Catégorie : A la Une

  • Appel à l’unité nationale pour l’indépendance du Tchad

    Appel à l’unité nationale pour l’indépendance du Tchad

    Alors que le Tchad s’apprête à commémorer le 66ᵉ anniversaire de son indépendance, fixé au 11 août 2026, Pahimi Padacké Albert, président du Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT-Le Réveil) et figure majeure de l’opposition, adresse un message solennel à la nation.

    Dans une allocution chargée d’émotion, l’ancien Premier ministre interpelle ses compatriotes avec une « humilité, gravité et responsabilité » qui reflètent l’urgence de la situation. Pour lui, cette célébration ne peut être indifférente aux tensions politiques qui traversent le pays, où s’entremêlent frustrations et sentiment d’exclusion.

    « Cette année, nous célébrons notre liberté dans un contexte où plane une tension politique sourde mais bien réelle, alimentée par un profond sentiment d’injustice et d’exclusion sur tous les plans », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de dépasser les clivages.

    Face à ce constat, Pahimi Padacké Albert appelle à un sursaut collectif : « J’exhorte avec la plus grande fermeté à l’unité, à l’apaisement, à l’ouverture d’esprit et à la réconciliation véritable ». Son discours s’adresse à l’ensemble des Tchadiens, mais aussi aux plus hautes autorités, en premier lieu au président Mahamat Idriss Déby Itno.

    Dans son plaidoyer, il formule des propositions concrètes pour renforcer la cohésion nationale. « À l’orée de cette célébration, je lance un appel solennel à tous les enfants du Tchad, et en particulier au chef de l’État : que des mesures fortes soient prises pour briser les chaînes de l’exclusion et resserrer les liens au sein de notre grande famille nationale », déclare-t-il.

    Il invite également à mobiliser les leviers constitutionnels pour libérer les acteurs politiques détenus, tout en plaidant pour une « ouverture politique sincère », fondée sur des échanges transparents et fraternels. Une telle démarche, insiste-t-il, doit s’appuyer sur le respect des diversités culturelles, politiques et religieuses qui font la richesse du Tchad.

    Un message clair, porté par l’espoir d’un Tchad réconcilié, où la liberté et l’unité priment sur les divisions.

  • Bénin : un atelier décisif pour lancer son premier plan de gouvernement ouvert

    Bénin : un atelier décisif pour lancer son premier plan de gouvernement ouvert

    Le Bénin franchit une étape clé vers une gouvernance plus transparente

    Cinq jours d’échanges intenses à Cotonou ont marqué un tournant pour le Bénin. Depuis son adhésion au Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), le pays s’engage résolument dans une démarche inédite : l’élaboration de son premier Plan d’action national. Une rencontre, organisée du 27 au 31 juillet 2026, a réuni les acteurs clés pour poser les bases d’une administration plus transparente, responsable et participative.

    Bénin : le gouvernement veut réorganiser les adresses des rues et habitations

    Une mobilisation sans précédent des acteurs clés

    Représentants de l’administration, institutions publiques, société civile, secteur privé, partenaires techniques et financiers ainsi que les médias : tous ont pris part à cet atelier de cinq jours. L’objectif ? S’approprier les principes du PGO et jeter les fondations d’une co-création des futurs engagements du Bénin. Une dynamique collective qui s’inscrit dans la continuité des réformes déjà engagées par les autorités.

    Les priorités définies par les autorités

    Victorin Honvoh, directeur de cabinet du ministère du Budget et de la Fonction publique, a mis en avant les piliers de transparence, de redevabilité, d’accès à l’information et de lutte contre la corruption. Pour lui, la réussite de ce processus repose sur un dialogue constant entre les institutions et les acteurs non étatiques. Les participants sont invités à formuler des propositions concrètes pour ancrer ces principes dans les pratiques administratives.

    Mireille Hortense Codjovi, directrice du Pôle Budget ouvert et point focal national du PGO, a souligné l’importance de cette phase préparatoire. Elle précède le lancement de consultations citoyennes dans les douze départements du pays. Ces échanges permettront de recueillir les attentes des populations et d’enrichir le futur Plan d’action national.

    Un processus sous le signe de la collaboration internationale

    Plusieurs partenaires internationaux accompagnent le Bénin dans cette démarche : le programme PAGOF2 d’Expertise France, la GIZ, la Coopération suisse, l’UNICEF et l’Union européenne. Leur soutien technique et financier renforce la crédibilité et l’ambition du projet.

    De la théorie à l’action : traduire les principes en engagements mesurables

    Jean-Pierre Degue, vice-président du Comité technique du PGO, a rappelé que le partenariat vise à renforcer la transparence, la participation citoyenne et la responsabilité des institutions. Le Bénin, déjà reconnu pour ses avancées en matière de transparence budgétaire, doit désormais transformer ces acquis en engagements concrets et mesurables.

