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  • Les relations sino-marocaines décryptées par les diplomates chinois à Pékin

    Les relations sino-marocaines décryptées par les diplomates chinois à Pékin

    Le président chinois Xi Jinping accueilli par le prince héritier marocain Moulay Hassan à Casablanca le 21 novembre 2024

    Les échanges diplomatiques entre le Maroc et la Chine prennent une nouvelle dimension lors des rencontres de haut niveau. À Pékin, les responsables chinois livrent des analyses inédites sur les dynamiques qui structurent cette relation bilatérale. Entre opportunités économiques et stratégies géopolitiques, leurs confidences révèlent les coulisses d’une coopération en pleine expansion.

    Un partenariat économique en pleine accélération

    Les diplomates chinois mettent en avant l’intensification des échanges commerciaux entre les deux nations. Les investissements directs chinois au Maroc se multiplient, notamment dans les secteurs des infrastructures et des technologies vertes. Les projets sino-marocains visent à renforcer la connectivité régionale, avec des partenariats ambitieux dans les ports, les autoroutes et les énergies renouvelables.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le volume des échanges a progressé de plus de 30 % en deux ans, illustrant l’engagement croissant de Pékin. Les diplomates soulignent également l’importance de la zone industrielle de Tanger, devenue un hub stratégique pour les entreprises chinoises en Afrique du Nord.

    Des collaborations technologiques et industrielles majeures

    Le transfert de technologies figure parmi les priorités affichées par les autorités chinoises. Des accords récents concernent notamment la modernisation des réseaux ferroviaires marocains et le développement de smart cities. Ces initiatives s’inscrivent dans la Nouvelle Route de la Soie maritime, un projet phare de la diplomatie chinoise.

    Les diplomates évoquent aussi des collaborations dans l’agroalimentaire et la pharmacie, secteurs où le Maroc cherche à diversifier ses partenariats. Les investissements chinois dans ces domaines visent à renforcer la souveraineté alimentaire et sanitaire du royaume.

    Une relation diplomatique renforcée par des visites officielles

    Les rencontres entre les dirigeants des deux pays jouent un rôle clé dans l’approfondissement des liens. La visite du président Xi Jinping au Maroc en 2024 a marqué un tournant, symbolisant l’importance accordée à cette relation. Lors de cet événement, des accords-cadres ont été signés pour encadrer les futurs projets communs.

    Les diplomates chinois insistent sur la stabilité politique du Maroc comme facteur déterminant pour attirer les investisseurs. Le royaume, dirigé par le roi Mohammed VI, est perçu comme un partenaire fiable dans une région marquée par des instabilités.

    Les défis à relever pour pérenniser cette dynamique

    Malgré les avancées, des obstacles persistent. Les diplomates chinois soulèvent la question de l’équilibre entre les intérêts économiques et les enjeux géopolitiques. La proximité du Maroc avec l’Europe et les États-Unis impose une diplomatie équilibrée, que Pékin doit prendre en compte.

    Un autre défi réside dans la perception des investissements chinois par une partie de l’opinion publique marocaine. Certains y voient une forme de dépendance économique, tandis que d’autres y perçoivent une opportunité de développement. Les diplomates chinois reconnaissent la nécessité de mieux communiquer sur les bénéfices concrets de cette coopération.

    L’avenir des relations sino-marocaines : entre ambition et prudence

    Les perspectives d’avenir sont prometteuses, mais conditionnées par plusieurs facteurs. Les diplomates chinois évoquent la nécessité de diversifier les secteurs de coopération et d’accroître la participation des entreprises locales dans les projets sino-marocains.

    La Chine mise sur le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne, tandis que le royaume cherche à tirer parti de l’expertise chinoise pour accélérer sa transition économique. Cette relation symbiotique laisse entrevoir des opportunités inédites, à condition de surmonter les défis structurels.

    Les échanges récents à Pékin confirment l’importance stratégique de ce partenariat. Entre intérêts économiques, enjeux géopolitiques et défis internes, les relations sino-marocaines s’inscrivent dans une logique de long terme, où chaque partie doit trouver son équilibre.

  • Célébration du 27e anniversaire de la fête du trône à Bamako : le Maroc et le Mali renforcent leur coopération économique

    Célébration du 27e anniversaire de la fête du trône à Bamako : le Maroc et le Mali renforcent leur coopération économique

    Une réception diplomatique pour célébrer les liens entre le Maroc et le Mali

    À l’occasion du 27e anniversaire de la Fête du Trône, une réception officielle s’est tenue à Bamako, soulignant l’excellence des relations entre le Maroc et le Mali. L’événement, marqué par un discours marquant de l’ambassadeur marocain au Mali, a mis en lumière les avancées concrètes de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines économique et politique.

    Un bilan positif de la coopération Maroc-Mali

    Lors de cette cérémonie, le diplomate marocain a dressé un état des lieux des relations Maroc-Mali, saluant leur dynamisme croissant. Plusieurs intervenants ont salué la vision stratégique du Royaume du Maroc, qui place l’Afrique au cœur de sa diplomatie. Thierno Amadou Omar Hass Diallo, ancien ministre malien, a souligné : « La dynamique actuelle du Maroc, particulièrement visible dans ses partenariats en Afrique subsaharienne, notamment avec le Mali, et son engagement en faveur de la marocanité du Sahara, renforcent chaque jour nos liens ».

    Des témoignages unanimes sur l’excellence des échanges

    Abou Djitteye, figure emblématique ayant bénéficié de formations marocaines, s’est dit « rassuré et honoré » par l’état des relations entre les deux pays. Il a tenu à rendre hommage à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour son rôle central dans l’essor des échanges Sud-Sud.

    Driss Isbayène, ambassadeur du Maroc au Mali, a rappelé que sous l’impulsion du Souverain marocain, la coopération Sud-Sud est devenue une priorité. Il a insisté sur les principes fondamentaux guidant cette dynamique : « Construire avec les pays africains des partenariats basés sur la solidarité, le respect mutuel et des projets concrets au service des populations ».

    Un tournant historique dans les relations bilatérales

    L’ambassadeur a également évoqué un moment clé : « 2026 restera une année charnière dans l’histoire de nos relations et dans la mémoire de nos deux peuples ». Il a rappelé que la décision du Mali, prise en avril dernier, de retirer sa reconnaissance à la RASD a marqué un tournant, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération. Cette avancée a été concrétisée par l’organisation, la semaine précédente, de la réunion de la grande commission mixte Mali-Maroc.

    Le Mali salue le soutien marocain à l’AES

    Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a réaffirmé la reconnaissance du Mali envers le soutien indéfectible du Maroc. Il a déclaré : « Ce 27e anniversaire est l’occasion de réaffirmer notre profonde gratitude pour le Maroc, non seulement pour le Mali, mais aussi pour les pays de la Confédération de l’AES, en faveur de la paix, de la sécurité et du développement ».

