Catégorie : Actualités

  • Malgré les efforts, le Mali peine à réduire la corruption selon l’indice 2024

    Malgré les efforts, le Mali peine à réduire la corruption selon l’indice 2024

    Un score inquiétant pour le Mali dans le dernier classement de la corruption

    Le Mali se classe à la 136e position sur 180 pays dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024 publié par Transparency International, avec un score de 28/100. Ce résultat confirme les difficultés persistantes du pays à endiguer ce fléau qui entrave la bonne gouvernance et freine son développement économique.

    Des failles structurelles dans la lutte contre la corruption

    Selon le rapport, les institutions de contrôle au Mali montrent des signes d’affaiblissement, tandis que les marchés publics manquent cruellement de transparence. La gestion opaque des finances publiques alimente une méfiance généralisée envers les autorités, renforçant un climat d’impunité pour les élites dirigeantes.

    Des services publics corrompus et inaccessibles

    L’administration publique malienne est particulièrement touchée. Les citoyens subissent des pratiques de favoritisme ou des pots-de-vin pour accéder à des services essentiels comme la justice, la santé ou l’éducation. Les rapports de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et du Bureau du Vérificateur Général illustrent cette réalité préoccupante.

    Une région africaine particulièrement touchée

    Le Mali n’est pas le seul pays ouest-africain confronté à ce problème. Plusieurs nations de la région affichent des scores médiocres dans l’IPC 2024, en raison d’une gouvernance fragile et de finances publiques opaques.

    • Nigeria (25/100) : premier pays économique de la région, mais miné par le détournement de fonds publics, notamment dans le secteur pétrolier.
    • Burkina Faso (30/100) : malgré une transition politique, le pays reste sous la barre critique de 50/100, symbole d’une administration peu intègre.
    • Ghana (43/100) : l’un des rares pays de la région à afficher une transparence relative, bien que son score soit en légère baisse.

    L’Afrique subsaharienne, une zone particulièrement vulnérable

    Avec un score moyen de 32/100, l’Afrique subsaharienne figure parmi les régions les plus corrompues au monde. Plus des deux tiers des pays africains obtiennent un score inférieur à 50, révélant une incapacité à lutter efficacement contre ce phénomène.

    Transparency International met en garde contre le risque de détournement des fonds climatiques, alors que plusieurs pays africains devraient bénéficier d’aides internationales pour faire face au changement climatique. L’absence de contrôles rigoureux menace de priver les populations vulnérables des ressources nécessaires à leur adaptation.

    • Somalie (11/100)
    • Soudan du Sud (13/100)
    • République centrafricaine (19/100)

    Ces pays, en proie à des conflits prolongés, subissent un effondrement institutionnel aggravant l’impunité.

    Les bons élèves mondiaux en matière de transparence

    À l’inverse, les pays nordiques dominent le classement, avec des scores exceptionnels :

    • Danemark (90/100) : le pays le moins corrompu au monde.
    • Finlande (88/100) et Norvège (87/100) : suivent de près.
    • Canada (75/100) et Allemagne (79/100) : malgré quelques controverses, ces pays maintiennent une bonne gouvernance.

    Les pays les plus corrompus au niveau mondial

    Les dernières places du classement sont occupées par des États en crise, où l’absence de gouvernance stable favorise la corruption à grande échelle :

    • Somalie (11/100)
    • Soudan du Sud (13/100)
    • Syrie (14/100)
    • Venezuela (14/100)
    • Yémen (16/100)

    Ces nations souffrent de guerres civiles, d’un effondrement institutionnel et d’une impunité totale pour les acteurs corrompus.

    Quelles solutions pour le Mali ?

    Transparency International insiste sur la nécessité de renforcer le cadre juridique, d’assurer l’indépendance de la justice et de protéger les lanceurs d’alerte pour lutter efficacement contre la corruption au Mali.

    Sans réformes concrètes, la corruption continuera de fragiliser les institutions, de freiner le développement et d’accentuer la méfiance des citoyens. Une mobilisation nationale et internationale est indispensable pour garantir une croissance économique durable et une stabilité politique au Mali.

  • Réforme des tarifs médicaux au Burkina Faso : une révolution pour l’accès aux soins

    Réforme des tarifs médicaux au Burkina Faso : une révolution pour l’accès aux soins

    Une barrière financière enfin levée pour des milliers de Burkinabè

    Accéder à des soins vitaux sans s’endetter : pendant des années, cette équation semblait impossible pour de nombreux Burkinabè. Pourtant, depuis mars 2024, une réforme audacieuse a transformé cette réalité.

    En abaissant drastiquement les coûts de plusieurs examens médicaux et en supprimant la caution exigée pour les séances de dialyse dans les hôpitaux publics, l’État burkinabè a franchi un pas décisif. Désormais, l’accès aux soins n’est plus réservé à une élite, mais s’ouvre à toutes les couches sociales.

    Des témoignages qui parlent d’espoir

    Dans les couloirs bondés du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo, à Ouagadougou, l’émotion est palpable. Madi Diallo, dont la sœur a succombé faute de moyens pour payer une caution de 500 000 F CFA, partage un soulagement teinté de regret : « Cette mesure arrive trop tard pour ma famille, mais elle sauvera d’autres vies. »

    Un autre patient, confronté à une insuffisance rénale, explique : « Avant, chaque séance de dialyse coûtait une fortune. Aujourd’hui, je n’ai plus à avancer de caution. C’est une bouffée d’oxygène. » Ces récits illustrent l’impact concret des nouvelles dispositions.

