Catégorie : A la Une

  • Kinshasa : le Congo préside le débat du Conseil de sécurité sur les violences sexuelles

    Kinshasa : le Congo préside le débat du Conseil de sécurité sur les violences sexuelles

    La République démocratique du Congo a présidé mercredi 8 juillet 2026 le débat public de haut niveau du Conseil de sécurité consacré aux violences sexuelles liées aux conflits.

    Placé sous le thème « Honorer la promesse du droit international envers les survivants de violences sexuelles liées aux conflits », ce débat a réuni les États membres autour de la mise en œuvre de l’agenda Femmes, paix et sécurité.

    Kinshasa veut des actions concrètes

  • Au Sénégal, la majorité vole en éclat

    Au Sénégal, la majorité vole en éclat

    Les opposants politiques sénégalais Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko à Dakar, le 15 mars 2024. Les opposants politiques sénégalais Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko à Dakar, le 15 mars 2024.  Les dossiers de Radio Vatican

    Au Sénégal, la majorité vole en éclat

    Le paysage politique sénégalais entre dans une nouvelle phase de recomposition. Le Parlement a adopté un projet de révision constitutionnelle qui pourrait empêcher le président de diriger un parti. Contrarié, Bassirou Diomaye Faye a saisi le Conseil constitutionnel pour «violation de la procédure de révision constitutionnelle» et entend recourir au référendum pour trancher la question. Décryptage avec Ben Yahya SY, analyste politique et spécialiste du Sénégal.
    09 juillet 2026
  • La stratégie discrète du Togo face à la menace jihadiste : tranchées, bases et expertise turque

    La stratégie discrète du Togo face à la menace jihadiste : tranchées, bases et expertise turque

    Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.

    Face à la menace grandissante des groupes armés, le Togo déploie une stratégie de défense innovante et discrète. Loin des projecteurs, le pays met en place des mesures robustes pour sécuriser ses frontières et protéger ses populations. Cette approche, qui combine infrastructures défensives et collaboration internationale, est cruciale pour la sécurité du Togo.

    Des infrastructures défensives et des bases stratégiques

    Au cœur de cette stratégie se trouve la construction de tranchées, un élément défensif éprouvé, visant à entraver la progression des éléments hostiles et à mieux contrôler les mouvements transfrontaliers. Ces ouvrages sont complétés par l’établissement de nouvelles bases militaires. L’une d’elles, visible depuis les airs, est la base de Dihiaga, située dans la région des Savanes. Les images aériennes de début 2024 révèlent une structure moderne, conçue pour renforcer la présence militaire togolaise dans cette zone frontalière particulièrement exposée aux incursions jihadistes.

    La région des Savanes représente un enjeu majeur pour la lutte antiterroriste au Togo. Sa position géographique, à la croisée de plusieurs pays du Sahel déjà touchés par l’insécurité, en fait un point névralgique. Le renforcement des capacités militaires dans cette zone est donc une priorité absolue pour les autorités togolaises, désireuses de préserver la stabilité nationale face à la dynamique régionale.

    Coopération militaire : l’apport des « formateurs » turcs

    Un aspect essentiel de cette stratégie réside dans la coopération avec des partenaires étrangers. Des « formateurs » turcs sont impliqués dans l’entraînement des forces armées togolaises. Cette collaboration avec la Turquie apporte une expertise précieuse en matière de tactiques de contre-terrorisme et de modernisation des équipements. L’implication de ces experts vise à élever le niveau de préparation des soldats togolais, leur permettant de faire face plus efficacement aux menaces asymétriques des groupes armés. Cette assistance discrète souligne l’engagement du Togo à diversifier ses partenariats pour garantir une défense nationale solide.

    En somme, la stratégie du Togo contre les jihadistes est une combinaison réfléchie de mesures physiques, de présence militaire accrue et de formation spécialisée. Le pays s’adapte aux défis sécuritaires régionaux en adoptant une posture proactive, consolidant ainsi sa défense et affirmant sa détermination à maintenir la paix et la stabilité sur son territoire.

