L’économie du Tchad gagne en solidité selon les dernières analyses de S&P

Vue de la ville de N’Djamena. © JAMG – PHOTOS DR

En confirmant la note souveraine du pays à « B- » assortie d’une perspective stable le 16 mars, l’agence S&P vient valider les orientations stratégiques du « Plan national de développement Tchad Connexion 2030 ». Pour les autorités financières nationales, cette décision reflète une confiance renouvelée dans la trajectoire économique du Tchad, marquée par une croissance dynamique, un endettement maîtrisé et le soutien indéfectible des institutions internationales.

Ferme agricole communautaire intégrée (Faci) de Milé à Guereda. © JAMG – PHOTOS DR

Une croissance économique revue à la hausse

La reprise amorcée en 2023 s’est intensifiée tout au long de l’année 2025 au Tchad. Portée par la hausse des cours du pétrole et un secteur des services en plein essor, l’activité affiche une santé robuste. S&P anticipe désormais une progression du PIB réel de 5 % pour l’année en cours, dépassant largement les prévisions initiales de 3,6 % émises fin 2024.

De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) se montre encore plus optimiste avec une estimation de croissance à 5,2 %. Cette vitalité s’explique par la performance du secteur agricole et le redressement des activités non pétrolières. Bien que les hydrocarbures restent un pilier central pour les exportations, la diversification vers l’agriculture et les services soutient efficacement la consommation locale.

Les puits forés fournissent de l'eau potable à des centaines de milliers de personnes. © Photo de Sinan Balcikoca / AGENCE ANADOLU / Anadolu via AFP

Une dette publique sous contrôle

Le Tchad a réalisé des avancées notables dans la gestion de ses finances publiques. Le taux d’endettement se stabilise autour de 36 % du PIB, un niveau raisonnable au regard des standards régionaux. Précurseur, le pays a été le premier à solliciter le cadre commun du G20 en 2022 pour restructurer ses engagements extérieurs.

Aujourd’hui, la dette extérieure ne constitue plus que la moitié du passif total, avec des conditions de remboursement majoritairement concessionnelles. Cette situation offre une nouvelle marge de manœuvre financière indispensable pour déployer les grands chantiers du plan « Tchad Connexion 2030 ». Les autorités maintiennent une gestion budgétaire rigoureuse afin de garantir la pérennité de cette stabilité tout en finançant les priorités sociales.

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno en visite au marché central de N'Djamena. © JAMG – PHOTOS DR

Amélioration de la collecte des recettes fiscales

Un autre pilier des réformes concerne la mobilisation des ressources internes. Selon l’OCDE, le ratio des recettes fiscales par rapport au PIB est passé de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023. Cette progression témoigne des efforts pour élargir l’assiette fiscale et moderniser l’administration des impôts.

En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les attentes, portées par une économie diversifiée et les engagements pris dans le cadre d’un accord avec le FMI de 625,3 millions de dollars. La digitalisation des procédures et le renforcement de la gouvernance financière participent activement à cette efficacité accrue.

Pêche sur le lac Tchad. © JAMG – PHOTOS DR

Perspectives d’avenir avec Tchad Connexion 2030

Malgré ces succès, le Tchad doit poursuivre la consolidation de ses acquis, notamment en matière de diversification économique et d’infrastructures de base. Ces défis sont au cœur du plan « Tchad Connexion 2030 », adopté en mai 2025 après une transition politique stabilisée par l’élection de Mahamat Idriss Deby Itno.

Pour financer cette vision, le pays a mobilisé 20,5 milliards de dollars à Abu Dhabi en novembre 2025. Le programme s’appuie sur 268 projets concrets visant une croissance de 8 % d’ici 2030 et une réduction significative de la pauvreté. Les quatre piliers majeurs sont :

  • Le développement d’infrastructures stratégiques (énergie, eau, transports, télécoms).
  • Le renforcement des services sociaux (santé, éducation, emploi des jeunes).
  • La diversification via les filières porteuses (élevage, pêche, mines, tourisme).
  • L’optimisation du climat des affaires par la simplification administrative.
Centrale de Farcha. © JAMG – PHOTOS DR