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  • Mali : la junte face à la dénonciation de Volker Türk sur la dérive autoritaire

    Mali : la junte face à la dénonciation de Volker Türk sur la dérive autoritaire

    Une situation politique alarmante au Mali

    Le Haut-Commissaire aux droits humains de l’ONU, Volker Türk, a récemment alerté sur la dégradation accélérée de la situation politique au Mali. Selon lui, le pays s’enfonce dans une logique de plus en plus autoritaire, où les libertés fondamentales des citoyens sont menacées. Cette évolution inquiétante s’accompagne d’une concentration des pouvoirs entre les mains du général Assimi Goïta, chef de l’État depuis 2020.

    Des réformes constitutionnelles controversées

    Depuis le coup d’État qui a renversé l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, plusieurs mesures ont été adoptées pour renforcer l’emprise du pouvoir en place. Volker Türk souligne que ces changements juridiques rendent toute élection démocratique improbable à court ou moyen terme. Notamment, une loi adoptée le 8 juillet dernier permet au général Goïta de prolonger son mandat indéfiniment, « jusqu’à la pacification du pays ». Par ailleurs, un décret présidentiel a dissous l’ensemble des partis politiques et organisations à caractère politique, une décision qualifiée de « violation flagrante du droit des Maliens à participer aux affaires publiques ».

    Répression et arbitraire : les opposants dans le viseur

    La répression s’intensifie contre toute forme de dissidence. L’ancien Premier ministre Moussa Mara, figure de l’opposition, en a fait les frais : arrêté le 1er août pour « atteinte à la crédibilité de l’État », il est accusé d’avoir exprimé son soutien à des détenus d’opinion sur le réseau social X. Volker Türk dénonce une « instrumentalisation de la justice pour museler les voix critiques » et s’inquiète de l’augmentation des arrestations arbitraires touchant tous les milieux sociaux.

    Violences et insécurité : un climat explosif

    Le Mali reste également en proie à des attaques djihadistes menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et par Daech. Ces groupes terroristes, actifs aux frontières du Burkina Faso et du Niger, justifient les opérations militaires de l’armée malienne, soutenue par les mercenaires de l’Africa Corps (ex-Groupe Wagner). Cependant, ces interventions ciblent aussi les populations civiles, avec des centaines d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées signalées depuis avril.

    Pour les Nations Unies, la combinaison d’une transition politique bloquée et d’une répression généralisée risque d’aggraver l’instabilité et de plonger le Mali dans un cycle de violences prolongées. Volker Türk appelle à une restauration urgente des libertés fondamentales et du processus électoral pour éviter une crise durable.

  • Burkina Faso : la criminalisation des relations homosexuelles marque un tournant

    Burkina Faso : la criminalisation des relations homosexuelles marque un tournant

    Le 1er septembre, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a promulgué une législation classifiant les relations homosexuelles consenties comme une infraction pénale. Cette décision représente une régression significative pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT). Dorénavant, les individus reconnus coupables d’homosexualité s’exposent à des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, assorties d’amendes.

    Cette nouvelle disposition légale compromet gravement les droits fondamentaux des personnes LGBT à la non-discrimination et au respect de la vie privée. Son adoption s’inscrit dans un contexte plus large de restriction des libertés civiques et politiques, caractérisé par une forte répression exercée par la junte militaire à l’encontre de l’opposition politique, des médias et de toute forme de contestation pacifique.

    Jusqu’à présent, le Burkina Faso se distinguait par l’absence de législation criminalisant les relations consensuelles entre adultes de même sexe. Contrairement à de nombreux pays africains, le Code pénal burkinabè n’était pas un héritage colonial interdisant spécifiquement la sodomie.

    La clause de criminalisation, intégrée au sein du Code des personnes et de la famille, a été adoptée à l’unanimité par les 71 membres de l’Assemblée. Elle prévoit des sanctions, incluant des peines de prison et des amendes, pour les « comportements […] de nature à promouvoir les pratiques homosexuelles et pratiques assimilées ».

    Le ministre de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, Edasso Rodrigue Bayala, a justifié cette législation en affirmant qu’elle répond aux « aspirations profondes de notre société » et qu’elle témoigne d’un « respect des valeurs culturelles » nationales.

    Cette décision de la junte burkinabè, qui criminalise les relations consensuelles entre personnes de même sexe, est en contradiction directe avec ses engagements internationaux, notamment ceux découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Il est à noter que des décisions judiciaires récentes dans d’autres nations africaines, telles que le Botswana, Maurice et la Namibie, ont statué que les lois pénalisant les comportements homosexuels violaient les droits à la vie privée et à la non-discrimination des individus LGBT.

    Au-delà de la violation des droits humains essentiels, de telles lois tendent à exacerber la violence et les abus à l’encontre des personnes LGBT. En 2014, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) avait déjà exhorté les États membres de l’Union africaine à « mettre un terme aux actes de violation et d’abus » visant des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

    En conséquence, il est impératif que le président de la junte du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, s’abstienne de ratifier le Code des personnes et de la famille dans sa forme actuelle. Il devrait plutôt le soumettre à une révision parlementaire afin d’assurer qu’il respecte pleinement les droits à la non-discrimination et à la vie privée de tous les citoyens burkinabè, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.

