Au Mali, la libre circulation est gravement entravée. Les usagers de la route font face à un blocus sévère sur les axes stratégiques menant à Bamako. Cette mesure, imposée par le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), fait suite aux offensives violentes menées fin avril dans diverses régions du territoire.
L’insécurité grandissante a conduit à l’incendie de nombreux cars de transport et camions de fret. Face à cette menace djihadiste, le secteur des transports est divisé : si certains prestataires tentent de maintenir leurs liaisons, d’autres ont radicalement stoppé leurs rotations.
Des parcours semés d’embûches et des départs annulés
Dans les gares routières de Bamako, l’ambiance est lourde. Un autocar arrivant de Mauritanie illustre la complexité de la situation. Un passager, témoignant sous le pseudonyme de Mody pour sa sécurité, relate un périple éprouvant de plusieurs jours depuis Nouakchott.
Venu pour passer les fêtes de l’Aid el Kebir en famille, il raconte : « Nous avons quitté la capitale mauritanienne jeudi. Arrivés à la frontière à Gogui, nous y sommes restés bloqués trois nuits à cause des risques sécuritaires. Bien que l’espoir d’une escorte par l’armée du Mali ait été évoqué, nous avons dû continuer seuls vers Diéma. C’est là que nous avons appris que les véhicules nous précédant avaient dû faire demi-tour sous la pression du Jnim. »
Les pertes matérielles sont lourdes pour les opérateurs économiques. Un cadre de compagnie rapporte que deux de leurs bus ont été réduits en cendres, tandis qu’une dizaine d’autres restent immobilisés hors des frontières.
Une attente interminable pour les voyageurs
La paralysie touche également les liaisons internes, notamment vers Ségou. Certains voyageurs, comme Seyba, attendent un hypothétique départ depuis près d’une semaine. « Je cherche désespérément un billet pour rentrer chez moi après des funérailles à Bamako, mais toutes les agences affichent complet ou ont suspendu leurs trajets par peur des attaques », confie-t-il.
Le constat est alarmant pour les gérants de gares. L’un d’eux déplore la perte de cinq véhicules incendiés par les insurgés. En guise de riposte sécuritaire, sa structure a pris la décision de geler l’ensemble de ses activités de et vers la capitale malienne jusqu’à nouvel ordre.
