Condamnation de Succès Masra : la Cour suprême tchadienne confirme sa détention
La Cour suprême du Tchad a rendu sa décision ce 21 mai : elle confirme la condamnation de l’ancien Premier ministre et figure de l’opposition, Succès Masra. L’opposant tchadien reste donc incarcéré, malgré le rejet de son appel. Une annonce qui intervient dans un contexte de tensions politiques exacerbées à N’Djamena.
Un rejet de l’appel qui maintient Succès Masra en prison
L’avocat de Succès Masra, Me Francis Kadjilembaye, a confirmé l’issue de l’audience : « Malgré les arguments juridiques présentés, la Cour suprême a décidé de rejeter l’appel ». Arrêté en mai 2025, l’opposant tchadien avait été condamné en août 2024 à 20 ans de prison ferme pour « diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe » ainsi que pour « complicité de meurtre ». Une peine lourde qui suscite de vives réactions.
Une procédure jugée politique par les défenseurs des droits humains
L’organisation Human Rights Watch dénonce une procédure « à motivation politique » et souligne que la détention prolongée de Succès Masra reflète « l’intolérance du gouvernement face à la dissidence ». À N’Djamena, un important dispositif policier entourait la Cour suprême lors de l’audience. Plusieurs journalistes ont, selon des témoins, été empêchés d’assister aux débats.
Un climat politique explosif au Tchad
Cette décision intervient alors que le Tchad traverse une période de forte tension. Début mai, huit responsables de l’opposition ont été condamnés à huit ans de prison, notamment pour « insurrection ». Peu avant ces verdicts, les autorités ont dissous la principale coalition d’opposition. Les partis opposés au pouvoir dénoncent régulièrement des pressions et l’interdiction de manifester. Fin avril, un militant du parti Les Transformateurs, dirigé par Succès Masra, a été tué par les forces de l’ordre lors d’un rassemblement réclamant sa libération.
Un parcours politique marqué par l’opposition puis une brève alliance
Économiste formé en France et au Cameroun, Succès Masra s’était imposé comme l’un des principaux rivaux du président Mahamat Idriss Déby Itno avant d’être nommé Premier ministre en 2024. Lors de l’élection présidentielle de la même année, il s’était présenté contre le chef de l’État. Selon les chiffres officiels, Mahamat Déby avait obtenu 61,3 % des voix, contre 18,5 % pour Succès Masra, qui avait contesté ces résultats et revendié la victoire.
Sunderland – Chelsea : le choc de clôture en Premier League
La saison de Premier League touche à sa fin avec un match décisif opposant Sunderland aux Chelsea ce dimanche 24 mai 2026 à 17h au Stadium of Light. Un duel à enjeu où les deux formations tenteront de conclure leur exercice sur une note positive.
Les Black Cats, promus cette saison, visent une qualification européenne en terminant dans les sept premiers du classement. De leur côté, les Blues de Londres, en pleine reconstruction, cherchent à éviter une place en barrages de Ligue Conférence.
Un Sunderland ambitieux en quête d’histoire
Huit ans après leur relégation en Championship, Sunderland a connu une résurrection remarquable. Le club, autrefois englué dans le chaos sportif, a été repris par Kyril Louis-Dreyfus et Juan Sartori, qui ont insufflé une nouvelle ambition. Après avoir retrouvé l’élite en mai 2025, les hommes de Régis Le Bris ont marqué les esprits avec un mercato record, dépensant plus de 100 millions d’euros pour recruter Granit Xhaka, Enzo Le Fée, Brian Brobbey ou encore Nordi Mukiele.
Malgré un début de saison prometteur, les Black Cats ont subi un léger recul au printemps. Pourtant, leur victoire à Everton (1-3) la semaine dernière leur laisse une lueur d’espoir pour décrocher une place en Ligue Europa. Actuellement 10es, ils ne sont qu’à un point de la 8e place et deux de la 7e, synonyme de qualification directe.
Une performance historique serait au rendez-vous si Sunderland se qualifiait, car le club n’a participé qu’à une seule campagne européenne dans son histoire, lors de la Coupe des Coupes en 1973-1974. Le dernier match de la saison pourrait donc entrer dans la légende du Stadium of Light.
Composition probable de Sunderland :
Robin Roefs – Lutsharel Geertruida, Nordi Mukiele, Luke O’Nien, Reinildo Mandava – Granit Xhaka, Noah Sadiki – Trai Hume, Enzo Le Fée, Nilson Angulo – Brian Brobbey Entraîneur : Régis Le Bris
Quelques absences notables : Simon Moore (blessé), Daniel Ballard (suspendu), Romaine Mundle et Bertrand Traoré (incertains).