    Gustavo Pérez Ara, expert international, a présenté les trois piliers du PGO : participation, transparence et redevabilité. Il a salué le dialogue déjà existant entre l’administration et la société civile, le qualifiant de levier essentiel pour la suite du processus.

    Sous la présidence de Chabi Kassim Taba, conseiller à la Cour des comptes, les participants ont travaillé sur les modalités d’intégration des principes du gouvernement ouvert dans les pratiques des institutions publiques. Les recommandations issues de cet atelier, couplées aux retours des consultations départementales, serviront de base à la rédaction du premier Plan d’action national du Bénin dans le cadre du PGO.

  • Forces spéciales guinéennes en tête de la parade à Abidjan

    Forces spéciales guinéennes en tête de la parade à Abidjan

    Abidjan — Une unité d’élite se détache du lot : cent cinquante soldats guinéens, en treillis et camouflage, armes en main, masques et bérets ajustés. En tête, un officier brandit le drapeau national aux couleurs rouge, jaune et verte, tandis que les tireurs d’élite restent en retrait. Le rythme martial du « Pas de caméléon » rythme leur avancée, impressionnant l’assistance.

    IMG-20260808-WA0005

    Leur passage, clôturant la parade des contingents étrangers lors du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, a été salué par une ovation debout. Depuis les tribunes officielles jusqu’aux écrans de télévision et aux réseaux sociaux, la prestation des Forces spéciales guinéennes a captivé l’attention des journalistes, des internautes et des passionnés d’actualité militaire.

    IMG-20260808-WA0003

    Les réactions ne se sont pas fait attendre. Deloy Dadié, internaute ivoirien, partage son admiration : « Je suis Ivoirien, mais pour moi, c’est le meilleur défilé. Je l’ai regardé en boucle et même téléchargé la vidéo. Merci la Guinée. »

    Brice Kouadio renchérit : « Le meilleur de l’année : impressionnant, puissant, féroce et élégant ! »

    Constant Silué, lui, va jusqu’à comparer la prestation guinéenne à celle de l’armée ivoirienne : « J’ai préféré le défilé des forces spéciales guinéennes à celui de notre armée. C’est la première fois que je les vois en action, c’est magnifique. Merci la Guinée. Vous êtes des voisins sincères et fiables. »

    IMG-20260808-WA0004

    En Guinée, les images du défilé ont également suscité un vif enthousiasme. Bory Diallo affirme : « La sous-région est sous le charme de notre armée. »

    Ibrahima Bah souligne la portée symbolique de cette participation : « Renforcer les liens avec nos voisins est essentiel. Avec une forte communauté guinéenne en Côte d’Ivoire, voir notre armée défiler à cette occasion est une source de fierté pour tous les Guinéens, surtout ceux installés ici. »

    Sekou Moriba exprime un sentiment similaire : « Malgré les défis, les voir marcher ainsi nous remplit de fierté. »

    IMG-20260808-WA0007

    Cette prestation n’est pas une première pour les Forces spéciales guinéennes. Depuis leur apparition remarquée lors de la fête nationale guinéenne le 2 octobre 2018, cette unité d’élite s’est imposée comme l’une des formations militaires les plus spectaculaires de Guinée.

    IMG-20260808-WA0008

    À Abidjan, leur performance a une nouvelle fois marqué l’histoire, consolidant leur réputation de professionnalisme et de discipline.

  • Bola Tinubu face à la réaction unie du Burkina Faso, du Mali et du Niger

    Bola Tinubu face à la réaction unie du Burkina Faso, du Mali et du Niger

    DIPLOMATIE

    Bola Tinubu face à la réaction unie du Burkina Faso, du Mali et du Niger

    Les propos du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, qui établit un lien direct entre l’insécurité au Nigeria et les situations au Burkina Faso, au Mali ainsi qu’au Niger, ont déclenché une réponse ferme de Ouagadougou. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade du Nigeria pour lui exposer le point de vue des trois États membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Ces derniers considèrent que cette analyse occulte les efforts conjoints menés contre les groupes armés et réaffirment leur volonté de renforcer la coopération régionale.

    Crédit Photo : DT

    Jeudi dernier, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le chargé d’affaires de l’ambassade du Nigeria au Burkina Faso. Cette rencontre, à laquelle ont également participé les représentants diplomatiques du Mali et du Niger, illustre la cohésion des trois pays de l’AES face aux déclarations du président Tinubu sur la détérioration de la sécurité au Sahel.

    Les déclarations de Bola Tinubu au cœur des tensions

    Lors d’une audience avec des chefs traditionnels nigérians le 30 juillet, Bola Ahmed Tinubu avait affirmé que l’insécurité au Nigeria était en partie alimentée par la situation au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Selon lui, certains groupes armés opérant au Nigeria trouveraient refuge ou soutien dans ces pays voisins. Cette prise de position a poussé Ouagadougou à réagir officiellement en transmettant sa position par voie diplomatique aux autorités nigérianes.

