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  • Mission de la Jica au Maroc : évaluation stratégique des ports de Tanger Med et Casablanca

    Mission de la Jica au Maroc : évaluation stratégique des ports de Tanger Med et Casablanca

    Le système portuaire marocain attire toujours l’attention des grands partenaires internationaux. L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a récemment détaillé le calendrier de son futur projet de coopération au Maroc dans son programme prévisionnel des marchés de consultants, publié le 24 juin 2026. D’après ce document officiel, une mission se déroulera du 2 septembre 2026 au 26 février 2027, suite à la publication d’un appel d’offres prévue le 1er juillet 2026. L’objectif : évaluer les perspectives de développement des ports de Tanger Med et de Casablanca, ainsi que l’ensemble du système portuaire national.

    Le document indique que Tanger Med et Casablanca sont les ports majeurs du Maroc, au centre des réseaux logistiques mondiaux, et qu’ils gèrent près de 98% du commerce extérieur du royaume. Cette situation donne aux infrastructures portuaires marocaines un rôle stratégique dans les chaînes d’approvisionnement entre l’Europe, l’Afrique et les autres grands marchés.

    L’engagement de la JICA ne se limite pas à une simple expertise technique. Le cahier des charges reflète la volonté d’accompagner un système portuaire qui devra appuyer les prochaines phases de la croissance économique du Maroc.

    Le document rappelle que la stratégie portuaire marocaine cible une amélioration des infrastructures, leur digitalisation, leur décarbonation, et le renforcement de la position du Maroc en tant que plateforme entre l’Europe et l’Afrique. La mission aura pour tâche d’évaluer les progrès accomplis et de déterminer les ajustements nécessaires pour suivre l’évolution des échanges mondiaux.

    Cette démarche montre que la compétitivité des ports ne dépend plus seulement de leurs capacités physiques. Elle repose aussi sur leur capacité à intégrer les nouvelles normes environnementales, numériques et technologiques qui transforment peu à peu le transport maritime international.

    Anticiper les besoins du commerce de demain

    Une grande partie des travaux se concentrera sur les mutations à venir des flux commerciaux. Les experts devront élaborer des prévisions de trafic de marchandises, étudier les projets d’extension, analyser les plans d’aménagement et évaluer l’organisation de la gestion portuaire.

    Le mandat inclut aussi une analyse des institutions impliquées, des responsabilités de chaque partie prenante, ainsi que des liaisons terrestres et maritimes qui connectent les ports marocains aux grands marchés européens et africains. L’objectif est de s’assurer que les infrastructures existantes correspondent aux besoins futurs de l’économie du pays.

    Cette analyse devra aboutir à une stratégie de développement assortie d’un plan d’exécution pour améliorer la cohérence entre investissements, gouvernance et évolution des échanges commerciaux.

    La transition écologique est au cœur de cette mission. Les consultants devront inventorier les politiques déjà mises en œuvre dans les ports marocains, évaluer les mesures de réduction des émissions de carbone et les actions visant à améliorer l’efficacité énergétique des infrastructures.

    Parallèlement, la JICA exige une analyse détaillée de la numérisation des opérations portuaires. Le document prévoit d’étudier la digitalisation de la gestion portuaire, la synchronisation des arrivées de navires suivant le concept de «Just in Time», les systèmes de cybersécurité et les mesures pour atteindre la neutralité carbone.

    Cette alliance entre digitalisation et optimisation des opérations a pour but de fluidifier les escales, diminuer les temps d’attente des navires et accroître l’efficacité générale des plateformes portuaires.

    Un partenariat technologique renforcé avec le Japon

    Enfin, la mission a une importante dimension prospective. Au-delà du diagnostic, la JICA devra repérer les secteurs où une coopération avec le Japon apporterait une valeur ajoutée.

    Le mandat inclut la création d’une liste de projets pouvant utiliser des équipements, des solutions numériques et des technologies japonaises pour améliorer l’exploitation des ports marocains et accélérer leur décarbonation. Une phase pilote permettra ensuite de tester certaines solutions avant de les présenter aux autorités marocaines lors d’un atelier spécifique.

    Le document indique également que l’étude fera appel à des experts en planification portuaire, transformation numérique, décarbonation et cybersécurité. Avec 6,61 mois-personnes, cette mission reste pour l’instant un projet préparatoire dont le contenu peut encore changer avant la publication finale de l’appel d’offres.

    Outre son aspect technique, cette initiative montre l’intérêt que le système portuaire marocain éveille chez des partenaires internationaux de premier rang.

    En décidant d’évaluer à la fois les infrastructures, la gouvernance, les technologies numériques, les exigences environnementales et les perspectives de trafic, la JICA inscrit les ports marocains dans une réflexion à long terme sur leur capacité à suivre les transformations du commerce mondial et à renforcer le rôle du Maroc comme plateforme logistique entre l’Europe et l’Afrique.

  • Pourquoi Donald Trump mise sur le Cameroun en Afrique

    Pourquoi Donald Trump mise sur le Cameroun en Afrique

    Depuis son premier mandat, Donald Trump a profondément remodelé la politique étrangère des États-Unis pour faire face à la Chine, qu’il considère comme le principal rival de l’hégémonie américaine.