  • Afrique/France  • L’intrigante note de la DGPN visant un repenti de la milice russe Wagner accueilli en France

    Afrique/France • L’intrigante note de la DGPN visant un repenti de la milice russe Wagner accueilli en France

    Russie, Union européenne Derrière la traque de Bruxelles visant la flotte fantôme russe, des États à la manœuvre L’Union européenne multiplie les pressions sur les États accusés de faciliter le commerce de pétrole russe. Premier à plier, le Cameroun a pris des mesures pour mettre fin à l’emploi frauduleux de son pavillon. Si l’UE porte le coût politique de cette démarche, en coulisses, une poignée d’États s’activent pour faire remonter à Bruxelles leurs trouvailles nationales.
  • Sud-Kivu : l’engagement militaire burundais sous le feu des questions après des pertes présumées en RDC

    Sud-Kivu : l’engagement militaire burundais sous le feu des questions après des pertes présumées en RDC

    Sud-Kivu : l’engagement militaire burundais sous le feu des questions après des pertes présumées en RDC

    Fizi — Alors que les affrontements reprennent en intensité dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, des informations émanant de sources locales signalent des attaques de drones contre des renforts de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) sur le territoire de Fizi. Bien que ces allégations n’aient pas reçu de confirmation officielle, elles surviennent dans un contexte où les FARDC, la FDNB et les miliciens Wazalendo auraient récemment subi des revers face aux combattants Twirwaneho, qui seraient alliés à l’AFC/M23 selon diverses sources. Ces événements ravivent les interrogations sur le coût humain de l’intervention militaire burundaise en République démocratique du Congo, où plus de 29 000 soldats ont été déployés entre août 2022 et décembre 2025.

    Des informateurs locaux dans la région de Fizi, au Sud-Kivu, rapportent que trois véhicules transportant des munitions et des militaires burundais auraient été ciblés par des drones à Mulima au cours de la semaine passée.

    Selon ces témoignages, plusieurs soldats auraient péri, dont un colonel et un major de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB). Toutefois, aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce jour, et ces données n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

    Les mêmes sources indiquent également qu’une embarcation transportant des militaires aurait été bombardée sur les eaux du lac Tanganyika, au large de la péninsule d’Ubwari. Ce navire aurait acheminé des renforts vers les zones de Baraka, Fizi et les hauts plateaux de Minembwe.

    Ces renforts étaient, d’après les récits recueillis, destinés à soutenir les positions des FARDC, de la FDNB et des miliciens Wazalendo, suite à la perte de plusieurs localités telles que Point Zéro, Kakenge, Rubemba, Mikenge et Kalongi, imputée par ces sources aux combattants Twirwaneho, alliés à l’AFC/M23.

    Recul sur le terrain

    Toujours selon des sources locales, des unités des FARDC et de la FDNB se seraient retirées des secteurs de Rugezi, Kakenge et Point Zéro pour se replier vers Mukera. D’autres éléments auraient progressé en direction de Misisi, sur la route de la province du Tanganyika, dans le sud-est de la RDC.

    Après plusieurs jours d’intenses combats, un calme relatif serait désormais observé dans la région de Minembwe. Des résidents déplacés auraient commencé à retourner dans leurs villages. Sur les plateformes numériques, des membres de la communauté Banyamulenge ont diffusé des images qu’ils présentent comme le signe d’une reprise progressive de l’activité dans certaines localités désormais sous le contrôle de Twirwaneho/AFC-M23. La vérification indépendante de ces images n’a pas été possible.

    Arrivée des premiers militaires burundais à l’aéroport de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC. Ce site stratégique a été repris par les rebelles du M23 en janvier 2025.

    Une guerre qui coûte cher à la FDNB

    Le bilan exact des militaires burundais décédés lors des combats de la semaine écoulée reste inconnu. Néanmoins, ces informations rappellent les pertes déjà subies par la FDNB depuis le début de son déploiement dans l’est de la RDC.

    Avant la chute de Goma, capitale du Nord-Kivu, plusieurs soldats burundais avaient perdu la vie, dont un major, alors le gradé burundais le plus élevé à avoir été tué sur ce théâtre d’opérations.

    En décembre 2025, lors des affrontements dans la plaine de la Rusizi, au Sud-Kivu, la FDNB avait enregistré la perte d’un colonel, le plus haut gradé burundais tombé au combat depuis le commencement de l’intervention militaire au Congo.

    Après le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira et de la plaine de la Rusizi, un recul obtenu en partie grâce aux pressions diplomatiques américaines, les autorités burundaises avaient procédé à de nouveaux redéploiements afin de renforcer les unités toujours engagées sur le front.

