Catégorie : Actualités

  • Jnim dément la mort de son numéro deux après une frappe au Mali

    Jnim dément la mort de son numéro deux après une frappe au Mali

    Le groupe armé « Soutien à l’islam et aux musulmans » (JNIM) a catégoriquement réfuté les rumeurs concernant la disparition de Sidna Ag Hita, bras droit d’Iyad Ag Gali et second dans la hiérarchie de l’organisation. Ces allégations avaient circulé après qu’une opération militaire aérienne ait ciblé un campement dans la localité de Diabali, située au centre du Mali.

    Des responsables du JNIM ont certifié que Ag Hita était toujours en vie et en parfaite condition physique. Ils ont souligné l’absence totale de fondement dans les informations relayant son décès, précisant qu’aucun communiqué officiel du groupe n’a évoqué une telle éventualité.

    Dans son rapport, la Légion africaine avait indiqué avoir mené une frappe aérienne accompagnée de tirs de roquettes contre un campement présumé du JNIM dans la nuit du 27 mai. Selon les renseignements disponibles au moment de l’opération, Sidna Ag Hita aurait été présent sur les lieux visés.

  • Campagne de vaccination au Tchad : protéger chaque enfant contre la poliomyélite

    Campagne de vaccination au Tchad : protéger chaque enfant contre la poliomyélite

    La campagne nationale de vaccination contre la poliomyélite, couplée à une supplémentation en vitamine A et un déparasitage, a été officiellement lancée ce jeudi par le ministre de la Santé publique et de la Prévention, le Dr Abdelmadjid Abderahim.

    L’événement s’est tenu au centre de santé d’Atrone, situé dans le 7ème arrondissement de N’Djamena. Cette intervention sanitaire, prévue du 5 au 7 juin 2026, vise à protéger les enfants tchadiens contre les maladies évitables tout en améliorant leur état nutritionnel.

    Une mobilisation collective pour la santé des enfants

    Amina Kodjienna, déléguée générale du gouvernement auprès de la province de N’Djamena, a souligné l’importance de cette campagne. Elle a appelé les chefs de ménage à faciliter l’accès des équipes de vaccination afin que chaque enfant puisse bénéficier des soins nécessaires.

    Le représentant du Rotary Club International a réitéré l’engagement de son organisation dans la lutte contre la poliomyélite. Il a encouragé les parents à soutenir activement les professionnels de santé pour renforcer l’impact de cette campagne.

    Un engagement mondial pour éradiquer la poliomyélite

    Luciano Calestini, représentant de l’Unicef au Tchad, a qualifié la poliomyélite de maladie dévastatrice et insisté sur la nécessité d’une mobilisation massive pour l’éradiquer. Il a salué le soutien constant des partenaires internationaux pour assurer le bien-être des enfants tchadiens.

    Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

    Selon le Dr Abdelmadjid Abderahim, 6 418 757 enfants âgés de 0 à 59 mois seront vaccinés contre la poliomyélite. Par ailleurs, plus de 4,6 millions d’enfants de 6 à 59 mois recevront une supplémentation en vitamine A, tandis que plus de 4,2 millions d’enfants de 9 à 59 mois bénéficieront d’un déparasitage à l’albendazole.

    Le ministre a rappelé que ces efforts s’inscrivent dans une stratégie globale pour atteindre au moins 95 % de couverture vaccinale dans chaque district sanitaire. Cette ambition vise à consolider les acquis des précédentes campagnes et à éliminer définitivement la circulation des poliovirus variants.

    Un succès déjà en marche

    Le Dr Abdelmadjid Abderahim a mis en avant les résultats encourageants de la campagne organisée en mai dernier. Il a salué le travail remarquable des équipes de terrain, des superviseurs, des autorités locales et des communautés pour leur engagement sans faille.

    Il a également rappelé que la santé des enfants ne relève pas uniquement des professionnels de santé, mais constitue une responsabilité collective impliquant les familles, les communautés, les autorités locales et les partenaires internationaux.

    Remerciements aux partenaires et aux acteurs de terrain

    Au nom du gouvernement tchadien, le ministre a exprimé sa profonde gratitude envers les partenaires techniques et financiers, notamment l’OMS, l’Unicef, Gavi, le Rotary International et d’autres organisations. Il a également tenu à remercier chaleureusement les agents de santé, les vaccinateurs, les mobilisateurs sociaux et les volontaires pour leur dévouement dans la réussite de cette campagne.

    Un héritage pour l’avenir du pays

    Comme l’a souligné le Dr Abdelmadjid Abderahim, chaque enfant vacciné représente une victoire contre la maladie. Chaque supplémentation en vitamine A ou chaque déparasitage contribue à bâtir un avenir où les enfants grandissent en bonne santé, prêts à contribuer au développement de la Nation.

