Catégorie : A la Une

  • Patrick Vieira pourrait entraîner la sélection sénégalaise

    Patrick Vieira pourrait entraîner la sélection sénégalaise

    Un ancien international français sur le banc du Sénégal ? C'est ce que chuchote L'Équipe, qui annonce que du côté de la fédération sénégalaise, le nom de l'ex-international français Patrick Vieira serait dans les petits papiers de certains cadres.

    En effet, un comité exécutif d'urgence de la fédération va se tenir samedi à Dakar, qui s'annonce explosif après l'élimination et le Mondial mouvementé des Lions de la Teranga, et la question du sélectionneur pourrait bien être au centre des débats. Avec un potentiel nom qui reviendrait donc : Patrick Vieira.

    Après des expériences sur les bancs de New York, Nice, Crystal Palace, Strasbourg et le Genoa, le natif de Dakar n'a encore jamais entraîné de sélection nationale. D'ici là, tout reste à faire, puisque Pape Thiaw est toujours en poste et qu'il aurait même signé un contrat en pleine compétition.

    Ça serait quand même une belle relance pour un coach qui attend toujours son heure de gloire.

  • Œufs au Burkina Faso : comment un plafond de prix menace tout un secteur

    Œufs au Burkina Faso : comment un plafond de prix menace tout un secteur

    Plafond du prix de l’œuf au Burkina Faso : une mesure contre-productive pour l’économie locale

    Une décision gouvernementale vient de secouer le paysage économique du Burkina Faso, plongeant les professionnels de la filière avicole dans l’incertitude. Les ministères en charge du Commerce et des Ressources animales ont en effet instauré un prix maximal de 100 F CFA par œuf pour le consommateur final, avec un plateau à 2 600 F CFA pour les grossistes et 2 750 F CFA pour les détaillants. Annoncée comme une mesure sociale pour alléger le budget des ménages, cette initiative s’avère en réalité un coup dur porté à la compétitivité des éleveurs et à la pérennité d’un secteur déjà sous tension.

    Un contrôle des prix qui ignore la réalité économique des producteurs

    Fixer un prix plafond sans tenir compte de l’envolée des coûts de production revient à plomber les marges des aviculteurs. La survie de cette filière repose en grande partie sur la provende, ces aliments composés (maïs, tourteaux de soja ou de coton, minéraux) indispensables à l’élevage des poules pondeuses. Or, ces matières premières subissent depuis plusieurs mois une hausse vertigineuse, alimentée par l’inflation, les coûts logistiques élevés et les tensions d’approvisionnement.

    En imposant un tarif maximal pour l’œuf sans accompagner cette mesure de subventions pour la provende, l’État place les producteurs dans une impasse : vendre à perte ou restreindre drastiquement leur production. Comment justifier un investissement lourd dans des infrastructures avicoles ou des emprunts bancaires lorsque la rentabilité devient aléatoire ? La liberté d’entreprendre, pilier de toute économie dynamique, se retrouve ainsi asphyxiée par des décisions administratives déconnectées du terrain.

    Les risques concrets d’une politique tarifaire mal calibrée

    L’histoire économique regorge d’exemples où le blocage artificiel des prix a produit des effets contraires à ceux escomptés. Dans le cas burkinabè, les conséquences pourraient être dramatiques à court terme :

    • Disparition des petits éleveurs : Moins armés pour absorber les chocs, les petits producteurs seraient les premiers à jeter l’éponge, entraînant la perte de milliers d’emplois locaux.
    • Réduction de l’offre : Pour survivre, les aviculteurs pourraient diminuer la taille de leurs troupeaux, aggravant la pénurie d’œufs sur le marché officiel.
    • Émergence d’un marché parallèle : La rareté des œufs dans les circuits légaux favoriserait l’apparition de réseaux clandestins, où le produit se vendrait à un tarif bien supérieur aux 100 F CFA autorisés – et au détriment du consommateur.

    Une telle situation renforcerait l’inflation plutôt que de la contenir, tout en affaiblissant la souveraineté alimentaire du pays.

    Quelles alternatives pour une régulation équilibrée ?

