L’Alliance des États du Sahel (AES), fondée pour unir le Mali, le Burkina Faso et le Niger face aux défis sécuritaires et à l’ingérence étrangère, traverse une crise majeure. Malgré des discours officiels unificateurs, des révélations issues des services de renseignement du Burkina Faso mettent en lumière une influence russe grandissante au sein des institutions maliennes.
Cette infiltration ne se limite pas à des conseillers militaires sur le terrain : elle s’étend jusqu’aux plus hauts niveaux de l’État. Parmi les personnalités citées, on retrouve des conseillers proches du président Assimi Goïta, comme Yamoussa Camara, ainsi que des acteurs clés de l’administration et de la diplomatie, tels que Modibo Maïga et Moussa Diakité. Des militaires de rang élevé, comme Bakari Koré ou Harouna Haidara, ainsi que des responsables médiatiques et des milices, dont Sékou Bolly et le journaliste Issa Cissé, sont également concernés.
Une souveraineté malienne sous pression
Le paradoxe est saisissant : alors que l’AES prône la souveraineté et rejette les influences extérieures, notamment occidentales, le Mali semble avoir basculé dans une nouvelle dépendance. Cette situation suscite de vives inquiétudes chez ses alliés, le Burkina Faso et le Niger, qui redoutent que les décisions politiques et militaires de Bamako ne servent plus les intérêts régionaux, mais ceux de Moscou.
Les mercenaires et conseillers étrangers présents sur le sol malien, souvent associés à des réseaux d’influence russes, alimentent les tensions. Les partenaires de l’AES s’interrogent : à quel moment les choix stratégiques du Mali ont-ils cessé d’être indépendants ?
L’AES en péril : entre méfiance et divisions
L’avenir de l’Alliance des États du Sahel est désormais incertain. La fuite d’une note confidentielle, révélant cette infiltration, a ébranlé les fondements mêmes de la coopération entre les trois nations. Le Burkina Faso, en particulier, commence à prendre ses distances, craignant que cette influence étrangère ne déstabilise l’ensemble de la région.
La question n’est plus seulement celle de la lutte contre l’insécurité, mais bien celle de la cohésion de l’alliance. Si le Mali ne parvient pas à retrouver sa pleine souveraineté, l’AES pourrait se fragiliser et s’effondrer, minée par des divisions internes et une influence extérieure que ses membres avaient juré de combattre.