    Il a également exprimé l’adhésion du gouvernement malien à l’Initiative Royale Atlantique, un projet ambitieux visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique.

  • Coopération maroco-tchadienne : Rabat et N’Djamena renforcent leurs liens stratégiques

    Coopération maroco-tchadienne : Rabat et N’Djamena renforcent leurs liens stratégiques

    coopération maroco-tchadienne : Rabat et N’Djamena renforcent leurs liens stratégiques

    Célébration de la coopération maroco-tchadienne à N'Djamena

    À l’occasion de la Fête du Trône, célébrée chaque 30 juillet, l’Ambassade du Maroc à N’Djamena a organisé une réception solennelle pour marquer les 27 ans de règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Une cérémonie prestigieuse, présidée par l’Ambassadeur Abdellatif Erroja, a rassemblé les plus hautes autorités tchadiennes, dont le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Mahamat Issa Zakaria, ainsi que des représentants du corps diplomatique et de la société civile.

    La Fête du Trône : un symbole d’unité et de progrès pour le Maroc

    La Fête du Trône incarne l’une des plus grandes fiertés du Maroc, commémorant l’intronisation du Roi Mohammed VI le 30 juillet 1999. À N’Djamena, l’événement a été l’occasion de mettre en lumière les avancées remarquables réalisées par le Royaume sous la guidance éclairée de Sa Majesté.

    Dans son discours, l’Ambassadeur Erroja a souligné que cette célébration représente « l’une des expressions les plus nobles de l’identité institutionnelle et historique du Maroc ». Il a rappelé que ce 30 juillet est bien plus qu’une date : c’est un moment pour célébrer les valeurs fondatrices de la nation marocaine et mesurer les transformations profondes opérées au fil des décennies.

    Une économie marocaine en pleine expansion

    L’année 2026 confirme la dynamique économique du Maroc, avec des chiffres impressionnants : une croissance de 4,6 % au premier trimestre, une inflation maîtrisée à 1,1 %, et une hausse de 18,4 % de la valeur ajoutée du secteur agricole. Ces performances ont valu au Royaume d’être désigné première puissance industrielle d’Afrique par la Banque africaine de développement en mai 2026, grâce à des secteurs clés comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies renouvelables.

    Le tourisme reste un pilier de cette croissance, avec 7,7 millions de visiteurs accueillis à fin mai 2026, dont 1,7 million au seul mois de mai. Par ailleurs, Casablanca Finance City s’est hissée au 49e rang mondial dans le classement Global Financial Centres Index, reflétant l’attractivité croissante des infrastructures financières marocaines.

    Avec l’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, le Royaume investit massivement dans la modernisation de ses infrastructures sportives, hôtelières et logistiques pour accueillir cet événement historique.

    Une diplomatie africaine et internationale renforcée

    La vision diplomatique du Roi Mohammed VI continue de positionner le Maroc comme un acteur clé sur la scène internationale. L’Ambassadeur Erroja a salué la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qualifiée de « tournant historique », qui reconnaît l’autonomie sous souveraineté marocaine comme base unique de négociation pour une solution politique au Sahara marocain. Cette avancée a conduit à la proclamation du 31 octobre comme Aïd Al Wahda (Fête de l’Unité).

    Sur le continent africain, le Maroc consolide ses partenariats grâce à des initiatives ambitieuses, comme le Gazoduc Afrique-Atlantique, reliant le Nigeria au Maroc. Signé lors du sommet de Freetown en juillet 2026, cet accord intergouvernemental avec la CEDEAO illustre l’engagement du Royaume en faveur d’une coopération sud-sud solidaire.

    Avec plus de 1 600 accords de coopération couvrant divers secteurs, le Maroc se distingue comme un pôle de formation pour la jeunesse africaine – 1 200 cadres formés en 2025 – et le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest, ainsi que le deuxième à l’échelle du continent.

    Un partenariat maroco-tchadien exemplaire

    L’Ambassadeur Erroja a mis en avant la qualité exceptionnelle des relations entre le Maroc et le Tchad, qualifiées de « modèle de coopération sud-sud ». Les deux pays collaborent étroitement dans des domaines aussi variés que l’enseignement supérieur, la santé, l’agriculture, l’énergie, la culture et la formation professionnelle.

    Plusieurs réalisations concrètes ont été saluées :

    • L’augmentation des bourses d’études accordées au Tchad, passant à 250 pour l’année en cours, contre 150 auparavant.
    • L’inauguration de la Mosquée Mohammed VI de N’Djamena, symbole des liens spirituels et historiques entre les deux nations.
    • Le renforcement des échanges techniques dans des secteurs clés comme la santé, l’urbanisme, la justice, la formation professionnelle et la cybersécurité.
    • Le rétablissement, en septembre 2025, de la ligne aérienne directe entre Casablanca et N’Djamena, facilitant les déplacements et les échanges commerciaux.

    Le secteur privé marocain joue un rôle majeur au Tchad, faisant du Royaume le premier investisseur africain dans ce pays.

    Tchad Connexion 2030 : un plan ambitieux pour l’avenir

    L’Ambassadeur a salué le Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 », présenté comme un cadre prometteur pour concrétiser des projets innovants dans les secteurs stratégiques. Il a réaffirmé l’engagement de l’Ambassade du Maroc à accompagner cette vision, en parfaite harmonie avec les ambitions des dirigeants des deux pays.

    Hommage aux acteurs du rapprochement entre les peuples

    En clôturant son discours, l’Ambassadeur Erroja a rendu un vibrant hommage aux femmes et aux hommes qui œuvrent au quotidien pour renforcer les relations bilatérales. Il a particulièrement salué le travail de son Premier Conseiller, Hassan Bahadi, sur le point de quitter ses fonctions, ainsi que l’ensemble des entreprises marocaines, de la communauté expatriée et des associations engagées dans ce rapprochement.

    Parmi les structures distinguées, la Section Tchad de la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains, l’Association des Lauréats Tchadiens et Amis du Maroc (ALTAM) et l’Amicale des Médecins lauréats des CHU marocains ont été citées pour leur contribution essentielle à la consolidation des liens humains entre les deux peuples.

    Une amitié sans limites

    Dans une conclusion forte, l’Ambassadeur a réaffirmé la profondeur des relations entre le Maroc et le Tchad : « Notre partenariat avec le pays de Toumaï n’a pas de plafond. Il repose sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et la quête de résultats concrets et durables, répondant aux aspirations des deux peuples. »

  • Le président gabonais en Gambie pour renforcer les liens bilatéraux

    Le président gabonais en Gambie pour renforcer les liens bilatéraux

    Une visite officielle de quatre jours à Banjul

    Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a atterri hier à Banjul, capitale de la Gambie, pour lancer une visite officielle de quatre jours. Accueilli par son homologue gambien Adama Barrow, le chef de l’État gabonais a immédiatement entamé des échanges en tête-à-tête, suivis de pourparlers bilatéraux à la résidence officielle. Les deux dirigeants ont passé en revue les axes de coopération existants tout en explorant de nouvelles pistes pour dynamiser les partenariats économiques entre leurs pays. Une nouvelle rencontre est prévue aujourd’hui avec le président Barrow.

