Catégorie : Actualités

  • Vaccin contre le vph au Mali : pourquoi cette arme change la santé des femmes

    Vaccin contre le vph au Mali : pourquoi cette arme change la santé des femmes

    vaccin contre le vph au Mali : pourquoi cette arme change la santé des femmes

    Le gouvernement malien a marqué un tournant historique en intégrant le vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) dans son programme national de vaccination. Cette initiative, lancée officiellement à Bamako en présence de partenaires internationaux comme Gavi et le ministère de la Santé et du Développement Social, représente une avancée majeure dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus, un fléau qui touche particulièrement les femmes maliennes.

    Le cancer du col de l’utérus reste l’une des principales causes de mortalité chez les femmes au Mali, souvent diagnostiqué à un stade avancé en raison de l’accès limité aux soins et des tabous culturels. Fatoumata, 38 ans, en est un exemple tragique : après des années de souffrance et des dépenses dépassant 5 millions de francs CFA, elle a finalement découvert qu’elle était atteinte de cette maladie. Son témoignage illustre les défis majeurs auxquels font face les femmes maliennes, où le traitement coûteux et l’absence de prévention aggravent les conséquences de cette pathologie.

    Grâce à cette initiative, le Mali vise à protéger plus de 320 000 jeunes filles chaque année, réduisant ainsi de près de 90 % les cas de cancer du col de l’utérus. Ce projet pourrait également sauver plus de 3 600 vies féminines annuellement.

    Les obstacles ne sont pas seulement médicaux. Les croyances populaires associent parfois cette maladie à des malédictions ou des sorts, retardant encore davantage les diagnostics. Une militante pour la santé sexuelle et reproductive explique : « Certaines femmes hésitent à en parler ouvertement, par peur d’être stigmatisées ou accusées de sorcellerie. »

    Pourquoi ce vaccin est une avancée majeure au Mali ?

    Le Mali s’est positionné comme l’un des pionniers en Afrique subsaharienne en introduisant ce vaccin dans son calendrier vaccinal. Lors du lancement à Bamako, le Dr Ibrahima Diarra, directeur du Centre National d’Immunisation, a souligné : « Une seule dose offre une protection de plus de dix ans contre les virus responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus. » Ce vaccin, désormais gratuit pour les jeunes filles de 10 ans, bénéficie du soutien de Gavi et du cofinancement de l’État malien.

    Cette approche est conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise la vaccination des adolescentes âgées de 9 à 14 ans, avant le début de leur vie sexuelle, pour maximiser l’efficacité du vaccin. Le Mali se distingue ainsi comme l’un des premiers pays sahéliens, et le premier soutenu par Gavi dans la catégorie des nations fragiles et touchées par des conflits, à adopter cette mesure préventive.

    Un pas décisif vers l’équité en santé

    Le cancer du col de l’utérus est responsable de près de 90 % des décès dans les pays à faible revenu, où l’accès aux soins reste limité. En 2022, on dénombrait 348 000 décès dans le monde, dont une écrasante majorité dans ces régions. En rendant ce vaccin accessible gratuitement, le Mali fait un acte de justice sociale, garantissant que toutes les filles, qu’elles vivent en milieu urbain ou rural, puissent bénéficier de cette protection.

    Le Dr Diarra précise : « Nous avons choisi les filles de 10 ans car leur col est encore sain, ce qui optimise l’efficacité du vaccin. » Cette stratégie s’inscrit dans les objectifs mondiaux de Gavi, qui vise à vacciner 86 millions de jeunes filles dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’ici 2025.

    Cette initiative positionne le Mali comme un modèle pour la région, montrant qu’il est possible de briser le cycle de cette maladie grâce à la prévention.

    Outre ses bénéfices sanitaires, la vaccination permet également de réduire les coûts liés aux traitements onéreux de cette maladie. « Une dose coûte environ 150 000 FCFA en officine privée, mais grâce à l’appui de Gavi et au financement de l’État, elle est désormais totalement gratuite dans le cadre du programme national », précise le Dr Diarra.

