Catégorie : Actualités

  • L’influenceur apoutchou national condamné pour blanchiment en Côte d’Ivoire

    L’influenceur apoutchou national condamné pour blanchiment en Côte d’Ivoire

    La justice ivoirienne a rendu son verdict. Le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan a infligé, le 2 juin 2026, des peines de prison ferme allant de un à cinq ans à l’influenceur Apoutchou National et à quatre de ses complices, pour des faits de blanchiment de capitaux. Cette décision marque un tournant dans une affaire suivie de près par l’opinion publique, tant elle reflète les tensions entre l’essor fulgurant des personnalités du web et l’opacité de leurs revenus.

    Un tournant pour la lutte contre les flux financiers illicites

    Le Pôle pénal économique et financier, créé pour démanteler les réseaux de délinquance financière complexe, s’impose désormais comme un acteur clé dans la lutte contre les capitaux suspects en Côte d’Ivoire. Son intervention dans l’affaire Apoutchou National illustre la volonté des autorités de renforcer le contrôle sur des profils auparavant perçus comme évoluant dans une zone floue. Les peines fermes prononcées, plutôt que des sursis, envoient un message clair à l’ensemble de l’écosystème numérique ivoirien.

    Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large visant à moderniser le cadre juridique ivoirien. Les recommandations du GIABA, le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest, ont poussé Abidjan à durcir ses dispositifs de conformité. Les juridictions spécialisées jouent désormais un rôle de vitrine, destinées à rassurer les investisseurs et à renforcer la crédibilité de la première économie de l’UEMOA.

    L’économie des réseaux sociaux sous surveillance judiciaire

    Apoutchou National symbolise une génération de créateurs de contenu dont la réussite repose sur les plateformes numériques. Leurs modèles économiques, souvent basés sur des partenariats publicitaires et une exposition ostentatoire de leur patrimoine, échappent encore largement au radar des administrations fiscales et financières. La procédure abidjanaise met en lumière une problématique cruciale : la traçabilité des revenus issus de l’économie numérique.

    Plusieurs pays ouest-africains suivent de près cette affaire. Au Sénégal, au Bénin ou au Cameroun, des cas similaires ont émergé, mêlant enrichissement rapide et soupçons de circuits financiers troubles. Le verdict d’Abidjan pourrait servir de référence pour des poursuites analogues, dans un contexte où les régulateurs cherchent à imposer des obligations de transparence aux influenceurs disposant d’une large audience.

    Les peines prononcées, échelonnées de un à cinq ans, révèlent une gradation des responsabilités par le tribunal. Cette approche suggère que la justice a su distinguer les rôles centraux de certains prévenus de la participation secondaire des autres, conformément aux principes du droit pénal des affaires. Cette nuance devrait nourrir les débats parmi les professionnels, alors que la jurisprudence ivoirienne en matière de blanchiment lié aux flux numériques reste encore en construction.

    Risques réputationnels et stratégies commerciales en mutation

    Pour les entreprises et marques collaborant avec des influenceurs ivoiriens, cette condamnation redessine les contours des risques associés. Les partenariats avec des personnalités désormais exposées juridiquement introduisent de nouvelles incertitudes, susceptibles d’impacter les stratégies marketing en Afrique francophone. Des agences de communication envisagent déjà d’intégrer des clauses de conformité renforcée dans leurs contrats avec ces acteurs du numérique.

    Sur le plan politique, cette fermeté s’inscrit dans une période où le gouvernement ivoirien multiplie les initiatives pour moraliser la vie publique et économique. Les avocats des prévenus pourraient explorer les voies de recours disponibles, tandis que l’opinion publique suivra avec attention les développements futurs de cette affaire. Le dossier Apoutchou National n’a pas encore révélé tous ses rebondissements judiciaires.

  • Recensement général de la population: la rdc recrute des agents pour la cartographie censitaire

    Recensement général de la population: la rdc recrute des agents pour la cartographie censitaire

    Recrutement des agents pour la cartographie censitaire: un pas décisif vers le recensement général de la population en RDC

    La République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape majeure dans la préparation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Le gouvernement a officiellement lancé le processus de recrutement des agents chargés de la cartographie censitaire, une phase essentielle avant le dénombrement général prévu en juillet 2027.

    Lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a souligné l’importance stratégique de cette opération. Il a rappelé que le dernier recensement en RDC remonte à 1984, soit il y a plus de 40 ans, alors que les Nations unies recommandent une mise à jour des données démographiques tous les dix ans.

    Un outil indispensable pour la planification et le développement

    Le RGPH-2 représente un outil clé pour la gouvernance et la planification du développement en RDC. Selon le ministre, cette opération permettra d’obtenir des statistiques fiables et actualisées, couvrant l’ensemble du territoire national. Ces données seront essentielles pour :

    • Élaborer des politiques publiques adaptées aux besoins réels de la population ;
    • Construire des infrastructures de base répondant aux attentes des citoyens ;
    • Répartir équitablement les ressources de l’État ;
    • Améliorer la prise en charge des populations et la gouvernance du pays.

