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  • La refonte du paysage politique gabonais : un défi pour 33 partis

    La refonte du paysage politique gabonais : un défi pour 33 partis

    Une profonde réforme du paysage politique gabonais est en cours, générant des tensions inédites. Trente-trois formations politiques, n’ayant pas rempli les récentes conditions légales, s’opposent fermement à leur dissolution administrative.

    Entre stratégies d’alliance, tentatives de consolidation et menaces de recours légaux, une confrontation politique majeure se profile, redéfinissant le pluralisme démocratique au sein de la Cinquième République gabonaise.

    Au cœur de cette période charnière, deux approches distinctes émergent. La première préconise l’intégration au sein de structures partisanes plus robustes, tandis que la seconde opte pour une mobilisation collective contre ce qui est perçu comme une érosion drastique de la diversité politique nationale.

    La course au regroupement est lancée

    Christian Mermance N’nang Nsome, figure de proue du Mouvement pour la Grandeur du Gabon (MGG), a été le premier à manifester publiquement son intention d’accueillir les cadres et adhérents des partis menacés de radiation administrative.

    Le président du MGG voit dans cette réforme non pas une finalité, mais une chance de réorganisation. Son parti aspire à intégrer les réseaux militants, les leaders locaux et les responsables politiques désormais sans affiliation, afin d’étendre son influence à l’échelle nationale.

    Cette stratégie est pleinement assumée. Dans un contexte politique où les paradigmes ont été redéfinis, le MGG vise à convertir la fragilisation des petites entités en un moteur de développement politique.

    Une telle stratégie d’intégration par absorption pourrait rapidement remodeler l’équilibre des forces politiques au Gabon. Les partis qui parviendront à rallier les membres des formations écartées bénéficieront d’un avantage organisationnel notable en vue des futures échéances électorales.

    C’est un pari audacieux. L’avenir dira si les militants concernés choisiront de s’intégrer à une nouvelle structure ou de préserver leur héritage politique.

    Le front du refus s’organise à Libreville

    En opposition à cette dynamique d’unification, une autre orientation se dessine. Jean Romain Fanguinoveny, président du Parti du Peuple Gabonais (PPG) et ancien prétendant à la présidentielle de 2023, a entrepris de rassembler les trente-trois entités visées pour élaborer une réponse concertée.

    L’ambition déclarée est de fonder un Collectif des partis politiques historiques, œuvrant pour la sauvegarde de la Constitution et du pluralisme démocratique au Gabon.

    Selon ses initiateurs, l’enjeu va bien au-delà du simple statut administratif de ces organisations. Il est question de défendre une vision spécifique de la démocratie gabonaise et de maintenir la richesse des courants politiques qui ont forgé l’histoire institutionnelle de la nation durant plusieurs décennies.

    Les membres du collectif dénoncent une forme d’assainissement politique déguisé en normalisation administrative. Ils envisagent d’ores et déjà des recours multiples devant les instances administratives et constitutionnelles, ainsi qu’une possible interpellation du chef de l’État pour faire entendre leurs revendications.

    Leur argument juridique fondamental s’appuie sur le principe de non-rétroactivité des lois. Ils estiment que des partis, légalement établis pour certains depuis des décennies, ne devraient pas être assujettis à de nouvelles exigences sous peine de dissolution.

    Le véritable débat porte sur le pluralisme

    Au-delà de cette confrontation immédiate, se profile une interrogation essentielle pour l’avenir politique du Gabon : quel est le nombre optimal de partis qu’une démocratie peut tolérer sans verser dans la fragmentation, et jusqu’où peut s’étendre la rationalisation du champ politique sans compromettre le pluralisme ?

    Les autorités justifient cette démarche par la nécessité d’épurer un système longtemps marqué par l’abondance de formations sans réelle assise ni activité politique concrète. À l’inverse, les détracteurs de la réforme craignent une concentration graduelle de la représentation politique autour d’un cercle restreint d’organisations déjà bien dotées ou proches du pouvoir.

    Entre impératif d’efficacité institutionnelle et préservation de la diversité démocratique, le Gabon se trouve au cœur d’un débat politique majeur, partagé par de nombreuses nations africaines. Les semaines à venir révéleront si les trente-trois partis concernés opteront pour l’intégration, l’opposition ou la dissolution.

    Une certitude s’impose déjà : cette réforme des partis politiques transcende le cadre d’une simple procédure administrative. Elle représente le premier test politique d’envergure pour la nouvelle structure démocratique envisagée par les dirigeants gabonais.

  • Gabon : Abou Dhabi ancre sa diplomatie à Libreville

    Gabon : Abou Dhabi ancre sa diplomatie à Libreville

    Politique

    Gabon : Abou Dhabi ancre sa diplomatie à Libreville

    Libreville, Mercredi 8 Juillet 2026 (Infos Gabon) – L’installation du premier ambassadeur résident des Émirats arabes unis au Gabon dépasse largement le protocole diplomatique. Elle marque l’ouverture d’un nouveau chapitre géopolitique pour Libreville, désormais perçue comme un partenaire stratégique au cœur de la recomposition des influences économiques en Afrique centrale.

