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  • Maroc : l’archevêque de Rabat visé par des accusations de violences sexuelles

    Maroc : l’archevêque de Rabat visé par des accusations de violences sexuelles

    De graves allégations de violences sexuelles secouent l’archidiocèse de Rabat, au Maroc. Au moins cinq femmes ont porté des accusations contre l’archevêque Cristobal Lopez Romero, âgé de 74 ans. Ces révélations ont immédiatement déclenché une enquête approfondie de la part du Vatican, conduisant le cardinal à se retirer temporairement de ses fonctions publiques. Le prélat espagnol conteste fermement les faits qui lui sont reprochés.

    Les témoignages recueillis révèlent des récits troublants. Une retraitée, activement impliquée au sein de l’Église, a fait état d’agressions sexuelles répétées, bien qu’elle n’ait pas souhaité détailler publiquement le contenu de ses déclarations pour l’instant. Par ailleurs, un document écrit, transmis à la nonciature apostolique (l’ambassade du Vatican dans la capitale marocaine), expose les accusations d’une autre femme.

    Cette dernière décrit des « gestes physiques » qu’elle a jugés « déplacés », citant notamment des « accolades particulièrement appuyées et prolongées ». Elle évoque également une « tentative de rapprochement physique » s’apparentant à une tentative d’embrassade, à laquelle elle affirme avoir échappé avec difficulté. Des informations émanant d’une source diocésaine indiquent que trois autres femmes au minimum auraient rapporté des « faits similaires », certains de ces récits ayant été partagés dans le cadre sacré de la confession.

    Interpellé sur ces allégations, l’archevêque a déclaré avoir « répondu à [ses] supérieurs ecclésiastiques » et s’est engagé à « coopérer pleinement » avec l’enquête en cours. Il a réaffirmé n’avoir « commis ni agression, ni violence, ni harcèlement sexuel ». Pour ne pas interférer avec le processus d’investigation, il a annoncé son intention de « prendre du recul », s’abstenant de présider toute célébration publique et de participer à des activités pastorales, comme il l’a communiqué aux fidèles du diocèse de Rabat.

    Un cardinal au parcours influent

    Le Saint-Siège n’a pas encore commenté officiellement cette situation. Il est important de noter que les cardinaux, choisis directement par le Pape, constituent un cercle très restreint de hauts dignitaires de l’Église catholique, dont le rôle est d’assister le souverain pontife dans sa gouvernance. Ceux âgés de moins de 80 ans participent également au conclave, l’assemblée chargée d’élire le successeur du Pape.

    Lors du conclave de mai 2025, Cristobal Lopez Romero figurait parmi les cardinaux les plus en vue et les plus influents. Plusieurs médias l’avaient même présenté comme un « papabile », terme désignant les cardinaux considérés comme de sérieux candidats à la papauté.

  • Au moins 22 militaires et supplétifs civils tués dans des attaques au Burkina Faso

    Au moins 22 militaires et supplétifs civils tués dans des attaques au Burkina Faso

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    Au moins 22 militaires et supplétifs civils tués dans des attaques au Burkina Faso

    Au moins 22 militaires et supplétifs civils de l’armée ont été tués dans des attaques de djihadistes présumés samedi et dimanche dans le nord du Burkina Faso, ont indiqué mardi à l’AFP des sources sécuritaires.

    « La base d’un des BIR (Bataillon d’intervention rapide), à Di, près de Dédougou, a été ciblée samedi matin par des djihadistes », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire, qui déplore « au moins quatorze soldats tombés (tués, nldr) ainsi que sept VDP », les Volontaires pour la défense de la patrie, des supplétifs civils de l’armée.

    Selon la même source, une autre attaque a visé la ville de Solhan, « faisant également plusieurs morts dont un officier ». Ces deux attaques ont été confirmées par une autre source sécuritaire.

    Mission de La Libre

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  • Un rapport montre que les mercenaires russes exploitent l’économie du conflit en RCA

    Un rapport montre que les mercenaires russes exploitent l’économie du conflit en RCA

    L’instabilité est présente en République centrafricaine (RCA) depuis au moins 2004, lorsqu’une guerre civile de trois ans a submergé le pays, suivie par plusieurs années de combat contre les insurgés. Dans le but de rétablir l’ordre, le gouvernement a invité les mercenaires russes du groupe Wagner en tant que formateurs au début 2018.

    À partir de 2019, Wagner avait plus de 1.000 mercenaires en Centrafrique, intégrés dans les institutions politiques, économiques et sociales du pays, et ciblant l’extraction aurifère, les diamants et l’abattage du bois. Le résultat fut l’émergence d’une économie de conflit où les mercenaires et d’autres groupes exploitent le chaos permanent du pays.

