Catégorie : Actualités

  • Côte d’Ivoire : une promotion historique en management de l’économie numérique démarre son stage professionnel

    Une première promotion pionnière en management de l’économie numérique en stage à Abidjan

    La capitale économique ivoirienne, Abidjan, a été le théâtre d’un événement marquant pour l’avenir du numérique en Afrique de l’Ouest. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique a donné le coup d’envoi officiel, le 22 juin 2026, des stages de validation pour les étudiants de la première promotion en management de l’économie numérique de l’École multinationale supérieure des postes (EMSP). Cette initiative, inédite à l’échelle régionale, vise à préparer les futurs leaders capables de porter la transformation digitale en Côte d’Ivoire et au-delà.

    Un parcours académique renforcé par une immersion professionnelle de trois mois

    Ce stage, d’une durée de trois mois, s’inscrit comme une étape clé pour les 100 étudiants de Licence 3 (L3) inscrits dans ce programme pilote. Il ne se limite pas à une simple application des connaissances théoriques : il représente une opportunité unique de développer des compétences pratiques et transversales. À l’issue de cette période, chaque apprenant devra soutenir un rapport devant un jury, validant ainsi son parcours académique et professionnel.

    Répartis dans 43 structures publiques, parapubliques et privées, les stagiaires seront opérationnels du 22 juin au 22 septembre. Pour faciliter leur intégration, un soutien financier équivalent à trois mois de bourse leur a été octroyé. Cette aide couvre notamment les frais de transport, essentiels pour se rendre sur leurs lieux de stage à travers la ville.

    Des valeurs et des responsabilités pour une génération de pionniers

    Lors de la cérémonie de lancement, le ministre Djibril Ouattara a rappelé avec fermeté l’importance historique de ce moment. Il a interpellé les étudiants sur leur rôle de « pionniers » d’un nouveau modèle éducatif et professionnel :

    « Vous n’êtes pas une promotion comme les autres. Vous incarnez l’avenir de la transformation numérique de nos États. Votre parcours ne se limite pas à l’obtention d’un diplôme : vous devenez les ambassadeurs de ce programme, les visages de l’excellence académique et professionnelle. Soyez rigoureux, intègres, disciplinés et audacieux. Votre curiosité et votre force de proposition feront la différence dans un secteur en constante évolution. »

    Le directeur général de l’EMSP, Michel Touré, a également pris la parole pour mettre en lumière la singularité de cette formation. Contrairement aux parcours traditionnels, ce programme ne forme ni ingénieurs ni techniciens, mais des profils polyvalents capables d’évoluer dans tous les écosystèmes :

    « Nous avons construit une nouvelle génération d’étudiants, adaptables et capables d’accompagner tous les systèmes, qu’ils soient traditionnels ou émergents. Leur force réside dans leur capacité à naviguer entre les secteurs, du numérique à la logistique en passant par le marketing digital. »

    L’EMSP : une institution interafricaine en pleine mutation

    Fondée en 1970 sous l’égide de l’Union postale universelle (UPU), l’École multinationale supérieure des postes (EMSP) est un établissement d’excellence qui rassemble huit pays africains : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. Initialement dédiée à la formation des cadres des administrations postales et des services financiers postaux, l’école a su évoluer pour répondre aux défis du numérique.

    Son offre pédagogique s’est diversifiée pour couvrir des métiers émergents, tels que l’économie numérique, la logistique intelligente, le marketing digital et la finance digitale. Cette adaptation reflète une vision stratégique : former des professionnels capables de concilier tradition et innovation, tout en répondant aux besoins des secteurs publics et privés.

    Une cérémonie sous le signe de l’engagement collectif

    La cérémonie de mise en stage, organisée à l’auditorium de la Tour Postel 2001, a réuni plusieurs personnalités. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, ainsi que l’ambassadeur de Mauritanie en Côte d’Ivoire, S.E.M. Mohamed Abdallah, étaient présents pour représenter les États membres de l’EMSP. Leur présence a souligné l’importance accordée à cette initiative, tant au niveau national qu’international.

  • Ouverture progressive de la frontière Bénin-Niger : un pas vers le rétablissement des liens

    Ouverture progressive de la frontière Bénin-Niger : un pas vers le rétablissement des liens

    L’espoir renaît à la frontière bénino-nigérienne : vers une réouverture historique

    Délégation nigérienne en discussion avec la partie béninoise à Cotonou pour la réouverture de la frontière

    Après trois années de blocage frontalier et de tensions persistantes, le Niger et le Bénin amorcent une nouvelle phase de coopération. Les deux pays, liés par une histoire commune, semblent enfin prêts à tourner la page d’une crise qui a paralysé leur économie et fragilisé leurs échanges.

    Dans un contexte où les populations des deux côtés de la frontière subissaient les conséquences de cette fermeture, les autorités des deux États ont engagé des négociations intensives à Cotonou ce week-end. Ces échanges, menés par des hauts responsables, ont abouti à des accords prometteurs pour une réouverture prochaine des frontières.