    L’administration Trump a fait de la réduction de la dépendance chinoise aux terres rares une priorité stratégique absolue. Pour mener cette offensive, elle s’appuie sur GreenMet, une société dirigée par Drew Horn. Ce dernier s’est rendu à Yaoundé il y a quelques mois pour une rencontre discrète. Ancien conseiller principal auprès du directeur du renseignement national sous Trump, Horn est la figure de proue d’un programme américain qui associe d’anciens proches du président, notamment Georges Sorial et Keith Schiller.

    ​Au cœur de cette stratégie, une délégation américaine de haut niveau a signé des protocoles d’accord (MoU) au Cameroun, dont le contenu n’a jamais été divulgué par le groupe américain. On sait toutefois qu’American Renaissance Minerals (ARM), liée à GreenMet, est désormais en première ligne sur le projet de nickel et de cobalt de Nkamouna. Les terres rares figurent également dans le viseur de Washington.

    ​Donald Trump tient tellement à son projet camerounais qu’il a contourné les restrictions du Congrès américain excluant le Cameroun de l’AGOA. Il s’appuie désormais sur la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) pour les accords commerciaux.

    ​Contrairement à la Chine, présente en RDC sur les minéraux stratégiques, les États-Unis, qui souhaitent investir dans la transformation pour réduire leur empreinte carbone, ont conditionné leur soutien au gouvernement à une transparence accrue dans les secteurs extractifs et juridiques.

    ​Les services de renseignement américains seraient intervenus après les révélations de l’ITIE sur les trafics illicites d’or ; Washington collabore avec Yaoundé pour dénoncer les acteurs de ce pillage.

    ​Et les États-Unis ne comptent pas s’arrêter là. La diplomatie américaine a réduit de plus de moitié le nombre de pays africains autorisés à délivrer des visas américains. Parmi les vingt pays retenus sur cinquante en Afrique figure le Cameroun. Sur le plan sécuritaire, en huit mois, le président Paul Biya a successivement reçu à Yaoundé le général Dagvin Anderson, alors commandant de l’AFRICOM, en septembre 2025, et le lieutenant-général John William Brennan Jr., commandant adjoint de l’AFRICOM, en mai 2026.

    ​L’amélioration du climat des affaires est une priorité pour Washington. « J’aimerais voir davantage d’entreprises américaines investir au Cameroun, nouer des relations commerciales et créer des partenariats, y compris des coentreprises. C’est bénéfique pour les deux pays : cela crée des emplois aux États-Unis, soutient l’industrie américaine et stimule l’économie camerounaise », déclarait Christopher Lamora en début d’année après un entretien avec Paul Biya.

    ​Washington entend relever le défi de la Chine, qui a investi plus de 700 milliards de dollars dans 49 pays africains.

    ​Selon certains observateurs, la stratégie de Trump vise à transformer le Cameroun, le Nigeria et le Kenya à l’image des « dragons d’Asie » (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour).

  • Coupe du monde 2026 : la Côte d’Ivoire se qualifie, Emerse Faé répond à Schweinsteiger, transfert record à 150 millions

    Coupe du monde 2026 : la Côte d’Ivoire se qualifie, Emerse Faé répond à Schweinsteiger, transfert record à 150 millions

    La nuit américaine du 26 juin a réservé son lot de surprises et d’émotions lors de la Coupe du monde 2026. La Côte d’Ivoire a confirmé sa montée en puissance, l’Équateur s’est réveillé, et un transfert record a secoué le mercato. Voici les moments forts.

    Les Éléphants confirment, l’Équateur se réveille

    Dans le groupe E, la Côte d’Ivoire a décroché la deuxième place qualificative, devançant l’Équateur et l’Allemagne. Emerse Faé s’est dit fier de ses joueurs : « On savait qu’on pouvait le faire, on savait que ce serait difficile. On l’a fait. En plus, on finit deuxième. On est contents, fiers, mais on voit encore plus loin. »

    L’Équateur, après deux premiers matchs délicats dont un nul contre Curaçao, a retrouvé des couleurs. Gonzalo Plata, artisan de la victoire, a déclaré : « C’est mieux ainsi. C’est une expérience enrichissante pour nous et nous allons aborder le prochain tour avec une soif de victoire encore plus grande. Cette équipe croit fermement en elle-même. »

    Emerse Faé tacle Schweinsteiger

    Le sélectionneur ivoirien a été interrogé sur les propos de Bastian Schweinsteiger, qui avait qualifié le football africain de « parfois peu orthodoxe, un peu sauvage, pas tout à fait aussi tactique » avant le match Côte d’Ivoire-Allemagne. Faé n’a pas mâché ses mots : « J’ai été déçu par l’homme quand j’ai entendu ces commentaires. Quand vous connaissez le foot comme lui, c’est bizarre d’avoir des propos de ce genre, qu’on peut qualifier sans langue de bois de racistes. Chacun a le droit de dire ce qu’il pense, mais je ne suis pas d’accord. Nous pouvons montrer sur le terrain que le foot africain, c’est aussi beaucoup de technique et de tactique. Je ne sais pas trop ce qu’il avait dans la tête… Le foot est comme ça, il y a beaucoup de consultants qui cherchent à faire le buzz. Maintenant qu’il est un peu dans l’anonymat, il essaie de faire parler de lui… »

    La vague orange submerge Kansas

    Les Pays-Bas ont terminé premiers de leur groupe après une victoire contre la Tunisie. L’ambiance était électrique à Kansas, où le maire Quinton Lucas s’est improvisé DJ pour enflammer la foule des supporters néerlandais. Sans mixer, il a parcouru la foule pour faire monter la pression, un grand moment pour un homme politique plus habitué aux discours qu’à la techno flamande.