  • Liberté syndicale au Niger : dissolution illégale et répression des syndicats judiciaires

    Liberté syndicale au Niger : dissolution illégale et répression des syndicats judiciaires

    Dissolution et répression des syndicats du secteur judiciaire au Niger : une violation des libertés fondamentales

    Tingey Injury Law Firm / Unsplash

    L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dénonce avec fermeté la dissolution de cinq syndicats du secteur judiciaire nigérien. Ces décisions, prises par le ministre de l’Intérieur le 7 août 2025, s’accompagnent de la radiation de deux magistrats leaders du Syndicat autonome des magistrats du Niger (Saman), pour avoir critiqué ces mesures. L’Observatoire exige l’annulation immédiate de ces décisions et le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté syndicale et d’association, conformément aux engagements internationaux du Niger.

    Le 7 août 2025, le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur du Niger, a signé cinq arrêtés dissolvant les principaux syndicats du secteur judiciaire : le Saman, l’Union des magistrats du Niger (Uman), le Syndicat national des agents de justice (Snaj), le Syndicat des cadres et agents techniques du ministère de la Justice (Syncat) et le Syndicat indépendant des magistrats du Niger (Siman). Ces arrêtés, dépourvus de toute justification écrite, ont été pris sans base légale solide.

    Le lendemain, le ministre de la Justice, Alio Daouda, a justifié ces mesures lors d’un point de presse, évoquant des « dérives répétées nuisant au bon fonctionnement du service public » et accusant les syndicats de privilégier des « intérêts personnels ». En réaction, le Saman et l’Ordre des avocats du Niger ont organisé une grève les 14 et 15 août 2025 pour protester contre ces dissolutions.

    Selon l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), ces dissolutions violent le Code du travail nigérien et les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiées par le Niger. L’ordonnance N°84-06 de 1984, invoquée par le gouvernement, ne s’applique qu’aux associations à but non lucratif et non aux syndicats, qui relèvent d’un cadre juridique distinct. Ces décisions sont donc juridiquement nulles et inopposables.

    Face à cette répression, les autorités nigériennes ont sanctionné deux figures majeures du Saman. Le 14 août, le président Abdourahamane Tiani a radié Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane, secrétaire général du syndicat, pour avoir critiqué les dissolutions et réclamé un droit de réponse. Le 15 août, Moussa Mahamadou, secrétaire général adjoint, a subi le même sort, après avoir dénoncé la radiation de son supérieur et appelé à une grève générale. Ces sanctions, prises en moins de 24 heures, illustrent une volonté d’intimidation du pouvoir judiciaire.

    Ces mesures portent atteinte à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice, piliers de la démocratie. Elles violent la liberté syndicale, garantie par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) (article 22), la Charte de la refondation du Niger (article 36) et les conventions de l’OIT (Conventions n°87 et n°98). L’Ordre des avocats du Niger a également alerté sur le risque de compromission de la liberté d’expression et du droit à la défense.

    L’Observatoire souligne que ces dissolutions s’inscrivent dans un contexte plus large de restriction des libertés au Niger. Depuis des mois, les défenseurs des droits humains, comme Moussa Tchangari, sont victimes d’arrestations arbitraires et de détentions prolongées. Ces agissements menacent gravement l’état de droit et la démocratie.

    L’Observatoire appelle les autorités nigériennes à révoquer immédiatement les arrêtés de dissolution et à réintégrer Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane et Moussa Mahamadou dans leurs fonctions. Il exige également la fin de toute forme de harcèlement envers les syndicats et les défenseurs des droits humains, et le plein respect des libertés syndicales et d’association, conformément aux engagements nationaux et internationaux du Niger.

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  • Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

    Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

    Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

    La junte militaire au Burkina Faso a pris une décision radicale en début de semaine en déclarant persona non grata Carol Flore-Smereczniak, principale représentante des Nations Unies dans le pays. Cette mesure intervient après la publication d’un rapport critique de l’ONU dénonçant les violations des droits des enfants dans un contexte de conflit armé persistant.

    une expulsion qui s’inscrit dans une série de tensions avec l’ONU

    Carol Flore-Smereczniak devient la deuxième haute responsable onusienne expulsée par les autorités burkinabè en trois ans. En 2022, Barbara Manzi, alors coordinatrice résidente, avait subi le même sort, illustrant une intolérance croissante envers toute forme de surveillance extérieure. Le porte-parole de la junte accuse la responsable d’avoir contribué à la rédaction du dernier rapport onusien, qui met en lumière des violences graves commises à l’encontre de mineurs.

    un rapport accablant sur les atteintes aux droits des enfants

    Le document de l’ONU révèle des chiffres alarmants : entre juillet 2022 et juin 2024, 2 483 violations graves ont été recensées, touchant 2 255 enfants. Parmi ces actes, on compte des meurtres, des enlèvements, mais aussi le recrutement forcé d’enfants par des groupes armés et des forces de sécurité. 65 % des abus seraient imputables à des groupes islamistes, tandis que les forces burkinabè et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) seraient responsables du reste.

    Le rapport souligne également une hausse inquiétante des attaques contre les écoles et s’alarme de la détention arbitraire d’enfants, souvent accusés à tort de liens avec des groupes armés. Ces pratiques ont été largement documentées par des organisations comme Human Rights Watch depuis 2016, mettant en évidence un climat de violence généralisé affectant les jeunes générations.

    une junte en désaccord avec les conclusions de l’ONU

    Les autorités burkinabè rejettent catégoriquement les conclusions du rapport, qu’elles qualifient de partiales et inappropriées. En mars 2025, le ministre des Affaires étrangères a vivement critiqué l’utilisation par l’ONU de termes comme « groupes armés non étatiques » pour désigner les groupes terroristes, ou encore la qualification des VDP de « milices ». En juillet, il a exigé un recentrage des interventions onusiennes au Burkina Faso, afin d’aligner leur action sur la vision politique du pays.

    une répression systématique des voix critiques

    Depuis le coup d’État de 2022, les militaires au pouvoir mènent une politique de répression contre les médias, l’opposition et les dissidents. Plutôt que de nier les abus, la junte devrait, selon les observateurs, collaborer avec l’ONU pour mettre un terme à ces violences. Un plan d’action conjoint pourrait ainsi être élaboré pour protéger les populations, en particulier les enfants, victimes collatérales d’un conflit qui s’éternise.