  • Activiste nigérien emprisonné après appel à la contestation populaire

    Activiste nigérien emprisonné après appel à la contestation populaire

    L’activiste Nassirou Bodo a été écroué à la prison de Niamey, après avoir été présenté au parquet, comme l’a confirmé mercredi soir par un média en ligne local. Sa détention fait suite à une garde-à-vue prolongée dans les locaux policiers.

    Kaka Touda, personnalité influente de la société civile, a relayé sur Facebook l’incarcération de Nassirou Bodo. Les raisons précises de son arrestation restent floues, mais l’activiste était visé par une enquête pour « diffusion de données susceptibles de perturber l’ordre public ».

    Quelques jours plus tôt, Nassirou Bodo avait appelé sur les réseaux sociaux à des mouvements de protestation pacifiques contre les violences étatiques subies par les populations. Il évoquait notamment la persistance de l’insécurité dans plusieurs régions du pays et les expulsions forcées en cours, comme celles des habitants de la zone aéroportuaire de Niamey, ciblée lors d’une attaque terroriste le 29 janvier revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS).

    Les autorités justifient ces expulsions par la nécessité de sécuriser la capitale face aux risques terroristes. Elles ciblent les constructions jugées « illégales », dans un contexte où les groupes armés multiplient les attaques.

    Depuis juillet 2023, le Niger traverse une période de tension politique marquée par l’arrestation de journalistes et de membres de la société civile. Plusieurs d’entre eux ont été emprisonnés pour des motifs variés : diffamation, atteinte à la sécurité nationale ou complot contre l’État.

    Selon les derniers chiffres disponibles, 13 journalistes ont été arrêtés en 2025. Trois ont été libérés début mai après plusieurs mois de détention, mais cinq autres restent derrière les barreaux, selon des associations locales de défense de la presse.

    Parmi les figures incarcérées figure Moussa Tchangari, emprisonné depuis décembre 2024 pour des accusations d’« apologie du terrorisme et atteinte à la sûreté de l’État ».

  • Cérémonie du GEMIA : la 6e promotion des Enfants de Troupe officiellement intronisée à N’Djamena

    Cérémonie du GEMIA : la 6e promotion des Enfants de Troupe officiellement intronisée à N’Djamena

    cérémonie du GEMIA : la 6e promotion des Enfants de Troupe officiellement intronisée à N’Djamena

    Une journée placée sous le signe de l’excellence et de la discipline s’est tenue aujourd’hui dans la capitale tchadienne. Le Groupement des Écoles Militaires Interarmées (GEMIA) a célébré l’intronisation de sa 6e promotion d’Enfants de Troupe, une étape charnière pour ces jeunes recrues qui marquent ainsi leur passage vers une nouvelle étape de leur parcours.

    cérémonie du GEMIA : la 6e promotion des Enfants de Troupe officiellement intronisée à N'Djamena

    une cérémonie sous haute surveillance militaire et civile

    La cérémonie, présidée par le Général de Division Hisseine Abderamane Haggar, a réuni les plus hautes autorités du pays. Parmi elles figuraient le 2e chef d’état-major général des armées, Yangmmargue Beh Félix, ainsi que plusieurs généraux, officiers et attachés de défense étrangers. La présence du maire de N’Djamena et du sultan du 1er arrondissement a également marqué l’événement, aux côtés des familles des jeunes recrues et des anciens Enfants de Troupe.

    Le commandant du GEMIA a salué la transformation de ces jeunes, passés de simples « Bleus » à des Enfants de Troupe dignes de ce nom. « Leur parcours, jalonné de défis et de sacrifices, a forgé leur esprit de cohésion et de discipline », a-t-il souligné devant l’assistance.

    le parcours exigeant des nouvelles recrues

    La 6e promotion, forte de 76 élèves recrutés depuis le 6 octobre 2025, a suivi une formation intense. Cette période, baptisée « bahutage », vise à leur inculquer les valeurs fondamentales de solidarité, de fraternité et de rigueur. Une étape cruciale pour préparer ces futurs cadres à leurs futures missions.

    Le général a rappelé la vision du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno : « L’avenir du Tchad se construit dans ses écoles ». Une ambition que l’École des Enfants de Troupe incarne à travers son slogan : « S’instruire pour mieux construire », autour des piliers d’honneur, de discipline et d’excellence.

    hommage aux meilleurs éléments de la promotion

    La cérémonie a également été l’occasion de récompenser les élèves les plus méritants. Les prix ont été attribués au major de l’école, aux élèves les plus exemplaires, ainsi qu’aux meilleurs performers sportifs. Le général a félicité les lauréats tout en les encourageant à poursuivre leurs efforts avec la même détermination.