    Protéger le pouvoir d’achat des ménages est une priorité, mais cela ne doit pas se faire au détriment des acteurs qui créent de la richesse. Pour rendre les œufs accessibles sans étouffer la filière, des solutions existent :

    • Subventionner la provende : L’État pourrait réduire la facture des intrants avicoles en ciblant les subventions sur les matières premières essentielles.
    • Exonérer les taxes sur les intrants : Une mesure fiscale temporaire pourrait soulager les coûts de production des éleveurs.
    • Faciliter l’accès au crédit : Des prêts à taux préférentiels permettraient aux aviculteurs d’investir sans subir une pression financière insoutenable.

    Plutôt que d’imposer un prix plafond arbitraire, le gouvernement gagnerait à soutenir la production en amont. Une approche qui préserverait la liberté d’entreprendre tout en garantissant l’accès à un aliment de base pour les Burkinabè.

    En résumé : Fixer un prix maximal pour l’œuf sans agir sur les coûts de production revient à saper les fondations d’un secteur déjà fragile. Pour éviter l’effondrement de la filière avicole et les pénuries à venir, une régulation intelligente et solidaire s’impose – loin des décrets unilatéraux.

  • Togo et le Congo se consultent à Lomé sur les enjeux de paix et de sécurité en Afrique

    Togo et le Congo se consultent à Lomé sur les enjeux de paix et de sécurité en Afrique

    Le ballet diplomatique se poursuit à Lomé, confirmant le rôle central du Togo dans la résolution des crises sur le continent. En mission officielle dans la capitale togolaise, le ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger de la République du Congo, Constant-Serge Bounda, a été reçu en audience ce jeudi 9 juillet 2026 par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.

    Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans la droite ligne des consultations régulières entre Lomé et Brazzaville. Les discussions ont essentiellement porté sur les mécanismes de prévention et de résolution des conflits, ainsi que sur la promotion de la stabilité dans les différentes sous-régions africaines.

    Une alliance panafricaine face aux défis sécuritaires

    A l’issue de l’audience, le chef de la diplomatie congolaise a mis en avant la complicité et la convergence de vues qui unissent les deux chefs d’État sur les grands dossiers continentaux.

    « Par leur vocation panafricaniste, Son Excellence Monsieur Denis Sassou N’Guesso et son frère, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé se consultent régulièrement sur des questions d’importance majeure qui concernent notre continent, notamment les questions de paix et de sécurité. C’est dans ce sens que nous avons été envoyés à Lomé pour recueillir les avis du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, sur ces questions », a déclaré Constant-Serge Bounda.

  • L’Algérie lève le blocus aérien sur le Mali, fin d’une crise diplomatique majeure

    L’Algérie lève le blocus aérien sur le Mali, fin d’une crise diplomatique majeure

    C’est une issue tant attendue qui marque la fin d’une crise diplomatique et militaire significative au Sahel. L’Algérie a officiellement annoncé ce vendredi 10 juillet 2026 la réouverture complète de son espace aérien à toutes les compagnies aériennes maliennes. Cette décision historique met un terme à plus d’un an de vives tensions entre Alger et Bamako.

    Urgence : une mesure à effet immédiat

    La nouvelle est tombée avec force ce vendredi 10 juillet 2026 : l’Algérie autorise de nouveau la circulation des aéronefs maliens sur l’ensemble de son territoire national. Selon les premières indications, cette mesure essentielle s’applique à tous les vols à destination et en provenance du Mali, couvrant ainsi l’intégralité des liaisons internationales.

    Pour les professionnels du transport aérien et les analystes géopolitiques, cette annonce représente un tournant crucial et un soulagement immédiat pour le trafic régional, qui était considérablement entravé depuis de nombreux mois.

    Apaisement : la fin de la crise entre Alger et Bamako

    Le rétablissement des connexions aériennes symbolise la conclusion d’un bras de fer de 15 mois qui pesait lourdement sur la stabilité des relations bilatérales. Ce dénouement inattendu suggère une reprise des échanges diplomatiques et une volonté mutuelle d’apaisement après une longue période de gel total.