    Renforcement de l’axe Libreville-Banjul et découverte des infrastructures

    Cette visite, centrée sur le renforcement des relations entre Libreville et Banjul, offre au président gabonais l’opportunité de découvrir plusieurs infrastructures majeures en Gambie. Parmi les sites prévus figurent le Laboratoire national de contrôle de la qualité des aliments et des médicaments à Brusubi, l’Université de Gambie, le Centre national de traitement des urgences à Farato, ainsi que la mare aux crocodiles de Kachikally à Bakau. Ces visites symbolisent l’engagement des deux nations à promouvoir un développement durable et intégré.

    Un banquet d’État pour sceller les accords

    Le programme de cette visite officielle inclut un banquet d’État organisé en l’honneur du président gabonais par son homologue gambien. Cet événement solennel vise à célébrer les liens d’amitié et de coopération entre les deux pays, tout en renforçant les bases d’un partenariat économique et politique solide.

    L’économie gambienne en pleine expansion

    La Gambie base sa croissance économique sur trois piliers majeurs : le tourisme, l’agriculture et le commerce de réexportation. Selon les dernières données disponibles, le Produit Intérieur Brut (PIB) réel du pays affiche une progression notable de 6,1 %, portée par une dynamique soutenue dans le secteur des services.

    Une tournée africaine pour consolider les alliances

    Ce déplacement du président gabonais s’inscrit dans le cadre d’une série de visites d’État qu’il effectue sur le continent africain, avec une attention particulière pour les pays d’Afrique de l’Ouest. Ces initiatives visent à renforcer les relations diplomatiques et économiques, tout en explorant de nouvelles opportunités de coopération mutuellement bénéfiques.

  • Mali : Les frappes aériennes menées par « Africa Corps », sous le contrôle de la Russie, tuent des civils

    Mali : Les frappes aériennes menées par « Africa Corps », sous le contrôle de la Russie, tuent des civils

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    (Nairobi, le 31 juillet 2026) – L’Africa Corps, contrôlé par le gouvernement russe, a mené des frappes aériennes dans le centre du Mali le 15 juin 2026, qui ont tué huit civils, dont trois enfants, dans une attaque manifestement illégale, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

    Ce matin-là, un avion identifié par deux sources militaires maliennes comme un Soukhoï Su-24 a largué au moins deux munitions sur le village de Kyrnia, dans la région de Mopti. La première a frappé à l’extérieur de la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant, et blessant une femme. La deuxième a touché un petit marché aux bestiaux situé à une vingtaine de mètres, tuant quatre hommes et en blessant deux autres. Aucun combattant de groupes armés islamistes ne figurait parmi les victimes.

    « Un avion d’Africa Corps, contrôlé par le gouvernement russe, a tué des civils dans un village malien au mépris manifeste du droit de la guerre », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « En donnant un chèque en blanc aux autorités russes, le gouvernement malien devrait être conscient qu’il est lui aussi responsable des atrocités commises par ses forces alliées. »

    Human Rights Watch a interviewé 19 personnes par téléphone entre le 24 juin et le 14 juillet, dont 6 témoins, des membres de la société civile, des leaders communautaires, des sources militaires maliennes et des journalistes locaux. Human Rights Watch a également analysé des images satellites des lieux des frappes, une vidéo des frappes mise en ligne par Africa Corps et des photographies publiées sur les réseaux sociaux par un groupe armé islamiste. Le 23 juillet, Human Rights Watch a adressé un courrier au ministre russe de la Défense, résumant ses conclusions et posant plusieurs questions, mais n’a reçu aucune réponse.

    Le 23 juin, Africa Corps a annoncé sur ses comptes Facebook et X que, le 15 juin, il avait mené avec succès une frappe aérienne sur un « lieu de rassemblement de groupes terroristes » dans la région de Mopti, tuant plusieurs commandants de terrain, et a publié une vidéo des frappes et de leurs conséquences. Human Rights Watch a géolocalisé les deux frappes visibles sur la vidéo à Kyrnia.

    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) lié à Al-Qaïda contrôle Kyrnia depuis six ans. Des témoins ont déclaré qu’au moins 100 combattants du GSIM, dont un haut commandant, se trouvaient dans le village au moment des frappes, mais qu’ils s’étaient rassemblés principalement à la mosquée du village et devant un magasin près d’un petit marché aux bestiaux. Alors que ni la mosquée ni le magasin n’ont été frappés, une munition a touché le marché aux bestiaux. Le GSIM stocke parfois des armes, des munitions, du carburant et d’autre matériel dans le magasin, qui appartient au chef du village, un riche commerçant. Un pick-up, semblable aux véhicules que le GSIM utilise généralement, était garé devant la maison du chef.

    Depuis 2012, les gouvernements successifs du Mali combattent les groupes armés islamistes. Après les coups d’État militaires en 2020 et 2021, le chef de la junte, le général Assimi Goïta, a expulsé les forces françaises et onusiennes et renforcé les liens avec la Russie. Depuis 2021, la junte s’appuie sur l’aide du groupe Wagner lié à la Russie pour gérer la sécurité. Le groupe de mercenaires a été rebaptisé Africa Corps après la mort du fondateur du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, en 2023, et est passé sous le contrôle direct de Moscou.

    Le ministère russe des Affaires étrangères a reconnu en juin que du personnel militaire russe travaillait avec les forces armées maliennes pour assurer un contrôle total du territoire malien après les attaques du GSIM à travers le pays le 25 avril. Le ministère russe de la Défense a déclaré que ses forces utilisaient des Su-24 pour frapper les combattants du GSIM.

    Des reportages des médias et des images satellites indiquent qu’Africa Corps déploie des avions Su-24 au Mali depuis au moins avril 2025 pour soutenir l’armée malienne. Il n’existe aucune archive publique mentionnant le transfert de Su-24 aux autorités maliennes. Ces avions peuvent embarquer un large éventail de munitions aériennes, y compris des armes guidées, qui sont compatibles avec les dommages causés par les munitions qui ont frappé Kyrnia.

