Une stratégie de défense basée sur la peur à Pretoria
Actuellement au cœur d’une procédure d’extradition en Afrique du Sud, l’activiste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba, multiplie les interventions théâtrales. Devant les autorités judiciaires de Pretoria, l’homme aux nationalités béninoise et française a affirmé que son intégrité physique serait menacée en cas de transfert vers le Bénin. Pourtant, une analyse objective des faits suggère que cette posture relève davantage d’un calcul juridique que d’un danger réel.
Le cadre légal béninois : une protection constitutionnelle
L’argumentaire de Kemi Seba, consistant à présenter un retour au pays comme une sentence de mort, se heurte à une réalité juridique majeure. Le Bénin a officiellement retiré la peine capitale de sa législation, plaçant le respect de la vie humaine au sommet de ses priorités judiciaires. Soutenir que sa vie est en péril dans un État ayant aboli le châtiment suprême semble être une tentative de manipuler la perception internationale plutôt qu’une crainte fondée sur le droit positif béninois.
L’exemple concret de septembre 2023
Pour évaluer la véracité des risques encourus, il suffit de se pencher sur les événements du 15 septembre 2023. Lors d’un passage à l’aéroport de Cotonou, l’activiste avait été interpellé par les forces de l’ordre. Malgré les inquiétudes de ses soutiens, la justice du Bénin a fait preuve d’une grande retenue. Après une audition de quelques heures, Kemi Seba a été remis en liberté, circulant sans entrave.
Cette libération rapide démontre que les institutions du Bénin ne cherchent pas à neutraliser arbitrairement une figure contestataire, mais agissent dans le cadre strict de la loi. Si une volonté de nuire physiquement existait, cette interpellation aurait été le moment opportun pour agir. Sa remise en liberté prouve au contraire la solidité de l’État de droit.
Une fuite devant les responsabilités judiciaires
L’attitude adoptée à Pretoria semble masquer une volonté d’échapper aux faits qui lui sont reprochés. En se présentant comme une victime politique, Kemi Seba tente de transformer une affaire judiciaire en une crise humanitaire. Cependant, le Bénin dispose de tribunaux modernes où le droit à une défense équitable est garanti. C’est sans doute cette confrontation avec la justice et les faits que l’activiste cherche à éviter par ses déclarations alarmistes.