    Au cours de l’échange, Karamoko Jean Marie Traoré a souligné que cette analyse ne reflétait pas les efforts constants des forces de défense et de sécurité, ainsi que des populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger, dans la lutte antiterroriste. Le ministre a rappelé que le Nigeria, déjà engagé depuis des années dans la lutte contre Boko Haram, ne pourrait être tenu pour responsable de l’évolution de la menace jihadiste au Sahel, alors que les États de l’AES ont toujours évité de pointer du doigt Abuja, malgré les liens avérés entre certaines organisations armées de la région. Il a également mis en avant le rôle clé des opérations menées par les armées des trois pays, qui limitent les capacités des groupes jihadistes et contribuent ainsi à la stabilité de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

    Ouagadougou a appelé à privilégier des discours favorisant la solidarité entre les États confrontés à une même menace. Pour le Burkina Faso, la coopération reste un pilier essentiel dans la lutte contre les organisations terroristes en Afrique de l’Ouest. À l’issue de l’entretien, le chargé d’affaires nigérian a confirmé avoir bien enregistré le message transmis et s’est engagé à le communiquer à son gouvernement à Abuja, comme l’a indiqué le ministère burkinabè des Affaires étrangères.

  • Crise diplomatique entre l’AES et le Nigeria après les déclarations de tinubu

    Crise diplomatique entre l’AES et le Nigeria après les déclarations de tinubu

    Crise diplomatique entre l’AES et le Nigeria après les déclarations de Tinubu

    Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — ont vivement réagi aux propos tenus par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu. Dans un communiqué commun, ils ont exprimé leur « profond regret » face à des déclarations jugées simplistes et peu constructives, alors que la région fait face à des défis sécuritaires communs.

    Lors d’un discours prononcé fin juillet à Abuja, le président Tinubu avait lié la montée de l’insécurité au Nigeria à la situation sécuritaire prévalant au Sahel, évoquant notamment les attaques et enlèvements qui touchent son pays. Une analyse qui a suscité une réponse unanime des dirigeants de l’AES, soulignant que cette interprétation ne reflète pas la réalité des efforts déployés par les populations et les forces de défense des trois États.

    Réaction des pays de l'AES aux propos de Bola Ahmed Tinubu

    Une analyse jugée « rapide » et « surprenante » par Ouagadougou

    Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a vivement critiqué la lecture faite par le président Tinubu. Pour lui, cette analyse est « rapide », « simpliste » et « surprenante », car elle minimise les efforts considérables consentis par les forces de défense et les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans leur lutte contre les groupes armés. Il a également rappelé le rôle clé joué par le Niger bien avant l’extension de l’insécurité dans le reste du Sahel, notamment dans la lutte contre Boko Haram.

    Un même ennemi, une réponse collective

    Dans un message clair, le ministre a réaffirmé que les quatre pays — Nigeria, Burkina Faso, Mali et Niger — partagent un ennemi commun et doivent donc privilégier une réponse collective. « Face à la menace terroriste, nous sommes tous dans le même bateau », a-t-il déclaré, appelant à une coopération renforcée et à un dialogue constructif entre Abuja et les capitales de l’AES.

    Le chargé d’affaires nigérian au Burkina Faso a pris acte de cette réaction et s’est engagé à transmettre le message aux autorités de son pays. Cette passe d’armes survient alors que les pays de la région, malgré des approches politiques et militaires distinctes, restent confrontés à des menaces transfrontalières qui dépassent les frontières nationales.

  • Adré : une centrale solaire qui illumine l’avenir énergétique du Tchad

    Adré : une centrale solaire qui illumine l’avenir énergétique du Tchad

    Tchad : Adré inaugure une centrale solaire pionnière pour l’énergie verte

    C’est un projet ambitieux qui prend vie au cœur du Tchad : la centrale solaire d’Adré, inaugurée récemment, symbolise une avancée majeure dans la quête d’une énergie durable. Cette infrastructure, située dans le département d’Assoungha, province du Ouaddaï, marque un tournant dans la stratégie nationale d’électrification et de transition énergétique.

    centrale solaire Adré Tchad

    Un projet structurant pour la région d’Assoungha

    La cérémonie d’inauguration, présidée par le préfet du département d’Assoungha, a rassemblé les plus hautes autorités locales et nationales. Parmi les invités figuraient le président du conseil d’administration de l’Agence pour le Développement de l’Électrification Rurale et la Maîtrise de l’Énergie (ADERM), son directeur général, ainsi que des partenaires techniques et financiers. La population d’Adré, quant à elle, a répondu massivement à l’appel, témoignant de l’importance accordée à ce projet.

