Après le Niger, c’est désormais le tour du Tchad de bénéficier de l’engagement concret de l’Algérie en faveur de la stabilité sahélienne par le développement économique. Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a entamé une visite au Tchad ce lundi 8 juin, marquée par la pose de la première pierre d’une centrale électrique offerte par Alger. Ce geste s’inscrit dans la continuité de l’inauguration, le 3 juin à Niamey, d’une centrale similaire construite en un temps record de 70 jours par Sonelgaz International.
40 mégawatts pour N’Djamena : un don de l’Algérie
La centrale tchadienne, d’une capacité de 40 mégawatts, sera également réalisée par Sonelgaz International. Ce projet est un don de la République algérienne, conformément aux directives du président Abdelmadjid Tebboune. La cérémonie de pose de la première pierre s’est déroulée dans la zone industrielle de Farcha, à N’Djamena, en présence du Premier ministre algérien et de son homologue tchadien, Allamaye Halina.
Dans son discours, Sifi Ghrieb a souligné que ce lancement illustre « la volonté politique inébranlable » qui unit les dirigeants des deux pays, concrétisant les orientations communes du président Tebboune et du maréchal Mohamed Idris Déby Itno, président tchadien. Il a évoqué l’objectif d’un « partenariat stratégique solide », fondé sur une solidarité effective et des intérêts mutuels.
Le Premier ministre a ajouté que cet événement, au-delà de sa portée symbolique, marque « une étape décisive » dans le renforcement des relations algéro-tchadiennes, passant désormais « de la phase de consultation et de planification à celle de la mise en œuvre et de la concrétisation sur le terrain de projets communs ». Ce projet est l’un des premiers fruits de la visite officielle du président Déby Itno en Algérie en avril 2026.
« L’Afrique à laquelle nous croyons est celle des initiatives concrètes »
Cette centrale revêt une importance économique et sociale majeure. Elle renforce les capacités énergétiques du Tchad et soutient ses efforts de développement. Sifi Ghrieb a rappelé que l’énergie est « l’un des piliers fondamentaux » des économies modernes, attirant les investissements, développant l’industrie et améliorant le niveau de vie. « Là où l’énergie est présente, les perspectives de croissance s’élargissent », a-t-il insisté.
Il a réaffirmé la conviction de l’Algérie qu’une coopération africaine efficace peut réaliser un développement commun à travers des projets concrets profitant directement aux citoyens. « L’Afrique à laquelle nous croyons est celle de la solidarité effective, des initiatives concrètes, des investissements productifs et des partenariats qui créent de la richesse sur son sol et au profit de ses peuples », a déclaré le Premier ministre.
Énergie en Afrique : l’offensive tous azimuts de l’Algérie
D’autres projets stratégiques sont en préparation entre Alger et N’Djamena, notamment l’accompagnement pour une raffinerie à N’Djamena, la coopération en explorations géologiques, la formation et des mécanismes de consultation permanents. Lors de l’inauguration de la centrale de Niamey le 3 juin, le ministre algérien de l’Énergie, Mourad Adjal, avait évoqué une demande croissante pour l’expertise de Sonelgaz International, avec des projets en Côte d’Ivoire, au Mozambique et ailleurs.
L’entreprise, créée en mars dernier pour les projets internationaux, prépare déjà de nouvelles initiatives en Afrique. Par ailleurs, l’Algérie mène aussi des projets pétroliers et gaziers dans la région, comme l’exploitation du champ pétrolier de Kafra au Niger et le lancement des travaux du tronçon algérien du gazoduc TSGP, en présence des ministres du pétrole du Nigeria et du Niger.