    « Wagner a non seulement infiltré les marchés locaux par la force et l’intimidation, mais il s’est aussi assuré une prise de pied au sein du gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra, en installant un ressortissant russe comme conseiller principal à la sécurité », écrivent Christopher Faulkner et Raphael Parens pour le Georgetown Journal of International Affairs.

    En 2021, Wagner et les forces gouvernementales ont lancé un effort militaire dans l’ensemble du pays, censé être une campagne de stabilisation mais qui « est passé de la contre-insurrection à un processus plus vaste de consolidation territoriale, politique et économique », selon un rapport de juin 2026 pour la GI-TOC (Global Initiative Against Transnational Organized Crime).

    Aujourd’hui, les forces gouvernementales et celles de Wagner se sont combinées pour transformer une économie qui jadis soutenait les groupes rebelles en réseaux qui renforcent le gouvernement Touadéra et enrichissent la Russie.

    « Les élites locales, avec leurs partenaires étrangers de la sécurité, les groupes armés assimilés et les acteurs économiques, ont utilisé la coercition et le crime organisé pour consolider leur pouvoir, contrôler les ressources et faire avancer leurs intérêts financiers, en transformant la RCA en plateforme pour des réseaux criminels transnationaux puissants », selon le rapport de GI-TOC intitulé « Marchés criminels : Cartographie de l’écosystème criminel violent en République centrafricaine », par Nathalia Dukhan et Ruben de Koning. Les Émirats arabes unis, le Rwanda et la Turquie font partie des autres pays exerçant une influence en Centrafrique.

    La participation des mercenaires russes est évidemment transactionnelle. L’objet de leur croissance est de combiner la sécurité, l’économie et la politique pour contrôler les ressources naturelles afin de « pérenniser l’influence à long terme de la Russie », selon le rapport de 72 pages.

    Les auteurs du rapport écrivent : « Avec le soutien russe, Touadéra a consolidé son autorité politique, et les acteurs liés à Wagner et alliés sont devenus intégrés dans les ministères clés, les agences de sécurité, l’administration des douanes et le secteur des ressources stratégiques. Plutôt que d’offrir la stabilité, Bangui et Moscou ont approfondi et systématisé les modes de coercition, d’extraction et de prédation. »

    Le rapport affirme que les gains gouvernementaux contre les groupes armés n’ont pas éliminé « la rapacité de conflit » dans les secteurs des mines, des routes commerciales et de la taxation, mais l’ont affectée aux « acteurs liés au gouvernement et aux réseaux et personnes au sein du gouvernement, qui profitent de ces divers secteurs », déclare Ruben de Koning au magazine Africa Report.

    En particulier, la Russie a bénéficié du commerce de l’or et du carburant en Centrafrique. Wagner a construit une « chaîne d’approvisionnement en carburant illicite » pour financer ses opérations militaires conjointes avec le gouvernement et ses opérations minières, déclare GI-TOC.

    Ruben de Koning déclare à l’Africa Report qu’il a été surpris par l’ampleur de la participation de Wagner dans le commerce de l’or en Centrafrique : « Ce qui m’a choqué, c’est en particulier la masse et le volume flagrant de l’or qui a été miné dans le pays. » Il ajoute que les intérêts contrôlés par Wagner produisent environ 5 tonnes d’or par an.

    « Cet or a une valeur d’environ 250 millions de dollars à l’exportation, mais sur le marché international il peut facilement atteindre 500 millions. ».

    La GI-TOC indique qu’à partir de 2021, les forces russes et rwandaises ont reconquis des régions minières clés dans le pays, en interdisant aux groupes armés de contrôler ce territoire. De ce fait, davantage d’or d’origine artisanale a été exporté par les filières officielles. En 2023, les exportations aurifères ont atteint 1,7 tonne. On s’attendait à ce que les exportations atteignent un total d’environ 2,5 tonnes en 2025 mais en date de fin d’année elles avaient atteint 7 tonnes.

    Ce chiffre « excède de loin la capacité de production artisanale, aussi doit-il inclure de l’or d’origine industrielle, provenant très probablement des concessions de Wagner », déclare Ruben de Koning à l’Africa Report.

    Bien que l’accord sécuritaire entre la Russie et la RCA soit quelque peu unique sur le continent, le souhait russe de saisir les ressources des pays africains, notamment l’or, ne l’est pas. Les forces russes ont saisi l’or africain à hauteur de plus de 2,5 milliards de dollars entre février 2022, date de l’invasion russe de l’Ukraine, et la fin 2023, selon le Blood Gold Report.

