptionnel en France

    Paris, 21 juillet 2026 — La diplomatie française a réservé au président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema un accueil digne des plus grands dirigeants. Une visite d’État, symbole fort d’une relation bilatérale en pleine mutation.

    En octroyant au chef de l’État gabonais les honneurs protocolaires réservés aux visites d’État, la France a envoyé un signal clair : Libreville occupe désormais une place centrale dans sa stratégie africaine. Cette première visite officielle depuis l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête du Gabon marque un tournant historique, comparable à celle accordée à Omar Bongo Ondimba il y a plus de quarante ans.

    Un protocole chargé de sens

    La journée du 20 juillet a été rythmée par des cérémonies protocolaires d’exception. Aux Invalides, le président gabonais a reçu les honneurs militaires, une tradition réservée aux chefs d’État étrangers en visite officielle. Le défilé à travers Paris, escorté par vingt-cinq motards et cent vingt-huit cavaliers de la Garde républicaine, a illustré l’importance accordée à cette rencontre.

    Rencontre entre les présidents Macron et Oligui Nguema à l’Élysée

    À l’Élysée, Emmanuel Macron a chaleureusement accueilli son homologue gabonais. Plusieurs heures d’entretiens ont permis d’aborder les axes majeurs de la coopération franco-gabonaise, désormais recentrée sur des enjeux concrets : investissements, infrastructures, sécurité et transition énergétique.

    Une relation en pleine transformation

    Les discussions ont confirmé la volonté des deux pays de passer d’une coopération historique à un partenariat axé sur le codéveloppement. Pour le Gabon, cette visite s’inscrit dans une dynamique de renforcement de sa souveraineté économique et de modernisation de ses infrastructures. Pour la France, il s’agit de bâtir une nouvelle forme de partenariat, fondée sur des bénéfices mutuels et un transfert de compétences accru.

    Un message aux partenaires internationaux

    Au-delà des deux capitales, cette visite envoie un signal fort. Dans un contexte de compétition accrue entre puissances pour influencer l’Afrique, le Gabon se positionne comme un partenaire stable et engagé dans une nouvelle ère de développement. Le traitement réservé à Brice Clotaire Oligui Nguema reflète cette reconnaissance internationale croissante.

    En renouant avec le faste du protocole républicain, Paris et Libreville scellent une nouvelle phase de leur relation. Les symboles diplomatiques, loin d’être anodins, annoncent les orientations politiques de demain : un dialogue stratégique renforcé, des intérêts économiques partagés et une recherche constante de résultats tangibles.

  • Renforcement de la sécurité au Maghreb : Maroc et Mauritanie unis face au Sahel

    Renforcement de la sécurité au Maghreb : Maroc et Mauritanie unis face au Sahel

    Le Maroc et la Mauritanie renforcent leur alliance stratégique pour une sécurité renforcée au Sahel

    Une coordination accrue entre Rabat et Nouakchott devient essentielle pour sécuriser les frontières, lutter contre les menaces transfrontalières et consolider la stabilité régionale face à l’instabilité grandissante du Sahel.

    Les défis sécuritaires qui s’intensifient au Sahel poussent le Maroc et la Mauritanie à resserrer leurs liens en matière de sécurité. Cette coopération, désormais au cœur des discussions entre les deux pays, s’articule autour de plusieurs axes majeurs : la lutte contre le terrorisme, la gestion des migrations irrégulières, la surveillance des frontières et la neutralisation des réseaux criminels transfrontaliers.

    Lors d’une rencontre à Rabat, le ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et son homologue mauritanien, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, ont acté la mise en place de nouveaux dispositifs de collaboration. Ces échanges visent à renforcer les échanges d’informations, à harmoniser les actions sur le terrain et à sécuriser les corridors commerciaux reliant l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne.

    Cette alliance stratégique s’appuie sur une réalité géographique incontournable. La Mauritanie, située à la jonction entre le Maghreb et le Sahel, constitue un point de passage obligatoire pour les flux migratoires, les échanges commerciaux et les mouvements sécuritaires. Quant au Maroc, il représente une interface majeure entre l’Afrique et l’Europe, ce qui en fait un acteur clé pour la stabilité de la région méditerranéenne.