    Guylain Nyembo Mbwizya a confirmé que toutes les conditions sont désormais réunies pour mener à bien cette opération. Il a ajouté : « Le recensement a toujours été une priorité. Nous avons travaillé à réunir les préalables nécessaires, et aujourd’hui, nous sommes dans la phase de cartographie. Le dénombrement proprement dit est prévu à partir de juillet 2027, et toutes les mesures sont prises pour éviter tout retard ou problème de qualité. »

    Les profils recherchés pour la cartographie censitaire

    Le recrutement concerne plusieurs catégories de profils professionnels :

    • Formateurs de formateurs : pour encadrer les équipes sur le terrain ;
    • Opérateurs cartographes : chargés de réaliser les travaux cartographiques ;
    • Spécialistes en systèmes d’information géographique (SIG) : pour analyser et traiter les données ;
    • Assistants en technologies de l’information et de la communication (TIC) : pour soutenir les opérations logistiques et techniques.

    Ces agents auront pour mission de délimiter avec précision les aires de dénombrement et de garantir une couverture exhaustive de la population sur l’ensemble du territoire congolais. Le ministre a insisté sur le fait que les candidatures seront évaluées selon des critères stricts de compétence et de mérite.

    Transparence et égalité des chances au cœur du processus

    Le gouvernement a réaffirmé son engagement à mener ce recrutement dans un esprit de transparence, de méritocratie et d’équité. Guylain Nyembo Mbwizya a déclaré : « Aucune fraude, aucun abus, aucune discrimination, aucun passe-droit ou traitement de faveur ne sera toléré. Les candidatures seront examinées et sélectionnées sur la base des compétences, des qualifications et des critères clairement définis dans l’appel à candidatures. »

    La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 7 juin 2026. Les intéressés peuvent soumettre leur dossier via la plateforme dédiée : recrutement.rgph.cd.

    Une opportunité pour les jeunes et les femmes qualifiés

    Le gouvernement voit dans cette opération une occasion de valoriser les compétences locales et de créer des opportunités temporaires d’emploi pour des milliers de Congolais. Le ministre a particulièrement encouragé les jeunes et les femmes qualifiés à postuler :

    « Cette opération représente une opportunité importante pour de nombreux jeunes à travers le pays. Elle permettra de mobiliser des milliers de compétences locales au service de la nation. »

    Appel à l’appropriation nationale du projet

    Insistant sur la dimension citoyenne du RGPH-2, Guylain Nyembo Mbwizya a rappelé que le recrutement sera effectué localement pour promouvoir les talents dans toutes les provinces. Après Kinshasa, les opérations de cartographie censitaire seront progressivement étendues aux autres régions avant le lancement du dénombrement général en juillet 2027.

    « Nous avons besoin d’agents intègres, disciplinés, engagés et animés par le sens du service public. En lançant cette campagne de recrutement aujourd’hui, nous réaffirmons la détermination du Gouvernement à aller jusqu’au bout de ce processus. »

    Cette étape marque la deuxième phase des quatre prévues dans le processus du RGPH-2. Elle fait suite à l’organisation d’une table ronde des partenaires, dont l’objectif était de mobiliser un financement adéquat, prévisible et suffisant pour assurer une réponse coordonnée aux enjeux démographiques du pays.

    Le coût global des opérations est estimé à 192 millions de dollars américains. Le financement du déficit restant dépendra de la mobilisation de ressources additionnelles auprès des partenaires techniques et financiers. Un « Basket Fund », un mécanisme destiné à canaliser les contributions dans un fonds unique, sera mis en place pour financer les activités du RGPH-2.

    Un engagement historique

    La réalisation du RGPH-2 en RDC constitue un engagement historique pour le gouvernement. Cette opération figure parmi les promesses formulées par le président Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême. Après plus de 40 ans d’attente, la RDC s’apprête enfin à disposer de données démographiques fiables et actualisées, essentielles pour son développement et sa gouvernance.

    Guylain Nyembo Mbwizya, ministre d’État en charge du Plan, et Alain Akpadji, Représentant de l’UNFPA en RDC, lors de la conférence de presse de lancement du recrutement.
  • Concours international génies en herbe ohada : la finale togolaise sacre trois talents à Lomé

    Concours international génies en herbe ohada : la finale togolaise sacre trois talents à Lomé

    Finale nationale du concours international Génies en Herbe OHADA au Togo : trois étudiants en lice pour l’international

    L’auditorium de l’Université de Lomé a vibré samedi 30 mai 2026 à 14 heures pour la grande finale nationale de la 17e édition du Concours International Génies en Herbe OHADA (CIGHO). Organisé conjointement par la Coordination Nationale du CIGHO Togo et l’Association Internationale des Étudiants Juristes, section togolaise, cet événement a réuni les meilleurs talents juridiques du pays.