    La rapacité russe pour l’or est principalement axée sur la Centrafrique, le Mali et le Soudan. Wagner a gagné des droits exclusifs à la mine de Ndassima, la plus grande de Centrafrique, et la Russie contrôle une raffinerie majeure et est le « premier acheteur de l’or soudanais non transformé » dans ce pays, selon le Rapport. Au Mali, les mercenaires russes reçoivent chaque mois des millions de dollars en espèces auprès de la junte au pouvoir, qui compte sur les sociétés d’extraction aurifère pour la majorité de ses revenus fiscaux. Cet accord contourne les sanctions, qui sont éludées par « des routes de contrebande complexes et des tactiques de dissimulation commerciales » en Centrafrique et au Soudan, selon le Rapport.

  • Diplomatie africaine : l’alliance Togo-burkinabè à l’épreuve des intérêts

    Diplomatie africaine : l’alliance Togo-burkinabè à l’épreuve des intérêts

    Une distinction honorifique récente entre le Togo et le Burkina Faso soulève des interrogations quant à la nature réelle des relations diplomatiques entre ces deux nations voisines. Le ministre des Affaires étrangères togolais s’est vu attribuer la plus haute décoration burkinabè, l’Ordre des Étalons, un titre officiel célébrant officiellement une « diplomatie d’ouverture et de solidarité ». Pourtant, derrière cette annonce se dissimule une réalité plus complexe, marquée par des choix politiques et économiques stratégiques.

    Une distinction aux motivations ambiguës

    Les cérémonies protocolaires ont mis en avant une relation bilatérale exemplaire, fondée sur des valeurs communes. Cependant, cette reconnaissance intervient dans un contexte où les intérêts économiques semblent primer sur les principes diplomatiques traditionnels. En effet, cette distinction survient après qu’un épisode politique délicat ait révélé les priorités du régime togolais.

    L’asile politique sacrifié sur l’autel des échanges commerciaux

    Le Burkina Faso, dirigé par le président Roch Marc Christian Kaboré, avait bénéficié d’un asile temporaire au Togo. Pourtant, cette hospitalité n’a pas résisté à la pression des enjeux économiques. Faure Gnassingbé, président togolais, a choisi de rompre cette solidarité en livrant ou en marginalisant l’ancien dirigeant burkinabè, au profit de nouveaux accords stratégiques avec Ouagadougou.

    Cette décision illustre une fois de plus la tendance croissante des États africains à privilégier les alliances économiques au détriment des engagements politiques ou moraux. Les régimes en quête de stabilité et de croissance économique n’hésitent pas à ajuster leurs positions diplomatiques selon les opportunités du moment.

    Une interdépendance économique au service des deux capitales

    Le rapprochement entre Lomé et Ouagadougou s’explique avant tout par une nécessité logistique partagée. Le Burkina Faso, dépourvu d’accès à la mer, dépend largement des infrastructures portuaires de ses voisins, notamment du Port autonome de Lomé. Ce corridor maritime représente un axe vital pour son approvisionnement en biens essentiels.

    Le Togo, de son côté, tire une part substantielle de ses revenus des activités de transit. La convergence des intérêts économiques a ainsi favorisé un partenariat où chaque partie y trouve son compte. Cette interdépendance, bien que mutuellement bénéfique, soulève des questions sur la durabilité et l’équilibre de ces relations.

    La diplomatie transactionnelle, nouvelle norme en Afrique de l’Ouest ?

    Cette distinction honorifique s’inscrit dans une dynamique régionale où les alliances se forgent désormais autour de la sécurité, des échanges commerciaux et des logiques logistiques. Les principes de solidarité africaine, souvent évoqués dans les discours officiels, semblent céder la place à une approche plus pragmatique, où les décisions sont dictées par des impératifs économiques immédiats.

    Les observateurs s’interrogent : cette diplomatie transactionnelle, qui place les intérêts commerciaux au cœur des relations interétatiques, est-elle en train de devenir la norme dans l’espace ouest-africain ? Le cas du Togo et du Burkina Faso en est une illustration frappante.

    Le décalage entre communication et réalité politique

    Les autorités des deux pays présentent cette distinction comme un symbole de fraternité et de coopération renforcée. Pourtant, cette narration officielle contraste avec les choix concrets effectués par le Togo, où l’asile politique a été sacrifié pour des considérations commerciales. Ce décalage entre le discours et les actes alimente les critiques et interroge sur la crédibilité des engagements pris.