    Transfert record : Elliot Anderson vers Manchester City

    À 23 ans, le milieu de terrain anglais Elliot Anderson suscite la convoitise des plus grands clubs. Manchester City aurait trouvé un accord avec Nottingham Forest pour un transfert estimé à 150 millions d’euros, un record en Premier League. L’international anglais, titulaire lors des deux premiers matchs du Mondial, devrait rapidement s’entendre avec les Mancuniens.

    Les Sud-Américains dominent les Européens

    Depuis le début de la compétition, les équipes sud-américaines ont remporté leurs quatre confrontations face aux Européennes. Le Paraguay a battu la Turquie (1-0), l’Argentine a dominé l’Autriche (2-0), le Brésil a écrasé l’Écosse (3-0) et l’Équateur a réalisé un exploit en battant l’Allemagne (2-1). L’Espagne et le Portugal tenteront de sauver l’honneur du Vieux Continent face à l’Uruguay et la Colombie.

    Les Bleus veulent rendre Deschamps fier

    À la veille du match contre la Norvège, Aurélien Tchouaméni a exprimé le soutien de toute l’équipe de France à Didier Deschamps, rentré en France pour les obsèques de sa mère. « Au nom de toute l’équipe de France, nous voulons présenter nos condoléances au coach et sa famille. Il nous a donné une mission. Notre objectif est de le rendre fier », a déclaré le milieu du Real Madrid.

    La Belgique prévenue par la Nouvelle-Zélande

    Les Diables Rouges affrontent la Nouvelle-Zélande, dernière du groupe avec un point, qui doit impérativement gagner pour espérer se qualifier. Le sélectionneur néo-zélandais Darren Bazeley a prévenu : « Après le tirage, nous étions contents de jouer la Belgique au dernier match. Nous pensions qu’elle serait déjà qualifiée avec 6 points et ferait tourner son effectif. Cela ne s’est pas passé comme ça. Ils n’ont peut-être pas encore réalisé les performances qu’ils voulaient, mais ils savent qu’ils risquent de rentrer à la maison s’ils ne gagnent pas. Il sera intéressant de voir comment ils réagissent. »

  • Mercato psg : randal kolo muani accepte l’offre de la juventus

    Mercato psg : randal kolo muani accepte l’offre de la juventus

    Le PSG, après son deuxième sacre consécutif en Ligue des champions, souhaite régénérer son effectif. Mais certains joueurs devraient quitter le club, à l’image de Randal Kolo Muani. L’attaquant de 27 ans aurait donné son accord à un grand club européen pour un transfert estimé à 40M€.

    Le mercato s’annonce animé du côté du PSG. Le club de la capitale veut renforcer l’équipe de Luis Enrique après le second titre en Ligue des champions. En parallèle, plusieurs joueurs devraient partir cet été. Gonçalo Ramos et Kang-In Lee ont été mentionnés, mais les dirigeants parisiens comptent surtout se séparer définitivement de Randal Kolo Muani. L’international français revient d’un prêt peu concluant à Tottenham. L’attaquant aurait toutefois donné son feu vert à un grand club européen pour son transfert.

    Kolo Muani a dit oui à la Juventus

    La Juventus serait passée à la vitesse supérieure pour Randal Kolo Muani. Les Bianconeri auraient trouvé un accord avec l’attaquant du PSG après plusieurs semaines de discussions. L’ancien de l’Eintracht Francfort aurait accepté de signer un contrat de cinq ans avec la Vieille Dame. Les dirigeants turinois auraient même reçu l’approbation de leur conseil d’administration pour finaliser cette opération.

    Le PSG a fixé son prix pour le transfert

    Reste à savoir si la Juventus parviendra à s’entendre avec le PSG. Les doubles champions d’Europe réclameraient environ 40M€ pour libérer Randal Kolo Muani. Le club italien semble proche du but pour ce transfert. L’attaquant de 27 ans avait laissé une bonne impression lors de son prêt en 2025. La Juventus souhaitait déjà le conserver, mais n’avait pas trouvé d’accord avec le PSG. Reste à voir si cette fois le deal aboutira. Affaire à suivre…

  • La RDC se constitue partie civile au procès des généraux Tshiwewe et Numbi

    La RDC se constitue partie civile au procès des généraux Tshiwewe et Numbi

    La République démocratique du Congo a officiellement demandé à se constituer partie civile dans le cadre du procès opposant l’Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) à plusieurs hauts gradés, dont les généraux d’armée John Numbi et Christian Tshiwewe, ainsi qu’à sept autres officiers supérieurs et à Pascal Nyembo.

    L’annonce a été faite par un collectif d’avocats lors de l’audience du jeudi 25 juin 2026 devant la Haute Cour militaire. Cette séance, brève, a également été marquée par l’intégration du lieutenant-général Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, dans la composition des juges.

    Interrogé par la presse à l’issue de l’audience, Maître Jean Mupira, avocat au barreau de Kinshasa/Gombe et membre du collectif, n’a pas souhaité entrer dans les détails. Il a toutefois précisé que, le moment venu et selon l’évolution du dossier, l’opinion publique sera informée des motifs ayant poussé la RDC à se constituer partie civile.