    La cérémonie d’ouverture, présidée par Me Pirénam BlanDe, ancien président de l’AIEJ-TOGO, a été marquée par les discours de Me Messifa Komlan Konali, coordonnateur national du concours et magistrat, ainsi que par celui de Saturnin Sassou A. Agblo-Noamessi, chef de division à l’Office Togolais des Recettes, partenaire clé de l’événement. Me Têko Seyram Godwin AmenYinu, docteur en droit privé et avocat, project manager de cette édition, a ensuite lancé les épreuves écrites.

    Les dix finalistes, issus de l’Université de Lomé, de l’Université de Kara et de l’Institut Supérieur de Droit et d’Interprétariat, ont été évalués sur quatre épreuves : un questionnaire à choix multiple, des questions d’intégration africaine, un jeu de devinettes et une plaidoirie. Après une pause animée par la slameuse Mercy, les candidats ont défendu leur point de vue sur le thème : « Le droit fiscal peut-il être intégré au champ de compétence matérielle de l’OHADA ? »

    Un jury d’exception pour départager les talents

    Le jury, présidé par le Pr Edem Avegnon, agrégé de droit privé et expert fiscaliste à l’Université de Lomé, était composé de cinq personnalités reconnues :

    • Afeignidou Bilabina, magistrate et substitut du procureur à Notsè ;
    • Sidick K. Akata, avocat stagiaire et finaliste du Concours International d’art oratoire Monferrier Dorval CIB 2025 ;
    • Godwin Disseyi Palouki, juriste et inspecteur des impôts, lauréat du prix du meilleur mémoire au CIGHO 2018 ;
    • Rahile Mijiyawa, juriste et conseillère technique, double lauréate (meilleure plaideuse et gagnante du CIGHO 2021 à N’Djamena).

    Les trois lauréats qui représenteront le Togo à l’international

    Après évaluation des épreuves écrites et des plaidoiries, trois candidats se sont distingués :

    • 1re place : Atsoupi Ama Neglo, diplômée en droit public à l’Université de Kara ;
    • 2e place : Francis Koffi Fia, étudiant en droit privé à l’Université de Lomé ;
    • 3e place : Edoé F. Ulrich Mensah-Gafan Akovi, étudiant en master droit du numérique et protection des données à l’ISDI.

    Ces trois talents bénéficieront d’un accompagnement spécialisé par une équipe de coachs composée d’anciens lauréats : Koamivi Agbah, Obed Adjévi Neglokpe et Bilal Baba Daro.

    Une soirée de clôture sous le signe de la reconnaissance

    La remise des prix a été suivie d’un moment convivial pour célébrer les lauréats et les finalistes. Les remerciements ont été adressés aux nombreux partenaires ayant soutenu l’événement : l’Office Togolais des Recettes, l’Université de Lomé, l’Association pour l’Unification du Droit en Afrique (UNIDA), ainsi que plusieurs cabinets d’avocats et offices notarials.

    Marie-Claire Egnonam Avla, présidente de l’AIEJ-TOGO, ainsi que les représentants du Club OHADA de l’Université de Kara, Alika AYEBA et Assiki Gnassingbé, ont également été salués pour leur engagement dans l’organisation des présélections.

    La prochaine étape se tiendra du 12 au 19 septembre 2026 à Lomé, où les trois lauréats togolais affronteront les meilleurs des autres pays participants pour décrocher le titre international.

  • Discours en wolof d’ousmane sonko : le texte intégral

    Discours en wolof d’ousmane sonko : le texte intégral

    Discours intégral en wolof du président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko

    Retrouvez ci-dessous l’intégralité du discours prononcé en langue wolof par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Ce texte marque un moment important dans la communication institutionnelle du pays, offrant une accessibilité accrue aux citoyens s’exprimant dans cette langue nationale.

    Texte intégral du discours en wolof

    Ci-après, le contenu complet du discours tel que livré par Ousmane Sonko :

    Fana concerning gaa ngi fi rek ci jërejëf ci wàllu yi, ci ñu jënd ci wàllu yi ci nguur yi ñu ñuy toog. Sonko laa, président de l’Assemblée nationale.

    Ci biir ñi, moom lan laa wax ci ci wàllu yi, ci jëfandikoo ci naa ko ci waxtaan wi. Dafa dox ci suuf yi, danga def ci suuf yi, danga dëkk ci suuf yi, danga toog ci suuf yi. Naka laa wax ci ci wàllu yi ?

    Nungi ci jëfandikoo, nungi ci jënd ci wàllu yi, nungi ci jënd ci wàllu yi, nungi ci jënd ci naa ko ci waxtaan wi. Sonko laa, président de l’Assemblée nationale, lan laa wax ci ci wàllu yi, ci jëfandikoo ci naa ko ci waxtaan wi.