    Une délégation nigérienne de haut niveau, dirigée par le général de division Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a participé à ces discussions. Les deux parties ont validé des mesures concrètes pour relancer leur coopération bilatérale, notamment en matière de sécurité et de transit des marchandises.

    Ce que l’on sait des avancées concrètes

    Files de camions en attente à la frontière du Bénin et du Niger en 2023

    Les négociations de Cotonou ont permis de finaliser plusieurs points clés pour une normalisation durable des relations entre les deux pays :

    • Coopération sécuritaire renforcée : Les deux pays s’engagent à mieux coordonner leurs efforts contre les menaces transfrontalières et à partager des informations stratégiques.
    • Exonération des taxes sur le transit : Une mesure visant à faciliter les échanges commerciaux et à réduire les coûts pour les transporteurs.
    • Révision des charges douanières : Adaptation des frais pour favoriser un commerce plus fluide et équitable.
    • Interdiction de certaines marchandises : Mise en place de règles strictes pour éviter les trafics et les produits illicites.
    • Règlement des contentieux en suspens : Les deux gouvernements ont convenu de régler les litiges hérités de la crise pour éviter de nouvelles tensions.

    Le général Mohamed Toumba a salué ces avancées en déclarant : « Nous avons posé les bases d’une coopération sécuritaire et économique solide. Le dialogue est la seule voie pour construire un avenir prospère pour nos peuples. »

    Le ministre béninois de l’Industrie et du Commerce, Oleshegun Adjadi Bakari, a également exprimé sa satisfaction : « Après 48 heures de travail intense, nous formons désormais une équipe unie avec un objectif commun : rétablir la confiance et relancer les échanges entre nos deux nations. »

    Ces décisions doivent désormais être validées par les autorités des deux pays avant leur mise en œuvre. Une étape décisive pour concrétiser cette réouverture tant attendue.

    Romuald Wadagni, l’architecte du retour du dialogue

    Le président béninois Romuald Wadagni lors de sa visite officielle au Niger en juin 2026

    Le changement de régime au Bénin en avril 2026 a marqué un tournant dans les relations entre les deux pays. Dès sa prise de fonction, le président Romuald Wadagni a engagé une politique de réconciliation avec Niamey.

    Dès le 2 juin 2026, soit une semaine après son investiture, il s’est rendu au Niger pour une visite officielle. Cette démarche audacieuse a permis de rompre la glace et d’ouvrir la voie à des discussions bilatérales.

    Les deux présidents, Abdourahmane Tiani du Niger et Romuald Wadagni du Bénin, avaient alors signé un communiqué conjoint engageant les deux pays à :

    • Créer une commission mixte pour analyser les causes de la fermeture de la frontière en 2023.
    • Lever tous les obstacles à une coopération renforcée dans les domaines sécuritaires et économiques.
    • Relancer les échanges culturels et humains entre les deux populations.

    Cette initiative a donné un coup d’accélérateur aux négociations en cours. Les chauffeurs routiers des deux pays, directement touchés par la crise, expriment leur soulagement et leur espoir de voir cette frontière rouvrir enfin.

    Un représentant des transporteurs nigériens a confié : « Nous rêvons du jour où nos camions pourront à nouveau traverser sans entrave. Cette frontière, c’est notre vie. »

    Les origines d’une crise qui a endeuillé les relations

    Manifestation contre l’intervention militaire au Niger en 2023

    La crise entre le Niger et le Bénin plonge ses racines dans le coup d’État de juillet 2023 au Niger, qui a porté la junte militaire d’Abdourahmane Tiani au pouvoir. Cet événement a provoqué une onde de choc régionale et exacerbé les tensions avec plusieurs pays voisins, dont le Bénin.

    Les autorités nigériennes ont accusé l’ancien président béninois, Patrice Talon, et d’autres dirigeants ouest-africains de vouloir organiser une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger. Une allégation fermement démentie par Cotonou et ses partenaires internationaux.

    Par ailleurs, Niamey a reproché au Bénin d’abriter des troupes françaises, accusées de préparer une invasion du Niger. Paris et Cotonou ont toujours nié ces accusations, mais la méfiance s’est installée durablement.

    Les sanctions de la CEDEAO, incluant la fermeture des frontières, ont aggravé la situation. Les deux pays se sont mutuellement reproché de soutenir des groupes armés et des putschistes, alimentant un climat de suspicion réciproque.

    Cette escalade verbale a fini par paralyser totalement les échanges commerciaux et humains, plongeant les populations frontalières dans une précarité sans précédent.

