Catégorie : Économie

  • Pipeline Tchad-Cameroun : les recettes de transit explosent en 2026

    Pipeline Tchad-Cameroun : les recettes de transit explosent en 2026

    Le Cameroun a engrangé 12,2 milliards de FCFA de droits de transit sur le pétrole tchadien acheminé via le pipeline Tchad-Cameroun au cours des quatre premiers mois de 2026. Ce montant, communiqué par le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP), représente une hausse significative de 1,2 milliard de FCFA par rapport à la même période en 2025, soit une progression de 11%. Cette performance s’explique par un volume record de 16,1 millions de barils de brut tchadien transitant par le territoire camerounais durant cette période.

    Un corridor énergétique essentiel pour le Tchad

    Avec ses 1 080 kilomètres, l’oléoduc relie les gisements pétroliers du sud du Tchad au port d’exportation de Komé-Kribi, situé sur la côte camerounaise. Sans accès direct à la mer, N’Djamena dépend entièrement de cette infrastructure pour exporter sa production vers les marchés internationaux. Inauguré au début des années 2000 sous la supervision d’un consortium dirigé par ExxonMobil, ce pipeline constitue aujourd’hui le seul moyen viable pour écouler le pétrole tchadien.

    Pour le Cameroun, cette dépendance stratégique se traduit par des recettes budgétaires régulières. Chaque baril transitant par son territoire génère un droit de transit fixé à 1,321 dollar, reversé au Trésor public. Cette manne financière, bien que modeste à l’échelle macroéconomique, contribue à diversifier les revenus de Yaoundé, alors que la production nationale d’hydrocarbures traverse une phase de déclin.

    Une redevance multipliée par trois en vingt ans

    L’actuel tarif résulte d’une série de négociations entamées en 2013, lorsque la redevance unitaire était fixée à 0,41 dollar par baril. Jugé insuffisant par les autorités camerounaises au regard des risques environnementaux et logistiques encourus, ce montant a fait l’objet de deux révisions majeures en 2013 et 2018. Depuis, la redevance a plus que triplé, alignant progressivement les conditions financières du transit sur les standards observés dans d’autres corridors pétroliers africains, tels que le système BTC en Asie centrale ou les arrangements du COTCO.

    Pourtant, la prochaine étape de cette indexation, initialement prévue pour le 1er octobre 2023, reste en suspens. Plus de deux ans après, aucune annonce officielle n’a été publiée, ni pour confirmer une revalorisation, ni pour en préciser les modalités. Ce flou interroge, d’autant que Yaoundé a récemment multiplié les discours sur l’optimisation de ses recettes pétrolières.

    Un dossier bloqué par des enjeux politiques et économiques

    Plusieurs facteurs expliquent ce blocage. La situation politique au Tchad, marquée par la transition post-Déby et des tensions budgétaires à N’Djamena, limite la marge de manœuvre des négociateurs tchadiens. Par ailleurs, la production pétrolière tchadienne connaît des fluctuations, ce qui pourrait inciter les opérateurs à privilégier une stabilité tarifaire pour préserver la rentabilité des champs en déclin. Du côté camerounais, l’enjeu est tout autre : maximiser les revenus d’une infrastructure dont la durée de vie utile est limitée.

    Malgré cette impasse, la dynamique actuelle profite directement au budget de l’État camerounais. Si les performances du premier quadrimestre 2026 se maintiennent, les recettes annuelles liées au droit de transit pourraient dépasser 35 milliards de FCFA cette année. Ce pipeline s’affirme ainsi comme un actif stratégique pour Yaoundé, aux côtés des exportations de gaz de Kribi et des produits agricoles. Aucune information officielle n’a encore été rendue publique concernant l’issue des négociations tarifaires en cours avec la partie tchadienne.

  • Maroc-europe : un programme de 3,7 milliards de dirhams pour sécuriser l’eau

    Maroc-europe : un programme de 3,7 milliards de dirhams pour sécuriser l’eau

    Le ministère de l’Équipement et de l’Eau du Maroc, en collaboration avec l’Union européenne (UE), l’Allemagne, la France et l’Italie, a officiellement lancé un vaste programme d’investissement dédié à la Politique nationale de l’eau. Doté d’un budget de 348 millions d’euros, soit l’équivalent de 3,7 milliards de dirhams, ce projet marque une avancée majeure dans la gestion durable des ressources hydriques du pays.

    Un financement diversifié pour des objectifs ambitieux

    Ce programme, conçu selon la dynamique « Équipe Europe », repose sur une combinaison de financements innovants. Il bénéficie notamment d’une subvention de 48 millions d’euros octroyée par l’UE, complétée par trois prêts concessionnels de 100 millions d’euros chacun, apportés par l’Agence française de développement (AFD), la Cassa Depositi e Prestiti italienne (CDP) et la banque allemande Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW).