    En recevant les copies figurées des lettres de créance du représentant émirati, ainsi que celles des ambassadeurs de Suisse et de Tanzanie, la ministre des Affaires étrangères Marie-Édith Tassyla Ye-Doumbeneny a présidé une séquence diplomatique qui restera comme l’un des signaux les plus forts de l’année pour la politique extérieure gabonaise.

    La présence permanente des Émirats arabes unis à Libreville constitue une première historique. Jusqu’à présent, les relations entre les deux pays étaient suivies depuis Luanda, en Angola, par un ambassadeur non résident. Le choix d’ouvrir une ambassade au Gabon traduit désormais une volonté claire de transformation de cette relation en partenariat stratégique durable.

    Libreville devient un carrefour diplomatique régional

    Dans les relations internationales, l’ouverture d’une ambassade résidente n’est jamais un simple geste administratif. Elle implique un investissement politique, humain et financier qui traduit une hiérarchisation des priorités diplomatiques.

    Le choix des Émirats arabes unis d’installer une représentation permanente à Libreville intervient dans un contexte où les monarchies du Golfe accélèrent leur implantation économique sur le continent africain. Ports, infrastructures, énergie, agriculture, logistique, numérique ou encore finance figurent parmi les secteurs dans lesquels Abou Dhabi multiplie les investissements stratégiques.

    L’Afrique centrale, longtemps considérée comme périphérique dans les grandes stratégies internationales, devient progressivement un espace convoité en raison de ses ressources naturelles, de son potentiel énergétique et de sa position géographique.

    Le Gabon apparaît aujourd’hui comme l’un des pays les plus stables de la région, disposant d’importantes réserves minières, forestières et énergétiques ainsi que d’un accès privilégié au golfe de Guinée, devenu l’un des axes majeurs du commerce maritime mondial.

    L’ouverture de cette mission diplomatique permanente constitue ainsi une reconnaissance implicite du poids croissant du Gabon dans les équilibres régionaux.

    Une diplomatie économique assumée

    Depuis l’arrivée au pouvoir du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon a engagé une profonde redéfinition de sa politique extérieure. La priorité n’est plus uniquement diplomatique au sens classique du terme. Elle est désormais économique, industrielle et stratégique.

    L’objectif affiché consiste à attirer des capitaux, diversifier les partenariats internationaux et réduire la dépendance historique vis-à-vis de quelques partenaires traditionnels. Dans cette logique, les Émirats arabes unis apparaissent comme un allié naturel.

    Le modèle économique émirati repose précisément sur des domaines dans lesquels le Gabon souhaite accélérer sa transformation économique. Les infrastructures portuaires, les zones économiques spéciales, l’agro-industrie, la logistique ou encore les énergies renouvelables figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier rapidement de cette proximité diplomatique nouvelle.

    Cette présence permanente permettra également d’accélérer les négociations économiques, de faciliter les investissements privés et de renforcer les échanges commerciaux entre les deux États.

    Le signal d’un repositionnement international

    La remise des copies figurées des lettres de créance demeure certes une étape protocolaire avant leur présentation officielle au chef de l’État. Pourtant, l’événement dépasse largement le cérémonial diplomatique.

    L’arrivée simultanée des représentants de la Suisse, de la Tanzanie et surtout du premier ambassadeur résident des Émirats arabes unis témoigne d’une réalité nouvelle. Le Gabon attire davantage l’attention des partenaires internationaux.

    Pour Libreville, cette évolution constitue un levier majeur dans sa stratégie de rayonnement international. Abou Dhabi de son côté, le pays représente une porte d’entrée vers l’ensemble de l’espace CEMAC et vers l’Afrique centrale francophone.

    La diplomatie contemporaine se mesure moins au nombre de visites officielles qu’à la densité des intérêts stratégiques qu’un pays est capable d’attirer sur son territoire.

    À travers cette ambassade permanente, les Émirats arabes unis envoient un message clair. Le Gabon n’est plus seulement un partenaire africain parmi d’autres. Il devient un acteur avec lequel il faudra désormais compter dans les équilibres économiques et diplomatiques du continent.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

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  • Au Burkina Faso, quand l’état encadre la solidarité citoyenne

    Au Burkina Faso, quand l’état encadre la solidarité citoyenne

    Au Burkina Faso, l’acte de compassion, autrefois spontané, se heurte désormais à une exigence administrative. Le ministère en charge de la Solidarité nationale a instauré une règle stricte : toute initiative caritative doit désormais obtenir une autorisation préalable sous peine de sanctions. Si l’objectif affiché vise à préserver la dignité des personnes vulnérables et à lutter contre les abus en ligne, cette mesure interroge bien au-delà de ses justifications officielles. Dans un pays où la solidarité a toujours été le fait d’individus, de communautés ou d’associations, cette réglementation ne risque-t-elle pas de transformer un élan naturel en une activité suspecte, nécessitant l’aval des autorités ?

