Catégorie : Actualités

  • Les limites du partenariat russe au Mali face à la menace jihadiste

    Les limites du partenariat russe au Mali face à la menace jihadiste

    L’espoir d’une résolution rapide du conflit au Mali en s’appuyant sur les forces russes s’est vite évanoui. Malgré le discours officiel du gouvernement de transition malien, prônant une autosuffisance et une défiance envers ses partenaires occidentaux, le bilan sécuritaire reste catastrophique : la menace jihadiste, loin d’être contenue, gagne en puissance et en étendue. Les retards accumulés par les unités paramilitaires russes, désormais regroupées sous la bannière de l’Africa Corps, ont conduit à une impasse stratégique dont les conséquences pèsent lourdement sur l’ensemble du pays.

    L’échec cuisant de l’Africa Corps face à la montée du terrorisme

    Depuis trois ans, l’intervention des mercenaires russes au Mali, initialement présentée comme un rempart contre le terrorisme, se solde par un bilan désastreux. Les Forces armées maliennes (FAMA) et leurs alliés de l’Africa Corps subissent des revers répétés, illustrés par des accrochages meurtriers dans le Nord du pays, notamment autour de la ville d’Anéfis. Ces défaillances, couplées à l’absence de résultats concrets, ont permis au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, de renforcer sa position et d’étendre son influence vers le centre et le sud du Mali. Aujourd’hui, la capitale et les zones économiques vitales sont directement menacées, mettant en péril la stabilité du pays.

    Un partenariat devenu contre-productif

    L’approche adoptée par l’Africa Corps présente plusieurs faiblesses structurelles :

    • Manque de moyens tactiques avancés : L’absence de soutien en renseignement de précision et de capacités de frappe aérienne lourde prive les forces maliennes et russes d’une efficacité opérationnelle durable.
    • Faible coordination et vulnérabilités logistiques : Les attaques ciblées contre les infrastructures militaires et les bases aériennes mixtes démontrent l’incapacité des alliés à sécuriser les zones sous leur contrôle.
    • Montée en puissance du JNIM : Le groupe terroriste, mieux armé et plus organisé, étend son emprise vers des régions autrefois stables, comme le sud du Mali, mettant en péril les économies locales et la sécurité des populations.

    Les États-Unis proposent une alternative technologique crédible

    Face à l’incapacité du partenariat russe à endiguer la menace jihadiste, les États-Unis émergent comme une option stratégique pour le Mali. Contrairement aux interventions militaires directes du passé, Washington envisage un modèle basé sur des frappes de précision, exploitant des avancées technologiques pour neutraliser le JNIM sans déployer de troupes au sol.

    Les atouts de cette stratégie sont nombreux :

    • Supériorité renseignement et ciblage : Les États-Unis disposent de drones MALE, de satellites et de réseaux de collecte de données (ROIM) capables d’identifier et de neutraliser les dirigeants du JNIM avec une précision chirurgicale.
    • Réduction immédiate de la pression militaire : En ciblant les infrastructures logistiques du groupe, ces frappes pourraient soulager les garnisons maliennes et freiner l’expansion des groupes armés vers l’Afrique de l’Ouest.
    • Une réponse adaptée aux défis asymétriques : Contrairement aux méthodes conventionnelles russe, cette approche évite un conflit d’usure et permet de concentrer les efforts sur des objectifs stratégiques.

    Un choix stratégique pour le Mali : pragmatisme ou dogmatisme ?

    Le gouvernement de transition malien, ancré dans une logique d’autosuffisance, semble ignorer les risques d’une telle posture. En refusant le soutien américain par principe idéologique, tout en maintenant un partenariat avec la Russie aux résultats mitigés, Bamako prend le risque de prolonger une crise qui touche déjà l’ensemble des régions du pays. Les populations rurales, les infrastructures et l’économie malienne subissent les conséquences de cette paralysie stratégique.

    Pour inverser la tendance et préserver l’intégrité territoriale du Mali, il devient urgent de dépasser les clivages politiques et de privilégier une approche fondée sur l’efficacité. La supériorité technologique américaine, capable de contrer la menace jihadiste sans engager de moyens lourds, représente aujourd’hui la seule solution viable pour inverser le cours des événements et restaurer la sécurité.

  • Ibrahim Traoré et la stratégie numérique de contrôle au Burkina Faso

    Ibrahim Traoré et la stratégie numérique de contrôle au Burkina Faso

    La liberté de la presse au Burkina Faso n’est plus uniquement menacée par des mesures répressives directes. Aujourd’hui, elle subit une offensive méthodique menée à travers les réseaux sociaux, où des campagnes de désinformation et de harcèlement ciblé transforment les plateformes numériques en armes de contrôle politique.

    Une récente investigation met en lumière le rôle central joué par le capitaine Ibrahim Traoré, figure de la junte militaire, dans l’orchestration de ces pratiques. Selon les conclusions d’un rapport d’enquête, le chef de l’État burkinabé aurait mis en place une milice numérique dédiée à la neutralisation des voix critiques, désormais désignée sous le nom de Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C).

    Les BIR-C : une machine de guerre virtuelle

    Inspirées des unités militaires de terrain, ces formations opèrent exclusivement en ligne. Leur mission ? Occuper l’espace numérique et étouffer toute velléité de débat contradictoire. Leur action ne se limite pas à des réactions spontanées : elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à rendre toute prise de parole dissidente économiquement et socialement coûteuse pour ses auteurs.

    Les tactiques employées par les BIR-C

    Les méthodes déployées par ces cyberactivistes révèlent une approche systématique et coordonnée :

    • Harcèlement algorithmique : Les journalistes d’investigation et les éditorialistes indépendants sont systématiquement ciblés dès qu’ils analysent la politique sécuritaire ou les décisions gouvernementales. Des vagues de messages hostiles, souvent générés par des comptes automatisés, submergent leurs espaces de publication.
    • Menaces physiques et intimidations : Outre les attaques verbales, les publications de ces réseaux incluent régulièrement le doxxing – la diffusion publique d’informations personnelles – ainsi que des appels à l’arrestation ou à la violence physique contre les détracteurs du régime.
    • Désinformation stratégique : Les médias locaux et internationaux indépendants sont systématiquement discrédités. Qualifiés de « propagateurs de fausses informations » ou de « complices de puissances étrangères », ils voient leur crédibilité sapée par une saturation de contenus pro-junte sur les réseaux sociaux.
    • Monopole de l’attention numérique : Grâce à des campagnes coordonnées, les discours soutenant le pouvoir dominent l’espace public en ligne, reléguant les analyses critiques aux marges des débats. La visibilité des opinions divergentes est ainsi réduite, voire neutralisée.

