Crise à l’Est de la RDC : Ndayishimiye prône la mutualisation régionale et appuie les processus de Washington et Doha

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Crise à l’Est de la RDC : Ndayishimiye prône la mutualisation régionale et appuie les processus de Washington et Doha

Evariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi

À l’issue de sa visite d’État à Kinshasa, le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette région est confrontée à des violences persistantes, alimentées par des groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

Lors d’un point de presse conjoint avec son homologue congolais, Félix Tshisekedi, ce mardi 23 juin à la Cité de l’Union africaine, Ndayishimiye a indiqué que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC figurait parmi les sujets centraux de leurs échanges.

« Un point très important de nos discussions a concerné la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC. Nous avons procédé à une évaluation approfondie de la situation dans cette partie du pays et j’ai exprimé mon soutien aux efforts diplomatiques régionaux et internationaux visant à instaurer une paix durable et à garantir la stabilité dans la région des Grands Lacs », a déclaré Évariste Ndayishimiye.

Le chef de l’État burundais a souligné la nécessité d’une approche globale pour mettre fin aux cycles de violence.

« Le Burundi reste convaincu qu’une résolution durable des crises qui affectent l’Est de la RDC passe nécessairement par une approche globale et intégrée, visant à briser les cycles récurrents de violence et à promouvoir le développement socio-économique des populations concernées », a-t-il poursuivi.

Évoquant les menaces sécuritaires qui pèsent sur la région, Ndayishimiye a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les pays des Grands Lacs.

« Face aux menaces que représentent les groupes terroristes étrangers et les forces négatives opérant dans l’Est de la RDC, le Burundi estime nécessaire de poursuivre et de renforcer la mutualisation des efforts entre les États de la région », a-t-il affirmé.

Le président burundais a également exprimé le soutien de son pays aux mécanismes diplomatiques en cours pour le retour de la paix en RDC. Il a réaffirmé son implication personnelle dans les initiatives africaines de médiation.

« Le Burundi soutient toutes les initiatives visant à rétablir une paix durable en République démocratique du Congo, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que les efforts de l’Union africaine à travers l’action du médiateur de l’UA appuyé par le panel des anciens chefs d’État africains. J’ai réaffirmé mon engagement personnel dans la médiation africaine, notamment à travers un mécanisme de suivi des processus en cours », a-t-il confié.

Cette rencontre entre Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye intervient dans un contexte marqué par des tentatives diplomatiques, dont les accords de Washington et le processus de Doha, qui visent à instaurer un cessez-le-feu durable et à relancer le dialogue entre les parties prenantes au conflit qui secoue l’Est de la RDC depuis plusieurs années. Toutefois, ces initiatives n’ont pas encore produit de résultats concrets sur le terrain, où les hostilités se poursuivent entre la rébellion et les forces gouvernementales.

Face à cette situation, des appels se multiplient aux niveaux national, régional et international pour que les différentes parties respectent les engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Cependant, jusqu’à présent, ces appels restent sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques peinent à se concrétiser. Chaque partie continue d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine.