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  • Manifestation à Kinshasa : L’opposition appelle à la démission de Tshisekedi et à une marche contre les modifications constitutionnelles

    Manifestation à Kinshasa : L’opposition appelle à la démission de Tshisekedi et à une marche contre les modifications constitutionnelles

    En République démocratique du Congo, les dirigeants de l’opposition ont appelé jeudi à la démission du président Félix Tshisekedi et à une manifestation de grande ampleur contre les modifications constitutionnelles qui pourraient lui permettre d’accéder à un troisième mandat.

    Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le groupe d’opposition connu sous le nom de C64 a déclaré qu’il ne céderait pas et a appelé la population à organiser une mobilisation massive le 22 juillet pour exiger la démission de Félix Tshisekedi.

    « Cette marche dira non au coup d’État constitutionnel. Non à la confiscation de la souveraineteté populaire. Non à la guerre sans fin et à la mauvaise gouvernance. Elle dira oui au respect de la Constitution, oui à la paix, à la justice et à la passation démocratique du pouvoir. Enfin, elle exigera la démission de M. Félix Tshisekedi, car il a trahi son serment constitutionnel. »,

    Les tensions sont déjà vives entre le gouvernement et ses opposants depuis que le Parlement, à majorité du parti au pouvoir, a approuvé une proposition visant à prolonger le mandat présidentiel.

    « Il ne saurait être question de suspendre les actions citoyennes ni d’engager un dialogue tant que M. Félix Tshisekedi n’aura pas renoncé publiquement et définitivement à son projet de modification de la Constitution, qui divise la nation et menace le pays de balkanisation. »,

    Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans, est au pouvoir depuis 2019 et son deuxième et dernier mandat de cinq ans devrait prendre fin en 2028.

  • Sénégal : le Conseil constitutionnel annule une révision législative, un revers pour Ousmane Sonko

    Sénégal : le Conseil constitutionnel annule une révision législative, un revers pour Ousmane Sonko

    Le Conseil constitutionnel sénégalais a rendu une décision capitale ce jeudi 9 juillet 2026, annulant la procédure de révision constitutionnelle. Cette mesure représente un revers significatif pour Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, après que la haute juridiction, saisie par la Présidence de la République, a jugé le processus d’adoption du texte par les députés non conforme aux règles.

    Cette annonce marque un nouveau chapitre dans la dynamique institutionnelle sénégalaise. Le Conseil constitutionnel a en effet invalidé la procédure de révision constitutionnelle liée à la loi n°18/2026, arguant que l’Assemblée nationale n’avait pas respecté les exigences procédurales lors de son adoption.

    La décision est un coup dur pour Ousmane Sonko, dont l’institution législative voit le texte qu’elle avait approuvé être déclaré nul par l’instance judiciaire suprême du pays.

    L’annulation fait suite à un recours déposé par la Présidence de la République le 6 juillet 2026.

    Pour étayer sa requête, l’exécutif avait fourni un dossier conséquent, incluant des correspondances officielles, des rapports d’amendements, des procès-verbaux d’huissiers, ainsi que les enregistrements audio et vidéo de la séance plénière du 29 juin 2026. Après examen approfondi, le Conseil constitutionnel a donné raison à la Présidence, confirmant les irrégularités soulevées.

    Malgré ce désaveu judiciaire, Ousmane Sonko a réagi promptement, insistant sur l’impératif de respecter la décision émise par le Conseil constitutionnel.

    « Le Conseil constitutionnel vient de statuer. Au-delà des analyses et des opinions que peuvent susciter les motifs de cette décision, une évidence demeure : elle est contraignante pour tous !», a-t-il affirmé.

    « Cet épisode nous rappelle qu’en démocratie, quand chaque institution remplit son rôle dans son domaine de compétence, aucune crise majeure ne peut survenir. Aujourd’hui, je tiens à rassurer le peuple sénégalais : l’Assemblée nationale poursuivra pleinement sa mission. Nous voterons ou rejetterons des lois pour honorer les engagements pris envers ce peuple courageux et digne », a-t-il conclu.

  • L’expérience gabonaise, un modèle de transition politique pour Madagascar

    L’expérience gabonaise, un modèle de transition politique pour Madagascar

    Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a récemment reçu à Libreville une mission conjointe de l’Union africaine (UA) et des Nations Unies (ONU). Conduite par Mohamed Idrissa Farah et Parfait Onanga-Anyanga, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la refondation institutionnelle engagée à Madagascar, cherchant à s’inspirer de l’approche gabonaise en matière de transition politique, de rétablissement de l’ordre constitutionnel et de réformes institutionnelles.

    Durant ces échanges, le chef de l’État a exposé les enseignements fondamentaux de la transition gabonaise, initiée en 2023. Il a mis en exergue une méthode axée sur l’inclusivité, le respect scrupuleux du calendrier de transition, la mise en œuvre d’un dialogue national participatif, ainsi que la sauvegarde de la paix, de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Ces principes ont, selon les autorités, permis l’organisation d’élections qualifiées de « libres, transparentes et crédibles », consacrant le retour à la normalité constitutionnelle et la restauration des institutions républicaines.

    Les réformes institutionnelles profondes, le renforcement de la transparence électorale et la consolidation de la souveraineté nationale ont également été présentés comme des catalyseurs essentiels ayant contribué à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions du pays.