    Dans ce contexte, la diplomatie africaine moderne semble osciller entre deux forces : d’un côté, l’image d’une solidarité continentale, de l’autre, la réalité d’un réalisme politique où la raison d’État prime sur les valeurs. Cette dualité nourrit un débat essentiel sur l’avenir des relations interafricaines et la place des principes éthiques dans la gouvernance régionale.

  • Maroc-France: dix ministres français attendus à Rabat en juillet

    Maroc-France: dix ministres français attendus à Rabat en juillet

    Maroc-France : dix ministres français attendus à Rabat les 15 et 16 juillet

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    France : nouveau gouvernement sous la direction de Sébastien LecornuLe premier ministre français, Sébastien Lecornu, le 13 septembre 2025 © JEFF PACHOUD / AFP

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    La séquence Maroc-France s’intensifie avec la visite officielle du premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat, prévue les 15 et 16 juillet. Selon Le360, il sera accompagné de dix ministres pour un déplacement présenté comme l’un des plus importants de ces derniers mois entre les deux pays, avec à la clef plusieurs rencontres bilatérales et la signature attendue de conventions dans divers secteurs.

    Selon le programme annoncé, la délégation française doit arriver à Rabat le mercredi 15 juillet en fin d’après-midi. Une rencontre en tête-à-tête est prévue dans la foulée entre Sébastien Lecornu et le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, tandis que plusieurs départements des deux pays doivent tenir, le même jour, des réunions séparées pour préparer la suite des échanges.

    Une visite Maroc-France à forte portée politique et économique

    Le temps fort de ce déplacement est attendu le jeudi 16 juillet, avec la tenue à Rabat de la réunion plénière de la Haute commission mixte de coopération bilatérale. Cette session doit être coprésidée par les deux chefs de gouvernement au siège du ministère des Affaires étrangères, en présence des délégations marocaine et française. Elle doit permettre de passer en revue les principaux dossiers communs et de formaliser de nouveaux engagements par la signature de plusieurs accords.

    Cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte de relance soutenue de la relation entre Rabat et Paris. Elle est présentée comme la plus importante depuis l’arrivée du nouvel ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot. Au-delà de la dimension politique, la visite traduit aussi le poids des échanges économiques entre les deux partenaires. En 2024, le commerce bilatéral a atteint un niveau record de 14,8 milliards d’euros, confirmant la place centrale de la France dans les relations extérieures du Royaume.

    Les flux commerciaux illustrent cette interdépendance. Le Maroc capte plus de 40% des exportations françaises à destination du continent africain, notamment dans le transport, les équipements électroniques, la chimie et les cosmétiques. Dans le même temps, les importations françaises en provenance du Royaume ont progressé de 4,4% en 2024. La France reste ainsi le premier partenaire économique et financier du Maroc, tandis que le Maroc s’affirme comme le premier client et fournisseur africain de Paris. Dans ce cadre, la visite Maroc-France des 15 et 16 juillet devrait servir à consolider des coopérations déjà établies et à ouvrir de nouveaux chantiers dans des domaines jugés prioritaires par les deux capitales.

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  • Genève : la Côte d’Ivoire appelle à une « souveraineté numérique coopérative » et propose une École Régionale Africaine de l’IA

    Genève : la Côte d’Ivoire appelle à une « souveraineté numérique coopérative » et propose une École Régionale Africaine de l’IA

    Au Global dialogue on AI Gouvernance organisé par les Nations Unies à Genève, la Côte d’Ivoire a porté une voix forte pour une IA inclusive et partagée.

    (CIO Mag) – M. Djibril Ouattara, ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, représenté son pays et appelé à une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle qui évite les erreurs du passé tout en plaçant l’Afrique au cœur de la révolution technologique. D’entrée, le Ministre a salué l’initiative onusienne et transmis le message du Président de son pays.

    Face à l’ampleur des enjeux, M. Ouattara a rappelé que l’IA est une transformation majeure. Citant le cabinet PWC, il a souligné : « Selon une étude du Cabinet PricewaterhouseCoopers (PWC), l’IA pourrait contribuer à hauteur de 15 700 milliards de dollars dans l’économie mondiale d’ici 2030. Cependant, une question émerge : quelles sont les économies qui en bénéficieraient réellement ? »

    Pour Abidjan, la réponse ne fait aucun doute : « Pour la Côte d’Ivoire, la réponse est claire : l’IA ne doit pas être le privilège de quelques économies ou plateformes. Elle doit être un levier de progrès partagé et éthique. »

    Une ambition numérique et 5 chantiers structurants

    La Côte d’Ivoire mise sur le numérique pour devenir un pays émergent de la classe supérieure. Avec 95% de couverture en bande large aujourd’hui, le pays vise les 100% pour « rendre les services du gouvernement accessible à tous en ligne ».

