Publié aujourd’hui à 10h36 Lecture : 2 minutes.
Fichier généré le

Publié aujourd’hui à 10h36 Lecture : 2 minutes.
Fichier généré le

L’imam sunnite Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse respectée au Burkina Faso, a été arrêté mardi à Ouagadougou par des forces de sécurité. Cette interpellation intervient quelques jours après ses critiques virulentes contre un projet de loi encadrant les libertés religieuses dans le pays. Son arrestation a immédiatement suscité des réactions vives et provoqué des rassemblements dans la capitale burkinabè.
Selon des proches de l’imam et la Fédération des associations islamiques du Burkina Faso, l’interpellation a été menée mardi après-midi par des policiers et des militaires encagoulés. L’opération, survenue à la veille de l’Aïd al-Fitr, a dégénéré en affrontements avec des fidèles présents sur place. Plusieurs blessés ont été recensés lors de cette intervention, dont le bilan reste flou. La destination de l’imam après son arrestation reste également inconnue, alimentant les inquiétudes parmi ses partisans.
Deux jours avant son interpellation, un enregistrement audio de l’imam Mohamad Ishaq Kindo s’était largement répandu sur les réseaux sociaux. Dans ce message, il dénonçait un projet de loi adopté en mars dernier, qui selon lui, risquait d’entraver la pratique religieuse dans l’espace public. Le religieux mettait en garde les autorités contre toute velléité d’interdire les prières collectives et appelait à une réflexion approfondie avant toute décision pouvant restreindre les libertés fondamentales.
Quelques heures après l’arrestation de l’imam, des centaines de fidèles se sont rassemblés à Ouagadougou pour réclamer sa libération. Les forces de sécurité ont dispersé le rassemblement en utilisant des gaz lacrymogènes, sans qu’aucun bilan précis des interpellations ne soit communiqué. La Fédération des associations islamiques du Burkina Faso a appelé les musulmans à garder leur calme et à éviter toute escalade de violence, tout en exigeant des éclaircissements sur les conditions de détention de l’imam.

Publié aujourd’hui à 10h02 Lecture : 7 minutes.
Fichier généré le

À peine cinq jours après son départ forcé de la primature, Ousmane Sonko a été propulsé à la tête de l’Assemblée nationale du Sénégal. Dans le même temps, le président Bassirou Diomaye Faye a désigné un nouveau Premier ministre. Un changement de cap qui suscite des interrogations et des espoirs parmi les citoyens.
Sonko, dont le limogeage du poste de Premier ministre a marqué les esprits, retrouve son siège de député avant d’être élu à la présidence de l’Assemblée nationale. Une ascension qui n’a pas manqué de susciter des débats, notamment sur sa légitimité à reprendre son mandat parlementaire. La question juridique divise : son retour a-t-il été conforme aux règles en vigueur ?
Rappelons qu’il avait mené la liste victorieuse en 2024, mais avait choisi de rester à la primature plutôt que de siéger à l’Assemblée. Son éviction de la tête du gouvernement l’a contraint à réintégrer l’hémicycle, relançant ainsi les discussions sur le respect des procédures parlementaires.
Le président Bassirou Diomaye Faye a nommé Amadou Al-Aminou Lo au poste de Premier ministre. Ancien haut fonctionnaire et économiste chevronné, ce dernier occupe déjà une place centrale dans l’administration sénégalaise. Son parcours, marqué par son passage à la Banque centrale, en fait un choix stratégique pour affronter les défis économiques actuels.
Ce choix tranche avec les attentes d’un profil plus politique. Pourtant, son expertise en matière de marchés financiers et de politiques monétaires pourrait s’avérer décisive dans un contexte économique mondial difficile. Sonko a d’ailleurs souligné leur collaboration passée, mettant en avant sa connaissance approfondie des rouages de l’État.