    Combattre les idées reçues pour une adoption réussie

    Les autorités sanitaires maliennes doivent également faire face à la désinformation. Des rumeurs infondées, souvent relayées par des opposants, sèment le doute autour de ce vaccin. Le Dr Diarra insiste : « Il est crucial de contrer ces fake news. Ce vaccin est sûr, efficace et ne menace ni la fertilité ni la santé reproductive des jeunes filles. » La ministre de la Santé, le Colonel Assa Badiallo Touré, a également réaffirmé son engagement en faveur de cette campagne lors du lancement officiel.

    L’introduction du vaccin anti-VPH au Mali représente bien plus qu’une simple mesure de santé publique : c’est une victoire pour l’égalité des sexes et un pas vers un avenir où les femmes pourront vivre en meilleure santé, libres des chaînes de cette maladie évitable.

  • Crise au Niger : les députés de l’opposition béninoise interrogent leur gouvernement

    Crise au Niger : les députés de l’opposition béninoise interrogent leur gouvernement

    Le Bénin face à la crise nigérienne : une opposition critique envers l’engagement militaire

    Le coup d’État survenu au Niger le 26 juillet 2023 a provoqué une vague de réactions internationales. Des acteurs majeurs comme la CEDEAO, l’Union Africaine et plusieurs pays, dont les États-Unis, la France et la Russie, ont rapidement réagi. Au Bénin, l’annonce d’une possible intervention militaire aux côtés de la CEDEAO divise. Si le président Patrice Talon envisage cette option, des voix s’élèvent, y compris au sein de l’Église catholique et parmi les responsables politiques, pour privilégier la diplomatie plutôt que la force.

    Parmi les détracteurs de cette stratégie, les élus du parti d’opposition « Les Démocrates » ont adressé 19 questions pressantes au gouvernement béninois. Leur principale préoccupation porte sur la légitimité de l’engagement militaire du Bénin, en particulier dans un contexte où les relations entre les deux pays sont traditionnellement fraternelles. Ils s’interrogent également sur le respect de la constitution béninoise, la sécurité des soldats déployés, ainsi que sur les risques d’escalade du conflit et ses répercussions pour les populations civiles et le Bénin lui-même.

    Les enjeux économiques et diplomatiques ne sont pas en reste. La fermeture des frontières avec le Niger pourrait avoir des conséquences lourdes pour le Port Autonome de Cotonou et l’économie béninoise, déjà fragilisée par les sanctions de la CEDEAO. Avec la hausse des prix des produits de première nécessité, l’opposition exige des réponses concrètes du gouvernement pour atténuer l’impact sur les citoyens et les acteurs économiques.

    Le dialogue, une priorité face à l’option militaire

    Plusieurs acteurs, tant au niveau régional qu’international, considèrent le dialogue comme la solution la plus adaptée pour résoudre la crise. Les députés de l’opposition rappellent à Patrice Talon son engagement en faveur du dialogue comme alternative aux coups d’État. Ils l’exhortent à mettre en place un dialogue inclusif au Bénin, afin d’éviter une escalade violente et de préserver la stabilité de la région.

    Les questions clés posées par l’opposition

    Le 26 juillet 2023, un coup d’État militaire a renversé le président nigérien Mohamed BAZOUM, déclenchant une série de réactions à travers le monde. La CEDEAO a organisé un sommet extraordinaire le 10 août 2023, aboutissant à la décision de déployer une force en attente pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger.