    Les représentants de l’Union africaine et des Nations Unies ont salué les résultats obtenus par le Gabon, estimant que cette expérience constitue une référence significative pour les États africains engagés dans des processus similaires de transformation institutionnelle. Cette mission s’inscrit pleinement dans le cadre de la refondation en cours à Madagascar, où les autorités envisagent notamment une réforme constitutionnelle, un dialogue national inclusif et l’organisation d’échéances électorales.

    En choisissant Libreville comme cadre pour cette mission d’échanges, les deux organisations panafricaine et internationale réaffirment leur engagement à promouvoir le partage des bonnes pratiques en matière de gouvernance, de stabilité et de consolidation des institutions démocratiques sur le continent africain.

    Engagée suite aux événements du 30 août 2023, la transition gabonaise s’est achevée avec l’adoption d’une nouvelle Constitution, l’organisation d’un dialogue national inclusif et la tenue de plusieurs scrutins, marquant un retour définitif à l’ordre constitutionnel. Depuis, les autorités gabonaises mettent en avant cette période comme un exemple de transition apaisée, régulièrement évoqué lors des discussions avec divers partenaires africains et internationaux.

  • Gabon désigné pour évaluer les Seychelles dans le cadre de la Convention des Nations unies contre la corruption

    Gabon désigné pour évaluer les Seychelles dans le cadre de la Convention des Nations unies contre la corruption

    Le Gabon a été désigné par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour conduire l'évaluation des Seychelles dans le cadre du deuxième cycle d'examen de la Convention des Nations unies contre la corruption.

    Cette mission intervient après la validation du propre examen du Gabon. Le pays est représenté par Séraphin Ondoumba et Silvère Nzamba, experts gouvernementaux qui travailleront à l'évaluation de l'État des Seychelles.

    Cette désignation traduit la confiance accordée à l'expertise gabonaise et marque un retour remarqué du Gabon sur la scène internationale dans ce domaine, où son expérience est désormais mise au service d'autres États.

  • Le Tchad s’engage résolument contre la traite des personnes

    Le Tchad s’engage résolument contre la traite des personnes

    Le Tchad accentue significativement ses actions pour enrayer la traite des êtres humains, ciblant particulièrement la protection des femmes et des enfants vulnérables. Pour ce faire, les lois nationales sont appliquées avec une rigueur accrue. Une directive officielle a d’ailleurs été transmise aux hauts fonctionnaires des secteurs sécuritaire et judiciaire, soulignant l’urgence de cette bataille et les protocoles à suivre.

    Le Tchad intensifie sa lutte contre la traite des personnes

    Ce commerce illégal d’êtres humains représente une atteinte flagrante aux droits fondamentaux, se manifestant fréquemment par l’exploitation sexuelle et le travail contraint. Engagé sur la scène internationale, le Tchad a ratifié la Convention des Nations Unies contre la Criminalité Transnationale Organisée dès 2009. Sur le plan interne, des cadres législatifs robustes ont été mis en place pour contrer ce phénomène, à l’image de l’ordonnance Nº006/PR/2018 et de la loi Nº12/PR/2018.

    Les services étatiques sont désormais tenus de diligenter des investigations promptes, d’établir des rapports détaillés et d’acheminer sans délai les affaires aux instances judiciaires appropriées. Par ailleurs, chaque dossier doit impérativement être signalé au Secrétariat Général du Ministère de la Justice ainsi qu’à la Commission Nationale de Lutte contre la Traite des Personnes, garantissant ainsi un suivi exhaustif et transparent.

    À l’échelle locale, les délégués provinciaux ont pour mission de s’assurer de l’observance rigoureuse de ces nouvelles orientations. Cette vaste mobilisation nationale a pour objectif ultime de constituer un registre centralisé des données, essentiel à l’élaboration d’une stratégie nationale cohérente et performante pour éradiquer la traite des personnes sur le territoire tchadien.

  • Mali : Un convoi militaire de l’armée et d’Africa Corps pris dans une embuscade près de Tabankort

    Mali : Un convoi militaire de l’armée et d’Africa Corps pris dans une embuscade près de Tabankort


    Un convoi stratégique des Forces armées maliennes (Fama) et de leurs partenaires russes de l’Africa Corps est actuellement la cible d’une offensive majeure au nord du Mali. Partie mardi de Gao en direction d’Anéfis, dans la région de Kidal, cette colonne d’une soixantaine de véhicules transportant des troupes et des équipements militaires a été attaquée ce jeudi 9 juillet 2026 au matin par une coalition composée des indépendantistes du FLA et des jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda.
     
    L’embuscade a été tendue aux alentours de 8h30 à Tin Araban, une localité située à une dizaine de kilomètres de Tabankort et à moins de cent kilomètres d’Anéfis. Les affrontements, qui alternent entre phases intenses et accalmies, durent depuis plusieurs heures. Joint par RFI, le mouvement indépendantiste revendique la destruction de plusieurs véhicules militaires, de blindés ainsi que de drones. De son côté, l’armée malienne n’a pas communiqué officiellement, mais une source sécuritaire directement impliquée rapporte que les forces maliennes et russes ont également détruit plusieurs véhicules des groupes assaillants. Bien que des pertes humaines soient signalées de part et d’autre, aucun bilan fiable n’est disponible pour le moment.
     