    Points clés : Les aéronefs maliens peuvent désormais survoler le territoire algérien, rétablissant ainsi un lien économique et logistique vital pour le Mali, un pays enclavé.

    Rappel des faits : 15 mois de fermeture aérienne rigoureuse

    Pour saisir l’ampleur de cette annonce, il est nécessaire de revenir au 7 avril 2025. Ce jour-là, le Ministère de la Défense Nationale (MDN) algérien avait pris la décision radicale de fermer ses frontières aériennes au Mali.

    Cette sanction faisait suite à une série d’incidents jugés extrêmement graves par Alger :

    • 27 août 2024 : Une première violation de l’espace aérien algérien avait été signalée par Bamako.
    • 29 décembre 2024 : Une deuxième incursion avait été enregistrée.
    • 31 mars 2025 : La troisième violation consécutive, qualifiée de « provocation inacceptable » par le ministère des Affaires étrangères algérien, avait été le point de rupture.

    À cette époque, le communiqué du MDN était sans équivoque : « En raison des violations répétées de notre espace aérien par l’État du Mali, le gouvernement algérien a décidé de le fermer au trafic aérien […] à compter d’aujourd’hui, 7 avril 2025 ».

    Impact sur le trafic aérien au Sahel

    La réouverture de ce vendredi 10 juillet 2026 va instantanément remodeler les routes aériennes en Afrique. Les compagnies maliennes, contraintes depuis plus d’un an à des détours longs et coûteux, pourront désormais optimiser leurs plans de vol.

    Les informations détaillées concernant les premiers vols qui traverseront la frontière aérienne algérienne ce jour devraient être communiquées dans les heures à venir.

  • Mercenaires et navires de guerre : quand le Togo ouvre la porte à la Russie et Africa Corps

    Mercenaires et navires de guerre : quand le Togo ouvre la porte à la Russie et Africa Corps

    Publié aujourd’hui à 18h04, modifié à 19h50 Lecture : 7 minutes.

    Résumer
    Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.
    Issu de l’enquête

    Les alliances secrètes de Faure Gnassingbé

    Depuis plusieurs années, le Togo déploie en secret un dispositif de lutte contre les groupes jihadistes du Sahel. Lomé a noué des alliances avec la Turquie, cherchant soutien aérien et aide militaire, tandis que la Russie et son Africa Corps ont aussi fait une apparition remarquée depuis 2025. Enquête.

    Sommaire
    Russie – Afrique Africa Corps Faure Gnassingbé
  • Bénin : 13 nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créance à Romuald Wadagni

    Bénin : 13 nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créance à Romuald Wadagni

    Bénin

    Bénin : 13 nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créance à Romuald Wadagni

    Treize ambassadeurs nouvellement accrédités auprès du Bénin sont reçus, ce vendredi 10 juillet 2026, au palais de la Marina, par le président de la République, Romuald Wadagni. Cette cérémonie marque leur entrée officielle en fonction auprès des autorités béninoises.

    Emile NOUKPO
    Emile NOUKPO
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    DIPLOMATIE
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    Le Président de la République du Bénin, Romuald Wadagni lors de son investiture ce dimanche 24 mai 2024
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    SOMMAIRE

    La diplomatie est au cœur de l’agenda présidentiel ce vendredi à Cotonou. Le chef de l’État reçoit successivement treize nouveaux représentants diplomatiques appelés à exercer leurs missions auprès de la République du Bénin. À cette occasion, chacun d’eux présente ses lettres de créance, document officiel par lequel son pays l’accrédite auprès du président béninois.

    Cette étape protocolaire est indispensable dans les relations diplomatiques. Elle consacre la reconnaissance formelle de l’ambassadeur par l’État d’accueil et lui permet d’exercer pleinement sa mission de représentation, de dialogue et de coopération avec les autorités béninoises.

    Les diplomates concernés représentent treize pays : la Mauritanie, la Thaïlande, le Pakistan, le Nigeria, le Ghana, le Vietnam, l’Inde, le Royaume-Uni, Cuba, l’Algérie, Israël, l’Arabie saoudite et le Tchad.

