Crise des transports au Mali : Bamako isolée par un blocus routier

Au Mali, la situation des transports devient critique. Les passagers se retrouvent immobilisés en raison d’un blocus sur les principaux axes routiers menant à Bamako. Cette mesure de force a été imposée par le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) à la suite des offensives du 25 avril dernier ayant frappé plusieurs zones du pays.

La semaine passée, des dizaines de camions de fret et de cars de transport se dirigeant vers la capitale malienne ont été la cible d’incendies criminels perpétrés par les insurgés. Face à cette menace, si certains prestataires tentent de maintenir leurs liaisons, de nombreux transporteurs ont purement et simplement suspendu leurs services.

Des itinéraires perturbés et des voyages annulés

Au sein d’une gare routière réputée de Bamako, qui assure habituellement les liaisons avec les nations frontalières, l’ambiance est lourde. Un autocar arrivant de Mauritanie vient de terminer un périple éprouvant commencé à Nouakchott plusieurs jours auparavant.

Mody, un voyageur malien ayant requis l’anonymat pour sa sécurité, témoigne de ce calvaire. Venu pour célébrer l’Aid el Kebir prévue le 27 mai, son trajet a duré quatre jours au lieu de quelques heures. « Nous avons quitté Nouakchott jeudi matin. Arrivés à la frontière à Gogui vers 23 heures, nous avons été informés des risques majeurs sur la route », confie-t-il. Après trois nuits d’attente forcée, les passagers ont tenté de rejoindre Diéma, apprenant en chemin que les véhicules les précédant avaient dû faire demi-tour sous la pression des combattants du Jnim.

La direction de la compagnie confirme l’ampleur des dégâts : une dizaine de cars sont actuellement bloqués à l’étranger et deux engins ont été détruits par les flammes durant le week-end.

Une attente interminable pour les passagers

Le constat est identique pour les trajets internes, notamment vers Ségou. Dans les bureaux de vente, des voyageurs patientent depuis près d’une semaine dans l’espoir d’obtenir un titre de transport.

C’est le cas de Seyba, un homme d’une soixantaine d’années venu à Bamako pour des funérailles. « Je cherche désespérément à rentrer à Ségou, mais aucun bus n’est disponible. Après avoir sollicité quatre compagnies différentes, le constat reste le même : la route est trop périlleuse », explique-t-il, résigné à retourner chez ses proches en attendant une accalmie.

Un responsable de compagnie, s’exprimant sous couvert d’anonymat, déplore la perte de cinq véhicules incendiés samedi dernier. Ces actes de sabotage, orchestrés par le Jnim pour asphyxier Bamako, ont conduit l’entreprise à stopper temporairement toutes ses rotations vers la capitale.