    « Il est de bon droit que la République démocratique du Congo se constitue partie civile afin de démontrer l’étendue des préjudices subis et de solliciter la condamnation des prévenus au paiement de dommages-intérêts proportionnels aux dégâts causés », a déclaré l’avocat au nom du collectif devant la Haute Cour militaire.

    Les prévenus doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation graves : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi qu’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

    Cette deuxième audience n’a duré que quelques minutes. Selon le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, le renvoi est motivé par des raisons d’État liées à l’indisponibilité de certains membres de la composition. Ce report doit également permettre aux différents collectifs de la défense de déposer les mémoires relatifs à leurs clients. L’affaire a été renvoyée au 9 juillet 2026 pour la prochaine audience.

    La première audience, présidée par le même magistrat, avait permis à la juridiction militaire d’identifier les prévenus. Plusieurs d’entre eux étaient présents et assistés de leurs avocats : le général d’armée Christian Tshiwewe Songesa, le général d’armée John Numbi Banza Ntambo (en fuite), le général-major Maurice Nyembo Kufi, le général de brigade Chinyabuuma Kamukinde, le général de brigade Ngoy wa Kabila John, le général de brigade Sangwa Muhemedi John, le colonel Mukombozi Zahinda Guy, le colonel Sangwa Lumbu Pathy, le colonel Tshinabo Kenge Christophe (en fuite), et Pascal Nyembo Muyumba (en fuite), ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).

    En revanche, le général John Numbi, Pascal Nyembo Muyumba et le colonel Tshinabo Kenge Christophe n’étaient pas présents à l’ouverture et sont considérés comme en fuite. L’auditeur général des FARDC a requis que le défaut soit retenu à leur égard, conformément aux articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire congolais.

    Ce nouveau procès s’ajoute à la liste des affaires judiciaires impliquant des hauts gradés des FARDC, dans un contexte marqué par la guerre d’agression menée par le Rwanda via la rébellion de l’AFC/M23 dans l’est de la RDC. Parmi les griefs généralement retenus figurent le complot, la trahison, l’exécution d’ordres illégaux et la violation de la loi dans l’exercice des fonctions.

  • Sénégal : des coupes budgétaires massives pour préserver l’équilibre financier

    Sénégal : des coupes budgétaires massives pour préserver l’équilibre financier

    Le gouvernement sénégalais met en œuvre des réductions budgétaires de plusieurs centaines de milliards de francs CFA afin de maintenir l’équilibre des comptes publics. Cette décision fait suite à la sous-performance du Plan de redressement économique et social (PRES), dont les recettes escomptées n’ont pas été atteintes. L’exécutif dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko cherche ainsi à combler un déficit budgétaire qui menace la trajectoire financière établie en début d’exercice.

    Un PRES en deçà des attentes de recettes

    Présenté comme le pilier de la stratégie de consolidation budgétaire du nouveau pouvoir, le PRES devait mobiliser des ressources supplémentaires pour réduire le déficit hérité et financer les priorités sociales. Cependant, les premières données comptables révèlent un retard significatif dans les rentrées fiscales et non fiscales programmées, fragilisant les hypothèses macroéconomiques de la loi de finances en cours.

    Ce manque à gagner oblige à des arbitrages. Plutôt que d’aggraver le déficit ou de recourir massivement à de nouveaux emprunts dans un contexte de hausse du coût de la dette, les autorités sénégalaises ont opté pour la rigueur. Concrètement, des centaines de milliards de francs CFA d’autorisations de dépenses sont gelées ou supprimées sur plusieurs ministères, afin d’aligner les sorties sur les entrées effectives.

    Un équilibre budgétaire sous tension à Dakar

    L’avertissement interne est clair : sans correction immédiate, l’équilibre budgétaire serait compromis. Cette formule, reprise dans les documents de cadrage, traduit l’urgence d’une réaction. Le Sénégal s’est engagé auprès de ses partenaires multilatéraux, notamment le Fonds monétaire international, à respecter des cibles strictes de déficit dans le cadre du programme en cours. Tout écart compromettrait les décaissements futurs et renchérirait l’accès aux marchés financiers internationaux.

    Le contexte régional pèse également. Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Dakar doit maintenir un déficit public sous la barre des 3 % du produit intérieur brut, une norme de convergence régulièrement rappelée par les institutions communautaires. Les révélations de septembre 2024 par la Cour des comptes sur l’ampleur réelle de la dette publique avaient déjà conduit le pays à renégocier ses relations avec les bailleurs. Les coupes annoncées s’inscrivent dans la continuité de cette mise en cohérence comptable.

    Des arbitrages politiques à fort enjeu pour Sonko

    Pour le tandem exécutif formé par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, l’exercice est délicat. Élus sur la promesse d’une rupture économique et d’une amélioration tangible des conditions de vie, ils doivent concilier orthodoxie budgétaire et attentes sociales fortes. Les coupes toucheront mécaniquement les dépenses d’investissement, plus facilement reportables que les dépenses de fonctionnement, mais aussi certains transferts. Plusieurs ministères verraient ainsi leurs enveloppes réduites dans des proportions inédites depuis plusieurs exercices.

    Cette trajectoire comporte un risque politique. Réduire les crédits d’infrastructures ou les subventions sectorielles dans un pays qui sort à peine d’une période d’instabilité institutionnelle peut nourrir le mécontentement. À l’inverse, laisser filer le déficit exposerait le Sénégal à une dégradation accélérée de sa note souveraine, déjà sous surveillance des agences. Moody’s et S&P Global Ratings observent attentivement la capacité du gouvernement à tenir ses engagements budgétaires.