    Des impacts économiques dévastateurs

    Port de Cotonou : symbole des pertes économiques liées à la crise bénino-nigérienne

    La fermeture prolongée de la frontière a eu des conséquences dramatiques pour les économies des deux pays :

    • Le port de Cotonou, principale porte d’entrée du commerce nigérien, a subi un effondrement de son activité. Les importations et exportations vers le Niger, l’un des plus gros clients du port, ont chuté de manière vertigineuse.
    • Les transporteurs routiers des deux pays ont été les premières victimes. Des centaines de camions se sont retrouvés bloqués pendant des semaines, leurs cargaisons se détériorant sous le soleil.
    • Le Niger, pays enclavé, a dû rediriger une partie de son commerce vers le port de Lomé au Togo, un détour coûteux et risqué en raison des attaques djihadistes au Burkina Faso.
    • Les communautés frontalières ont été privées d’accès aux denrées essentielles, notamment les céréales, provoquant une hausse des prix et une insécurité alimentaire.

    Un transporteur nigérien basé à Cotonou a témoigné : « Avant la crise, mon entrepôt était plein à craquer. Aujourd’hui, il est presque vide. Les affaires sont au point mort. »

    La CEDEAO avait initialement imposé des sanctions au Niger après le coup d’État, aggravant la situation. Mais la fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger a transformé une crise politique en un désastre économique aux répercussions régionales.

    Avec la réouverture en vue, les acteurs économiques des deux pays espèrent un redressement rapide et une relance des échanges commerciaux.

  • Ibrahim Traoré et le prétendu essor économique du Burkina Faso : entre propagande et réalité

    Ibrahim Traoré et le prétendu essor économique du Burkina Faso : entre propagande et réalité

    Depuis qu’il a pris les rênes du pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré a su s’imposer comme une figure centrale du discours souverainiste en Afrique. À travers une communication agressive et une omniprésence sur les réseaux sociaux, les autorités de Ouagadougou s’emploient à promouvoir l’idée d’un redressement économique spectaculaire, censé marquer un tournant décisif pour le pays.

    Ce récit, largement amplifié par des militants panafricanistes et des influenceurs tels que Nathalie Yamb, Franklin Nyamsi ou Kemi Seba, dépeint le Burkina Faso comme le symbole d’une alternative de développement autonome, libérée des contraintes imposées par les anciennes puissances coloniales. Pourtant, derrière cette narration triomphale se cachent des interrogations légitimes quant à la solidité des réalisations évoquées.

    Un discours économique en question

    Plusieurs observateurs, économistes et analystes indépendants appellent à une analyse plus nuancée des annonces officielles. Si certains projets mis en avant – industrialisation accélérée, relance de la production locale, création d’unités de transformation ou encore affirmation d’une souveraineté économique – sont présentés comme des succès incontestables, leur portée réelle reste sujette à caution. Nombre de ces initiatives, selon les critiques, étaient déjà engagées avant la transition actuelle, tandis que d’autres peinent à dépasser le stade des promesses ou manquent de données tangibles pour étayer leur efficacité.

    Les détracteurs du régime dénoncent une stratégie de communication centrée sur des symboles forts et des victoires médiatisées, alors que les défis structurels du Burkina Faso – insécurité persistante, crise humanitaire et tensions sociales – continuent de peser lourdement sur le quotidien des populations.

    Financement controversé et opacité

    Pour financer ses priorités nationales, le gouvernement a instauré des mesures exceptionnelles, comme un prélèvement de 1 % sur les revenus de certains travailleurs ou encore des contributions volontaires. Si les partisans du pouvoir y voient un acte de cohésion patriotique nécessaire, syndicats et acteurs de la société civile réclament une transparence rigoureuse sur l’affectation de ces fonds. Ils exigent notamment la publication de rapports détaillés et la réalisation d’audits indépendants afin de garantir une gestion irréprochable des ressources collectées et de restaurer la confiance des citoyens.

    Des chiffres contestés et des partenariats méconnus

    Les critiques s’interrogent également sur la véracité de certaines affirmations relayées en ligne, comme celle d’un renoncement à plus d’un milliard de dollars d’aides étrangères au nom de l’indépendance économique. Selon eux, cette rhétorique ne reflète pas la réalité des relations du Burkina Faso avec ses partenaires internationaux, qui maintiennent des programmes de coopération significatifs. Le Japon, par exemple, poursuit sa collaboration avec Ouagadougou via des initiatives de développement représentant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Ces éléments, soulignent les observateurs sceptiques, contredisent l’image d’une rupture totale avec les bailleurs traditionnels souvent véhiculée par certains soutiens du régime.

    Pour ces voix dissidentes, ces contradictions alimentent un doute persistant : dans quelle mesure le Burkina Faso peut-il prétendre incarner un modèle économique émergent alors que les difficultés structurelles persistent ?

    Analyse d’une construction médiatique

    Cette enquête se penche sur la genèse du récit d’un « miracle économique » burkinabè, sur le rôle des relais numériques dans sa diffusion et sur l’écart entre l’image projetée et les réalités vécues par les citoyens. Au-delà du cas spécifique du Burkina Faso, elle interroge les frontières souvent floues entre communication politique, mobilisation idéologique et évaluation objective des politiques publiques.

