Côte d’Ivoire : le projet pleins feux pour une école performante et inclusive

Inauguré le 12 avril 2026 à Abidjan, le programme « Pleins Feux » marque une étape cruciale dans la modernisation du système éducatif ivoirien voulue par le Président Alassane Ouattara. Soutenue par des institutions internationales, cette initiative vise à optimiser la gestion de l’enseignement et à accroître la pertinence des politiques publiques pour garantir une progression constante du niveau des élèves.

En Côte d’Ivoire, l’essor démographique se traduit par une arrivée massive de nouveaux écoliers chaque année. Avec une population franchissant le cap des 30 millions d’habitants, majoritairement jeune, les besoins en infrastructures et en encadrement sont colossaux, particulièrement dans les campagnes. Face à ce défi, l’éducation est devenue une priorité stratégique pour le Président Alassane Ouattara, s’alignant sur l’Objectif de développement durable n°4 (ODD 4) de l’ONU. Depuis plus de dix ans, le gouvernement multiplie les réformes structurelles pour garantir un accès universel et une instruction de qualité.

L’engagement présidentiel se renforce aujourd’hui avec le déploiement de « Pleins Feux », un projet ambitieux qui prolonge les efforts de transformation déjà entamés sur l’ensemble du territoire national.

Infrastructures et recrutements : une accélération sans précédent

Depuis 2011, la Côte d’Ivoire a considérablement étoffé son corps enseignant en recrutant plus de 69 000 professeurs pour le primaire et 30 000 pour le secondaire. Un accent particulier a été mis sur les filières scientifiques : 1 800 nouveaux enseignants spécialisés en mathématiques et physique-chimie ont rejoint les classes pour répondre aux exigences de l’économie moderne et favoriser l’industrialisation du pays.

Parallèlement, le réseau scolaire s’est étendu, notamment dans les zones les plus reculées. L’objectif est clair : rapprocher les lieux de savoir des foyers pour combattre l’abandon scolaire précoce. La construction de nouveaux établissements permet désormais une meilleure couverture géographique.

L’ouverture du CAFOP de Boundiali, dans le Nord, illustre cette volonté de décentralisation. Le succès de ces centres de formation ne se dément pas : en 2026, près de 68 000 candidats ont postulé pour environ 7 000 places, témoignant de l’attractivité croissante des métiers de l’enseignement et d’une volonté de renouvellement des compétences pédagogiques.

Vers une école plus inclusive et valorisante

L’amélioration de la qualité de l’enseignement passe également par la reconnaissance du travail des professeurs. Entre 2011 et 2025, les rémunérations des débutants ont bondi de 30 % au primaire et de 15 % au secondaire. Cette revalorisation salariale vise à stabiliser le personnel et à attirer les meilleurs profils vers l’éducation.

Le bien-être et l’inclusion des élèves sont aussi au cœur des préoccupations. L’État a introduit des outils pédagogiques spécifiques pour les enfants en situation de handicap, favorisant une école ouverte à tous. En complément, des actions sociales fortes, telles que les campagnes contre les grossesses en milieu scolaire, sont menées pour protéger le parcours des jeunes filles et assurer leur maintien dans le circuit éducatif.

« Pleins Feux » : l’excellence dans la gouvernance éducative

Lancé officiellement en avril 2026, le projet « Pleins Feux » se concentre sur un levier essentiel : le pilotage administratif et pédagogique. Contrairement aux plans précédents axés sur le bâti, cette initiative cible l’efficacité managériale et la mise en œuvre rigoureuse des politiques éducatives.

Conçu en collaboration avec l’UNESCO, l’Union africaine et le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM), ce programme est le fruit d’une coopération régionale entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Éthiopie. Il ambitionne de doter les décideurs et les inspecteurs d’outils d’analyse performants pour transformer les intentions politiques en résultats concrets dans les salles de classe.

Alors que la communauté internationale salue déjà les avancées ivoiriennes dans l’acquisition des savoirs fondamentaux, Abidjan consolide sa stratégie en s’appuyant sur des alliances public-privé et des partenariats multilatéraux pour parachever la mutation de son école.