    Une réponse commune aux enjeux migratoires

    Le littoral atlantique mauritanien est devenu ces dernières années une zone de départ privilégiée pour les migrants en direction des îles Canaries. Cette nouvelle donne a conduit les autorités des deux pays à renforcer leur vigilance sur les routes migratoires, à démanteler les réseaux de passeurs et à échanger des données sur les mouvements suspects.

    Les discussions ont également porté sur les moyens de sécuriser les points de passage terrestres et maritimes, tout en luttant contre les réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité des migrants. Une approche intégrée est désormais privilégiée pour protéger les populations tout en respectant les droits humains.

    Lutter contre les menaces transfrontalières

    Au-delà de la question migratoire, les deux gouvernements ont souligné l’urgence de combattre les réseaux criminels opérant dans le Sahara. Trafic d’armes, de drogue et de carburant : ces activités illicites menacent la sécurité des populations et la stabilité économique de la région.

    Pour contrer ces phénomènes, le Maroc et la Mauritanie intensifient leur collaboration en matière de renseignement et de coordination opérationnelle. L’objectif est clair : empêcher les groupes armés et les réseaux criminels de profiter des zones frontalières pour s’infiltrer ou établir des bases logistiques.

    Les observateurs s’accordent à dire que l’amélioration récente des relations entre Rabat et Nouakchott a donné un nouvel élan à cette coopération sécuritaire. Ce partenariat, autrefois centré sur la gestion des frontières, s’élargit désormais à une vision stratégique plus large, intégrant la protection des voies commerciales, la sécurité des corridors de transport et la réponse aux menaces transnationales.

    Un partenariat aux enjeux régionaux majeurs

    Pour le Maroc, une alliance renforcée avec la Mauritanie permet de sécuriser ses frontières méridionales et de consolider son rôle d’acteur régional en matière de sécurité. Pour la Mauritanie, cette collaboration apporte un soutien précieux face à des défis sécuritaires croissants et à des réseaux criminels de plus en plus organisés.

    À l’échelle de la région, ce partenariat pourrait devenir un levier de stabilisation essentiel. Alors que plusieurs pays du Sahel traversent des crises politiques et sécuritaires, et que les groupes armés gagnent du terrain, cette coopération bilatérale pourrait servir de modèle pour une approche collective et coordonnée.

    Les échanges menés à Rabat ne se limitent pas à la coordination bilatérale. Ils s’inscrivent dans une démarche plus ambitieuse : l’édification d’un cadre sécuritaire régional capable de répondre aux défis du Maghreb occidental et du Sahel. L’enjeu dépasse ainsi le simple cadre des relations entre le Maroc et la Mauritanie pour toucher à la stabilité de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Nord.

  • Renforcement de la coopération Maroc-Mauritanie pour la sécurité au Sahel

    Renforcement de la coopération Maroc-Mauritanie pour la sécurité au Sahel

    renforcement de la coopération Maroc-Mauritanie pour la sécurité au Sahel

    Une alliance stratégique entre Rabat et Nouakchott pour contrer les défis sécuritaires partagés dans la région du Sahel et au Maghreb occidental.

    Les ministres de l’Intérieur du Maroc et de la Mauritanie ont acté, lors d’une réunion à Rabat, l’intensification de leur collaboration face aux menaces transfrontalières qui pèsent sur la stabilité du Maghreb occidental et du Sahel. Cette initiative s’inscrit dans une logique de renforcement des échanges sécuritaires entre les deux pays, alors que l’instabilité régionale gagne du terrain.

    Les discussions, menées par Abdelouafi Laftit, ministre marocain de l’Intérieur, et Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, son homologue mauritanien, ont porté sur plusieurs axes prioritaires : la lutte contre la migration irrégulière, la criminalité organisée et les groupes terroristes. Les deux parties ont convenu d’établir de nouveaux protocoles de coordination pour sécuriser les frontières et les corridors commerciaux reliant l’Afrique du Nord à l’Afrique de l’Ouest.

    Cette alliance revêt une importance stratégique pour les deux pays. La Mauritanie, située à la croisée du Maghreb et du Sahel, est un point de passage clé pour les flux migratoires et les échanges commerciaux. Le Maroc, quant à lui, joue un rôle central dans les relations entre l’Afrique et l’Europe, ce qui en fait un acteur incontournable pour la sécurité régionale.