  • Marguerite gnakadé : neuf mois de détention et l’ombre d’un régime inflexible

    Marguerite gnakadé : neuf mois de détention et l’ombre d’un régime inflexible

    Au Togo, l’affaire Marguerite Gnakadé s’est imposée comme un symbole des frictions politiques qui secouent le pays. Ancienne titulaire du ministère des Armées entre 2020 et 2022, elle fut la première femme à occuper ce poste au Togo. Depuis 277 jours, elle est incarcérée après avoir publiquement critiqué la gestion de l’État par Faure Gnassingbé et appelé à une transition démocratique.

    Une figure de l’opposition issue du sérail

    Née au sein même du cercle proche de la famille Gnassingbé, par alliance, Marguerite Gnakadé n’en est pas moins devenue l’une des voix les plus audibles de l’opposition. Ses prises de parole récurrentes dénonçaient l’absence de perspectives pour la jeunesse et les manquements du pouvoir en place. Elle insistait sur la nécessité d’un changement politique pacifique, estimant que la gouvernance actuelle ne répondait plus aux aspirations profondes de la population togolaise.

    L’arrestation et les charges retenues

    Le 17 septembre 2025, son domicile situé à Lomé a été encerclé par les forces de l’ordre avant son interpellation. Les autorités lui attribuent des chefs d’accusation liés à la compromission de la sécurité nationale et à l’encouragement à la sédition. Ces accusations, jugées disproportionnées par ses défenseurs, illustrent selon eux la rigidité du régime à l’égard des dissidences, fussent-elles internes.

    L’opposition et la société civile en alerte

    Pour les militants des droits fondamentaux et les représentants de la société civile, l’incarcération de Marguerite Gnakadé dépasse le cadre judiciaire. Elle incarne une tendance lourde : celle d’un système qui musèle toute velléité de contestation, qu’elle émane de l’extérieur ou, comme dans son cas, de l’intérieur même du pouvoir. Les rapports d’organisations indépendantes soulignent depuis des années la répression accrue des libertés fondamentales, marquée par des arrestations arbitraires et des entraves à l’action des opposants politiques.

    Son parcours, qui l’a vue passer de l’administration centrale à une opposition frontale, renforce la portée symbolique de sa détention. En effet, Marguerite Gnakadé avait longtemps contribué à l’action gouvernementale avant de devenir une figure de la contestation. Son emprisonnement envoie un message clair : au Togo, aucun compromis n’est envisageable avec ceux qui osent défier l’ordre établi.

    Un dossier judiciaire au rythme incertain

    Les observateurs notent que l’instruction de son dossier progresse avec une lenteur qui interroge. Ses proches s’inquiètent par ailleurs de son état de santé, évoquant des conditions de détention qui pourraient aggraver son état. Cette situation suscite des interrogations sur les véritables motivations derrière sa privation de liberté prolongée.

    Les enjeux d’un système politique en question

    Plus de neuf mois après son incarcération, plusieurs interrogations persistent. Pourquoi une personnalité ayant milité pour une gouvernance différente reste-t-elle détenue sans perspective de procès rapide ? Jusqu’où peut s’exercer librement le débat politique au Togo ? Enfin, dans un pays où le pouvoir est exercé sans interruption par la famille Gnassingbé depuis près de soixante ans — d’abord sous Gnassingbé Eyadéma, puis sous son fils Faure Gnassingbé —, quelle place est réellement accordée à la diversité des opinions ?

    Pour ses partisans, cette affaire révèle les limites de l’État de droit au Togo et met en lumière les obstacles rencontrés par ceux qui aspirent à proposer une alternative crédible au régime en place. La détention de Marguerite Gnakadé devient ainsi un test crucial pour évaluer l’engagement du pays envers les principes démocratiques.

  • Hackathon ivoirien : Bioban transforme les déchets agricoles en or vert à yamoussoukro

    Yamoussoukro sacre Bioban champion de l’économie circulaire

    Yamoussoukro a vibré du 17 au 19 juin 2026 lors d’un hackathon dédié à l’économie circulaire, où le projet Bioban s’est distingué comme lauréat national. Cette compétition, organisée à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), visait à stimuler des solutions innovantes face aux défis environnementaux actuels.

    Une compétition axée sur l’innovation et la durabilité

    Sous le thème « Innovation technologique et économie circulaire : zéro gaspillage, impact maximum », l’événement a rassemblé dix équipes formées et accompagnées pendant trois jours. Les participants, issus de divers horizons, ont bénéficié d’un programme intensif mêlant formation, mentorat et prototypage pour proposer des réponses concrètes aux enjeux du tri intelligent des déchets, de la conception de produits biodégradables et de la valorisation des ressources naturelles.