    L’impunité comme fondement du système

    L’absence de poursuites judiciaires contre ces agissements constitue un élément clé de cette stratégie. Alors que les journalistes et activistes critiques sont fréquemment arrêtés ou contraints au silence, les membres des BIR-C agissent en toute impunité. Cette tolérance officielle encourage une autocensure généralisée parmi les professionnels des médias et les citoyens.

    Face au risque de devenir la cible de campagnes de harcèlement, de nombreux acteurs de l’information préfèrent éviter les sujets sensibles – qu’il s’agisse de la gouvernance, des opérations militaires ou de la crise sécuritaire. Cette pression psychologique agit comme une censure invisible, aussi efficace que les mesures administratives pour museler la presse.

    Un écosystème médiatique sous contrôle

    Les spécialistes de la communication politique soulignent que la domination des espaces numériques par des récits unilatéraux appauvrit le débat démocratique. Lorsque les opinions divergentes disparaissent des radars, la pluralité des sources d’information s’étiole, privant les citoyens d’outils essentiels pour évaluer les politiques publiques.

    Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée dans des régimes autoritaires ou hybrides, où les réseaux sociaux deviennent des champs de bataille stratégiques. Les campagnes de désinformation et les cybermilices y jouent un rôle central pour discréditer les médias indépendants et marginaliser les voix critiques. Pour les défenseurs de la liberté de la presse, ces pratiques représentent une nouvelle forme de répression, tout aussi redoutable que la censure traditionnelle.

    Un contexte déjà marqué par la répression

    Cette offensive numérique ne vient pas s’ajouter à un vide juridique, mais s’inscrit dans un paysage déjà fortement restrictif. Depuis plusieurs années, le Burkina Faso a vu ses médias internationaux suspendus ou interdits, tandis que des journalistes ont subi intimidations, convocations arbitraires ou disparitions temporaires. Ces mesures, combinées aux campagnes en ligne, créent un environnement où l’expression indépendante devient de plus en plus périlleuse.

    Les observateurs avertissent : cette dérive liberticide ne se limite pas à une menace pour les professionnels des médias. Elle affecte l’ensemble du débat public, sapant la confiance des citoyens dans les institutions et limitant leur capacité à participer pleinement à la vie démocratique.

    Des répercussions au-delà des frontières

    Les conclusions de cette enquête soulèvent des inquiétudes quant à l’image internationale du Burkina Faso. La liberté de la presse est un indicateur clé pour les investisseurs, les organisations internationales et les partenaires au développement lorsqu’ils évaluent la stabilité et la qualité de la gouvernance d’un pays. Une dégradation persistante de cet indicateur pourrait nuire durablement à la réputation du pays sur la scène mondiale.

    Plus largement, cette affaire illustre une mutation profonde de la guerre informationnelle. Autrefois centrée sur les médias traditionnels, la propagande s’est déplacée vers les réseaux sociaux, où la viralité, les algorithmes et la rapidité de diffusion des contenus amplifient certains récits tout en étouffant les dissentiments. Pour les défenseurs de la liberté d’expression, cette évolution représente l’un des défis majeurs des États confrontés à des crises politiques et sécuritaires prolongées.

  • # Intégration sous-régionale : Le Bénin valide 73 % des réformes communautaires de l’UEMOA

    # Intégration sous-régionale : Le Bénin valide 73 % des réformes communautaires de l’UEMOA

    **Ce jeudi 23 juillet 2026, le Ministère de l’Économie et des Finances du Bénin a accueilli l’édition 2026 de la Revue politique annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA. À l’issue d’une évaluation rigoureuse portant sur 145 textes réglementaires, le pays enregistre un taux de mise en œuvre de 73 %. Cette performance, supérieure au seuil satisfaisant de 70 %, illustre l’engagement soutenu de Cotonou en faveur de l’intégration économique ouest-africaine.** ## Un rendez-vous institutionnel au cœur de l’espace UEMOA La mise en conformité des législations nationales avec le droit communautaire constitue la pierre angulaire de l’intégration au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine. Chaque année, l’exercice de la Revue politique annuelle permet de mesurer concrètement la volonté des États membres à appliquer les décisions adoptées au plus haut niveau. C’est dans ce cadre que la délégation de la Commission de l’UEMOA s’est réunie à Cotonou avec les représentants des ministères et des structures sectorielles béninoises. Autour de la table, l’objectif était clair : passer au criblage l’ensemble des textes transposés et appliqués par le Bénin, tout en identifiant les blocages administratifs ou techniques susceptibles de freiner la dynamique communautaire. ## Une évaluation axée sur trois piliers majeurs Pour l’édition 2026, l’évaluation s’est appuyée sur une grille d’analyse globale composée de 145 textes communautaires. Comme l’a rappelé le Président de la Commission de l’UEMOA, Monsieur Abdoulaye DIOP, cette revue vise à apprécier avec exactitude le niveau de transposition des actes juridiques issus du Conseil des ministres ainsi que de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement. L’examen approfondi s’est structuré autour de trois domaines fondamentaux pour le développement économique de la sous-région. Le premier pilier concerne la gouvernance économique et la convergence, qui englobe l’harmonisation des cadres budgétaires, la surveillance multilatérale et la transparence de la gestion publique. Le deuxième pilier porte sur le marché commun, axé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, ainsi que le droit d’établissement. Enfin, le troisième pilier aborde les politiques sectorielles, visant l’alignement des initiatives nationales dans les transports, l’énergie, l’agriculture, l’environnement et le numérique. ## Taux de réalisation de 73 % : franchir le cap de la satisfaction À la clôture des travaux, le verdict est tombé : le Bénin affiche un taux de réalisation global de 73 %. Dans le baromètre de la Commission de l’UEMOA, la barre des 70 % représente le seuil critique à partir duquel un État est reconnu pour ses efforts significatifs en matière de transposition. En franchissant cette étape, le Bénin confirme sa position d’élève appliqué au sein du bloc sous-régional. Ce score témoigne de la régularité des réformes entreprises au cours des dernières années, tout en laissant entrevoir des marges de progression ciblées sur des secteurs clés. ## Paroles de dirigeants : entre félicitations et cap sur l’avenir Les échanges politiques qui ont suivi la présentation des résultats ont permis aux deux parties d’exprimer leur vision commune du processus d’intégration. Pour le Président de la Commission de l’UEMOA, cette revue ne constitue pas un simple exercice d’audit, mais un levier de transformation stratégique. Abdoulaye DIOP a souligné qu’il était essentiel de constater les engagements très forts des autorités béninoises pour qu’à la prochaine revue, des avancées significatives soient enregistrées dans les domaines où des efforts restent attendus. Prenant la parole à son tour, le Ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, chargé de la Coopération, Monsieur Aristide MEDENOU, a tenu à saluer le travail méthodique accompli par les équipes administratives béninoises. Selon lui, ce résultat est le fruit direct d’un mécanisme permanent et rigoureux de suivi des textes communautaires et d’une mobilisation collective de l’ensemble des administrations concernées. Le ministre a précisé que cette rencontre institutionnelle permet d’identifier précisément les goulots d’étranglement administratifs ou réglementaires dans certains domaines, de partager les bonnes pratiques et les retours d’expérience avec la délégation de la Commission, puis de s’accorder sur des solutions concrètes pour accélérer le rythme de transposition des directives en attente. ## Défis restants et perspectives d’avenir Si le bilan global s’avère satisfaisant, la marge de 27 % restante représente le chantier prioritaire pour les prochains mois. La transposition des politiques sectorielles complexes exige une coordination interministérielle accrue. En réaffirmant la volonté du Gouvernement béninois de poursuivre les réformes engagées, Aristide MEDENOU a tracé la feuille de route pour la période à venir. L’objectif affiché est d’aborder la prochaine revue annuelle avec des progrès notables dans les secteurs identifiés comme perfectibles. ## Une dynamique prometteuse pour l’intégration ouest-africaine En franchissant le seuil des 73 % lors de cette évaluation 2026, le Bénin démontre qu’une gouvernance rigoureuse et un suivi institutionnel continu permettent de transformer des engagements régionaux abstraits en réalités juridiques et économiques. Alors que l’espace UEMOA fait face à des défis économiques globaux et régionaux majeurs, la discipline budgétaire et l’alignement réglementaire affichés par Cotonou renforcent non seulement la crédibilité de l’État sur la scène financière internationale, mais contribuent également à l’édification d’un marché sous-régional plus fluide et compétitif.
  • Bénin et Maroc renforcent leur partenariat avec une possible exemption de visa

    Bénin et Maroc renforcent leur partenariat avec une possible exemption de visa

    Lors de la 7e édition de la Commission mixte de coopération organisée à Cotonou, le Bénin et le Maroc ont marqué une étape historique dans leurs relations bilatérales. En marge de la signature de quatorze accords stratégiques, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a révélé un projet d’exemption de visa pour les détenteurs de passeports ordinaires béninois. Une avancée majeure qui pourrait redéfinir les échanges économiques, culturels et académiques entre les deux pays.

    Une nouvelle ère diplomatique entre Cotonou et Rabat

    La rencontre diplomatique, qui s’est tenue en juillet 2026 dans la capitale économique du Bénin, a illustré la volonté commune de transcender une amitié historique pour bâtir un partenariat économique et humain plus fluide. Nasser Bourita a confirmé la disposition du Maroc à étudier sérieusement la suppression des visas pour les ressortissants béninois, une mesure encore en phase d’examen mais déjà porteuse d’un symbolisme fort. Cette annonce reflète une confiance mutuelle renforcée et un alignement politique sans précédent entre les deux nations.

    La libre circulation, un accélérateur pour l’économie bilatérale

    L’impact potentiel de cette exemption sur les échanges commerciaux est colossal. En supprimant les contraintes administratives liées aux visas, les entreprises béninoises et marocaines gagneront en agilité, réduisant les coûts de transaction et favorisant les investissements croisés. Les secteurs bancaire, assurantiel et industriel, déjà dynamiques entre les deux pays, pourraient connaître une croissance exponentielle. Les exportateurs béninois, notamment ceux des filières agricoles et artisanales, verront également leur accès au marché nord-africain se simplifier.

    Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la mise en place de l’e-Visa marocain en 2024, qui avait déjà permis de fluidifier les déplacements. L’exemption totale des visas marquerait un tournant définitif vers un espace économique intégré et compétitif.

    Éducation, tourisme et santé : les retombées d’une mobilité simplifiée

    Les bénéfices de cette mesure dépassent largement le cadre économique. Le Maroc, déjà prisé des étudiants béninois pour ses universités et écoles d’ingénieurs, deviendra encore plus accessible. La simplification des procédures d’installation facilitera l’accueil des jeunes talents et renforcera les échanges académiques.

    Le tourisme, qu’il soit d’affaires ou de loisirs, bénéficiera également de cette ouverture. Les destinations marocaines comme Marrakech ou Fès, tout comme les sites culturels béninois comme Ouidah, gagneront en attractivité. Le tourisme médical et les collaborations sanitaires, notamment dans les domaines de la formation et des équipements hospitaliers, trouveront aussi un terrain propice à leur développement.

    Quatorze accords pour ancrer une coopération durable

    L’exemption de visa n’est pas la seule avancée issue de cette session diplomatique. Quatorze accords de coopération ont été signés, couvrant des domaines aussi variés que l’économie, l’enseignement supérieur, la culture, les investissements et la gouvernance. Parmi les mesures phares figurent :

    • Le renforcement des bourses d’études pour les étudiants béninois au Maroc et vice versa ;
    • La protection réciproque des investissements pour sécuriser les entreprises des deux pays ;
    • Le partage d’expertise dans les secteurs des industries créatives et des nouvelles technologies ;
    • La mise en place de mécanismes de suivi rigoureux pour garantir l’application concrète de ces engagements.

    Ces textes visent à éviter que les promesses ne restent lettre morte et à assurer une exécution rapide des projets sur le terrain.

    Un modèle pour l’intégration africaine

    Cette initiative s’aligne sur la vision du Maroc pour une coopération Sud-Sud renforcée, tout en répondant à l’ambition du Bénin de diversifier ses partenariats et d’accélérer son intégration régionale. En facilitant la mobilité des personnes et des biens, les deux pays envoient un message clair à l’ensemble du continent : l’intégration africaine se construit par des actions bilatérales concrètes.

    Reste désormais à finaliser les aspects techniques et juridiques de cette exemption de visa, une étape qui promet de transformer durablement la vie des citoyens béninois et marocains.

  • Mali : exécutions de soldats et tortures dans le nord, l’ONU exige des réponses

    Mali : exécutions de soldats et tortures dans le nord, l’ONU exige des réponses

    Les révélations concernant des tortures et exécutions sommaires visant des militaires maliens capturés dans le Nord du pays ont déclenché une vague d’indignation. L’Organisation des Nations unies, alignée sur les alertes lancées par des ONG locales, exige désormais une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces actes. Ces événements surviennent alors que la violence s’intensifie au Mali, impliquant l’armée nationale, des instructeurs russes et divers groupes armés, tandis que le gouvernement de transition reste muet sur la question.