Ousmane Sonko a salué la nomination d’Amadou Al-Aminou Lo, tout en regrettant l’absence de consultation du PASTEF. Une omission qu’il justifie par son statut de leader du principal parti politique du pays et de chef de la majorité parlementaire. Son discours laisse entrevoir une volonté de dialogue, bien que le choix du Premier ministre relève avant tout du président de la République.
Il a insisté sur l’importance de ne pas marginaliser le PASTEF, déclarant avec fermeté : « On ne peut pas faire du PASTEF sans le PASTEF. » Une phrase qui résume l’enjeu de cette transition : concilier les aspirations du parti au pouvoir avec les revendications de la majorité parlementaire. Les prochaines semaines diront si cette ouverture se concrétise, notamment à travers la composition du gouvernement.
Sonko a rappelé que les préoccupations des Sénégalais – économie, reddition des comptes et justice – doivent guider l’action publique. Pour lui, le débat ne porte pas tant sur les profils des ministres que sur l’adéquation des politiques avec les engagements pris. Plusieurs ministres issus de son gouvernement précédent pourraient être reconduits, mais leur maintien reste incertain.
Au-delà des nominations, c’est bien la cohérence entre les promesses électorales du PASTEF et la réalité des politiques menées qui sera scrutée par les citoyens. Une équation complexe dans un pays en quête de stabilité et de croissance.

Au Sénégal, l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale bouleverse l’équilibre institutionnel. Élu mardi 26 mai 2026, ce rival politique du président Diomaye Faye a pris position avec clarté : il ne souhaite pas « créer une crise institutionnelle », mais entend bien que l’Assemblée nationale ne devienne pas « une chambre d’enregistrement ». Une déclaration qui laisse planer le doute sur l’avenir de la cohabitation entre l’exécutif et le législatif.
La nomination d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale sénégalaise soulève des questions majeures sur la capacité du président Diomaye Faye à gouverner sereinement. Avec une majorité législative potentiellement hostile, le chef de l’État pourrait se heurter à des blocages institutionnels. Pourtant, l’intéressé a tempéré les craintes en affirmant que « la cohabitation peut être très difficile, mais elle peut également être paisible ». Une déclaration qui, bien que rassurante, ne suffit pas à dissiper les incertitudes politiques.
Les observateurs s’interrogent : cette cohabitation sera-t-elle un frein à l’action gouvernementale ou une opportunité pour un dialogue constructif entre les pouvoirs ? Mamadou Lamine Sarr, spécialiste des sciences politiques à l’université numérique Cheikh Hamidou Kane de Dakar, décrypte les enjeux de cette transition institutionnelle.
L’Assemblée nationale sénégalaise ne se contentera pas d’être un simple organe de validation. Ousmane Sonko a clairement indiqué qu’elle ne serait pas « une chambre d’enregistrement ». Cette posture pourrait conduire à des tensions avec l’exécutif, voire à des appels à une dissolution de l’Assemblée et à des législatives anticipées. Dans ce contexte, la question de la stabilité politique au Sénégal se pose avec acuité.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour comprendre si cette cohabitation sera source de blocages ou, au contraire, un terrain d’entente entre les différentes forces politiques.

Les stratégies de blocus imposées par les groupes armés dans le centre du Mali ne datent pas d’hier. Historiquement, ces territoires ont connu des encerclements similaires lors des conflits du XIXe siècle, comme ceux opposant l’État de Ségou ou le Califat de Hamdalahi. Pourtant, avec l’essor de la Katiba Macina, affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), cette pratique a évolué : elle n’est plus seulement une tactique militaire, mais un véritable outil de domination, façonnant les rapports de force et les dynamiques sociales locales.
Les recherches menées dans les régions de Mopti et de Bandiagara — notamment à Marébougou, Saye, Kori-Maoundé et sur le pont de Parou-Songobia — révèlent une réalité bien plus complexe qu’un simple siège. Ces zones subissent un contrôle systématique des routes, des marchés, des écoles et même des normes religieuses. L’objectif ? Rendre l’existence insupportable pour ceux qui refusent de plier. Le blocus devient ainsi une méthode de gouvernance par la terreur, où la privation des ressources essentielles sert à imposer une soumission forcée.