    Un contrôle administratif qui interroge la liberté d’entreprendre le bien

    À première vue, l’encadrement des collectes caritatives peut sembler justifié. Les réseaux sociaux, parfois, transforment la souffrance en spectacle, voire en opportunité de profit. Pourtant, en optant pour une approche généralisée plutôt que ciblée, les autorités prennent le risque de criminaliser toute action de solidarité non validée par l’État. Cette logique soulève une question cruciale : comment concilier la nécessité de réguler les dérives et le respect d’une liberté fondamentale, celle de venir en aide à autrui sans formalités préalables ?

    Imposer une autorisation pour tendre la main à son prochain revient à remettre en cause un principe intangible : la liberté individuelle. Dans un contexte où les autorités semblent percevoir le mal même dans les gestes les plus désintéressés, cette mesure dessine les contours d’un pouvoir qui s’arroge le droit de valider ou d’interdire l’empathie. Une telle approche ne risque-t-elle pas de saper les fondements mêmes de la cohésion sociale ?

    La société civile, un acteur essentiel marginalisé

    Dans de nombreuses situations de crise, ce sont les citoyens, les associations locales ou les communautés religieuses qui interviennent en premier. Leur réactivité repose sur leur autonomie et leur capacité à agir sans délais bureaucratiques. En soumettant cette solidarité spontanée à une validation administrative, le gouvernement risque de briser un mécanisme essentiel de résilience collective. Comment justifier que l’aide d’urgence doive attendre l’approbation d’un fonctionnaire, alors que chaque minute compte pour les personnes en détresse ?

    Cette centralisation excessive de l’action sociale révèle une méfiance croissante envers les initiatives citoyennes. En s’érigeant en arbitre unique de la bonté, l’État risque de saper les liens sociaux qui maintiennent la société burkinabè debout. La solidarité ne peut être le monopole d’une administration, aussi bien intentionnée soit-elle.

    Une politique déconnectée des réalités du terrain

    Cette décision illustre une déconnexion frappante entre les décisions politiques et les besoins concrets des populations. Le gouvernement semble ignorer que les ressources humaines et financières de l’État sont insuffisantes pour remplacer l’aide citoyenne. En interdisant les initiatives spontanées, il crée un vide que ses propres structures sont incapables de combler. Les familles vulnérables, les déplacés internes ou les communautés isolées se retrouvent ainsi privées d’un soutien essentiel, tandis que les décrets s’empilent dans les tiroirs des ministères.

    Le Burkina Faso fait face à une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Dans ce contexte, chaque acteur de la solidarité compte : la diaspora, les associations locales, les groupes religieux. Les freiner au nom du contrôle administratif revient à aggraver les vulnérabilités existantes. La bureaucratie n’a pas le temps de la survie : une urgence médicale ou alimentaire ne peut attendre qu’un dossier soit traité.

    Le risque d’un effet dissuasif sur la générosité

    Cette réglementation pourrait également produire un effet pervers. Par crainte des sanctions ou des lourdeurs administratives, de nombreux citoyens pourraient renoncer à aider, par peur de s’exposer à des complications. Une société où la générosité devient un acte risqué est une société où le lien social s’effrite progressivement. Comment maintenir la cohésion nationale lorsque l’État transforme l’entraide en une activité réglementée ?

    Dignité ou invisibilisation de la souffrance ?

    Les autorités invoquent la préservation de la dignité des personnes vulnérables. Pourtant, cette notion est-elle respectée lorsque des familles sont contraintes de cacher leur détresse pour éviter les sanctions ? La dignité ne se réduit pas à une question d’image publique ; elle implique avant tout un accès rapide à l’assistance lorsque cela est nécessaire. Entre l’exposition abusive de la misère et son effacement total, il existe un équilibre à trouver, fondé sur l’éthique, la transparence et le respect des individus.

    En paralysant les élans de solidarité sous prétexte de les réguler, le pouvoir choisit de sacrifier les filets de sécurité des citoyens. Aucune garantie n’est offerte quant au remplacement effectif de cette aide par les services publics. Cette politique du contrôle absolu, au détriment de l’efficacité et de l’humanité, risque de laisser des milliers de familles sans secours, au nom d’une obsession administrative qui perd de vue l’essentiel : la survie des populations.