    Une réponse coordonnée aux défis sécuritaires

    Les enjeux sécuritaires partagés par les deux pays incluent la surveillance des zones désertiques, souvent utilisées par les réseaux criminels et les groupes armés. Les gouvernements marocain et mauritanien ont souligné la nécessité d’améliorer le partage de renseignements et de renforcer les opérations conjointes pour endiguer ces menaces.

    La migration irrégulière, un dossier urgent

    Le littoral atlantique mauritanien, désormais un point de départ majeur pour les migrants cherchant à rejoindre les îles Canaries, a mis sous tension les systèmes de contrôle des deux pays. Les responsables ont convenu d’intensifier les contrôles aux frontières et de démanteler les réseaux de passeurs, tout en échangeant des informations sur les itinéraires empruntés par les migrants.

    Cette collaboration vise à réduire les risques encourus par les migrants tout en luttant contre les réseaux de traite d’êtres humains qui profitent de leur vulnérabilité.

    Au-delà de la migration : criminalité et terrorisme

    Les discussions ont également mis en lumière les réseaux criminels transfrontaliers opérant dans le Sahara, où transitent drogue, armes et carburant. Les services de sécurité des deux pays ont réaffirmé leur engagement à démanteler ces réseaux et à renforcer la coopération en matière de renseignement.

    La lutte contre le terrorisme reste un pilier de cette alliance. Face à la montée des groupes armés dans certaines zones du Sahel, le Maroc et la Mauritanie cherchent à empêcher ces organisations d’utiliser leurs territoires comme bases logistiques ou voies de transit.

    Un partenariat aux retombées régionales

    Pour le Maroc, cette coopération permet de sécuriser ses frontières sud et de consolider son rôle d’acteur clé en matière de sécurité en Afrique. Pour la Mauritanie, elle apporte un soutien précieux dans la gestion des flux migratoires et la lutte contre les réseaux criminels.

    Les observateurs s’accordent à dire que ce partenariat pourrait devenir un modèle de stabilisation dans une région marquée par des crises politiques, des instabilités sécuritaires et la pression croissante des groupes criminels organisés.

    Les échanges à Rabat ne se sont pas limités à une simple coordination bilatérale. Ils ont également jeté les bases d’un cadre sécuritaire régional, visant à renforcer la stabilité dans l’ouest de la Méditerranée et au Sahel. Cette initiative pourrait, à terme, servir de référence pour d’autres pays confrontés à des défis similaires.

    En consolidant leurs liens, le Maroc et la Mauritanie démontrent que la coopération régionale est un levier essentiel pour faire face aux menaces transnationales qui pèsent sur la sécurité en Afrique.

  • Mercenaires russes au Mali : une stratégie qui limite les pertes ?

    Mercenaires russes au Mali : une stratégie qui limite les pertes ?

    Mercenaires russes au Mali : une stratégie qui limite les pertes ?

    Depuis leur déploiement au Mali, les paramilitaires russes d’Africa Corps semblent subir moins de pertes lors des affrontements avec les groupes djihadistes que les forces armées maliennes. Cette différence s’explique par plusieurs facteurs structurels et opérationnels.

    Forces militaires au Mali

    Une présence militaire moins exposée

    Le nombre réduit de pertes parmi les mercenaires russes s’explique en grande partie par leur rôle précis au sein de la stratégie antiterroriste malienne. Contrairement aux Forces armées maliennes (FAMa), qui comptent plus de 13 000 soldats, les effectifs d’Africa Corps sont estimés entre 1 500 et 2 000 hommes.

    Cette différence numérique joue un rôle clé. Les militaires maliens, présents en première ligne, subissent davantage les attaques des groupes djihadistes. Les paramilitaires russes, quant à eux, interviennent principalement en appui logistique et tactique, sans remplacer les FAMa sur le terrain.

    Comme l’explique Mamadou Mouth Bane, analyste spécialisé dans les conflits sahéliens : « Les soldats maliens sont en première ligne dans les zones à haut risque. Les mercenaires russes, eux, se concentrent souvent sur des missions de soutien, comme l’analyse des données des drones ou la gestion des communications. Résultat : la majorité des victimes et des otages sont des militaires maliens. »

    Des vétérans mieux équipés pour le combat

    Les pertes limitées des mercenaires russes s’expliquent aussi par leur profil. Contrairement aux soldats maliens, souvent moins expérimentés, les paramilitaires russes sont pour la plupart des vétérans de plusieurs conflits internationaux.