    Des objectifs clairs pour une énergie accessible à tous

    Cette centrale solaire hybride, fruit d’une vision politique forte, vise plusieurs objectifs prioritaires :

    • Renforcer l’approvisionnement électrique dans le département d’Assoungha et ses environs
    • Améliorer les conditions de vie des populations locales grâce à un accès stable à l’énergie
    • Soutenir le développement économique en fournissant une électricité fiable aux entreprises et activités locales
    • Lutter contre l’exclusion énergétique en garantissant que chaque citoyen puisse bénéficier de cette ressource essentielle

    Le maire d’Adré, M. Ahmat Abderrahim, a salué ce projet comme un levier de transformation pour la ville, soulignant son rôle dans l’accélération du développement local.

    Une réalisation concrète de la politique énergétique nationale

    Selon les déclarations du directeur général de l’ADERM, M. Younous Daoussa Mahamat, cette centrale n’est pas qu’une infrastructure de plus : elle incarne la matérialisation d’une promesse présidentielle. Le Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno, a personnellement veillé à sa réalisation, insistant sur l’importance de l’équité territoriale dans l’accès à l’énergie.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • 4 800 modules photovoltaïques de 585 watts chacun
    • Une puissance installée de 2,808 mégawatts-crête
    • Un système de stockage par batteries d’une capacité de 7,52 mégawattheures
    • Deux groupes électrogènes de 500 KVA chacun pour assurer la continuité du service
    • 15 kilomètres de réseau électrique (5 km en moyenne tension et 10 km en basse tension)

    Cette centrale hybride combine ainsi production solaire et solutions de secours, garantissant une alimentation électrique stable et durable.

    Un élan collectif pour un Tchad plus lumineux

    Le préfet du département d’Assoungha, M. Dillo Bergou, a exprimé la gratitude des habitants envers le Chef de l’État pour son engagement en faveur du développement de la région. Il a également salué le travail des équipes techniques et des partenaires ayant contribué à la réalisation de ce projet.

    La cérémonie s’est conclue par une visite des installations, permettant aux participants de constater de visu les bénéfices concrets de cette centrale. Une coupure symbolique du ruban a officialisé l’inauguration, marquant le début d’une nouvelle ère pour Adré et sa région.

    Vers une transition énergétique durable

    Cette inauguration s’inscrit dans une dynamique plus large visant à faire des énergies renouvelables un pilier du développement tchadien. En misant sur des solutions propres et durables, le pays franchit une étape décisive vers une autonomie énergétique accrue et une réduction de sa dépendance aux énergies fossiles.

    Avec cette centrale solaire, le Tchad envoie un message clair : l’avenir énergétique du pays passe par l’innovation, l’équité et la durabilité. Une avancée qui promet de transformer durablement le quotidien des Tchadiens et de stimuler la croissance économique locale.

  • Le Bénin présente sa stratégie climatique 2026-2035 pour une économie résiliente

    Le Bénin présente sa stratégie climatique 2026-2035 pour une économie résiliente

    Le Bénin officialise sa feuille de route climatique 2026-2035 : un plan ambitieux pour renforcer la résilience économique

    Cotonou a été le cadre d’une présentation majeure ce 4 août 2026 : la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) du Bénin. Ce document stratégique, qui s’étend sur la période 2026-2035, fixe un objectif clair : mobiliser 14,5 milliards de dollars pour accélérer l’adaptation au changement climatique et structurer les investissements dans les territoires.

    Cotonou, la Capitale du Bénin

    Cette initiative, dévoilée lors d’une conférence au Novotel Cotonou Orisha, a rassemblé des acteurs clés : représentants gouvernementaux, experts des Nations unies, partenaires internationaux et acteurs locaux engagés dans la transition écologique. Parmi eux, Georges Alé, ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, et Aminatou Sar, coordonnatrice résidente du système des Nations unies au Bénin, ont joué un rôle central dans les échanges.

    Une stratégie à 14,5 milliards de dollars pour sécuriser l’avenir du Bénin

    Le montant de 14,5 milliards de dollars annoncé pour financer la CDN 3.0 représente un engagement sans précédent pour le pays. Bien que les détails de la répartition entre fonds publics, privés et internationaux restent à préciser, cette enveloppe vise à couvrir des secteurs critiques :

    • Agriculture : adaptation des pratiques pour limiter les impacts des sécheresses et des inondations
    • Énergie : promotion des énergies renouvelables et réduction de la dépendance aux combustibles fossiles
    • Ressources en eau : gestion durable des réserves hydriques face aux variations climatiques
    • Foresterie : protection des écosystèmes forestiers et lutte contre la déforestation
    • Santé : renforcement des systèmes sanitaires pour faire face aux épidémies liées aux changements climatiques
    • Infrastructures : construction de routes et bâtiments résistants aux aléas climatiques
    • Tourisme : préservation des sites naturels et culturels menacés par l’érosion côtière
    • Littoral : protection des zones côtières contre la montée des eaux et l’érosion

    Ces investissements ont pour but de réduire la vulnérabilité des populations, protéger les infrastructures et sécuriser les activités économiques exposées aux risques climatiques. Sécheresses prolongées, inondations dévastatrices et dégradation des sols menacent en effet la stabilité économique du Bénin, un pays où l’agriculture représente une part majeure du PIB.