    Fana concerning gaa ngi fi rek ci jërejëf ci wàllu yi, ci jënd ci wàllu yi ci nguur yi ñu ñuy toog. Sonko laa, président de l’Assemblée nationale. Lan laa wax ci ci wàllu yi ?

  • Rencontre historique entre le roi Mohammed VI et cheikh mohammed ben zayed à Rabat

    Rencontre historique entre le roi Mohammed VI et cheikh mohammed ben zayed à Rabat

    Une rencontre diplomatique majeure entre les dirigeants marocain et émirati

    Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, président des Émirats arabes unis, ont échangé lors d’un entretien privé à Rabat. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle que ce dernier effectue au Maroc, marquant un nouveau chapitre dans les relations bilatérales entre les deux nations.

    Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane lors de leur rencontre à Rabat

    Les discussions ont porté sur les enjeux internationaux actuels, avec une attention particulière aux défis géopolitiques touchant les régions du Golfe et du Moyen-Orient. Cette visite illustre la volonté commune des deux pays de renforcer leur collaboration stratégique et leur solidarité face aux défis régionaux.

    Un dialogue axé sur les défis régionaux et la coopération stratégique

    Selon le communiqué officiel de la Cour royale, cette rencontre a permis aux deux dirigeants d’échanger sur les tensions et opportunités qui façonnent l’environnement international. Les échanges ont également souligné l’importance des liens historiques entre les deux familles royales et leur engagement en faveur d’une coopération étroite.

    Les relations entre le Maroc et les Émirats arabes unis s’appuient sur des décennies de partenariat fructueux. Cette visite de Cheikh Mohammed Ben Zayed confirme la poursuite de cette dynamique positive, renforçant les perspectives de collaboration économique, sécuritaire et diplomatique.

    Un partenariat renforcé par des valeurs communes

    Le Maroc et les Émirats arabes unis partagent une vision commune dans de nombreux domaines, notamment la stabilité régionale et le développement économique. La rencontre à Rabat a permis de réaffirmer leur engagement mutuel en faveur d’une approche coordonnée pour relever les défis actuels.

    Cette visite s’inscrit dans une série d’échanges diplomatiques visant à consolider les relations bilatérales et à explorer de nouvelles opportunités de coopération.

  • Coopération Burkina Faso-Bénin : sécurité et économie renforcées

    Coopération Burkina Faso-Bénin : sécurité et économie renforcées

    coopération renforcée entre le Burkina Faso et le Bénin : sécurité et économie en priorité

    Rencontre diplomatique Burkina Faso-Bénin : sécurité et économie au centre des échanges

    Le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, et son homologue béninois Romuald Wadagni, ont engagé des échanges approfondis à Ouagadougou pour dynamiser leur partenariat. Cette visite officielle, centrée sur la sécurité régionale et le développement économique, a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée.

    Sécurité régionale et lutte antiterroriste au programme

    Les deux dirigeants ont mis en avant la nécessité d’une coopération sécuritaire accrue pour faire face aux défis communs. La lutte contre le terrorisme a occupé une place centrale dans leurs discussions, reflétant l’urgence d’une réponse coordonnée dans la sous-région. Les échanges ont également abordé les mesures de protection des frontières et le partage de renseignements.

    Économie : le port de Cotonou, un enjeu stratégique pour le Burkina Faso

    Un point crucial des échanges a porté sur le rôle du port de Cotonou dans l’approvisionnement du Burkina Faso. Les deux chefs d’État ont reconnu son importance pour faciliter les échanges commerciaux et réduire les dépendances logistiques. Ils ont ainsi convenu d’accélérer la 5ᵉ Session de la Grande Commission Mixte de coopération, un rendez-vous clé pour concrétiser ces ambitions.

    Perspectives d’avenir et invitation officielle

    La visite s’est achevée sur une note positive, avec une invitation du président béninois à son homologue burkinabè. Cette marque de confiance souligne la volonté des deux nations de poursuivre leur collaboration, tant sur le plan sécuritaire qu’économique, pour une stabilité et une prospérité partagées dans la zone.

  • Huit morts et 42 blessés après une explosion sur la route Bamako-Kayes

    Huit morts et 42 blessés après une explosion sur la route Bamako-Kayes

    Huit morts et 42 blessés après l’explosion d’une mine sur l’axe Bamako-Kayes

    Un drame a secoué l’axe routier Bamako-Kayes ce lundi : l’explosion d’un engin explosif a fait huit victimes et 42 blessés parmi les passagers d’un autocar. L’incident, survenu en fin de journée, rappelle l’insécurité persistante qui frappe l’ouest du Mali.

    Selon les autorités du transport, le véhicule transportait des civils lorsque la mine a été actionnée. Cet axe, vital pour relier la capitale malienne à la région de Kayes, est souvent la cible d’attaques attribuées à des groupes armés. Les premières investigations confirment la présence d’un engin explosif improvisé sur la chaussée.