    Reste la question du calendrier. Les coupes annoncées doivent produire leurs effets avant la clôture de l’exercice, ce qui suppose une exécution rapide des circulaires de gel et une discipline ferme des ordonnateurs. Le pilotage incombera notamment au ministère des Finances et du Budget, en lien étroit avec la Primature. La capacité à reconstruire les recettes en 2025, via une réforme fiscale plus efficace et une meilleure mobilisation des ressources internes, déterminera la durée de cette cure d’austérité.

    Au-delà du choc immédiat, ce nouvel épisode illustre l’étroitesse de la marge de manœuvre dont dispose réellement le Sénégal pour financer ses ambitions de transformation économique. Les arbitrages portent sur des centaines de milliards de francs CFA et visent explicitement à préserver l’équilibre budgétaire menacé par les contre-performances du PRES.

  • Julian Alvarez vers le Barça ? Pedri lance un appel du pied en pleine coupe du monde

    Julian Alvarez vers le Barça ? Pedri lance un appel du pied en pleine coupe du monde

    Le Paris Saint-Germain n’aurait pas totalement abandonné la piste Julian Alvarez, qu’il avait déjà explorée il y a deux ans avant que l’Argentin ne quitte Manchester City pour rejoindre l’Atletico Madrid. Mais cette fois, ce sont les Blaugrana qui pourraient contrarier les ambitions parisiennes. Une situation qui ravit Pedri, le milieu de terrain du FC Barcelone.

    Depuis plusieurs semaines, le feuilleton Julian Alvarez agite le mercato estival, ouvert le 15 juin et qui prendra fin le 1er septembre. L’international argentin, âgé de 26 ans, dispute actuellement sa deuxième Coupe du monde avec l’Argentine sur le continent américain. Bien qu’il soit sous contrat avec l’Atletico de Madrid jusqu’en 2030, l’attaquant des Colchoneros ne prévoit pas de retourner à Madrid une fois la Coupe du monde 2026 terminée.

    «Je pense que ce qui est le mieux pour tout le monde, c’est un transfert»

    Lundi, l’Argentine a décroché son ticket pour les 1/16èmes de finale de la Coupe du monde 2026 en battant l’Autriche (2-0). En zone mixte, Julian Alvarez a clairement exprimé ses envies de départ, laissant entendre que son souhait est de rejoindre le FC Barcelone. « Ce n’est pas le moment d’en parler, mais je ne peux pas non plus me cacher, j’essaie d’être une personne honnête. J’ai parlé avec les personnes de l’Atlético de Madrid et je pense que ce qui est le mieux pour tout le monde, c’est un transfert. Je veux réaliser mon rêve ».

    «J’espère que ce transfert pourra se concrétiser et si c’est le cas, alors tant mieux»

    Une mauvaise nouvelle pour le PSG, qui, comme lors de l’été 2024 avant son transfert à l’Atletico de Madrid, garderait un œil attentif sur la situation du buteur rojiblanco. D’autant que du côté du FC Barcelone, on déroule déjà le tapis rouge pour Julian Alvarez. Il suffit d’écouter les propos de Pedri lors d’un entretien télévisé : « Un transfert de Julian Alvarez au FC Barcelone ? Je pense qu’il faudra beaucoup de choses pour que ça arrive. Je ne veux pas me mêler des affaires du club, ni de celles d’un joueur. C’est vrai que j’adore Julian en tant que joueur et j’ai toujours dit que je voulais que les meilleurs joueurs soient au Barça. J’espère que ce transfert pourra se concrétiser et si c’est le cas, alors tant mieux ». Le milieu de terrain du FC Barcelone a lancé les hostilités. Reste à savoir si le Paris Saint-Germain réagira publiquement ou en coulisses pour tenter de faire pencher la balance en sa faveur dans la course à la signature d’Alvarez.

  • La Côte d’Ivoire, première économie subsaharienne notée à faible risque de surendettement par le FMI

    La Côte d’Ivoire, première économie subsaharienne notée à faible risque de surendettement par le FMI

    La Côte d’Ivoire devient la première économie d’Afrique subsaharienne à obtenir du FMI une notation de « risque faible » de surendettement, consolidant son statut de destination privilégiée pour les capitaux internationaux.

    À l’occasion d’un conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) tenu le 24 juin, l’institution a révisé à la hausse la notation de la dette ivoirienne, la faisant passer de « risque modéré » à « risque faible » pour la dette extérieure et la dette publique globale. C’est une première en Afrique subsaharienne, ce qui renforce la crédibilité financière d’Abidjan auprès des investisseurs. Le ministère ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget s’est félicité de cette évolution, qui marque « la rupture avec plus d’une décennie de classement en risque modéré depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en 2012 ».

    Cette décision vient récompenser deux années de consolidation budgétaire menées dans le cadre du programme avec le FMI signé en mai 2023. Elle traduit une capacité d’endettement renforcée grâce à une gestion proactive de la dette et une progression continue des recettes publiques. À fin 2025, la dette de l’administration centrale s’élevait à 33 159 milliards de francs CFA, soit 57,1 % du PIB, contre 59,5 % un an plus tôt.