    Des tarifs divisés par deux pour les examens coûteux

    Le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a détaillé les changements majeurs :

    • Le prix d’un scanner est passé de 50 000 à 25 000 F CFA ;
    • Celui d’une IRM est tombé de 100 000 à 40 000 F CFA ;
    • La caution pour la dialyse a été supprimée.

    Ces ajustements tarifaires s’appliquent dans tous les établissements publics du pays, offrant une accessibilité inédite aux diagnostics et aux traitements spécialisés.

    Une réforme qui change la donne sur le terrain

    À Ziniaré, au Centre hospitalier régional, la baisse des tarifs a permis de réduire les évacuations vers la capitale. Le directeur de l’établissement souligne : « Les examens sont désormais réalisés sur place, ce qui évite des déplacements longs et coûteux. »

    À Bobo-Dioulasso, au Centre hospitalier universitaire Sourou Sanou, les patients profitent aussi de ces mesures. Élie Ouattara, venu acheter des produits médicaux, témoigne : « Les prix sont bien plus abordables. C’est un vrai soulagement pour les familles. »

    Des progrès, mais des défis persistants

    Malgré ces avancées, des obstacles subsistent. Au CHU Yalgado Ouédraogo, le service de dialyse, très sollicité, ne peut accueillir tous les patients. La Tuina Nsoma Hélène, responsable du service, explique : « Chaque décès libère une place, mais la demande reste bien supérieure à l’offre. »

    Les frais annexes (médicaments, examens complémentaires) pèsent encore sur les budgets des patients chroniques. La Dame Sanou, dialysée depuis 2018, espère une extension de la réforme : « Si les coûts indirects baissaient aussi, ce serait une avancée majeure. »

    Une dynamique qui s’amplifie

    Au-delà des chiffres, c’est une transformation culturelle qui s’opère. Le Professeur Nina Astrid Ouédraogo, chef du département de Radiologie à Ouagadougou, constate une hausse de 38 % des scanners réalisés depuis la réforme. « C’est un vrai soulagement pour les patients, » affirme-t-elle.

    Les nouvelles infrastructures, comme le Centre hospitalier universitaire de Pala avec son centre de radiothérapie, renforcent cette dynamique. Le Capitaine Ibrahim Traoré a inauguré ces équipements, symboles d’une volonté politique forte.

    « Petit à petit, l’oiseau fait son nid », rappelle un proverbe local. Au Burkina Faso, cette maxime prend tout son sens : la santé n’est plus un privilège, mais un droit en construction.

    Vers une santé accessible à tous ?

    Si les résultats sont encourageants, des efforts restent nécessaires :

    • Augmenter le nombre de machines de dialyse ;
    • Réduire les coûts des examens complémentaires ;
    • Développer des centres spécialisés en région.

    Les patients, comme Youl Sié, en dialyse depuis 2021, plaident pour une décentralisation : « Si chaque communauté avait son centre, ce serait un immense soulagement. »

    Conclusion : un premier pas vers l’équité sanitaire

    La réforme des tarifs médicaux au Burkina Faso marque un tournant. Bien que perfectible, elle offre une lueur d’espoir à des milliers de familles. Comme le résume un observateur : « La santé n’est plus un luxe, mais une promesse en marche. »

  • Mali : semaine nationale anti-corruption 2025, l’engagement de la jeunesse et des institutions

    Mali : semaine nationale anti-corruption 2025, l’engagement de la jeunesse et des institutions

    Mali semaine nationale anti-corruption 2025 engagement jeunesse institutions

    Le Mali célèbre cette année la Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption, édition 2025, lancée officiellement le 9 décembre à Bamako. Cette initiative, portée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, s’articule autour du thème : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain ». L’événement vise à sensibiliser l’opinion publique et à mobiliser l’ensemble des acteurs sociaux contre ce fléau.

    Une mobilisation politique sans précédent

    Cette édition de la Semaine Anti-Corruption s’inscrit dans une démarche de refondation de l’État et de changement de paradigmes dans la gestion des affaires publiques. Le Général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État, affiche une volonté politique claire pour une lutte « implacable et irréversible » contre la corruption. L’annonce de cette semaine nationale reflète l’engagement des plus Hautes Autorités de la Transition pour éradiquer ce phénomène aux conséquences « incommensurables », comme l’a rappelé le ministre Kassogué en citant Kofi Annan : « La corruption est un mal insidieux qui menace la démocratie et l’État de droit ».

    La jeunesse malienne, acteur clé du changement

    Le thème de cette année met en avant le rôle central de la jeunesse dans la lutte contre la corruption. Le ministre s’est félicité de la mobilisation marquée des mouvements de jeunesse, soulignant leur devoir de génération. En effet, les jeunes sont appelés à devenir le « fer de lance » du changement, porteurs de valeurs d’intégrité et de patriotisme pour construire un Mali plus transparent.

    Renforcement de la réponse judiciaire et des réformes

    Le Ministère de la Justice a réaffirmé sa détermination à accélérer les réformes judiciaires pour renforcer l’efficacité de la lutte contre la délinquance économique et financière. Plusieurs dispositifs innovants ont été mis en place :

    • Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Ce pôle utilise des méthodes modernes pour traquer et poursuivre les auteurs de délits financiers, garantissant une justice plus rapide et plus efficace.

    • Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Cette agence se concentre sur le recouvrement des avoirs illégalement détournés, privant ainsi les délinquants des profits issus de leurs actes.

    Effet dissuasif accru : « L’action combinée du PNEF et de l’ARGASC renforce significativement l’effet dissuasif de la lutte contre la corruption et la délinquance économique. Les produits du crime ne pourront plus bénéficier à leurs auteurs. »

    Nouvelles mesures dans le Code pénal

    Le nouveau Code pénal introduit des dispositions révolutionnaires pour intensifier la répression :

    • Imprescriptibilité des infractions criminelles liées aux détournements de biens publics.

    • Suppression des privilèges accordés aux parlementaires dans les affaires de corruption.

    • Protection renforcée pour les lanceurs d’alerte, témoins, experts et victimes.

    Outils technologiques et numériques pour une justice plus transparente

    Plusieurs outils sont déployés pour moderniser les procédures judiciaires :

    • La ligne verte « Binkani Kunafoni » (3611), gratuite et accessible à tous, permet de signaler anonymement les actes de corruption.

    • La plateforme informatique de la justice, bientôt opérationnelle après une phase de test réussie, facilitera la dématérialisation des dossiers et réduira les risques de corruption dans les procédures.

    Coordination renforcée entre institutions

    Le ministre Mamoudou Kassogué a insisté sur la nécessité d’une collaboration accrue entre les différentes institutions engagées dans la lutte contre la corruption, telles que :

    • Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI).

    • Bureau du Vérificateur général (BVG).

    • Cour des comptes, issue de la réorganisation institutionnelle de 2023.

    Un cadre de concertation et de coordination sera mis en place dans les meilleurs délais pour optimiser l’efficacité de la lutte contre la corruption au Mali.

  • Vaccination au Burkina Faso : un bouclier contre les maladies infantiles

    Vaccination au Burkina Faso : un bouclier contre les maladies infantiles

    Pourquoi la vaccination au Burkina Faso sauve des vies chaque jour

    À Fada N’Gourma, au Burkina Faso, des milliers de mères comme Nadège Thiombiano font de la vaccination une priorité absolue pour leurs enfants. Leur conviction est simple : protéger aujourd’hui, c’est garantir une vie saine demain. Découvrez comment cette mobilisation collective transforme la santé infantile dans le pays.

    Une mère engagée : Nadège et sa fille Mouzaratou

    Nadège, mère de famille résidant dans l’aire de responsabilité du Centre de santé et de Promotion sociale (CSPS) du secteur 9, incarne l’engagement des parents burkinabè envers la vaccination. Dès l’annonce d’une campagne contre la poliomyélite, elle a veillé à ce que sa fille Mouzaratou, âgée de 13 mois, reçoive son vaccin. Pour elle, c’est un acte de responsabilité parentale et de prévention inconditionnelle. « Je ne laisserai jamais mon enfant sans protection. La vaccination, c’est une question de vie ou de mort », déclare-t-elle avec détermination.

    Son expérience personnelle a renforcé cette conviction : elle a vu les conséquences dévastatrices de la poliomyélite, une maladie évitable par la vaccination. Aujourd’hui, Mouzaratou est à jour dans son calendrier vaccinal, symbole d’une génération protégée.

    Des campagnes qui dépassent les attentes

    Du 7 au 10 novembre 2025, le CSPS du secteur 09 a organisé une campagne ciblant les enfants de 0 à 59 mois. Résultat ? 5 290 enfants vaccinés, soit un taux de couverture de plus de 104 %, dépassant l’objectif initial de 5 060. Ce succès illustre l’efficacité des stratégies mises en place.

    Les clés de la réussite : mobilisation et coordination

    André Yonli, infirmier chef du CSPS, explique que ces chiffres reflètent une synergie parfaite entre parents, vaccinateurs et mobilisateurs sociaux. « L’implication des communautés et la planification rigoureuse ont permis d’atteindre même les zones les plus reculées, y compris les quartiers non lotis et les sites de personnes déplacées », précise-t-il. Les équipes mobiles ont sillonné les villages pour vacciner les enfants dans les zones difficiles d’accès.

    Une communication ciblée pour convaincre

    Pour lever les réticences, des séances de sensibilisation ont été organisées avec les leaders religieux, coutumiers et les associations féminines. Talato Lompo, mère de quatre enfants, témoigne : « Avant, je craignais les effets secondaires des vaccins. Grâce aux explications des agents de santé, j’ai compris leur importance. Mes enfants sont moins malades depuis qu’ils sont vaccinés. » Son parcours illustre l’impact des campagnes d’information.

    Un engagement national salué par les partenaires

    Le Médecin-chef du district de Fada N’Gourma, la Dre Sandrine Bienvenue Sam, a souligné le rôle crucial des partenaires comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « L’OMS a fourni un appui logistique et technique essentiel, de la logistique au transport des vaccins, en passant par la formation des équipes. Plus de 20 experts ont été déployés pour superviser les opérations et garantir leur qualité », explique-t-elle.

    Des résultats qui parlent d’eux-mêmes

    À l’échelle du district sanitaire, plus de 134 000 enfants ont été vaccinés, avec un taux de couverture de 103 %. Ces chiffres confirment la détermination du Burkina Faso à maintenir son statut de pays libéré de la poliomyélite depuis 2015 et à prévenir toute résurgence.