    Des témoins ont raconté avoir vu un avion de chasse survoler Kyrnia à basse altitude et émettre un bruit assourdissant. « C’était un avion de chasse, très rapide … il volait bas … d’ouest en est », a relaté un commerçant de 35 ans. « Je l’ai vu larguer une bombe … comme une boule de feu … et j’ai couru me réfugier sous un arbre. »

    Un éleveur de vaches, âgé de 37 ans, a indiqué qu’il était assis au marché aux bestiaux lorsqu’il a entendu un grondement fort, suivi d’une explosion. Il a vu une épaisse fumée noire s’élever des habitations proches de la maison du chef, puis il a entendu une deuxième explosion. « Le marché était en désordre », a-t-il dit, « des étalages emportés sur plusieurs mètres, des bœufs et des moutons déchiquetés ». Il a aidé à dégager les décombres de la maison du chef effondrée aux côtés d’autres habitants, tandis que des combattants du GSIM coordonnaient les opérations de secours. « La deuxième épouse du chef était morte, et elle avait perdu … ses bras », a-t-il expliqué. « Puis [nous avons trouvé] les [corps des] deux enfants … et un autre garçon qui avait été projeté sur le toit par l’explosion. »

    L’analyse de la vidéo d’Africa Corps et des images satellites à partir du 25 juin par Human Rights Watch révèle deux cratères dans la partie sud de Kyrnia, chacun d’environ 12 mètres de large, indiquant deux grandes munitions larguées par avion. Environ neuf étals de marché, visibles sur les images satellites à partir du 7 février, semblent avoir été détruits par la deuxième frappe. La frappe à l’extérieur de la résidence du chef est tombée entre des structures, provoquant l’effondrement d’au moins un bâtiment.

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    Un éleveur de chameaux, âgé de 48 ans, a raconté qu’il avait été « projeté [au sol] par le souffle de la première explosion » avant de constater qu’il était « couvert de sable et de débris.… [D]es personnes devant moi étaient blessées, certaines avaient les bras cassés ».

    Un homme de 40 ans a indiqué qu’il avait identifié « les corps de trois marchands », touchés « alors qu’ils circulaient sur un tricycle chargé de sacs de dattes » à travers le marché aux bestiaux.

    La deuxième frappe a blessé trois hommes, dont un qui est décédé le lendemain. Un témoin a expliqué que l’homme avait été touché par des fragments de bombe et que « [s]es bras avaient été déchiquetés ».

    Human Rights Watch a examiné une liste avec les noms des huit victimes, dont trois enfants âgés de 1 à 10 ans, une femme de 24 ans et quatre hommes âgés de 30 à 40 ans.

    Des témoins ont raconté que, le 14 juin, un drone vraisemblablement commandé par les forces armées maliennes ou par Africa Corps a survolé Kyrnia, suggérant que le village était sous surveillance. « J’ai vu un drone dans le ciel la veille, entre 16 et 17 heures », a décrit l’éleveur de chameaux. « Il a fait plusieurs tours au-dessus du village avant de quitter. »

    Des témoins ont déclaré qu’une centaine de combattants du GSIM se trouvaient dans le village au moment des frappes, la plupart à la mosquée, à environ 150 mètres des sites touchés. Un homme de 40 ans a indiqué qu’au niveau de la mosquée, certains combattants du GSIM étaient sur des motos. « Ils avaient des armes automatiques et ils portaient des uniformes militaires ou des boubous, le visage couvert de turbans », a-t-il expliqué. Le commerçant a également déclaré que de nombreux combattants du GSIM, notamment un de ses hauts commandants, se trouvaient à l’intérieur ou à l’extérieur du magasin du chef du village, situé à côté du marché aux bestiaux frappé par la deuxième munition.

    Les frappes ont eu lieu un jour de marché, lorsque Kyrnia était bondée de commerçants, d’acheteurs et de villageois. Les habitants ont indiqué que, depuis que le GSIM a pris le contrôle de la région, Kyrnia est devenue une plaque tournante commerciale avec un important marché aux bestiaux.

    Les habitants ont affirmé que le GSIM achetait des fournitures, notamment du carburant et de la nourriture, sur le marché de Kyrnia. Ils ont supposé que les frappes aériennes avaient peut-être visé la résidence du chef du village parce que son pick-up, similaire à ceux utilisés par le GSIM, était garé devant. Ils ont également expliqué que trois des fils du chef étaient des combattants du GSIM, mais qu’ils ne se trouvaient pas à Kyrnia au moment de l’attaque.

    Le droit de la guerre, qui s’applique au conflit armé au Mali, interdit les attaques qui visent des civils et des biens de caractère civil, qui ne font pas de distinction entre les civils et les combattants ou qui sont susceptibles de nuire à des civils ou à des biens de caractère civil de manière disproportionnée par rapport à tout avantage militaire attendu.

    Les parties belligérantes menant des attaques sont tenues de prendre toutes les précautions possibles pour limiter au maximum les pertes en vies humaines parmi les civils. Les parties devraient s’abstenir de se déployer dans des zones densément peuplées. Les frappes à Kyrnia ne semblaient pas viser des objectifs militaires spécifiques et seraient donc des attaques indiscriminées illégales. Le fait que le chef du village fasse des affaires avec le GSIM ne permet pas de le désigner comme une cible d’attaque. Human Rights Watch n’a découvert aucune information indiquant que la maison du chef était utilisée pour stocker des armes ou des munitions.

    Le gouvernement malien a l’obligation d’enquêter sur l’incident et de demander des comptes aux responsables des violations du droit de la guerre, y compris aux membres d’Africa Corps.

    « Le gouvernement malien ne peut pas se cacher derrière les violations du droit de la guerre commises par ses alliés russes », a conclu Ilaria Allegrozzi. « La junte doit enquêter de manière impartiale sur tous les crimes de guerre possibles perpétrés sur son territoire, y compris les frappes aériennes à Kyrnia, ou être tenue pour complice de ces abus. »

  • Le premier Sénat du Bénin entre en fontion

    Le premier Sénat du Bénin entre en fontion

    L’institution est composée de 25 parlementaires qui ne sont pas élus mais désignés par le chef de l’Etat ou membres de droit, comme les anciens présidents.

    Elle a été créée lors d’une révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025, notamment pour «réguler la vie politique».

    La cérémonie a été présidée par la doyenne d’âge du Sénat, Élisabeth Pognon, 89 ans, première femme présidente de la Cour constitutionnelle.

    «Vous et moi avons l’honneur redoutable d’être les premiers au sein de cette nouvelle institution», a-t-elle déclaré.

    Elle a appelé les parlementaires à faire du Sénat «un instrument de confiance, de stabilité et de consolidation de l’État».

    «Je suis fier de faire partie de cette génération de dirigeants qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour notre développement commun… Partout où on peut servir, on ne peut pas manquer de le faire», a affirmé de son côté l’ancien président Patrice Talon (2016-2026).

    D’autres anciens chefs d’Etat siègent à ses côtés, comme Thomas Boni Yayi (2006-2016).

    Paul Hounkpè, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, dont il était le seul opposant, est également membre du Sénat.

    «Ce qui prime, c’est l’unité nationale (…), qu’il y ait la paix et un développement harmonieux de notre pays», a-t-il exprimé à l’AFP.