    Autocar endommagé après l'explosion d'une mine sur la route Bamako-Kayes

    Le bilan, confirmé par Mamadou Kassambara, porte-parole du syndicat national des chauffeurs, a été contesté par un autre acteur : Africa Corps, une formation paramilitaire russe déployée au Mali, évoque cinq morts et une dizaine de blessés. Ce groupe impute l’attaque au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, tout en pointant du doigt une possible implication d’un mouvement touareg.

    Cette région de l’ouest malien, déjà éprouvée par des violences récurrentes, avait été le théâtre d’attaques similaires en avril dernier. Les engins explosifs improvisés y sont monnaie courante, et les civils en paient régulièrement le prix fort.

  • Visite officielle : le Président Wadagni scelle l’unité avec le Burkina Faso

    Visite officielle : le Président Wadagni scelle l’unité avec le Burkina Faso

    Ce mardi en fin d’après-midi, le Président de la République du Bénin, S.E.M. Romuald Wadagni, a atterri à Ouagadougou pour une visite diplomatique d’importance capitale. Ce déplacement, à la fois amical et professionnel, s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer les liens entre le Bénin et le Burkina Faso, deux nations frontalières confrontées à des enjeux communs.

    Un accueil solennel pour marquer l’engagement mutuel

    Dès son arrivée à l’aéroport international de Ouagadougou, le Président Wadagni a été reçu avec les plus grands égards par son homologue burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré. La cérémonie d’accueil, marquée par la levée des drapeaux nationaux et une revue des forces armées, a été suivie d’un premier entretien en tête-à-tête au salon d’honneur. L’atmosphère chaleureuse et les échanges cordiaux entre les deux dirigeants ont immédiatement souligné la volonté partagée de renforcer la coopération bilatérale.

    L’unité comme réponse aux défis régionaux

    Cette visite officielle dépasse le simple cadre protocolaire pour s’imposer comme un acte politique et stratégique. En optant pour Ouagadougou comme destination, le Président Wadagni envoie un message sans ambiguïté : l’union fait la force. Face aux menaces sécuritaires, aux défis économiques et aux enjeux de développement qui pèsent sur l’Afrique de l’Ouest, le Bénin et ses voisins doivent agir de concert. Cette démarche illustre une conviction profonde : les défis ne peuvent être surmontés que par une solidarité renforcée et une coordination accrue entre les nations concernées.

    Un sommet décisif pour une coopération renforcée

    Après l’échange initial à l’aéroport, les deux Chefs d’État se sont rendus au Palais présidentiel de Koulouba pour une réunion de travail approfondie. Cette séance, réunissant les délégations des deux pays, a permis d’aborder des thèmes essentiels pour l’avenir de la région :

    • La sécurisation des frontières communes : un impératif pour endiguer les menaces transfrontalières et garantir la stabilité des populations.
    • Le développement des échanges économiques : une opportunité pour dynamiser les échanges commerciaux et favoriser la croissance mutuelle.
    • Une coordination politique renforcée : un engagement commun pour stabiliser la sous-région et promouvoir la paix.

    Cette rencontre pourrait bien constituer une étape décisive dans la construction d’une alliance régionale solide, où la résilience et la cohésion des nations voisines deviennent les piliers d’une réponse collective face aux défis du moment.

  • Bilan mitigé des décisions gouvernementales en rdc entre avril et décembre 2025

    Bilan mitigé des décisions gouvernementales en rdc entre avril et décembre 2025

    Un rapport de monitoring publié ce mardi 2 juin 2026 par un collectif d’organisations de la société civile, avec le soutien du Centre d’études pour l’action sociale (Cepas), révèle un taux d’exécution décevant des décisions prises en conseil des ministres en République Démocratique du Congo (RDC) entre avril et décembre 2025. Seuls 25 % de ces engagements ont été concrétisés en actions tangibles.

    des chiffres qui interpellent

    Sur les 70 décisions structurantes analysées durant cette période de neuf mois, 25 % ont été pleinement exécutées, tandis que 45 % ont été partiellement mises en œuvre. Le rapport souligne également que 30 % des décisions n’ont pu être documentées faute d’informations disponibles.

    L’indice d’exécution élargi atteint 47/100, révélant à la fois « une volonté politique manifeste » et « un écart persistant entre les ambitions affichées et les capacités réelles d’application ».

    des réformes ambitieuses, mais peu concrètes

    Les décisions suivies portaient sur des domaines clés :

    • Sécurité et stabilité institutionnelle
    • Gouvernance économique et financière
    • Gestion des ressources naturelles
    • Réformes institutionnelles, diplomatie stratégique
    • Politiques sociales

    Selon Christian Moleka, membre du collectif ayant mené l’étude, les réformes les plus ambitieuses, notamment celles liées aux changements institutionnels ou économiques, affichent les taux d’exécution les plus faibles. À l’inverse, les mesures conjoncturelles ou sécuritaires progressent plus rapidement.