    Violences dans le Nord : des soldats maliens victimes d’exactions

    Les combats récents dans le Nord du Mali ont mis en lumière des violations graves du droit international humanitaire. Des vidéos et témoignages recueillis par des défenseurs des droits humains confirment que des dizaines de soldats des Forces armées maliennes (FAMa), capturés lors d’embuscades, auraient subi des tortures avant d’être exécutés, alors qu’ils s’étaient rendus et se trouvaient hors de combat. Ces actes, s’ils sont avérés, pourraient constituer des crimes de guerre.

    Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a réagi avec fermeté, exigeant une enquête approfondie, impartiale et indépendante. Selon les conventions de Genève, la torture et l’exécution de prisonniers de guerre sont interdites, quel que soit le groupe responsable, qu’il s’agisse d’une coalition indépendantiste ou de groupes affiliés à Al-Qaïda.

    Un gouvernement de transition sous pression

    Malgré l’ampleur des révélations et les pressions exercées par la communauté internationale et les organisations locales, les autorités maliennes n’ont pas encore réagi officiellement. Ce silence prolongé alimente les spéculations et soulève des questions cruciales :

    • Un dilemme stratégique : Reconnaître ces exactions et l’échec des FAMa affaiblirait la crédibilité du discours officiel sur la montée en puissance de l’armée.
    • Une crise de confiance : Ignorer les revendications des familles des victimes et des ONG pourrait fragiliser la cohésion au sein des rangs militaires.

    Un passif lourd d’exactions contre les civils

    L’enquête réclamée par l’ONU s’inscrit dans un contexte où les violations des droits humains se multiplient dans le pays. Depuis plusieurs années, l’armée malienne et ses alliés russes (anciennement liés au groupe Wagner et désormais intégrés à l’Africa Corps) sont pointés du doigt par des rapports internationaux, dont ceux de l’ONU et de Human Rights Watch.

    Plusieurs enquêtes documentent des abus répétés contre les populations civiles lors d’opérations dites « antiterroristes » :

    • Massacres de civils : Des événements tragiques, comme celui de Moura en 2022, où des centaines de personnes auraient été exécutées selon un rapport de l’ONU, restent gravés dans les mémoires.
    • Arrestations arbitraires et tortures : Les habitants de Mopti, Gao et Ménaka dénoncent régulièrement des détentions sans motif, des pillages et des actes de torture lors de ratissages menés par les FAMa et leurs auxiliaires.
    • Ciblage communautaire : Les communautés pastorales, notamment les Peuls et les Touaregs, sont souvent victimes d’exactions disproportionnées, accusées à tort de soutenir les insurgés ou les groupes djihadistes.

    Cette spirale de violences et l’absence de poursuites contre les responsables alimentent un sentiment d’impunité généralisée, favorisant le recrutement et la radicalisation au sein des groupes armés.

    Le Sahel prisonnier de l’impunité

    Le retrait des forces internationales, comme la MINUSMA, à la demande des autorités de transition, a réduit drastiquement la capacité d’observation indépendante sur le terrain. Dans ce contexte de huis clos sécuritaire, les civils comme les militaires pris au piège paient le prix fort.

    Les experts du Sahel mettent en garde : sans mécanismes de contrôle ni enquêtes crédibles, la lutte antiterroriste risque de se transformer en un conflit de vengeances où toutes les parties bafouent les règles humanitaires. L’appel lancé par les ONG locales et relayé par l’ONU marque un tournant dans la crise malienne.

    En exigeant des comptes sur le sort tragique des soldats exécutés, la communauté internationale rappelle que la justice ne peut être sélective. Reste à savoir si la junte militaire choisira de rompre son silence pour engager des procédures transparentes ou si elle préférera ignorer ces appels, au risque d’aggraver l’isolement du pays et de prolonger le cycle des atrocités.

  • Niger : trois ans sous la junte militaire, un bilan accablant pour les droits humains

    Niger : trois ans sous la junte militaire, un bilan accablant pour les droits humains

    Niger : trois ans sous la junte militaire, un bilan accablant pour les droits humains

    Il y a trois ans jour pour jour, le Niger basculait dans une nouvelle ère politique après le renversement de Mohamed Bazoum par une junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani. Depuis, le pays subit une crise institutionnelle sans précédent, marquée par un recul alarmant des libertés fondamentales et une dérive autoritaire qui inquiète la communauté internationale.

    une démocratie en lambeaux : les piliers de l’État de droit sapés

    Dans un rapport récent, les observateurs les plus avertis dressent un constat implacable : le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) a méthodiquement démantelé les fondements de la démocratie nigérienne. Sous prétexte de garantir la sécurité et la souveraineté nationale, les autorités militaires ont verrouillé l’espace politique, verrouillé l’accès à la justice et étouffé toute contestation.

    Le cas emblématique de Mohamed Bazoum et de son épouse, toujours détenus sans jugement, illustre cette spirale répressive. Malgré les condamnations unanimes des instances onusiennes et les appels à leur libération, la junte reste inflexible, refusant même d’envisager un retour à l’ordre constitutionnel.

    justice instrumentalisée et société civile sous pression

    La justice, pilier de l’État de droit, est désormais un outil au service du régime. Les opposants politiques, comme l’avocat Moussa Tiangari arrêté en décembre 2024, sont maintenus en détention au mépris des délais légaux. Pire, une réforme du Code de procédure pénale a été adoptée en urgence : la durée maximale de détention provisoire dans les affaires de terrorisme passe désormais de 12 mois à quatre ans. Une modification rétroactive dénoncée comme une manœuvre pour prolonger l’arbitraire.

    les libertés publiques étouffées

    La répression ne se limite pas aux opposants politiques. Les médias et la société civile sont également dans le viseur des autorités :

    • Dissolution des structures démocratiques : Tous les partis politiques ont été interdits, tandis que des syndicats et des ONG indépendantes voient leurs activités suspendues sous divers prétextes.
    • Censure et intimidation des journalistes : La loi sur la cybercriminalité, durcie, sert de prétexte pour arrêter les reporters. En octobre dernier, six journalistes de Niamey ont été incarcérés pour avoir relayé une simple invitation à une conférence de presse.
    • Traque des opposants à l’étranger : La junte n’hésite plus à recourir à des mesures radicales comme la déchéance de nationalité, comme en témoigne le cas de Mariama Djibrine, figure de l’opposition nigérienne en exil.

    un virage sociétal et un isolement international croissant

    En mars 2025, le régime a franchi un cap supplémentaire en durcissant le Code pénal : les relations homosexuelles et tout soutien aux personnes LGBT sont désormais passibles de 5 à 20 ans de prison. Cette mesure a déjà provoqué une vague d’arrestations et mis en péril des programmes de santé publique essentiels.