    Une séquence diplomatique importante à la Marina

    À tour de rôle, ces ambassadeurs sont reçus par Romuald Wadagni pour lui remettre les documents officiels émanant de leurs États respectifs. La cérémonie s’inscrit dans le fonctionnement normal des relations bilatérales entre le Bénin et ses partenaires étrangers.

    Avec cette série de présentations de lettres de créance, Cotonou officialise l’entrée en fonction de nouveaux interlocuteurs diplomatiques venus de plusieurs régions du monde. Elle ouvre également une nouvelle phase de travail entre le gouvernement béninois et ces pays, autour des dossiers de coopération, de dialogue politique, d’économie, de sécurité ou encore de développement.

    Cette séquence intervient dans un contexte où le Bénin poursuit le renforcement de ses relations extérieures, aussi bien avec ses partenaires africains qu’avec les pays d’Asie, d’Europe, du Moyen-Orient et des Amériques.

  • Après avoir révélé les agissements de Wagner en Centrafrique, un lanceur d’alerte se voit refuser l’asile en France… Emmanuel Macron lui avait pourtant accordé un laisser

    Après avoir révélé les agissements de Wagner en Centrafrique, un lanceur d’alerte se voit refuser l’asile en France… Emmanuel Macron lui avait pourtant accordé un laisser

    Après avoir révélé les agissements de Wagner en Centrafrique, un lanceur d’alerte se voit refuser l’asile en France… Emmanuel Macron lui avait pourtant accordé un laisser-passer

    • Sa demande d'asile en France a été refusée, le journaliste continue de se cacher en France avec ses proches en attendant la décision du recours qu'il a déposé.
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    Publié le

    l’essentiel Le journaliste centrafricain Ephrem Yalike-Ngonzo s’est vu refuser sa demande d’asile en France, accusé d’avoir participé au système qu’il dénonce aujourd’hui. Il avait obtenu un laissez-passer pour accéder au territoire français, où il résidait depuis 2024 grâce à l’intervention d’Emmanuel Macron. 

    Il s’agit d’un « signal extrêmement négatif » envoyé à tous ceux qui « veulent lutter contre la propagande russe », selon son avocat. Depuis 2024, le journaliste centrafricain Ephrem Yalike-Ngonzo avait trouvé refuge en France, après avoir révélé les rouages du système de désinformation russe mené par le groupe paramilitaire Wagner. Il avait bénéficié d’un laissez-passer pour accéder au territoire français, et ce vendredi 10 juillet, sa demande d’asile pour la France a été refusée. 

    À lire aussi : Guerre en Ukraine : Wagner aurait rapporté 2,5 milliards de dollars à la Russie grâce à ses activités en Afrique

    Le journaliste menacé de mort

    Ephrem Yalike-Ngonzo avait été approché fin 2019 alors qu’il travaillait pour plusieurs journaux, et percevait entre quinze et trente euros, soit le quart de son salaire mensuel, à chaque publication d’un article en faveur de l’armée centrafricaine et de ses partenaires russes.

    Ce lanceur d’alerte avait pris la parole en 2024 dans le cadre d’une enquête de Forbidden Stories sur les opérations d’influence russe en Afrique. Visé par des menaces de mort de la part du groupe Wagner, il avait été contraint de fuir son pays peu de temps auparavant. Les révélations d’Ephrem Yalike-Ngonzo ont finalement porté leurs fruits, entraînant des sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, l’un des cerveaux de la propagande de Moscou en Centrafrique.

    À lire aussi : Guerre en Ukraine : quand la Russie recrute des anciens agents de la milice Wagner… pour mener des actes de sabotage en Europe

    Ce jeudi 9 juillet, un recours a été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile. La décision pourrait être rendue dans un an. En attendant, Ephrem Yalike-Ngonzo continue de se cacher en France avec sa famille. Ses proches, restés en Centrafrique, sont régulièrement interrogés et sommés de révéler son lieu de résidence.