Les habitants de ces villages décrivent ces arrangements sous le terme benkan, un mot bambara évoquant un pacte ou un compromis. Pourtant, derrière ce vocable se cache une réalité brutale : des exigences unilatérales imposées sous la menace. Fermeture des écoles, versement obligatoire de la zakat sur les récoltes et le bétail, port imposé du voile pour les femmes, interdiction de la musique et restriction des cérémonies sociales — autant de mesures qui transforment la vie locale en un enfer quotidien. La prétendue négociation n’est qu’une façade pour masquer une relation de domination, où la violence et l’intimidation dictent les règles.
À Marébougou, dans le cercle de Djenné, la révolte éclate en 2021. Les villageois rejettent les diktats de la Katiba Macina, refusant notamment la fermeture des écoles et les prélèvements sur les ressources agricoles. Leur détermination s’explique par plusieurs facteurs : la présence régulière des forces de sécurité et l’appui d’un campement de chasseurs traditionnels, les donso. Pendant deux ans, l’engouement pour ces groupes d’autodéfense est palpable, certains y voyant une forme de résistance citoyenne contre les djihadistes. Pourtant, cette dynamique s’effondre en octobre 2021, lorsque les milices locales subissent une défaite cinglante face aux combattants de la Katiba.
Le blocus qui s’ensuit pendant six mois est total. Les marchés sont inaccessibles, les déplacements sur les axes routiers deviennent mortels, et les champs, autrefois fertiles, sont abandonnés. La pénurie atteint des niveaux extrêmes : le sel, une denrée habituellement abondante, vient à manquer. Après des mois de souffrances, Marébougou finit par accepter un benkan — non par adhésion, mais par nécessité. Ce n’est pas un choix, mais une capitulation forcée pour mettre fin à la famine qui décime la population. En échange, le village doit accepter des modifications profondes de sa vie sociale et religieuse, tout en voyant son économie locale s’effondrer.
À Saye, le blocus s’intensifie entre 2023 et 2025, plongeant le village dans un isolement presque total. Les habitants, qui se considèrent comme de « bons musulmans », refusent catégoriquement de se soumettre aux exigences de la Katiba. Leur résistance s’appuie sur les autorités traditionnelles et les jeunes milices locales, les donsow. Pourtant, la pression est insoutenable : les hommes sont confinés dans le village, tandis que les femmes, moins surveillées, tentent désespérément d’aller chercher de la nourriture en brousse. Mais cette liberté relative ne les protège pas de la violence structurelle du siège. Pire, Saye devient un refuge pour des déplacés d’autres villages, aggravant une crise humanitaire déjà explosive. Les besoins en nourriture et en médicaments explosent, tandis que les services publics, déjà fragilisés, sont submergés. Le blocus n’est plus seulement une tactique : c’est une arme de guerre psychologique et économique, conçue pour briser toute velléité de résistance.
À Kori-Maoundé, la situation est différente. Depuis 2018, ce village est sous l’emprise de Dan Na Ambassagou, un mouvement d’autodéfense radical qui rejette toute négociation avec les groupes djihadistes. Les autorités locales — chefs de village, imams et maires — appliquent une ligne dure, refusant tout dialogue avec la Katiba Macina. Résultat : le blocus se durcit, devenant de plus en plus punitif. Les attaques ciblées, les assassinats et les restrictions de circulation se multiplient. En 2024, l’accès aux champs est presque totalement interdit, et les déplacements sont devenus une entreprise risquée. Pourtant, malgré ces pressions, la population refuse de plier. La mémoire collective joue un rôle clé : Kori-Maoundé est un bastion historique de la résistance, notamment contre le colonialisme français, dont une bataille décisive a eu lieu dans la région en 1892. Pour les habitants, capituler reviendrait à trahir cet héritage de lutte. Mais cette détermination a un prix : les civils fuient vers des villes comme Bandiagara, Sévaré ou Bamako, ou survivent dans des conditions de plus en plus précaires sur place.