Chelsea en quête de stabilité après une saison chaotique
Les Blues abordent cette rencontre dans une situation délicate. Après des années de turbulence, le club londonien semblait enfin sur la bonne voie sous la direction d’Enzo Maresca, avec des titres en Ligue Conférence et Coupe du monde des clubs en 2025. Mais la saison 2025-2026 a été marquée par une série de contre-performances, avec sept matchs sans victoire en Premier League, dont six défaites.
L’instabilité a frappé à nouveau : Enzo Maresca a quitté le club en janvier, remplacé par Liam Rosenior, lui-même licencié après cinq revers consécutifs. À l’aube d’un nouveau départ avec Xabi Alonso, les Blues doivent sauver leur saison. Une 8e place les enverrait en barrages de Ligue Conférence, mais une 7e place leur offrirait une qualification pour la Ligue Europa.
Composition probable de Chelsea :
Robert Sánchez – Reece James, Trevoh Chalobah, Levi Colwill, Marc Cucurella – Moisés Caicedo, Andrey Santos – Pedro Neto, Cole Palmer, Enzo Fernández – João Pedro Entraîneur : Calum McFarlane
Plusieurs joueurs sont incertains : Estêvão Willian et Jamie Gittens (blessés), Mykhaïlo Mudryk (suspendu), ainsi que Malo Gusto, Roméo Lavia et João Pedro.
Où suivre le match en direct ?
En France, la rencontre sera diffusée sur CANAL+ Live 6 à partir de 17h, avec une disponibilité en streaming sur la plateforme digitale de CANAL+.
Un historique largement à l’avantage de Chelsea
Sur les 126 confrontations entre les deux clubs, Chelsea domine avec 61 victoires contre 43 pour Sunderland, et 22 matchs nuls. Cette supériorité s’est accentuée après le rachat du club londonien en 2003, tandis que les Black Cats traversaient une période de déclin.
Avant leur défaite à Stamford Bridge en octobre dernier (1-2), Chelsea avait remporté 10 des 14 derniers duels contre Sunderland, mais ces matchs remontaient à une époque où les deux formations n’évoluaient plus au même niveau.
Des joueurs ayant marqué l’histoire des deux clubs
Plus de trente joueurs ont porté les couleurs des deux formations. Parmi eux, Bertrand Traoré, formé à Chelsea avant de rejoindre Sunderland cette saison, incarne cette histoire commune. D’autres profils comme Marc Guiu, prêté par les Blues aux Black Cats, ou Marcos Alonso, symbole de réussite aux deux clubs, illustrent les liens entre les deux équipes.
Des légendes comme Boudewijn Zenden ou Tore André Flo ont également marqué l’histoire des deux formations, chacune à des époques différentes.
Les cotes avant le coup d’envoi
Victoire de Sunderland : 3,53 Match nul : 3,60 Victoire de Chelsea : 1,97
Les cotes sont fournies par Betclic et peuvent évoluer jusqu’au début du match.
Mali : quand la junte de Bamako vacille face à l’avancée des groupes armés
Un État malien sous pression : entre djihadistes, séparatistes et dépendance russe
Le Mali n’est plus seulement un pays en proie à des conflits internes. Il incarne désormais l’une des fractures les plus critiques du Sahel. La conjonction de plusieurs menaces – l’offensive des groupes djihadistes du JNIM, affilié à Al-Qaïda, les revendications indépendantistes du FLA dans l’Azawad, les tensions ethniques et l’effondrement économique – transforme cette nation d’Afrique de l’Ouest en un foyer de crise régionale. La junte militaire de Bamako, dirigée par Assimi Goïta, se retrouve aujourd’hui à gérer une situation où chaque victoire tactique se paie au prix d’une fragilité stratégique croissante.
L’offensive lancée le 25 avril 2026 marque un tournant : les attaques ne se limitent plus aux zones désertiques du Nord. Les groupes armés ciblent désormais les centres urbains, les bases militaires et les axes logistiques vitaux. Le résultat ? Un État malien réduit à une mosaïque de zones contrôlées, où la communication entre les différentes enclaves devient de plus en plus difficile. Bamako, autrefois considérée comme un bastion de stabilité relative, voit son autorité s’effriter sous la pression combinée des groupes armés et des défis internes.