    Ce convoi achemine des renforts cruciaux pour sécuriser le camp militaire d’Anéfis, encerclé et attaqué conjointement par le FLA et le Jnim depuis samedi dernier. Bien que l’armée malienne et ses alliés russes parviennent toujours à tenir la position, l’issue de cette bataille pour le contrôle du camp dépendra grandement de la capacité de ce convoi à atteindre sa destination.
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  • Gabon–Madagascar : l’expérience de la transition gabonaise inspire l’UA et l’ONU

    Gabon–Madagascar : l’expérience de la transition gabonaise inspire l’UA et l’ONU

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    Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu une mission conjointe de l’Union africaine et des Nations Unies venue s’inspirer de l’expérience gabonaise en matière de transition politique et de refondation institutionnelle. Cette démarche s’inscrit dans l’accompagnement du processus engagé à Madagascar, sous la conduite du président Michaël Randrianirina.

    Le Gabon continue de capitaliser sur son retour à l’ordre constitutionnel. Reçue par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, une mission conjointe de l’Union africaine et des Nations Unies, conduite par Mohamed Idrissa Farah et Parfait Onanga-Anyanga, est venue échanger sur les enseignements de la transition gabonaise.

    Cette rencontre intervient dans le cadre du processus de refondation engagé par Madagascar, qui entend tirer parti du modèle gabonais, notamment en matière de dialogue national, de réforme institutionnelle et d’organisation d’élections crédibles.

    Une transition présentée comme modèle de stabilité

    Au cours des échanges, le président de la République a rappelé les piliers ayant structuré la transition gabonaise : inclusivité, respect du calendrier, dialogue national participatif, préservation de la paix et de la cohésion sociale.

    Selon les autorités, ces principes ont permis l’organisation d’élections libres et transparentes, consacrant le retour à l’ordre constitutionnel et la restauration des institutions républicaines.

    Madagascar dans une logique de refondation

    La mission UA-ONU s’inscrit également dans la dynamique engagée à Antananarivo, où le président Michaël Randrianirina conduit un processus de refondation comprenant une réforme constitutionnelle, un dialogue national inclusif et des échéances électorales.

    En choisissant Libreville comme cadre d’échanges, l’Union africaine et les Nations Unies reconnaissent les avancées du Gabon et encouragent le partage d’expériences entre États africains engagés dans des transitions institutionnelles.

  • Afrique subsaharienne : les 10 régimes les plus autoritaires

    Afrique subsaharienne : les 10 régimes les plus autoritaires

    Dix régimes autoritaires qui sévissent en Afrique subsaharienne

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    Selon V-Dem Institut une dizaine de régimes en Afrique sont considérés comme des autocraties fermées.

    Crédit photo, Avec Getty images

      • Author, Abdou Aziz Diédhiou
      • Role, BBC Afrique News
    • Published
    • Temps de lecture: 12 min

    Dans certains pays en Afrique, s’exprimer librement sur des questions politiques ou critiquer les dirigeants au pouvoir, peut vous valoir un séjour en prison, voire tout simplement vous coûter la vie. Durant ces dernières décennies, de nombreux régimes ont pris une tournure autocratique, restreignant la liberté d’expression, réprimant toute voix discordante et contrôlant tout processus électoral s’il existe et rendant presque impossible l’exercice de la démocratie.

    Une Démocratie en berne

    Le processus électoral en Guinée-Bissau a été interrompu par un groupe de militaires qui a renversé le président sortant candidat à sa propre réélection au moment du décomptage des votes.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    Sur 55 pays africains, une dizaine sont devenus des régimes autocratiques fermés, 26 sont des autocraties électorales selon l’Institut Varieties of Democracy (V-Dem).

    Ce recul de la démocratie en Afrique est un fait établi par l’institut V-Dem dans son rapport de 2026 sur l’état de la démocratie dans le monde.

     »La démocratie est revenue à son niveau de 1978 pour le citoyen moyen à l’échelle mondiale » écrit l’institut basé à l’Université de Göteborg en Suède, dans son rapport.

     »Les acquis de la « troisième vague de démocratisation », qui a débuté en 1974 au Portugal » avec la Révolution des œillets qui a mis fin au régime de Salazar et qui a gagné de nombreuses parties du globe sont  »presque entièrement effacés ».

    Selon V-Dem Institut, le niveau de démocratie pour le citoyen moyen en Europe occidentale et en Amérique du Nord est à son plus bas niveau depuis plus de 50 ans, principalement en raison de l’autocratisation continue aux États-Unis.

    Ailleurs en Afrique, on assiste à un même déclin des acquis démocratiques qui ont été obtenus il y a 25 ans et qui ont fait naitre beaucoup d’espoirs sur le continent.

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    Une majorité de la population vit dans des régimes autoritaires

    À la fin de l’année 2025, « le monde comptait 92 autocraties, contre 87 démocraties. Ainsi, 74 % de la population mondiale (6 milliards de personnes) vivaient désormais dans des autocraties, tandis que seuls 7 % de la population mondiale (0,6 milliard de personnes) vivaient dans des démocraties libérales ».

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    Un profond renversement de tendance s’est opéré au cours des dernières décennies, contrastant avec l’optimisme qui avait marqué le début du XXIe siècle.