    Cette transformation est portée par le Ministère de la transition numérique et de l’innovation technologique. Sa feuille de route intègre « un pilier stratégique dédié au déploiement d’une intelligence artificielle ivoirienne inclusive et éthique ». L’ambition est claire : « faire de l’IA un levier de souveraineté, de productivité, d’inclusion et de progrès social pour tous ».

    Les quatre piliers pour une gouvernance mondiale de l’IA

    La Côte d’Ivoire a plaidé pour une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle fondée sur quatre piliers. Le premier est l’inclusion, « pour qu’aucun pays ne reste en marge de cette révolution et que les pays en développement soient soutenus dans l’accès aux infrastructures, aux données et au financement ». Le deuxième est la confiance, à travers « des principes clairs de transparence, de cybersécurité et de protection des données ».

    Le troisième est l’interopérabilité, via « des architectures ouvertes et une circulation sécurisée des données utiles au développement ». Enfin, le quatrième pilier est une souveraineté numérique coopérative, « permettant à chaque pays de participer à la définition des règles et d’adapter l’IA à ses réalités ».

    Le Ministre a insisté sur la nécessité de cadres supranationaux : « Le numérique étant par définition sans frontière, nous participons donc à toutes les démarches supranationales qui pourraient protéger nos citoyens des biais et influences idéologiques dans l’utilisation de l’IA. »

    Vers une École Africaine de l’IA

    S’appuyant sur l’expérience de la CI dans l’OHADA, le CAMES et l’UEMOA, M. Ouattara a lancé un appel à la mutualisation. « C’est pourquoi, je profite de cette tribune pour lancer un appel à la coopération régionale et à la mutualisation des efforts, projets et investissements. » Objectif : bâtir des infrastructures partagées, développer des outils pour le patrimoine informationnel, et surtout former.

    Sa proposition phare consiste en la création d’une École régionale africaine de l’intelligence artificielle. Une initiative qu’il juge indispensable pour que l’intelligence artificielle ait un impact concret « dès à présent à nos populations sur les questions de santé, d’éducation et de sécurité alimentaire », a-t-il souligné.

    La participation de la Côte d’Ivoire a été également marquée par un plaidoyer en faveur d’une gouvernance mondiale inclusive de l’intelligence artificielle. En conclusion, le pays a salué « l’adoption du Pacte pour l’avenir et du Pacte numérique mondial » et réaffirmé « son engagement à contribuer, aux côtés des Nations Unies, de l’UIT et de l’UNESCO, à une gouvernance mondiale inclusive (…) Mon pays est convaincu que l’avenir de l’IA doit se construire collectivement, comme un instrument de progrès partagé », a-t-il déclaré.

  • Renforcement des liens entre la Russie et l’AES : vers une nouvelle forme de dépendance ?

    Renforcement des liens entre la Russie et l’AES : vers une nouvelle forme de dépendance ?

    Un partenariat présenté comme une avancée souveraine

    Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) ont rencontré leur homologue russe, Sergueï Lavrov, lors d’une réunion organisée à Niamey le 8 juillet 2026. Selon les déclarations officielles, cet échange s’inscrit dans une dynamique de coopération stratégique fondée sur la souveraineté et le respect mutuel. Pourtant, cette alliance, présentée comme un choix délibéré d’autonomie, suscite des interrogations quant à ses réelles implications.

    L’ombre d’une dépendance renouvelée

    Depuis plusieurs années, les dirigeants de l’AES critiquent ouvertement l’influence persistante des anciennes puissances coloniales, notamment celle de la France, au nom de la défense de la souveraineté nationale. Cependant, remplacer un partenaire étranger par un autre ne garantit pas nécessairement une indépendance accrue. Les relations entre États, qu’elles soient bilatérales ou multilatérales, s’articulent souvent autour d’intérêts géopolitiques, économiques et stratégiques, parfois au détriment des nations concernées.

    L’influence russe au Sahel : une expansion méthodique

    La Russie étend progressivement son emprise dans la région du Sahel à travers divers canaux : coopération militaire, accords diplomatiques, échanges commerciaux, influence culturelle et médiatique. Officiellement, cette diversification des partenariats est présentée par les gouvernements de l’AES comme un acte souverain. Toutefois, certains observateurs s’interrogent sur les limites de cette influence et sur les risques de voir émerger une nouvelle forme de dépendance vis-à-vis de Moscou.