    Les marchés financiers avaient déjà manifesté leur confiance : en février, la Côte d’Ivoire a levé 1,3 milliard de dollars via un eurobond à quinze ans, sursouscrit près de cinq fois avec un carnet d’ordres de 6,3 milliards de dollars. Le coupon de 5,39 % représentait alors le coût de financement le plus bas pour un émetteur subsaharien depuis cinq ans. Cette double reconnaissance – des marchés et désormais du FMI – confirme le statut de la Côte d’Ivoire comme signature souveraine de référence en Afrique subsaharienne.

  • Nkoemvone, vestige colonial au Cameroun : de la science à l’abandon

    Nkoemvone, vestige colonial au Cameroun : de la science à l’abandon

    Dans le Sud-Cameroun, à Nkoemvone, s’étend un vaste site de plus de trois cents hectares, dont seulement dix sont exploités. Traversé par une route bitumée, le lieu est jonché de bâtiments en ruine et signalé par une plaque indiquant qu’il s’agit de la « station polyvalente agricole de Nkoemvone », relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Les infrastructures sont très dégradées, mais la station reste partiellement active, notamment dans la recherche agronomique : la multiplication et la distribution de plants de cacaoyer constituent désormais l’activité principale.

    Ce site, créé en 1944, est l’un des témoins majeurs de la modernité coloniale. La « Station expérimentale de cacaoyer de Nkoemvone » illustre ce que l’historienne Hélène Blais appelle l’« objet-jardin » dans l’Empire colonial français, particulièrement au XXe siècle, où la reproduction végétale devient centrale. Moins connue que d’autres stations coloniales comme celle de Bambey au Sénégal, elle jouait néanmoins un rôle similaire : faire migrer, déplacer, introduire et relocaliser des plantes, en l’occurrence des variétés de cacao, dans le but de transformer les sociétés colonisées. Son histoire fut courte et ses ambitions se heurtèrent aux réalités du Cameroun indépendant.

    La crise économique et sociale de 1929, bien qu’atténuée en Afrique colonisée par le rôle protecteur de la métropole, entraîna un profond virage dans les politiques coloniales françaises. Elle mit fin à l’économie de traite et poussa l’État colonial à investir dans les infrastructures et les cultures d’exportation, tout en s’intéressant aux conditions de vie des colonisés. L’État colonial devint ainsi « développementaliste ». Cette dynamique fut confirmée lors de la conférence de Brazzaville du 30 janvier au 8 février 1944, présidée par Charles de Gaulle, qui visait à la fois à relancer l’économie française et à améliorer le sort des colonisés via un développement planifié.

    « Vulgariser des sujets bons producteurs »

    Sur le plan agricole, un discours dominant prévalait : les sociétés africaines étant perçues comme essentiellement paysannes, l’amélioration de leur condition passait par l’augmentation des rendements grâce à un investissement massif dans l’agriculture. Cette logique entraîna la multiplication des institutions de recherche agronomique dans tout l’Empire français, le Cameroun constituant un terrain d’observation privilégié. Par un arrêté du 8 juin 1944, le gouverneur du Cameroun français Eugène Paul Carras supprima le Conseil technique pour l’agriculture et l’élevage et le remplaça par trois services distincts : le Service d’agriculture, le Service de l’élevage et le Service forestier.

    Cette réorganisation, allant au-delà d’une simple mesure administrative, visait à doter l’agriculture d’un service entièrement dédié. Selon l’agronome Pierre Barthe, ancien chef du service d’agriculture du Cameroun, dans un rapport de 1946, ce nouveau Service d’agriculture était structuré en plusieurs sous-services. L’un d’eux était constitué prioritairement d’institutions de recherche agronomique, dont trois stations expérimentales situées à Dschang, Maroua et Nkoemvone. Toutes ces stations furent créées durant l’entre-deux-guerres, à l’exception de la station expérimentale de cacaoyer de Nkoemvone, fondée en 1944 à la suite des réformes du 8 juin. Elle est donc par excellence le produit de cette modernisation du colonialisme amorcée dès l’entre-deux-guerres.

    La station expérimentale de cacaoyer de Nkoemvone fut mise en place progressivement. Selon l’agronome Raymond Juliat, chef du service de l’agriculture en 1944, elle ne fit pas l’objet d’un texte officiel au départ et avait pour rôle « la sélection du cacaoyer en vue de ne vulgariser que les sujets bons producteurs ». En 1947, trois cents hectares furent réquisitionnés pour l’accueillir, mais les travaux de construction n’aboutirent pas, en raison d’un manque de main-d’œuvre et de matériel, ainsi que de « l’absence d’un plan d’ensemble ». Malgré ces difficultés, l’administration coloniale confirma en 1948 sa vocation à englober tous les travaux de recherche et d’expérimentation, avant de l’instituer officiellement par un texte réglementaire l’année suivante. Les travaux de construction furent alors lancés et financés par le fonds cacao.

    Une main-d’œuvre forcée ?

    Mais la mise en place de la station expérimentale de Nkoemvone se heurta à d’importantes difficultés pratiques. Comme le nota Jean Braudeau, directeur de la station, dans son rapport annuel de 1949, le manque de personnel empêchait de construire, d’aménager les routes, de créer une pépinière et 15 hectares de plantations. Il parvint toutefois à recruter quelques travailleurs intérimaires d’un village voisin, souvent rémunérés à la tâche. La question du caractère volontaire ou contraint de cette main-d’œuvre reste difficile à trancher : bien que le haut-commissaire Renée Hoffherr ait commencé à interdire le recrutement forcé à son arrivée en 1947, l’historien camerounais Léon Kaptué rappelle que l’administration française continua à mobiliser une main-d’œuvre forcée jusqu’en 1949.