    Une feuille de route inclusive : l’appel aux partenaires internationaux

    La réussite de cette stratégie dépendra en grande partie du soutien des partenaires étrangers. Félix Kress, attaché de coopération à l’ambassade d’Allemagne au Bénin, a réaffirmé l’engagement de son pays dans l’accompagnement technique et financier du projet. Les acteurs internationaux sont appelés à jouer un rôle clé dans :

    • Le financement des projets prioritaires
    • Le renforcement des capacités des institutions béninoises
    • Le suivi et l’évaluation des actions mises en œuvre

    Cette collaboration est essentielle pour transformer les ambitions de la CDN 3.0 en réalisations concrètes, notamment dans les zones les plus exposées aux risques climatiques.

    Vers une économie résiliente : intégrer le climat dans tous les projets

    Pour les autorités béninoises, la CDN 3.0 n’est pas qu’un simple document environnemental. Elle doit servir de cadre directeur pour intégrer la question climatique dans toutes les politiques publiques, les projets d’infrastructures et les stratégies de développement. L’enjeu est double :

    • Protéger les acquis économiques du pays face aux aléas climatiques
    • Créer de nouvelles opportunités de croissance durable

    D’ici 2035, le Bénin devra concrétiser ses objectifs à travers des projets financés et exécutés, avec un calendrier précis et des mécanismes de suivi rigoureux. La prochaine étape consistera à détailler les modalités de mise en œuvre, notamment la répartition des fonds et les indicateurs de performance.

    Avec cette feuille de route, le Bénin se positionne comme un acteur engagé dans la lutte contre le changement climatique en Afrique de l’Ouest. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres pays de la région face à un défi qui ne connaît pas de frontières.

  • Migrants expulsés des États-Unis : les migrants saisissent la justice au Cameroun

    Migrants expulsés des États-Unis : les migrants saisissent la justice au Cameroun

    JUSTICE

    migrants expulsés des États-Unis : les migrants saisissent la justice au Cameroun

    Trente-six ressortissants africains, renvoyés vers le Cameroun depuis les États-Unis, ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Yaoundé. Leur demande ? Faire annuler le mécanisme ayant permis leur transfert et obtenir une protection juridique pour éviter un retour vers leurs pays d’origine, où ils affirment courir des risques de persécution.

    Trente-six migrants africains, expulsés des États-Unis et arrivés au Cameroun, ont saisi la justice camerounaise pour contester l’accord migratoire en vigueur entre Yaoundé et Washington. Leur avocat, Me Joseph Fru Awah, a confirmé cette initiative devant le tribunal administratif de Yaoundé. Le recours vise deux objectifs principaux : suspendre l’application de cet accord, qui organise le transfert de migrants en situation irrégulière depuis les États-Unis vers le Cameroun, et obtenir un statut juridique leur permettant de rester légalement dans le pays.

    Leur défense souligne que plusieurs de ces personnes pourraient être exposées à des persécutions ou à des actes de torture en cas de retour vers leur pays d’origine. « Yaoundé ne peut servir de plateforme pour renvoyer des individus vers des situations de danger », a affirmé Me Joseph Fru Awah. Les migrants concernés viennent de différents pays : République démocratique du Congo, Ghana, Angola, Éthiopie, Sierra Leone, Kenya, Sénégal, Zimbabwe et Maroc.

    Un vide administratif à combler

    D’après leur conseil juridique, ces migrants bénéficiaient auparavant de protections judiciaires américaines les empêchant d’être renvoyés dans leur pays. Pourtant, ils ont été transférés au Cameroun entre janvier et mai 2026. Depuis leur arrivée à Yaoundé, ils sont hébergés dans un centre soutenu par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Leur situation administrative reste floue : aucun document d’identité ni statut clair ne leur a été attribué, et leurs déplacements restent strictement encadrés. Le Cameroun fait partie des États africains ayant accepté d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis vers un pays tiers, aux côtés de la République centrafricaine, de la Guinée équatoriale, du Rwanda ou encore de l’Eswatini.

    Le gouvernement américain justifie ces transferts par le fait que, lorsque des décisions de justice bloquent un renvoi direct vers le pays d’origine, un transfert vers un État tiers reste possible sur le plan juridique. La décision du tribunal administratif de Yaoundé pourrait donc redéfinir les conditions d’application de ce mécanisme sur le sol camerounais.

  • Tensions accrues entre le Nigeria et l’alliance des États du Sahel sur la sécurité régionale

    Tensions accrues entre le Nigeria et l’alliance des États du Sahel sur la sécurité régionale

    Tensions accrues entre le Nigeria et l’alliance des États du Sahel sur la sécurité régionale

    RFI
    Tensions accrues entre le Nigeria et l'alliance des États du Sahel sur la sécurité régionale

    Les relations entre le Nigeria et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) connaissent un nouveau refroidissement. Les propos tenus par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels ont provoqué la colère des autorités de Bamako, Niamey et Ouagadougou.