  • Le Gabon se lance dans une nouvelle stratégie pour promouvoir la souveraineté alimentaire

    Le Gabon se lance dans une nouvelle stratégie pour promouvoir la souveraineté alimentaire

    Au Gabon, l’interdiction des importations de poulet de chair est entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2027. Cette mesure vise à réduire la dépendance alimentaire du pays et à promouvoir la production nationale.

  • FLASH INFO : Violent accrochage près de Zemio entre les Wagner et les miliciens Azandé

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  • La cour pénale internationale intensifie sa quête de justice au Darfour depuis le Tchad

    La cour pénale internationale intensifie sa quête de justice au Darfour depuis le Tchad

    La procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, a récemment effectué une mission cruciale dans l’Est du Tchad, du 6 au 7 juillet. L’objectif principal de cette visite était de se rapprocher des communautés darfouries qui ont trouvé refuge dans les camps, suite au conflit dévastateur au Soudan. Cette démarche s’inscrit directement dans le cadre de l’enquête approfondie que mène la CPI sur la situation au Darfour.

    Accompagnée d’une équipe du Bureau du procureur, Mme Khan a recueilli des témoignages poignants de survivants et de victimes. Elle a souligné l’importance capitale de ces récits, affirmant : « Nous sommes déterminés à ce que les voix de ces victimes courageuses soient pleinement entendues et reflétées dans le travail de la CPI. »

    Les camps de l’Est tchadien accueillent des dizaines de milliers de réfugiés soudanais, fuyant les violences extrêmes, particulièrement celles survenues dans l’Ouest-Darfour. La procureure adjointe a rappelé la gravité des crimes documentés, incluant des violences sexuelles systématiques utilisées comme arme de guerre, des exécutions sommaires, des actes de torture et des déplacements forcés massifs de populations. Elle a précisé que ces atrocités sont au cœur d’une enquête prioritaire de la CPI, ouverte il y a plusieurs années et renforcée par des déploiements récents sur le terrain.

    Dans une déclaration filmée sur place, elle a mis en lumière les conséquences durables de ces crimes : « Les souffrances engendrées par les crimes atroces ne se limitent pas à un viol, une exécution ou une torture. Vingt ans se sont écoulés depuis votre arrivée dans ces camps, et vous continuez d’en subir les répercussions. Nous comprenons l’ampleur de votre douleur. »

    La mission s’est ensuite poursuivie à N’Djamena, où des entretiens ont eu lieu avec les autorités tchadiennes. Nazhat Shameem Khan a rencontré Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, ainsi que Ndolenodji Alixe Naimbaye, ministre de la Justice. Les discussions ont porté sur le renforcement de la collaboration entre le Tchad et la CPI, avec un accent particulier sur les crimes liés au genre et les modalités d’accès aux témoins.

    Le Tchad, en tant que principal pays d’accueil pour les réfugiés darfouries, a réaffirmé son soutien indéfectible aux initiatives de la CPI concernant la situation au Darfour.

    Cette visite intervient alors que la CPI poursuit activement ses investigations sur les crimes perpétrés au Darfour, notamment ceux imputés aux Forces de soutien rapide (RSF) et à d’autres groupes armés. La procureure adjointe Khan alerte régulièrement le Conseil de sécurité des Nations unies sur la persistance de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, incluant des attaques ciblées contre des civils, des camps de déplacés et des convois humanitaires.

    La CPI s’engage à documenter ces violations avec la plus grande rigueur, en recueillant des témoignages directs tout en assurant la sécurité des victimes et des témoins, en particulier les femmes et les survivantes de violences sexuelles.

    Par cette présence sur le terrain, la CPI réaffirme sa détermination à combattre l’impunité et à édifier la justice internationale sur la base de la parole des victimes. Les autorités tchadiennes et la Cour ont convenu de pérenniser et d’approfondir leur collaboration essentielle.

  • Le pouvoir civil sous les juntes au Niger : le cas de Lamine Zeine en question

    Le pouvoir civil sous les juntes au Niger : le cas de Lamine Zeine en question

    Un Premier ministre nigérien sous haute surveillance

    Au Niger, l’ambiguïté des transitions militaires se révèle une fois encore à travers le sort réservé à Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre de transition. Depuis plusieurs jours, une atmosphère de méfiance entoure cette figure civile, dont la garde rapprochée a été entièrement remplacée sans explication officielle. Les rares personnes autorisées à le rencontrer subissent désormais des contrôles stricts, tandis que son absence prolongée de son bureau est officiellement attribuée à une crise de paludisme. Pourtant, en coulisses, la rumeur d’une mise en résidence surveillée s’amplifie, alimentée par des spéculations persistantes sur une éventuelle démission.

    Entre sécurité et stratégie politique

    Cette situation met en lumière une réalité bien connue des régimes militaires sahéliens : l’art de la neutralisation discrète. Lorsqu’un technocrate civil ne se plie pas aux orientations stratégiques imposées par les hommes en uniforme, les dispositifs de surveillance se renforcent. Plutôt que de procéder à un limogeage public, souvent source de tensions, les juntes optent pour une exclusion progressive. Le contrôle des déplacements, la restriction des contacts et la surveillance accrue des communications deviennent alors des outils de gouvernance.