    En réponse, le gouvernement béninois a annoncé son intention d’engager des troupes béninoises dans le contingent de la CEDEAO. Cette décision suscite de vives interrogations, notamment au regard de l’article 101 de la constitution béninoise, qui stipule que la déclaration de guerre doit être autorisée par l’Assemblée Nationale. Face aux sanctions économiques déjà en vigueur et à leurs répercussions sur la sécurité, l’économie et la société, l’opposition a soumis 19 questions au gouvernement, exigeant des éclaircissements sur les points suivants :

    • Quelles mesures le gouvernement a-t-il prises pour obtenir l’avis du Parlement avant d’engager les troupes béninoises dans une opération militaire au Niger, conformément à la constitution ?
    • Quelles dispositions ont été mises en place pour assurer la sécurité et l’évacuation éventuelle des ressortissants béninois au Niger, à l’instar de ce que font les États-Unis et la France ?
    • Sur quels fondements le Bénin justifie-t-il son engagement militaire contre le Niger, alors que d’autres pays de la CEDEAO, non frontaliers, refusent de participer ?
    • Quel est l’effectif prévu des soldats béninois, ainsi que la logistique et le budget alloués à cette opération militaire ? Qui financera ces dépenses ?
    • Le gouvernement peut-il garantir la protection des populations civiles nigériennes et des soldats béninois en cas d’intervention ?
    • Quelles sont les compensations financières prévues pour les soldats béninois et leurs familles en cas de décès ou de blessures ?
    • Comment le gouvernement compte-t-il éviter des victimes civiles béninoises en cas de riposte de l’armée nigérienne ?
    • Quelles mesures sont envisagées pour empêcher une infiltration de groupes djihadistes au Bénin, comme cela s’est produit en Libye ?
    • Pourquoi ne pas privilégier le dialogue politique, comme cela a été fait au Mali, au Burkina Faso ou en Guinée ?
    • Le Bénin pourrait-il jouer un rôle pionnier au sein de la CEDEAO en luttant contre les exclusions électorales et les coups d’État institutionnels, comme ceux observés en Côte d’Ivoire en 2020, en Guinée en 2021 ou au Bénin en 2019, 2020 et 2021 ?
    • La restauration du pouvoir de Mohamed BAZOUM est-elle une priorité absolue au détriment de la vie de milliers de Nigériens et de soldats de la CEDEAO ?
    • Quel sera l’avenir du Niger après une éventuelle intervention militaire ?
    • Comment le Bénin compte-t-il restaurer la confiance des populations envers la CEDEAO, souvent perçue comme un « syndicat des chefs d’État » ?
    • Quand le président Patrice Talon mettra-t-il en œuvre le dialogue inclusif promis comme alternative aux coups d’État ?
    • Quels sont les impacts de la fermeture des frontières avec le Niger sur le Port Autonome de Cotonou ?
    • Comment les sanctions de la CEDEAO affectent-elles l’économie béninoise et les populations ?
    • Quelles actions immédiates ont été mises en place pour limiter la hausse des prix des produits de première nécessité ?
    • Quel soutien le gouvernement prévoit-il pour les acteurs économiques, notamment les opérateurs portuaires et les transporteurs, déjà victimes des sanctions ?

    Vers une solution pacifique pour éviter l’escalade

    Alors que les tensions persistent, la nécessité d’une solution pacifique et consensuelle s’impose. L’opposition béninoise insiste sur l’urgence de rétablir le dialogue et de trouver des réponses adaptées aux défis politiques, économiques et sécuritaires posés par la crise au Niger.

  • Crise de la malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants

    Crise de la malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants

    Enfant souffrant de malnutrition au Mali

    crise de la malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants

    Avec plus de 15 millions d’habitants, le Mali fait face à une crise sanitaire majeure liée à la malnutrition, particulièrement dans la bande sahélienne. Malgré les efforts de prévention déployés ces dernières années, cette problématique touche de nombreuses régions du pays. Voici un état des lieux complet.

    Plusieurs zones du Mali enregistrent des taux élevés de malnutrition. Face à un taux de mortalité infantile alarmant – près d’un enfant sur cinq ne survit pas au-delà de 5 ans –, les autorités maliennes ont fait de la lutte contre ce fléau une priorité nationale. La malnutrition, souvent qualifiée de maladie silencieuse, engendre des conséquences néfastes à court, moyen et long terme, tant pour les familles que pour la société dans son ensemble.

