L’AFC/M23 dénonce le silence complice des médiateurs face aux actions de Kinshasa

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Le mouvement politico-militaire AFC/M23, par l’intermédiaire de son coordonnateur politique Corneille Nangaa, a vivement critiqué jeudi 18 juin 2026 ce qu’il considère comme une attitude irresponsable et belliciste du président Félix Tshisekedi. Ce dernier s’était exprimé à Houston, aux États-Unis, après la rencontre RDC-Portugal lors de la Coupe du monde, promettant de reconquérir prochainement les zones tenues par la rébellion dans l’est du pays.

Depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, Corneille Nangaa a réaffirmé la détermination de son mouvement à se défendre face aux menaces venues de Kinshasa. Il s’est dit perplexe devant l’attitude de la communauté internationale, qu’il accuse de complicité passive. Selon lui, les instances internationales sont pourtant informées des offensives menées par les forces gouvernementales, en violation des engagements pris et des efforts diplomatiques en cours pour apaiser le conflit.

« Face à cette situation dramatique et aux calamités qui en découlent, nous avons le devoir, devant Dieu, l’Histoire et la Nation, de relever ce silence assourdissant de la médiation et des partenaires au processus de paix, qui confine à la complicité. La communauté internationale dispose de rapports détaillés sur le terrain, sur le nombre élevé de victimes civiles et sur les responsables de ces crimes », a fustigé Corneille Nangaa.

Il a ajouté :

« Les médiateurs des pourparlers de Doha, les missions diplomatiques, les agences onusiennes et les organisations de défense des droits humains sont au courant de la dégradation continue de la situation sécuritaire et humanitaire, en particulier dans les Hauts-Plateaux de Minembwe. Cette inaction renforce l’impunité et encourage la poursuite des violences. »

Nangaa a également dénoncé une tendance à minimiser la crise dans l’est de la RDC. Selon lui, Félix Tshisekedi ne cesse de compromettre les efforts de paix, sous le regard impuissant des partenaires internationaux du pays.

« Nous refusons que les souffrances des populations de l’Est soient traitées comme une tragédie lointaine, comme on le dit souvent, à plus de 2 000 kilomètres de Kinshasa. Chaque vie humaine mérite la même protection. Nous attirons l’attention sur les obstacles, les duperies, les manipulations et les intrigues de Félix Tshisekedi et de ses partenaires internationaux, qui sabotent gravement les efforts de paix en République démocratique du Congo », a-t-il déploré.

Il a poursuivi :

« Le renforcement des dispositifs militaires et le déploiement de nouvelles forces sur le terrain sont incompatibles avec une véritable désescalade. Plusieurs engagements pris dans le cadre du processus de paix restent lettre morte. Alors que l’AFC/M23 a libéré des centaines de prisonniers de guerre comme geste de confiance, le régime de Kinshasa n’a pris aucune mesure réciproque. »

Cette nouvelle escalade verbale intervient dans un contexte marqué par des initiatives diplomatiques, notamment les accords de Washington et le processus de Doha, visant à instaurer un cessez-le-feu durable et à relancer le dialogue entre les parties. Cependant, ces efforts n’ont pas encore produit de résultats tangibles sur le terrain, où les hostilités se poursuivent entre la rébellion et les forces gouvernementales.

Face à cette impasse, de nombreux appels nationaux, régionaux et internationaux exhortent les parties à respecter leurs engagements. Mais pour l’instant, ces appels restent sans effet notable. Le fossé entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques sur le papier semble se creuser, chaque partie interprétant les accords à sa manière, rendant leur mise en œuvre de plus en plus incertaine.