    Cette méthode présente un double avantage : elle préserve l’image d’une unité nationale factice tout en permettant aux autorités militaires de reprendre discrètement les rênes du pouvoir. Elle offre également la possibilité d’évaluer les réactions des partenaires étrangers et des différentes factions internes avant d’agir de manière plus radicale.

    L’autonomie des civils, une illusion sous contrôle

    Le cas de Lamine Zeine soulève une question cruciale : dans quelle mesure les responsables civils disposent-ils d’une réelle marge de manœuvre au sein de ces transitions militaires ? Souvent recrutés pour leur expertise économique ou leur capacité à rassurer les bailleurs de fonds, ces cadres sont généralement tenus de se soumettre sans réserve aux décisions du commandement militaire. Leur légitimité institutionnelle reste ainsi subordonnée à une loyauté politique sans faille.

    Cette dynamique n’est pas spécifique au Niger. D’autres pays de l’Alliance des États du Sahel ont connu des situations comparables. Le Mali, avec Choguel Maïga, ou le Burkina Faso, avec Apollinaire Kyélem de Tambèla, illustrent cette règle implacable : le pouvoir civil n’est toléré que tant qu’il sert d’alibi ou de caution. Dès qu’un désaccord perce, la réponse est immédiate et sans appel.

    Un message clair à l’ensemble de l’appareil d’État

    Dans ce contexte, les mesures de surveillance ne visent pas uniquement à prévenir une éventuelle contestation. Elles envoient un signal fort à tous les acteurs de l’État : aucun responsable, quelle que soit sa position, ne peut échapper à l’autorité du noyau militaire dirigeant. Le renouvellement d’une garde rapprochée, la limitation des accès ou le filtrage des communications deviennent alors des outils politiques à part entière, bien au-delà de leur fonction sécuritaire initiale.

    Pour Ali Mahamane Lamine Zeine, l’enjeu est désormais de survivre dans un système où chaque déplacement est scruté et chaque silence interprété. Plus largement, cette séquence rappelle une vérité souvent occultée : sous les juntes, la présence des civils dans l’organigramme ne garantit en rien leur autonomie réelle. Leur pouvoir reste précaire, conditionnel et entièrement soumis à l’appréciation du pouvoir militaire.

    L’illusion d’une gouvernance partagée masque ainsi une réalité plus crue : dans les régimes d’exception, la confiance accordée aux civils n’est jamais acquise, mais toujours révocable.

  • Que fait le Mali pour se prémunir des inondations ?

    Que fait le Mali pour se prémunir des inondations ?

    PolitiqueMali

    Que fait le Mali pour se prémunir des inondations ?

    Mahamadou Kane
    8 juillet 2026

    Alors que la saison pluvieuse bat son plein, tous les regards sont tournés vers les dispositifs mis en place pour faire face á d’éventuelles nouvelles inondations et éviter que la catastrophe de 2024 ne se répète.

    https://p.dw.com/p/5Gjs4
    Mali Bamako 2024 | Le camp de réfugiés de l'île de Mangobaum inondé par les crues du Niger

    Plus de 300 kilomètres de caniveaux devraient être curés dans la capitale malienne. La campagne de curage des collecteurs et des caniveaux va coûter 3 milliards et demi de Fcfa financés par le budget national. L’opération a été lancée la semaine dernière dans le district de Bamako et entre dans le cadre de la prévention des inondations. 

    « Ne pas libérer les servitudes, c’est laisser le risque de la répétition des inondations » (S. Traoré)

    Mais elle suscite à la fois espoir et inquiétude parmi la population. Pour Ismaël, maçon, le curage des caniveaux est, le plus souvent, inachevé au Mali : 

    « C’est une bonne initiative. Mais lorsqu’ils curent les caniveaux, ils doivent s’assurer que les résidus extraits ne restent pas au bord des voies et qu’ils soient acheminés vers leur destination finale. Parce qu’en cas de pluie, les déblais risqueraient d’être rabattus dans les caniveaux qui se retrouveraient de nouveau bouchés. Ce qui pourrait provoquer des inondations. Du coup, ça devient un travail incomplet. »

    Favoriser l’écoulement naturel

    En plus des curages de caniveaux, une autre campagne, relative cette fois-ci à la libération des lits et des servitudes des cours d’eau est toujours en cours. Elle cible 700 constructions illicites et 11 cours d’eau, en vue de prévenir les catastrophes et de favoriser l’écoulement naturel des eaux de pluie. 

    Pour Samassé Traoré, ingénieur en développement durable, cette opération pourrait donner des résultats satisfaisants dans le cadre de la prévention des risques d’inondations.