    « L’analyse met en lumière une difficulté récurrente : transformer les annonces politiques en résultats durables et mesurables. Les décisions les plus lourdes, comme celles concernant les réformes structurelles, restent souvent lettre morte. »

    Christian Moleka, membre du collectif de monitoring

    une plateforme numérique pour un suivi en temps réel

    Pour pallier ce manque de transparence, une plateforme de suivi baptisée « Jua 243 » a été présentée. Cet outil permet un monitoring en direct de l’action gouvernementale, offrant aux citoyens et aux partenaires un accès aux données clés.

    Le père Alain Nzadi, directeur du Cepas, précise que l’objectif de cette étude n’est pas de juger, mais de favoriser une gouvernance plus transparente et redevable :

    « Notre démarche vise à éclairer les choix publics. En fournissant des éléments d’analyse concrets, nous permettons aux décideurs, aux partenaires et à la population de mieux évaluer l’efficacité des politiques menées. »

    Père Alain Nzadi, directeur du Cepas

    Il ajoute que la redevabilité constructive est essentielle pour renforcer la confiance dans les institutions.

    vers une meilleure gouvernance ?

    Le rapport s’inscrit dans une logique de transparence renforcée. En permettant un suivi rigoureux des engagements pris, il encourage les autorités à aligner leurs actions sur leurs discours. L’idée centrale ? Une décision publique gagne en valeur lorsqu’elle est suivie, évaluée et jugée à l’aune de ses résultats.

    Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la gestion des affaires publiques en RDC, à condition que les recommandations soient suivies d’effets concrets.

    Présentation du rapport de monitoring sur l’action publique publié par le collectif des organisations de la société civile, avec l’appui du Cepas
  • Comité d’experts pour rouvrir la frontière Bénin-Niger sous 15 jours

    Comité d’experts pour rouvrir la frontière Bénin-Niger sous 15 jours

    Un comité d’experts bientôt opérationnel pour la réouverture de la frontière Bénin-Niger

    Le rapprochement entre le Bénin et le Niger prend une nouvelle dimension avec la création d’un comité d’experts chargé d’accélérer la réouverture de leur frontière commune. Cette annonce fait suite à une visite officielle effectuée à Niamey par le président béninois Romuald Wadagni, marquant une étape décisive dans le renforcement des relations bilatérales.

    Dans un communiqué conjoint, les deux pays ont précisé que ce comité disposera d’un délai de quinze jours pour analyser les obstacles persistants et proposer des solutions concrètes afin de lever les restrictions frontalières. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de coopération accrue entre les deux États, après des mois de tensions ayant conduit à la fermeture partielle de leur frontière.

    Une coopération bilatérale renforcée pour la paix et le développement

    Les échanges entre Romuald Wadagni et le président nigérien Abdourahamane Tiani ont permis de réaffirmer l’importance des liens historiques entre le Bénin et le Niger. Les deux chefs d’État ont souligné leur engagement commun en faveur de la paix, de la sécurité et du développement économique, des priorités partagées par les populations des deux pays.

    Parmi les sujets abordés, la sécurité régionale a occupé une place centrale. Face à la montée des menaces terroristes dans le Sahel, les dirigeants ont insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée pour lutter contre le banditisme transfrontalier, un fléau qui entrave la stabilité et la prospérité de la sous-région.

    La frontière, symbole d’une nouvelle étape pour les échanges

    La fermeture de la frontière, décidée dans un contexte de tensions après les événements de juillet 2023, a profondément affecté les échanges commerciaux et la mobilité des populations. La création du comité d’experts représente un pas important vers une normalisation progressive des relations, avec pour objectif une réouverture au plus vite.

    Les conclusions de ce comité, attendues dans les quinze prochains jours, devraient permettre aux deux gouvernements de définir les modalités concrètes de cette réouverture. Une avancée qui pourrait relancer les échanges économiques et renforcer les liens humains entre les deux nations.

    Une invitation officielle pour sceller cette nouvelle dynamique

    À l’issue de sa visite, Romuald Wadagni a invité son homologue nigérien Abdourahamane Tiani à effectuer une visite officielle au Bénin. Une initiative symbolique qui illustre la volonté des deux dirigeants de consolider leur partenariat et d’inscrire leurs relations dans une ère de confiance mutuelle et de coopération renforcée.

  • Partenariat eau Maroc ue : un financement de 3,7 milliards de dh pour le climat

    Partenariat eau Maroc ue : un financement de 3,7 milliards de dh pour le climat

    Un partenariat historique pour la gestion de l’eau au Maroc

    Le Maroc et l’Union européenne ont officialisé un accord d’envergure visant à renforcer la résilience du pays face aux défis climatiques. Doté d’un budget de 3,7 milliards de dirhams (soit près de 348 millions d’euros), ce programme s’inscrit dans une démarche collective pour sécuriser l’avenir hydrique du Royaume.