    Sur la scène internationale, Niamey assume son isolement. Après avoir quitté la CEDEAO, le Niger s’est retiré de la Cour pénale internationale (CPI) en juin. Pour les défenseurs des droits humains, cette décision prive les Nigériens de tout recours face aux exactions commises, notamment dans la région de Tillabéri, où les violences persistent malgré les opérations militaires.

    appel à l’action : la communauté internationale doit réagir

    Face à cette dérive autoritaire, les ONG appellent la communauté internationale à sortir de sa passivité. La libération des prisonniers politiques et le retour à un calendrier électoral crédible deviennent des urgences absolues pour éviter un enlisement définitif du pays.

  • Togo : l’arrivée des soldats russes interroge sur les enjeux géopolitiques

    Togo : l’arrivée des soldats russes interroge sur les enjeux géopolitiques

    Une présence militaire russe au Togo : entre soutien sécuritaire et nouvelles dynamiques régionales

    L’installation récente d’une base militaire russe au Togo, suivie du déploiement de soldats russes, marque une étape significative dans l’intensification des liens de sécurité entre Lomé et Moscou. Selon les déclarations officielles, ces forces sont principalement engagées dans la lutte contre le terrorisme et visent à renforcer les capacités des troupes togolaises. Pourtant, cette initiative soulève des questions quant à ses implications réelles et à ses conséquences sur l’équilibre stratégique de l’Afrique de l’Ouest.

    Depuis plusieurs années, la Russie étend méthodiquement son influence sur le continent africain. Cette stratégie se manifeste par la signature d’accords de défense, la formation de militaires locaux, la livraison d’équipements et, dans certains cas, l’envoi de conseillers ou de soldats. Le Togo s’inscrit désormais dans cette trajectoire, rejoignant ainsi d’autres pays ayant renforcé leurs partenariats sécuritaires avec Moscou. L’objectif affiché reste la lutte contre les groupes armés, mais les répercussions géopolitiques de cette présence dépassent largement le cadre opérationnel.

    Une coopération militaire aux contours encore flous

    Si les autorités togolaises justifient cette collaboration comme un choix souverain, les observateurs s’interrogent sur la portée réelle de cette initiative. S’agit-il d’un simple appui technique et logistique, ou d’une volonté plus large de Moscou d’étendre son influence dans le golfe de Guinée ? Les réponses à ces interrogations pourraient redéfinir, à moyen terme, les rapports de force en Afrique de l’Ouest.

    Une présence militaire étrangère ne se limite jamais à une assistance ponctuelle. Elle peut engendrer des collaborations en matière de renseignement, de formation spécialisée, de logistique ou encore de coopération industrielle. Ces dimensions, souvent moins visibles, pourraient transformer durablement les équilibres régionaux et les alliances locales.

    Des réactions contrastées selon l’origine du partenaire

    Un autre aspect suscite des débats : la perception différenciée des partenariats militaires selon leur origine. Les analystes soulignent que l’arrivée de soldats russes au Togo n’a, jusqu’à présent, suscité que peu de critiques dans les cercles qui dénoncent régulièrement la présence militaire française en Afrique de l’Ouest. Cette asymétrie interroge sur les critères qui déterminent l’acceptation ou le rejet d’une présence étrangère.

    Pour certains observateurs, cette différence de traitement révèle une incohérence dans l’appréciation des alliances sécuritaires. Si la souveraineté nationale est invoquée comme principe absolu, elle devrait s’appliquer uniformément, quel que soit le partenaire. À l’inverse, si certaines présences sont tolérées et d’autres non, il devient nécessaire d’éclairer les raisons de ces distinctions pour alimenter un débat public fondé sur des arguments tangibles plutôt que sur des considérations géopolitiques.

    Les voisins du Togo face à une nouvelle donne stratégique

    Pour les États voisins, cette évolution impose une vigilance accrue. Sans remettre en cause le droit souverain du Togo de nouer des alliances de défense, les pays de la sous-région doivent évaluer les impacts potentiels de cette coopération sur la sécurité collective, les mécanismes régionaux de coopération et les rapports diplomatiques en Afrique de l’Ouest.

    Dans un contexte où les menaces terroristes transcendent les frontières et où les rivalités entre puissances extérieures s’accentuent, la transparence devient un pilier essentiel de la stabilité. Un renforcement du partage d’informations et des consultations entre États pourrait permettre d’éviter les malentendus et de préserver une approche commune face aux défis sécuritaires.

    L’arrivée des soldats russes au Togo ouvre un nouveau chapitre dans l’architecture sécuritaire ouest-africaine. Son efficacité dans la lutte antiterroriste, tout comme ses conséquences géopolitiques, ne pourront être pleinement comprises qu’à travers l’analyse des résultats concrets sur le terrain et l’évolution des relations entre Lomé, Moscou et les autres acteurs de la région.

  • Ibrahim Traoré et le pouvoir solitaire au Burkina Faso

    Ibrahim Traoré et le pouvoir solitaire au Burkina Faso

    Le piège du pouvoir absolu est une réalité qui guette les dirigeants issus de coups d’État militaires : croire que l’adhésion des discours équivaut à une légitimité incontestée. Au Burkina Faso, cette illusion semble gagner du terrain. Derrière les mises en scène protocolaires, les uniformes impeccables et les diatribes contre l’« Occident » et les « anti-révolutionnaires », une autre dynamique se dessine. L’image d’un régime inébranlable s’effrite progressivement, laissant place à un pouvoir miné par des tensions internes et une défiance croissante.

    Un chef d’État en proie à la méfiance

    Pour ses détracteurs, le capitaine Ibrahim Traoré incarne aujourd’hui un pouvoir de plus en plus isolé. Les rumeurs de tentatives de déstabilisation, les remaniements répétés au sein de la hiérarchie militaire et les restructurations continues des services sécuritaires alimentent une perception de fragilité. L’un des adages les plus révélateurs circule parmi les observateurs : « Quand un dirigeant redoute ses propres gardes, ce n’est plus le pays qu’il défend, mais sa propre survie. »

    La purge des premiers soutiens

    L’histoire politique, qu’elle soit africaine ou mondiale, enseigne une leçon implacable : ceux qui ont permis une prise de pouvoir deviennent souvent les premières cibles lorsque le nouveau dirigeant s’installe durablement. Depuis son accession en septembre 2022, Ibrahim Traoré a procédé à des ajustements majeurs au sein de l’appareil militaire et sécuritaire. Plusieurs officiers clés de la première heure ont été écartés, mutés ou remplacés, soulevant des questions sur la cohésion réelle des Forces armées burkinabè.