Dans ces villages sous blocus, l’école n’est pas qu’un lieu d’apprentissage : c’est un symbole de l’État, un espace de socialisation, et une promesse d’avenir pour les jeunes. Pourtant, la fermeture des écoles est devenue monnaie courante. À Kori-Maoundé comme à Marébougou et Saye, les enseignants ont fui, les classes sont vides, et les élèves dispersés. Ce n’est pas un dommage collatéral : c’est une stratégie délibérée pour affaiblir l’emprise de l’État et imposer un nouvel ordre, où l’administration est remplacée par des règles religieuses ou militaires. Lorsque l’école disparaît, c’est tout un avenir collectif qui s’effrite.
L’agriculture, pilier de l’économie rurale dans les régions de Ségou et de Mopti, est également en première ligne. Les champs deviennent inaccessibles, les récoltes sont brûlées ou saisies, et les cultivateurs sont pris pour cible. À Marébougou, seuls les terrains proches du village restent exploitables. Partout ailleurs, l’insécurité réduit drastiquement les surfaces cultivables, forçant les ménages à dépendre de ravitaillements extérieurs — qui, eux aussi, sont bloqués par le siège. L’élevage et le commerce de bétail, qui complètent les revenus agricoles, subissent le même sort : les troupeaux sont enlevés, les foires hebdomadaires deviennent dangereuses, et les femmes, souvent impliquées dans le petit commerce ou le maraîchage, voient leurs marges d’autonomie s’amenuiser. Le blocus ne détruit pas seulement des revenus : il anéantit les liens d’échange qui structurent ces territoires.
Pourtant, malgré l’horreur du blocus, une lueur d’espoir subsiste. Dans les trois villages étudiés, les habitants développent des stratégies de survie collective : partage de nourriture, mutualisation de l’eau, entraide médicale, répartition des tâches. À Saye comme à Marébougou, nombreux sont ceux qui soulignent un renforcement des liens communautaires face à l’adversité. Ces solidarités ne suppriment ni la faim ni la peur, mais elles retardent, au moins temporairement, l’effondrement total du tissu social. Elles rappellent une vérité souvent ignorée : les populations ne sont pas de simples victimes passives. Elles jouent un rôle actif dans leur survie, en créant localement des formes de protection face à l’absence de l’État.
Marébougou, Saye et Kori-Maoundé illustrent une réalité glaçante : le blocus au Mali est devenu une technologie de contrôle territorial. En maîtrisant les routes, les marchés, les écoles et les normes sociales, les groupes armés redéfinissent les conditions de vie quotidienne. Bien qu’ils n’occupent pas systématiquement tous les villages, leur influence s’étend, transformant le quotidien des populations en une lutte permanente pour la survie. Entre reddition forcée, résistance prolongée, refus de négocier ou fuite partielle, les réponses varient d’un village à l’autre. Mais une question reste universelle : comment vivre quand tout ce qui relie un territoire au reste du monde — routes, champs, écoles, marchés — peut être coupé du jour au lendemain ? Dans les régions de Ségou et de Mopti, le blocus ne cause pas seulement des pénuries. Il établit aussi un ordre politique fondé sur la peur.

Le stade Geoffroy-Guichard n’a pas vibré ce mardi soir. Saint-Étienne et Nice ont offert un spectacle anémique lors du barrage aller de Ligue 1 contre la Ligue 2 (0-0). En deux fois 52 minutes de jeu, aucune équipe n’a réussi à cadrer son tir. Avec un total de 0,41 xG – 0,11 pour l’ASSE et 0,30 pour les Niçois –, ce match s’inscrit comme le plus pauvre de l’histoire récente du football professionnel français depuis 2022.
Seuls deux autres matchs s’en sont approchés cette saison : Grenoble-Bastia (0,55 xG, 0-0 en septembre) et Toulouse-Strasbourg (0,56 xG, 1-0 en décembre). Le 12 décembre 2023, Metz-Brest (0-1) avait également frôlé ce record avec 0,54 xG, qualifié alors d’«exploit» par les observateurs.
