France et Maroc : une alliance renforcée à Rabat après des années de tensions

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France et Maroc : une alliance renforcée à Rabat après des années de tensions

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (à gauche) et son homologue marocain Aziz Akhannouch à l’issue d’une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Rabat.

Une « confiance retrouvée » : c’est ainsi que les autorités françaises et marocaines ont qualifié l’état actuel de leurs relations après la visite officielle du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat. Cette rencontre, organisée le 16 juillet 2026, marque une étape clé dans le réchauffement diplomatique engagé depuis la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, en 2024.

Cette décision avait alors mis fin à trois années de tensions persistantes, marquées par des soupçons d’espionnage et des restrictions sur les visas. Un tournant symbolisé par la visite d’État du président français à Rabat en octobre 2024, couronnée par la signature d’un « partenariat renforcé d’exception » et de nombreux contrats bilatéraux.

Lors de cette nouvelle rencontre, Sébastien Lecornu a salué un bilan « exceptionnellement positif » des relations franco-marocaines, évoquant un « moment charnière » pour la coopération entre les deux pays.

Sébastien Lecornu (à gauche) et Aziz Akhannouch échangent une accolade symbolique à l’issue de leur rencontre.

Cependant, des ombres persistent. Un consortium de médias internationaux a publié, le même jour, de nouvelles révélations sur l’utilisation présumée du logiciel Pegasus par le Maroc pour des opérations d’espionnage. Rabat a immédiatement démenti ces allégations, qualifiées de « mensongères et infondées ». Face à ces accusations, la délégation française a choisi de ne pas s’étendre, évoquant des « histoires anciennes » et une priorité accordée à l’avenir.

Un partenariat stratégique hors normes

Cette visite a également été l’occasion d’évoquer la possibilité d’une visite officielle du roi du Maroc en France, ainsi que la conclusion d’un traité bilatéral « hors normes ». Selon Sébastien Lecornu, il s’agirait du premier accord de ce type signé par la France avec un pays en dehors de l’Union européenne, bien que les détails pratiques restent à finaliser.

Le Premier ministre français, accompagné de douze ministres dont ceux des Affaires étrangères et de l’Intérieur, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération dans des domaines clés : sécurité, lutte contre le terrorisme, et mobilité circulaire entre les deux rives de la Méditerranée. Une attention particulière a été portée aux entrepreneurs et aux étudiants marocains souhaitant se rendre en France.

Sébastien Lecornu prononce un discours devant des ministres marocains lors d’une séance plénière.

Les deux parties ont salué une « excellente coopération » entre leurs services, ayant permis, ces dernières semaines, des avancées significatives dans la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic. La menace jihadiste au Sahel a également été au cœur des discussions, avec une volonté affichée de renforcer l’engagement conjoint des deux pays sur le continent africain.

Aziz Akhannouch, Premier ministre marocain, a souligné que ce partenariat s’inscrivait désormais dans une « vision stratégique partagée », fondée sur une « confiance retrouvée » et une « ambition commune ». Une déclaration qui confirme le recentrage de la diplomatie française au Maghreb sur le Maroc, au détriment d’un équilibre traditionnel avec l’Algérie.

Des accords concrets pour une coopération renforcée

À l’issue de la 15e rencontre de haut niveau entre les deux délégations, une douzaine d’accords ont été signés. Parmi les projets phares : un appel à manifestation d’intérêt pour l’interconnexion électrique entre les deux pays, ainsi que des conventions de financement avec l’Agence française de développement pour des projets dans les domaines de l’eau et des transports, notamment la création d’une ligne RER à Rabat.

Ces avancées illustrent la volonté des deux pays de tourner la page sur les conflits passés et de construire une relation durable, au service de leurs intérêts communs.