    Un levier clé pour la transition écologique

    Le directeur général adjoint de l’INP-HB, représentant l’institution, a insisté sur le rôle central de l’innovation technologique dans la transition vers une économie circulaire. « Face à l’urgence environnementale, ces solutions deviennent indispensables pour concilier croissance économique et préservation des écosystèmes », a-t-il déclaré. La représentante de la GIZ a souligné l’importance de ce type d’initiatives, intégrées au projet Promotion des réformes économiques et des investissements (ProREI), soutenu par le gouvernement ivoirien et le ministère fédéral allemand du Développement.

    Un accompagnement sur mesure pour les lauréats

    Guy Corée, responsable de l’incubateur de l’INP-HB, a salué la qualité exceptionnelle des projets soumis, qualifiant le niveau des participants de « très élevé ». Six projets, dont les trois finalistes, bénéficieront d’un accompagnement technique et financier de six mois. Ce programme inclut la structuration juridique, l’industrialisation des solutions, l’accès au marché et la recherche de financements.

    Parmi les distingués, Ndiessa Kwaku Boris, ingénieur agronome spécialisé en énergies renouvelables et porteur du projet Bioban, a exprimé sa fierté. Son initiative propose une double solution : convertir les déchets agricoles en biogaz pour la cuisson domestique et en engrais organiques pour restaurer les sols et booster les rendements agricoles. « Ce prix est une reconnaissance de notre engagement pour une agriculture durable et une gestion intelligente des ressources », a-t-il partagé.

  • Le Jnim cible l’aéroport de Niamey : une attaque revendiquée dans un contexte tendu

    Le Jnim cible l’aéroport de Niamey : une attaque revendiquée dans un contexte tendu

    Le Jnim revendique l’attaque contre l’aéroport international de Niamey

    L’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été la cible d’une attaque revendiquée par le Mouvement pour la sauvegarde de l’islam (Jnim) ce matin. Selon les premières informations, une explosion a été signalée près de la zone cargo, entraînant des perturbations majeures dans le trafic aérien de la capitale nigérienne.

    Les autorités aéroportuaires ont confirmé l’incident tout en minimisant l’impact sur les infrastructures. Aucun bilan humain n’a été communiqué pour l’instant, mais les forces de sécurité locales ont été déployées en urgence pour sécuriser le périmètre et mener des investigations.

    Un contexte sécuritaire toujours fragile au Niger

    Cette attaque survient alors que le Niger fait face à une recrudescence des violences terroristes dans plusieurs régions du pays. Les groupes armés, notamment affiliés à des mouvements djihadistes, multiplient les actions visant à déstabiliser les autorités et semer l’inquiétude parmi la population.

    Le Jnim, connu pour ses positions radicales et ses attaques ciblées contre les symboles de l’État, avait déjà menacé de frapper des infrastructures stratégiques au Niger. Cette revendication s’inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir la stabilité du pays et à perturber son développement économique.

    Réactions et mesures immédiates

    Le gouvernement nigérien a réagi avec fermeté, qualifiant cet acte de terrorisme et promettant une réponse sans pitié contre les responsables. Des patrouilles supplémentaires ont été mises en place autour des sites sensibles, tandis que les services de renseignement renforcent leur vigilance.

    Les compagnies aériennes ont été invitées à revoir leurs protocoles de sécurité avant de reprendre leurs opérations. Les voyageurs sont invités à se tenir informés des éventuels changements dans les vols prévus.

    Perspectives et enjeux

    Cette attaque rappelle la vulnérabilité des infrastructures critiques au Niger, malgré les efforts déployés par les forces de défense et de sécurité. Elle soulève également des questions sur la capacité du pays à faire face à la menace terroriste, alors que la communauté internationale continue de soutenir ses initiatives en matière de sécurité.

    Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des dégâts et identifier les éventuelles complicités locales. Une enquête approfondie est en cours pour démanteler les réseaux impliqués et éviter de nouvelles attaques.

  • Gabon : vers une production locale des uniformes militaires

    Gabon : vers une production locale des uniformes militaires

    Gabon : vers une production locale des uniformes militaires

    Une avancée majeure se dessine pour les Forces de défense et de sécurité gabonaises. La Commission des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Défense nationale et de l’Intégration régionale a examiné un projet de loi visant à établir un Atelier dédié à la confection des uniformes militaires. Porté par le ministre d’État, ministre de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, ce texte ambitionne de transformer la chaîne d’approvisionnement des tenues des soldats, aujourd’hui majoritairement importées.

    Cette initiative s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer l’autonomie logistique du Gabon. Brigitte Onkanowa a souligné l’urgence de cette mesure, liée à l’augmentation des effectifs militaires. Selon elle, la dépendance aux fournisseurs étrangers expose le pays à des risques logistiques et financiers considérables. Adopter une production locale permettrait ainsi de sécuriser l’approvisionnement tout en maîtrisant les coûts.