Pour les Verts, l’absence totale de tentatives dans la surface adverse est un fait rare. Cette situation ne s’était produite qu’à deux reprises en vingt ans : en avril 2017 contre le Paris SG (0-5) et en décembre 2024 face à Marseille (0-2), toujours à domicile. Malgré cette panne offensive, l’ASSE affiche une solidité défensive remarquable, avec 15 clean sheets cette saison, devancée uniquement par les 18 du PSG.

Au Mali, les dynamiques sécuritaires évoluent. Les groupes armés, et notamment le JNIM, ne se contentent plus d’affrontements frontaux. Depuis des mois, leurs actions visent à fragiliser durablement l’État et ses structures, transformant le conflit en une épreuve d’endurance où chaque kilomètre de territoire devient un enjeu.
Les récentes offensives du JNIM et du Front de libération de l’Azawad contre les forces armées, les convois logistiques et les axes routiers ne sont pas anodines. Ces opérations, répétées et méthodiques, ne cherchent plus à conquérir des villes ou des bases militaires. Leur objectif est ailleurs : rendre certaines zones ingouvernables, couper les voies de communication et isoler les populations des services publics.
Les conséquences sont immédiates. Dans le centre et le nord du pays, les déplacements administratifs, commerciaux ou humanitaires deviennent de plus en plus risqués. Les administrations locales peinent à maintenir une présence stable, tandis que les populations se tournent vers des systèmes parallèles pour assurer leur survie. L’État malien, malgré ses efforts militaires, voit son autorité s’effriter dans les zones rurales.
Le cœur de la stratégie actuelle des groupes djihadistes repose sur la perturbation des flux : hommes, marchandises, carburant, ou encore agents de l’État. En ciblant les axes routiers et les convois, le JNIM et ses alliés ne visent pas seulement les militaires. Ils sapent les fondements mêmes de la souveraineté malienne.
Cette approche présente plusieurs avantages pour les groupes armés. D’abord, elle est peu coûteuse en termes de ressources humaines et matérielles. Ensuite, elle disperse les forces de sécurité, les obligeant à couvrir des zones toujours plus vastes. Enfin, elle installe une insécurité permanente, alimentant un sentiment d’abandon parmi les civils.
Dans certaines régions, la présence de l’État se limite désormais à des interventions ponctuelles et militaires. Les écoles, les centres de santé et les tribunaux, lorsqu’ils existent, fonctionnent de manière intermittente. Les populations locales, privées de services publics, se retrouvent livrées à elles-mêmes ou contraintes de négocier avec des acteurs armés pour accéder à des ressources vitales.
Depuis les coups d’État et le retrait des forces étrangères, le pouvoir malien mise sur une stratégie sécuritaire renforcée pour légitimer son action. Les partenariats militaires, notamment avec des acteurs comme Africa Corps, sont présentés comme un retour à la souveraineté. Pourtant, cette approche montre ses limites.
Une souveraineté ne se mesure pas uniquement à la capacité de mener des opérations armées. Elle repose aussi sur la possibilité de garantir la continuité territoriale, économique et administrative. Or, le Mali peine à concilier ces deux dimensions. Les opérations militaires, bien que nécessaires, ne suffisent pas à rétablir une présence étatique durable dans les zones reculées.
Le paradoxe est flagrant : plus l’État renforce sa posture militaire, plus certaines régions se fragmentent. Les services publics, les infrastructures et les institutions locales disparaissent progressivement, laissant la place à des dynamiques de survie où les groupes armés jouent un rôle croissant.
Le Mali n’est pas un cas isolé. Toute la bande sahélienne connaît une recomposition rapide des acteurs armés, des alliances locales et des circuits économiques. Les frontières poreuses entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger facilitent les mouvements de groupes jihadistes, qui exploitent les faiblesses étatiques et les rivalités communautaires.