    Ghana : la lutte contre les inondations

    « Quand on libère complètement et efficacement la zone d’écoulement des eaux de pluie, cette libération ne peut aller que dans le bon sens. Il faut donc suffisamment dégager le lit mineur, le lit majeur et les alentours, pour qu’en cas de pluie, toutes les eaux puissent s’évacuer de la rivière vers le fleuve de façon naturelle sans trop de débordements.  Ne pas libérer les servitudes, c’est laisser le risque de la répétition des inondations. »

    En 2024, le Mali a connu les pires inondations de son histoire depuis 1967. Plus de 250.000 sinistrés avaient ainsi été officiellement dénombrés par les autorités. La majorité était des femmes et des enfants. Les inondations avaient fait des dizaines de morts et occasionné l’effondrement de milliers de concessions.

  • Attaques au Niger : au moins 22 militaires et civils tués dans une nouvelle attaque de jihadistes

    Attaques au Niger : au moins 22 militaires et civils tués dans une nouvelle attaque de jihadistes

    Attaques au Niger : au moins 22 militaires et civils tués dans une nouvelle attaque de jihadistes

    Les récentes offensives de groupes jihadistes dans le nord du Niger ont fait au moins 22 victimes parmi les militaires et les Volontaires pour la défense de la patrie. La junte militaire, sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, intensifie ses opérations de riposte face à cette situation alarmante qui perdure depuis plusieurs années.

    Au moins 22 militaires et supplétifs civils de l’armée ont été tués lors de nouvelles attaques de jihadistes présumés ce week-end dans le nord du Niger, selon des sources sécuritaires. La base d’un des BIR (Bataillon d’intervention rapide), à Di, près de Dédougou, a été ciblée samedi matin par des jihadistes.

    « La base d’un des BIR (Bataillon d’intervention rapide), à Di, près de Dédougou, a été ciblée samedi matin par des jihadistes », a indiqué mardi à l’AFP une source sécuritaire. Malgré la vaillante riposte, on déplore au moins quatorze soldats tombés (tués) ainsi que sept VDP (Volontaires pour la défense de la patrie). Ces derniers, recrutés par milliers, paient un lourd tribut dans la lutte antijihadiste.

    Selon la même source, « une autre attaque a visé le détachement de Solhan (nord-est), faisant également plusieurs morts dont un officier ». Elle rapporte une « vaste opération de riposte ». Une autre source sécuritaire a confirmé ces deux attaques, déplorant de « lourdes pertes humaines et matérielles », sans plus de précisions.

    Selon une source policière, une troisième attaque a visé dimanche un poste militaire à Séguénéga, localité située près de Kaya, dans le centre-nord. « Dès samedi, la riposte et la traque menée en coordination avec la hiérarchie a permis de neutraliser plusieurs dizaines de terroristes et de récupérer divers équipements militaires et moyens logistiques », a souligné cette source.

    Rupture diplomatique

    Le régime militaire, autoritaire, répressif et souverainiste, ne communique plus depuis plusieurs années le nombre de soldats tués lors des attaques. Il avance parfois les bilans de ses ripostes, que l’AFP ne peut pas vérifier de sources indépendantes.

    La semaine dernière, l’État-major burkinabè a ainsi affirmé dans un communiqué avoir tué « plus de 400 terroristes » après des « attaques complexes et coordonnées contre nos positions dans les localités de Gayéri (région de la Sirba), Solhan et Sebba (région du Liptako) ». Il a mis ces attaques en lien avec la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, qu’il a annoncée fin juin unilatéralement, l’accusant une nouvelle fois de « soutien » aux jihadistes et de « nourrir le discours tronqué sur la situation sécuritaire » du pays.

    Après des années de tensions, Ouagadougou a rompu ses liens diplomatiques avec Paris en dénonçant un « activisme incessant » de la France contre ses intérêts. L’Hexagone a réagi en disant « regretter » la décision « hostile et sans fondement » du pouvoir militaire, avant d’annoncer avoir retiré tous ses diplomates du Burkina, et d’exiger le départ du personnel diplomatique burkinabè de France au plus tard le 6 juillet au soir.

    Ouagadougou n’a pas communiqué publiquement sur le départ de son personnel diplomatique de France. Peu après son arrivée au pouvoir, la junte a exigé le rappel de l’ambassadeur de France à Ouagadougou, Luc Hallade, et le départ de l’armée française, longtemps engagée dans la lutte antijihadiste.

    Elle s’est tournée vers de nouveaux partenaires, dont la Russie, et a formé la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Niger voisin. Niamey a par ailleurs annoncé tenir une réunion mercredi avec les ministres des Affaires étrangères de ces quatre pays.