    Le 30 juillet, Bola Ahmed Tinubu a en effet pointé du doigt la responsabilité partielle des pays voisins dans l’insécurité croissante au Nigeria, notamment les enlèvements et les attaques terroristes dans le nord du pays. Une déclaration qui a rapidement suscité une réponse ferme de la part du Burkina Faso. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a publié un communiqué le 7 août pour rappeler que le terrorisme constitue une menace partagée. Dans ce document, l’AES souligne que « le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria affrontent un ennemi commun », tout en exprimant son mécontentement face aux déclarations nigérianes.

    Des accusations jugées « inexactes » par l’AES

    Réunis à Ouagadougou, les représentants des trois pays membres de l’AES ont convoqué le chargé d’affaires nigérian pour lui transmettre leur désapprobation. Selon eux, les propos de Bola Ahmed Tinubu minimisent les efforts déployés par leurs armées dans la lutte antiterroriste. Le chef de la diplomatie burkinabè a d’ailleurs affirmé que « nous ne sommes pas responsables de ce qui nous arrive. Les véritables ennemis sont ailleurs ».

    La dégradation de la situation sécuritaire dans le nord-ouest du Nigeria, à proximité de la frontière nigérienne, a encore aggravé les tensions entre Abuja et ses voisins. Ces relations s’étaient déjà tendues en 2023, après le renversement du président nigérien Mohamed Bazoum.

  • Patrice talon devient président du sénat au Bénin

    Patrice talon devient président du sénat au Bénin

    Patrice Talon, ancien chef de l’État du Bénin, a été élu à la tête du nouveau Sénat ce jeudi 6 août lors de la première session de la Chambre haute du Parlement béninois. Les sénateurs, réunis au Palais des gouverneurs à Porto-Novo, ont validé sa désignation pour un mandat de cinq ans, s’étalant jusqu’en 2031.

    Âgé de 68 ans, l’ancien président, qui a dirigé le pays de 2016 à 2026, a remporté 24 voix en sa faveur, sans aucune opposition ni rejet. Ce scrutin marque une étape clé dans la transition politique du Bénin, avec la mise en place d’institutions renforcées pour garantir l’équilibre démocratique.

    Une équipe dirigeante complète pour le Sénat béninois

    Outre Patrice Talon à la présidence, une équipe dirigeante a été formée pour piloter cette nouvelle institution. Louis Vlavonou, ancien président de l’Assemblée nationale, occupera le poste de vice-président. Alassane Seidou, ex-ministre de l’Intérieur, sera rapporteur, tandis que Adidjatou Mathys assurera la fonction de rapporteur suppléant. Ces nominations reflètent la diversité des profils politiques engagés dans cette réforme institutionnelle.

    Une réforme majeure pour le Parlement béninois

    L’instauration du Sénat s’inscrit dans le cadre d’une révision constitutionnelle promulguée le 17 décembre 2025. Cette modification a transformé le Parlement, jusqu’alors monocaméral, en un système bicaméral composé de l’Assemblée nationale et du Sénat. Cette évolution vise à renforcer la stabilité politique et la gouvernance du pays.

    Les 30 premiers sénateurs du Bénin ont été installés le 30 juillet à Porto-Novo, une étape symbolique qui a permis l’adoption du règlement intérieur de cette nouvelle Chambre. Le Sénat a pour mission principale de veiller sur la sauvegarde de l’unité nationale, le renforcement de l’État, la démocratie, la paix et le respect des engagements politiques.

  • Maroc et États-Unis : un partenariat stratégique qui secoue Ceuta et le Sahara occidental

    Maroc et États-Unis : un partenariat stratégique qui secoue Ceuta et le Sahara occidental

    Port de Ceuta avec vue sur la mer Méditerranée

    Les relations entre le Maroc et les États-Unis entrent dans une phase décisive, marquée par un soutien américain croissant aux positions de Rabat sur deux dossiers majeurs : le Sahara occidental et les enclaves de Ceuta et Melilla. Ce rapprochement, qui s’intensifie depuis juillet, pourrait redessiner les équilibres géopolitiques en Méditerranée occidentale et placer l’Espagne dans une position délicate.

    Washington et Rabat renforcent leur alliance à un rythme accéléré. Après avoir validé en 2020 le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, les États-Unis semblent désormais adopter une posture plus nuancée concernant les revendications marocaines sur Ceuta et Melilla. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où les deux pays cherchent à consolider un partenariat devenu incontournable pour la stabilité régionale.

    L’actualité récente, notamment la crise migratoire à Ceuta qui a vu près de 50 000 migrants tenter de rejoindre l’enclave espagnole en moins de 24 heures, a mis en lumière les tensions persistantes entre Rabat et Madrid. Cette affluence massive de migrants a non seulement mis à rude épreuve les capacités des forces de sécurité espagnoles, mais a également servi de levier politique pour le Maroc.