    La révision constitutionnelle avait par ailleurs allongé la durée du mandat présidentiel, de cinq à sept ans.

    La dernière élection du chef de l’Etat a été remportée en avril par Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Economie et dauphin de Patrice Talon.

    Par Le360 Afrique (avec AFP)
    Le 31/07/2026 à 08h01
  • Crise migratoire à Ceuta : l’Espagne et le Maroc renforcent leur coopération

    Crise migratoire à Ceuta : l’Espagne et le Maroc renforcent leur coopération

    crise migratoire à Ceuta : l’Espagne et le Maroc renforcent leur coopération

    Face à une nouvelle vague migratoire à Ceuta, l’Espagne et le Maroc unissent leurs efforts pour gérer les flux et sécuriser les frontières. Bruxelles réaffirme le rôle clé de Rabat dans la lutte contre les réseaux de traite et salue cette collaboration renforcée.

    La récente crise migratoire à Ceuta a poussé l’Espagne et le Maroc à activer une réponse conjointe, marquée par un renforcement immédiat des mécanismes de coopération pour organiser le retour des migrants entrés illégalement. Cette décision s’applique également à Melilla, confirmant l’urgence d’une gestion coordonnée des frontières et de la lutte contre les réseaux criminels exploitant les traversées illégales.

    Avec l’augmentation des arrivées par voie maritime ou terrestre, Madrid et Rabat ont intensifié leur collaboration afin de limiter les flux migratoires et de sécuriser les zones frontalières. Les deux pays pointent du doigt les réseaux de traite d’êtres humains, qui profiteraient d’un récent arrêt judiciaire pour inciter à des traversées plus risquées vers Ceuta et Melilla.

    Bruxelles apporte son soutien à l’Espagne via Frontex, tout en exigeant du Maroc des mesures immédiates pour endiguer la crise. L’Union européenne réaffirme ainsi son engagement à renforcer l’assistance technique et financière face à la pression migratoire, tout en maintenant un dialogue constant avec Rabat pour accélérer les actions sur le terrain.

    Une coopération bilatérale renforcée face à l’afflux migratoire

    L’afflux massif de migrants à Ceuta, notamment via le poste-frontière de Tarajal, a conduit l’Espagne et le Maroc à consolider leur partenariat bilatéral. Les deux gouvernements ont convenu de procéder, dans les plus brefs délais, au retour des personnes entrées illégalement, en s’appuyant sur les accords existants.

    Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, doit se rendre sur place pour superviser la gestion de la crise. Il reste en contact permanent avec son homologue marocain, Abdelouafi Laftit, afin d’optimiser la coordination sécuritaire et de surmonter cette situation exceptionnelle.

    Des sources internes au ministère de l’Intérieur marocain ont exprimé leur mécontentement face à cette crise, qui menace la stabilité de la coopération tripartite entre le Maroc, l’Espagne et l’Union européenne. Ces événements soulignent l’importance stratégique de ce partenariat dans la région.

    Démenti des spéculations sur un lien avec la visite de Pedro Sánchez en Algérie

    Le gouvernement espagnol a catégoriquement nié tout lien entre la recrudescence migratoire à Ceuta et la visite de Pedro Sánchez en Algérie le 20 juillet dernier. Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que la coopération migratoire avec le Maroc reste prioritaire, dans le cadre d’un partenariat stratégique solide entre les deux pays.

    Pour sa part, Pedro Sánchez a assuré que l’exécutif espagnol travaillait sans relâche pour rétablir la stabilité à Ceuta. Il a mobilisé toutes les ressources disponibles et coordonné ses actions avec les autorités marocaines et ses partenaires internationaux pour faire face à cette situation critique.

    Sur le réseau X, le président du gouvernement espagnol a annoncé que des mesures concrètes étaient en préparation pour rétablir l’ordre le plus rapidement possible. Il a également souligné que la coopération avec le Maroc constituait un pilier essentiel pour gérer la pression migratoire actuelle.

    Ceuta face à une crise migratoire sans précédent

    Après la crise de mai 2021, Ceuta subit une nouvelle vague migratoire d’une ampleur inédite. Des centaines de personnes, principalement des jeunes, continuent d’arriver par la nage ou via la zone frontalière de Tarajal, saturant les services d’urgence et de sécurité. Onze corps de migrants ont été retrouvés en mer ces derniers jours, illustrant l’ampleur des drames humains derrière ces traversées.

    Les autorités locales ont demandé l’instauration de l’état d’urgence, mais cette proposition a été rejetée par le gouvernement espagnol. Elles réclament également un renforcement des moyens policiers et militaires pour maîtriser la situation, alors que les forces de l’ordre déployées sur la digue séparant Ceuta du Maroc sont au bord de l’épuisement. Les centres d’accueil, quant à eux, sont submergés.

    Les tentatives de traversée se poursuivent, alimentées par des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux. Des milliers de personnes, souvent poussées par le désespoir, tentent chaque heure d’atteindre Ceuta, espérant y trouver une vie meilleure. Beaucoup s’installent dans des campements de fortune en attendant une prise en charge.

    Ceuta et les défis structurels du Maroc face à l’émigration

    Cette crise migratoire à Ceuta met en lumière les défis structurels auxquels le Maroc est confronté, notamment le chômage des jeunes et les inégalités régionales. Les médias marocains et espagnols soulignent la nécessité de réévaluer les programmes d’intégration sociale pour offrir des perspectives d’avenir aux populations les plus vulnérables.

    Les nouveaux arrivants célèbrent leur entrée à Ceuta avec des cris de joie, comme s’ils atteignaient une terre promise. Pourtant, derrière chaque succès se cachent des drames humains : des vies perdues en mer, des familles brisées, et des rêves évanouis pour ceux qui échouent dans leur tentative de traversée.

    Cette situation interroge : ces jeunes risquent-ils tout pour fuir leurs conditions de vie, ou est-ce l’absence d’opportunités qui les pousse à partir ? Au-delà des discours sur l’Europe idéalisée, la crise de Ceuta révèle des causes profondes, telles que le chômage des jeunes, les disparités économiques et la méfiance envers les institutions.

    Alors que le Maroc célébrait la Fête du Trône, cette crise a mis en lumière les lacunes des autorités locales dans la prévention des rassemblements massifs à la frontière. La participation d’Algériens et de migrants subsahariens aux tentatives de traversée suggère des motivations plus complexes, incluant des tentatives de déstabilisation visant à nuire aux relations entre le Maroc, l’Espagne et l’Union européenne.

    Chaque personne parvenant à Ceuta représente un échec silencieux des politiques publiques. Cette crise, bien plus qu’un phénomène marginal, est un drame humain aux multiples facettes, qui exige des réponses urgentes et une réflexion approfondie sur les politiques migratoires et sociales au Maroc.

