Niger : Tiani, général assiégé par ses propres soldats

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Le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir par un coup d’État en juillet 2023, est aujourd’hui enfermé dans un bunker à Niamey. Sa peur : être tué par ses propres soldats. Retour sur une spirale de violence et de paranoïa.

Un palais sous haute tension

À Niamey, l’ambiance au palais présidentiel est devenue irrespirable. Le général Tiani, qui dirige le Niger depuis le putsch de juillet 2023, ne sort presque plus. Ses déplacements sont annulés. Il vit reclus, protégé par des mercenaires russes d’Africa Corps et une poignée de soldats en qui il a encore confiance.

Loin des discours sur la souveraineté, le chef de la junte est aujourd’hui prisonnier de sa propre armée. Trois ans après avoir renversé un président civil, il réalise que son coup d’État était une erreur qui menace désormais sa vie.

La mutinerie d’août 2026 : le point de bascule

Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, tout a basculé. Des soldats révoltés, venus de plusieurs garnisons, ont attaqué la base aérienne et se sont approchés du palais présidentiel. Tiani n’a dû son salut qu’à l’intervention rapide des mercenaires russes d’Africa Corps. Depuis, il vit dans une peur permanente d’être assassiné.

Cette frayeur n’est plus un secret. Le général ne se déplace plus, reste enfermé dans un bunker et ne fait confiance qu’à quelques hommes. La peur de mourir est devenue son quotidien.

L’erreur fatale : le limogeage du général Barmou

Pour tenter de reprendre le contrôle, Tiani a pris une décision risquée en septembre 2026 : renvoyer le général Moussa Salaou Barmou, chef d’état-major des armées et figure clé du coup d’État de 2023. Barmou a été placé en résidence surveillée.

Mais ce choix s’est retourné contre lui. Barmou est très respecté par les troupes d’élite. Son éviction a été perçue comme une trahison dans les casernes. Selon plusieurs sources, des officiers ont adressé de véritables ultimatums au pouvoir : ils exigent l’arrêt des arrestations dans l’armée et menacent de se soulever massivement si la chasse aux sorcières se poursuit.

Un chef d’État menacé par ses propres soldats

Ancien spécialiste de la sécurité, Tiani connaît parfaitement les rouages d’un coup d’État. Il sait que le danger ne vient plus des groupes terroristes aux frontières, mais de ses propres soldats.

L’ironie est cruelle : renverser un président civil en 2023 a été facile, mais diriger le pays avec la peur constante d’être abattu par son armée est devenu un enfer. Aujourd’hui, le général Tiani ne cherche plus vraiment à gouverner le Niger : il essaie surtout de survivre.