    Quatre axes stratégiques pour une gestion optimale de l’eau

    L’enveloppe financière est allouée à quatre priorités clés visant à renforcer la résilience hydrique du Maroc. Ces axes incluent :

    • L’amélioration des connaissances sur les ressources en eau, essentielle face aux défis du changement climatique ;
    • Le renforcement de la gestion des événements extrêmes comme les sécheresses ou les inondations ;
    • La protection de la qualité des ressources hydriques et de la biodiversité ;
    • La préservation des nappes phréatiques, menacées par une exploitation intensive.

    Une initiative alignée sur les engagements internationaux

    Ce programme s’inscrit dans la continuité des accords conclus entre le Maroc et l’UE, notamment le Partenariat Vert Maroc-UE signé en octobre 2022 et le Pacte pour la Méditerranée, adopté en novembre 2025. Ces textes font de la gestion des ressources en eau et de l’adaptation climatique des priorités partagées, renforçant ainsi la coopération entre les deux parties.

    Un soutien complémentaire aux stratégies nationales

    Cette initiative européenne s’ajoute aux efforts déjà déployés par le Maroc à travers son Plan national de l’eau et le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) couvrant la période 2020-2027. Elle vient ainsi consolider les actions en cours pour garantir un accès équitable et durable à l’eau pour tous les citoyens.

  • Financement européen pour une gestion durable de l’eau au Maroc

    Financement européen pour une gestion durable de l’eau au Maroc

    Un ambitieux programme de 3,7 milliards de dirhams (soit 348 millions d’euros) a été officiellement lancé à Rabat pour soutenir le Plan national de l’eau (PNE) du Maroc. Ce partenariat inédit associe des subventions de l’Union européenne à des prêts à taux préférentiels octroyés par trois institutions financières européennes, dans le cadre d’une approche collaborative baptisée « Équipe Europe ».

    Cette initiative tripartite a été présentée conjointement par le ministère de l’Équipement et de l’eau, l’UE, ainsi que trois pays européens clés : l’Allemagne, l’Italie et la France, qui en assure le pilotage financier. Le financement se décompose en 514,4 millions de dirhams (48 millions d’euros) de subventions européennes, complétées par 3,2 milliards de dirhams (300 millions d’euros) de prêts concessionnels issus du réseau JEFIC. Ces fonds proviennent de la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) allemande, de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) italienne et de l’Agence française de développement (AFD).

    objectifs clés du programme

    • Améliorer la compréhension des ressources hydriques et leur vulnérabilité face aux bouleversements climatiques ;
    • Renforcer la résilience face aux aléas extrêmes comme les sécheresses prolongées ou les inondations dévastatrices ;
    • Protéger les nappes phréatiques en adoptant des mesures durables ;
    • Doter les acteurs institutionnels des outils nécessaires pour une gestion efficace et intégrée de l’eau.

    une réponse stratégique à la crise hydrique

    Lors de la présentation, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a rappelé que le Maroc avait repensé son modèle de gestion de l’eau face à l’aggravation des épisodes de sécheresse. Ce programme viendra consolider ces efforts en garantissant une préservation pérenne des ressources hydriques, malgré les défis posés par le changement climatique et ses phénomènes extrêmes.

    Les représentants diplomatiques des pays partenaires ont souligné l’importance de cette collaboration. L’ambassadeur de France a mis en avant le rôle central de l’AFD dans cette dynamique. Philippe Lalliot a également salué l’engagement commun pour une gestion durable de l’eau.

    Dimiter Tzantchev, représentant de l’UE au Maroc, a précisé que ce programme s’inscrivait pleinement dans les priorités du Partenariat Vert Maroc-UE et du Pacte pour la Méditerranée. Ces cadres visent à renforcer la coopération régionale face aux défis climatiques partagés.

    De son côté, Robert Dölger, ambassadeur d’Allemagne, a insisté sur la dimension climatique du financement allemand, avec un accent particulier sur l’adaptation au changement climatique et la protection des eaux souterraines. Quant à l’ambassadeur d’Italie, Pasquale Salzano, il a souligné que l’engagement italien s’articulait autour de l’égalité des genres, identifiée comme un levier essentiel pour la réussite du projet.

    impact sur les plans nationaux

    Ce programme viendra renforcer deux piliers majeurs de la politique hydrique marocaine : le Plan national de l’eau (PNE) et le Programme national d’alimentation en eau potable et d’irrigation (PNAEPI), dont la feuille de route s’étend de 2020 à 2027. Une avancée majeure pour sécuriser l’accès à l’eau et optimiser son utilisation dans un contexte de raréfaction des ressources.

  • Gabon : le président oligui nguema renforce les partenariats économiques africains

    Gabon : le président oligui nguema renforce les partenariats économiques africains

    Politique économique

    Gabon : le président Oligui Nguema renforce les partenariats économiques africains

    Libreville — Alors que les économies africaines cherchent à se réinventer, le Gabon mise sur une diplomatie économique ambitieuse. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le pays accélère ses alliances stratégiques pour stimuler une croissance inclusive et durable.