    La cérémonie de lancement, qui s’est tenue à Rabat en présence des autorités marocaines et des représentants européens, marque une étape clé dans la mise en œuvre du Plan national de l’eau (PNE). Ce projet ambitieux s’appuie sur une mobilisation inédite de fonds, combinant subventions et prêts concessionnels issus de plusieurs institutions financières européennes.

    Signature d'un partenariat stratégique entre le Maroc et l'Union européenne pour la gestion de l'eau

    Une mobilisation financière sans précédent

    L’Union européenne apporte une contribution majeure de 514,4 millions de dirhams sous forme de subventions, tandis que trois institutions financières européennes complètent ce financement : la KfW allemande, la Cassa Depositi e Prestiti italienne et l’Agence française de développement (AFD). Cette dernière assure la coordination du programme, qui s’articule autour de quatre priorités stratégiques.

    • Amélioration de la connaissance des ressources hydriques : renforcer les outils de suivi et d’analyse face aux impacts du changement climatique.
    • Gestion des phénomènes extrêmes : développer des stratégies pour faire face aux sécheresses et inondations récurrentes.
    • Protection des nappes souterraines : préserver ces ressources vitales tout en optimisant leur exploitation.
    • Renforcement des capacités institutionnelles : former et outiller les acteurs locaux pour une gestion durable et intégrée.

    L’eau, enjeu de souveraineté nationale

    Lors de son intervention, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné l’importance stratégique de ce programme. « L’eau représente un patrimoine à protéger pour les générations futures et un pilier de notre souveraineté nationale », a-t-il déclaré. Face aux épisodes de sécheresse qui frappent régulièrement le pays, le Maroc mise sur une approche proactive, transformant progressivement son modèle de gestion hydrique.

    Ce partenariat s’inscrit dans une vision globale visant à assurer une sécurité hydrique durable. Selon les termes du ministre, le programme renforcera la résilience climatique du Royaume et garantira une utilisation optimale des ressources disponibles.

    Une coopération euro-méditerranéenne renforcée

    Pour l’Union européenne, cette initiative s’aligne sur les priorités du Partenariat vert Maroc-UE et du Pacte pour la Méditerranée. Ces cadres stratégiques placent la gestion de l’eau et la résilience climatique au cœur de la coopération régionale. L’approche « Équipe Europe », qui coordonne les efforts des États membres, permet de mutualiser les ressources financières et techniques pour répondre aux défis communs.

    L’ambassadeur de l’UE au Maroc a salué cette collaboration comme un exemple concret de solidarité internationale. « Ce programme illustre notre engagement à soutenir le Maroc dans la transition vers une gestion durable de ses ressources naturelles », a-t-il affirmé.

    Un modèle de coopération régionale

    Les représentants d’Allemagne, d’Italie et de France ont unanimement salué ce partenariat, le présentant comme un modèle pour la région. Chaque pays apporte son expertise spécifique :

    • L’Allemagne, via la KfW, se concentre sur l’adaptation au changement climatique et la protection des nappes phréatiques.
    • L’Italie met en avant son savoir-faire en gestion hydrique et promeut l’égalité de genre dans le secteur.
    • La France, par l’intermédiaire de l’AFD, veille à l’intégration des enjeux de résilience climatique et d’égalité femmes-hommes dans la mise en œuvre du programme.

    Cette coopération multisectorielle et multinationale vise à répondre aux défis croissants posés par le changement climatique et la pression démographique sur les ressources en eau.

    Un contexte marqué par des défis hydriques croissants

    Comme l’ensemble des pays du bassin méditerranéen, le Maroc subit une pression accrue sur ses ressources hydriques. Entre 2017 et 2025, le pays a connu plusieurs épisodes de sécheresse sévère, tandis que les besoins en eau ont augmenté sous l’effet de la croissance démographique et du développement économique. Ce programme s’ajoute aux efforts déjà en cours, notamment le Plan national de l’eau et le Programme national d’alimentation en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) 2020-2027, pour renforcer la sécurité hydrique du Royaume.

  • Espace civique au Burkina Faso : quand les libertés reculent

    Espace civique au Burkina Faso : quand les libertés reculent

    Le Burkina Faso traverse une période critique pour ses libertés fondamentales. Ces derniers jours, l’arrestation de l’imam Mohamed Ishaq Kindo et la suspension définitive de l’Union générale des étudiants du Burkina Faso (UGEB) ont révélé l’ampleur des pressions exercées par le pouvoir militaire. Une semaine de tensions qui reflète une stratégie de plus en plus visible : museler toute contestation, qu’elle vienne des leaders religieux, des étudiants ou des syndicats.

    Des partisans de l'AES brandissent un drapeau du Burkina Faso fait maison (archive de janvier 2024)

    L’imam Kindo, figure critique disparue dans la nuit

    Quelques heures avant la Tabaski, des habitants de Ouagadougou ont signalé l’enlèvement de l’imam Mohamed Ishaq Kindo par des individus encagoulés, identifiés comme des membres des forces de l’ordre. Une disparition qui a immédiatement suscité l’indignation, tant sa voix comptait dans le paysage religieux et politique du pays.