    Dans les foyers maliens, les naissances sont fréquemment rapprochées, ce qui aggrave les risques de malnutrition chez les jeunes enfants et les mères. Par ailleurs, plus le nombre de membres dans un ménage est élevé, plus le risque de malnutrition augmente significativement.

    Des chiffres dépassant largement les seuils d’alerte

    La malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) touche 15 % de la population malienne, alors que le seuil d’alerte international est fixé à 10 %. Quant à la malnutrition chronique, elle affecte 38 % des enfants de moins de 5 ans, contre un seuil d’alerte de 20 % défini par l’Organisation mondiale de la santé. Le Mali se trouve ainsi bien au-dessus des limites recommandées.

    Plus de 80 % des enfants de moins de 5 ans et 65 % des femmes au Mali souffrent d’une carence en fer, l’un des taux les plus élevés au monde. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’une carence en fer entrave fortement le développement intellectuel et les capacités d’apprentissage chez les enfants. Pour les mères, une anémie peut avoir des répercussions directes sur la santé de leur enfant dès la grossesse, augmentant les risques de malnutrition néonatale.

    Avec près de 40 % de sa population touchée, la malnutrition représente un défi sanitaire colossal pour le Mali.

    Les actions engagées pour endiguer la crise

    Pour combattre efficacement la malnutrition, le gouvernement malien a mis en place « une stratégie nationale claire en matière de nutrition ». Cette politique s’accompagne d’un plan d’action visant à mobiliser des financements et à améliorer la prise en charge des populations affectées.

    « Cette politique s’accompagne d’un plan d’action ambitieux, conçu pour mobiliser des ressources financières essentielles à la lutte contre la malnutrition »
    Expert en nutrition à l’Unicef Mali

    Le Mali a récemment adopté l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés à la carence en iode. Aujourd’hui, 79 % des ménages maliens utilisent du sel iodé, mais cet objectif reste en deçà de la cible fixée à 90 %.

    Depuis 2005, les semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) sont organisées deux fois par an et couvrent 95 % du territoire. Destinées aux enfants âgés de 6 à 59 mois, ces campagnes sont désormais ancrées dans les pratiques communautaires, favorisant ainsi la sensibilisation et la prévention. Pendant les SIAN, l’État et les partenaires humanitaires, dont l’Unicef, promeuvent notamment la vitamine A et les comprimés de déparasitage, des mesures efficaces pour réduire les maladies et la mortalité infantile.

    Parmi les initiatives menées par le Mali, l’Unicef et les ONG locales, ces actions ont permis de réduire significativement le taux de mortalité infantile dans le pays.

    Les SIAN s’inscrivent dans une démarche communautaire globale, portée par l’Unicef, visant à éduquer les populations sur la détection précoce des signes de malnutrition. L’organisation forme les communautés à identifier les symptômes, à dépister les cas avérés et à intervenir rapidement. « Pour renforcer l’impact de ces campagnes, l’Unicef et ses partenaires intègrent le dépistage de la malnutrition dans les services de santé de base », explique Médiatrice Kiburente Touré. Elle ajoute : « Il est crucial de continuer à informer les populations sur les causes de la malnutrition, en mettant l’accent sur l’accès à une eau potable de qualité ».

    En 2010, seulement 50 % des enfants maliens atteints de malnutrition aiguë sévère bénéficiaient d’une prise en charge. Aujourd’hui, cette couverture s’améliore progressivement.

  • Campagne de vaccination anti-polio au Burkina Faso : protéger plus de 2 millions d’enfants

    Campagne de vaccination anti-polio au Burkina Faso : protéger plus de 2 millions d’enfants

    Le Burkina Faso intensifie sa lutte contre la polio avec une campagne de vaccination ciblée

    Le ministère de la Santé du Burkina Faso, en collaboration étroite avec l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a officiellement lancé une vaste campagne de vaccination contre la polio dans sept régions du pays. Cette initiative, qui s’étend du 18 au 21 septembre 2020, vise à protéger plus de 2 millions d’enfants de moins de cinq ans contre cette maladie virale hautement contagieuse.