    Mardi dernier, deux rencontres hautement symboliques ont marqué un tournant dans cette stratégie. D’un côté, l’audience accordée à Idrissa Nassa, PDG du groupe bancaire panafricain Coris Bank, entouré d’une délégation d’entrepreneurs burkinabè. De l’autre, l’entretien avec Zhu Junbo, directeur général de la société chinoise COVEC, spécialisée dans les infrastructures routières.

    Le capital africain au cœur des ambitions gabonaises

    L’audience avec Idrissa Nassa n’était pas une simple formalité diplomatique. Elle incarnait une volonté claire : ancrer le Gabon dans un écosystème économique africain en plein essor. La délégation qui accompagnait le dirigeant de Coris Bank comptait des figures majeures du Burkina Faso, comme Roland Sow, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, ou encore Saïdou Tiendrébeogo, président des Promoteurs Immobiliers du Burkina Faso.

    Ces échanges révèlent une tendance de fond. Après des décennies de dépendance vis-à-vis des investisseurs étrangers, plusieurs pays africains développent désormais leurs propres champions financiers. Le Gabon, riche en ressources naturelles mais conscient de ses limites structurelles, voit dans ces partenariats une opportunité unique de financer son développement sans alourdir sa dette publique.

    Les discussions ont principalement porté sur le plan logement, un projet phare du gouvernement. Au-delà de l’aspect social, ce programme représente un levier économique majeur : stimulation de l’emploi, dynamisation des filières locales (matériaux de construction, services publics, etc.) et création de patrimoine pour les ménages. En impliquant Coris Bank, le président gabonais mise sur une approche win-win, où les capitaux africains financent des infrastructures essentielles pour les populations.

    Un autre signal fort a été envoyé avec l’annonce de la future implantation du siège social de Coris Bank sur le Boulevard de la Transition à Libreville. Une décision qui confirme l’engagement à long terme du groupe dans l’économie gabonaise.

    Les infrastructures, socle d’une économie résiliente

    Côté routes, les discussions avec Zhu Junbo ont abouti à une annonce majeure : la reprise imminente des travaux sur plusieurs axes stratégiques. Parmi eux, la liaison Ndendé-Tchibanga, Tchibanga-Mayumba dans la région de la Nyanga, et Sibang-Bambouchine dans l’Estuaire.

    Ces projets ne se limitent pas à faciliter les déplacements. Ils sont conçus pour réduire les coûts logistiques, attirer les investisseurs, désenclaver les territoires et renforcer la cohésion nationale. Dans un pays où les revenus pétroliers restent volatils, les infrastructures représentent un pilier de la diversification économique.

    Le président Oligui Nguema avec la délégation de COVEC

    Vers une souveraineté économique renforcée

    Ces deux séquences illustrent une stratégie cohérente : diversifier les partenariats tout en préservant les ambitions de souveraineté nationale. Le Gabon mise sur un équilibre subtil entre capitaux africains et investisseurs internationaux, en ciblant des secteurs clés pour la population : logement, routes, agriculture, élevage et inclusion financière.

    L’objectif est clair : réduire la dépendance aux revenus pétroliers et construire une économie plus résiliente. Pour y parvenir, les autorités misent sur des projets concrets, avec des retombées immédiates pour les Gabonais. Logements accessibles, routes sécurisées, services bancaires étendus… Autant de leviers qui doivent traduire les annonces en actions.

    En recevant simultanément des partenaires africains et internationaux autour de chantiers structurants, Brice Clotaire Oligui Nguema pose les bases d’une nouvelle géographie économique pour le Gabon. Une géographie où le développement ne repose plus uniquement sur l’aide extérieure, mais sur la capacité des acteurs locaux et panafricains à investir dans leur propre avenir.

    La balle est désormais dans le camp des exécutants. Les promesses doivent se concrétiser, les calendriers respectés, et les bénéfices tangibles pour les citoyens. Une chose est sûre : le Gabon a choisi une voie ambitieuse, où la diplomatie économique devient le moteur d’une transformation durable.

  • RDC : les dépenses dépassent les recettes en 2025, un défi pour Kinshasa

    RDC : les dépenses dépassent les recettes en 2025, un défi pour Kinshasa

    En 2025, la RDC se trouve confrontée à une situation budgétaire paradoxale : malgré une collecte fiscale en progression, le déficit public s’aggrave sous la pression d’engagements croissants de l’État. Ce déséquilibre, devenu structurel, impose à Kinshasa des choix cornéliens entre relance économique, sécurité nationale et respect des engagements macroéconomiques pris auprès de ses partenaires internationaux.

    Une collecte fiscale en progression mais insuffisante

    Les administrations fiscales congolaises, incluant la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), ont vu leurs performances s’améliorer. Cette hausse s’explique par l’élargissement de l’assiette fiscale, l’introduction progressive du numérique dans les procédures et une lutte renforcée contre les circuits informels, notamment dans les régions minières du Katanga et du Kivu.