    Un projet sous le signe de la souveraineté et de l’emploi local

    La proposition a reçu un accueil favorable lors des débats parlementaires. Plusieurs députés ont salué son potentiel, tout en exigeant des garanties sur sa concrétisation. L’honorable Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a notamment mis en avant l’opportunité de promouvoir l’emploi local et de valoriser les compétences nationales. Il a insisté sur la nécessité d’atteindre une qualité de production comparable, voire supérieure, à celle des uniformes importés.

    De son côté, l’honorable Jean François Ndongou a abordé la question de la gestion budgétaire. Il a questionné les mécanismes mis en place pour éviter tout dépassement des coûts initialement prévus. En réponse, Brigitte Onkanowa a précisé que l’atelier sera un service commun à toutes les forces déployées sur le territoire, optimisant ainsi les ressources et les dépenses.

    Des retombées attendues en termes d’efficacité et de réduction des coûts

    Le ministre a assuré que cette structure améliorera significativement l’efficacité de l’approvisionnement en uniformes. Une gestion plus rigoureuse des budgets alloués à l’habillement militaire est également promise. Ces arguments ont convaincu les députés, qui ont transmis le texte en commission ad hoc pour finalisation. Une adoption prochaine du projet est désormais envisageable, marquant une étape clé vers l’autosuffisance du Gabon dans ce domaine.

  • Emploi en Côte d’Ivoire : le déploiement national du programme Passeport-Compétences est lancé

    Emploi en Côte d’Ivoire : le déploiement national du programme Passeport-Compétences est lancé

    L’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), en sa qualité de cabinet d’ingénierie de l’État ivoirien, a franchi une étape décisive à Abidjan en présentant les conclusions d’une étude majeure. Ce rapport, réalisé dans le cadre de l’initiative nationale Passeport-Compétences, vise à harmoniser les aptitudes des jeunes avec les exigences concrètes du tissu économique local.

    Un diagnostic territorial pour une insertion réussie

    La phase expérimentale de ce projet a permis de cartographier les besoins réels du marché de l’emploi dans trois zones clés : la région du Sud-Comoé, la commune de Yopougon et le District des savanes. Grâce à la collaboration de plus de 800 entités issues des secteurs formel et informel, cette analyse de terrain s’apprête désormais à être étendue à l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire.

    Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), le Dr Eugène Aka Aouélé, a souligné que cette démarche permet de mettre fin à la navigation à vue. Selon lui, l’adéquation entre la formation et l’emploi repose sur une analyse rigoureuse des données réelles, plaçant le capital humain au sommet des priorités nationales définies par le président Alassane Ouattara.

    Le Passeport-Compétences : un levier de valorisation professionnelle

    Au-delà de la simple formation, ce programme se distingue par sa capacité à certifier l’expérience acquise. Pour les autorités, il s’agit d’un pacte de confiance avec la jeunesse, transformant leurs compétences en un véritable atout pour leur réussite sociale et économique. Ce dispositif offre des solutions pragmatiques aux défis contemporains de l’employabilité.

    Le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Maître Adama Kamara, a précisé que le Passeport-Compétences n’est pas une mesure corrective, mais un accélérateur de croissance destiné à générer des emplois qualifiés. Les objectifs sont clairs :

    • Identifier précisément les besoins en main-d’œuvre sur tout le territoire.
    • Former et insérer les bénéficiaires dans l’économie active.
    • Valider les acquis de l’expérience (VAE) pour les travailleurs du secteur informel.
    • Adapter les programmes d’enseignement aux attentes des employeurs.

    La formation professionnelle comme investissement stratégique

    La directrice générale de l’AGEFOP, Karitia Coulibaly De Medeiros, a rappelé que la formation n’est plus perçue comme une simple dépense sociale, mais comme un investissement vital pour la compétitivité de la Côte d’Ivoire. Le programme instaure un dialogue direct entre les entreprises, les collectivités et les centres de formation.

    L’approche privilégie l’écoute du terrain et l’anticipation des mutations des métiers de demain. En créant ce langage commun entre les acteurs économiques et publics, l’institution ambitionne de permettre à chaque citoyen de transformer son potentiel en une compétence reconnue, garantissant ainsi son autonomie et sa dignité.

    Initié officiellement en mars 2025 à Grand-Bassam, le programme national Passeport-Compétences s’impose désormais comme le socle de la stratégie ivoirienne pour un développement durable du capital humain et une insertion professionnelle pérenne.

  • Vers un procès historique pour Norbert Zongo au Burkina Faso

    Vers un procès historique pour Norbert Zongo au Burkina Faso

    @ Damien Glez

    Le système judiciaire du Burkina Faso vient de franchir un cap déterminant dans le dossier emblématique de Norbert Zongo. Cette nouvelle progression marque une avancée significative vers l’ouverture d’un procès très attendu par l’opinion publique nationale et internationale.