    équipe médicale vaccinant un enfant au Burkina Faso

    Contexte et enjeux sanitaires : une menace persistante malgré les progrès

    En janvier 2020, un cas de poliovirus a été détecté dans le district sanitaire de Ouargaye, situé dans la région du Centre-Est. Une campagne de vaccination localisée avait alors été déployée en urgence. Cependant, la pandémie de Covid-19 a perturbé la riposte en santé publique, entraînant une suspension temporaire des campagnes de vaccination à l’échelle nationale.

    Cette interruption a eu des répercussions graves : une discontinuité des services de vaccination et une augmentation des cas de maladies à potentiel épidémique, dont la polio. Selon James Mugaju, Représentant adjoint de l’UNICEF au Burkina Faso :

    « La pandémie de Covid-19 a provoqué une suspension temporaire des campagnes de vaccination. Cette interruption a entraîné une discontinuité momentanée des services de vaccination et une hausse des cas de paralysie flasque aiguë, un syndrome dont la polio peut être à l’origine. »

    En juin 2020, le système national de surveillance des maladies a identifié neuf nouveaux cas de polio et plus de 600 cas de paralysie flasque aiguë au Burkina Faso, soulignant l’urgence d’agir.

    Une mobilisation sans précédent : plus de 5 000 agents sur le terrain

    Pour cette campagne de vaccination, l’UNICEF apporte un soutien logistique et technique majeur. Plus de 2,29 millions de doses de vaccins ont été acheminées, et une équipe de plus de 5 000 agents et travailleurs de santé sillonnent le pays pour vacciner chaque enfant de 0 à 59 mois.

    Pour garantir la sécurité des équipes et des familles, 39 500 masques et plus de 26 500 flacons de gel hydroalcoolique ont été distribués. L’objectif ? Respecter les mesures barrières contre la Covid-19 tout en menant à bien la vaccination de porte-à-porte.

    Les régions concernées par la campagne

    • Plateau Central
    • Centre
    • Centre-Nord
    • Centre-Ouest
    • Centre-Sud
    • Est
    • Centre-Est

    Une seconde phase de vaccination est prévue début octobre 2020 pour couvrir neuf régions, incluant les zones précédemment citées ainsi que le Sahel et le Nord.

    Un appel à l’action collective pour éradiquer la polio

    James Mugaju a insisté sur l’importance de la mobilisation de toutes les parties prenantes :

    « L’UNICEF et l’OMS sont pleinement engagés à mettre fin à l’épidémie de polio. Nous appelons les autorités locales, les leaders communautaires et les parents à soutenir et faciliter le travail des équipes de vaccination. La polio représente une menace réelle pour la santé des enfants, et nous devons l’éliminer définitivement du pays. »

    Il a également souligné que, dans un contexte marqué par l’insécurité et la pandémie de Covid-19, il est plus crucial que jamais de redoubler d’efforts pour atteindre chaque enfant et le vacciner contre les maladies évitables, dont la polio.

    Comprendre la polio : une maladie à ne pas sous-estimer

    La polio, ou poliomyélite, est une infection virale extrêmement contagieuse qui touche principalement les enfants. Le virus se transmet par l’eau ou des aliments contaminés, puis envahit le système nerveux après s’être multiplié dans l’intestin. Bien que le Burkina Faso ait été déclaré exempt de poliovirus sauvage en 2015, le pays fait désormais partie des 15 nations africaines confrontées à des flambées de paralysie liées à d’autres formes de poliovirus.

    Cette campagne de vaccination s’inscrit donc dans une stratégie globale visant à renforcer l’immunité collective et à protéger les populations les plus vulnérables.