    Parmi les changements les plus significatifs figure la destitution du directeur des services de renseignements, un acteur central dans la structure sécuritaire du pays. Pour les analystes, cette décision illustre une perte de confiance au sein même du premier cercle. En effet, lorsque les mécanismes censés garantir la sécurité du pouvoir deviennent des sources d’inquiétude, le problème dépasse le cadre sécuritaire pour devenir un enjeu politique majeur.

    Une armée déchirée entre loyautés et compétences

    L’institution militaire, autrefois unie par l’impératif de lutte contre les groupes armés, donne aujourd’hui l’image d’une structure minée par les soupçons. Les nominations, promotions et remplacements successifs révèlent une priorité croissante accordée à la fidélité personnelle plutôt qu’à l’expertise opérationnelle.

    Cette évolution peut se résumer en une séquence symptomatique :

    • 2022 : Promesse d’unité face à l’urgence sécuritaire
    • Années suivantes : Aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire
    • 2023-2024 : Multiplication des remaniements au sommet de l’armée
    • Présent : Méfiance généralisée et gouvernance sous haute tension

    Le durcissement politique comme réponse à l’échec sécuritaire

    Face à l’incapacité à endiguer la menace jihadiste, le régime semble avoir opté pour une stratégie de contrôle accru. Plusieurs mesures contestées ont été mises en place :

    • Arrestations ciblant des figures critiques envers le pouvoir
    • Disparitions et enlèvements dénoncés par les organisations de défense des droits humains
    • Restrictions imposées à certains médias et journalistes
    • Mobilisation ou mise sous pression d’acteurs de la société civile

    Ces pratiques, régulièrement documentées dans les rapports internationaux, illustrent un recul des libertés publiques au Burkina Faso. Parallèlement, la communication officielle se concentre presque exclusivement sur la personne du chef de l’État. Les médias publics et les relais proches du pouvoir diffusent en boucle ses déplacements, discours et initiatives, alimentant chez ses opposants l’idée d’une personnalisation excessive du pouvoir.

    Pour ses détracteurs, cette stratégie ne traduit pas une autorité incontestée, mais plutôt une tentative désespérée de compenser les faiblesses du régime par un contrôle accru de l’information.

    Une crise sécuritaire qui persiste malgré les changements

    Pourtant, l’enjeu majeur reste inchangé : la restauration de la sécurité et la protection des populations. Près de quatre ans après le changement de pouvoir, les défis qui avaient justifié le coup d’État sont toujours d’actualité.

    Sur le terrain, de vastes zones du territoire échappent toujours au contrôle de l’État, soumises à l’influence ou aux attaques de groupes armés. La situation humanitaire, marquée par des millions de déplacés internes, demeure critique. Les attaques contre les civils, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) se poursuivent avec une inquiétante régularité.

    Les données compilées par les Nations unies, les organisations humanitaires et les centres de recherche spécialisés confirment la persistance d’une crise sécuritaire profonde. Les attaques jihadistes continuent de frapper plusieurs régions, tandis que le nombre de déplacés internes figure parmi les plus élevés de la sous-région.

    Le danger de l’isolement politique

    Les discours patriotiques, aussi mobilisateurs soient-ils, ne peuvent remplacer des résultats concrets. Les slogans ne restaurent pas la sécurité, ne reconstruisent pas les institutions et ne rétablissent pas la confiance entre l’État et la population.

    Les observateurs les plus critiques soulignent que le principal risque pour le Burkina Faso réside désormais dans l’isolement progressif du chef de la junte. En s’éloignant d’une partie de ses anciens alliés, en multipliant les restructurations sécuritaires et en gouvernant dans un climat de suspicion permanente, Ibrahim Traoré fragilise les fondements mêmes de son pouvoir.

    L’histoire politique africaine regorge d’exemples de régimes militaires ayant progressivement concentré tous les pouvoirs entre les mains d’une élite restreinte. Dans ces cas, la méfiance interne, davantage que l’opposition extérieure, a souvent précipité l’affaiblissement du régime.

    Le défi véritable pour le Burkina Faso reste donc identique à celui de 2022 : rétablir durablement la sécurité, restaurer la confiance institutionnelle et répondre aux aspirations d’une population qui subit encore les conséquences d’années d’instabilité. Car lorsque un pouvoir consacre davantage d’efforts à se protéger des complots internes qu’à résoudre les crises qui ont légitimé sa prise de pouvoir, il prend le risque de faire de sa propre survie sa priorité absolue – au détriment de l’intérêt national.

  • Boni Yayi au Sénat : un tournant pour le Bénin

    Boni Yayi au Sénat : un tournant pour le Bénin

    Boni Yayi intègre le Sénat béninois : une décision historique pour la nation

    Une annonce inattendue a bousculé le paysage politique béninois ce mercredi. Thomas Boni Yayi, ancien président de la République (2006-2016), a révélé sa volonté de siéger au Sénat, dont l’installation officielle est prévue le 30 juillet 2026 à Porto-Novo. Contre toute attente, celui qui s’était opposé avec véhémence à la création de cette institution lors de la révision constitutionnelle de 2025 endosse désormais un rôle clé dans son fonctionnement. Une volte-face qui illustre une volonté de dépasser les clivages pour servir l’intérêt supérieur du Bénin.

    Dans un message diffusé sur sa plateforme officielle, Boni Yayi a justifié sa décision par un sens aigu du devoir. « Mon engagement s’inscrit dans le strict cadre de la Constitution. Mon objectif ? Œuvrer pour la prospérité et la cohésion de notre pays », a-t-il déclaré. L’ancien chef de l’État, longtemps figure de l’opposition, considère désormais le Sénat comme un levier de dialogue national. Une transformation de perspective qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique béninoise.


    Le Sénat béninois : une institution née d’une vision moderne

    La création du Sénat en 2025 s’inscrit dans une réforme constitutionnelle ambitieuse portée par le président Patrice Talon. L’objectif ? Doter le Bénin d’un parlement bicaméral adapté aux défis du XXIe siècle. Cette nouvelle chambre législative, plus mature et réfléchie, a été conçue pour :

    • Stabiliser la gouvernance : en offrant une seconde lecture aux lois, elle garantit leur équilibre juridique et social.
    • Renforcer la représentation territoriale : les collectivités locales et les chefferies traditionnelles y gagnent une voix plus audible.
    • Valoriser l’expérience républicaine : l’intégration automatique des anciens chefs d’État permet de capitaliser sur leur savoir-faire au service de la nation.
    • Prévenir les tensions politiques : en servant de forum de discussion, le Sénat devient un rempart contre les crises sociétales.