  • Libération de journalistes et d’un militant au Burkina Faso après des mois de détention illégale

    Libération de journalistes et d’un militant au Burkina Faso après des mois de détention illégale

    Libération après des mois de privation de liberté illégale

    Cinq journalistes et un militant des droits humains ont été libérés au Burkina Faso début juillet 2025, après avoir été illégalement enrôlés de force dans l’armée par la junte militaire. Ces libérations, bien que positives, soulèvent des questions sur le sort de plusieurs autres personnes portées disparues depuis 2024 sans aucune information sur leur localisation.

    Des arrestations liées à la critique du régime

    Le 24 mars 2024 à Ouagadougou, Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Phil Roland Zongo, membres de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), ainsi que Luc Pagbelguem, journaliste à la chaîne privée BF1, ont été arrêtés pour avoir dénoncé les restrictions imposées à la liberté d’expression par la junte au pouvoir. Leur conscription forcée a été confirmée par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 2 avril 2024, montrant trois d’entre eux en uniforme militaire.

    Quant à Phil Roland Zongo, sa conscription illégale n’a été rendue publique qu’au moment de sa libération. Son cas illustre l’opacité entourant ces pratiques répressives.

    Des disparitions forcées toujours non élucidées

    Le 18 juin 2024, Kalifara Séré, commentateur sur BF1 TV, a disparu après une réunion avec le Conseil supérieur de la communication (CSC), l’autorité de régulation des médias au Burkina Faso. Ce dernier avait exprimé des doutes sur l’authenticité de photographies du chef de l’État. En octobre 2024, les autorités ont confirmé son enrôlement forcé, tout comme celui de deux autres journalistes, Serge Oulon et Adama Bayala, dont le sort reste inconnu.

    Un autre cas inquiétant concerne Lamine Ouattara, membre du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), enlevé à son domicile par des hommes en civil se prétendant membres des services de renseignement. Des proches ont confirmé son enrôlement illégal.

    Une stratégie de répression systématique

    Human Rights Watch a documenté l’utilisation par la junte d’une loi d’urgence pour réprimer les voix critiques. Cette loi permet d’enrôler de force des journalistes, des militants des droits humains et même des magistrats, afin de les faire taire. Pourtant, la conscription légale doit respecter des règles strictes : informer les conscrits de la durée de leur service et leur offrir la possibilité de contester cette obligation.

    Les autorités burkinabè doivent mettre fin immédiatement à ces pratiques illégales et libérer toutes les personnes encore détenues arbitrairement. La conscription ne doit plus servir d’outil de répression contre les médias et les opposants.

  • Mauritanie : les véritables défis du dialogue national selon la société civile

    Mauritanie : les véritables défis du dialogue national selon la société civile

    Un dialogue national centré sur l’inclusion et la refondation de l’État

    Le dialogue national en Mauritanie, piloté par Moussa Fall, mise sur une participation élargie de la société civile. L’objectif ? Garantir une gouvernance inclusive et renforcer la légitimité des décisions prises. Ce processus s’annonce crucial pour façonner l’avenir du pays.

    Les propositions du think tank Mauritanie Perspectives

    Amadou Doudou Diallo, ancien responsable du Bureau Organisation et Méthode (BOM) à la présidence, souligne le rôle clé du document produit par Mauritanie Perspectives. Ce texte plaide pour un dialogue de rupture avec les anciennes méthodes. Il insiste sur l’importance d’un moment de partage entre toutes les forces vives de la société mauritanienne. L’enjeu ? Une refondation de l’État face aux défis majeurs du pays. Pour y parvenir, il est essentiel de mettre en place un mécanisme de suivi pour appliquer les recommandations et décisions. La société civile, en tant qu’intermédiaire entre les dirigeants et les citoyens, joue un rôle central dans ce processus.

    L’engagement du CERIM dans le dialogue

    Houssein Dieng, administrateur du Cadre d’Échanges en République Islamique de Mauritanie (CERIM), un espace de débats, salue l’initiative du président. Pour lui, le dialogue est une arme pacifique pour résoudre les contradictions et les antagonismes. Le CERIM y contribue activement, en abordant des sujets sensibles comme le passif humanitaire et l’esclavage, deux enjeux majeurs pour l’avenir de la Mauritanie.

  • La drépanocytose au Niger : initiatives et espoirs pour une meilleure prise en charge

    La drépanocytose au Niger : initiatives et espoirs pour une meilleure prise en charge

    La drépanocytose au Niger : initiatives et espoirs pour une meilleure prise en charge

    Imaginez l’impact qu’une simple analyse sanguine pré-mariage pourrait avoir sur des vies. Au Niger, la drépanocytose, une maladie génétique héréditaire et souvent méconnue, continue d’affecter des milliers d’enfants chaque année, engendrant une souffrance silencieuse pour de nombreuses familles.

    Le médecin-colonel Mariam Boureima Djibo, directrice du Centre National de Référence de la Drépanocytose (CNRD), témoigne de la détresse vécue par certains parents, contraints d’abandonner leur enfant faute de moyens pour les médicaments essentiels. Cette réalité souligne l’urgence d’un soutien médical et social renforcé pour les patients atteints de drépanocytose au Niger.