  • Alliance russe au Sahel : entre promesses sécuritaires et bilan humain dramatique

    Alliance russe au Sahel : entre promesses sécuritaires et bilan humain dramatique

    Une coopération militaire présentée comme une solution souveraine

    Les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont fait le choix d’un partenariat exclusif avec la Russie pour répondre à l’insécurité grandissante dans la région. Cette alliance, présentée comme un retour à la souveraineté, devait mettre fin à la dépendance envers les anciennes puissances partenaires. Pourtant, les résultats concrets tardent à se matérialiser.

    Des violences qui persistent malgré les engagements

    Malgré l’arrivée de nouveaux équipements, de drones et d’armes, les attaques des groupes armés continuent de s’intensifier dans les trois pays. Les garnisons militaires, les villages et les populations civiles restent des cibles régulières. Selon les dernières données disponibles, plus de 10 000 personnes ont péri en 2025 dans des violences liées au conflit armé au Sahel, faisant de cette zone l’une des plus meurtrières au monde.

    Un bilan humain et social désastreux

    La crise dépasse désormais le cadre sécuritaire pour s’étendre à l’ensemble de la société. Plus de cinq millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer en raison de l’insécurité, selon les dernières estimations. Les déplacements massifs de population ont entraîné la fermeture de milliers d’écoles, privant une génération entière d’éducation, tandis que l’accès aux soins devient un luxe inaccessible dans les zones les plus exposées. Chaque offensive armée aggrave la situation, laissant derrière elle des familles brisées et des économies locales en ruine.

    Un coût économique et social insoutenable

    Les dépenses militaires explosent, absorbant une part croissante des budgets nationaux. Les États consacrent désormais des ressources considérables à l’acquisition d’armements et à la logistique de guerre, au détriment des secteurs clés comme la santé, l’éducation ou les infrastructures. Ce déséquilibre interroge : comment concilier la nécessité de sécuriser les populations avec l’urgence de répondre à leurs besoins essentiels ?

    Une dépendance qui se renforce avec le temps

    Plus la situation sécuritaire se dégrade, plus les régimes militaires se tournent vers leur partenaire russe pour obtenir un soutien accru. Cette dynamique crée une dépendance stratégique qui soulève une question cruciale : une alliance militaire qui nécessite un apport extérieur constant peut-elle vraiment incarner une souveraineté retrouvée ?

    La Russie étend son influence au Sahel

    Chaque nouvel accord signé avec les juntes militaires renforce la position de Moscou en Afrique. Les livraisons d’armes et les partenariats sécuritaires élargissent son réseau d’influence, notamment dans une région riche en ressources naturelles comme l’or et l’uranium. Au-delà du volet militaire, la Russie gagne également en poids politique, économique et médiatique, faisant du Sahel un pilier de sa stratégie africaine.

    Une stratégie qui interroge

    L’objectif initial des juntes était de rétablir rapidement la sécurité. Pourtant, les indicateurs restent alarmants : les attaques se multiplient, les civils paient un lourd tribut et les déplacements de population ne cessent de croître. Si ce partenariat n’est pas le seul responsable de la dégradation sécuritaire, il interroge sur son efficacité réelle. Pourquoi, après plusieurs années de coopération exclusive, les populations sahéliennes continuent-elles de subir des pertes humaines et des déplacements massifs ?

    Alors que les violences s’enlisent, une évidence s’impose : les civils sont les premières victimes de cette guerre. Entre les villages abandonnés, les familles endeuillées et des millions de personnes contraintes à l’exil, la Russie consolide progressivement son emprise stratégique dans la région. Le paradoxe est saisissant : plus le conflit s’éternise, plus Moscou devient indispensable aux régimes militaires, tandis que les bénéfices pour la sécurité des populations restent plus que jamais incertains.

  • La République démocratique du Congo face à la colère de l’opposition : Tshisekedi sous pression

    La République démocratique du Congo face à la colère de l’opposition : Tshisekedi sous pression

    La scène politique en République démocratique du Congo est en pleine effervescence. Ce jeudi, les figures de proue de l’opposition ont lancé un appel retentissant, exigeant la démission immédiate du président Félix Tshisekedi. Cette revendication s’accompagne d’un projet de manifestation d’envergure nationale, destinée à protester vivement contre de potentielles modifications constitutionnelles. Ces amendements controversés pourraient, en effet, ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel pour l’actuel chef de l’État, une perspective fermement rejetée par une grande partie de la classe politique et de la société civile.