    Leur expertise en matière de techniques de combat et leur accès à des équipements modernes (drones, systèmes de protection avancés) réduisent leur exposition directe aux attaques. Comme le souligne Abdoulaye Sounaye, chercheur au Centre Leibniz pour l’Orient moderne : « Ces mercenaires professionnels maîtrisent les stratégies de combat et disposent de moyens aériens et terrestres bien supérieurs à ceux des forces maliennes. Cela leur permet de mieux anticiper et contrer les offensives djihadistes. »

    Spécialiste des djihadistes au Sahel

    Une stratégie de déploiement ciblée

    Enfin, les choix tactiques d’Africa Corps contribuent à limiter les pertes. Avec des effectifs réduits, les mercenaires russes privilégient les opérations à haute valeur stratégique, comme la protection de sites sensibles ou les interventions ponctuelles dans les zones les plus dangereuses.

    Cette approche permet aux forces maliennes de maintenir une présence continue sur le terrain, mais les expose davantage aux attaques prolongées. Les mercenaires russes, eux, interviennent surtout en renfort lors des assauts les plus critiques, où leur expertise fait la différence.

    En résumé, la combinaison d’une expérience militaire supérieure, d’un déploiement stratégique et d’un rôle de soutien explique pourquoi les pertes parmi les mercenaires russes restent bien inférieures à celles des forces maliennes.

  • Niger : le ccr et l’unowas en pleine coordination à Niamey

    Niger : le ccr et l’unowas en pleine coordination à Niamey

    Le Niger et l’UNOWAS : une rencontre stratégique pour repenser l’avenir du Sahel

    Dans une volonté d’affirmer sa position sur la scène régionale, le Niger a reçu à Niamey une figure clé des Nations unies. Le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a accueilli Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie et responsable de la Revue stratégique indépendante (RSI) de l’UNOWAS. Cette entrevue, qui s’inscrit dans un contexte de tensions sécuritaires et de mutations politiques majeures, marque un tournant dans les échanges entre le Niger et les institutions onusiennes.

    Une mission onusienne au cœur des enjeux sahéliens

    L’UNOWAS, Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, fait l’objet d’une évaluation approfondie pour adapter son action aux réalités changeantes de la sous-région. Depuis plusieurs semaines, Sahle-Work Zewde sillonne les capitales de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel afin de recueillir les avis des dirigeants sur les défis auxquels le bureau est confronté. Entre crises sécuritaires, transitions politiques et urgences humanitaires, les attentes sont immenses pour redéfinir le rôle de cette structure.

    Lors de sa visite à Niamey, elle a échangé avec le président du CCR, mettant en lumière les priorités nigériennes en matière de gouvernance et de stabilité régionale. Le Niger, engagé dans un processus de refondation nationale, a saisi cette opportunité pour exposer sa vision des relations internationales et de la coopération régionale.

    Conseil Consultatif de la Refondation du Niger

    Le CCR et la souveraineté nigérienne au cœur du débat

    Pour le Conseil consultatif de la Refondation, créé par les autorités nigériennes, cette rencontre était l’occasion de présenter les orientations stratégiques du pays. Dr Mamoudou Harouna Djingarey a souligné l’importance de consolider la souveraineté nationale, renforcer la cohésion sociale et promouvoir une paix durable. Ces objectifs, selon lui, sont indissociables des solutions à apporter aux crises qui secouent le Sahel.

    Les discussions ont porté sur des thématiques essentielles : gouvernance, stabilité régionale, prévention des conflits et mécanismes de coopération entre les États. Le Niger a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle central dans la définition des politiques régionales, tout en insistant sur le respect de son autonomie décisionnelle.

    L’UNOWAS face à l’évolution des défis sahéliens

    La Revue stratégique indépendante de l’UNOWAS vise à évaluer l’efficacité de ce bureau et à proposer des pistes pour moderniser ses missions. Confronté à des menaces sécuritaires croissantes, à des transitions politiques complexes et à des besoins humanitaires urgents, l’UNOWAS doit s’adapter pour rester pertinent.

