Nigériens : l’activiste nassirou bodo emprisonné pour ses prises de position contre la junte militaire

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Un militant nigérien connu pour ses critiques acerbes envers la junte au pouvoir a été incarcéré à la prison de Niamey. Nassirou Bodo a été placé sous mandat de dépôt après avoir été présenté au parquet, selon les informations recueillies auprès des médias locaux. Cette décision survient dans un contexte de durcissement des mesures répressives à l’encontre des opposants au régime militaire en place depuis juillet 2023.

Niger. L'activiste Nassirou Bodo écroué après des critiques contre la junte

D’après les informations relayées par plusieurs sources locales, Nassirou Bodo est poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ». Son arrestation fait suite à des publications sur les réseaux sociaux où il avait vivement dénoncé les actions de l’État, qualifiant de « violences sociales » les mesures prises par les autorités.

un appel à la mobilisation citoyenne

Dans une vidéo diffusée en début de semaine sur Facebook, l’activiste avait appelé les Nigériens à organiser des « actions de protestation et de désapprobation » contre ce qu’il considère comme des « violences étatiques ». Il a notamment évoqué « l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays », ainsi que « les déguerpissements forcés » des populations vivant à proximité de l’aéroport de Niamey. Ces opérations, justifiées par les autorités par la nécessité de lutter contre le risque terroriste, ont donné lieu à des destructions de logements jugées « injustes » par de nombreux observateurs.

Le 29 janvier dernier, l’aéroport de Niamey avait été la cible d’une attaque revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS), renforçant les mesures de sécurité dans la capitale. Pourtant, les démolitions se poursuivent, suscitant de vives critiques au sein de la société civile.

un climat répressif qui s’intensifie

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger traverse une période de tensions accrues. Les autorités militaires, qui se sont emparées du pouvoir, ont durci leur politique envers les voix dissidentes. Plusieurs journalistes et militants ont été arrêtés, emprisonnés ou condamnés pour des motifs variés, allant de la diffamation à l’atteinte à la sécurité nationale.

Selon les données disponibles, 13 journalistes ont été arrêtés en 2025 au Niger. Parmi eux, trois ont été libérés après plusieurs mois de détention, dont le correspondant de Deutsche Welle. Cependant, cinq autres professionnels des médias restent encore derrière les barreaux, selon les associations de défense de la presse.

Parmi les figures emprisonnées figure également Moussa Tchangari, une personnalité de la société civile emprisonnée depuis décembre 2024. Il est poursuivi pour des chefs d’accusation incluant « apologie du terrorisme » et « atteinte à la sûreté de l’État ».

Cette répression croissante contre les opposants et les médias indépendants alimente les craintes d’une restriction accrue des libertés fondamentales dans le pays.