    Depuis février dernier, la FDNB, les FARDC et les miliciens Wazalendo avaient également bénéficié d’importants renforts humains et matériels, ce qui leur avait permis de contenir pendant plusieurs mois les offensives de Twirwaneho et de l’AFC/M23. Les événements rapportés cette semaine pourraient toutefois indiquer un changement dans le rapport de force dans cette partie du Sud-Kivu.

    Le général-major Ignace Sibomana, responsable de la Force de réserve et d’appui au développement (FRAD), et le colonel Grégoire Rivuzimana, aide de camp du chef d’état-major général de l’armée burundaise, le général Prime Niyongabo, lors d’une opération de sécurisation des déplacements d’officiels congolais dans le Sud-Kivu, en septembre 2025.

    Plus de 29 000 soldats déployés

    Selon un document interne du ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité, plus de 29 000 militaires burundais ont été déployés dans l’est de la RDC entre août 2022 et décembre 2025, conformément à un accord militaire entre Kinshasa et Gitega.

    Le président burundais Évariste Ndayishimiye a, à plusieurs reprises, défendu cette intervention. Il a notamment affirmé qu’il était « normal » que des militaires burundais perdent la vie en RDC, ayant choisi cette profession. Il a également expliqué que le Burundi appliquait un proverbe kirundi prônant l’aide au voisin pour éteindre l’incendie de sa maison avant que le feu ne se propage.

    Une guerre régionale aux multiples acteurs

    L’armée burundaise opère aux côtés des FARDC et des miliciens Wazalendo contre l’AFC/M23. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir cette coalition politico-militaire, une allégation que Kigali rejette. Un rapport d’experts des Nations unies, publié en décembre 2025, faisait néanmoins état de la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés de l’AFC/M23.

    Le Rwanda, de son côté, accuse la RDC et le Burundi de collaborer avec les FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont soupçonnés d’avoir pris part au génocide des Tutsis en 1994. Les autorités congolaises réfutent cette accusation, tandis que Gitega estime que Kigali utilise la question des FDLR pour justifier son implication dans l’est de la RDC.

    Au moment de la rédaction de cet article, ni les FARDC, ni la FDNB, ni les dirigeants de l’AFC/M23 n’avaient commenté les informations concernant des frappes de drones contre des renforts burundais dans le territoire de Fizi.

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  • À Niamey, l’AES et la Russie affichent une vision commune du Sahel

    À Niamey, l’AES et la Russie affichent une vision commune du Sahel

    La Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Russie resserrent leurs liens. Réunis à Niamey pour la deuxième session de leurs consultations ministérielles, les chefs de la diplomatie du Niger, du Burkina Faso, du Mali et de la Fédération de Russie ont réaffirmé leur volonté de renforcer un partenariat qui dépasse désormais le seul cadre militaire pour s’étendre aux domaines économique, diplomatique et du développement.

    Niamey s’est imposée, ce mercredi 8 juillet, comme le centre des échanges diplomatiques entre la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Russie. À l’occasion de la deuxième session des consultations ministérielles, les quatre chefs de la diplomatie ont dressé un bilan jugé positif de leur coopération et esquissé les contours d’un partenariat appelé à se renforcer dans les prochaines années.

    Au cœur des discussions figurait la consolidation de la coopération sécuritaire, dans un contexte où les trois États sahéliens continuent de faire face à la menace des groupes armés terroristes. Mais les échanges ont également porté sur l’intégration régionale, le développement économique, la valorisation des ressources naturelles et le renforcement de la souveraineté des États membres de l’AES.

    DR

    Une coopération qui s’élargit

    Ouvrant les travaux, le ministre nigérien des Affaires étrangères et de la Coopération, Yaou Sangaré, a présenté cette rencontre comme une nouvelle étape dans la consolidation du partenariat stratégique entre les deux parties.

    Selon lui, cette session offre l’occasion d’évaluer les décisions prises lors des premières consultations et de définir de nouvelles priorités communes.

    Le chef de la diplomatie nigérienne a souligné que plusieurs avancées avaient déjà été enregistrées, notamment dans le domaine militaire avec la signature de nouveaux accords, le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, la réalisation de projets sociaux ainsi que l’intensification des visites officielles entre les partenaires.