L’alliance du G5 Sahel, bien que destinée à renforcer la coopération régionale, n’a pas permis de contrer efficacement la progression des groupes armés. Les réponses restent largement nationales, alors que les défis sont transfrontaliers. Le JNIM, par exemple, bénéficie d’une flexibilité territoriale et d’un ancrage local qui lui permettent de contourner les dispositifs de sécurité classiques.
Cette asymétrie joue en faveur des groupes armés. Leur capacité à s’adapter rapidement, à exploiter les réseaux informels et à s’insérer dans des économies parallèles leur donne un avantage stratégique. Ils ne cherchent pas nécessairement à contrôler entièrement un territoire, mais à en rendre l’administration impossible pour l’État.
Réduire la crise malienne à une simple confrontation armée serait une erreur. Les racines du conflit sont profondément sociales, économiques et territoriales. Dans de nombreuses zones rurales, les populations subissent un double abandon : celui de l’État et celui des institutions traditionnelles.
Les frustrations liées aux conflits fonciers, aux rivalités communautaires ou à la pauvreté structurelle créent des espaces de vulnérabilité que les groupes armés exploitent. Ils ne sont pas toujours à l’origine de ces tensions, mais savent les instrumentaliser pour recruter et étendre leur influence.
La question centrale n’est donc plus seulement militaire. Elle est politique : comment reconstruire une légitimité étatique dans des territoires où l’État n’apparaît plus que sous la forme d’interventions militaires ponctuelles ?
L’avenir du Mali se jouera probablement dans la capacité — ou l’incapacité — à reconstruire une présence publique stable en dehors des opérations sécuritaires. Une guerre d’usure ne détruit pas seulement des positions militaires. Elle érode les routes, l’économie, les administrations et, finalement, l’idée même d’un territoire gouverné.
Mourad Ighil


Moins de quatre jours après son éviction de la primature, Ousmane Sonko s’est imposé comme un acteur clé en devenant président de l’Assemblée nationale. Dans un discours marqué par l’audace, il a balayé d’un revers de main toute idée de « déshonneur » et mis en avant sa « légitimité populaire ».
Avec une fermeté peu commune, il a promis de ne pas instaurer de « blocage », de « vendetta personnelle » ou de « chaos institutionnel ». En revanche, il compte bien exercer un « contrôle strict » sur l’action gouvernementale et utiliser « tous les leviers de contre-pouvoir » à sa disposition si nécessaire.
Cette nouvelle dynamique dessine une cohabitation que certains qualifient d’« inédite ». Selon le politologue Ellimane Haby Kane, à la tête du think tank Legs Africa, Ousmane Sonko « met les manières » tout en cherchant à « contrôler l’exécutif ». Une posture qui pourrait rapidement se heurter aux ambitions du président Bassirou Diomaye Faye.
Le Pastef, parti d’Ousmane Sonko, reproche déjà au président Bassirou Diomaye Faye de ne pas avoir consulté les siens lors de la nomination du Premier ministre et de la composition du gouvernement. Un bras de fer s’annonce donc, comme en témoigne un communiqué publié mardi soir par le parti. Celui-ci évoque des échanges avec la présidence pour la formation du futur exécutif, tout en posant des conditions à sa participation.

Les Verts et les Aiglons se sont neutralisés lors d’un match aller sans éclat à Geoffroy-Guichard. La décision se jouera à Nice dans quelques jours.
Un match stérile, mais qui a passionné les supporters stéphanois. À Geoffroy-Guichard, l’AS Saint-Étienne, troisième de Ligue 2, et l’OGC Nice, seizième de Ligue 1, ont partagé les points (0-0) lors du barrage aller d’accession à l’élite. Une rencontre sans âme, où le score a reflété la médiocrité du spectacle.