    La drépanocytose au Niger : une prévalence préoccupante

    Bien que des données nationales exhaustives manquent, les signaux d’alerte dans diverses régions du Niger sont clairs. La drépanocytose survient lorsque l’enfant hérite du gène défectueux de ses deux parents (forme homozygote SS). La haute prévalence de porteurs sains, souvent inconscients de leur statut, contribue à la persistance de cette maladie génétique. Pour cette raison, le dépistage prénuptial et le conseil génétique sont des outils essentiels pour la prévention de la drépanocytose, permettant aux couples à risque de prendre des décisions éclairées. Le CNRD joue un rôle pivot dans la promotion de ces pratiques à l’échelle nationale.

    La Dre Mariam Boureima Djibo insiste sur l’importance de garantir l’accès aux soins pour tous, indépendamment de la situation économique. Cette conviction a guidé le CNRD vers des actions concrètes : plaidoyer pour la gratuité de certains médicaments, renforcement de l’assistance sociale et mise en place de dispositifs d’accompagnement pour les familles vulnérables.

    Des avancées significatives dans la prise en charge

    Parmi les initiatives phares du CNRD, un programme pilote de dépistage néonatal de la drépanocytose a été lancé à la Maternité Issaka Gazobi. Ce programme a permis d’identifier précocement des nouveau-nés affectés, ouvrant la voie à une prise en charge rapide et adaptée. Comme le souligne la Dre Marie Ousseini, pédiatre impliquée dans le projet : « Détecter la drépanocytose dès les premiers jours de vie, c’est offrir à ces enfants une chance réelle de vivre mieux, plus longtemps, et avec moins de souffrance ».

    Ce dépistage s’intègre dans une stratégie de lutte contre la drépanocytose plus vaste, incluant la sensibilisation communautaire, la formation du personnel médical et l’accompagnement psychosocial des familles. D’autres actions essentielles sont mises en œuvre, telles que le suivi médical régulier, la subvention des médicaments, l’éducation thérapeutique, le soutien psychologique et une collaboration étroite avec les associations de patients.

    Réalisations et perspectives d’avenir du CNRD

    Sous la direction de la Dre Mariam, le CNRD a enregistré des progrès notables. Ces réalisations comprennent la création d’une salle de soins intensifs, le recrutement de spécialistes (psychologue, épidémiologiste, réanimatrice), l’acquisition d’équipements de pointe, une sensibilisation accrue et le dépistage gratuit de plus de 2 000 jeunes en 2024.

    Les projets à venir sont ambitieux et visent à renforcer davantage la prévention et les soins de la drépanocytose au Niger :

    • Extension du dépistage prénuptial à toutes les régions.
    • Amélioration du système d’information sanitaire.
    • Renforcement de l’accompagnement psychosocial.
    • Intégration de la drépanocytose dans les politiques nationales de santé.
    • Construction d’un nouveau centre de référence à Niamey.
    • Organisation tournante de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose.

    La drépanocytose n’est pas une fatalité. Des solutions concrètes et accessibles existent, mais elles nécessitent un engagement actif de tous les acteurs sociaux. La lutte repose sur des leviers essentiels : le dépistage préventif de la drépanocytose avant le mariage, l’information des enfants par leurs parents, la sensibilisation des communautés par les leaders locaux, et l’engagement des décideurs en faveur de politiques de santé inclusives et durables.

    L’appui essentiel de l’OMS au Niger

    L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est un partenaire crucial du CNRD dans cette lutte. À l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose, célébrée le 19 juin 2024, l’OMS a fait un don significatif de médicaments et de consommables médicaux au centre, renforçant ainsi la prise en charge des patients. Mme Asmaou Salifou, mère de trois enfants drépanocytaires sur huit, a exprimé sa profonde gratitude pour cette aide vitale.

    Au-delà de ce soutien matériel, l’OMS s’engage à renforcer les capacités du CNRD. Lors d’une visite le 28 janvier 2025, le Représentant intérimaire de l’OMS au Niger, Dr Casimir Manengu, a salué l’existence du centre et a suggéré sa décentralisation pour « pouvoir toucher tous ceux dans le besoin sur l’étendue du territoire national ».

    Selon le Dr Batouré Oumarou, l’OMS prévoit également d’appuyer la mobilisation de partenaires techniques et financiers, de mener des actions de plaidoyer en faveur du CNRD, et de soutenir la réalisation d’études scientifiques pour éclairer les prises de décision. Ces perspectives d’appui témoignent de la volonté de l’OMS Niger de renforcer durablement la lutte contre la drépanocytose au Niger.

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  • Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus

    Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus

    Disparition forcée de deux militants des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo toujours introuvables

    ©Balai citoyen

    Le Burkina Faso est aujourd’hui sous le feu des projecteurs en raison de la disparition forcée de deux éminents défenseurs des droits humains. Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du mouvement citoyen « Balai citoyen », ainsi qu’Amadou Sawadogo, cadre actif de ce même mouvement, ont été enlevés dans des circonstances troubles, laissant leurs proches et la communauté internationale sans nouvelles.

    Contexte des enlèvements : des militants ciblés pour leurs positions critiques

    Le Balai citoyen, créé en 2013, est une organisation qui milite pour une société plus juste et intègre au Burkina Faso. Ses membres, comme Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, s’engagent activement pour les droits humains et la démocratie dans un contexte politique de plus en plus répressif.

    Amadou Sawadogo a été convoqué à deux reprises au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou. Lors de son interrogatoire, il aurait été contraint de révéler les domiciles de deux autres militants, désormais en clandestinité. Il a disparu le 21 mars 2025, après sa dernière convocation, sans que les autorités ne fournissent d’explications sur sa localisation.

