Frappes aériennes au Mali : l’Africa Corps accusé d’avoir tué huit civils, dont trois enfants
Une nouvelle fois, des frappes aériennes menées dans le centre du Mali soulèvent une vive polémique. Selon une enquête récente, huit civils, dont trois enfants, auraient été tués lors d’une opération attribuée aux paramilitaires russes de l’Africa Corps. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport accablant, excluant toute affiliation des victimes à des groupes armés.

Un village de la région de Mopti frappé par deux bombes
Le drame s’est joué dans le village de Kyrnia, situé en plein cœur de la région de Mopti. D’après les investigations de HRW, un avion Soukhoï Su-24 aurait largué au moins deux munitions sur la zone. La première frappe aurait visé la résidence du chef du village, faisant quatre victimes : son épouse et trois de ses enfants. La seconde explosion a ciblé un marché aux bestiaux voisin, entraînant la mort de quatre autres civils et laissant plusieurs blessés parmi les habitants. Aucun élément ne permet d’établir un lien entre les victimes et des activités terroristes.
L’Africa Corps revendique une cible jihadiste, HRW conteste
L’Africa Corps, qui collabore avec les forces maliennes dans la lutte contre le terrorisme, a affirmé sur ses réseaux sociaux avoir neutralisé un « lieu de rassemblement de groupes terroristes ». Pourtant, HRW rétorque que, bien que des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) aient été signalés dans le village au moment des frappes, rien ne prouve que les civils tués participaient aux combats. L’organisation dénonce une opération menée sans discernement, mettant en cause la responsabilité des autorités maliennes ayant autorisé ces frappes.