    « Presque tous les aspects de la démocratie ont connu un recul considérable au cours de la dernière décennie. En 2025, la liberté d’expression a régressé dans 44 pays, tandis que la torture a continué d’être utilisée pour réprimer l’opposition politique. Par ailleurs, 33 pays ont enregistré une détérioration significative de leur situation démocratique. »

    « Trois tendances distinctes se dégagent clairement de cette vague : un recul de la démocratie dans certaines démocraties traditionnellement stables ; des revers importants, voire l’effondrement de la démocratie, dans des pays qui s’étaient démocratisés avec succès à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle ; enfin, un renforcement de l’autocratie dans des États déjà autocratiques », écrit l’Institut V-Dem.

    L’Afrique subsaharienne, terre hostile à la démocratie

    Des manifestants défilent dans les rues d'Ojota, à Lagos, lors des célébrations du 12 juin commémorant le rétablissement de la démocratie en 1999, brandissant des pancartes dénonçant l'enlèvement d'élèves et d'enseignants le 12 juin 2026.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    En Afrique subsaharienne, le niveau de démocratie dans la région est désormais revenu à celui du début des années 2000, selon deux indicateurs : la recrudescence des coups d’État militaires dans la région du Sahel et le renforcement des régimes autocratiques.

     »Le renforcement des régimes autocratiques dans des pays comme la République centrafricaine, le Mozambique et le Togo contribuent à cette évolution négative » note V-Dem Institute.

    Dans la région, la grande majorité – 66 % de la population – vit sous des régimes autocratiques.

    Les autocraties électorales, telles que l’Éthiopie, la Tanzanie et l’Ouganda, abritent 48 % de la population.

    Environ 14 % de la population vit dans des régimes autocratiques fermés.

    Seules 10 % résident dans des démocraties électorales telles que le Botswana, le Ghana, l’Afrique du Sud etc et 24 % dans des pays démocratiques de la « zone grise », tels que le Kenya et le Nigeria.

    Voici le Top 10 des régimes autoritaires fermés en Afrique subsaharienne

    1- Erythrée

    En plus de trois décennies, l'Erythrée n'a jamais organisé d'élections présidentielles.

    Crédit photo, Getty Images

    À partir du milieu des années 1990, les Érythréens ont connu une période d’ouverture relative, marquée par l’émergence de journaux indépendants donnant la parole à des voix critiques, y compris au sein du parti au pouvoir, le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ).

    L’Assemblée nationale de transition avait fixé une date pour les élections, une commission électorale était en cours de création et des projets de loi sur les partis politiques faisaient l’objet de discussions. Après sa longue guerre d’indépendance contre l’Éthiopie, le pays semblait s’engager progressivement sur la voie de la démocratisation.

    Contre toute attente, le pouvoir change toutefois de cap en septembre 2001. Alors que l’attention du monde est focalisée sur les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les autorités ferment en une seule journée tous les journaux indépendants, réduisant au silence les principales voix critiques du pays. De nombreux journalistes sont arrêtés et disparaissent sans laisser de traces.

    Parallèlement, le gouvernement arrête 11 membres du groupe connu sous le nom de G-15, parmi lesquels figurent trois anciens ministres des Affaires étrangères, un ancien chef d’état-major des forces armées et plusieurs membres de l’Assemblée nationale. Depuis leur arrestation, aucune information officielle crédible n’a été communiquée sur leur sort.

    Les espoirs de démocratie nourris par de nombreux Érythréens s’évanouissent alors, laissant place à l’un des régimes les plus fermés et les plus autoritaires du continent africain.

    En plus de trois décennies de pouvoir du président Isaias Afwerki, aucune élection présidentielle n’a jamais été organisée en Érythrée.

    2- Burkina Faso

    Le capitaine Ibrahim Traoré qui a dissous les partis politiques a déclaré que ''La démocratie, c'est pas pour nous''.

    Crédit photo, AFP via Getty Images

    Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le chef de la junte militaire au Burkina Faso ne cache pas son aversion pour la démocratie.

    Le pouvoir militaire a suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux et expulsé certains de leurs journalistes.

    En octobre dernier, il dissout la Commission électorale nationale indépendante (CENI), puis tous les partis politiques cinq mois plus tard en février 2026.

    Dans un entretien diffusé à la télévision nationale, le 2 avril dernier le capitaine Traoré a appelé les Burkinabés à « oublier la question de la démocratie », alors que les partis politiques ont été dissous.

     »On ne parle même pas d’élections d’abord (…), il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous » a t-il déclaré.

    Engagé dans une guerre contre les mouvements terroristes, le régime militaire procède parfois à des enlèvements des opposants et voix critiques du pays. Certaines personnes qui osent critiquer son régime sont parfois envoyés au front aux côtés de l’armée même s’ils sont des civils.

    3- Mali: Retour à la case départ

    La junte militaire a dissous les partis politiques et a restreint la liberté d'expression.

    Crédit photo, (Photo de MICHELE CATTANI/AFP via Getty Images)

    Le 26 mars 1991, une insurrection populaire met fin au régime dictatorial du général Moussa Traoré au Mali.

    Un jeune officier de l’armée, Amadou Toumani Touré, prend alors le pouvoir avec l’ambition d’engager le pays sur la voie de la démocratie.

    Après une période de transition, le Mali organise des élections pluralistes qui portent Alpha Oumar Konaré à la présidence. Commence alors une expérience démocratique qui fera longtemps figure de modèle en Afrique de l’Ouest.

    Mais trois décennies plus tard, le pays semble revenu à son point de départ.

    Depuis 2020, les militaires qui ont pris le pouvoir à la suite de deux coups d’État successifs ont progressivement interrompu le processus démocratique.