    À l’issue de l’entretien, Sahle-Work Zewde a salué l’engagement des autorités nigériennes et la pertinence des échanges. Les contributions recueillies lors de cette mission enrichiront les conclusions de la revue stratégique, qui pourrait redéfinir le rôle du bureau onusien dans la région.

    Conseil Consultatif de la Refondation du Niger

    Un dialogue fondé sur la souveraineté et la coopération internationale

    Cette audience à Niamey illustre la volonté du Niger de maintenir un dialogue constructif avec ses partenaires internationaux. Pour le Conseil consultatif de la Refondation, la coopération reste possible à condition de respecter les principes de souveraineté et les choix politiques du pays.

    L’échange s’est tenu en présence du rapporteur général du CCR, Abdou Moustapha, marquant une étape supplémentaire dans les consultations menées par la mission de la Revue stratégique indépendante. Les conclusions de cette évaluation pourraient redéfinir le rôle de l’UNOWAS dans un contexte sahélien en pleine mutation, où les défis sécuritaires et politiques exigent des réponses innovantes et adaptées.

  • Absences prolongées du président camerounais : l’UDC exige plus de transparence

    Absences prolongées du président camerounais : l’UDC exige plus de transparence

    L’absence prolongée du président Paul Biya soulève des interrogations et pousse l’Union démocratique du Cameroun à réclamer des mesures immédiates

    Depuis plus de quarante jours, le chef de l’État du Cameroun s’est absenté du pays pour un séjour privé en Europe, sans que la moindre information officielle ne précise la nature exacte de ce déplacement ni la durée prévue. Parti de Yaoundé le 7 juin 2026, son absence prolongée alimente les débats parmi les acteurs politiques et la population, tandis que les mécanismes de continuité de l’action publique suscitent des inquiétudes.

    L’Union démocratique du Cameroun (UDC), dirigée par Patricia Tomaino Ndam Njoya, a rompu le silence en pointant du doigt l’opacité entourant cette absence. Dans une déclaration publique, la présidente du parti a souligné l’urgence de clarifier la situation, notamment en raison des enjeux liés à la stabilité des institutions et à l’exercice effectif des responsabilités présidentielles.

    Pour l’UDC, cette absence prolongée met en lumière les lacunes des textes en vigueur. La révision constitutionnelle du 14 avril 2026, qui prévoit notamment la nomination d’un vice-président de la République, n’a toujours pas été appliquée. Le parti exige donc que des règles strictes encadrent les absences du président, avec des délais précis pour informer la nation et le Parlement. Il demande également une procédure claire pour constater un éventuel empêchement définitif, afin d’éviter tout blocage institutionnel.

    Cette situation intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par l’organisation récente d’une élection présidentielle et le début du huitième mandat du président Biya. Les Camerounais s’interrogent également sur l’absence persistante d’une nouvelle équipe gouvernementale, pourtant promise pour concrétiser la politique du septennat en cours. Le vide laissé par cette absence prolongée a même donné lieu à des tentatives de manipulation, comme en témoignent des faux décrets présidentiels introduits à la télévision nationale.

    Au-delà des questions institutionnelles, cette absence alimente les spéculations au sein de l’opposition et des formations politiques. Le parti au pouvoir, le RDPC, a convoqué une réunion statutaire de son comité central le 21 juillet 2026, toujours en l’absence de son président. Parallèlement, les prochaines élections législatives et municipales approchent, un scrutin qui pourrait redistribuer les cartes au sein du paysage politique camerounais.

    Face à cette absence prolongée, les Camerounais attendent des réponses concrètes. L’UDC appelle les institutions compétentes à éclairer la nation sur la continuité effective de l’État, tandis que la pression s’intensifie pour que des mesures soient enfin prises afin de garantir la stabilité et la transparence.

  • Visite d’état du président gabonais en France : une nouvelle ère pour les relations bilatérales

    Visite d’état du président gabonais en France : une nouvelle ère pour les relations bilatérales

    Politique

    Gabon – France : un sommet historique pour relancer un partenariat stratégique

    Libreville, le 20 juillet 2026 – La visite officielle du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema en France s’inscrit dans une dynamique de renouveau diplomatique sans précédent. Au-delà des fastes protocolaires, cette rencontre de trois jours à Paris marque une volonté commune de réinventer les liens entre les deux nations.