  • Togo / Arrêt de la Cedeao : Entre déni du gouvernement et charge au vitriol de l’Asvitto, le bras de fer continue

    Togo / Arrêt de la Cedeao : Entre déni du gouvernement et charge au vitriol de l’Asvitto, le bras de fer continue

    L’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO relatif au changement constitutionnel au Togo continue d’alimenter une vive polémique à Lomé. Alors que l’exécutif oppose une fin de non-recevoir juridique, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) monte au créneau et dénonce un « gangstérisme d’État ».

    L’argument d’incompétence brandi par Lomé

    Face à la décision de la juridiction communautaire, le gouvernement togolais n’a pas tardé à dégainer sa réplique juridique. Selon les autorités de Lomé, la Cour de justice de la CEDEAO ne disposerait d’« aucune compétence de contrôle de constitutionnalité du droit interne, ni un titre à juger un pouvoir constituant national ». Un argument destiné à vider l’arrêt de toute sa substance juridique sur le plan national.

    L’ASVITTO réplique : « Un déni de l’évidence »

    Cette ligne de défense est loin de convaincre la société civile. Sur son compte X (anciennement Twitter), l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) a vivement réagi, estimant que la manœuvre « ne prend pas ».

    Pour l’organisation, les instigateurs de ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel » sont désormais plongés « dans leur angoisse en attendant leur sortie ». L’association fustige une « tentative du déni de l’évidence », rappelant au passage une habitude bien ancrée :

    « Ce qui est constant est qu’ils sont connus pour leur attitude de non-respect et de manque de considération pour les décisions de la CEDEAO. »

    L’ASVITTO en veut pour preuve le sort des détenus politiques toujours maintenus en prison à Lomé, en dépit de multiples arrêts communautaires exigeant leur libération immédiate.

    Un appel direct à la CEDEAO contre le « gangstérisme d’État »

    L’association ne stoppe pas sa charge au gouvernement togolais et interpelle directement les instances de la région. Elle invite la CEDEAO à administrer « la thérapie efficace contre la pathologie togolaise » afin de faire appliquer l’arrêt n° ECW/CCJ/JUD/01/26.

    Rendu en janvier dernier, cet arrêt emblématique avait déjà jugé la réforme constitutionnelle de 2024 contraire à la Charte africaine de la démocratie, des droits de l’homme et de la gouvernance. Le constat formulé par l’ONG est sans nuance : « Il faut mettre fin à cette forme de gangstérisme d’État dans la sous-région. »

    L’impasse politique et le drame des détenus

    Aujourd’hui, le dialogue ressemble à un sourd face-à-face : d’un côté, un pouvoir qui invoque l’incompétence de la Cour régionale ; de l’autre, une association qui dénonce l’incapacité du gouvernement à respecter les engagements internationaux du pays.

    Au milieu de cette bataille d’arguments et de communications sur les réseaux sociaux, la décision de la CEDEAO reste en souffrance, rendue mais non appliquée. Une attente particulièrement lourde pour les détenus toujours incarcérés qui espèrent, loin des joutes verbales, un dénouement bien plus concret à leur situation.

  • Frontières ouvertes et riposte renforcée pour freiner Ebola

    Frontières ouvertes et riposte renforcée pour freiner Ebola

    SantéRépublique démocratique du Congo

    Frontières ouvertes et riposte renforcée pour freiner Ebola

    Carole Assignon
    30 juillet 2026

    Alors que l’épidémie d’Ebola menace également de plus en plus la sécurité alimentaire en RDC, l’Onu appelle à une intensification de la riposte et demande aussi aux États de maintenir les frontières ouvertes.

    https://p.dw.com/p/5I2bE
    Ouganda Mpondwe | Passage de la frontière vers le Congo

    Plus de 3 000 cas confirmés, près de 1 500 décès selon le dernier bilan du gouvernement… L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo continue de gagner du terrain et les organisations humanitaires ne cessent d’alerter sur sa rapidité de propagation. 

    Le nombre de cas d’Ebola augmente de « façon exponentielle, doublant tous les 20 jours » : c’est ce qu’a déclaré Julien Harneis, coordinateur principal des Nations unies pour Ebola, lors d’un point de presse. Il estime que la vitesse de propagation de l’épidémie est bien plus rapide que celle de la riposte. 

    Laisser les frontières ouvertes

    Certains pays avaient pris des mesures de restriction ou fermé leurs frontières en réponse à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC.

    Malgré les recommandations contraires de l’OMS, le Rwanda avait fermé ses frontières terrestres avec la RDC et interdit l’entrée aux étrangers ayant séjourné dans ce pays. Début juillet, une réouverture partielle des frontières a toutefois eu lieu avec des mesures comme le lavage des mains et la prise de température.

    Ouganda Bundibugyo 2026 | Lutte contre Ebola à la frontière avec la République démocratique du Congo

    L’Ouganda avait aussi fermé temporairement ses postes-frontières avec la RDC, tout en maintenant des exceptions pour l’aide humanitaire, la sécurité et le transport de marchandises.

    Hors d’Afrique, il y a aussi le Canada qui a annoncé, durant ce mois de juillet, la fermeture de ses frontières aux ressortissants étrangers ayant séjourné en RDC au cours des 21 jours précédents, en plus de suspendre le traitement de certains documents d’immigration pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

    Dans le contexte actuel, il est toutefois important, selon l’Onu, de laisser les frontières ouvertes pour assurer l’acheminement rapide du matériel médical, garantir l’entrée des équipes d’intervention et permettre aux soignants de se déplacer sans entrave en RDC.

    Le fait de bloquer les passages frontaliers peut en effet pousser les populations vers des chemins qui ne sont pas contrôlés et cela peut compliquer la surveillance d’Ebola.

    L’impact sur la sécurité alimentaire

    Selon le Programme alimentaire mondial, le Pam, l’épidémie est une « crise qui s’ajoute à une autre crise ». L’Ituri, qui est l’épicentre de l’épidémie d’Ebola, est parmi les régions les plus touchées, avec 1,9 million de personnes ayant besoin d’aide alimentaire. 

    « Il y a des patients qui ne sont pas pris en charge par les humanitaires, ou, par exemple, par le gouvernement… Ce sont leurs familles qui les prennent en charge. Et au niveau des denrées alimentaires, ça impacte au niveau des communautés de base » explique Butoto Bigiri Naum, responsable de l’organisation « Action pour le développement et le bien-être des communautés » (UGEAFI). Cette ONG met en œuvre les projets d’aide d’urgence contre Ebola, actuellement menés en RDC par l’ONG allemande Help et est active auprès des populations rurales et vulnérables sur le plan sanitaire mais aussi nutritionnel.