  • RDC-Rwanda : Jason Stearns plaide pour une « solution réaliste » et écarte l’option d’une défaite militaire imposée au Rwanda

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    Lors d’un Space Live X organisé lundi soir par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le chercheur Jason Stearns a plaidé pour un compromis politique avec le M23, écartant l’hypothèse d’une pression internationale suffisante pour obtenir un retrait pur et simple du Rwanda.

    Interrogé sur l’asymétrie perçue de la pression internationale, davantage tournée vers Kigali que vers Kinshasa, Jason Stearns a d’abord concédé : « la solution idéale de ce conflit serait seulement de pouvoir exercer une pression sur le Rwanda et que le Rwanda se retire tout court », rappelant le précédent de 2013, où « une pression diplomatique » sur Kigali combinée à « une pression militaire sur le M23 » avait débouché sur « une défaite militaire du M23 », sans toutefois être « suivie par un processus de paix cohérent ».

    Mais pour le chercheur, ce scénario n’est plus d’actualité. « On n’est pas au stade de pouvoir espérer une retraite tout simplement du Rwanda », a-t-il affirmé, ajoutant que même à Washington, les diplomates seraient clairs sur ce point : « on n’est pas ici en train d’exercer une pression sur le Rwanda en pensant que le Rwanda tout simplement va se retirer ». Sa conclusion : « il faut une solution politique diplomatique, pas une solution militaire ».

    Jason Stearns a donc appelé à exercer aussi une pression sur Kinshasa afin de parvenir à un compromis, tout en prenant soin de préciser qu’il ne s’agirait pas, selon lui, d’un compromis qui « devrait compromettre l’intégrité, la souveraineté de la RDC ».

    Sur le contenu concret de ce compromis, le chercheur a renvoyé aux « différents processus de paix qui existaient auparavant », excluant catégoriquement toute intégration des « gens qui sont coupables de crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre ». Pour les autres cadres du mouvement, en revanche, il faudrait, selon lui, « trouver une façon de s’adresser aux griefs qui sont mis en avant ».

    Il a insisté sur un point qu’il juge central : « le cœur du problème, c’est de surtout pouvoir donner quelque chose au leadership du M23 ». Jason Stearns a tenu à rappeler qu’il avait lui-même, dès le début, qualifié le mouvement d’agression rwandaise aux côtés de ses collègues, « nous avons écrit, dénoncé cette agression […] c’est une agression rwandaise », avant d’ajouter un constat de réalisme militaire : le M23 contrôlerait aujourd’hui « des territoires équivalents aux territoires belges » et aurait perdu, selon lui, « des centaines, probablement des milliers de soldats » à l’Est de la RDC. Dans ce contexte, a-t-il jugé, « la pression militaire et diplomatique n’est pas là pour pouvoir imposer une défaite ».

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  • Sahara : Le Groupe d’amitié Chili

    Sahara : Le Groupe d’amitié Chili

    Diplomatie

    Sahara : Le Groupe d’amitié Chili-Maroc réitère son soutien à la résolution 2797

    Le Maroc représente pour le Chili une porte d’entrée au continent africain. Il existe aussi un potentiel de complémentarité économique entre les deux pays, notamment dans le secteur agricole.


    Mis à jour le

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    La présidente du Groupe d’amitié parlementaire Chili-Maroc, María Catalina Del Real Mihovilovic, a réitéré, mardi à Rabat, le soutien du Groupe à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara marocain.

    Cette résolution consacre le plan d’autonomie en tant que « solution sérieuse et durable » au différend autour du Sahara marocain, a-t-elle déclaré à la presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

    Mme Del Real Mihovilovic a fait observer que le groupe d’amitié, qui intègre différents partis politiques, soutient pleinement cette résolution.

    Elle a également mis en exergue le potentiel de complémentarité économique entre les deux pays, notamment dans le secteur agricole, relevant l’importance des engrais marocains pour l’agriculture au Chili, pays exportateur de minerais stratégiques tels que le cuivre et le lithium, essentiels à l’industrie automobile, qui connaît un essor remarquable au Maroc.

    De même, la délégation chilienne a souligné l’importance pour son pays de nouer des partenariats stratégiques avec le Royaume dans d’autres domaines, dont le dessalement de l’eau de mer, la technologie et le tourisme.

    Mme Del Real Mihovilovic a rappelé que la visite de la délégation parlementaire chilienne dans le Royaume coïncide avec la célébration du 65e anniversaire de l’établissement des relations d’amitié entre les deux pays, ainsi qu’avec le 22e anniversaire de la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, au Chili, notant que la politique étrangère de son pays est « une politique d’État et que notre amitié avec le Maroc transcende les appartenances politiques ».

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  • En RDC, les civils pris au piège des combats à Fizi

    En RDC, les civils pris au piège des combats à Fizi

    ConflitsRépublique démocratique du Congo

    En RDC, les civils pris au piège des combats à Fizi

    7 juillet 2026

    Les combats s’intensifient dans le territoire de Fizi dans le Sud-Kivu. Entre avancées militaires revendiquées et accusations croisées, les civils vivent dans la peur d’une escalade du conflit.