  • Sénégal : les sages désavouent Ousmane Sonko après une révision constitutionnelle controversée

    Sénégal : les sages désavouent Ousmane Sonko après une révision constitutionnelle controversée

    Les membres du Conseil des sages du Sénegal ont décidé de désavouer la révision constitutionnelle proposée par le président Ousmane Sonko, selon un communiqué publié jeudi.

    La révision, qui avait été élaborée en juin dernier et avait été présentée au Parlement sénégalais pour une mise en œuvre prochaine, a été rejetée par les sages après des débats tendus lors de leurs séances.

    Les membres du Conseil ont souligné que la révision était ‘contraires à l’esprit de la Constitution et à la démocratie’ selon un communiqué publié jeudi.

  • Un lanceur d’alerte qui a dénoncé les agissements du groupe Wagner en Centrafrique se voit refuser l’asile en France

    Un lanceur d’alerte qui a dénoncé les agissements du groupe Wagner en Centrafrique se voit refuser l’asile en France

    Un lanceur d’alerte qui a dénoncé les agissements du groupe Wagner en Centrafrique se voit refuser l’asile en France

    Il est reproché au journaliste Ephrem Yalike-Ngonzo d’avoir participé à un système qu’il a contribué à dénoncer. Son avocat dénonce un « signal extrêmement négatif » envoyé à tous ceux qui « veulent lutter contre la propagande russe ».

    Article rédigé par Valérie Crova
    Radio France
    Publié
    Temps de lecture : 1min
    Un drapeau avec le logo du groupe paramilitaire russe Wagner, le 25 août 2023 à Saint-Pétersbourg (Russie). (OLGA MALTSEVA / AFP)

    Un journaliste centrafricain, qui a révélé les rouages du système de désinformation russe mené par le groupe paramilitaire Wagner, s’est vu refuser l’asile en France. Une décision incompréhensible aux yeux de ses soutiens, d’autant plus que c’est grâce à l’intervention de l’Elysée et d’Emmanuel Macron qu’il avait obtenu un laissez-passer pour accéder au territoire français, où il a trouvé refuge depuis 2024.

    À lire aussi
    La Russie et les États-Unis utilisent la désinformation climatique comme une arme stratégique de guerre informationnelle

    Parce qu’il a été un témoin direct de la propagande russe en Centrafrique, Ephrem Yalike-Ngonzo a permis de mettre au jour la machine de désinformation du Kremlin. On lui reproche aujourd’hui d’avoir participé à un système qu’il a contribué à dénoncer. Une situation ubuesque, selon Henri Thulliez, l’un des avocats de la plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique : « Le rejet de sa demande d’asile est motivé par le fait qu’Ephrem Yalike-Ngonzo aurait participé à l’organisation à Bangui de manifestations contre l’Occident, notamment contre la France, rappelle-t-il. Ce dont il ne s’est jamais caché. C’est notamment pour cette raison qu’il était aussi intéressant pour les révélations médiatiques. »

    Un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile

    Des révélations qui ont conduit à des sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, l’un des acteurs clés du système d’influence de Moscou en Centrafrique. Le témoignage d’Ephrem Yalike-Ngonzo était donc essentiel pour dénoncer les tentatives de déstabilisation russes. « Refuser de reconnaître qu’il mérite l’asile, c’est envoyer un signal extrêmement négatif à toutes ces personnes à l’étranger, et notamment en Afrique, qui veulent lutter contre la propagande russe », poursuit son avocat.

    Un recours a été déposé jeudi 9 juillet devant la Cour nationale du droit d’asile. En attendant la décision qui pourrait être rendue dans un an, Ephrem Yalike-Ngonzo continue de se cacher en France avec sa famille. Ses proches, restés en Centrafrique, sont régulièrement interrogés et sommés de révéler son lieu de résidence.