    Le contexte mondial a également joué un rôle clé. La flambée des cours du cuivre et du cobalt, dont la RDC est un acteur majeur, a dopé les recettes issues des industries extractives. Cependant, cette manne, partiellement captée via la redevance minière instaurée par le code de 2018, reste vulnérable aux fluctuations des marchés et à la concurrence accrue des alternatives dans le secteur des batteries.

    Des dépenses en hausse constante, portées par la sécurité et les salaires

    Côté dépenses, la situation est bien plus critique. La guerre dans l’est du pays, où les Forces armées de la RDC (FARDC) affrontent les groupes armés et l’offensive du M23 dans le Nord-Kivu, absorbe des moyens colossaux. À cela s’ajoutent les coûts liés à l’état d’urgence, reconduit à plusieurs reprises depuis 2021, qui a gonflé la rubrique « sécurité » bien au-delà des prévisions initiales.

    La masse salariale constitue un autre point de tension. Les augmentations accordées aux enseignants, magistrats et autres fonctionnaires, couplées aux embauches dans les secteurs de la défense et de la santé, alourdissent durablement ce poste budgétaire. Chaque accord social signé sous la pression des mouvements revendicatifs alimente une dynamique difficile à maîtriser. Par ailleurs, les dépenses d’urgence liées aux inondations répétées et aux déplacements massifs de populations dans l’est du pays ont encore creusé le déficit.

    Les transferts et subventions, notamment ceux destinés à stabiliser les prix des carburants, pèsent également sur les finances publiques. Les investissements publics, normalement protégés par la loi-programme, subissent des arbitrages défavorables au profit des dépenses courantes incontournables.

    Un déficit qui menace la stabilité économique

    Le fossé entre la progression des recettes et l’explosion des dépenses se traduit par un recours accru aux financements monétaires et au marché local des titres publics. Cette approche, déjà pointée par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des revues du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit, exerce une pression sur les taux d’intérêt nationaux et fragilise le franc congolais. La Banque centrale du Congo (BCC) a d’ailleurs dû resserrer sa politique monétaire pour préserver la stabilité de la monnaie.

    Autre conséquence directe : l’accumulation d’arriérés de paiement, qui menace la trésorerie des fournisseurs de l’État et, par ricochet, la santé des PME locales. Plusieurs entreprises du BTP et des services dénoncent des délais de paiement démesurés, compromettant leur pérennité et alimentant un climat de méfiance envers la commande publique.

    À court terme, le gouvernement devra prouver sa capacité à rationaliser les exonérations fiscales, accélérer la dématérialisation des factures et maîtriser la dérive salariale sans attiser les tensions sociales. La crédibilité du cadre macroéconomique négocié avec les bailleurs, en particulier le FMI et la Banque mondiale, dépendra largement de la gestion des mois à venir. L’écart croissant entre le rythme de collecte des recettes et celui des dépenses rend l’équation budgétaire de plus en plus complexe à résoudre.

  • Vers une alliance économique renforcée entre Londres et Rabat

    Vers une alliance économique renforcée entre Londres et Rabat

    La visite officielle à Rabat de Chris Bryant, ministre d’État britannique en charge du Commerce international, a scellé une étape majeure dans le rapprochement diplomatique entre le Royaume-Uni et le Maroc. Ce déplacement souligne la volonté de Londres de transformer ses liens avec le Royaume chérifien en un partenariat stratégique de longue durée.

    Une ambition de doubler les échanges commerciaux

    Le Royaume-Uni perçoit désormais le Maroc comme un pôle d’opportunités économiques incontournable en Afrique. Lors de ses entretiens, Chris Bryant a clairement affiché l’ambition de son gouvernement : multiplier par deux le volume des transactions commerciales bilatérales d’ici les cinq à sept prochaines années. Actuellement, les échanges entre les deux pays représentent environ 4,5 milliards de livres sterling.

    À l’issue d’une rencontre avec Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, le représentant britannique a insisté sur la solidité de cette nouvelle dynamique de coopération.

    Coopération pour la Coupe du monde 2030 et forums d’affaires

    Le partenariat ne se limite pas aux biens et services traditionnels. Le Royaume-Uni souhaite accompagner activement le Maroc dans l’organisation de grands événements mondiaux, avec un intérêt particulier pour la Coupe du monde 2030. Pour matérialiser ce soutien, une délégation d’une cinquantaine d’entreprises britanniques spécialisées dans l’événementiel sportif international a fait le déplacement à Rabat.

    Ces acteurs participent au Forum d’affaires maroco-britannique qui se tient les 2 et 3 juin 2026. Cette période marque également la tenue de la quatrième session du Conseil d’association Maroc-Royaume-Uni, confirmant la volonté commune d’intensifier les échanges à tous les niveaux institutionnels.