    Pour attirer des travailleurs au-delà de la région, l’administration coloniale fit le choix de construire des logements au sein de la station, pratique courante des administrations coloniales, comme le rappelle l’historienne Gwendolyn Wright. Ces travailleurs devaient non seulement participer à la construction de la station, mais également aux activités de recherche agronomique.

    L’agronome Achille Pacilly, qui succéda en 1949 à Jean Braudeau à la tête de la station expérimentale, révéla qu’un camp de manœuvres fut d’abord établi, constitué de vingt cases en matériaux locaux. En 1956, cinquante-huit cases en matériaux définitifs furent construites, abritant quelques années plus tard 130 à 140 familles. L’avènement du camp des manœuvres avait ainsi résolu la question de la main-d’œuvre.

    Parallèlement à ces logements, des habitations destinées au personnel cadre furent également érigées. S’y ajoutèrent des laboratoires de recherche, l’adduction du site en eau potable et en électricité, la construction d’une infirmerie, ainsi que de nombreux aménagements d’envergure, tels que des pépinières et des jardins de collections des variétés de cacao. En somme, la station constituait un site où s’imbriquaient étroitement les espaces de vie et les espaces de recherche. L’aménagement de la station s’acheva en 1959, à la veille de l’indépendance du pays.

    Un instrument de propagande coloniale

    Au-delà d’un lieu de science, la station expérimentale de Nkoemvone fonctionna également comme un instrument de propagande coloniale pour l’administration française. Cette propagande s’inscrivait dans un contexte camerounais particulier, celui des années 1950, marquées par une répression violente exercée par l’armée française contre les nationalistes camerounais. Durant la première phase de ce conflit, dont la brutalité se manifesta en priorité en pays Bassa, dans le Sud-Cameroun cacaoyer, la station expérimentale de Nkoemvone devint un outil au service de la reconquête des esprits.

    André Boyer, journaliste et chef du service de propagande de l’administration française dans le pays, diffusa en 1958, auprès des populations, un film intitulé « Le Centre du cacaoyer de Nkoemvone », qui s’inscrivait dans un répertoire général de techniques visant, pour reprendre ses propres termes, « à faire revenir les égarés à la vie normale et à convaincre la masse de l’action réellement nationaliste et sincère du gouvernement camerounais ».

    La station expérimentale servit également à l’administration coloniale française pour exhiber ses bienfaits au Cameroun. En témoigne le Rapport de la Mission de visite des Nations Unies dans les Territoires sous tutelle de l’Afrique occidentale (1958) sur le Cameroun sous administration française. Les rédacteurs et les observateurs dépêchés par l’ONU inspectèrent la station le 19 novembre 1958 et déclarèrent : « (…) Les activités de cette station consistent essentiellement à sélectionner les meilleures variétés de cacaoyer et à produire des boutures pour les distribuer aux planteurs. On espère ainsi remplacer dans les plantations les arbres actuels dont le rendement est bas par des plants d’élite. La station a déjà donné de bons résultats. »

    Cet usage de la station comme instrument de propagande fut récupéré, à l’indépendance, par le gouvernement du premier président camerounais, Ahmadou Ahidjo, cette fois au service d’un rayonnement international. Ainsi, dans le rapport de la station couvrant les années 1961-1962, apprend-on que l’institution avait reçu les visites de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, de celui de l’Allemagne, ainsi que de trois chefs d’État africains : le Malgache Philibert Tsiranana, le Gabonais Léon Mba et le Tchadien François Tombalbaye. Vinrent également le directeur de l’École nationale d’administration de Paris et le directeur de la Banque mondiale pour l’Afrique, etc. Cependant, ce rayonnement international au service du gouvernement camerounais marqua aussi le début d’un déclin progressif.

    Une tutelle qui dure jusqu’en 1975

    Après les indépendances de 1960, les nouveaux États, dont le Cameroun, signèrent avec la France des conventions prévoyant « pour les recherches appliquées, un accord sur les programmes, un financement mixte pour le fonctionnement, un quasi-engagement de la France pour le financement des investissements et, dans ce cadre général, l’établissement de conventions particulières précisant les modalités d’implantation et de gestion des instituts spécialisés dont la présence serait jugée nécessaire ».

    Ces accords permirent à la France de continuer à administrer la station à travers, par exemple, la nomination des anciens agronomes coloniaux comme Jacques Liabeuf, directeur de la station. Comme le soulignèrent Jean Gaillard, Hocine Khelfaoui et Jean Nya Ngatchou, dans un texte paru en 2000, le nouvel État camerounais y trouvait son intérêt, pouvant ainsi concentrer ses moyens sur l’enseignement et la formation supérieurs, tout en laissant la recherche scientifique à la charge de la France. La tutelle française ne prit fin qu’en 1975.

    Dans les décennies suivantes, la station entra dans une période de déclin, aggravée par la crise économique et sociale des années 1980, qui affecta durement la recherche agronomique camerounaise, laquelle « connaît une grave situation financière et une modification dans la structure de son budget », entraînant une stagnation de la recherche en son sein.

