L’Algérie et le Tchad franchissent une étape décisive dans la consolidation de leur partenariat stratégique. À travers la signature de deux accords majeurs portant sur les infrastructures et l’énergie, les deux nations affichent leur détermination à accélérer les projets structurants et à renforcer l’intégration régionale dans le cadre de la coopération Sud-Sud.
Accélération du chantier de la route transsaharienne
À N’Djamena, une rencontre de haut niveau a réuni le ministre algérien des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, et son homologue tchadien, Amir Idriss Kourda. Cette séance de travail a abouti à la signature d’un protocole visant à faciliter la mise en œuvre de projets d’envergure dans le secteur des travaux publics. L’accent a été mis sur la route transsaharienne, dont le tracé traverse le territoire tchadien. Le ministre tchadien a souligné la célérité avec laquelle les engagements pris en avril dernier à Alger se transforment en actions concrètes, notamment avec le lancement effectif des études techniques de ce corridor routier vital.
Une centrale électrique de 40 MW pour N’Djamena
Parallèlement, une avancée significative a été enregistrée dans le domaine énergétique. À Alger, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, et Passalé Kanabé Marcelin, ministre tchadien de l’Eau et de l’Énergie, ont paraphé une convention pour la construction d’une centrale électrique de 40 mégawatts destinée à alimenter la capitale tchadienne. Ce projet s’inscrit dans la vision du président Abdelmadjid Tebboune, qui prône un soutien actif au développement des pays du continent africain.
Les études techniques, réalisées par les experts de Sonelgaz après une mission sur le terrain, sont d’ores et déjà finalisées. Cette infrastructure sera intégralement conçue et réalisée par l’expertise algérienne, incluant la fourniture des équipements et la main-d’œuvre. Au-delà de la construction, le partenariat prévoit également :
- La réhabilitation du réseau électrique de N’Djamena.
- La formation de techniciens tchadiens au sein des écoles de Sonelgaz en Algérie pour assurer la gestion autonome de la centrale.
- La fourniture de matériel électrique et gazier.
Un modèle de partenariat africain
Pour les autorités tchadiennes, cet accord représente un tournant historique dans les relations bilatérales, initiées lors de la visite officielle du président Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie. Le ministre Marcellin a qualifié l’Algérie de véritable référence continentale en matière de couverture électrique. Actuellement, plusieurs stagiaires tchadiens bénéficient déjà de programmes de formation spécialisée en Algérie.
Le déploiement de Sonelgaz International témoigne de cette nouvelle dynamique. Selon ses dirigeants, la centrale sera opérationnelle après l’aménagement du site par la partie tchadienne et le transfert imminent des équipements. Ce projet est perçu comme le premier succès d’une série de collaborations futures, le Tchad souhaitant s’appuyer durablement sur le savoir-faire algérien pour moderniser ses services énergétiques.