  • Maroc et royaume-uni : un partenariat renforcé pour les grands projets de 2030

    Maroc et royaume-uni : un partenariat renforcé pour les grands projets de 2030

    Avec l’ambition claire de renforcer leur collaboration économique, le Maroc et le Royaume-Uni ont affiché leur volonté commune de doubler les échanges commerciaux d’ici 2030. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre des vastes chantiers liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030, mais aussi dans une stratégie plus large de développement des infrastructures et d’attractivité du territoire marocain.

    Un forum dédié à l’intensification des partenariats économiques

    Lors de l’ouverture du Forum d’affaires Maroc-Royaume-Uni, deux figures majeures des deux pays ont réaffirmé l’importance de cette coopération. Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce marocain, et Chris Bryant, ministre d’État britannique au Commerce international, ont souligné le rôle central des projets structurants et de l’événement sportif dans cette dynamique. « Le Mondial 2030 n’est pas seulement une compétition, mais une véritable opportunité de transformation pour les deux nations », a déclaré Bryant lors de son déplacement officiel à Rabat.

    Le Mondial 2030, un accélérateur de développement

    Pour le Royaume-Uni, l’organisation de la Coupe du monde 2030 représente un levier stratégique pour renforcer l’attractivité du Maroc, moderniser ses infrastructures et créer un héritage durable. De son côté, le Maroc mise sur cet événement pour accélérer ses réformes et améliorer l’accès aux services publics, notamment dans les domaines des transports, de la santé et des équipements collectifs. « Ces chantiers ne se limiteront pas aux villes hôtes, mais s’étendront à l’ensemble du territoire », a précisé Mezzour.

    Des opportunités pour les entreprises britanniques

    Le ministre marocain a invité les entreprises britanniques à saisir les opportunités offertes par les marchés publics et les projets de transformation territoriale. Il a insisté sur la nécessité de passer d’une logique de transfert technologique à une collaboration fondée sur l’investissement, l’innovation et la compétitivité. « Le Maroc souhaite s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur mondiales grâce à des partenariats équilibrés et durables », a-t-il ajouté.

    Un événement qui rassemble les acteurs clés

    Le Forum, organisé les 2 et 3 juin à Rabat et Casablanca, a réuni près de 50 entreprises britanniques spécialisées dans les infrastructures, les transports, la sécurité, l’ingénierie et les services professionnels. Une rencontre propice aux échanges et aux négociations commerciales, dans un contexte où les deux pays cherchent à renforcer leur influence sur la scène internationale.

  • Chine sans droits de douane : un tournant pour les exportations ivoiriennes

    Chine sans droits de douane : un tournant pour les exportations ivoiriennes

    Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique une politique historique de « zéro droit de douane » sur les exportations de 53 pays africains, dont la Côte d’Ivoire. Une mesure saluée par les experts comme un tournant majeur dans les relations économiques sino-africaines, avec des répercussions directes sur l’économie ivoirienne.

    Un bouleversement dans les échanges sino-africains

    Selon Dr Randolphe G. Kichiedou, agroéconomiste et spécialiste des questions commerciales, cette initiative chinoise marque un changement profond. « La Chine ne se contente plus de discuter d’équilibre commercial avec l’Afrique, elle passe à l’action en éliminant les barrières tarifaires qui freinaient les exportations africaines », explique-t-il.

    En 2025, le commerce entre la Chine et le continent africain a atteint un record de 348 milliards de dollars. Pourtant, cette dynamique reste déséquilibrée : l’Afrique exporte principalement des matières premières (pétrole, minerais, produits agricoles bruts), tandis que la Chine domine l’exportation de produits manufacturés à haute valeur ajoutée. La nouvelle politique chinoise vise précisément à corriger cette asymétrie.

    Pourquoi cette mesure est stratégique pour la Côte d’Ivoire ?

    Avec un volume d’échanges bilatéraux avoisinant 5 milliards de dollars en 2024, la Côte d’Ivoire occupe déjà la première place parmi les partenaires commerciaux de la Chine en Afrique de l’Ouest. La suppression des droits de douane représente donc un atout supplémentaire pour les exportateurs ivoiriens.

    Les bénéfices potentiels sont multiples :

    • Stimulation des exportations : les produits ivoiriens deviennent plus compétitifs sur le marché chinois.
    • Renforcement des recettes en devises : une diversification des sources de revenus pour le pays.
    • Accélération de l’industrialisation : l’accès facilité au marché chinois pourrait attirer des investissements dans les secteurs clés comme l’agro-industrie.

    Les secteurs ivoiriens prêts à profiter de cette opportunité

    Plusieurs filières stratégiques de l’économie ivoirienne sont particulièrement concernées par cette mesure :

    • Le cacao : premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire pourrait exporter davantage de produits transformés (beurre de cacao, poudre, chocolat) plutôt que de fèves brutes, captant ainsi plus de valeur ajoutée.
    • L’anacarde : déjà leader en production de noix brutes, le pays doit maintenant développer sa transformation industrielle pour exporter des produits finis.
    • Le café et les fruits tropicaux : leurs exportations vers la Chine pourraient exploser, notamment en raison de la demande croissante pour ces produits sur le marché asiatique.
    • Les produits agroalimentaires et halieutiques : avec des normes adaptées, ces secteurs pourraient conquérir une part significative du marché chinois.