    Le Sahara occidental, pierre angulaire de la diplomatie marocaine

    En décembre 2020, l’administration américaine de l’époque avait reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, une décision historique prise en échange de la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Cette reconnaissance avait marqué un tournant dans le conflit opposant le Maroc au Front Polisario depuis des décennies.

    Six ans plus tard, le Maroc continue de miser sur ce soutien américain pour consolider sa position. La décision récente de baptiser une importante voie rapide reliant Tiznit à Dakhla du nom de « Donald J. Trump Highway » en est une illustration concrète. Selon les observateurs, cette initiative s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à séduire l’administration en place et à garantir le maintien du soutien américain au plan d’autonomie.

    « Rabat cherche avant tout à s’assurer que Washington maintienne son appui jusqu’à ce qu’une solution négociée, favorable à ses intérêts, soit trouvée », explique un analyste spécialisé dans les questions maghrébines. Pour le royaume, la priorité reste de verrouiller le soutien américain dans un contexte où les négociations internationales sur le Sahara occidental pourraient connaître des développements majeurs.

    Des intérêts économiques au cœur de l’entente maroco-américaine

    La coopération entre les deux pays ne se limite pas aux questions politiques. Fin juillet, l’ambassadeur américain au Maroc s’est rendu à Laâyoune, au cœur du Sahara occidental, pour officialiser un accord prévoyant une subvention américaine destinée à la création d’une unité de production d’hydrogène et d’ammoniac. Ce projet s’inscrit dans une logique économique où Washington et Rabat voient un intérêt mutuel.

    Pour les États-Unis, cette coopération représente une opportunité d’investissement pour leurs entreprises, tandis que pour le Maroc, elle constitue un moyen de renforcer son attractivité économique et de diversifier ses partenariats. Cette alliance repose ainsi sur un pilier triple : un soutien politique inconditionnel, des opportunités économiques concrètes et une coopération sécuritaire renforcée.

    Le Congrès américain cible le Front Polisario

    Un autre élément suscite l’inquiétude des soutiens du Front Polisario. Deux parlementaires américains ont récemment déposé une proposition visant à étudier la possibilité de classer le mouvement indépendantiste sahraoui parmi les organisations terroristes étrangères. Cette initiative s’accompagne d’une demande d’examen des liens supposés entre le Polisario et l’Iran, dans un contexte où Washington durcit sa position vis-à-vis de Téhéran.

    Un analyste de l’International Crisis Group tempère cependant ces allégations : « Aucune preuve tangible ne permet d’établir un lien entre le Front Polisario et l’Iran ou le Hezbollah ». Selon lui, cette stratégie s’inscrit dans une volonté de Rabat de lier le conflit du Sahara occidental aux priorités géopolitiques américaines actuelles, notamment en présentant la question sous un angle compatible avec les priorités de Washington.

    « Le Maroc cherche systématiquement à associer les conflits impliquant Israël à sa propre confrontation avec le Polisario », souligne l’expert. Cette approche vise à capitaliser sur le climat anti-iranien qui prévaut actuellement aux États-Unis pour renforcer sa position.

    Ceuta et Melilla, nouveau terrain de friction

    Le changement le plus significatif concerne les positions américaines sur Ceuta et Melilla. Longtemps considérées par Washington comme des territoires espagnols, ces enclaves font désormais l’objet de déclarations américaines qui, selon les observateurs, pourraient refléter une évolution de la position des États-Unis.

    « Les États-Unis ont récemment laissé entendre qu’ils ne considèrent plus Ceuta et Melilla comme des territoires espagnols de manière aussi catégorique », affirme un spécialiste des relations internationales. Cette nuance, bien que subtile, pourrait traduire un soutien implicite aux revendications marocaines sur ces territoires, que Rabat considère depuis toujours comme occupés.

    Madrid, de son côté, maintient une position ferme en faveur de la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla. Une implication plus directe de Washington dans ce dossier pourrait donc créer une nouvelle source de tension entre les deux alliés atlantiques.

    La crise migratoire de Ceuta, un message politique

    Cette évolution intervient après une crise migratoire sans précédent à Ceuta. En moins de 24 heures, des milliers de migrants ont tenté de rejoindre l’enclave espagnole, submergeant les forces de sécurité locales et provoquant une réaction rapide de l’Union européenne. La question reste en suspens : s’agissait-il d’un mouvement spontané ou d’une opération facilitée par les autorités marocaines ?

    L’analyste cité précédemment rejette l’idée d’une crise entièrement orchestrée par Rabat. Il estime plutôt que ce phénomène aurait été largement spontané avant d’être exploité politiquement par le Maroc pour rappeler à l’Espagne que la question de Ceuta reste ouverte.

    Pour le Maroc, cette crise aura permis de démontrer que la souveraineté sur Ceuta et Melilla est un dossier toujours d’actualité, malgré les dénégations espagnoles.