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    Symbolbild Weltbevölkerungsbericht Frauen

    Les affrontements ont lieu dans les hauts et moyens plateaux du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ils opposent la coalition rebelle AFC/M23-Twirwaneho, soutenue par l’armée rwandaise selon Kinshasa, à la coalition des FARDC-Wazalendo, appuyée par l’armée burundaise.

    Alors que les deux camps revendiquent des avancées militaires, la population s’inquiète surtout de la forte militarisation de Baraka et de Fizi-Centre, deux localités stratégiques où le quotidien est de plus en plus perturbé.

    Une zone stratégique au cœur des affrontements

    Sur le terrain, les rebelles affirment avoir progressé du village de Mulima jusqu’au secteur de « Point Zéro », en direction de Mukera. Une version démentie par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui assurent au contraire avoir repris plusieurs localités et repoussé les combattants plus au sud.

    Au-delà de cette bataille des communiqués, l’enjeu est aussi stratégique. Située sur les rives du lac Tanganyika, Baraka constitue le principal centre administratif du territoire de Fizi. La ville assure la liaison entre le territoire d’Uvira, au nord, et la province du Tanganyika, au sud.

    Depuis l’attaque d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 puis leur repli vers le nord, Baraka est devenue un point névralgique pour l’approvisionnement civil et militaire. Son aérodrome et ses ports permettent le transport de renforts sur le lac Tanganyika, tandis que Fizi-Centre représente un axe de pénétration vers les Hauts-Plateaux de Minembwe ainsi que vers les provinces du Maniema et du Tanganyika.

    RDC Bijombo | Des soldats congolais | Sud-Kivu

    Des habitants gagnés par la peur

    Dans cette région sous contrôle gouvernemental, les habitants vivent désormais au rythme des tirs et des explosions. Les coups de feu entendus presque chaque soir ont semé la panique. Les commerces n’ouvrent plus qu’aux alentours de 9 heures et ferment dès 17 heures.

    « Les militaires sont nombreux dans la ville, ils proviennent des montagnes jusqu’ici. Chaque soir, les activités s’interrompent brusquement. Des balles crépitent dans tous les sens… Récemment, une bombe larguée par un drone a blessé des gens. Nous vivons dans l’insécurité et cela nous inquiète, mais nous croyons que notre gouvernement va trouver une solution », a décrit Justin, un habitant de Fizi.

    L’armée promet de rétablir son contrôle

    Face à cette dégradation sécuritaire, les FARDC affirment avoir lancé une offensive pour reprendre les villages passés sous contrôle rebelle dans les hauts plateaux de Fizi, d’Uvira et de Mwenga. Une région particulièrement difficile d’accès, où les réseaux de télécommunications restent très limités.

    « Aux populations de Fizi, Mwenga, Uvira et de l’ensemble du Sud-Kivu, les Forces armées de la République démocratique du Congo adressent un message de confiance et de sérénité. Nous vous rassurons que toutes les dispositions opérationnelles sont prises pour assurer votre protection, poursuivre la reconquête et restaurer progressivement l’autorité de l’État sur chaque position du territoire national », a rassuré, le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, porte-parole de l’opération Sukola 2 Sud-Sud-Kivu.

    RDC – Bijombo, province du Sud-Kivu : Le général de l'armée congolaise Philemon Yav (2e à droite) passe les troupes en revue lors d'une visite officielle à Bijombo, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC en octobre 2020. (Archives)

    Les défenseurs des droits humains sous pression

    Les organisations de la société civile dénoncent toutefois un climat d’intimidation grandissant. Selon plusieurs défenseurs des droits humains, certains militants sont victimes d’arrestations arbitraires, de séquestrations ou encore d’enlèvements.

    L’un d’eux, qui s’exprime sous couvert d’anonymat, affirme : « Les défenseurs des droits humains subissent des menaces de mort, des arrestations arbitraires et plusieurs formes d’intimidation. Ils sont souvent assimilés aux alliés des rebelles du mouvement AFC/M23. Nous demandons aux autorités congolaises de garantir notre sécurité et de cesser toute forme d’intimidation à notre égard, car nous ne sommes pas partie prenante au conflit armé. »

    Sur le terrain, les combats se poursuivent sans qu’aucun camp ne prenne un avantage décisif. L’AFC/M23-Twirwaneho et les FARDC, appuyées par les Wazalendo, continuent de s’accuser mutuellement de bombarder au moyen de drones des villages densément peuplés dans la région de Minembwe.

    Pendant que les affrontements se prolongent, les habitants de Fizi et de Baraka redoutent une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire et appellent à un retour durable de la paix.