  • Retour triomphal de mohamed bouamatou en Mauritanie après une décennie d’exil

    Retour triomphal de mohamed bouamatou en Mauritanie après une décennie d’exil

    L’homme d’affaires mauritanien Mohamed Bouamatou, fondateur de la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), a effectué un retour remarqué dans son pays natal. Après dix ans passés en exil au Maroc puis en Europe, il est arrivé à Nouakchott à bord d’un jet privé dans la nuit du lundi au mardi.

    Dès son arrivée, Bouamatou s’est rendu dans un cimetière de la capitale pour honorer la mémoire de sa mère, décédée quelques mois plus tôt. Une démarche symbolique qui a marqué le début de son retour officiel.

    Dans un communiqué adressé aux médias, il a évoqué les raisons de son absence prolongée, qualifiée de « douloureuse et déchirante ». Il a également exprimé sa gratitude envers le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, saluant ses efforts pour rétablir la Mauritanie sur la voie de l’État de droit et de la démocratie.

    « Je remercie le président pour avoir brisé les prévisions pessimistes et dissipé les incertitudes, permettant ainsi à notre pays de retrouver une stabilité durable », a-t-il déclaré. Il a également demandé pardon pour ceux qui ont contribué, à divers niveaux, à l’injustice dont il a été victime, tout en réaffirmant son engagement à œuvrer pour le développement économique et l’amélioration des conditions de vie des Mauritaniens.

    Les origines d’un exil controversé

    Mohamed Bouamatou, figure emblématique du secteur bancaire mauritanien, était un soutien historique de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Cependant, des divergences profondes avec ce dernier, son cousin, l’ont contraint à quitter la Mauritanie au début des années 2010. Les raisons exactes de ce conflit restent à ce jour non élucidées.

    Son retour coïncide avec l’annulation récente des poursuites judiciaires qui pesaient sur lui et d’autres opposants, dont Mustapha Limam Chaafi. Une décision de justice qui semble clore un chapitre douloureux de l’histoire politique mauritanienne.

    Un parcours marqué par des épreuves

    Son empire financier, l’un des plus importants du pays, a été durement touché par des mesures fiscales restrictives. La GBM, sa banque phare, a notamment subi un redressement fiscal sévère. Par ailleurs, il a été visé en 2017 par un mandat d’arrêt international, dans un contexte de tensions politiques liées à une révision constitutionnelle controversée.

    Le banquier, souvent décrit comme « le cerveau » derrière certains projets politiques, a toujours nié les accusations portées contre lui. Son retour en Mauritanie marque donc la fin d’une période d’exil et ouvre une nouvelle page pour le pays.

    Mais cette réconciliation entre les deux hommes, autrefois alliés, suffit-elle à refermer définitivement le dossier ? L’histoire politique mauritanienne réserve encore bien des surprises.

  • Nouvel hôpital pédiatrique à koutiala au Mali

    Nouvel hôpital pédiatrique à koutiala au Mali

    Un nouvel hôpital pédiatrique pour sauver les enfants à Koutiala, au Mali

    Koutiala, une ville du sud-est du Mali, accueille désormais une nouvelle unité pédiatrique conçue pour réduire la mortalité infantile. Cette infrastructure moderne marque une étape clé dans la lutte contre les maladies infantiles, notamment le paludisme, l’une des principales causes de décès chez les enfants dans la région.

    Pourquoi cette nouvelle unité pédiatrique est-elle cruciale ?

    Depuis 2009, Médecins Sans Frontières (MSF) intervient dans la région en proposant des soins pédiatriques préventifs et curatifs. Cependant, l’afflux massif de patients pendant la saison des pluies (de juin à décembre) et la période de soudure (octobre-novembre) a nécessité la construction d’un espace dédié pour mieux prendre en charge les enfants atteints de maladies graves.

    Le paludisme, souvent lié à la malnutrition, affaiblit les jeunes patients et les rend plus vulnérables. Grâce à cette nouvelle unité, MSF renforce son engagement en offrant des soins hospitaliers gratuits et accessibles à tous.