    Quant à Miphal Ousmane Lankoandé, il a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, à son retour d’une formation en Bénin. Des hommes se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les démarches de ses avocats auprès des institutions, aucune information n’a été communiquée sur son sort.

    À ce jour, Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo restent portés disparus, et leurs familles, ainsi que leurs collègues, ignorent tout de leur localisation.

    Un climat répressif croissant au Burkina Faso

    Ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de répression accrue contre les défenseurs des droits humains, les journalistes et les militants politiques au Burkina Faso. Plusieurs cas similaires ont été recensés ces derniers mois :

    • Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du Balai citoyen, arrêté en janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou, puis détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs ».
    • Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, enlevés de force et enrôlés dans l’armée burkinabè en février 2024, malgré une décision judiciaire les protégeant.
    • Plusieurs journalistes, dont Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, enlevés en mars 2025 et toujours portés disparus.

    L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains souligne que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie plus large de musellement de la société civile. Les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso ont notamment instauré des décrets permettant la réquisition de toute personne âgée de plus de 18 ans, un outil utilisé pour cibler les opposants et les militants.

    Appel à l’action : exiger la libération immédiate des deux militants

    L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exhorte les autorités burkinabè à :

    1. Garantir l’intégrité physique et psychologique de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, ainsi que de tous les défenseurs des droits humains au Burkina Faso ;
    2. Révéler sans délai le sort et la localisation des deux militants, leur permettre de contacter leurs familles et les libérer inconditionnellement ;
    3. Mettre fin à la pratique des disparitions forcées et à l’enrôlement forcé des défenseurs des droits humains et des journalistes ;
    4. Cesser tout harcèlement judiciaire à leur encontre et garantir leur sécurité pour qu’ils puissent poursuivre leurs activités légitimes ;
    5. Respecter les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux normes internationales.

    Voici les coordonnées des autorités à contacter pour exiger la libération des deux militants :

    Il est également recommandé de contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays pour exiger la libération des deux militants.

    Un appel urgent à la solidarité internationale

    Les disparitions forcées de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo rappellent la nécessité d’une mobilisation internationale pour défendre les droits humains au Burkina Faso. Chaque voix compte pour faire pression sur les autorités et exiger la fin de ces pratiques inacceptables.

    Pour soutenir la cause des défenseurs des droits humains, vous pouvez contacter l’Observatoire via :

    • Email : [email protected]
    • Téléphone (FIDH) : +33 1 43 55 25 18
    • Téléphone (OMCT) : + 41 22 809 49 39

    Ensemble, exigeons justice pour Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, et protégeons ceux qui se battent pour un Burkina Faso plus libre et plus juste.

  • Niger : deux ans de détention arbitraire pour l’ex-président Mohamed Bazoum

    Niger : deux ans de détention arbitraire pour l’ex-président Mohamed Bazoum

    L’ancien président nigérien toujours privé de liberté sans jugement

    Depuis deux ans, l’ex-président nigérien Mohamed Bazoum est maintenu en détention sans fondement juridique valable. Son arrestation, survenue lors d’un coup d’État militaire le 26 juillet 2023, s’accompagne d’une privation systématique de ses droits fondamentaux. Toujours détenu au palais présidentiel de Niamey, il n’a aucun accès à sa famille ni à une assistance juridique, tandis que son immunité présidentielle a été levée en 2024 pour permettre des poursuites politiques.

    Une détention qualifiée d’arbitraire par plusieurs instances internationales

    Les autorités nigériennes, dirigées par le général Abdourahamane Tiani à la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), font face à des condamnations unanimes. Human Rights Watch et l’ONU dénoncent une violation flagrante de l’État de droit, soulignant que la détention de Mohamed Bazoum et de son épouse Hadiza Bazoum constitue une atteinte directe aux droits humains.

    • En décembre 2023, la Cour de justice de la CEDEAO a ordonné la libération immédiate de l’ancien président après avoir reconnu sa détention comme arbitraire.
    • En février 2025, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a confirmé cette analyse, exigeant leur remise en liberté sans délai.
    • Malgré ces décisions, Mohamed Bazoum reste incarcéré, tandis que la junte a engagé une procédure pour le juger pour « haute trahison » et « atteinte à la sûreté nationale ».

    Des poursuites motivées par des raisons politiques

    Les allégations portées contre Mohamed Bazoum n’ont jamais été étayées par des preuves tangibles. Les experts en droits humains pointent une stratégie claire : discréditer l’ancien président et ses soutiens pour consolider le pouvoir de la junte. Reed Brody, membre de l’équipe de défense de Mohamed Bazoum, dénonce une « détention cruelle et illégale » qui prive l’ancien dirigeant de tout contact avec ses proches ou ses avocats.

    Les observateurs s’inquiètent des conséquences de cette situation sur la stabilité régionale. Le Niger, ancien bastion de la démocratie en Afrique de l’Ouest, s’éloigne chaque jour davantage des principes démocratiques, tandis que la junte multiplie les restrictions contre l’opposition, les médias et la société civile.

    Un processus judiciaire entaché d’irrégularités

    La levée de l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum en 2024 a ouvert la voie à un procès bâclé, marqué par des irrégularités procédurales. Sans audience préliminaire ni date fixée pour son jugement, l’ancien président est maintenu dans l’incertitude juridique la plus totale. Cette situation contraste avec les normes internationales exigeant un procès équitable et transparent.

    Le Niger s’isole sur la scène internationale

    La junte militaire a choisi de se retirer de la CEDEAO en janvier 2025, une décision qui affaiblit encore davantage sa légitimité. En maintenant Mohamed Bazoum en détention, elle envoie un signal alarmant : celui d’un pouvoir qui privilégie la force à la démocratie. Human Rights Watch alerte sur les risques de déstabilisation accrus dans une région déjà fragilisée par les coups d’État et l’instabilité politique.