    L’espace civique et politique s’est considérablement rétréci. Les partis politiques ont été dissous et les activités de nombreuses organisations de la société civile fortement restreintes.

    Des responsables politiques ont été arrêtés ou emprisonnés, tandis que des journalistes, des militants et certains opposants ont été contraints de quitter le pays.

    Engagé dans une guerre contre les groupes jihadistes, le régime militaire, qui s’était initialement engagé à mener une transition de quatre ans, s’est maintenu au pouvoir et ne fixe désormais plus de calendrier précis pour un retour à l’ordre constitutionnel.

    4- Niger : le grand bon en arrière

    Le général Abdourahamane Tiani a dissous les partis politiques au Niger.

    Crédit photo, ORTN – Télé Sahel/AFP via Getty Images

    A l’instar des autres pays de la région, le Niger vit également un déclin de la démocratie.

    Le pays a pourtant connu l’ouverture politique dans les années 90 passant entre 1991 et 1993 d’un régime de parti unique, à un régime politique plus ouvert avec la reconnaissance du multipartisme.

    Depuis des régimes civils se sont succédé au pouvoir dans les années 2000 dont celui de Mahamadou Issoufou, élu en 2011 pour un mandat de cinq ans, puis réélu en 2016.

    Le renversement de son successeur Mohamed Bazoum par un groupe de militaires en 2023 a marqué un retour vers l’autoritarisme militaire avec un régime supprimant les partis politiques, reportant sine die les élections et la transition vers un régime civil et renforçant son contrôle sur tout l’appareil politique, étouffant la liberté d’expression dans le pays.

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    5- Soudan du Sud

    Depuis son accession à l'indépendance le Soudan du Sud n'a pas retrouvé le chemin de la démocratie. Le pays est plongé dans une guerre civile sanglante marquée par des violations énormes des droits de l'homme.

    Crédit photo, (Photo : ASHRAF SHAZLY / AFP via Getty Images)

    Après des années de lutte pour obtenir son indépendance, le pouvoir sud soudanais est dominé par le parti unique : le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), dirigé par le président Salva Kiir.

    Depuis l’indépendance du pays en juillet 2011, tout l’appareil d’État est contrôlé de facto par le SPLM, réduisant comme peau de chagrin l’espace démocratique.

    Depuis le déclenchement de la guerre civile en 2013, le pouvoir est partagé de manière conflictuelle entre le président Salva Kiir et son rival, le vice-président Riek Machar.

    Quant à la démocratie, elle demeure inconnue par les citoyens du dernier Etat africain indépendant.

    6- Soudan

    Depuuis plusieurs années, le Soudan est ravagé par des guerres civiles sanglantes.

    Crédit photo, (Photo : Ebrahim Hamid / AFP via Getty Images)

    C’est un régime militaire dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté qui dirige le Soudan.

    Depuis plusieurs années, le Soudan est ravagé par une guerre civile destructrice où les forces gouvernementales affrontent les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire rival.

    Les organisations de défense des droits humains dénoncent les nombreux massacres et autres violations des droits de l’homme commis par les belligérants en toute impunité.

    7- Somalie

    Les Somaliens sont restés plus de cinquante ans sans goûter au suffrage universel.

    Crédit photo, « PRÉSIDENCE DE LA SOMALIE / PHOTO FOURNIE »

    Depuis le coup d’Etat de Siad Barre en 1969, les Somaliens n’ont jamais eu l’occasion de choisir librement ceux qui les gouvernent.

    Siad Barre avait mis fin au multipartisme, suspendu la constitution et instauré un régime autocratique qui a plongé le pays dans la guerre civile dans les années 90.

    Ces dernières années, le pays se cherche une voie lui permettant de mettre fin à plus d’un demi-siècle de silence démocratique avec l’instauration du suffrage universel et l’organisation d’élections multipartites.

    8- République de Guinée

    Le pouvoir du Général Mamady Doumbouya s'est durci en République de Guinée.

    Crédit photo, (Photo de CELLOU BINANI/AFP via Getty Images)

    En République de Guinée, malgré l’organisation d’élections en décembre 2025 et en mai 2026, le pouvoir a pris une tournure de plus en plus autoritaire, marquée par des arrestations, des disparitions et des décès controversés de personnalités publiques en détention.

    Lors de l’élection présidentielle de décembre 2025, le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2021, a été déclaré vainqueur avec 86,72 % des suffrages.

    Les principaux leaders de l’opposition avaient auparavant été écartés de la course présidentielle, suscitant des critiques quant à l’équité du scrutin.

    Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé une dérive autoritaire du régime, caractérisée par un rétrécissement de l’espace civique et politique. Elles pointent notamment la suspension de plusieurs partis politiques, les restrictions imposées aux manifestations ainsi que les sanctions prises contre des organes de presse par la Haute Autorité de la communication.

    9- Eswatini

    L'Eswatini est une monarchie absolue.

    Crédit photo, (Photo de Darren Stewart/Gallo Images via Getty Images)

    L’Eswatini est la dernière monarchie absolue d’Afrique.

    Le roi Mswati III concentre tous les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), et exerce un contrôle sur la police, l’armée et le système judiciaire du royaume.

    Depuis un décret royal de 1973, les partis politiques sont bannis dans le pays. L’Assemblée nationale du royaume compte au total 69 députés dont 10 sont nommés directement par le roi.