    Des partenariats motivés par des intérêts stratégiques

    Les grandes puissances n’investissent pas dans une région sans en tirer un avantage concret. Que ce soit pour sécuriser l’accès aux ressources naturelles, renforcer leur influence diplomatique ou consolider leur positionnement en Afrique, chaque alliance répond à des objectifs nationaux. La Russie ne déroge pas à cette règle : ses engagements au Sahel s’inscrivent dans une logique d’intérêts bien définis.

    Les risques d’une diplomatie déséquilibrée

    Une collaboration trop étroite avec un seul acteur international peut réduire la marge de manœuvre des États du Sahel, limiter leur capacité à diversifier leurs alliances et les exposer davantage aux tensions géopolitiques mondiales. Dans un contexte marqué par la compétition entre grandes puissances, le risque est réel de voir la région devenir un terrain de rivalité plutôt qu’un espace de coopération équilibrée.

    La souveraineté, un concept exigeant

    La souveraineté ne se limite pas au choix d’un nouveau partenaire. Elle implique la capacité d’un État à préserver son indépendance décisionnelle, à maintenir des relations équilibrées et à défendre ses intérêts sans tomber dans une logique d’alignement systématique. Cette autonomie repose sur des résultats tangibles : sécurité renforcée, développement économique, création d’emplois, transfert de savoir-faire et consolidation des institutions locales.

    Entre promesses et réalités

    Les autorités de l’AES insistent sur le caractère « mutuellement bénéfique » de leur partenariat avec la Russie. Pourtant, cette affirmation devra être évaluée à l’aune des progrès concrets. Sans améliorations durables dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la gouvernance, les discours sur la souveraineté risquent de n’être perçus que comme des déclarations politiques déconnectées des réalités vécues par les populations.

    L’avenir incertain d’une alliance

    Il appartient désormais au temps de révéler si cette coopération avec la Russie permettra aux pays de l’AES de renforcer leur autonomie ou si elle ne constituera qu’un simple déplacement de sphère d’influence. Pour de nombreux analystes, la véritable indépendance ne réside pas dans le changement d’un partenaire dominant, mais dans la construction d’une diplomatie capable d’interagir avec tous les acteurs internationaux sans tomber sous la dépendance de l’un d’eux.

  • Blanchiment d’argent : Sylvia Bongo visée en Suisse

    Blanchiment d’argent : Sylvia Bongo visée en Suisse

    SylviSylvia Bongo Ondimba, épouse d’Ali Bongo, est suspectée d’avoir fait transférer dans une banque à Genève des millions sur fond de détournement de fonds publics.

     

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    Genève enquête sur l’épouse de l’ex-président gabonais. La justice suisse enquête depuis 2023 sur une affaire de blanchiment d’argent présumé visant Sylvia Bongo Ondimba, épouse de l’ancien président gabonais Ali Bongo, nous apprend 20 Minutes.

     

    « Une enquête pour blanchiment d’argent est actuellement en cours au sein du Ministère public de Genève », confirme une information du média d’investigation en ligne suisse Gotham City.

     

    Dans le cadre de cette procédure, les autorités suisses ont sollicité la coopération du Gabon. Si Libreville n’a pas répondu à cette demande d’entraide, l’État gabonais s’est constitué partie plaignante devant la justice genevoise. Une démarche contestée par Sylvia Bongo, mais validée fin mai par la Chambre pénale de recours de Genève, qui a reconnu au Gabon le droit de participer à la procédure.

     

    Cette enquête intervient alors que Sylvia Bongo a déjà été condamnée par contumace à 20 ans de prison au Gabon pour détournement de fonds.

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  • Gabon : quand l’histoire du Parti communiste chinois éclaire la coopération sino

    Gabon : quand l’histoire du Parti communiste chinois éclaire la coopération sino

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    À l’occasion du 105ᵉ anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (PCC), l’Ambassade de Chine au Gabon a organisé une conférence de presse majeure pour décrypter la trajectoire de cette organisation devenue centrale sur l’échiquier mondial. Face aux journalistes et invités, les diplomates chinois ont mis en lumière le parcours historique d’un parti qui a profondément transformé le destin de son peuple. En quelques décennies seulement, la Chine a accompli une industrialisation fulgurante, réalisant ainsi un double miracle de développement économique rapide et de stabilité sociale durable.

    Pour comprendre la Chine contemporaine, il s’avère indispensable de décoder le fonctionnement du PCC. C’est ce qu’a rappelé avec force Xiaole Zhu, Ministre-Conseiller de l’Ambassade. « En 105 ans, le Parti communiste chinois, qui ne comptait qu’une cinquantaine de membres à sa création, est devenu le premier parti au pouvoir au monde, fort de plus de 100 millions de membres », a-t-il déclaré lors de son exposé. 