    Une étape cruciale pour la justice burkinabè

    Après plusieurs décennies de procédures et d’attentes, l’affaire qui entoure la disparition du journaliste d’investigation entre dans une phase active. Les récents développements juridiques suggèrent que les obstacles qui entravaient la tenue d’une audience publique sont en train d’être levés un à un.

    Le dossier Norbert Zongo est devenu, au fil des ans, le symbole de la lutte pour la liberté de la presse et contre l’impunité au Burkina Faso. La perspective d’un procès permet d’espérer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame qui a profondément marqué l’histoire politique du pays.

    Un signal fort pour la liberté d’expression

    Cette évolution de la procédure judiciaire est perçue comme une victoire pour les défenseurs des droits humains. Elle souligne la volonté de voir aboutir les dossiers de crimes de sang restés longtemps sans réponse. Pour les professionnels des médias, cette accélération représente une garantie supplémentaire pour la protection de leur métier.

    L’organisation de ce procès constituera un moment de vérité historique, permettant enfin de confronter les faits et de rendre justice aux victimes et à leurs familles. Les points clés de cette avancée incluent :

    • La consolidation des éléments de preuve.
    • La levée de certains verrous procéduraux.
    • Un engagement renouvelé vers la fin de l’impunité.

    Le chemin vers le tribunal semble désormais plus clair, promettant un dénouement judiciaire pour l’une des affaires les plus suivies de l’histoire moderne du Burkina Faso.

  • Pourquoi Tout le Monde Parle de Jérémy Doku en Ce Moment ?

    Pourquoi Tout le Monde Parle de Jérémy Doku en Ce Moment ?

    Tourisme médical : plus de 1.700 séances de dialyse réalisées par Diaverum pour des patients étrangers au Maroc

    Santé et Sciences 22/06/2026
    Par LNT
    Le Maroc continue de développer son offre dans le domaine du tourisme médical spécialisé. Diaverum Maroc, opérateur spécialisé en néphrologie, indique avoir réalisé plus de 1.700 séances de dialyse au profit de patients internationaux au …
  • Woleu-ntem, destination phare du Gabon durable et écotouristique

    Woleu-ntem, destination phare du Gabon durable et écotouristique

    économie durable

    Woleu-Ntem, destination phare du Gabon durable et écotouristique

    Libreville, 22 juin 2026 – À l’aube d’un événement touristique national majeur, le Gabon mise sur le Woleu-Ntem comme vitrine de sa stratégie d’écotourisme. La ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, Pr. Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, a lancé une série de consultations approfondies dans cette province du nord du pays, riche en ressources naturelles et culturelles.

    Lors de cette mission de terrain, qui s’est tenue les 20 et 21 juin 2026, la responsable gouvernementale n’a pas limité son action à une simple visite protocolaires. Elle a engagé un dialogue direct avec les acteurs locaux pour évaluer la préparation de la Caravane touristique 2026 et identifier les leviers d’une offre touristique durable et compétitive.

    Un laboratoire du Gabon vert

    Cette province du nord du Gabon incarne à elle seule les ambitions écotouristiques du pays. Entre ses forêts tropicales préservées, son artisanat traditionnel et ses paysages préservés, le Woleu-Ntem représente un terrain d’expérimentation idéal pour une politique touristique ambitieuse. La Caravane touristique 2026 y sera testée avant son déploiement national, offrant une occasion unique de peaufiner l’expérience visiteur.

    Les échanges menés par Marcelle Ibinga avec les autorités locales, les entrepreneurs et les communautés ont porté sur plusieurs axes stratégiques :

    • L’amélioration des infrastructures d’accueil et des services touristiques
    • La professionnalisation des guides et des artisans pour répondre aux standards internationaux
    • La préservation des sites naturels et culturels en lien avec les populations locales
    • Le renforcement des circuits transfrontaliers avec le Cameroun et la Guinée équatoriale

    Chaque visite de site a été l’occasion d’analyser l’accessibilité, la sécurité, l’impact environnemental et le potentiel d’attractivité des lieux sélectionnés pour la caravane.

    Tourisme durable : un levier économique et social

    Le Gabon mise sur le tourisme comme pilier de sa diversification économique. Avec plus de 80 % de son territoire recouvert de forêts tropicales et treize parcs nationaux reconnus pour leur biodiversité, le pays dispose d’un capital naturel exceptionnel. Le Woleu-Ntem, avec ses traditions ancestrales et son artisanat local, ajoute une dimension culturelle unique à cette richesse environnementale.

    La stratégie portée par la ministre vise à transformer ces atouts en emplois locaux et en revenus pour les communautés. En professionnalisant les acteurs du secteur et en structurant les filières artisanales, le gouvernement entend faire du tourisme un moteur de développement inclusif. Les jeunes entrepreneurs et les femmes, souvent en première ligne dans les initiatives locales, bénéficieront particulièrement de ces mesures.