    Un avenir sans poliomyélite est possible

    Nadège résume cet espoir en une phrase : « Ce vaccin est un petit geste, mais il protège toute une vie. » Grâce à l’engagement des familles et au soutien des partenaires, chaque enfant burkinabè peut grandir en bonne santé, loin des menaces des maladies évitables.

    Et vous, quel rôle jouez-vous dans la protection des enfants ? Partagez cette information et encouragez les parents autour de vous à faire vacciner leurs enfants. Ensemble, faisons du Burkina Faso un modèle de santé infantile.

  • Crise politique au Bénin : les autorités rétablissent l’ordre après une tentative de putsch

    Crise politique au Bénin : les autorités rétablissent l’ordre après une tentative de putsch

    Une tentative de coup d’État rapidement neutralisée à Cotonou

    Le président béninois Patrice Talon en 2022
    Le président béninois Patrice Talon en 2022.© LUDOVIC MARIN / AFP

    Le Bénin a vécu une journée de tension politique ce dimanche, marquée par une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon. Huit militaires ont diffusé un message à la télévision nationale annonçant la destitution du chef de l’État. Pourtant, dès l’après-midi, le gouvernement béninois a rassuré la population : la situation était « totalement sous contrôle ».

    Les affrontements entre les mutins et les forces loyales ont fait plusieurs victimes. Pour rétablir l’ordre, le Nigeria, voisin du Bénin, a apporté un soutien décisif. Des frappes aériennes ont visé la base militaire de Togbin, à Cotonou, où s’étaient retranchés les putschistes. Des troupes nigérianes sont également intervenues au sol, permettant la reprise de la base dans la nuit de dimanche à lundi.

    Intervention régionale et soutien international

    La CEDEAO a réagi sans délai en annonçant l’envoi de renforts militaires provenant de quatre pays membres. L’objectif était clair : « préserver l’ordre constitutionnel » dans la région. Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, a qualifié la situation d’urgence, évoquant à la fois la menace jihadiste persistante et la multiplication des coups d’État.

    Du côté de la France, Emmanuel Macron a joué un rôle actif en coordonnant les échanges d’informations avec les pays de la région. Le président français s’est entretenu avec Patrice Talon, ainsi qu’avec les dirigeants du Nigeria et de la Sierra Leone, alors que ce dernier assurait la présidence tournante de la CEDEAO. « La France a apporté son plein soutien politique à la CEDEAO, qui a mené un effort très important ce week-end », a confirmé un conseiller de l’Élysée.

    Un pays sous haute tension électorale

    Alors que le calme revenait progressivement à Cotonou, capitale économique du Bénin, les autorités ont annoncé l’arrestation d’une douzaine de militaires. Parmi eux, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, chef des putschistes, reste en fuite. Deux hauts gradés de l’armée, initialement pris en otage, ont été libérés le lendemain.

    Cette crise survient à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril, où Patrice Talon ne peut plus se représenter après avoir effectué deux mandats. Bien que salué pour le développement économique du pays, son gouvernement est critiqué pour son tournant autoritaire. L’opposition, notamment le parti des Démocrates, a été exclue du scrutin faute de parrainages suffisants. Thomas Boni Yayi, ancien président et actuel dirigeant des Démocrates, a fermement condamné la tentative de coup d’État.

    Dans un communiqué, il a dénoncé « une attaque sanglante et ignoble » et appelé à des « élections libres et transparentes ». Omar Alieu Touray a également souligné le lien entre les tensions politiques et l’érosion de l’inclusivité électorale dans plusieurs États de la CEDEAO, où les scrutins deviennent un facteur d’instabilité majeur.

    Bilan et perspectives

    Avec une douzaine d’arrestations et des mutins toujours en fuite, la stabilité au Bénin reste fragile. La reprise des activités à Cotonou marque un retour progressif à la normale, mais les défis politiques et sécuritaires persistent. La communauté internationale, notamment la CEDEAO et la France, continue de surveiller de près l’évolution de la situation dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.


    Thèmes associés

  • Vaccination contre le vph au Mali : un an de progrès et d’espoir

    Vaccination contre le vph au Mali : un an de progrès et d’espoir

    Vaccination contre le VPH au Mali : un an de progrès et d’espoir après son lancement

    Un an après l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) au Mali, la campagne de vaccination prend de l’ampleur. Dans la capitale Bamako et ses environs, de plus en plus de filles âgées de 10 ans bénéficient de cette protection essentielle contre le cancer du col de l’utérus. Malgré les défis persistants — réticences, rumeurs et contraintes logistiques —, soignants, associations et familles saluent une avancée majeure pour la santé des femmes maliennes.

    Des dizaines de jeunes filles brandissent leur carnet de vaccination après avoir reçu la dose unique contre le VPH. Crédit : Centre Djiguiya, Bamako

    Ce jeudi 30 octobre, dans le quartier de Korofina à Bamako, une séance d’information rassemble femmes et jeunes filles au centre d’état civil. Amin Dem, sage-femme, anime la discussion. « Au début, il y avait beaucoup de réticence. Les filles avaient peur, et les parents aussi. Mais avec la sensibilisation, les choses ont changé », explique-t-elle.