    En clôture, le commandant du GEMIA a lancé un appel aux partenaires institutionnels et à l’Association des Anciens Enfants de Troupe pour faire de cet établissement une référence nationale. Il a également salué l’engagement des parents, essentiels dans l’éducation de ces futurs piliers de la nation.

  • Le Bénin et la Côte d’Ivoire scellent une alliance économique inédite sous Wadagni

    Le Bénin et la Côte d’Ivoire scellent une alliance économique inédite sous Wadagni

    À l’aube de son mandat présidentiel, Romuald Wadagni a opté pour une destination stratégique : la Côte d’Ivoire. Son déplacement officiel à Abidjan, dès les premiers mois de sa prise de fonction, ne relève pas d’un simple geste protocolaire. Il s’agit d’un choix diplomatique et économique mûrement réfléchi, porteur d’une vision ambitieuse pour le Bénin.

    Abidjan, un modèle à suivre pour le développement économique

    En se rendant dans la capitale ivoirienne, le président béninois Romuald Wadagni ne se contente pas de visiter un pays voisin. Il s’inspire d’un modèle de réussite reconnu à l’échelle continentale. Sous la direction du président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme un pilier de la croissance en Afrique de l’Ouest, notamment au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

    Les indicateurs sont parlants : une croissance soutenue, des infrastructures modernes et une attractivité économique en constante progression. Pour un homme d’affaires comme Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances, cette rencontre représente bien plus qu’un déplacement diplomatique. C’est l’opportunité de dialoguer avec un dirigeant dont la méthode de gestion a fait ses preuves, alliant pragmatisme, rigueur budgétaire et vision à long terme.

    Un partenariat sous le signe de l’intégration régionale

    Ce rapprochement entre Cotonou et Abidjan s’inscrit dans un contexte où les enjeux de sécurité, d’intégration économique et de transition industrielle dominent l’agenda ouest-africain. Le Bénin, qui mise sur des réformes structurelles et des projets d’envergure comme la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), trouve dans la Côte d’Ivoire un partenaire de choix pour renforcer sa position régionale.

    Les retombées attendues de cette collaboration sont multiples et s’articulent autour de plusieurs axes prioritaires :

    • Synergie économique et financière : Harmonisation des politiques de gestion de la dette, attractivité accrue pour les investissements étrangers et renforcement du marché financier régional.
    • Échanges d’expertise institutionnelle : Apprentissage des stratégies de relance économique et des grands chantiers ayant propulsé la Côte d’Ivoire parmi les économies les plus dynamiques du continent.
    • Coopération sécuritaire renforcée : Renforcement des positions communes face aux défis géopolitiques actuels en Afrique de l’Ouest.

    Une diplomatie tournée vers l’excellence et la performance

    Ce déplacement inaugural à Abidjan trace les grandes lignes de la politique étrangère du Bénin sous Romuald Wadagni. En privilégiant des partenariats avec des économies performantes comme celle de la Côte d’Ivoire, le chef de l’État béninois affirme sa volonté de placer son pays sur la scène internationale, aux côtés des acteurs majeurs du développement africain.

    En s’appuyant sur l’expertise et le réseau d’Alassane Ouattara, Romuald Wadagni envoie un message clair : le Bénin entend s’inscrire dans une dynamique de croissance durable, en s’alliant avec des partenaires fiables et ambitieux. Cotonou et Abidjan, deux capitales économiques de l’Afrique de l’Ouest, semblent ainsi engagées dans une nouvelle ère de collaboration, dont les retombées pourraient bien redessiner l’équilibre régional.

  • Niamey : évacuations forcées près de l’aéroport pour contrer la menace terroriste

    Niamey : évacuations forcées près de l’aéroport pour contrer la menace terroriste

    Des habitants de Kobontafa démontent eux-mêmes leurs habitations avant destruction

    Dans le quartier de Kobontafa, situé à quelques encablures de l’aéroport international de Niamey, les résidents s’affairent à récupérer les matériaux de leurs logements avant leur démolition programmée. Toits, fenêtres et portes s’entassent dans un ballet organisé, alors que les autorités nigériennes ont lancé une opération d’ampleur contre les constructions illégales empiétant sur l’emprise aéroportuaire.

    Une attaque jihadiste en janvier justifie le durcissement des mesures

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un renforcement des dispositifs de sécurité après l’assaut perpétré le 29 janvier contre l’aéroport international Diori Hamani et une base militaire de drones basée à Niamey. Les autorités nigériennes estiment que les assaillants ont profité de ces zones non régulées pour s’infiltrer dans la zone protégée.