    « Des élections sont une compétition entre partis politiques. Mais ici, on assiste à une non-élection, un système de nomination par les royalistes. Si vous y participez, vous ne pouvez pas défendre vos idées politiques », a expliqué en 2018 Alvit Dlamini la présidente du NNLG, le plus ancien parti du pays.

    10- Guinée-Bissau

    Les militaires Bissao-guinéens ont interrompu le processus électoral en s'emparant du pouvoir en novembre 2025.

    Crédit photo, (Photo : AA Video/Anadolu via Getty Images)

    La Guinée-Bissau est coutumière des crises politiques et institutionnelles qui, au fil des années, l’ont éloignée des standards démocratiques observés dans plusieurs pays africains.

    En novembre 2025, alors que le pays était engagé dans un processus électoral marqué par une présidentielle très disputée et que le dépouillement des voix était en cours, l’armée est sortie de ses casernes pour renverser le président sortant.

    Fait particulièrement inhabituel, c’est le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, qui a lui-même annoncé à la communauté internationale avoir été renversé par des militaires.

    À la suite du coup d’État, les opposants politiques ont fait l’objet de diverses restrictions, tandis que les inquiétudes se sont accrues quant au respect des libertés fondamentales et à l’avenir du pluralisme politique dans le pays.

    Bien avant cette rupture de l’ordre constitutionnel, la gouvernance d’Umaro Sissoco Embaló faisait déjà l’objet de critiques.

    Son style de pouvoir était souvent qualifié d’autoritaire par ses adversaires politiques et plusieurs organisations de la société civile.

    Les tensions s’étaient notamment manifestées lors du processus électoral, au point de compliquer les efforts de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui cherchait à favoriser un consensus entre les principaux acteurs politiques afin de préserver la stabilité du pays.

  • Niger : Deux jeunes commerçants abattus par des mercenaires Russes près de Niamey

    Niger : Deux jeunes commerçants abattus par des mercenaires Russes près de Niamey

    Deux jeunes commerçants ont été abattus par des mercenaires russes près de la ville de Niamey, en Niger, selon une source officielle.

    La victime est un jeune homme de 25 ans originaire du sud du pays, qui était en train d’exercer ses activités commerciales lorsqu’il a été attaqué par des mercenaires russes à bord de leur véhicule,

  • Mali : les FAMA affirment avoir tué une centaine de combattants du JNIM et du FLA dans le nord du pays

    Mali : les FAMA affirment avoir tué une centaine de combattants du JNIM et du FLA dans le nord du pays

    L’armée malienne a annoncé ce jeudi avoir tué une centaine d’hommes armés lors d’opérations militaires menées, en coordination avec ses partenaires, dans les régions d’Anfif et de Tabrachat, au nord du pays.

    Dans un communiqué, l’armée a précisé que ces opérations visaient des combattants appartenant au groupe « Al-Nusra pour l’islam et les musulmans » et au « Front de libération de l’Azawad », et qu’elles comprenaient 13 frappes aériennes qui ont également permis de détruire six véhicules de combat et une camionnette de type « pick-up ».

    L’armée a ajouté que ces opérations avaient eu lieu mardi, affirmant qu’elle poursuivait sa campagne militaire contre les groupes armés dans différentes régions du pays, et soulignant l’engagement de ses forces à poursuivre ces opérations « avec discipline et fermeté », en coordination avec ses partenaires.

    Dans un communiqué publié sur « X », le Corps d’Afrique a indiqué que ces opérations avaient permis de détruire et d’incendier un grand nombre de véhicules des militants, ajoutant qu’un drone lui appartenant avait pris pour cible un autre véhicule transportant des munitions et du matériel militaire.

    Le Corps russe d’Afrique a ajouté que ces opérations s’inscrivaient dans le cadre de ce qu’il a qualifié d’« opérations conjointes fructueuses » menées avec les forces armées maliennes contre les groupes armés de la région, affirmant qu’il continuerait à cibler les positions et le matériel des militants.

     

  • République démocratique du Congo : comment l’épidémie d’Ebola pourrait profiter aux rebelles du M23

    République démocratique du Congo : comment l’épidémie d’Ebola pourrait profiter aux rebelles du M23

    Le chiffre ne cesse de progresser et les inquiétudes grandissent. Le nombre de cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a augmenté et atteint 1759, dont 600 décès, selon les dernières données gouvernementales, publiées mercredi. Au cours des dernières 24 heures, 51 nouveaux cas et 20 nouveaux décès ont été recensés. Cette épidémie d’Ebola pourrait devenir la pire de l’histoire, notamment parce que l’espèce du virus, connue sous le nom de Bundibugyo, a été identifiée très tardivement.

    L’épidémie mortelle qui sévit dans l’est du pays progresse plus vite que les efforts déployés pour la contenir. Le M23, ce puissant groupe rebelle armé qui s’est emparé de vastes étendues de territoire l’année dernière dans l’est du pays et qui impose depuis des taxes, contrôle les services publics et se présente comme la seule autorité légitime sur leurs zones, pourrait tirer partie de la situation. Comme le détaille le New York Times (NYT), en cas d’explosion de l’épidémie dans les zones densément peuplées qu’elle contrôle, cette milice pourrait utiliser le virus pour tenter de consolider et de renforcer son autorité sur son territoire, qui comprend deux capitales provinciales, Goma et Bukavu. Si le M23 parvenait à contenir Ebola, le mouvement pourrait alors renforcer son image d’autorité légitime, au moment même où le gouvernement congolais peine à maîtriser l’épidémie.