    Cette visite d’État, la première du genre depuis l’avènement du président gabonais, symbolise une étape charnière. Les deux capitales ont en effet choisi d’inscrire leur collaboration dans une perspective résolument tournée vers l’avenir, alors que les dynamiques géopolitiques du continent africain connaissent des bouleversements majeurs.

    Un agenda chargé pour redéfinir les relations franco-gabonaises

    Dès son arrivée, le président gabonais a été accueilli avec les honneurs militaires à l’Hôtel national des Invalides, avant de se rendre au château de Versailles. L’apogée de cette séquence protocolaire s’est tenue au palais de l’Élysée, où Brice Clotaire Oligui Nguema a échangé en privé avec le chef de l’État français.

    Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux : la diversification de l’économie gabonaise, le renforcement des infrastructures, l’industrialisation du pays, et la modernisation des partenariats de défense. Parmi les projets phares évoqués, la question du transfert du titre foncier du camp De Gaulle a été abordée, avec pour objectif d’y établir un centre national de formation pour les forces de sécurité gabonaises.

    Mémoire et diplomatie culturelle au cœur des échanges

    La deuxième journée a été marquée par des moments forts dédiés à l’histoire commune des deux nations. Un dépôt de gerbe sous l’Arc de Triomphe, suivi d’une visite au Mont-Valérien, a rappelé le sacrifice des combattants africains lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette étape a également permis d’évoquer la richesse des échanges culturels franco-gabonais.

    Les autorités françaises et gabonaises ont par ailleurs souligné l’importance de renforcer les liens entre les institutions. Des rencontres avec le président du Sénat et le maire de Paris ont ainsi été organisées, tandis qu’une visite de la cathédrale Notre-Dame, restaurée après l’incendie de 2019, a illustré la vitalité de la coopération culturelle.

    Un dialogue inclusif avec la diaspora gabonaise

    L’un des temps forts de cette visite a été la rencontre entre le président gabonais et les membres de la diaspora, installée en France. Cette initiative vise à instaurer un dialogue direct avec les citoyens expatriés, quelles que soient leurs opinions. Dans un contexte où certaines décisions récentes ont suscité des débats au sein de la communauté gabonaise, cette démarche cherche à montrer l’engagement des autorités à écouter toutes les voix.

    Vers une coopération concrète et durable

    L’enjeu principal de cette visite ne réside pas dans le faste des cérémonies, mais dans la capacité des deux pays à concrétiser leurs engagements. Les accords signés lors de ce sommet doivent se traduire par des retombées tangibles pour les populations des deux côtés de la Méditerranée.

    Pour le Gabon, cette visite représente une opportunité de concrétiser sa stratégie de développement, en attirant des investissements étrangers, en modernisant ses infrastructures et en renforçant ses capacités industrielles. Pour la France, il s’agit de réaffirmer son rôle en Afrique, en privilégiant une approche fondée sur le dialogue, les partenariats gagnant-gagnant et le respect mutuel.

    Au terme de ces trois jours intenses, l’avenir des relations franco-gabonaises s’annonce sous de meilleurs auspices. La réussite de cette visite pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère, où la coopération entre les deux pays serait guidée par des intérêts communs et une vision partagée.

  • Burkina Faso : sécurité, souveraineté et exil des populations sous traoré

    Burkina Faso : sécurité, souveraineté et exil des populations sous traoré

    Il fut une époque où le Burkina Faso était davantage connu pour sa stabilité que pour ses conflits. Pourtant, cette période, marquée par le règne de Blaise Compaoré, n’a jamais été exempte de controverses. Le pouvoir était concentré entre ses mains, la vie politique verrouillée, et les mécanismes de l’alternance démocratique souvent contestés par l’opposition et les observateurs internationaux. Pendant près de trois décennies, il a incarné un système politique largement critiqué, mais dont les fondations semblaient, malgré tout, offrir une forme de sérénité aux Burkinabè.