    Pour Ilaria Allegrozzi, chercheuse spécialiste du Sahel, « chaque jour supplémentaire de détention éloigne le Niger de la démocratie et renforce l’image d’un régime autoritaire ». Les appels à la libération immédiate de Mohamed Bazoum, lancés par les Nations Unies et les organisations de défense des droits humains, restent pour l’instant ignorés par les autorités nigériennes.

  • Mali : crimes contre les peuls par l’armée et Wagner révélés

    Mali : crimes contre les peuls par l’armée et Wagner révélés

    Des exécutions sommaires et disparitions forcées ciblant les Peuls

    Depuis janvier 2025, l’armée malienne et ses alliés du groupe Wagner, soutenu par la Russie, sont accusés d’avoir commis des dizaines d’exécutions sommaires et de disparitions forcées contre des hommes issus de l’ethnie peule au Mali. Ces actes, documentés par des enquêtes approfondies, s’inscrivent dans le cadre d’opérations de contre-insurrection menées contre des groupes armés islamistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

    Un bilan humain accablant

    • 12 exécutions sommaires documentées depuis le début de l’année.
    • 81 disparitions forcées confirmées, dont 65 éleveurs et marchands peuls exécutés après avoir été rassemblés dans le village de Sebabougou (région de Kayes).
    • Des témoignages accablants dénonçant des tortures, des détentions arbitraires et des meurtres ciblés.

    Des accusations de collaboration avec les djihadistes

    Les forces maliennes et les mercenaires de Wagner justifient ces violences en accusant les Peuls de collaborer avec le GSIM, un groupe armé islamiste affilié à Al-Qaïda. Pourtant, ces allégations reposent souvent sur des généralisations dangereuses, mettant en péril une communauté entière. Les Peuls, traditionnellement éleveurs, sont depuis des années pris pour cible par les groupes djihadistes, qui cherchent à les recruter de force.

    « La junte militaire malienne porte une responsabilité directe dans les exactions commises par ses troupes et celles de Wagner », déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel. « Elle doit immédiatement mettre fin à ces abus, localiser les disparus et traduire les coupables en justice. »

    Une réponse internationale insuffisante

    L’Union africaine est appelée à renforcer ses efforts pour protéger les civils maliens. Malgré les multiples alertes, les mécanismes de protection restent inefficaces, notamment en raison du retrait du Mali de la CEDEAO en janvier 2025, qui prive les victimes de recours juridiques régionaux. Par ailleurs, la mission de l’ONU a quitté le pays en 2023, sur demande de la junte, aggravant les risques pour les populations.

    Les Nations Unies et plusieurs ONG ont confirmé les graves violations des droits humains, notamment des disparitions forcées et des meurtres extrajudiciaires, en violation du droit international humanitaire. Le Mali, signataire de la Convention contre les disparitions forcées et du Statut de Rome, est désormais sous surveillance accrue de la Cour pénale internationale (CPI).

    Des témoignages glaçants

    Les enquêtes menées par Human Rights Watch révèlent des scènes d’horreur dans plusieurs régions du Mali :

    • Kobou (région de Mopti, 23 janvier 2025) : 3 civils peuls exécutés, dont deux âgés de 65 et 75 ans, et 30 maisons incendiées. Les corps retrouvés avaient les yeux bandés et les mains liées.
    • Farana (région de Tombouctou, 26 mars 2025) : 4 hommes peuls battus à mort et leurs corps laissés dans une mare de sang près d’une rivière.
    • Sebabougou (région de Kayes, 12 avril 2025) : Au moins 100 hommes peuls arrêtés, dont 65 retrouvés morts près d’un camp militaire. Les survivants, transférés à Bamako, ont été libérés sans inculpation.
    • Belidanédji (région de Ségou, 30 mars 2025) : 6 civils peuls exécutés sommairement après des affrontements avec le GSIM. Deux autres hommes peuls ont été torturés et détenus au secret dans un conteneur militaire.
    • Sikere (région de Ségou, 14 mai 2025) : 4 hommes peuls abattus après avoir été accusés de liens avec les djihadistes.

    Meurtres et incendies à Kobou : les preuves des exactions

    Le rôle controversé du groupe Wagner

    Présent au Mali depuis 2021 sous couvert d’un accord bilatéral avec la Russie, le groupe Wagner a été accusé à plusieurs reprises de violer les droits humains, aux côtés de l’armée malienne. Bien que Bamako nie officiellement sa présence, des sources concordantes et des médias ont confirmé son implication dans des opérations militaires et des exactions. Depuis juin 2025, Wagner est progressivement remplacé par l’Africa Corps, une nouvelle force paramilitaire russe, sans que cela n’ait mis fin aux violences.

    Les attaques récentes du GSIM et des séparatistes touaregs, couplées au retrait de Wagner, ont aggravé l’instabilité au Mali, où 350 000 personnes ont été déplacées depuis 2012. La junte militaire, au pouvoir depuis 2021, continue de s’appuyer sur des alliances controversées pour mener sa lutte contre le terrorisme, au détriment des populations civiles.

    Un appel urgent à la justice

    Les experts et les ONG exhortent la communauté internationale à agir :

    • L’Union africaine doit faire pression sur Bamako pour qu’elle ouvre des enquêtes transparentes et poursuive les responsables.
    • La CPI pourrait lancer des poursuites pour crimes de guerre, compte tenu des preuves accumulées.
    • Les pays partenaires du Mali, notamment la Russie, doivent cesser leur soutien à des groupes impliqués dans des violations massives des droits humains.