    Quels sont les avantages de ce nouvel hôpital ?

    • Centralisation des soins : Tous les enfants sont désormais pris en charge au même endroit, avec des équipements adaptés aux besoins médicaux modernes.
    • Capacité d’accueil renforcée : Jusqu’à 1 000 enfants sont hospitalisés chaque année dans les services de pédiatrie et de malnutrition, principalement pendant les périodes à haut risque.
    • Amélioration des conditions médicales : L’unité permet une meilleure gestion des cas graves grâce à une infrastructure adaptée et une équipe médicale dédiée.

    Découvrez les coulisses de ce projet

    Une série de vidéos retrace les différentes étapes de la construction et de l’inauguration de cette unité. De la visite du chantier à la découverte du bâtiment finalisé, ces épisodes mettent en lumière le travail des équipes médicales et l’impact concret de ce projet sur la santé des enfants de Koutiala.

    Retrouvez tous les épisodes de la série « Un hôpital à Koutiala, au Mali » sur YouTube

    Découvrez la playlist

    En savoir plus sur les actions de MSF au Mali

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre des programmes de MSF au Mali, visant à améliorer l’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables. Pour découvrir d’autres projets similaires, explorez les articles suivants :

  • Vaccination contre rougeole et méningite au Niger : défis et solutions

    Vaccination contre rougeole et méningite au Niger : défis et solutions

    vaccination contre la rougeole et la méningite au Niger : état des lieux et enjeux

    Miriam Alía, responsable de la vaccination et de la réponse aux épidémies chez Médecins Sans Frontières, analyse les épidémies de méningite C et de rougeole qui ont frappé le Niger depuis début 2018.

    comprendre les causes des épidémies de rougeole et de méningite C au Niger

    Le Niger a subi ces dernières années des épidémies récurrentes de rougeole et de méningite C, deux maladies extrêmement contagieuses et potentiellement mortelles. Malgré l’existence de vaccins, leur apparition s’explique par des obstacles structurels et logistiques persistants.

    méningite C : des défis majeurs liés à la production et à l’accès aux vaccins

    Contrairement à la rougeole, aucun vaccin abordable et efficace ne couvre tous les sérogroupes de la méningite. Les laboratoires pharmaceutiques négligent souvent ces marchés en raison de leur faible rentabilité, ce qui limite la disponibilité des doses. Résultat : les campagnes de vaccination ne sont déclenchées qu’en réaction aux épidémies, une fois le seuil épidémique dépassé, retardant ainsi la protection des populations.

    Par ailleurs, le vaccin contre la rougeole, bien intégré dans les programmes nationaux depuis 1974, souffre d’une couverture vaccinale insuffisante pour interrompre la transmission du virus. Cette lacune s’explique en partie par des contraintes d’accès aux soins, notamment pour les populations nomades ou vivant dans des zones reculées ou en conflit.

    situation de la méningite C dans la région sahélienne

    Bien que l’année 2018 ait été relativement calme dans la ceinture de la méningite en Afrique, la pénurie de vaccins reste un problème récurrent. Le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins a fixé un stock minimal de cinq millions de doses pour le sérogroupe C, mais cet objectif n’a pas été atteint. Les campagnes de vaccination restent donc réactives, déclenchées uniquement après le franchissement du seuil épidémique, alors qu’une approche préventive serait plus efficace.

    pourquoi les vaccins contre la méningite sont-ils si rares et coûteux ?

    La méningite se décline en plusieurs sérogroupes (A, B, C, W135, X), et aucun vaccin ne couvre l’ensemble de ces variants. Le vaccin conjugué tétravalent, efficace contre les quatre sérogroupes les plus fréquents, reste onéreux. Le Serum Institute of India développe un vaccin pentavalent (A, C, Y, W-135, X), économique et sûr, mais sa commercialisation n’est prévue qu’à partir de 2020. En attendant, les autres laboratoires hésitent à investir dans de nouveaux vaccins par crainte de ne pas écouler leur production.