    Les défis à relever pour une exploitation optimale

    Si l’avantage tarifaire est désormais acquis, l’accès réel au marché chinois reste conditionné par le respect de normes strictes. L’Administration générale des douanes chinoise (Gacc) impose en effet des exigences rigoureuses en matière de :

    • Qualité et sécurité sanitaire
    • Traçabilité des produits
    • Certifications internationales
    • Conditionnement et logistique adaptés
    • Maîtrise de la chaîne du froid pour les produits périssables

    Pour Dr Randolphe G. Kichiedou, « le véritable enjeu n’est pas tarifaire, mais structurel. Sans une montée en gamme des entreprises ivoiriennes, l’avantage du zéro droit de douane restera sans effet concret ».

    Vers une stratégie nationale pour transformer l’opportunité en succès

    La Côte d’Ivoire ne peut se contenter de profiter passivement de cette ouverture. Une stratégie nationale coordonnée est indispensable pour maximiser les retombées. Cela implique :

    • Améliorer la compétitivité des entreprises exportatrices via des formations et des appuis techniques.
    • Faciliter l’accès aux certifications et normes internationales pour répondre aux exigences chinoises.
    • Renforcer les infrastructures logistiques (ports, routes, entrepôts frigorifiques).
    • Soutenir la transformation agro-industrielle pour passer d’une économie de matières premières à une économie de production à haute valeur ajoutée.
    • Accompagner les PME dans leur accès au marché chinois via des programmes d’exportation ciblés.

    Conclusion : une fenêtre historique à saisir avec détermination

    La politique chinoise de « zéro droit de douane » représente une opportunité sans précédent pour la Côte d’Ivoire. Cependant, son succès dépendra entièrement de la capacité du pays à transformer cette ouverture en levier de développement durable.

    L’objectif n’est plus seulement d’exporter plus, mais d’exporter mieux. En capitalisant sur cette mesure, la Côte d’Ivoire a l’opportunité de diversifier son économie, de créer des emplois et de renforcer sa position sur la scène commerciale internationale.

    « Cette fenêtre est ouverte. Il appartient désormais à la Côte d’Ivoire de la franchir avec ambition, rigueur et vision stratégique », conclut Dr Randolphe G. Kichiedou.

  • Accord historique entre le Maroc et le Gabon pour booster l’industrie locale

    Accord historique entre le Maroc et le Gabon pour booster l’industrie locale

    Un partenariat industriel majeur signé à Libreville

    Dans la capitale gabonaise, le Palais Rénovation a été le théâtre d’un accord majeur le 20 mai 2026. Anas Sefrioui, président-directeur général du groupe CIMAF, et Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition gabonaise, ont officialisé un investissement de 40 millions d’euros. Cette enveloppe financière servira à moderniser l’usine d’Owendo en y ajoutant une troisième ligne de production, une étape cruciale pour répondre à l’essor de la demande en matériaux de construction.

    Cette hausse de la demande est directement liée aux nombreux projets d’infrastructures qui dynamisent actuellement le pays. Le renforcement des capacités de production locale permettra de réduire la dépendance aux importations et de soutenir la croissance économique gabonaise.

    Une gouvernance partagée pour sécuriser les intérêts nationaux

    Cet investissement s’accompagne d’une transformation profonde de la gestion de l’entreprise. Le gouvernement gabonais a décidé d’augmenter sa participation dans le capital de la filiale locale, passant de 10 % à 20 %. Cette décision, prise en décembre 2025 pour la première tranche, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire des investissements étrangers des opportunités de copropriété nationale.

    Depuis août 2023, Libreville applique une doctrine économique ambitieuse : transformer les grands projets industriels en partenariats où l’État gabonais acquiert une part significative du capital. L’objectif ? Garantir un contrôle accru sur les activités stratégiques et maximiser les retombées locales.

    CIMAF recentre ses ambitions sur l’Afrique

    Pour le groupe marocain CIMAF, dirigé par Anas Sefrioui, cet accord s’inscrit dans une réorientation stratégique majeure. Après avoir cédé sa dernière cimenterie en France, le cimentier confirme son désengagement progressif du marché européen, jugé saturé et peu rentable. Le continent africain, en revanche, offre un potentiel immense avec des besoins colossaux en urbanisation et en infrastructures.

    Les pays africains, notamment en Afrique centrale, deviennent ainsi des terrains privilégiés pour les groupes industriels marocains. Cette dynamique reflète une volonté de renforcer l’influence économique du Maroc sur le continent, en ciblant des secteurs clés comme le ciment, essentiel pour les grands projets de construction.

