Commerce extérieur tchadien : la Chine domine les importations, les Émirats captent les exportations

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La Chine fournit 30 % des importations tchadiennes — les Émirats, eux, achètent 26 % des exports

La Chine, premier fournisseur du Tchad

En 2025, la Chine a livré pour 306,5 milliards de francs CFA de marchandises au Tchad, soit près de 30,7 % du total des importations. Aucun autre partenaire n’approche ce volume : le Cameroun, deuxième, totalise 108,4 milliards, soit trois fois moins. La Libye suit avec 85,8 milliards (8,6 %). Les produits chinois exportés vers le Tchad sont essentiellement manufacturés : équipements industriels, biens de consommation courante. Cette relation asymétrique, où le Tchad importe des produits finis contre ses matières premières, s’inscrit dans le modèle que Pékin a développé à travers l’Afrique depuis deux décennies.

Les Émirats arabes unis, premiers clients

Côté exportations, les Émirats arabes unis se hissent en tête des acheteurs du Tchad avec 333,3 milliards de francs CFA, soit 26,2 % des ventes à l’étranger. Ils devancent la Malaisie (297,8 milliards, 23,4 %) et l’Allemagne (279,9 milliards, 22 %). Le rôle des Émirats n’est pas celui d’un consommateur final mais d’une plateforme de redistribution : le pétrole brut tchadien transite par Dubaï et Abou Dhabi, où il est parfois transformé avant d’être réexpédié vers d’autres marchés. Cette intermédiation profite aux Émirats, mais elle prive N’Djamena d’une visibilité totale sur la destination finale de ses ressources.

Chiffres clés

30,7 % des importations viennent de Chine – un record régional.
26,2 % des exportations sont captées par les Émirats arabes unis.
79,8 % des importations proviennent des dix premiers partenaires.

La France et les États-Unis en retrait

Malgré des liens historiques, la France ne représente plus que 5,1 % des importations tchadiennes (50,9 milliards de francs CFA), au sixième rang. Les États-Unis sont cinquièmes avec 53 milliards (5,3 %). Ces chiffres traduisent un glissement progressif des partenariats commerciaux du Tchad vers l’Asie, le Moyen-Orient et les pays émergents, au détriment des puissances occidentales traditionnelles. L’Inde (4,3 %), le Togo (3,6 %), le Brésil (2,9 %) et la Turquie (2,3 %) complètent la liste des fournisseurs, montrant une diversification des sources d’approvisionnement, même si la Chine reste massivement dominante.

Une dépendance commerciale qu’il faudra atténuer

La leçon stratégique est nette : le Tchad concentre ses exportations sur un nombre très restreint de destinations (les dix premiers acheteurs représentent 98,9 % des exportations) et ses importations sont dominées par Pékin. Cette double exposition rend le pays vulnérable aux chocs externes. Pour réduire ce risque, une politique de diversification commerciale, tant à l’export qu’à l’import, serait indispensable.