    Plus de 26 000 personnes concernées par les évacuations

    Selon les données officielles, près de 26 000 individus résidant dans quatre quartiers non autorisés sont impactés par cette opération. Ces secteurs, qui occupent une portion significative du périmètre aéroportuaire, sont considérés comme des failles critiques pour la sécurité nationale.

    Le Niger sous pression des groupes armés au Sahel

    Le pays subit depuis plusieurs années les assauts répétés de mouvements jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, notamment dans des régions proches de la capitale Niamey. L’attaque de janvier, revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS), avait été repoussée par les forces nigériennes avec l’appui de partenaires internationaux. Le bilan faisait état de 20 terroristes tués et de 4 militaires nigériens blessés, tandis que des dégâts matériels importants avaient été enregistrés.

    Le général Tiani pointe les faiblesses du dispositif sécuritaire

    Quelques semaines après l’attaque, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, le général Abdourahamane Tiani, avait reconnu une faille dans la protection des infrastructures stratégiques. Il avait précisé que les assaillants visaient à neutraliser les capacités aériennes de l’armée nigérienne.

    Une zone orientale identifiée comme point d’infiltration

    Le ministre nigérien des Transports et de l’Aviation civile, le colonel Amadou Abdramane, a précisé que les démolitions ciblent en priorité la partie orientale de l’aéroport, occupée illégalement et utilisée comme voie d’accès par les assaillants lors de l’attaque.

    Un risque pour le statut international de l’aéroport

    Le ministre de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a alerté sur les dangers liés au maintien de ces quartiers non régulés, soulignant que leur présence pourrait compromettre le statut sécuritaire de l’aéroport auprès des instances internationales. Il a également rappelé que l’absence de garanties en matière de sûreté exposait le site à des sanctions potentielles.

    Une indemnisation prévue pour les personnes évacuées

    Les autorités nigériennes ont assuré que les habitants concernés par les démolitions bénéficieraient d’une compensation financière, à condition de s’inscrire dans le cadre du recensement organisé par les services gouvernementaux.

    Renforcement des dispositifs de surveillance autour de l’aéroport

    En parallèle des démolitions, des mesures complémentaires ont été déployées pour sécuriser l’aéroport de Niamey. La clôture périphérique a été prolongée et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du site.

    Campagnes de vigilance citoyenne à l’échelle nationale

    Les autorités nigériennes ont également intensifié les actions de sensibilisation, encourageant la population à signaler toute activité ou individu suspect aux forces de sécurité via des canaux dédiés. Ces initiatives visent à renforcer la coopération entre les citoyens et les services de protection pour déjouer d’éventuelles menaces terroristes.

  • Feuille de route fiscale au Gabon : la dgi sous le feu des projecteurs

    Feuille de route fiscale au Gabon : la dgi sous le feu des projecteurs

    Depuis le palais présidentiel, une cérémonie officielle a marqué l’investiture d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI) du Gabon. Accueillie par Brice Clotaire Oligui Nguema en personne, la nouvelle directrice générale et son équipe se voient confier une mission cruciale : faire de la fiscalité le levier central du financement des politiques publiques. Pour l’exécutif, cette nomination n’est pas qu’un changement de responsable, mais le signal fort d’une priorité absolue : renforcer les recettes internes pour soutenir les ambitions du pays.

    La fiscalité, pilier d’une refonte économique ambitieuse

    Le président gabonais a rappelé avec insistance que la capacité de l’État à concrétiser ses projets dépend directement de la performance du système fiscal. Infrastructures, éducation, santé et souveraineté économique : autant de domaines où les ressources collectées joueront un rôle déterminant. Libreville mise sur une réduction progressive de sa dépendance aux revenus pétroliers, et la DGI se positionne désormais comme un acteur clé de cette transition. Son rôle ne se limite plus à la collecte des impôts : elle devient un outil stratégique pour piloter le budget et renforcer la crédibilité macroéconomique du pays.

    Lors de cet échange, Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné l’importance d’une administration fiscale performante, mais aussi intègre. Modernisation des processus, transparence dans le traitement des dossiers, et lutte contre la fraude sont autant de défis à relever. L’objectif ? Transformer une structure autrefois perçue comme rigide en un service facilitateur, propice à un climat des affaires plus dynamique.

    Edith Laure Mbiguidi Oyaya, une mission à haut risque

    Cette nomination intervient dans un contexte où le Gabon tente de stabiliser ses finances après des années de tensions budgétaires. La nouvelle directrice générale hérite d’une administration dont les résultats conditionnent la soutenabilité de la dette et la capacité d’investissement de l’État. Sa réussite dépendra non seulement des moyens alloués, mais aussi de la volonté politique réelle de surmonter les résistances internes.