    Un modèle innovant pour le Gabon

    Pour le Gabon, dont l’économie repose historiquement sur les revenus pétroliers, cet investissement représente une opportunité unique de diversification industrielle. Le partenariat public-privé entre le Maroc et le Gabon illustre une nouvelle approche : allier capitaux privés marocains, encadrement public gabonais et intégration économique régionale.

    En modernisant son industrie locale et en s’assurant une participation accrue dans les entreprises stratégiques, le Gabon pourrait bien servir d’exemple pour d’autres nations africaines cherchant à réduire leur dépendance aux matières premières.

  • Un investissement européen massif de 348 millions d’euros pour l’eau au Maroc

    Un investissement européen massif de 348 millions d’euros pour l’eau au Maroc

    Un partenariat stratégique pour la sécurité hydrique marocaine

    Une étape cruciale vient d’être franchie à Rabat pour renforcer la résilience du Maroc face aux défis climatiques. L’Union européenne, accompagnée de plusieurs agences de coopération, a officialisé un financement d’envergure s’élevant à 348 millions d’euros, soit environ 3,7 milliards de dirhams. Ce programme ambitieux est dédié exclusivement à la gestion et à la préservation des ressources en eau dans le Royaume.

    La signature de cette convention s’est déroulée au siège du ministère de l’Équipement et de l’Eau, en présence du ministre Nizar Baraka et des ambassadeurs de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Cet appui financier, prévu sur une période de trois ans, s’inscrit dans la continuité des engagements pris en novembre 2024 lors des échanges entre le roi Mohammed VI et le président Emmanuel Macron.

    Une synergie entre agences de développement européennes

    Le déploiement de ces fonds repose sur une collaboration étroite entre plusieurs institutions de premier plan. L’Agence française de développement (AFD) officie en tant que chef de file de ce projet, aux côtés de la banque de développement allemande KfW et de la Caisse des dépôts et prêts italienne (CDP).

    À l’occasion de sa première sortie officielle, l’ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, a mis en avant l’engagement historique de son pays, soulignant que les contributions françaises dans le secteur de l’eau atteignent désormais un milliard d’euros. De son côté, l’ambassadeur de l’UE, Dimiter Tzantchev, a rappelé que la problématique de l’eau est une priorité absolue pour l’Europe, particulièrement dans un contexte de dérèglement climatique mondial.

    Irrigation, dessalement et monde rural : les priorités du programme

    L’objectif principal de cette enveloppe de 348 millions d’euros est d’assurer un approvisionnement pérenne, tant pour la consommation humaine que pour les besoins agricoles. Une attention particulière sera portée au monde rural, afin de garantir l’accès à l’eau potable et de soutenir les systèmes d’irrigation nécessaires à la souveraineté alimentaire.

    Le ministre Nizar Baraka a profité de cette rencontre pour exposer les piliers de la stratégie nationale impulsée par le roi Mohammed VI. Voici les points clés de cette feuille de route :

    • Exploitation de 26 barrages pour l’irrigation de 1,5 million d’hectares.
    • Objectif de couvrir 60 % des besoins en eau potable via les usines de dessalement à court terme.
    • Renforcement de la gouvernance pour une gestion plus efficiente des ressources.

    « Celui qui ne maîtrise pas l’eau ne maîtrise pas son destin », a martelé le ministre, illustrant l’importance vitale de ce dossier pour l’avenir du pays. Cette nouvelle dynamique de coopération internationale permet au Maroc d’accélérer ses infrastructures face au stress hydrique, consolidant ainsi sa sécurité sociale et économique sur le long terme.

  • Impacts de la fermeture de la frontière Bénin-Niger sur l’économie locale

    Impacts de la fermeture de la frontière Bénin-Niger sur l’économie locale

    impacts de la fermeture de la frontière Bénin-Niger sur l’économie locale

    File interminable de camions bloqués au niveau du poste-frontière entre le Bénin et le Niger (Malanville)

    La fermeture prolongée de la frontière entre le Bénin et le Niger, consécutive aux événements politiques survenus en juillet 2023, a profondément perturbé l’économie nigérienne. Les acteurs économiques locaux subissent des pertes financières majeures tandis que les activités commerciales ralentissent de manière significative.

    une économie nigérienne sous tension

    L’axe béninois représentait un corridor commercial stratégique pour le Niger. Son interruption a poussé les opérateurs économiques à revoir en urgence leurs stratégies logistiques. Malgré les tentatives de contournement par le Nigeria, les défis persistent : parcours plus longs, coûts supplémentaires et risques accrus.

    Yacouba Dan Maradi, un acteur clé du secteur commercial nigérien, témoigne : « Nous avons subi des répercussions dans trois domaines : émotionnel, commercial et financier. Bien que nous ayons tenté une solution via le Nigeria, celle-ci s’est avérée coûteuse et risquée. Aujourd’hui, nous espérons un retour à la normale. »

    les transporteurs d’hydrocarbures en première ligne

    Les professionnels du transport d’hydrocarbures ressentent particulièrement les effets de cette situation. Les délais de livraison se sont allongés, entraînant une chute drastique de la rentabilité.