    Madrid dans l’expectative face à un nouveau paysage stratégique

    Face à cette situation, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a récemment effectué une visite officielle en Algérie, principal soutien du Front Polisario, pour renforcer les relations bilatérales, notamment dans le domaine énergétique. Cette initiative pourrait être perçue avec méfiance à Rabat, bien qu’un analyste souligne qu’elle ne remet pas fondamentalement en cause le rapprochement hispano-marocain sur le Sahara occidental.

    « Madrid continue de soutenir le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental », précise-t-il. La visite de Sánchez en Algérie ne doit donc pas être interprétée comme un revirement de la position espagnole, mais plutôt comme une tentative de diversifier ses alliances dans une région en pleine recomposition.

    En revanche, la crise de Ceuta répond à une logique bien différente : celle du contentieux territorial entre l’Espagne et le Maroc, un sujet qui dépasse désormais le simple cadre bilatéral.

    Une remise en cause des garanties américaines pour l’Espagne ?

    Pour l’Espagne, les enjeux dépassent désormais la question des relations avec le Maroc. Si les États-Unis devaient effectivement modifier leur position sur Ceuta et Melilla, c’est l’ensemble de l’architecture stratégique de la péninsule ibérique qui pourrait être ébranlée.

    Madrid a toujours compté sur ses alliances occidentales, notamment avec les États-Unis et l’OTAN, pour garantir sa sécurité et sa stabilité. Un changement d’attitude américain sur les enclaves espagnoles pourrait donc ouvrir une période d’incertitude, voire de remises en question.

    Selon l’analyste, la question de la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla pourrait, à terme, être réexaminée. Bien qu’une crise immédiate ne soit pas à prévoir, l’évolution actuelle pourrait, dans les années à venir, créer les conditions d’une renégociation politique de la question des deux territoires.

    Un triangle diplomatique sous haute tension

    Derrière les déclarations et les initiatives se profile ainsi un nouveau rapport de forces en Afrique du Nord. Le Maroc cherche à transformer son partenariat avec Washington en un soutien durable à ses revendications, que ce soit sur le Sahara occidental ou sur Ceuta et Melilla. Les États-Unis, de leur côté, semblent privilégier une approche pragmatique, fondée sur des intérêts stratégiques et économiques.

    L’Espagne, quant à elle, doit désormais composer avec une relation transatlantique potentiellement moins prévisible. Pour Rabat, cette période représente une fenêtre d’opportunité unique, tandis que pour Madrid, elle constitue un défi stratégique sans précédent.

    Le Sahara occidental et Ceuta, deux dossiers distincts jusqu’à présent, pourraient ainsi se retrouver au cœur d’une même bataille d’influence : celle de l’hégémonie américaine au Maghreb et de la recomposition des alliances en Méditerranée occidentale.

  • Trois influenceurs sénégalais condamnés pour offense au président

    Trois influenceurs sénégalais condamnés pour offense au président

    trois influenceurs sénégalais condamnés à des peines de prison ferme pour offense au chef de l’État

    Trois personnalités numériques sénégalaises, proches de l’ex-parti présidentiel Pastef, ont été condamnées à des peines de prison ferme par la justice. Cette décision fait suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale sur TikTok, dans un contexte politique particulièrement tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié, Ousmane Sonko.

    Trois influenceurs sénégalais condamnés à des peines de prison pour offense au chef de l'État

    Les noms de Mandoumbe Diop (alias Lamignou Darou), Magueye Diaw (surnommé Oustaz Thiep) et Moustapha Ndiaye (connu sous le pseudonyme Ndiaye Touba) figurent parmi ceux condamnés par le tribunal. Le premier a écopé de trois mois de prison ferme, tandis que les deux autres ont été condamnés à deux mois fermes chacun. Une amende de 500 000 francs CFA a également été prononcée à leur encontre.

    Une vidéo à l’origine de la condamnation

    L’affaire remonte à une vidéo filmée lors d’un rassemblement religieux, dans laquelle les trois influenceurs s’expriment avec virulence. Leurs propos, jugés particulièrement offensants, évoquent des prières pour que « le plus grand traître du Sénégal » subisse une paralysie, un accident vasculaire cérébral ou même la mort. Bien que le président Bassirou Diomaye Faye ne soit pas cité explicitement, la justice a estimé que ces déclarations le visaient directement.

    Une crise politique en arrière-plan

    Cette condamnation survient alors que les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, son ancien mentor, se sont fortement dégradées. Le chef de l’État a récemment officialisé la rupture politique en annonçant la création de son propre parti, marquant une séparation définitive avec le mouvement Pastef. Les avocats des influenceurs, menés par Me Abdy Nar Ndiaye, contestent vivement le jugement. Ils qualifient la vidéo de « comédie satirique » et soulignent l’absence de référence directe au président. Pour eux, cette décision constitue un « précédent dangereux » pour la liberté d’expression au Sénégal, et une procédure d’appel a d’ores et déjà été engagée.