    République démocratique du Congo, distribution de nourriture dans un camp de réfugiés

    Il explique que les restrictions aux frontières ont perturbé les approvisionnements en nourriture et en intrants agricoles, ce qui a des conséquences « pour avoir des intrants, par exemple les semences et les outils, ça pose énormément de problèmes… » 

    Selon le Pam, plus de 2,65 millions de personnes dans les zones de santé touchées par Ebola sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en RDC, dont plus de 628 000 en situation d’urgence. Et ce sont généralement les enfants et les femmes, notamment les femmes enceintes, qui sont les plus impactés par l’accès restreint aux aliments.

    L’épidémie d’Ebola est un facteur aggravant de l’insécurité alimentaire en raison notamment des restrictions de circulation qui entraînent des perturbations dans l’approvisionnement en vivres. La rareté des produits sur les marchés entraîne une hausse des prix. Difficile donc pour les ménages de se procurer certains vivres et donc de se nourrir correctement. 

    L’épidémie peut aussi avoir un impact sur le secteur agricole. Outre les difficultés à se fournir en intrants, la peur de la contagion et de la perte de main-d’œuvre peuvent pousser les agriculteurs à délaisser leurs terres, entraînant à long terme une baisse des récoltes et donc une situation de famine. 

    Pour éviter une catastrophe, le Pam fournit une aide alimentaire aux patients atteints d’Ebola, aux personnes ayant été en contact étroit avec des personnes infectées, mais aussi aux intervenants de première ligne et aux ménages touchés.  

    L’objectif est d’aider les populations à respecter les mesures de confinement, tout en allégeant la pression sur les familles alors qu’elles peinent déjà elle-même à satisfaire leurs besoins alimentaires de base. 

    L’aide alimentaire contribue par ailleurs à réduire les déplacements de population en quête de nourriture et crée les conditions sociales plus favorables pour une meilleure intervention des acteurs de la santé. 

  • Conflits en RDC : le CICR dénonce l’impunité face aux violations du droit humanitaire

    Conflits en RDC : le CICR dénonce l’impunité face aux violations du droit humanitaire

    En République démocratique du Congo, les zones de conflit de l’est du pays restent le théâtre de violations répétées du droit international humanitaire, malgré les promesses des autorités. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lance un appel urgent pour un respect accru de ces règles essentielles.

    Face à l’intensification des violences et à la prolifération des groupes armés, le CICR a organisé une conférence à Kinshasa le 23 juillet pour sensibiliser les acteurs locaux et internationaux. L’objectif ? Renforcer la protection des civils et des victimes de ces conflits dévastateurs.

    Un droit humanitaire bafoué dans l’est de la RDC

    Les réalités sur le terrain montrent que le droit international humanitaire est souvent ignoré ou appliqué de manière inégale. Les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants, paient un lourd tribut face à cette situation. Les violences sexuelles, notamment, se multiplient, laissant des séquelles profondes et durables.

    Une militante des droits humains, Julienne Lusenge, tire la sonnette d’alarme : « Les agressions sexuelles touchent des millions de personnes. Chaque minute, des femmes, des filles et même des enfants en sont victimes. Pourtant, sur le plan international, les cas jugés restent extrêmement rares. Il est temps d’agir et de sanctionner ces crimes. »

    Les procès militaires, un levier de dissuasion

    Pour lutter contre l’impunité, la justice militaire en RDC affirme poursuivre les auteurs d’exactions. Le général Jean-Paul Tshayikolo, magistrat à la Haute Cour militaire, explique que ces procès visent à la fois à sanctionner et à éduquer. « La justice militaire joue un rôle clé pour dissuader les autres militaires. Bien que l’impunité zéro soit difficile à atteindre, chaque jugement envoyé un message fort. »

    Cependant, la fragmentation des groupes armés et les alliances changeantes compliquent l’identification des responsables. Cette complexité rend d’autant plus difficile la mise en œuvre des sanctions et la protection des civils.

    Des défis persistants pour la justice et la protection des populations

    Plus de 200 groupes armés opèrent dans l’est de la RDC, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika. Leur nombre et leur instabilité rendent les mécanismes de contrôle et de sanction particulièrement ardus. De plus, la distinction entre civils et combattants, pourtant fondamentale, est souvent ignorée, aggravant les violations des droits humains.

    Face à ce constat, le CICR et les autorités locales appellent à une mobilisation accrue pour garantir le respect du droit humanitaire et protéger les populations les plus vulnérables.

    RDC 2025 | des réfugiées avec leurs bagages
  • Transition au Mali : l’avion présidentiel, un choix controversé dans un contexte d’urgence nationale

    Transition au Mali : l’avion présidentiel, un choix controversé dans un contexte d’urgence nationale

    Lundi dernier, les écrans de l’ORTM ont révélé, lors d’une cérémonie officielle, l’acquisition d’un Boeing 737 entièrement rénové, destiné aux déplacements du colonel Assimi Goïta ainsi qu’aux plus hautes autorités du pays. Selon les déclarations des responsables gouvernementaux, cette opération s’avérerait économiquement judicieuse, le coût initial de 15,6 milliards de francs CFA étant réduit à environ 6 milliards grâce aux indemnisations d’assurance et à la revente de composants de l’appareil précédent.

    Si l’argument financier est mis en avant par l’exécutif, la portée de cette décision va bien au-delà des simples considérations budgétaires. Dans un environnement où la sécurité nationale se dégrade, où l’économie montre des signes de fragilité et où les finances publiques subissent une pression accrue, cette acquisition suscite une interrogation fondamentale : les priorités définies par la Transition reflètent-elles véritablement les urgences auxquelles le Mali est confronté ?

    Une initiative en totale inadéquation avec les réalités nationales

    Le calendrier choisi pour cette présentation interroge. Alors que les autorités appellent sans cesse à la mobilisation collective, à l’austérité et au patriotisme, l’annonce de l’arrivée d’un avion présidentiel flambant neuf pourrait donner l’impression d’un gouvernement davantage préoccupé par son image que par les besoins immédiats de la population.

    Dans de nombreuses régions, l’insécurité persiste au quotidien. Les attaques contre les bases militaires, les embuscades sur les axes routiers et les violences envers les civils alimentent un climat d’instabilité persistant. Certaines zones restent inaccessibles, et l’administration peine à rétablir durablement son emprise sur une partie du territoire.

    Des défis sécuritaires toujours aussi prégnants

    Trois ans après l’avoir érigée en priorité absolue, la Transition se heurte toujours à des défis majeurs en matière de sécurité.

    Au Nord, les groupes armés regroupés au sein du Cadre stratégique permanent, incluant notamment le Front de Libération de l’Azawad (FLA), conservent une capacité opérationnelle importante et contestent le contrôle de plusieurs zones stratégiques.

    Dans le Centre et le Sud, le JNIM étend progressivement son influence, multipliant les attaques contre les forces de l’ordre, les infrastructures et les représentants de l’État. Plusieurs routes principales restent particulièrement dangereuses, perturbant le commerce, les déplacements et l’activité économique.