    Cette réforme s’ajoute à une série de transformations structurelles impulsées depuis plusieurs années : modernisation économique, sécurisation des frontières et consolidation de l’État de droit. Le Sénat en constitue l’aboutissement, symbolisant la maturité institutionnelle du Bénin.


    Un signal fort pour l’unité nationale

    La décision de Boni Yayi de rejoindre le Sénat est interprétée comme un message d’apaisement. En acceptant ce mandat constitutionnel, il valide l’importance des institutions au-dessus des clivages partisans. Pour la jeunesse béninoise et la classe politique, ce geste envoie un signal clair : le dialogue prime sur les divisions.

    À l’approche de l’installation solennelle du 30 juillet 2026, les préparatifs s’intensifient. L’image de Boni Yayi prêtant serment ou siégeant aux côtés des autres membres du Sénat s’annonce comme un moment historique. Ce rapprochement entre pouvoir et opposition au sein de la Haute Assemblée pourrait redéfinir les équilibres politiques du pays.

    En s’engageant dans cette aventure institutionnelle, l’ancien président confirme que le Bénin mise sur la stabilité et le consensus pour relever ses défis. Sécurité, développement économique et cohésion sociale : autant de priorités qui devraient désormais être discutées dans un cadre transpartisan. Une avancée qui pourrait servir d’exemple en Afrique de l’Ouest.


    Le Sénat, futur pilier de la démocratie béninoise ?

    Avec l’intégration de Boni Yayi, le Sénat béninois se profile comme bien plus qu’une simple chambre parlementaire. Il incarne une volonté de réconciliation nationale, où l’expérience des anciens dirigeants se met au service des générations futures. L’ouverture de ses travaux le 30 juillet prochain marquera peut-être le début d’une ère où la paix et le progrès économique l’emporteront sur les rivalités politiques.

    Le Bénin, connu pour sa stabilité légendaire, confirme ainsi son statut de modèle de gouvernance en Afrique. Une étape supplémentaire vers un avenir où les institutions, et non les divisions, guideront l’action publique.

  • Maep : la Côte d’Ivoire saluée pour ses avancées en gouvernance et réformes

    Maep : la Côte d’Ivoire saluée pour ses avancées en gouvernance et réformes

    Le MAEP souligne les efforts ivoiriens en matière de gouvernance et de réformes institutionnelles

    Le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP), outil phare de l’Union africaine dédié à l’analyse de la gouvernance dans les pays membres, a reconnu les avancées significatives réalisées par la Côte d’Ivoire. Parmi ces progrès figurent la consolidation de la stabilité politique, la transformation économique et les réformes institutionnelles, des leviers essentiels pour renforcer la crédibilité du pays sur la scène régionale.

    Lors de sa visite officielle à Abidjan, Marie-Antoinette Rose-Quatre, directrice générale du secrétariat continental du MAEP, a salué l’engagement de la Côte d’Ivoire. Elle a souligné que ces efforts constituent une base solide pour l’évaluation de deuxième génération, une étape cruciale pour le pays.

    « Nous applaudissons les démarches majeures entreprises par la Côte d’Ivoire pour ancrer la stabilité politique, dynamiser son économie et moderniser ses institutions. Ces réalisations offrent un socle robuste pour l’examen approfondi qui s’annonce », a-t-elle déclaré lors d’une rencontre avec les responsables de la Commission nationale du MAEP à Cocody.

    Une évaluation de deuxième génération pour tracer la voie de l’excellence

    L’évaluation de deuxième génération, prévue prochainement, représente bien plus qu’un simple bilan : elle ouvre la voie à une analyse stratégique des progrès accomplis depuis la première évaluation. Cet exercice permettra d’identifier de nouveaux défis en matière de gouvernance et de mettre en avant des bonnes pratiques pouvant inspirer d’autres États africains.

    Le MAEP, basé sur des principes d’apprentissage mutuel, de transparence et de redevabilité, reste un modèle unique de cooperation volontaire entre les nations. Marie-Antoinette Rose-Quatre a d’ailleurs précisé :

    « Notre mission n’est pas de sanctionner, mais d’accompagner les pays dans l’amélioration de leur démocratie, de leur gouvernance économique et de leur développement socio-économique. »

    Durant son séjour, elle a échangé avec les autorités ivoiriennes pour finaliser la feuille de route de l’évaluation et convenir des modalités pratiques de son lancement. Le secrétariat continental s’est engagé à fournir un soutien technique et institutionnel complet, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

    La Côte d’Ivoire mise sur la gouvernance pour accélérer son développement

    PR David Moussa Soro, président de la Commission nationale du MAEP, a partagé la vision ambitieuse de son institution : « placer la gouvernance au service du développement ivoirien ». Pour concrétiser cette ambition, deux initiatives nationales ont été lancées :

    • L’université d’été pour la bonne gouvernance, destinée à diffuser les principes de gestion transparente auprès des populations ;
    • La revue scientifique sur l’intégration africaine et la gouvernance, qui offre aux chercheurs un espace de publication conforme aux standards du CAMES.

    PR Soro a réaffirmé l’alignement total de la Commission nationale du MAEP sur les orientations du secrétariat continental, confirmant ainsi une collaboration étroite et constructive.

    Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des efforts engagés depuis la création du MAEP en 2003, un accord volontaire visant à renforcer la stabilité politique, l’intégration économique et le développement durable sur le continent.

  • Absence prolongée de Paul Biya : le Cameroun en suspens sans nouvelles du président

    Absence prolongée de Paul Biya : le Cameroun en suspens sans nouvelles du président

    Une longue absence qui interroge le Cameroun

    Paul Biya, président du Cameroun

    Depuis son départ pour l’Europe le 7 juin 2026, le président Paul Biya, accompagné de son épouse, n’a toujours pas regagné le Cameroun. Près de six semaines se sont écoulées sans que les Camerounais ne reçoivent la moindre communication officielle. Une absence prolongée qui alimente les interrogations et les spéculations dans un pays où le silence des autorités laisse libre cours aux rumeurs.

    Un président habitué aux séjours prolongés à l’étranger

    Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, est régulièrement absent du territoire national pour des séjours en Suisse, notamment dans des établissements hôteliers luxueux. Ces déplacements fréquents, souvent liés à des raisons médicales, soulèvent des questions sur sa capacité à assumer pleinement ses fonctions. À 93 ans, sa santé fragile alimente les doutes quant à son aptitude à diriger le pays comme il le devrait.