    Des ambitions extractivistes devenues un obstacle

    La crise affectant la recherche agricole camerounaise s’étendit à l’ensemble de la recherche scientifique du pays. Durant sa phase la plus aiguë, de 1990 à 1996, « les programmes de recherche sur financement national sont arrêtés ; seuls les programmes et projets bénéficiant d’apports financiers extérieurs se sont poursuivis plus ou moins normalement, en raison des retards que connaît le paiement des salaires des personnels ». Cette situation entraîna une baisse du financement, un découragement des chercheurs lié à la dévaluation de leurs salaires, et l’abandon de nombreux programmes, dont ceux portant sur le cacaoyer à la station de Nkoemvone, où l’activité scientifique fut quasi à l’arrêt.

    Au tournant des années 1990, la station fut transformée en station polyvalente de recherche agronomique, placée sous la tutelle de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad), créé par décret présidentiel en 1996 et réorganisé en 2002. Cette restructuration n’améliora pas pour autant la situation de l’institution qui continua de se déliter. À la dégradation progressive causée par la crise économique vinrent s’ajouter des causes naturelles, aggravant l’état de délabrement de la station de Nkoemvone. Le 17 mars 2006, un violent orage détruisit les espaces réservés aux essais de plantes, endommagea le bloc administratif et ravagea de nombreux logements. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée.

    Paradoxalement, la superficie même du site, héritée des ambitions extractivistes de la station comme lieu de production des savoirs sur le cacao et de transformation de l’environnement, constitue désormais un obstacle à sa remise en état, faute de moyens suffisants. Cet état d’abandon relatif ne s’explique pas uniquement par le désengagement de l’État, justifié par les crises successives et les aléas naturels. Il révèle aussi plus profondément les contradictions d’un projet de modernité coloniale dont les ambitions démesurées et les imaginaires extractivistes se heurtent aux réalités autrement plus complexes de la période postcoloniale.

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  • Le Gabon met fin à l’accord de pêche avec l’Union européenne

    Le Gabon met fin à l’accord de pêche avec l’Union européenne

    L’Union européenne a répondu à la décision du Gabon de mettre un terme à l’accord de pêche qui les liait depuis 2007. Dans un message publié sur Facebook, le siège de l’organisation à Libreville indique être «disposé à aborder les préoccupations exprimées ces derniers mois de façon constructive et transparente».

    En juin 2025, le président Brice Oligui Nguema avait annoncé l’ouverture d’une «procédure de dénonciation unilatérale» de cet accord. Il estimait que ce partenariat était «profondément déséquilibré» et devait être renégocié.

    L’UE assure qu’elle est prête à négocier «un nouvel Accord de Partenariat de Pêche Durable, de nouvelle génération, ainsi qu’un nouveau protocole d’application mutuellement bénéfique». Bruxelles privilégie une approche tournée vers l’avenir pour «un cadre rénové, équilibré et efficace».

    Initialement signé en 2007, l’Accord de partenariat de pêche durable (APPD) permettait aux navires européens de pêcher dans les eaux gabonaises. Selon des sources gouvernementales, le président a notamment souligné que les recettes issues de cet accord ne compensent ni la valeur réelle des captures, ni les coûts supportés par l’État pour la surveillance et le contrôle, ni les pertes de valeur ajoutée liées à l’absence de transformation locale.

    Le gouvernement a également dénoncé la faiblesse des investissements des partenaires dans le développement local, l’emploi ou le renforcement des capacités nationales, ainsi que les risques accrus de surexploitation des ressources halieutiques, en l’absence de mécanismes partagés de transparence et de suivi scientifique.

    L’APPD a été renouvelé plusieurs fois, la dernière fois en 2021 pour une durée de cinq ans. Sa valeur globale est estimée à environ 17 milliards de francs CFA (environ 26 millions d’euros), selon le ministère gabonais des Affaires étrangères.

  • Pierre Emmanuel Binyam : Maurice Kamto reste incontournable pour le MRC

    Pierre Emmanuel Binyam : Maurice Kamto reste incontournable pour le MRC

    Pierre Emmanuel Binyam estime que d’autres personnalités pourraient prendre les rênes du MRC, mais que dans le contexte actuel, Maurice Kamto demeure l’homme de la situation.

    Lors de son passage dans l’émission « Entretien avec… » sur STV, le président de la Commission de clarification et de restauration du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Pierre Emmanuel Binyam, a livré une analyse nuancée sur la direction du parti.

    « Il n’y a pas que Maurice Kamto pour gérer le MRC, mais en l’état actuel des choses, nous avons besoin de Maurice Kamto », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi la nécessité de la présence de l’ancien candidat à la présidentielle à la tête du parti.

    Interrogé sur les supposées contestations suscitées par le retour de Maurice Kamto à la direction du MRC, Pierre Emmanuel Binyam a balayé ces rumeurs. « Parlant de contestations sur le retour de Maurice Kamto, je vous ai clairement dit que ça n’existe pas. Aucune instance n’a ouvert le débat sur son retour. Au contraire, des motions ont été signées pour demander urgemment son retour », a-t-il insisté.

    Ces propos interviennent dans un contexte politique camerounais marqué par des tensions internes au sein de l’opposition et des questionnements sur l’avenir du MRC. Pierre Emmanuel Binyam réaffirme ainsi la légitimité de Maurice Kamto tout en ouvrant la porte à une possible évolution future.