Sur le terrain, les occasions ont été rares et peu concluantes. Les deux équipes ont cumulé onze tentatives, mais aucune n’a trouvé le chemin des filets. Malgré la pression du public local, les Verts n’ont pas su convertir leurs rares incursions dans la surface niçoise. Côté niçois, malgré l’absence précoce de Bouaddi, blessé à la tête, les Aiglons ont opposé une défense organisée, limitant les dégâts.
Les stéphanois, qui rêvaient d’un exploit devant leur public, ont été déçus. Leur incapacité à marquer, malgré quelques frappes de Clauss (25e), Davitashvili (58e) ou Boakye (60e), a douché les espoirs de progression. Nice, affaiblie par cette sortie forcée, n’a pas réussi à capitaliser sur leurs faiblesses.
Le match retour, prévu à l’Allianz Riviera, s’annonce électrique. Tout se décidera ce vendredi 29 mai : Saint-Étienne devra-t-il se contenter de la Ligue 2, ou parviendra-t-il à faire basculer la rencontre en sa faveur ? De son côté, Nice, déjà finaliste de la Coupe de France, devra montrer plus d’ambition pour éviter la relégation.

Le suspense reste entier après un match aller sans éclat entre l’AS Saint-Étienne et l’OGC Nice. Les deux clubs se sont quittés sur un score de parité (0-0) lors du barrage aller de Ligue 1/Ligue 2, disputé mardi soir. La décision finale sera donc à trancher ce vendredi lors de la manche retour, dans un stade Allianz Riviera fermé au public. Après 90 minutes, 120 minutes ou une éventuelle séance de tirs au but, le 18e club de Ligue 1 pour la saison 2026-2027 sera enfin connu.
Les 180 minutes de ce barrage aller n’ont pas suffi à départager les deux équipes. Les joueurs des Verts et des Aiglons, conscients de l’enjeu, ont adopté une approche défensive et prudente. Peu de moments créatifs, encore moins de buts : une rencontre terne, comme en témoignent les statistiques du match. Seuls 11 tirs ont été recensés, aucun n’a trouvé la cible, et le total des xG s’est limité à 0,41. Une performance loin de faire vibrer les supporters.
Dès le premier quart d’heure, l’arbitre Bastien a marqué le ton. Deux décisions non prises, pourtant claires selon les images : un contact sur Luan Gadegbeku (34e) et un pied haut de Lucas Stassin sur Peprah Oppong (41e). Aucune sanction n’a été infligée. Le match est resté dans un calme plat, sans aucune action notable.
La pause a permis aux deux équipes de se recentrer. Les supporters stéphanois, présents en masse, ont poussé leurs joueurs à tenter leur chance. Zuriko Davitachvili a frôlé l’ouverture du score (58e) avec une frappe brossée qui a trouvé le poteau. Augustine Boakye a ensuite tenté une volée puissante (60e), mais Yéhvann Diouf a su réagir. Maxime Bernauer a également marqué le match de son empreinte (66e). Malgré ces quelques sursauts, Nice est resté enfermé dans son propre camp, incapable de créer le danger.
Les Aiglons, privés de leur attaquant star Elye Wahi (suspendu) et poussés par un public en liesse, ont peiné à exister. Mohamed-Ali Cho, mis en avant par la tactique de Claude Puel, n’a jamais trouvé l’espace nécessaire pour briller. La paire Julien Le Cardinal-Maxime Bernauer a parfaitement verrouillé le milieu, rendant toute initiative niçoise vaine. Une prestation collective décevante pour les hommes de Philippe Montanier.
Dès la 10e minute, le match d’Hicham Boudaoui a basculé. Après un choc violent avec Abdoulaye Kanté, l’international algérien a quitté le terrain, la mâchoire touchée. Les images ont révélé l’ampleur de la blessure : une sortie immédiate, remplacée par Charles Vanhoutte. Alors que sa participation au match retour est déjà incertaine, cette blessure pourrait également impacter sa préparation pour la Coupe du monde avec l’Algérie, selon le protocole commotion en vigueur.