    Cette ascension repose sur une symbiose unique avec la population. Le PCC tire sa force de son ancrage populaire et d’un système théorique en constante innovation, qui adapte le marxisme aux réalités concrètes et changeantes du pays. De plus, une rigueur absolue est maintenue en interne pour préserver la vitalité du Parti. Une lutte sans précédent contre la corruption et un renforcement de la discipline ont permis d’éliminer les risques latents. Comme l’a résumé l’ambassadeur Zhou Ping : « Pour faire un bon acier, il faut des outils eux-mêmes solides ».

    Une vision d’avenir partagé avec le Gabon

    Sur le plan international, la Chine réaffirme son rôle de bâtisseur de la paix mondiale et de contributeur au développement global. À travers la mise en œuvre de ses plans quinquennaux, le pays maintient une contribution à la croissance mondiale d’environ 30 %. Parallèlement, des initiatives d’envergure, à l’instar de « La Ceinture et la Route », favorisent une coopération internationale élargie et génèrent des centaines de milliers d’emplois.

    Cette célébration a également permis de consolider les liens bilatéraux avec Libreville. L’ambassadeur a chaleureusement conclu l’événement en rappelant que « la Chine et le Gabon sont de bons partenaires de confiance traditionnelle ». À l’aube d’une nouvelle ère de coopération, Pékin se dit pleinement disposé à approfondir les échanges en matière de gouvernance afin de construire conjointement une communauté d’avenir partagé.

  • Interdiction du poverty porn au Burkina Faso : quand la dignité prime sur l’émotion

    Interdiction du poverty porn au Burkina Faso : quand la dignité prime sur l’émotion

    Le gouvernement de transition du Burkina Faso a récemment adopté une mesure radicale pour mettre fin à ce que les spécialistes désignent sous le terme de « poverty porn » (pornographie de la misère). Cette pratique, qui consiste à exploiter la détresse humaine à des fins de visibilité ou de collecte de fonds, est désormais formellement interdite. La décision reflète une volonté de rétablir le respect des individus face à l’objectif des caméras et des réseaux sociaux.

    Le piège de l’exploitation médiatique de la souffrance

    Avec l’essor des plateformes numériques, le misérabilisme s’est imposé comme une stratégie de communication largement répandue. Les récits s’appuient souvent sur des images chocs : enfants sous-alimentés, familles déplacées ou communautés en situation de précarité extrême. Derrière ces contenus se cache une mécanique perverse : celle de transformer la souffrance en spectacle, au mépris de la dignité des personnes concernées. Les autorités burkinabè ont choisi de briser ce cycle en légiférant contre ces pratiques, mettant en lumière une question cruciale : où s’arrête la sensibilisation et où commence l’exploitation ?

    Un enjeu de souveraineté et de perception internationale

    Au-delà des considérations éthiques, cette interdiction s’inscrit dans un contexte politique et sécuritaire complexe. Le Burkina Faso traverse une période difficile, marquée par des défis majeurs en matière de sécurité et de stabilité. Pour le pouvoir en place, la diffusion massive d’images dépeignant exclusivement les difficultés du pays pose un risque : celui d’alimenter une perception négative et réductrice de la situation nationale.

    En encadrant strictement la diffusion de ces contenus, les autorités visent à reprendre le contrôle du récit autour de la crise. Il ne s’agit pas de nier les difficultés, mais de refuser que le Burkina Faso soit réduit à une image unique de vulnérabilité. L’objectif affiché est de préserver la dignité du pays et de ses citoyens, tout en luttant contre les stéréotypes qui pourraient entraver sa souveraineté.

    Les critiques : une censure déguisée ?

    Si le gouvernement présente cette loi comme une avancée pour la dignité humaine, elle soulève des interrogations au sein de la société civile et parmi les opposants à la transition. Certains y voient une tentative de museler les voix discordantes et d’occulter les réalités dramatiques que traverse le pays. À leurs yeux, interdire de montrer la précarité reviendrait à étouffer les témoignages qui alertent sur l’ampleur de la crise humanitaire.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : des milliers de personnes déplacées en raison de l’insécurité, des régions en proie à la famine et des infrastructures médicales défaillantes. Pour les détracteurs du régime, cette mesure servirait avant tout à projeter une image d’une transition infaillible, au détriment de la transparence et de la vérité. En censurant les images de détresse, le pouvoir risquerait de masquer l’urgence des besoins et de priver les Burkinabè de la possibilité d’être entendus.

    Vers un nouveau modèle de communication humanitaire ?