    Une vision régionale pour le tourisme gabonais

    L’un des points forts de cette mission a été son approche transfrontalière. En se rendant dans les zones limitrophes du Cameroun et de la Guinée équatoriale, Marcelle Ibinga a souligné l’importance de la coopération sous-régionale. L’objectif est clair : positionner le Gabon comme une porte d’entrée vers l’Afrique centrale, en proposant des circuits intégrés et des expériences culturelles partagées.

    Cette dynamique s’inscrit dans une tendance mondiale où les voyageurs recherchent des voyages authentiques et des connexions entre plusieurs pays. La Caravane touristique 2026 pourrait ainsi devenir un catalyseur pour les échanges culturels et économiques entre les nations voisines, tout en renforçant l’attractivité internationale du Gabon.

    En conclusion, le Woleu-Ntem s’impose comme le symbole d’une nouvelle ère pour le Gabon. À travers cette province, le pays démontre que tourisme durable, préservation du patrimoine et développement économique peuvent progresser de concert. Le succès de la Caravane touristique 2026 ne sera pas seulement une victoire pour le secteur touristique, mais aussi pour la vision d’un Gabon vert, intégré et prospère.

  • Vers une normalisation entre le Bénin et le Niger : trois axes stratégiques identifiés

    Vers une normalisation entre le Bénin et le Niger : trois axes stratégiques identifiés

    Le dialogue entre le Bénin et le Niger franchit une étape décisive. À la suite d’une concertation entre experts mandatés par Cotonou et Niamey, trois chantiers de coopération ont été définis pour servir de fondement à la reprise des relations diplomatiques. Cette initiative constitue une avancée majeure depuis la rupture consommée à l’été 2023, marquée par le changement de régime au Niger et le verrouillage de la frontière commune.

    Le climat diplomatique est resté tendu pendant de longs mois. Le Bénin avait initialement appliqué les mesures de la CEDEAO, tandis que le Niger soupçonnait son voisin de servir de base à des intérêts hostiles. Le blocage des exportations de pétrole via le pipeline reliant Agadem au port de Sèmè-Kpodji avait fini de crisper les échanges. Aujourd’hui, le recours à une diplomatie technique témoigne d’une volonté partagée de protéger les intérêts économiques des soubresauts politiques.

    Trois piliers pour restaurer la confiance mutuelle

    Les priorités retenues par les délégations techniques ciblent les points de friction les plus critiques. Le premier axe concerne la libre circulation des individus et des marchandises, avec pour objectif une réouverture synchronisée des points de passage frontaliers. Le second volet traite de l’acheminement du pétrole brut nigérien vers les marchés internationaux via l’infrastructure opérée avec des partenaires chinois. Enfin, le troisième pilier porte sur le développement d’infrastructures transfrontalières pour redynamiser durablement les échanges commerciaux.

    Le choix de ces thématiques répond à une urgence économique évidente. Le Niger, pays enclavé, a un besoin vital du corridor béninois pour ses flux d’import-export et ses revenus hydrocarbures. Parallèlement, le Bénin a vu ses recettes portuaires et douanières chuter drastiquement depuis l’arrêt du trafic. Cette interdépendance devient aujourd’hui le moteur principal de la réconciliation.

    La diplomatie technique comme levier de déblocage

    Pour contourner les obstacles politiques, les présidents Patrice Talon et Abdourahamane Tiani ont privilégié une approche pragmatique. En confiant les discussions initiales à des techniciens plutôt qu’à des représentants ministériels, les deux chefs d’État s’offrent une flexibilité nécessaire. Cette méthode permet de progresser sur des dossiers concrets sans buter immédiatement sur les questions de souveraineté ou d’appartenance aux organisations régionales.

    Toutefois, la concrétisation de ces projets dépendra d’un aval politique définitif. Le retrait du Niger de la CEDEAO au profit de l’Alliance des États du Sahel (AES) impose de concevoir un nouveau cadre juridique bilatéral. Cotonou et Niamey doivent désormais bâtir une architecture de coopération robuste, capable de fonctionner indépendamment des tensions régionales globales.

    Un enjeu de stabilité pour toute la sous-région

    Au-delà des intérêts bilatéraux, ce rapprochement est suivi de près par l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Un succès entre le Bénin et le Niger pourrait servir de référence pour la gestion des relations entre les pays de la CEDEAO et ceux de l’AES. Les acteurs du transport, les logisticiens et les industriels espèrent une reprise rapide de la fluidité sur l’axe CotonouNiamey, condition essentielle à la viabilité des grands projets énergétiques du bassin d’Agadem.

    Les semaines à venir confirmeront si cette feuille de route technique résiste aux réalités politiques. La réussite de ces trois projets permettrait de stabiliser une zone économique majeure et de prouver que la coopération sectorielle reste possible malgré des trajectoires institutionnelles divergentes.