    Mody Hassane, secrétaire général du syndicat des transporteurs d’hydrocarbures, précise : « La fermeture des frontières a bouleversé notre secteur. Avant, nous réalisions deux à trois voyages par mois. Désormais, un seul trajet peut prendre deux à trois mois. Les pertes sont énormes. »

    Face à la hausse des coûts logistiques et au ralentissement des échanges, l’économie nigérienne peine à se relever. Les commerçants et transporteurs attendent avec impatience la réouverture durable de la frontière pour retrouver un flux commercial stable.

  • Bénin : une gestion exemplaire de la dette publique face aux défis africains

    Bénin : une gestion exemplaire de la dette publique face aux défis africains

    L’Afrique fait face à une situation financière sans précédent : en 2024, près d’un cinquième de ses recettes publiques est englouti par le remboursement de sa dette, un niveau trois fois supérieur à celui de 2010. Cette pression inédite, qui dépasse désormais les dépenses consacrées à l’éducation, place les États du continent devant un défi de taille : concilier développement et soutenabilité budgétaire.

    Dans ce contexte complexe, le Bénin se distingue par une approche radicalement différente. Plutôt que de subir passivement les contraintes des marchés financiers, Cotonou a érigé la gestion de sa dette en véritable stratégie souveraine, transformant ainsi un exercice souvent subi en levier de résilience économique. Cette vision audacieuse, saluée par les observateurs spécialisés, repose sur une combinaison de rigueur budgétaire, d’innovation financière et de transparence.

    Une gestion de la dette repensée : l’exemple béninois

    Sous l’impulsion du ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, le Bénin a fait de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) bien plus qu’un simple service administratif. Ce centre d’expertise est devenu un pôle décisionnel stratégique, où chaque décision d’emprunt ou de remboursement est analysée à l’aune de critères financiers sophistiqués : coût moyen pondéré, maturité des dettes, devises d’émission et opportunités de marché. L’objectif ? Optimiser chaque opération pour réduire le fardeau de la dette tout en sécurisant les finances publiques.

    Cette méthodologie a permis des avancées remarquables. Le Bénin a notamment lancé la première obligation souveraine en euros d’un pays africain noté en catégorie spéculative, avec une échéance de 14 ans. D’autres innovations ont vu le jour : rachats anticipés de dettes coûteuses, utilisation de swaps pour étaler les paiements, ou encore recours à des instruments verts et sociaux. Chaque initiative est conçue pour allonger la durée de la dette et en diminuer le coût global, deux indicateurs clés pour la stabilité financière.

    Crédibilité et transparence : les piliers de la résilience béninoise

    La réussite du modèle béninois ne repose pas uniquement sur des montages financiers astucieux. Elle s’appuie aussi sur un cadre budgétaire rigoureux, régulièrement salué par les institutions internationales. Le pays maintient un déficit maîtrisé, respecte des règles d’engagement strictes et communique de manière proactive avec les investisseurs. Cette transparence se traduit par une prime de risque réduite, un accès facilité aux marchés financiers et des conditions d’emprunt plus avantageuses que dans de nombreux autres pays africains.

    Pourtant, le Bénin n’est pas à l’abri des aléas économiques mondiaux. Les politiques monétaires restrictives des grandes puissances, la volatilité des devises ou les chocs externes peuvent peser sur le coût des nouvelles émissions. Malgré ces défis, Cotonou a prouvé qu’une gouvernance rigoureuse permet d’amortir ces chocs, évitant ainsi les pièges d’un endettement procyclique ou opportuniste, comme c’est le cas chez certains voisins.

    Trois leçons à tirer pour les autres pays africains

    L’expérience béninoise offre des enseignements précieux pour l’ensemble du continent. Premièrement, la gestion de la dette doit être traitée comme une fonction stratégique, et non comme une simple tâche administrative. Cela implique la création d’une cellule dédiée, dotée de compétences techniques pointues et d’une vision pluriannuelle, avec un tableau de bord des risques en temps réel.

    Deuxièmement, la diversification des sources de financement est un impératif. En combinant emprunts régionaux (via l’UEMOA), eurobonds, financements concessionnels et instruments thématiques, le Bénin a su répartir les risques et saisir les opportunités selon les cycles économiques. Cette approche exige cependant des ressources humaines et techniques rares sur le continent.

    Troisièmement, la gestion vertueuse de la dette nécessite un alignement politique fort entre la présidence, le ministère des Finances et la banque centrale. L’enjeu dépasse le cadre technique : il s’agit d’un choix de souveraineté. Dans un contexte où le service de la dette rivalise désormais avec les dépenses sociales, la professionnalisation de cette fonction devient un impératif absolu.