    Les collaborateurs promus à ses côtés auront des dossiers prioritaires à traiter : digitalisation des déclarations, traçabilité des paiements, fiscalité des multinationales extractives, et alignement avec les normes de la CEMAC. Ces chantiers, déjà engagés, doivent être accélérés pour crédibiliser le discours présidentiel sur la refondation économique. Par ailleurs, la DGI collabore avec des partenaires internationaux, dont le Fonds monétaire international, pour renforcer ses capacités techniques.

    Un projet national dont la fiscalité est le socle

    Depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2023, puis sa victoire électorale en avril 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la souveraineté budgétaire au cœur de sa vision politique. Son programme articule transformation économique, justice sociale et redistribution équitable, des objectifs qui exigent des recettes fiscales plus abondantes et mieux réparties. Le gouvernement vise à faire contribuer davantage les secteurs à forte valeur ajoutée, tout en allégeant le fardeau fiscal sur les ménages les plus vulnérables.

    Cependant, le défi gabonais reste de taille. L’économie reste en grande partie informelle, la base de contribuables est restreinte, et les hydrocarbures continuent de peser lourdement sur les finances publiques. Élargir l’assiette fiscale demande une approche patiente, combinant incitations à la formalisation, simplification des démarches et contrôles ciblés. La directrice générale devra trouver un équilibre entre résultats immédiats et réformes structurelles, sous la pression d’un exécutif impatient d’afficher des avancées tangibles.

    Cette cérémonie d’investiture envoie un message clair aux partenaires financiers du Gabon. En affichant son soutien à la nouvelle équipe, le président cherche à rassurer sur la continuité des engagements en matière de gouvernance fiscale. Les performances des recettes non pétrolières seront scrutées comme un baromètre de la solidité du programme économique de Libreville. Le chef de l’État a d’ailleurs qualifié cette mission de stratégique pour la transformation du pays.

  • La journée ville morte de l’opposition en rdc : un test sous haute tension

    La journée ville morte de l’opposition en rdc : un test sous haute tension

    La capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, a connu une journée particulière ce 3 juin 2026. L’opposition a lancé une opération de protestation baptisée « journée ville morte » pour manifester son opposition à un éventuel changement de la Constitution. Mais cette mobilisation a-t-elle atteint ses objectifs ?

    Circulation timide dans le centre-ville de Kinshasa en RDC, le 3 juin 2026

    une mobilisation contestée pour contrer un projet constitutionnel

    L’appel lancé par l’opposition congolaise visait à paralyser Kinshasa en signe de protestation contre une possible modification de la Constitution. Ce changement, redouté par de nombreux acteurs politiques et de la société civile, pourrait prolonger le mandat du président en place. La journée « ville morte » était-elle une réponse efficace à cette menace ?

    analyse des réactions et des impacts observés

    Dès les premières heures de la matinée, les rues de Kinshasa se sont révélées moins animées que d’habitude. Les commerces, les marchés et les transports en commun ont partiellement fermé leurs portes, conformément à l’appel lancé par l’opposition. Pourtant, certains secteurs sont restés actifs, limitant ainsi l’impact total de cette mobilisation. Comment interpréter cette réaction contrastée ?

    les défis de l’opposition face au pouvoir en place

    La stratégie de l’opposition repose sur une pression constante pour empêcher tout changement constitutionnel. Cependant, cette approche doit faire face à une résistance déterminée du pouvoir. Quels sont les prochains coups possibles dans ce bras de fer politique ? Les observateurs s’interrogent sur la capacité de l’opposition à maintenir la mobilisation dans la durée.

    La journée du 3 juin 2026 aura-t-elle marqué un tournant dans ce conflit institutionnel ? La réponse dépendra largement de la suite donnée par les protagonistes et de la réponse de la population.

  • Sud-Kivu : MSF en première ligne face à l’urgence humanitaire et sanitaire

    Sud-Kivu : MSF en première ligne face à l’urgence humanitaire et sanitaire

    Sud-Kivu : MSF en première ligne face à l’urgence humanitaire et sanitaire

    La province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), traverse une crise humanitaire sans précédent. À Baraka, l’insécurité chronique liée aux conflits armés et la dégradation des infrastructures compliquent drastiquement l’accès aux soins médicaux. Face à l’ampleur des besoins, une assistance médicale et humanitaire renforcée s’impose d’urgence. Médecins Sans Frontières (MSF) intervient activement pour soutenir les populations affectées par cette situation dramatique.

    L’intensification des violences aggrave les déplacements de population

    Les combats opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 et leurs alliés sur les Hauts plateaux de Fizi attisent des tensions intercommunautaires historiques. Cette escalade a provoqué un exode massif de populations. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de cinq millions de personnes ont été déplacées, dont 1,9 million au Sud-Kivu et au Maniema.

