N’Djamena réfute les allégations de dommages collatéraux dans le bassin du lac Tchad
Le gouvernement du Tchad a exprimé son désaccord total face aux rapports des Nations unies mentionnant des pertes civiles lors d’opérations aériennes contre Boko Haram. Lors d’une intervention officielle ce jeudi, les autorités ont exigé des preuves concrètes tout en se disant prêtes à accueillir une mission d’enquête internationale pour faire toute la lumière sur ces événements.
Selon des informations relayées par l’ONU, des frappes menées par les forces aériennes du Nigeria et du Tchad auraient causé le décès d’une centaine de civils dans les zones frontalières. Ces opérations visaient initialement des positions stratégiques du groupe terroriste Boko Haram.
Une armée professionnelle en première ligne
Pour Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ces affirmations sont dénuées de fondement. Il a souligné que ces accusations graves portent atteinte à l’intégrité de l’armée tchadienne, engagée activement dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Le ministre a rappelé que les troupes tchadiennes disposent d’un professionnalisme reconnu sur le terrain.
Les autorités affirment qu’aucun civil, ni aucun pêcheur, ne se trouvait dans les périmètres ciblés par l’aviation. « Pour l’heure, aucune preuve formelle ne corrobore ces accusations », a précisé le porte-parole, ajoutant que le Tchad est disposé à mener ses propres investigations ou à faciliter le travail d’instances internationales indépendantes directement sur le terrain.
Une stratégie globale face à la menace terroriste
Le dispositif sécuritaire actuel, marqué par l’état d’urgence dans la région, vise avant tout à protéger les populations locales. Le gouvernement insiste sur le fait que la réponse face à Boko Haram ne se limite pas aux armes, mais intègre également un volet socio-économique majeur. Des investissements importants ont été réalisés pour freiner l’endoctrinement en luttant contre la précarité et en développant les infrastructures de base.
Le Tchad, qui coopère étroitement avec le Nigeria, rappelle qu’il paie un lourd tribut humain dans ce conflit. Les attaques perpétrées par le groupe jihadiste les 4 et 6 mai derniers contre des positions militaires ont d’ailleurs causé plusieurs pertes dans les rangs de l’armée. Pour les autorités de N’Djamena, la responsabilité des violences dans la zone incombe exclusivement à Boko Haram.