    Il a également insisté sur les prochaines orientations de cette coopération, qui devraient porter sur l’autonomisation progressive des armées sahéliennes, l’amélioration de la surveillance des frontières et la valorisation des ressources naturelles des pays membres de la Confédération.

    DR

    Une vision commune de la souveraineté

    Les ministres du Burkina Faso et du Mali ont, à leur tour, mis en avant la convergence des positions diplomatiques entre l’AES et Moscou.

    Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a estimé que les instruments de coopération examinés à Niamey permettront de structurer davantage l’action diplomatique commune dans plusieurs secteurs jugés stratégiques.

    Son homologue malien, Abdoulaye Diop, a salué l’attitude de la Russie, qu’il considère comme un partenaire ayant maintenu une approche « pragmatique » des réalités sahéliennes malgré les critiques formulées sur la scène internationale.

    Selon lui, les échanges entre les deux parties ne se limitent plus au domaine sécuritaire mais couvrent désormais les secteurs économique, commercial et diplomatique.

    DR

    Moscou réaffirme son engagement

    Présent à Niamey, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé la volonté de Moscou d’accompagner les pays de l’AES dans leurs efforts de consolidation de la sécurité et de l’intégration régionale.

    Le chef de la diplomatie russe a également plaidé pour un renforcement des relations bilatérales et multilatérales, tout en défendant l’émergence d’un ordre international multipolaire fondé, selon lui, sur le respect de la souveraineté des États. Pour Moscou, cette coopération doit contribuer à donner une nouvelle impulsion aux relations entre la Russie et les trois pays sahéliens.

    DR

    Une alliance qui se structure

    Depuis la création de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel, les consultations régulières avec la Russie sont devenues l’un des principaux cadres de dialogue entre les deux partenaires.

    Au fil des rencontres, cette coopération prend une dimension de plus en plus structurée. Si la lutte contre le terrorisme demeure son pilier central, les discussions intègrent désormais des questions liées au développement, aux investissements, à l’intégration économique et à la gouvernance régionale.

    La réunion de Niamey traduit une double ambition : consolider la souveraineté et la stabilité des États sahéliens, tout en donnant une dimension concrète aux partenariats internationaux au bénéfice des populations. En élargissant la coopération au‑delà du militaire, l’AES entend faire de ces alliances un moteur de développement et un gage d’avenir pour le Sahel.

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  • Asile politique : des diplomates burkinabè à Paris tournent le dos à Ouagadougou

    Asile politique : des diplomates burkinabè à Paris tournent le dos à Ouagadougou

    Une crise diplomatique inédite secoue l’ambassade du Burkina Faso en France

    Les autorités de transition du Burkina Faso se trouvent confrontées à une situation sans précédent : plusieurs membres du personnel diplomatique de l’ambassade de Ouagadougou à Paris ont sollicité l’asile politique auprès des autorités françaises. Ce mouvement, qui reflète une crise de confiance au sein même de l’appareil d’État, intervient dans un contexte marqué par des remaniements fréquents au sein de la diplomatie burkinabè.

    Les récentes décisions du régime militaire, notamment le rappel massif de diplomates en poste à l’étranger, ont été officiellement présentées comme une simple réorganisation administrative. Pourtant, pour les agents concernés, ces décisions s’apparentent à une rupture brutale avec leur vie professionnelle et personnelle, accumulée sur plusieurs années en France.

    Des vies bouleversées par des choix politiques

    Dans un témoignage collectif largement diffusé, les diplomates expliquent avec une sincérité poignante les raisons de leur démarche :

    « Nous avons construit notre existence ici, en France. Nos enfants sont scolarisés, nos familles sont installées. Rentrer au Burkina Faso aujourd’hui, ce serait comme sauter dans l’inconnu. C’est pourquoi nous avons choisi de demander l’asile. »

    Leur inquiétude ne se limite pas à des considérations matérielles. Elle s’étend à leur sécurité personnelle et professionnelle dans un pays où la crise sécuritaire s’aggrave. Les diplomates évoquent, sans détour, les risques liés aux réquisitions arbitraires et aux déplacements forcés dans des zones d’opérations militaires, des pratiques qui alimentent un climat de méfiance au sein de la société burkinabè.