    Sans infrastructures d’accueil adaptées, la majorité des déplacés se réfugient chez des familles hôtes ou dans des camps de fortune, comme celui de Monge Monge. L’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de base reste un défi quotidien pour les habitants, qu’ils soient locaux ou déplacés.

    L’éloignement et la précarité financière bloquent l’accès aux soins

    Les violences répétées ont détruit les moyens de subsistance de nombreuses familles. Dans ce contexte, MSF ajuste sa réponse en renforçant ses services médicaux pour les populations touchées.

    Ikupe Roger, 60 ans, a fui son village il y a dix-huit mois pour échapper aux combats. « Quand les combats ont éclaté, j’ai fui avec ma femme et nos huit enfants pour sauver nos vies », raconte-t-il. « Mon plus grand souci aujourd’hui est de rester à Baraka malgré le climat de terreur. Avant l’arrivée de MSF, les soins étaient quasi inexistants. Payer plus de 100 000 francs congolais pour un traitement est inenvisageable ». Pour subvenir aux besoins de sa famille, il cultive des champs, pêche et élève des volailles. Malgré ses efforts, la situation reste désespérément précaire.

    « Beaucoup de familles n’ont plus les moyens de payer le transport ou les soins essentiels », explique Gianpietro Campedelli, coordinateur de projet MSF à Baraka. Les patients arrivent souvent dans un état critique, trop tard pour recevoir des soins salvateurs.

    Les civils subissent les conséquences directes des violences

    Au-delà des blessures liées aux affrontements, de nombreuses personnes souffrent de traumatismes et de violences subies lors de leur fuite, notamment dans des zones instables.

    Fatou, 40 ans, a trouvé refuge dans une famille d’accueil à Mwandiga après avoir fui son village de Makobola. « Pendant notre fuite, j’ai été frappée par des hommes armés. On nous a tout pris. Notre village était vide à notre départ, et tout ce que nous avions laissé a été volé », témoigne-t-elle.

    MSF renforce le système de santé face aux épidémies et aux blessés

    À Baraka, les centres de santé font face à un afflux de blessés de guerre, à des épidémies de choléra récurrentes et à une progression alarmante du paludisme. Les structures sanitaires, submergées, peinent à répondre à ces multiples urgences.

    Entre janvier et avril, MSF a mené les actions suivantes :

    • Renforcement de l’hôpital général de référence de Baraka via des approvisionnements médicaux et des formations pour le personnel soignant ;
    • Prise en charge des frais de traitement pour des pathologies sévères, comme les formes graves de paludisme, les infections respiratoires aiguës et les maladies diarrhéiques ;
    • Soutien à sept centres de soins communautaires pour le dépistage précoce du paludisme, de la pneumonie et des diarrhées.

    Au total, 26 234 patients ont été pris en charge, dont 426 blessés de guerre, 16 574 cas de paludisme, 2 953 diarrhées et 3 832 pneumonies.

    Nos équipes ont également agi pour endiguer les épidémies :

    • 1 002 patients soignés au Centre de traitement du choléra (CTC) de Baraka depuis janvier ;
    • Distribution de kits d’hygiène ;
    • Installation de points de chloration et réparation de pompes à eau manuelles à Baraka, Mwangaza et Mushimbakye ;
    • Distribution de 488 kits essentiels (savon, couvertures, assiettes, moustiquaires) dans le camp de Monge Monge et de kits d’hygiène féminine pour 870 femmes dans le même camp.

    Une mobilisation collective est urgente

    Actuellement, MSF se concentre sur la santé reproductive et la prise en charge des survivantes de violences sexuelles au centre de santé de Baraka, tout en menant des actions d’eau, hygiène et assainissement dans le camp de Monge Monge.

    Malgré ces efforts, les besoins restent colossaux et dépassent largement les réponses disponibles. « L’action de MSF est vitale, mais elle ne suffit pas à couvrir l’ensemble des besoins. Une mobilisation accrue des autres acteurs humanitaires est indispensable pour protéger les populations exposées aux multiples vulnérabilités sanitaires et sociales », souligne Gianpietro Campedelli.

  • Interdiction des motos au Mali : les mesures contre l’insécurité renforcées

    Interdiction des motos au Mali : les mesures contre l’insécurité renforcées

    interdiction des motos au Mali : les autorités réagissent face à la crise sécuritaire

    Face à l’aggravation de la situation sécuritaire au Mali, les autorités ont pris une décision radicale. Désormais, la circulation des motocyclettes de 125 cm³ et plus est strictement encadrée. Cette mesure s’applique en dehors des principales zones urbaines du pays, notamment Bamako et les chefs-lieux régionaux. Parallèlement, l’importation et la commercialisation de ces deux-roues sont désormais interdites sur l’ensemble du territoire national.