    Quelle a été la réponse du Niger face à l’épidémie de méningite C ?

    En collaboration avec le ministère de la Santé, plus de 30 000 personnes ont été vaccinées contre la méningite C dans la région de Tahoua. Une surprise a été la détection d’un nombre élevé de cas du sérogroupe X, contre lequel aucun vaccin n’existe actuellement. Cette situation soulève des inquiétudes pour les années à venir et met en lumière la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique.

    méningite C : des pistes innovantes pour renforcer la prévention

    Une stratégie prometteuse a été testée au Niger en 2017 avec l’administration d’une dose d’antibiotique ciprofloxacine à l’ensemble des habitants d’une zone rurale. Une étude publiée dans PLOS Medicine en juin 2018 a révélé une réduction significative de la transmission de la maladie. Des recherches supplémentaires sont en cours pour évaluer l’efficacité de cette méthode en milieu urbain, où elle pourrait devenir un outil complémentaire face aux petites épidémies.

    95 %

    Pour éradiquer la rougeole, une couverture vaccinale d’au moins 95 % de la population est indispensable, un objectif difficile à atteindre dans un pays aux populations mobiles et dispersées.

    rougeole : pourquoi les campagnes de vaccination ne parviennent-elles pas à stopper les épidémies ?

    Le calendrier vaccinal nigérien impose une vaccination systématique jusqu’à 23 mois, mais les vaccins fournis par GAVI ne couvrent que les enfants de moins de 12 mois. La dose de rappel à 15 mois est souvent omise, et les enfants de plus d’un an ne sont pas systématiquement vaccinés, même en cas de contact avec un centre de santé. Par ailleurs, les populations nomades ou vivant dans des zones de conflit ont un accès limité aux soins, rendant la couverture vaccinale encore plus fragile. Pour interrompre la transmission de la rougeole, il est crucial d’atteindre un taux de vaccination d’au moins 95 %, un objectif complexe dans ce contexte.

    comment améliorer la couverture vaccinale au Niger ?

    Pour optimiser la protection contre ces maladies, le calendrier vaccinal doit être assoupli et s’étendre jusqu’à 5 ans. Chaque contact avec le système de santé doit être une opportunité de mettre à jour les vaccinations. Les campagnes multiantigéniques, combinant plusieurs vaccins (rougeole, pentavalent, antipneumococcique), permettent de maximiser l’impact des interventions. Par exemple, lors d’une récente épidémie de rougeole à Arlit (Agadez), les équipes ont profité de la campagne pour administrer simultanément plusieurs vaccins.

    Enfin, chaque occasion de vaccination doit être saisie, notamment pour les femmes enceintes ou en âge de procréer. Le vaccin contre le tétanos, bien que nécessitant cinq doses, est souvent administré en une seule fois dans ces contextes, offrant une protection immédiate aux mères et à leurs nouveau-nés.

    Depuis 2018, MSF et le ministère de la Santé ont vacciné plus de 179 460 personnes au Niger : 145 843 enfants âgés de 6 mois à 15 ans contre la rougeole dans neuf centres de santé des régions de Tahoua et d’Agadez, et 33 620 personnes âgées de 2 à 29 ans contre la méningite C dans trois centres de santé de la région de Tahoua. Actuellement, une campagne de vaccination contre la rougeole est en cours à Arlit (Agadez), avec pour objectif de vacciner plus de 50 000 enfants de moins de 5 ans. Parmi eux, les enfants de moins d’un an recevront également le vaccin pentavalent et antipneumococcique.

    Les seuils d’alerte et épidémique pour la méningite sont fixés respectivement à 5 et 15 cas pour 100 000 habitants et par semaine dans les localités de plus de 30 000 habitants. En cas de risque élevé, ce seuil peut être abaissé à 10 cas/100 000 habitants/semaine.

    Le vaccin pentavalent protège contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’haemophilus influenzae type B et l’hépatite B.