    Cette réglementation impose une réflexion urgente aux acteurs humanitaires et aux professionnels des médias. Comment concilier l’appel à la solidarité et le respect des populations concernées, sans tomber dans le sensationnalisme ni encourir les sanctions prévues par la loi ?

    La solution pourrait résider dans une approche plus constructive : mettre en avant les solutions, les initiatives locales et la résilience des communautés. Plutôt que de se focaliser sur la vulnérabilité, il est possible de raconter une histoire avec humanité, en valorisant le courage et l’autonomie des personnes touchées par la crise. Un journalisme de terrain, rigoureux et respectueux, peut ainsi jouer un rôle clé pour sensibiliser sans exploiter.

    Cette évolution, si elle est adoptée, permettrait de maintenir l’attention sur les défis du Burkina Faso, tout en redonnant aux citoyens leur place d’acteurs de leur propre destin. Une manière de concilier l’impératif d’information et le respect de la dignité humaine.

  • Burkina Faso : entre avancées militaires et riposte terroriste sanglante

    Burkina Faso : entre avancées militaires et riposte terroriste sanglante

    Les derniers assauts terroristes au Burkina Faso ont coûté la vie à plus d’une cinquantaine de militaires et de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Derrière ces chiffres glaçants, une réalité moins médiatisée se dessine : une phase décisive où l’armée burkinabè, en repoussant les groupes armés de leurs bastions, force l’ennemi à réagir par des attaques désespérées.

    L’art du harcèlement asymétrique : quand les chiffres mentent

    Dans une guerre asymétrique, le décompte des pertes ne reflète pas la véritable puissance des belligérants. Les groupes terroristes, incapables de tenir des territoires face aux offensives coordonnées de l’État, ont opté pour une stratégie de harcèlement systématique. Leur objectif ? Infiltrer les zones reculées et frapper là où l’armée est vulnérable : postes isolés, convois de ravitaillement ou villages soupçonnés de collaboration.

    Ces attaques, bien que meurtrières, ne cherchent pas à conquérir du terrain. Elles visent avant tout à fragiliser le moral des troupes et à semer la division entre les populations locales et les forces de défense. Chaque perte subie par l’armée burkinabè est le prix à payer pour une stratégie offensive nécessaire à la reconquête des zones occupées. Sortir des bases pour traquer l’ennemi dans des régions hostiles expose inévitablement les soldats, mais c’est le seul moyen de briser l’étau terroriste.

    Les VDP, ces boucliers humains devenus piliers de la sécurité

    Les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) paient également un lourd tribut. Souvent réduits à des rôles de supplétifs mal entraînés par certains observateurs, ces civils armés représentent pourtant une mutation stratégique majeure pour le Burkina Faso. Leur intégration répond à trois impératifs :

    • Une connaissance intime du terrain : Contrairement aux unités régulières, les VDP maîtrisent les réseaux locaux, les chemins cachés et les dynamiques communautaires, essentiels pour traquer les groupes armés.
    • L’autonomie face aux soutiens extérieurs : Cette approche marque une rupture avec les années de dépendance aux forces étrangères, affirmant que la défense du pays repose d’abord sur ses propres citoyens.
    • Une force en pleine structuration : Initialement critiqués pour leurs lacunes logistiques, les VDP bénéficient désormais d’un encadrement militaire renforcé, transformant leur engagement en un rempart local efficace.

    Les attaques récurrentes contre leurs positions démontrent l’importance capitale de leur rôle. Pour les terroristes, leur existence même représente une menace existentielle : une population qui refuse la soumission et s’organise pour protéger son territoire.

    Stratégie globale : asphyxier les réseaux logistiques des terroristes

    Face à cette guerre d’usure, l’état-major burkinabè ne se contente plus de répondre par la force. La priorité est désormais de couper les vivres aux groupes armés en ciblant leurs flux logistiques. Les pertes récentes soulignent l’urgence de sécuriser les convois et d’améliorer le renseignement tactique pour anticiper les embuscades.

    Le chemin vers une autonomie stratégique totale est semé d’embûches. La victoire exigera du temps, une résilience à toute épreuve et l’acceptation de revers temporaires. Chaque soldat tombé rappelle que cette lutte se joue dans l’ombre des zones reculées, loin des analyses superficielles. Le Burkina Faso réinvente sa propre survie, au prix du sang et de l’abnégation.

  • Mali : nouvelles attaques coordonnées du JNIM et du FLA dans le Nord

    Les djihadistes du JNIM, liés à Al-Qaïda, et les séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad ont lancé, samedi, des attaques coordonnées pour prendre le contrôle d’un camp stratégique situé dans le nord du Mali.