    Cette situation contraste vivement avec l’image de puissance que les autorités tentent de projeter.

    Un choix budgétaire sous le feu des critiques

    Bien que l’État affirme que le coût réel de cette opération est bien inférieur à son prix d’achat initial, plusieurs analystes estiment que ces fonds auraient pu être alloués à des besoins plus urgents :

    • Renforcer les moyens opérationnels des Forces armées maliennes ;
    • Acquérir des blindés, des systèmes de communication et du matériel de protection ;
    • Améliorer les capacités de renseignement et de surveillance aérienne ;
    • Prendre en charge les soldats blessés et les familles des militaires décédés ;
    • Soutenir les populations déplacées par les violences et reconstruire les infrastructures endommagées.

    Au-delà des aspects financiers, c’est donc la hiérarchie des priorités nationales qui est remise en cause.

    Une sobriété affichée mise à mal

    Depuis leur prise de fonction, les autorités de la Transition ont bâti une partie de leur légitimité sur un discours de rupture avec les pratiques des régimes précédents. Elles promettaient une gouvernance plus rigoureuse, plus patriotique et davantage alignée sur les intérêts du pays.

    L’acquisition d’un avion présidentiel de grande envergure semble pourtant contredire ce discours. Pour une frange de l’opinion publique, cette décision renvoie une image de faste et de personnalisation du pouvoir, difficilement conciliable avec les sacrifices demandés aux citoyens.

    Le contraste est d’autant plus saisissant que les difficultés économiques persistent : inflation, pression sur les finances publiques, besoins sociaux criants et ralentissement de nombreux secteurs d’activité.

    Un message diplomatique, mais à quel prix ?

    Les responsables peuvent arguer qu’un avion présidentiel moderne facilite les déplacements diplomatiques, les missions officielles et la représentation internationale du pays.

    Pourtant, cet argument peine à convaincre ceux qui pensent que la crédibilité d’un État repose avant tout sur sa stabilité intérieure, sa capacité à garantir la sécurité de ses concitoyens et le bon fonctionnement de ses institutions.

    Pour beaucoup, la souveraineté ne se mesure pas uniquement à l’aune de la qualité de la flotte officielle, mais d’abord à la maîtrise effective du territoire national.

    Un symbole qui alimente les remises en question

    Dans les cercles critiques et parmi les opposants, cette acquisition est interprétée de manière plus politique.

    Certains y voient la matérialisation d’un pouvoir qui investit davantage dans sa propre mobilité que dans celle de l’État. D’autres considèrent qu’un appareil long-courrier, disponible en permanence, constitue non seulement un outil de prestige, mais aussi, selon leurs analyses, une assurance contre une éventuelle dégradation brutale de la situation sécuritaire.

    Sans preuve tangible pour étayer cette théorie, elle reflète néanmoins le climat de méfiance qui entoure désormais les décisions du pouvoir.

    Une remise en cause des orientations de la Transition

    L’arrivée de ce nouvel avion officiel dépasse le cadre d’une simple acquisition matérielle. Elle relance une réflexion plus large sur les choix stratégiques de la Transition.

    Alors que les défis sécuritaires persistent, que les attaques se multiplient et que les difficultés économiques pèsent sur la vie quotidienne, chaque dépense symbolique est désormais analysée avec une attention redoublée.

    Pour de nombreux Maliens, la véritable démonstration de souveraineté ne réside pas dans la modernisation de la flotte présidentielle, mais dans la capacité de l’État à protéger sa population, à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire et à améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens. Tant que ces objectifs ne seront pas atteints, les investissements de prestige risquent de passer pour la preuve d’un décalage croissant entre les priorités du gouvernement et les attentes de la société.

  • Richard bona dénonce la corruption qui ronge la jeunesse camerounaise

    Richard bona dénonce la corruption qui ronge la jeunesse camerounaise

    Richard Bona dénonce la corruption qui ronge la jeunesse camerounaise

    Jeune Camerounais dans les rues de Yaoundé

    Avec plus de la moitié des Camerounais ayant déjà versé des pots-de-vin pour éviter des ennuis avec les forces de l’ordre, la corruption s’installe durablement dans le quotidien. Selon les dernières données, près de 50 % des habitants ont corrompu un agent public pour obtenir des papiers d’identité, et 37 % pour accéder à des soins médicaux.

    Dans un entretien exclusif, Richard Bona, bassiste camerounais en exil, tire la sonnette d’alarme. Il pointe du doigt une jeunesse camerounaise qu’il juge « corrompue de manière endémique ». « Ils ont été élevés dans ce système. Ils ne réclament que des miettes. À quelques rares exceptions près, c’est une génération qui a intériorisé la corruption. Je doute même que le Cameroun puisse s’en relever », déclare-t-il avec amertume.

    « Les enfants savent pertinemment que le policier n’est pas là pour leur sécurité, mais pour soutirer 500 francs CFA. »

    Un internaute camerounais sur les réseaux sociaux

    La jeunesse camerounaise entre victimes et acteurs de la corruption

    Dans les rues de Yaoundé, le constat est partagé. Certains reconnaissent l’existence de jeunes corrompus, mais soulignent également que la majorité subit cette pratique. « Oui, il existe des comportements condamnables. Pourtant, aucun peuple ne se construit en condamnant toute une génération pour ses dérives », tempère un observateur.

    Le Cameroun occupe la 142e place sur 182 pays dans le classement 2024 de Transparency International. La Commission nationale anti-corruption (Conac) confirme dans son rapport annuel que « des milliards de francs CFA continuent d’être détournés par des individus bien placés ».

    Un fonctionnaire camerounais partage son désarroi : « Beaucoup de jeunes ne distinguent même plus le normal de l’anormal. Ils vivent de la corruption. »

    Pourtant, tous ne partagent pas ce fatalisme. Certains estiment que « le Cameroun bouge grâce à sa jeunesse. Si tous étaient corrompus, le pays serait à l’arrêt complet ». Une partie de la génération montante, animée par la dignité et la combativité, redonne même espoir à ses aînés.

    Une jeunesse prise au piège d’un système corrompu

    Maître Akere Muna, fondateur de Transparency International Cameroun, analyse la situation avec nuance. Pour lui, les jeunes sont à la fois victimes et « complices tacites » d’un système où la corruption est devenue une norme. « La corruption au Cameroun est systémique. Les jeunes n’ont aucun pouvoir de décision. Ils subissent pour survivre. »

    Selon lui, cette génération a grandi dans une culture où « ce n’est ni la compétence ni le travail qui font avancer, mais les relations, le népotisme et le tribalisme ». Il en appelle à une éducation qui valorise l’effort et rappelle que « la paresse ne mène nulle part ».

    La Conac, via sa ligne verte (1517), encourage chaque citoyen à signaler tout acte de corruption. Une mobilisation collective reste le seul moyen de briser ce cercle vicieux.