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  • Sénégal : le procès de l’ex

    Sénégal : le procès de l’ex

    Le calendrier judiciaire sénégalais se précise. La Haute Cour de Justice a arrêté au 22 juillet la date d’ouverture du procès d’Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines et de la Géologie sous la présidence de Macky Sall. Placée sous mandat de dépôt il y a plusieurs mois, l’ancienne responsable gouvernementale s’apprête à répondre devant une juridiction d’exception réservée aux membres du gouvernement mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions. Le rendez-vous marque une étape significative dans la séquence de reddition des comptes engagée par les nouvelles autorités de Dakar.

    Une juridiction rarement mobilisée au Sénégal

    La Haute Cour de Justice occupe une place singulière dans l’architecture institutionnelle sénégalaise. Composée de députés élus par leurs pairs, elle est la seule instance habilitée à juger les ministres pour les actes qualifiés de crimes ou délits commis dans le cadre de leurs attributions. Son activation reste rare : depuis l’indépendance, seuls quelques dossiers y ont prospéré, ce qui confère à chaque audience une portée politique dépassant le strict cadre pénal.

    Le cas Gladima s’inscrit dans cette histoire courte mais dense. Son dossier avait été transmis par l’Assemblée nationale après un vote autorisant sa mise en accusation, procédure préalable indispensable. Depuis, l’instruction s’est poursuivie et le renvoi devant la formation de jugement acte le passage à la phase publique du procès. Les débats devraient être suivis avec attention par les acteurs du secteur extractif, tant les Mines constituent un pan stratégique de l’économie sénégalaise.

    Reddition des comptes : une séquence politique assumée

    Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko en 2024, l’exécutif a fait de la traque des présumés détournements un axe central de son action. Plusieurs anciens ministres, directeurs généraux et cadres de l’administration Sall ont été placés en garde à vue, entendus ou incarcérés. La procédure visant Sophie Gladima s’insère dans cette dynamique, aux côtés d’autres dossiers instruits par le pôle judiciaire financier ou par la Haute Cour selon le statut des mis en cause.

    L’ancienne ministre a occupé le portefeuille des Mines et de la Géologie entre 2019 et 2022, période durant laquelle le Sénégal a poursuivi la structuration de sa filière aurifère et amorcé les préparatifs de l’exploitation des hydrocarbures. Les investigations porteraient sur la gestion de fonds publics et sur des décisions prises dans le cadre de ses fonctions. À ce stade, la présomption d’innocence demeure et la défense n’a pas rendu publique sa stratégie d’audience.

    Un signal envoyé aux investisseurs miniers

    Au-delà de la personne poursuivie, la tenue du procès émettra un signal aux opérateurs économiques présents dans le pays. Le secteur minier sénégalais, longtemps concentré sur l’or de Kédougou, les phosphates de Thiès et le zircon de la Grande Côte, connaît une phase d’expansion avec l’arrivée d’acteurs internationaux et la montée en puissance des hydrocarbures offshore. Les investisseurs surveilleront la manière dont la justice sénégalaise traite les décisions administratives passées, notamment les octrois de permis et les avenants contractuels signés durant la précédente législature.

    Pour le pouvoir en place, l’enjeu consiste à démontrer la solidité des dossiers sans donner prise au reproche d’une justice sélective. Les partisans de l’ancienne majorité dénoncent régulièrement une instrumentalisation des procédures à des fins d’affaiblissement politique, tandis que la coalition Pastef revendique une exigence de transparence attendue par les électeurs. Le 22 juillet, la Haute Cour de Justice deviendra le théâtre concret de ce débat, avec des audiences qui devraient attirer l’attention des chancelleries et des bailleurs de fonds.

    Reste à connaître le format retenu pour les débats, la liste des témoins convoqués et le calendrier prévisionnel du délibéré. Autant d’éléments qui détermineront la portée réelle de ce procès dans la construction de la jurisprudence sénégalaise en matière de responsabilité ministérielle. Selon PressAfrik, la date du 22 juillet a été officiellement communiquée par la Haute Cour de Justice.

    Pour aller plus loin

    Sénégal : Ousmane Sonko écourte les vacances des députés · Sénégal : le Conseil constitutionnel annule la révision voulue par Pastef · Gabon : un ex-ministre d’Oligui libéré contre dix milliards de FCFA