    Selon elle, la principale préoccupation reste le mythe selon lequel le vaccin rendrait les filles stériles. « Quand on prend le temps d’expliquer, surtout dans leur langue, elles comprennent. »

    Une percée majeure dans la prévention du cancer du col de l’utérus

    Lancée en novembre 2024, la campagne de vaccination contre le VPH marque un tournant décisif pour le Mali. Grâce au schéma à dose unique, offrant une protection complète, plus de 145 000 filles de 10 ans ont été vaccinées entre janvier et septembre 2025. Parmi elles, plus de 113 000 sont scolarisées, tandis que 32 400 filles non scolarisées ont également été touchées. Les autorités reconnaissent cependant la nécessité d’intensifier les efforts pour atteindre davantage les populations les plus vulnérables, souvent laissées pour compte.

    Pour le Dr Ibrahima Téguété, gynécologue-obstétricien au CHU du Point G, cette initiative rapproche le Mali des objectifs 90-70-90 de l’OMS : vacciner 90 % des filles contre le VPH, dépister 70 % des femmes à deux âges clés, et garantir l’accès au traitement pour 90 % de celles présentant des lésions. « L’introduction du vaccin est une grande satisfaction. Elle nous permet enfin d’agir en prévention primaire », souligne-t-il. Il reste cependant conscient des limites du système : « Nous n’avons qu’une seule unité de radiothérapie. Le dernier “90” sera encore difficile à atteindre. »

    Mobilisation collective : un pilier du succès

    Si la campagne s’appuie sur les structures de santé publique, la société civile joue un rôle clé. À Bamako, l’ONG Solidaris223 a multiplié les séances de sensibilisation depuis le lancement. « Nous sommes intervenus dans toutes les communes. Les mamans venaient nous demander où vacciner leurs filles », raconte sa présidente, Amina Dicko.

    Au Centre Djiguiya, à Bamako, une journée entière a été consacrée à la vaccination. « Soixante-dix filles internes ont reçu leur dose, et aucune n’a eu d’effet secondaire », assure la directrice, Mme Togo Mariam Sidibé.

    Les adolescentes partagent également leur expérience. Awa, 10 ans, confie : « J’avais peur de l’aiguille, mais c’est passé vite. Je suis contente, parce que ça nous protège pour plus tard. » Haby, vaccinée à l’école, ajoute : « La maîtresse nous a expliqué pourquoi c’est important. J’ai demandé à ma mère, elle m’a rassurée. Je suis fière d’être vaccinée. » Pour le Dr Téguété, ces initiatives illustrent l’engagement des acteurs : « Les premières dotations ont été utilisées très rapidement. Cela prouve qu’il y a une volonté collective. »

    Réticences en déclin, mais défis persistants

    Les rumeurs sur la fertilité continuent d’alimenter certaines résistances. « Certains prétendent que le vaccin nous veut du mal. C’est totalement faux », insiste le Dr Téguété. Amin Dem observe au quotidien : « Aujourd’hui, certaines mamans viennent spontanément demander le vaccin. Dès qu’on prend le temps d’expliquer, tout change. »

    Fannata Dicko, mère d’une fille vaccinée, témoigne de ce changement de mentalité. « J’ai fait vacciner ma fille parce que le cancer du col de l’utérus est une maladie grave. Ma belle-mère en est décédée cette année. J’ai vu de mes propres yeux à quel point une femme peut souffrir lorsqu’elle en est atteinte. Alors j’ai préféré prévenir, pour que ma fille n’ait jamais à affronter cela plus tard. »

    Malgré ces avancées, le déploiement du vaccin n’est pas sans obstacles. « Entre Mopti et Gao, les déplacements sont parfois impossibles par la route », reconnaît le Dr Téguété. Pour contourner ces difficultés, certaines dotations sont acheminées par avion vers les chefs-lieux de région.

    Pour aller plus loin

    Le vaccin reste entièrement gratuit pour toutes les filles de 10 ans, une mesure maintenue grâce aux efforts conjoints de l’État et de ses partenaires techniques et financiers, notamment Gavi. Cette gratuité garantit un accès équitable, même dans les zones les plus reculées. « Si nous parvenons à maintenir cet effort pendant encore quelques années, nous aurons vacciné toutes les filles de 9 à 14 ans », estime le spécialiste.

    Un avenir prometteur malgré les défis

    Les efforts de prévention ne sont pas nouveaux. Entre 2016 et 2022, le programme Weekend 70 a permis d’augmenter le taux de dépistage du cancer du col de 15 % à plus de 70 % dans le district de Bamako. Pourtant, la désinformation reste un frein majeur. « Ce que les gens ne savent pas, ils le craignent. Il faut continuer à expliquer, informer et dialoguer », insiste le Dr Téguété.

    Il souligne également l’importance du soutien des leaders religieux. « Leur implication a rassuré de nombreuses familles. » À Bamako, les résultats sont visibles : les parents sont plus confiants, les filles plus nombreuses à se faire vacciner. « Bamako n’est pas le Mali, mais c’est un bon indicateur de ce que nous pouvons accomplir ensemble. »

    Amin Dem partage cet optimisme. « Avant, on nous demandait pourquoi on parlait du cancer ici. Aujourd’hui, les gens viennent chercher des réponses. »

    Pour les professionnels et les associations, le vaccin contre le VPH représente le début d’une transformation profonde de la santé des femmes au Mali. Comme le rappelle le Dr Téguété, « Derrière chaque fille vaccinée, c’est une femme sauvée. »

  • Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée

    Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée

    Un mouvement de population d’une ampleur inédite est observé, d’après de nombreuses sources locales. La commune de Téra, située dans la région occidentale du Niger, est actuellement submergée par l’arrivée massive de personnes déplacées. Ces nouveaux arrivants, originaires de villages du sud du département, se sont installés en ville et dans ses environs depuis la fin du mois dernier.