    Un contexte sécuritaire et politique sous haute tension

    Les observateurs soulignent que cette demande d’asile survient à un moment où le Burkina Faso est en proie à une insécurité croissante. Les groupes armés non étatiques intensifient leurs actions, tandis que les autorités militaires multiplient les mesures exceptionnelles pour y faire face. Parmi ces mesures, les réquisitions de civils, souvent critiquées pour leur manque de transparence, suscitent des craintes chez les fonctionnaires rappelés au pays.

    Certains diplomates, ayant critiqué publiquement les nouvelles directives ou ayant été désignés pour des missions controversées, affirment avoir été envoyés dans des zones à haut risque sans préparation adéquate. Bien que ces allégations soient contestées par le gouvernement, elles contribuent à renforcer le sentiment d’insécurité parmi les agents de l’État, y compris ceux stationed à l’étranger.

    Une gouvernance centralisée et ses conséquences humaines

    Cette crise met en lumière les méthodes de gouvernance du capitaine Ibrahim Traoré, souvent décrites comme hypercentralisées. Les critiques dénoncent des décisions administratives brutales, prises sans égard pour les conséquences humaines qu’elles engendrent. Le rappel précipité de diplomates installés depuis des années en France illustre, selon eux, une approche où l’efficacité bureaucratique prime sur le bien-être des individus et de leurs familles.

    Pour les détracteurs du régime, ces choix politiques illustrent un mépris inquiétant pour les parcours personnels et professionnels des agents de l’État. Une absence de période de transition ou d’accompagnement social aggrave encore la situation, poussant certains à envisager l’exil comme une solution moins périlleuse que le retour au Burkina Faso.

    Un symbole politique lourd de conséquences

    La demande d’asile de diplomates burkinabè en poste à Paris dépasse le simple cadre administratif. Elle envoie un message fort : celui d’une défiance croissante envers les institutions nationales. Lorsqu’un représentant officiel de l’État choisit de se mettre sous la protection d’un autre pays plutôt que de regagner son territoire, cela interroge inévitablement sur la légitimité et la stabilité du régime en place.

    Pour le gouvernement de transition, cette affaire représente un défi majeur en termes d’image internationale. Malgré ses déclarations visant à restaurer la souveraineté nationale et la confiance des citoyens, la situation actuelle nourrit les doutes quant à la réalité des garanties offertes aux agents de l’État, y compris à ceux qui œuvrent à l’étranger.

    L’humain au cœur de la crise

    Au-delà des enjeux politiques et diplomatiques, cette affaire rappelle une réalité souvent occultée : celle des femmes et des hommes dont les vies sont directement impactées par les décisions administratives. Derrière chaque diplomate se cache une famille, des projets de vie, des espoirs parfois brisés par des choix politiques mal anticipés.

    Le témoignage de ces agents illustre une vérité simple : les décisions prises au sommet de l’État ont des répercussions concrètes sur des existences. Pour certains, l’exil devient une option légitime face à l’incertitude d’un retour au Burkina Faso, où les risques sécuritaires et politiques s’accumulent.

    Cette séquence inédite rappelle, si besoin était, que la diplomatie ne se résume pas à des rapports entre États. Elle est avant tout l’affaire d’hommes et de femmes, dont les destins se jouent parfois dans l’ombre des communiqués officiels.

  • L’ONU exige la libération immédiate de Moussa Tiangari, défenseur des droits humains au Niger

    L’ONU exige la libération immédiate de Moussa Tiangari, défenseur des droits humains au Niger

    La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), agissant via l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, saluent la décision du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Ce dernier a qualifié la détention du défenseur nigérien Moussa Tiangari d’arbitraire, exhortant les autorités du Niger à se conformer sans délai à cet avis en procédant à sa libération immédiate et inconditionnelle.

    L’Observatoire prend acte avec satisfaction de l’avis n°4/2026, adopté le 23 mars 2026 et rendu public le 23 juin 2026 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (GTDA), qui a formellement qualifié d’« arbitraire » la privation de liberté de Moussa Tiangari. Cette décision fait suite à une plainte soumise par l’International League Against Arbitrary Detention (ILAAD) et à un plaidoyer continu de la société civile, y compris de l’Observatoire, qui a maintes fois appelé à sa libération immédiate.