    Dans un système où l’état de santé du chef de l’État relève du secret d’État, les Camerounais se retrouvent dans l’incertitude la plus totale. Sans annonce officielle, les spéculations vont bon train, tandis que les mécanismes de contrôle, comme la justice, pourraient être mobilisés pour étouffer toute velléité de contestation.

    Qui gouverne vraiment le Cameroun ?

    L’absence répétée du président Biya relance un débat récurrent : qui assure réellement la gestion du pays ? Certains observateurs n’hésitent pas à évoquer un pilotage automatique de l’État, où les décisions seraient prises en son absence. Comment, en effet, un président aussi âgé peut-il remplir ses missions quotidiennes lorsqu’il passe plus de temps hors des frontières qu’auprès de ses concitoyens ?

    La classe politique camerounaise s’impatiente. Des voix, comme celle du député d’opposition Jean-Michel Nintcheu, ont même appelé le Conseil constitutionnel à constater une vacance du pouvoir. Une provocation immédiate pour les partisans du régime, qui ont rétorqué : « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti. »*

    Une gouvernance à l’image de Paul Biya : des records et des surprises

    Le Cameroun de Paul Biya se distingue par des particularités qui interrogent. Avec un président octogénaire toujours en exercice et un responsable de la sûreté nationale ayant fêté ses 90 ans en juillet, le pays semble fonctionner selon des règles bien à lui. La longévité des équipes gouvernementales en est un exemple frappant : depuis son investiture en novembre 2025, le président Biya n’a toujours pas nommé de nouveau gouvernement. Joseph Dion Ngute, Premier ministre depuis janvier 2019, est toujours en poste, soit l’équivalent d’un mandat présidentiel complet.

    Autre singularité : malgré une révision constitutionnelle en avril dernier rétablissant le poste de vice-président, celui-ci reste vacant. Une preuve supplémentaire, pour certains, que le système Biya se suffit à lui-même, sans besoin de renouvellement ni de changement.

    Un président qui défie le temps et les attentes

    Face à ces absences répétées et à ce silence persistant, une partie de la population camerounaise exprime son agacement. Les citoyens attendent un président présent, à l’écoute, capable de répondre à leurs préoccupations. Pourtant, le message semble clair : circulez, il n’y a rien à voir. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme si le Cameroun était un État où le temps s’est arrêté.

    Un Cameroun à part, où l’histoire se répète, où les records s’accumulent, et où le président Paul Biya continue de défier les conventions, même à plus de 90 ans.

  • Candidature commune a la can 2032 : l’AES mise sur le sport face aux défis sécuritaires

    Candidature commune a la can 2032 : l’AES mise sur le sport face aux défis sécuritaires

    Une ambition régionale qui s’affiche malgré des réalités troublantes

    Les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont officialisé leur candidature conjointe pour organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2032. Portée par l’Alliance des États du Sahel (AES), cette démarche vise à incarner une dynamique d’unité et de coopération entre les trois nations. Pourtant, derrière cette volonté affichée d’intégration panafricaine se cache une équation complexe : ces pays, confrontés à une insécurité endémique, peuvent-ils garantir les conditions nécessaires à la tenue d’un tel événement ?

    Une CAN n’est pas qu’une compétition sportive. Elle exige un cadre où chaque acteur – joueurs, officiels, journalistes, supporters – puisse évoluer sans crainte. Or, au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les attaques quotidiennes contre les civils et les forces de sécurité, ainsi que l’emprise croissante de groupes armés sur certains territoires, posent une question légitime : comment garantir la sécurité d’un tel rassemblement ?

    L’insécurité, un frein majeur à la crédibilité du projet

    Les coups d’État successifs qui ont installé les régimes militaires dans ces trois pays avaient pour objectif affiché de rétablir l’ordre et de reprendre le contrôle des zones sous influence jihadiste. Pourtant, plusieurs années après ces transitions, les violences persistent. Les rapports d’attaques, de prises d’otages et de destructions d’infrastructures se multiplient, tandis que des régions entières restent sous la menace constante de groupes armés. Dans ce contexte, l’idée d’accueillir une CAN, synonyme d’afflux massif de visiteurs étrangers, semble, pour certains, déconnectée des urgences nationales.

    Les populations locales, déjà soumises à des restrictions de déplacement et à des conditions de vie précaires, attendent avant tout des autorités qu’elles assurent leur sécurité au quotidien. Pour beaucoup, la priorité n’est pas d’organiser un événement sportif de grande envergure, mais de prouver, par des actes concrets, que l’État a repris le contrôle du terrain.

    Des défis logistiques et économiques colossaux

    Au-delà de la sécurité, une CAN impose des exigences logistiques et infrastructurelles sans précédent. Il faut des stades modernes, des réseaux routiers et aéroportuaires fiables, un parc hôtelier adapté, des structures médicales renforcées et un dispositif sécuritaire à toute épreuve. Or, ces trois pays, déjà engagés dans une guerre coûteuse contre l’insécurité, doivent arbitrer entre des dépenses prioritaires et des investissements d’envergure pour un événement dont la tenue reste incertaine.

    Les partenaires internationaux – fédérations, sponsors, diffuseurs – attendent des garanties solides avant de s’engager. Toute instabilité, toute faille dans la sécurité ou toute incertitude politique pourrait dissuader les acteurs clés et compromettre la viabilité de la candidature. Dans ce jeu, la crédibilité des États de l’AES sera mise à l’épreuve bien au-delà des déclarations officielles.

    Un projet mobilisateur, mais sous conditions

    Une candidature à la CAN peut, à terme, devenir un levier de développement et de rayonnement. Elle pourrait stimuler les investissements, moderniser les infrastructures et renforcer la cohésion sociale. Pourtant, son succès dépendra avant tout de la capacité des trois pays à surmonter leurs défis actuels. Les promesses des régimes militaires doivent désormais se traduire par des résultats tangibles : restauration de la sécurité, stabilisation des territoires, et amélioration des conditions de vie des citoyens.

    Pour l’heure, le débat reste ouvert. Faut-il d’abord prouver que le Sahel peut garantir la sécurité de ses habitants avant de s’engager dans l’organisation d’un événement planétaire ? La question divise, mais une chose est sûre : l’ambition sportive ne suffira pas à convaincre si elle n’est pas accompagnée de preuves tangibles de progrès. L’AES a lancé un pari audacieux, mais son issue dépendra de sa capacité à transformer ses défis en opportunités – et non en obstacles.