    Une cellule de crise instaurée par le M23

    Lors de l’épidémie de 2018, des centaines de millions de dollars ont été débloqués pour lutter contre Ebola. Mais certains fonds ont été mal utilisés, ce qui a conduit à l’emprisonnement du ministre de la Santé pour détournement de fonds, rappelle le quotidien américain. Le M23 a tiré les leçons des échecs gouvernementaux : ce mouvement a mis en place une cellule de crise Ebola, produit des vidéos documentant des visites dans des laboratoires et des centres de traitement et a diffusé des dessins animés sur le lavage des mains. Les rebelles, soutenus et supervisés depuis des années par le Rwanda, pays voisin de la RDC, ont également mis en place des mesures visant à contenir la propagation du virus, comme la limitation du nombre de passagers autorisés dans les bus.

    LIRE AUSSI : Le virus Ebola peut « dormir » cinq ans chez les survivants avant de se réactiver

    Des cas d’Ebola ont déjà été signalés dans la zone rebelle, dont une infection à Goma, le quartier général du M23. La transmission y semble pour l’instant faible, selon les chiffres publiés par le ministère congolais de la Santé. Les autorités sanitaires congolaises n’ont néanmoins pratiquement aucune visibilité sur la situation en territoire rebelle, hormis quelques chiffres de base concernant les infections, le traçage des contacts et les décès, qui ne peuvent être vérifiés de manière indépendante. « Je ne peux pas vous donner de situation dans les territoires occupés par le M23 car je n’y ai pas accès », a indiqué au New York Times Dieudonné Kazadi, directeur de l’Institut national de santé publique de la République démocratique du Congo.

    Vers un « déferlement » de l’épidémie aux Kivus ?

    En dépit du contexte politique, une certaine coopération technique existe de part et d’autre de la ligne de front. Des échantillons prélevés dans les zones rebelles ont été envoyés à Kinshasa, la capitale, et d’autres, provenant de Beni, dans la province du Nord-Kivu contrôlée par le gouvernement, au laboratoire de Goma, détaille le NYT. Le gouvernement congolais continue de rémunérer les agents de santé et les techniciens de laboratoire dans les zones contrôlées par le M23. Il collecte des données sur les cas, les tests et le traçage des contacts, bien que les responsables de la santé ne puissent pas vérifier ces données de manière indépendante.

    Il semble toutefois que des foyers d’infection se rapprochent de plus en plus des zones occupées, progressant vers le sud depuis l’épicentre situé dans la province d’Ituri. « Nous devons nous préparer activement à une explosion du nombre de cas qui va déferler sur les (provinces, ndlr) des Kivus », indique au NYT David Munkley, directeur pour l’est de la RDC de l’organisation humanitaire chrétienne World Vision.

    LIRE AUSSI : Pr Christophe Rapp : « Le risque de propagation d’Ebola est considéré comme très faible, voire nul »

    Selon les autorités de la RDC, une épidémie de grande ampleur dans les zones contrôlées par le M23 serait dévastatrice pour les civils pris au piège des combats et du virus. Sur le plan politique, le gouvernement congolais estime que ce groupe armé n’est pas en mesure de gérer l’épidémie. « Le M23 et le Rwanda sont tous deux mal équipés pour mener une intervention d’urgence face à une menace de cette ampleur », affirme auprès du NYT Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères du Congo.

    Pour les millions de Congolais piégés en territoire contrôlé par les rebelles, le risque est donc « d’être contaminés par Ebola, ou de mourir de faim ou de violence », affirme Denis Mukwege, gynécologue et lauréat du prix Nobel de la paix 2018 pour son travail auprès des victimes de violences sexuelles.

  • Judith Suminwa à l’ONU: « La dignité des survivantes, la justice, les réparations et les services essentiels ne doivent plus être placés à la périphérie de la paix, mais au cœur de sa construction »

    Judith Suminwa à l’ONU: « La dignité des survivantes, la justice, les réparations et les services essentiels ne doivent plus être placés à la périphérie de la paix, mais au cœur de sa construction »

    Judith Suminwa à l’ONU: « La dignité des survivantes, la justice, les réparations et les services essentiels ne doivent plus être placés à la périphérie de la paix, mais au cœur de sa construction »

    Femme

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    La résolution 1325, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies le 31 octobre 2000, considérée comme un texte historique et le premier document officiel établissant un lien entre les droits des femmes et les questions de paix et de sécurité, a occupé une place centrale dans l’intervention de la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, lors de la 10190e séance du Conseil de sécurité consacrée aux femmes, à la paix et à la sécurité.

    Placée sous le thème « Honorer la promesse du droit international envers les survivantes et survivants de violences sexuelles liées aux conflits », cette séance, présidée par Judith Suminwa dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, a été l’occasion pour la cheffe du gouvernement d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de donner une application effective à cette résolution.

    S’exprimant ce mercredi 8 juillet 2026 au nom de la République démocratique du Congo, un pays durement touché par les conflits armés et les violences sexuelles qui les accompagnent, Judith Suminwa a estimé que la communauté internationale devait désormais aller au-delà du simple constat des atrocités.

    « Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur après qu’elle a eu lieu. Elle doit être de prévenir les conditions qui la rendent possible. Cela suppose une présence plus proche des communautés à risque, des mécanismes d’alerte précoce, une justice capable d’atteindre les auteurs, les complices et les commanditaires, des réparations effectives et un relèvement économique qui donne aux femmes non seulement une protection, mais aussi un véritable pouvoir » a déclaré la Première ministre.

    Pour la cheffe du gouvernement congolais, cette approche implique également une meilleure compréhension des liens entre les violences sexuelles, le contrôle des territoires, les déplacements forcés, la circulation des armes, la traite des personnes, l’impunité et les économies de guerre.

    « Si nous voulons prévenir ces crimes, nous devons regarder non seulement les actes commis, mais aussi les systèmes qui les rendent possibles. Cela suppose enfin que les processus de prévention et de paix intègrent ces questions dès le départ : dans les cessez-le-feu, les mécanismes de surveillance, les processus de désarmement, les réformes du secteur de la sécurité, les régimes de sanctions et les garanties de non-répétition. Lorsque des individus, des groupes ou des réseaux organisent, financent ou tirent profit de l’enlèvement, de la traite, de l’esclavage sexuel ou de l’exploitation sexuelle en situation de conflit, les outils du Conseil doivent pouvoir être mobilisés avec cohérence, notamment à travers ses comités de sanctions et leurs groupes d’experts », a-t-elle ajouté.

    Par ailleurs, Judith Suminwa a souligné que la présidence congolaise du Conseil de sécurité avait choisi d’ouvrir ses travaux par la question des victimes, estimant qu’aucune architecture de paix ne pouvait être crédible si elle ne plaçait pas au centre celles et ceux qui ont payé le plus lourd tribut aux conflits.

    Elle a également annoncé que, dans les prochains jours, le Conseil poursuivra sa réflexion sur les structures qui alimentent les conflits, les économies illicites qui les prolongent ainsi que sur les moyens de transformer la gouvernance des ressources naturelles en instruments de paix, de sécurité et de prospérité.

    « Aujourd’hui, notre devoir premier est clair : écouter les survivantes et les survivants, reconnaître leurs droits, soutenir les réponses nationales et internationales, financer les services essentiels, combler les lacunes d’information, renforcer la coopération et faire de la lutte contre l’impunité une condition de la paix. À l’issue de nos travaux, un message doit être clair : les violences sexuelles liées aux conflits ne sont ni inévitables ni secondaires. La réponse ne peut pas se limiter à la condamnation. Elle doit inclure la prévention, la protection, la justice, les réparations, le relèvement économique, la reconnaissance des enfants nés de ces violences et les moyens nécessaires pour que les engagements deviennent des résultats », a déclaré la Première ministre.

    Dans le même esprit, la cheffe du gouvernement a insisté sur le fait que la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits constitue non seulement un impératif moral, mais également une condition stratégique pour l’instauration d’une paix durable. Selon elle, la justice et les réparations ne doivent plus être considérées comme des questions périphériques, mais comme des éléments fondamentaux de la reconstruction des sociétés.

    « La lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits est un impératif moral, mais elle est aussi une exigence stratégique pour toute paix durable. On ne reconstruit pas une société en laissant ses survivantes sans justice. On ne reconstruit pas des communautés en abandonnant les enfants nés de ces violences au silence ou à la stigmatisation. On ne prévient pas les conflits en ignorant les économies qui les financent, les armes qui les prolongent, les réseaux qui exploitent les victimes et les systèmes de domination qui les accompagnent » a affirmé Mme Suminwa.

    Elle a conclu en appelant les États membres à faire de la dignité des survivantes et des survivants le socle de toute stratégie de paix.

    « Notre responsabilité commune est de faire en sorte que la dignité des survivantes et des survivants, les droits des enfants, la justice, les réparations et les services essentiels ne soient pas placés à la périphérie de la paix, mais au cœur même de sa construction. Plus de vingt-cinq ans après la résolution 1325, la prochaine étape de notre engagement ne peut pas être une nouvelle promesse. Elle doit être une promesse tenue. Parce qu’aucune ressource naturelle ne devrait être extraite au prix de la dignité humaine, parce qu’aucune économie ne devrait prospérer sur la souffrance des populations et parce qu’aucune paix durable ne peut être bâtie sur l’impunité », a-t-elle souligné.

    La résolution 1325, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 31 octobre 2000, est considérée comme un texte historique. Premier document officiel à établir un lien entre les droits des femmes et les questions de paix et de sécurité, elle appelle à leur pleine participation à la prévention, à la gestion et à la résolution des conflits, ainsi qu’aux processus de consolidation de la paix.

    L’intervention de la Première ministre Judith Suminwa sur cette résolution intervient dans un contexte où les femmes de la République démocratique du Congo, particulièrement dans les zones en conflit, continuent d’être victimes de violences sexuelles commises dans un climat marqué par l’activisme des groupes armés locaux et étrangers. À cela s’ajoute l’agression rwandaise, selon les autorités congolaises, à travers la rébellion de l’AFC/M23, qui contribue à aggraver la vulnérabilité des femmes dans l’est du pays.

    Les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin à cette crise et rétablir durablement la paix peinent à produire des résultats concrets. Si des avancées sont régulièrement annoncées sur le plan politique et diplomatique, la situation sur le terrain reste préoccupante, les différents protagonistes poursuivant les affrontements tout en s’accusant mutuellement de ne pas respecter les engagements pris

    Clément MUAMBA

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