    Le 3 décembre 2024, Moussa Tiangari, secrétaire général d’Alternative espaces citoyens (AEC), une organisation nigérienne œuvrant pour les droits humains, les droits des personnes migrantes et la promotion des valeurs démocratiques, a été enlevé à son domicile à Niamey. Il a ensuite été détenu au secret pendant environ 48 heures, soulevant de sérieuses craintes de torture et de mauvais traitements. Le 5 décembre 2024, Moussa Tiangari a été localisé au Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée (SCLCT/CTO) de Niamey, où il a été placé en garde à vue. Le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance hors classe de Niamey l’a formellement inculpé le 3 janvier 2025.

    Son arrestation est survenue le jour même de son retour d’Abuja, au Nigeria, où il avait participé au Conseil d’administration du Centre pour la démocratie et le développement (CDD), une organisation nigériane partenaire d’AEC. Quelques jours auparavant, il s’était rendu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour la septième édition de la conférence internationale « Humanitarium Itinérant », organisée le 28 novembre 2024 par le CICR. Cet événement commémorait les 75 ans des Conventions de Genève, visant à souligner les défis de l’action humanitaire et l’importance du respect du droit international humanitaire. Un journaliste, considéré comme proche des autorités nigériennes, l’avait accusé, dans un article du 4 décembre 2024, d’avoir tenu des discours préjudiciables aux intérêts du Niger lors de cette occasion. Par ailleurs, AEC avait également organisé le 28 novembre 2024 une conférence critique sur la déchéance de nationalité décidée par le régime militaire au pouvoir au Niger, à laquelle avaient participé des personnalités comme le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey et d’anciens dignitaires, dont un ancien Ministre de la Justice.

    Dans son avis, le Groupe de travail a jugé la détention de Moussa Tiangari arbitraire, car elle est dépourvue de fondement juridique, entachée de graves violations de son droit à un procès équitable, et imposée pour des motifs discriminatoires. Ces motifs sont liés à l’exercice de son droit à la liberté d’opinion et d’expression sur des questions d’intérêt public, de son droit de prendre part à la conduite des affaires publiques et de son droit de réunion pacifique et d’association. Le GTDA a ainsi conclu à la violation par les autorités nigériennes des articles 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 19, 20 et 21 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi que des articles 2, 9, 14, 16, 19, 21, 22, 25 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    L’Observatoire dénonce la poursuite de la détention arbitraire de Moussa Tiangari à la prison de sécurité de Filingué, malgré les conclusions sans équivoque du GTDA. Inculpé pour « apologie du terrorisme » (Article 399.1.17 (bis) du Code pénal nigérien), « atteinte à la sûreté de l’État » (articles 62 et suivants du même Code), « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » (Article 399.1.19 (nouveau) du même Code), « atteinte à la défense nationale » (articles 66 et suivants du même Code) et « complot contre l’autorité de l’État en intelligence avec des puissances ennemies » (articles 62 et suivants du même Code), il encourt la peine de mort s’il est condamné. Cette situation soulève de vives inquiétudes dans l’actualité du Niger.

    Récemment, le 15 mai 2026, la chambre de contrôle du pôle spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée de la Cour d’Appel de Niamey a rejeté sa demande de remise en liberté provisoire. Pourtant, l’article 615 de l’ordonnance n°2026-10 du 16 février 2026, portant institution du code de procédure pénale, stipule que « la durée de la détention provisoire en matière de terrorisme […] ne peut excéder douze mois renouvelables une fois en matière criminelle ». Or, Moussa Tiangari est détenu depuis un an et demi. Alors que ses avocats ont saisi le 19 juin 2026 la Chambre de contrôle spécialisée de la Cour d’appel de Niamey pour obtenir sa libération, une ordonnance n° 2026-35 du 26 juin 2026 est venue modifier rétroactivement l’article 615, portant la durée maximale de la détention provisoire à quatre ans en matière criminelle, renouvelable une fois. Le collectif d’avocats de Moussa Tiangari a récemment alerté sur la possible instrumentalisation du code de procédure pénale visant à maintenir leur client en détention, un sujet brûlant de la politique nigérienne.