    Le Mali renforce ses mesures contre l'insécurité en interdisant les motos de plus de 125 cm³ hors des grandes agglomérations

    Une décision motivée par la dégradation de la situation sécuritaire

    Cette restriction intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le Mali est actuellement confronté à une recrudescence d’attaques jihadistes, particulièrement depuis la fin du mois d’avril. Les groupes armés ont notamment mené des opérations d’envergure les 25 et 26 avril, perturbant gravement la stabilité du pays. En réponse, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), alliés à Al-Qaïda, ainsi que la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont instauré un blocus routier sur plusieurs axes menant à Bamako depuis le 30 avril.

    Quels secteurs sont concernés par cette interdiction ?

    L’arrêté interministériel précise que la suspension de circulation ne s’applique pas dans certaines zones stratégiques. Le district de Bamako ainsi que les chefs-lieux de Région, de Cercle et d’Arrondissement sont exemptés de cette restriction. Cette mesure exceptionnelle vise à protéger les zones les plus vulnérables tout en limitant la mobilité des groupes armés.

    Outre la circulation, les autorités maliennes ont également décidé de suspendre l’importation, le transit, la commercialisation, la vente et la distribution gratuite des motocyclettes de 125 cm³ et plus, ainsi que leurs accessoires, sur l’ensemble du territoire national. Cette décision s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre l’insurrection qui frappe le pays depuis plusieurs mois.

    Un moyen de déplacement privilégié par les groupes armés

    Le choix de cibler spécifiquement les motos de plus de 125 cm³ n’est pas anodin. Ces véhicules sont en effet le moyen de déplacement privilégié des groupes armés opérant au Mali. Leur maniabilité et leur capacité à circuler hors des routes goudronnées en font un outil redoutable pour les attaques surprises et les déplacements rapides des jihadistes.

    Cette interdiction s’ajoute à d’autres mesures prises par les autorités pour tenter de rétablir la sécurité dans un pays durement éprouvé par près de dix ans de conflit armé. Face à la multiplication des attaques et à l’instauration de blocus, le gouvernement malien mise sur des restrictions ciblées pour affaiblir la logistique des groupes insurgés.

  • Diplomatie béninoise : romuald wadagni tisse des liens au Sahel

    Diplomatie béninoise : romuald wadagni tisse des liens au Sahel

    diplomatie béninoise : romuald wadagni tisse des liens au Sahel

    En une semaine seulement, trois capitales stratégiques du Sahel ont accueilli le président Romuald Wadagni. Une tournée diplomatique audacieuse, menée hors des frontières du Bénin, pour relancer une coopération régionale mise à rude épreuve par des crises sécuritaires et politiques persistantes depuis 2023.

    un voyage diplomatique axé sur la sécurité et l’économie

    Le parcours de Romuald Wadagni s’est concentré sur trois pays : l’Nigeria, le Niger et le Burkina Faso. L’objectif affiché ? Rétablir un dialogue direct avec les dirigeants de ces nations voisines, essentiel pour renforcer la stabilité sous-régionale.

    À Abuja, les discussions se sont concentrées sur deux enjeux majeurs : la sécurité transfrontalière et les échanges commerciaux. Le Nigeria, premier partenaire économique du Bénin, joue un rôle clé dans la lutte contre les groupes armés dans le bassin du lac Tchad. Romuald Wadagni a souligné l’importance de débloquer le corridor Lagos-Cotonou, dont les fermetures répétées pénalisent les économies des deux pays.

    Au Niger et au Burkina Faso, les échanges ont porté sur la coordination transfrontalière. Les attaques djihadistes dans les régions de l’Atacora et de l’Alibori rendent toute réponse béninoise isolée inefficace. La reprise partielle des échanges commerciaux et le partage de renseignements ont été identifiés comme des priorités concrètes.

    un équilibre diplomatique délicat à maintenir

    Le défi pour le Bénin ? Naviguer entre des partenaires aux statuts régionaux divergents. Le Nigeria reste un membre actif de la CEDEAO, tandis que le Niger et le Burkina Faso ont quitté cette organisation pour former l’Alliance des États du Sahel.

    Romuald Wadagni doit ainsi jouer un rôle d’équilibriste : préserver la crédibilité du Bénin auprès de la CEDEAO et de ses partenaires occidentaux, tout en évitant d’isoler des voisins avec lesquels le pays partage plus de 700 km de frontières et des échanges humains quotidiens.