    Le village de Diagourou est en cours de désertion par ses habitants. Plusieurs témoignages concordent pour affirmer que des membres du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) ont enjoint les populations d’une trentaine de localités à quitter leurs foyers. Diagourou se trouve à une dizaine de kilomètres de Téra, une ville-garnison qui héberge la zone de défense numéro 9. Cette zone, située sur la rive droite du fleuve Niger, est particulièrement exposée aux activités du Jnim et de l’État islamique au Sahel (EIS), dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger).

    Des conditions de vie extrêmement difficiles pour les déplacés

    Les récits recueillis auprès des personnes concernées décrivent des conditions de vie très précaires pour les déplacés à Téra. De nombreuses familles, incluant femmes et enfants, se retrouvent sans abri, contraintes de vivre en plein air, sur des terrains inoccupés ou accueillies par des familles d’accueil déjà en difficulté.

    À ce jour, il n’existe pas de chiffres précis concernant ces récentes vagues de déplacement. Néanmoins, les villages de la commune de Diagourou comptent des milliers d’habitants, ce qui suggère un nombre conséquent de personnes affectées.

  • Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    Un agriculteur délimite sa parcelle lors d'un champ école paysan au Tchad.

    Dans la région du Guéra, au Tchad, les agriculteurs-maraîchers bénéficient d’un accompagnement innovant : les champs écoles paysans (CEP). Ces programmes visent à transmettre des méthodes durables de gestion des sols et à encourager la diversification des cultures. Après plusieurs années de mise en œuvre, les résultats sont remarquables : une hausse significative de la production agricole et une meilleure sécurité alimentaire pour les communautés locales.

    Le projet Nachbo, dont le nom signifie « nous serons rassasiés » en arabe, incarne cette dynamique. Porté par l’ONG SOS Sahel, il s’appuie sur le concept des CEP pour enseigner aux producteurs des techniques culturales adaptées à leurs besoins. L’objectif ? Renforcer leur productivité tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. Un cycle complet en champ école s’étend sur environ cinq mois, de janvier à juin, période alignée avec le début des pluies.

    comment les champs écoles paysans transforment l’agriculture tchadienne

    Les CEP ne se contentent pas d’enseigner des pratiques agricoles : ils représentent une stratégie d’adaptation face aux défis posés par le changement climatique. En intégrant des itinéraires techniques personnalisés, les agriculteurs améliorent leur résilience et optimisent leurs rendements. Voici les principaux bénéfices observés :

    • amélioration des techniques culturales : rotation des cultures, gestion durable des sols et utilisation rationnelle des ressources en eau ;
    • diversification des cultures : introduction de nouvelles variétés plus résistantes aux aléas climatiques ;
    • renforcement des capacités locales : formation des producteurs et des animateurs communautaires ;
    • impact positif sur la sécurité alimentaire : augmentation des récoltes et meilleure autonomie des villages.

    le rôle clé des acteurs locaux et des partenaires

    Pour réussir, le projet Nachbo s’appuie sur une collaboration étroite entre différents acteurs :

    • Etienne Djedangombaye, directeur pays de SOS Sahel au Tchad, supervise la mise en œuvre du programme et garantit son alignement avec les besoins des agriculteurs ;
    • Younous Mahadjir, animateur communautaire pour l’ONG Nagdaro (basée à Bitkine, dans le Guéra), joue un rôle central dans l’accompagnement des producteurs sur le terrain ;
    • des radios locales, comme la voix de l’Ouham en République centrafricaine, assurent la diffusion des bonnes pratiques auprès d’un public plus large.

    un modèle reproductible pour d’autres régions

    Les succès enregistrés dans le Guéra prouvent que les champs écoles paysans peuvent être un levier puissant pour l’agriculture africaine. En combinant savoir-faire local et innovations adaptées, ce modèle offre des solutions concrètes aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique. Une initiative inspirante à suivre de près !

    Younous Mahadjir, animateur communautaire, dans un champ école paysan au Tchad.
  • Campagne intégrée de vaccination contre la Méningite et la Fièvre Typhoïde au Niger. – Agence Nigérienne de Presse

    Campagne intégrée de vaccination contre la Méningite et la Fièvre Typhoïde au Niger. – Agence Nigérienne de Presse

    Première récolte de la Ferme Agro-pastorale de l’Université de Diffa: une initiative « Cultivons notre autonomie » et financée par le Projet PROLAC.
  • Nouveau représentant de l’OMS au Niger : dr jean baptiste nikiema entre en fonction

    Nouveau représentant de l’OMS au Niger : dr jean baptiste nikiema entre en fonction

    Dr Jean Baptiste Nikiema nommé représentant résident de l’OMS au Niger : une nouvelle étape pour la santé publique

    Niamey, capitale du Niger, a été le théâtre d’un événement majeur pour le système de santé du pays. Le Dr Jean Baptiste Nikiema, figure éminente de la santé publique, a officiellement pris ses fonctions en tant que Représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Niger. Une cérémonie solennelle, marquée par la remise de ses lettres de créance à Son Excellence M. Bakary Yaou Sangaré, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, a symbolisé le début d’une collaboration renforcée entre l’OMS et les autorités nigériennes.