    La sécurité, fondement oublié d’un État

    Avec le recul, une question s’impose aujourd’hui : à quoi bon débattre de démocratie lorsque les citoyens ne peuvent plus circuler librement ? Cette interrogation résonne dans les conversations quotidiennes au Burkina Faso, où beaucoup comparent l’ère Compaoré à la situation actuelle, sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré. À l’époque, les attaques terroristes et les crises sécuritaires qui secouent aujourd’hui le Sahel n’avaient pas encore plongé le pays dans un chaos aussi profond.

    Les populations vaquaient à leurs occupations sans craindre pour leur vie. Les agriculteurs cultivaient leurs terres, les commerçants approvisionnaient les marchés, et les familles traversaient les régions sans appréhension. Cette stabilité relative, même imparfaite, contrastait avec l’insécurité grandissante d’aujourd’hui. Pourtant, elle n’effaçait pas les critiques adressées au régime précédent, notamment sur la concentration du pouvoir et les restrictions démocratiques.

    Mais une vérité s’impose : le rôle premier d’un État est de garantir la sécurité de ses citoyens. Sans cela, les libertés, les réformes et les promesses politiques perdent une grande partie de leur valeur. Aujourd’hui, cette question est au cœur des préoccupations de millions de Burkinabè.

    Les promesses trahirent-elles les attentes ?

    Lorsque Ibrahim Traoré a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État militaire, les espoirs étaient immenses. La junte avait promis une reconquête du territoire, une souveraineté renforcée et une réponse plus ferme face aux groupes armés. Pourtant, près de plusieurs années après ces engagements, la réalité sur le terrain reste préoccupante.

    Les communiqués officiels célèbrent régulièrement les opérations militaires et les avancées supposées des forces de défense. Pourtant, dans de nombreuses zones, les attaques persistent, des communes restent isolées et des routes, dangereuses. Pour une partie de la population, ces annonces peinent à se concrétiser par une amélioration tangible de leur quotidien.

    Le symbole le plus frappant de cet échec n’est pas seulement la persistance des violences, mais le départ massif des Burkinabè vers d’autres horizons. Chaque semaine, des familles abandonnent leurs villages, leurs terres et leurs commerces pour chercher refuge ailleurs, que ce soit dans des zones plus sûres du pays ou en exil chez les voisins. Personne ne choisit volontairement l’exil lorsque son propre sol pourrait lui offrir la paix.

    L’exode, un verdict sans appel

    Cette hémorragie humaine est sans doute le jugement le plus sévère porté sur l’action des autorités. Lorsqu’un citoyen préfère devenir déplacé interne ou réfugié plutôt que de rester chez lui, cela révèle une perte de confiance totale dans la capacité de l’État à le protéger. Le silence des anciens détracteurs de Compaoré ajoute à ce malaise. Ceux qui dénonçaient avec véhémence son autoritarisme se montrent aujourd’hui bien plus discrets lorsqu’il s’agit d’évaluer les résultats de Traoré.

    Ce contraste soulève une interrogation légitime : certains dirigeants ne bénéficient-ils pas d’un traitement plus clément que d’autres ? La comparaison entre les deux époques ne vise pas à idéaliser le passé, mais à rappeler une évidence : une nation ne se mesure pas à ses discours, mais à la sécurité qu’elle offre à ses habitants.

    Souveraineté et sécurité : un duo indissociable ?

    Ibrahim Traoré axe son discours sur la souveraineté, la rupture avec les anciennes alliances et l’unité patriotique. Ces thèmes rencontrent un écho certain auprès d’une frange de la population. Cependant, la souveraineté ne peut se réduire à des slogans. Elle se juge aussi à la capacité d’un gouvernement à contrôler son territoire et à protéger ceux qui y vivent.

    Pour l’instant, les faits peinent à suivre les promesses. Les villages isolés, les marchés fermés et les routes barrées par la peur rappellent quotidiennement l’urgence d’une solution. Le bonheur d’un peuple ne se décrète pas : il se construit sur la tranquillité des campagnes, la fluidité des déplacements et la confiance dans l’avenir.

    Tant que des Burkinabè continueront de fuir leur pays ou leurs régions pour échapper à l’insécurité, le bilan de cette transition restera incomplet. L’histoire, elle, ne retiendra pas les discours, mais les actes. Et pour les habitants du Burkina Faso, la priorité absolue reste inchangée : vivre, travailler et élever leurs enfants en paix, sans avoir à choisir entre leur foyer et leur sécurité.