    « Les hauts responsables maliens et russes ne peuvent ignorer leur responsabilité potentielle dans ces crimes », avertit Ilaria Allegrozzi. « Que l’Union africaine agisse ou que la CPI intervienne, leurs actes ne resteront pas impunis. »

    Contexte : le conflit malien et ses victimes

    Depuis plus d’une décennie, le Mali est en proie à une guerre asymétrique opposant l’État, soutenu par des groupes paramilitaires étrangers, à des factions djihadistes et séparatistes. Ces conflits ont fait des milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent. Les communautés peules, souvent stigmatisées, paient un lourd tribut à cette violence.

    Les Conventions de Genève et le droit international humanitaire interdisent formellement les exécutions sommaires, les disparitions forcées et la torture. Pourtant, ces interdits sont systématiquement bafoués au Mali, où l’impunité reste la norme.

  • Drépanocytose au Burkina Faso : le combat inspirant de dre gloria damoaliga berges

    Drépanocytose au Burkina Faso : le combat inspirant de dre gloria damoaliga berges

    Drépanocytose au Burkina Faso : le combat inspirant de Dre Gloria Damoaliga Berges

    Ouagadougou – Au Burkina Faso, la drépanocytose touche environ 4,63 % de la population, avec près de 2 % des nouveau-nés diagnostiqués avec la forme la plus sévère (SS). Ces chiffres révèlent une urgence sanitaire nécessitant une mobilisation collective et des solutions intégrées pour améliorer la prise en charge des patients.

    Engagée depuis plus de dix ans dans la lutte contre cette maladie, la Dre Gloria Damoaliga Berges, médecin et vice-présidente du Centre d’Initiative contre la Drépanocytose au Burkina Faso (CID/B), incarne une force motrice dans ce combat. Son parcours, marqué par des défis personnels et professionnels, illustre une détermination sans faille pour transformer la vie des drépanocytaires.

    Un engagement né de l’impuissance face à la souffrance

    Dès le début de sa carrière médicale, la Dre Berges a été confrontée à la réalité brutale de la drépanocytose, notamment chez les enfants et les jeunes patients. Les douleurs intenses et les complications de la maladie l’ont poussée à agir. En 2015, une opportunité décisive s’est présentée : elle a été sollicitée pour contribuer à la création d’une unité de référence dédiée à la prise en charge des drépanocytaires dans l’hôpital où elle exerçait. Cette expérience a marqué un tournant dans son engagement, renforçant sa volonté d’agir pour une meilleure prise en charge.

    Pourquoi la drépanocytose persiste-t-elle malgré les avancées ?

    La drépanocytose est une maladie génétique. Lorsque les deux parents sont porteurs du gène de l’hémoglobine S, chaque grossesse présente un risque de 25 % d’avoir un enfant atteint de drépanocytose majeure. Pourtant, beaucoup de couples ignorent leur statut génétique avant de concevoir un enfant, en raison d’un manque de sensibilisation ou de la négligence des bilans prénuptiaux. Sensibiliser la population à l’importance du dépistage précoce est donc une priorité absolue.

    Actions communautaires : briser les tabous et éduquer

    La méconnaissance de la drépanocytose au sein des communautés reste un obstacle majeur. Pour y remédier, la Dre Berges a mené des campagnes de sensibilisation et de dépistage dans tout le pays. Entre janvier et juillet 2024, elle a coordonné une initiative ayant permis de dépister près de 15 000 enfants dans cinq régions du Burkina Faso, en partenariat avec une ONG locale. Ces actions visent à éduquer la population, mais aussi à combattre les stigmates et les idées reçues associées à la maladie.

    Autres initiatives marquantes

    • Collaboration avec le groupe d’intervention en hématologie et le ministère de la Santé pour implémenter le dépistage néonatal dans les structures de santé.
    • Formation des professionnels de santé sur la gestion spécifique de la douleur chez les drépanocytaires.
    • Lancement du numéro vert gratuit « Drépa Minute » (80001350), accessible dans les langues locales, pour informer et soutenir les familles.

    Le CID/B, soutenu par des partenaires comme l’Agence Française de Développement, la Fondation Pierre Fabre et la Principauté de Monaco, travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, notamment la Direction de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles (DPCM). Ensemble, ils développent des projets visant à améliorer la prise en charge des patients.

    Une prise en charge globale et humaine

    Grâce au soutien de ses partenaires, le CID/B propose une prise en charge complète aux drépanocytaires, incluant :

    • Un accompagnement médical adapté.
    • Un soutien psychologique et psychosocial pour les patients et leurs familles.
    • Un appui socio-économique pour renforcer l’autonomie des patients.
    • L’orientation vers des structures de référence et l’organisation de groupes de parole.
    • Des activités génératrices de revenus pour améliorer la situation financière des patients.

    Le centre collabore également avec les mutuelles de santé et plaide pour l’opérationnalisation de l’assurance maladie universelle, afin de garantir un accès équitable aux soins pour tous.

    Progrès et défis : un bilan contrasté

    Grâce aux efforts conjugués des acteurs locaux et internationaux, la drépanocytose est désormais mieux reconnue dans les politiques de santé publique. Un plan stratégique national a été élaboré, et la sensibilisation s’est améliorée, tant auprès de la population que des professionnels de santé. De nombreuses formations ont été mises en place pour renforcer les compétences des soignants, et le dépistage précoce progresse.

    Cependant, des défis persistent :

    • L’accès limité au dépistage et au diagnostic dans les zones rurales.
    • La disponibilité insuffisante de médicaments essentiels comme l’hydroxyurée, les antidouleurs et les antibiotiques.
    • Les difficultés d’accès aux vaccins et à la prise en charge des complications.