Ce vendredi, l’Allianz Riviera sera le théâtre d’un duel à huis clos. Peu importe le scénario, l’équipe qui décrochera la 18e place de Ligue 1 pour la saison prochaine sera connue. Que ce soit après 90 minutes, 120 minutes ou une séance de tirs au but, l’incertitude plane. Et même si le spectacle n’a pas été au rendez-vous lors de la manche aller, les supporters espèrent une fin de match plus palpitante.

La récente mission de Lansana Kouyaté, envoyé spécial de la CEDEAO auprès des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), a relancé le débat sur l’efficacité de la diplomatie régionale. Lors de son passage à Ouagadougou, il a plaidé pour une « coopération renforcée » auprès du capitaine Ibrahim Traoré. Son argument central repose sur une réalité incontestable : les liens humains et économiques entre les nations du Sahel transcendent les frontières politiques. Pourtant, cette approche, bien que pragmatique, se heurte à une défiance tenace, alimentée par des décennies de promesses non tenues de la part des autorités en place.
Le dialogue proposé par la CEDEAO mérite d’être salué. En privilégiant la négociation à l’escalade, l’organisation ouest-africaine démontre une volonté de stabiliser une région en proie à l’instabilité. Mais cette stratégie s’appuie sur des enjeux concrets, souvent ignorés dans les débats politiques.
• L’interdépendance économique régionale : Près de 75 % des échanges commerciaux des pays enclavés du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger) transitent par les ports des États côtiers de la CEDEAO. Une rupture brutale de ces flux condamnerait des millions d’habitants, déjà fragilisés par l’insécurité et la précarité. La CEDEAO a donc tout intérêt à éviter une confrontation qui pénaliserait les populations plutôt que les dirigeants. • La lutte contre le terrorisme : Les groupes armés ne se soucient guère des alliances politiques. Ignorer cette réalité reviendrait à affaiblir la lutte antiterroriste. La CEDEAO tente ainsi de préserver une coopération sécuritaire minimale, malgré les tensions actuelles.
Si l’intention de la CEDEAO est louable, son optimisme semble disproportionné. L’histoire des transitions politiques en Afrique de l’Ouest est marquée par une succession de engagements non respectés. Les régimes militaires de l’AES n’échappent pas à cette tendance, accumulant les promesses trahies envers leurs propres citoyens et la communauté internationale.
Les transitions au Mali et au Burkina Faso devaient initialement s’achever en 18 à 24 mois. Aujourd’hui, ces échéances ont été purement et simplement abandonnées, au nom d’un prétendu « impératif sécuritaire ». Cette volte-face illustre une stratégie de maintien au pouvoir, où la stabilité démocratique est sacrifiée sur l’autel de l’urgence sécuritaire.
La CEDEAO a déjà été confrontée à des accords signés puis dénoncés en quelques mois, sous prétexte de « souveraineté retrouvée ». Les traités d’intégration régionale, forgés sur plusieurs décennies, sont ainsi réduits à néant par des rhétoriques opportunistes. Négocier avec des partenaires qui considèrent le droit international comme une option relève d’une illusion dangereuse.
Le mépris le plus flagrant concerne les populations elles-mêmes. Les juntes du AES, arrivées au pouvoir en promettant sécurité et renaissance nationale, ont instauré un climat de répression :
En somme, l’État, censé protéger ses citoyens et garantir leurs libertés, bafoue quotidiennement ses devoirs fondamentaux.
La CEDEAO a raison de chercher à éviter un conflit ouvert. Maintenir des échanges économiques et techniques est vital pour la stabilité de la sous-région. Toutefois, cette médiation ne doit pas servir de caution à des régimes qui utilisent le temps des négociations pour consolider leur emprise sur le pouvoir.
Pour que le dialogue soit efficace, il doit s’accompagner de garanties tangibles et contraignantes. Sans cela, cette initiative ne fera que prolonger un cycle bien connu : celui des promesses éphémères suivies de désillusions amères. La CEDEAO doit rester ferme sur ses exigences, sous peine de devenir complice d’un statu quo qui mine la crédibilité de toute la région.