    Ce n’est pas la première fois que Moussa Tiangari est arbitrairement détenu. Il est en effet la cible d’un harcèlement judiciaire de longue date en raison de ses activités pacifiques de défense des droits humains. En mai 2015, il a été arbitrairement détenu pendant 10 jours et poursuivi pour « atteinte à la défense nationale » et « propos de nature à démoraliser les troupes » en lien avec des rapports publiés par AEC. Le 25 mars 2018, Moussa Tiangari a été de nouveau arrêté puis arbitrairement détenu pendant quatre mois et poursuivi pour « organisation et participation à une manifestation interdite », « complicité de violences, d’agression et de destruction de biens » pour son implication dans les manifestations pacifiques organisées contre la loi de finances 2018. En mars 2020, il a été, une nouvelle fois, arrêté et arbitrairement détenu pendant un mois et demi en lien avec une manifestation anti-corruption dénonçant des détournements de fonds dans l’achat de matériel militaire.

    Plus largement, la situation de Moussa Tiangari s’inscrit dans un contexte général caractérisé, depuis le coup d’État du 27 juillet 2023, par le rétrécissement de l’espace civique et les atteintes répétées aux droits fondamentaux de la société civile et de toutes voix dissidentes au Niger. À maintes reprises, les droits à la liberté d’expression, d’opinion, d’association, de réunion et de manifestation ont été violés, notamment à travers des arrestations et détentions arbitraires et des déchéances de nationalité de défenseurs des droits humains. Ces événements marquent fortement l’actu Niger.

    L’Observatoire exhorte les autorités nigériennes à se conformer de toute urgence à l’avis du GTDA en libérant immédiatement et sans conditions le défenseur des droits humains Moussa Tiangari. Il demande également l’abandon de l’ensemble des charges qui pèsent contre lui, l’octroi de son droit à obtenir réparation, et la conduite d’une enquête approfondie et indépendante sur les circonstances de sa privation arbitraire de liberté, ainsi que l’identification et la sanction des responsables. L’Observatoire ajoute qu’une enquête doit également être diligentée sur les allégations de torture et mauvais traitements à l’encontre de Moussa Tiangari.

    Enfin, le Niger doit mettre un terme à tout acte de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de Moussa Tiangari et de tous les autres défenseurs des droits humains dans le pays. Les autorités doivent tout particulièrement veiller à garantir en toutes circonstances le respect du droit à la liberté d’expression, tel que garanti par le droit international des droits humains, en particulier par l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’Article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, auxquels le Niger est partie.

  • Wagner de nouveau au coeur d’une affaire d’exactions

    Wagner de nouveau au coeur d’une affaire d’exactions

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    Wagner de nouveau au coeur d’une affaire d’exactions

    La rédaction francophone de la DW
    8 juillet 2026

    Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux en Centrafrique montre des scènes de crimes imputés aux mercenaires russes de Wagner.

    Des Centrafricains devant une statue représentant des mercenaires de Wagner

    Les victimes seraient des ex-combattants venus participer à une opération de désarmement et des civils. Le général Ndalé, un chef de guerre antibalaka, affirme reconnaître sur les images que ce sont bien ses éléments qui auraient été froidement abattus. L’opposition centrafricaine exige le retrait des mercenaires et la société civile demande quant à elle la fin de l’impunité. 

    Une opération de désarmement qui tourne mal

    La vidéo tourne en boucle depuis mardi sur les réseaux sociaux. Elle montre des hommes qui seraient des mercenaires russes ainsi que leurs supplétifs centrafricains, appelés  » Wagner noirs », à côté de plusieurs corps décapités. Cette scène aurait été filmée par les Wagner eux-mêmes. Dès qu’elle a fuité, le chef de guerre Ndalé a identifié ces hommes tués.

    Selon lui, il s’agirait de membres de son groupe. Il raconte que « les Wagner les ont appelés, ils se sont entendus pour aller se faire désarmer« . Le général Ndalé assure que ces hommes « ont déserté les rangs et sont partis. Pendant qu’ils se regroupaient pour attendre les Wagner à côté des civils, les Wagner les ont tous tués ainsi que les civils ».

    Ce n’est pas la première fois que des crimes sont imputés aux mercenaire de l’ex-groupe Wagner en Centrafrique. L’opposition démocratique est amère. Elle exige du gouvernement le retrait pur et simple des mercenaires du territoire national.

    « Il y a un proverbe chez moi qui dit qu’on n’a jamais vu une pintade quitter la brousse pour venir crever l’œil d’un poussin dans le village. Je ne peux pas accepter que les forces qui sont venues nous appuyer se retournent contre des compatriotes. C’est le principe parce que je préfère le dire de manière très claire, notre soutien est total aux forces armées centrafricaines. On ne peut pas venir aider quelqu’un, se substituer à lui et se retourner contre lui » réagit Martin Ziguélé, le président du MLPC et porte-parole du BRDC.