    Ce religieux, connu pour son esprit critique, n’a jamais hésité à questionner certaines décisions gouvernementales, notamment un projet de loi controversé visant à réglementer les pratiques religieuses, y compris les prières en public. Son arrestation intervient dans un contexte où les autorités multiplient les restrictions sous couvert de sécurité.

    Un profil unique, loin des clichés régionaux

    Certains observateurs ont tenté de comparer l’imam Kindo à l’imam Mahmoud Dicko, figure emblématique du Mali. Pourtant, selon des analystes locaux, cette comparaison manque de pertinence. Newton Ahmed Barry, journaliste burkinabè en exil, précise :

    « L’imam Kindo ne cherchait pas à jouer un rôle politique à l’image de Mahmoud Dicko. Il incarnait plutôt une veille citoyenne, attentif aux dérives sécuritaires et aux atteintes aux libertés, en tant que membre éminent de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB). »

    Des réactions immédiates et une bataille de l’information

    L’arrestation de l’imam a provoqué des mouvements de protestation spontanés. Des heurts ont éclaté, entraînant plusieurs blessés et des dizaines d’arrestations. La FAIB a multiplié les appels au calme, tandis qu’une vague de désinformation a submergé les réseaux sociaux : un faux communiqué annonçant sa mort a circulé avant d’être démenti par le procureur général. Des vidéos prétendument montrant des violences policières ont également été diffusées, mais des vérifications ont révélé des incohérences flagrantes, suggérant l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle.

    Parallèlement, des rumeurs persistantes évoquent le transfert de certains détenus vers des installations militaires, notamment à Kaya, dans la région du Centre-Nord.

    L’UGEB suspendue : une nouvelle cible des autorités

    Autre symbole fort de la restriction des libertés : la suspension pour trois mois renouvelables de l’UGEB, principale organisation étudiante du pays, fondée en 1960. Son président, Bazo Wilfried, et plusieurs de ses membres ont été placés en détention. Les accusations portées contre eux ? « Apologie du terrorisme » et « démoralisation des forces de sécurité », après des prises de position critiquant la gestion de la crise sécuritaire par le régime.

    Mahamadou Idder Alghabid, secrétaire général adjoint de l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS), dénonce une stratégie régionale :

    « Accuser des étudiants désarmés d’apologie du terrorisme relève de l’absurdité. Pourtant, c’est devenu une habitude au Sahel : toute voix discordante est étouffée sous des accusations fallacieuses. Ces pratiques sont monnaie courante dans les trois pays dirigés par des juntes militaires. »

    Une tendance inquiétante dans l’AES

    Au Burkina Faso, mais aussi au Mali et au Niger, les défenseurs des droits humains alertent sur la dégradation progressive de l’espace civique. Dissolutions d’associations, pressions judiciaires et restrictions de la liberté d’expression se multiplient, brouillant les frontières entre contestation légitime et infraction pénale.

    La peur comme outil de gouvernance ?

    Newton Ahmed Barry analyse cette dynamique avec lucidité :

    « La junte actuelle mise sur la terreur pour asseoir son pouvoir. Plus les citoyens ont peur, plus ils se soumettent. C’est une logique perverse : traumatiser la population pour mieux la contrôler et régner sans opposition. »

    Une résistance qui persiste malgré les risques

    Malgré les arrestations, les enlèvements et les violences, des voix continuent de s’élever, souvent depuis l’étranger. Mahamadou Idder Alghabid affirme :

    « Nous savons que la bataille sera longue face à trois régimes militaires. Pourtant, chaque jour, nous gagnons du terrain tandis qu’ils perdent pied. Leur propagande a séduit au début, avec des promesses de souveraineté et de lutte contre l’impérialisme. Mais ces engagements ne sont que des illusions. Les Sahéliens réalisent peu à peu que ces putschistes ne tiennent pas leurs promesses. Ils abandonnent le navire. »

    Appels à une mobilisation internationale

    Les organisations de défense des droits humains insistent sur l’urgence d’agir. Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur le Sahel à Human Rights Watch, met en garde :

    « Il est crucial de soutenir les espaces d’expression et les initiatives citoyennes pacifiques. Les partenaires du Burkina Faso ne doivent pas céder à l’illusion que condamner la junte serait contre-productif. Le silence et l’ambiguïté ne font qu’alimenter les dérives autoritaires. »

    Dénoncer l’inacceptable

    Plus largement, la question de la légitimité des pouvoirs militaires reste entière. HRW rappelle avec force :

    « Il faut avoir le courage de nommer les choses. Dénoncer sans ambiguïté les atteintes aux libertés et rappeler que le pouvoir confisqué par des putschistes ne peut devenir une norme acceptable. Les violations flagrantes des droits humains doivent être condamnées sans réserve. »