    Cette rencontre, réunissant les équipes de l’OMS au Niger et les membres du cabinet ministériel, a mis en lumière les liens étroits et historiques tissés entre le Niger et l’institution onusienne. Après la formalité protocolaire, le Dr Nikiema a été reçu en audience par le Ministre, où des enjeux sanitaires stratégiques ont été abordés avec une attention particulière. Le Ministre a souligné le rôle central de l’OMS en tant que partenaire technique essentiel, tout en insistant sur la nécessité d’une coopération efficace pour consolider le système de santé nigérien et améliorer la qualité de vie des populations.

    Priorités sanitaires et engagements communs

    Plusieurs axes de collaboration prioritaires ont été identifiés lors de cet échange. Parmi eux, l’amélioration de l’accès aux soins primaires, le renforcement des infrastructures sanitaires et la protection de la santé maternelle et infantile figurent en tête de liste. D’autres domaines clés incluent la promotion de la santé, la gestion des déterminants sanitaires, la lutte contre les épidémies et la préparation aux urgences sanitaires.

    Le Dr Nikiema a salué les progrès significatifs réalisés par le Niger sous la direction de ses plus hautes autorités. Il a notamment cité les avancées remarquables en matière de vaccination des enfants, de réduction de la mortalité maternelle et périnatale, d’élimination de l’onchocercose et de gestion des épidémies. La question de la crise financière impactant les opérations de l’OMS a également été évoquée, le Représentant saluant le soutien du Gouvernement nigérien, notamment via le Ministre de la Santé, ainsi que les efforts déployés pour mobiliser des ressources locales, digitaliser les services de santé et développer la télémédecine.

    Engagé à œuvrer dans le respect de la souveraineté nationale, le Dr Nikiema a réaffirmé sa détermination à soutenir les priorités sanitaires du Niger. Son objectif : améliorer la santé et le bien-être des populations en alignement avec les stratégies nationales.

    Un profil d’exception au service de la santé publique

    Originaire du Burkina Faso, le Dr Jean Baptiste Nikiema est un expert reconnu en santé publique et en diplomatie sanitaire. Fort de plus de trente ans d’expérience, il a développé une expertise pointue dans des domaines variés : recherche thérapeutique (biologie moléculaire, phytochimie, pharmacognosie, pharmacologie), politiques de santé, couverture sanitaire universelle, résilience des systèmes de santé et gestion des urgences.

    Son parcours professionnel impressionnant inclut des fonctions stratégiques tant au niveau national qu’international. Il a notamment occupé le poste de Directeur général de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires au Burkina Faso, dirigé un département universitaire et présidé le Conseil d’administration du Centre Muraz. À l’échelle internationale, il a été Conseiller régional de l’OMS pour l’Afrique dans le domaine des médicaments, ainsi que Représentant adjoint de l’OMS en République Démocratique du Congo, où il a joué un rôle clé dans la gestion de crises sanitaires, de déplacements de populations et de catastrophes naturelles.

    Parmi ses réalisations majeures, on compte la création de l’Agence Africaine du Médicament, la promotion de la production locale de médicaments, le renforcement des systèmes de réglementation pharmaceutique et la coordination d’achats groupés pour les petits États insulaires africains, générant des économies substantielles.

    Parallèlement à ses responsabilités, le Dr Nikiema a encadré plus de cinquante doctorants en pharmacie et médecine, ainsi qu’une dizaine de masters en santé publique. Auteur ou co-auteur de plus de cinquante publications scientifiques dans des revues internationales, il contribue activement à l’avancement des connaissances en politiques de santé, pharmacologie et résilience des systèmes sanitaires.

    Polyglotte, maîtrisant le français et l’anglais, il allie leadership stratégique, gestion des risques et capacité à mobiliser des ressources. Sa mission au Niger s’articule autour de quatre piliers : soutenir la souveraineté sanitaire, prioriser les interventions essentielles, améliorer l’efficience des opérations et renforcer les partenariats pour mobiliser des fonds additionnels, en parfaite adéquation avec les priorités nationales.

    Contact et informations complémentaires

    Pour toute demande d’information ou d’interview, vous pouvez contacter :

    • Fati Amadou Oumarou
      • Chargée des Communications – OMS Niger
      • Email : fatia [at] who.int
  • Urgence humanitaire au Sahel : le cri d’alarme du HCR pour quatre millions de déplacés

    Urgence humanitaire au Sahel : le cri d’alarme du HCR pour quatre millions de déplacés

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un avertissement solennel concernant la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Actuellement, près de quatre millions de personnes sont déracinées au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ce chiffre alarmant représente une augmentation de plus de 60 % par rapport à la situation d’il y a cinq ans, illustrant une actu Niger et régionale de plus en plus préoccupante.

    Abdouraouf Gnon-Konde, Directeur du Bureau régional du HCR pour l’Afrique occidentale et centrale, a souligné que si la majorité des déplacés restent à l’intérieur de leurs frontières, les mouvements vers les pays voisins s’intensifient. Cette dynamique accroît la pression sur les infrastructures nationales et les populations hôtes, déjà fragilisées par une politique nigérienne et régionale complexe.