    Sur le plan sécuritaire, les défis sont immenses. Aucun accord bilatéral ne pourra tenir sans un cadre juridique clair et des moyens logistiques renforcés pour les unités mixtes de patrouille. Les populations frontalières attendent avant tout la réouverture des marchés et la sécurisation des axes routiers.

    une diplomatie pragmatique axée sur des projets concrets

    Plutôt que de chercher à résoudre d’emblée les divergences politiques, Romuald Wadagni mise sur une diplomatie de projet. L’idée ? Créer des intérêts communs autour de l’eau, de l’énergie et de la mobilité transfrontalière, pour rendre le désengagement coûteux pour chaque partie.

    Si cette approche porte ses fruits d’ici fin 2027, le Bénin pourrait retrouver un rôle de facilitateur dans la sous-région. En revanche, si les résultats tardent, le discours pragmatique perdra en crédibilité, alors que l’insécurité continue de progresser.

    Le premier test concret sera la mise en œuvre des engagements pris à Niamey et Ouagadougou concernant la sécurisation du corridor Nord. Sans avancée tangible avant la fin de l’année, la crédibilité de cette tournée diplomatique pourrait être remise en question.

  • Recensement au Cameroun : les associations pointent des dysfonctionnements majeurs

    Recensement au Cameroun : les associations pointent des dysfonctionnements majeurs

    Le quatrième recensement au Cameroun, opération cruciale pour l’avenir du pays, s’est retrouvé plongé dans une tourmente inattendue. Initialement prévu pour s’achever le 29 mai, le dénombrement national a été prolongé de deux mois par décret gouvernemental. Cette décision, loin de calmer les esprits, a au contraire exacerbé les critiques des associations, qui dénoncent des dysfonctionnements patents dans son organisation.

    Philippe Nanga, coordonnateur de l’ONG Un Monde Avenir, n’a pas hésité à qualifier la situation de « désordre généralisé ». Le responsable associatif a mis en lumière un exemple symptomatique de ces dysfonctionnements : à Douala, capitale économique du pays, des agents recenseurs ont abandonné le terrain après seulement dix jours, faute de percevoir leur rémunération.

    Un outil stratégique pour l’État sous le feu des critiques

    Le recensement représente bien plus qu’un simple exercice statistique : il constitue le socle indispensable à toute politique publique. Il influence directement le découpage électoral, l’attribution des budgets aux collectivités locales, ainsi que la planification des infrastructures éducatives et sanitaires. Le Cameroun, dont le dernier décompte officiel remonte à 2005, souffre depuis des années d’un manque criant de données démographiques actualisées. L’enjeu de cette quatrième édition était donc bien plus qu’une simple mise à jour des chiffres.

    La prolongation de deux mois révèle, en filigrane, l’ampleur des obstacles rencontrés sur le terrain. Les retards dans la distribution du matériel, les lacunes dans la formation des enquêteurs et la couverture incomplète des zones rurales ont marqué le début de l’opération. L’arrêt de travail des agents de Douala illustre une faiblesse structurelle : la gestion chaotique des paiements et des ressources humaines pour une mission d’une telle envergure.

    La vigilance des acteurs de la société civile

    Philippe Nanga, à travers Un Monde Avenir, incarne cette frange d’organisations qui veillent au grain sur les processus institutionnels majeurs. Sa prise de parole publique ne vise pas à discréditer l’opération, mais à exiger une gestion rigoureuse et transparente. La question centrale reste entière : les résultats obtenus dans ces conditions seront-ils suffisamment fiables pour servir de base aux décisions politiques ? Cette interrogation prend tout son sens dans un pays où les contestations autour des chiffres officiels, qu’ils concernent la démographie ou les élections, sont fréquentes.

    Le délai supplémentaire accordé par le gouvernement pourrait offrir une chance de redressement. Encore faut-il que les financements nécessaires soient débloqués. Les observateurs alertent sur le risque de produire, en fin de compte, une image tronquée de la population camerounaise. Les partenaires internationaux, comme la Banque mondiale ou le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), qui soutiennent traditionnellement ce type d’initiative sur le continent, suivent de près la méthodologie employée.

    Un miroir tendu aux autorités

    Au-delà du contexte camerounais, ce débat soulève une problématique récurrente en Afrique francophone : comment organiser des recensements exhaustifs dans des environnements contraints par des budgets serrés, des territoires difficiles d’accès et des défis sécuritaires dans certaines régions ? Le précédent recensement de 2005, déjà marqué par des reports successifs avant la publication des résultats définitifs en 2010, illustre cette difficulté persistante.

    La sortie publique de Philippe Nanga pourrait peser lourd dans les mois à venir, à mesure que le nouveau délai s’écoule. Les autorités camerounaises sont désormais sous les projecteurs : transparence des méthodes, régularisation des salaires des agents de terrain et publication d’indicateurs intermédiaires sont désormais des attentes incontournables. Sans quoi, ce quatrième recensement pourrait entrer dans l’histoire administrative non pour ses avancées, mais pour ses échecs.