    Pour la Dre Berges, il est temps que la voix des patients drépanocytaires soit enfin entendue. Elle insiste sur la nécessité d’investir davantage dans le dépistage néonatal et précoce, ainsi que dans l’amélioration de la prise en charge globale, en renforçant la coordination entre le ministère de la Santé et ses partenaires.

    Un combat pour la dignité et l’espoir

    Malgré les obstacles, la Dre Berges reste déterminée à poursuivre son engagement. « La lutte contre la drépanocytose est aussi une lutte pour la dignité et l’espoir », déclare-t-elle. Son parcours illustre comment une action individuelle peut inspirer des changements collectifs et transformer des vies.

  • Global gateway : un prêt de 20 millions d’euros pour booster l’économie bleue et l’inclusion financière en Mauritanie

    Global gateway : un prêt de 20 millions d’euros pour booster l’économie bleue et l’inclusion financière en Mauritanie

    Global Gateway : un partenariat clé pour l’économie bleue et l’inclusion financière des jeunes et des femmes en Mauritanie

    Un prêt de 20 millions d’euros, signé entre la Banque El Amana (BEA) et la Banque européenne d’investissement (BEI) via sa branche BEI Monde, vise à renforcer l’inclusion financière des femmes et des jeunes tout en développant l’économie bleue en Mauritanie. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, un projet ambitieux destiné à promouvoir une croissance durable et inclusive.

    Des financements ciblés pour les femmes et les jeunes

    Parmi les 20 millions d’euros alloués, 30 % des fonds sont réservés aux entreprises dirigées ou détenues par des femmes, tandis que 30 % supplémentaires visent à soutenir l’emploi des jeunes. Ces objectifs s’alignent sur les critères internationaux du Défi 2X, une initiative visant à autonomiser économiquement les femmes à travers le monde.

    En Mauritanie, malgré des progrès notables, l’accès des femmes au financement reste limité, notamment dans des secteurs porteurs comme la pêche ou l’agrotransformation. Ce partenariat vise donc à combler ce fossé en offrant des opportunités concrètes aux entrepreneuses et aux jeunes professionnels.

    L’économie bleue au cœur du développement mauritanien

    Ce financement soutient les chaînes de valeur des produits de la mer, un pilier stratégique de la coopération entre la Mauritanie et l’Union européenne. L’objectif est de promouvoir une pêche durable tout en renforçant la résilience des communautés locales.

    Les entreprises bénéficiaires devront s’engager à améliorer leurs pratiques et à obtenir des certifications environnementales, notamment auprès du Conseil d’intendance des mers (MSC). Une assistance technique sera également mise en place pour accompagner cette transition vers des pratiques plus durables.

    Les engagements des parties prenantes

    Mohamed Ahmed Salem Bouna Moctar, directeur général de la BEA, a souligné l’importance de ce partenariat : « Ce projet renforce notre rôle dans le développement de l’économie bleue en Mauritanie. Il illustre notre engagement en faveur d’une croissance durable, inclusive et innovante, au service de la jeunesse, des femmes et de la valorisation responsable de nos ressources naturelles. »

    Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, a ajouté : « En misant sur la pêche durable, nous contribuons à préserver les ressources naturelles tout en favorisant des chaînes de valeur plus résilientes et inclusives. Ce projet accorde une attention particulière à l’autonomisation des jeunes et des femmes, souvent sous-représentés dans l’accès au financement. »

    Jozef Síkela, commissaire européen aux partenariats internationaux, a salué cet investissement : « Grâce à ce prêt, nous approfondissons notre soutien à la pêche durable et à l’économie bleue en Mauritanie, tout en élargissant les opportunités pour les jeunes et les entreprises dirigées par des femmes. »

    Un partenariat aligné sur les priorités de l’Union européenne

    Cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway, qui vise à créer des connexions durables et fiables au service de la population et de la planète. Il s’appuie également sur le Fonds européen pour le développement durable Plus (FEDD+) et l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD) entre l’UE et la Mauritanie.

    L’Union européenne intervient en Mauritanie depuis plus de 50 ans, en soutenant des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’environnement, l’énergie et le secteur privé. Ce partenariat renforce encore l’engagement de l’UE en faveur d’une économie verte et bleue.

    La Banque El Amana, un acteur clé de l’inclusion financière

    Créée en 1996, la Banque El Amana (BEA) est une institution financière mauritanienne de premier plan. Elle propose une large gamme de services bancaires et joue un rôle moteur dans plusieurs secteurs stratégiques, dont la pêche, l’agroalimentaire et l’énergie.

    En 2023, la BEA a ouvert une agence bancaire dans le camp de réfugiés de Mbera, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), pour faciliter l’accès aux services financiers aux populations déplacées. Elle a également lancé Amanty, son portefeuille mobile, pour renforcer l’inclusion financière et réduire la dépendance au numéraire.

    BEI Monde : un partenaire stratégique pour le développement international

    La BEI Monde, branche spécialisée du Groupe BEI, a pour mission d’accroître l’impact des partenariats internationaux et du financement du développement. Elle vise à soutenir 100 milliards d’euros d’investissements d’ici 2027, dans le cadre de la stratégie Global Gateway.

    En collaboration avec d’autres institutions de financement et la société civile, la BEI Monde favorise des partenariats solides et ciblés, au service des populations, des entreprises et des institutions à travers le monde.

    Pour en savoir plus sur les priorités de l’Union européenne en Mauritanie, consultez le site dédié à l’initiative Global Gateway.