    La société civile réclame justice

    Le gouvernement n’a pas encore réagi et les tentatives de la DW pour le joindre sont restées vaines. La société civile, elle, ne décolère pas. Quentin Ngbouando, leader de l’association Gwé, réclame une réponse judiciaire.

    « Depuis 24 h, il y a des corps sans vie allongés au sol entourés des mercenaires du groupe Wagner qui ont achevé une opération de torture et d’assassinat cruel. Il n’est pas question que la cruauté prenne le dessus sur la justice, c’est pourquoi nous demandons que le gouvernement fasse la lumière sur cette situation et que les auteurs soient poursuivis pour leur crime  » précise Quentin Ngbouando.

    Seulement, les Russes se sont installés dans la chaine pénale. Ils sont soupçonnés par les défenseurs des droits humains d’être responsables de disparitions de personnes à la SRI, la Section de Recherches et d’Investigations rattachée à la gendarmerie. Mais aussi de meurtres contre des policiers et de menaces et passages à tabac de juges. Les rapports de Human Rights Watch et d’Amnesty international qui mettent en avant ces violences attribuées aux Russes sont restés pour l’instant sans suite.

  • En Centrafrique, les mercenaires de Wagner de nouveau au centre d’une affaire de crime

    En Centrafrique, les mercenaires de Wagner de nouveau au centre d’une affaire de crime

    En Centrafrique, les mercenaires de Wagner de nouveau au centre d’une affaire de crime

    La rédaction francophone de la DW

    Les victimes seraient des ex-combattants venus participer à une opération de désarmement et des civils. Le général Ndalé, un chef de guerre antibalaka, affirme reconnaître sur les images que ce sont bien ses éléments qui auraient été froidement abattus. L’opposition centrafricaine exige le retrait des mercenaires et la société civile demande quant à elle la fin de l’impunité.

    Une opération de désarmement qui tourne mal

    La vidéo tourne en boucle depuis mardi sur les réseaux sociaux. Elle montre des hommes qui seraient des mercenaires russes ainsi que leurs supplétifs centrafricains, appelés  » Wagner noirs », à côté de plusieurs corps décapités. Cette scène aurait été filmée par les Wagner eux-mêmes. Dès qu’elle a fuité, le chef de guerre Ndalé a identifié ces hommes tués.

    Selon lui, il s’agirait de membres de son groupe. Il raconte que « les Wagner les ont appelés, ils se sont entendus pour aller se faire désarmer« . Le général Ndalé assure que ces hommes « ont déserté les rangs et sont partis. Pendant qu’ils se regroupaient pour attendre les Wagner à côté des civils, les Wagner les ont tous tués ainsi que les civils ».

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    Ce n’est pas la première fois que des crimes sont imputés aux mercenaire de l’ex-groupe Wagner en Centrafrique. L’opposition démocratique est amère. Elle exige du gouvernement le retrait pur et simple des mercenaires du territoire national.

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    « Il y a un proverbe chez moi qui dit qu’on n’a jamais vu une pintade quitter la brousse pour venir crever l’œil d’un poussin dans le village. Je ne peux pas accepter que les forces qui sont venues nous appuyer se retournent contre des compatriotes. C’est le principe parce que je préfère le dire de manière très claire, notre soutien est total aux forces armées centrafricaines. On ne peut pas venir aider quelqu’un, se substituer à lui et se retourner contre lui » réagit Martin Ziguélé, le président du MLPC et porte-parole du BRDC.

    La société civile réclame justice

    Le gouvernement n’a pas encore réagi et les tentatives de la DW pour le joindre sont restées vaines. La société civile, elle, ne décolère pas. Quentin Ngbouando, leader de l’association Gwé, réclame une réponse judiciaire.

    « Depuis 24 h, il y a des corps sans vie allongés au sol entourés des mercenaires du groupe Wagner qui ont achevé une opération de torture et d’assassinat cruel. Il n’est pas question que la cruauté prenne le dessus sur la justice, c’est pourquoi nous demandons que le gouvernement fasse la lumière sur cette situation et que les auteurs soient poursuivis pour leur crime  » précise Quentin Ngbouando.

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    Publié aujourd’hui à 17h57 Lecture : 6 minutes.

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