    Un déficit de financement aux conséquences dramatiques

    La crise au Sahel central souffre d’un manque criant de moyens. Alors que les besoins explosent, les ressources financières s’amenuisent. Pour l’année en cours, le HCR n’a collecté que moins d’un tiers des 409 millions de dollars nécessaires à ses interventions. Ce sous-financement impacte directement des services vitaux tels que l’hébergement, la santé et l’éducation.

    L’absence de documentation est l’un des problèmes majeurs : plus de 212 000 demandeurs d’asile et réfugiés au Niger, au Mali et au Burkina Faso ne sont toujours pas enregistrés. Cette situation de précarité administrative les expose à des risques de harcèlement et de détentions arbitraires, aggravant les chiffres de la Niamey actualité en matière de droits humains.

    Femmes et enfants : premières victimes de l’insécurité

    Les violences perpétrées par les groupes armés continuent de terroriser les civils. Les femmes et les enfants constituent 80 % des populations déplacées de force. Dans ce contexte d’instabilité, les violences basées sur le genre ont connu une hausse significative cette année, selon les mécanismes de suivi de la protection.

    Le secteur social est totalement sinistré :

    • Plus de 14 800 écoles ont fermé leurs portes à la mi-2025, privant 3 millions d’enfants d’instruction.
    • Environ 900 centres de santé ne sont plus opérationnels.
    • Le risque de recrutement forcé par des groupes terroristes et la traite des êtres humains menacent quotidiennement la jeunesse.

    Le climat et la faim, catalyseurs de l’exode

    Au-delà des conflits, l’économie du Niger et de ses voisins subit de plein fouet les chocs climatiques. La raréfaction des ressources naturelles, comme l’eau et les terres cultivables, exacerbe les tensions entre les communautés. L’insécurité alimentaire est désormais citée deux fois plus souvent qu’auparavant comme une cause majeure de départ.

    Face à cette Niger actualité tragique, le HCR appelle la communauté internationale à ne pas détourner le regard et à renforcer son engagement pour éviter une catastrophe humaine de plus grande ampleur dans tout le Sahel.

  • Procès controversé contre l’ancien premier ministre moussa mara au Mali

    Procès controversé contre l’ancien premier ministre moussa mara au Mali

    Un procès politique au Mali : l’ancien premier ministre Moussa Mara face à la répression

    Au Mali, un procès à charge contre l’ancien Premier ministre Moussa Mara soulève de vives inquiétudes quant à la liberté d’expression. Mardi dernier, alors que ses avocats plaidaient pour une libération provisoire, les juges ont rejeté leur demande. Pire, le parquet a requis une peine de deux ans de prison à son encontre, illustrant ainsi la répression systématique menée par la junte militaire malienne contre toute opposition.

    Moussa Mara, qui a exercé la fonction de Premier ministre pendant huit mois entre 2014 et 2015, a été arrêté le 1er août. Son crime ? Avoir partagé sur les réseaux sociaux un message de solidarité envers des prisonniers politiques maliens, annonçant vouloir œuvrer pour leur libération. Une démarche interprétée par les autorités comme une atteinte à l’image de l’État, une opposition à l’autorité en place, une incitation aux troubles publics ou encore la diffusion de fausses informations.

    Un procès sous haute tension : équité et liberté d’expression en question

    Le tribunal de lutte contre la cybercriminalité de Bamako a ouvert le procès de Moussa Mara le 29 septembre. Le verdict, attendu pour le 27 octobre, suscite de sérieuses interrogations quant à son équité. Les avocats de l’ancien Premier ministre dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Ces accusations n’ont aucun lien avec le contenu du message publié par Moussa Mara sur X », a souligné un membre de son équipe. Le bâtonnier Mounkaïla Yayé a, quant à lui, qualifié ce procès de « attaque frontale contre la liberté d’expression », mettant en garde contre un « précédent dangereux » pour l’avenir du pays.

    Mali : une junte militaire qui musèle opposition et médias

    Depuis le coup d’État de 2021 mené par le général Assimi Goïta, la junte au pouvoir a drastiquement réduit l’espace politique, civique et médiatique au Mali. Les partis d’opposition ont été interdits, tandis que journalistes et militants des droits humains subissent intimidations, emprisonnements ou disparitions forcées. Le général Goïta a également prolongé son mandat sans organiser d’élections, retardant ainsi tout retour à un régime démocratique civil.

    Par ailleurs, les autorités maliennes ont ignoré les appels internationaux exigeant des comptes pour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO en janvier, privant leurs citoyens de la possibilité de saisir la Cour de justice de cette organisation pour réclamer justice. En septembre, ces trois pays ont également annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale, une décision qui fragilise davantage l’accès à la justice pour les victimes de crimes graves.

    Un signal inquiétant pour la liberté d’expression au Mali

    L’arrestation et le procès de Moussa Mara envoient un message clair : exprimer sa solidarité avec des opposants est désormais passible de poursuites au Mali. Cette affaire révèle surtout l’intolérance croissante de la junte envers toute forme de dissidence. Pour les défenseurs des droits humains, il est urgent que les autorités abandonnent toutes les charges contre Moussa Mara, libèrent tous les prisonniers détenus arbitrairement et respectent enfin le droit fondamental à la liberté d’expression.