La junte malienne face à l’illusion de la souveraineté
Le discours officiel de la junte promettait une reconquête totale du territoire, une expulsion de l’influence française et une alliance stratégique avec la Russie. Pourtant, ces promesses relèvent davantage du symbole que de la réalité opérationnelle. Si le départ des forces françaises a été possible, leur remplacement par des structures russes s’est révélé bien plus complexe. Les Russes, via des mercenaires comme Wagner, apportent un soutien militaire et une narration anti-occidentale, mais leur capacité à stabiliser l’ensemble du pays reste limitée.
La souveraineté malienne, telle que brandie par Bamako, se heurte à une réalité implacable : pour être effective, elle nécessite bien plus que des discours ou des défilés militaires. Elle exige une administration fonctionnelle, des routes sécurisées, des mines exploitées légalement, des écoles ouvertes et une armée capable de tenir le terrain. Or, ces conditions font cruellement défaut. La junte, bien que militarisée, peine à maintenir l’ordre même dans les zones sous son contrôle direct. Le pouvoir central, autrefois perçu comme un rempart, est désormais perçu comme une forteresse assiégée, de plus en plus isolée de ses propres périphéries.
Djihadistes et séparatistes : une alliance de circonstance aux conséquences dévastatrices
L’alliance récente entre le JNIM et le FLA ne doit pas être interprétée comme une fusion idéologique. Les djihadistes, avec leur projet de création d’un califat islamique, et les séparatistes touaregs, qui réclament une autonomie ou une indépendance pour l’Azawad, poursuivent des objectifs radicalement différents. Pourtant, dans le chaos actuel, cette convergence opérationnelle s’avère dévastatrice pour Bamako.
En saturant les défenses maliennes avec des attaques simultanées sur plusieurs fronts, ces groupes forcent l’armée à disperser ses ressources déjà limitées. Chaque base, chaque convoi, chaque détachement devient une cible potentielle. Les soldats malien, en première ligne, subissent une pression psychologique intense : la peur de l’encerclement, le manque de renforts et l’incertitude quant à la capacité de Bamako à les soutenir. Lorsque la population locale commence à douter de la capacité de l’État à la protéger, les groupes armés gagnent un avantage décisif. Ils ne cherchent pas nécessairement à remplacer l’État, mais à le rendre invisible là où il compte le moins.
L’armée malienne : entre usure et impossibilité de tenir le terrain
Les Forces armées maliennes (FAMa) font face à un défi structurel : défendre un territoire immense avec des moyens insuffisants. Les groupes armés, eux, n’ont pas besoin de contrôler durablement les villes. Ils peuvent frapper, disparaître et réapparaître ailleurs, laissant derrière eux un sentiment d’insécurité permanent. Les FAMa, en revanche, doivent tenir des positions, protéger les civils et assurer la continuité administrative. C’est un paradoxe bien connu des conflits asymétriques : l’État doit être partout, tandis que l’insurrection peut se permettre de n’être nulle part en particulier.
Une attaque sur une base clé comme Kati, ou la perte de figures majeures de l’appareil sécuritaire, aurait des répercussions bien au-delà du terrain militaire. Elle minerait la confiance dans le régime et pourrait accélérer la fragmentation de l’État. Bamako n’a pas besoin de tomber pour perdre. Il lui suffit de continuer à s’affaiblir, jour après jour, sous les coups répétés des groupes armés et des défis internes.
La présence russe : un rempart fragile face à la crise
Moscou a su se positionner comme une alternative crédible à l’influence occidentale au Mali. En fournissant des conseillers militaires, des mercenaires et une rhétorique anti-française, la Russie a offert à Bamako un soutien tangible. Pourtant, cette aide ne suffit pas à résoudre les problèmes structurels du pays. Protéger le régime en place n’équivaut pas à pacifier une nation entière.
La Russie, engagée par ailleurs dans un conflit coûteux en Ukraine, doit faire des choix stratégiques. Son projet africain, initialement conçu comme une opération à faible coût, se transforme peu à peu en un engagement de longue haleine. Les paramilitaires russes peuvent gagner des batailles, mais ils ne peuvent pas reconstruire un État. Ils peuvent intimider, mais ils ne peuvent pas gouverner. Le Mali, autrefois présenté comme une vitrine de la pénétration russe en Afrique, risque de devenir un piège stratégique où Moscou s’enlise progressivement.
Économie malienne en péril : l’or, les trafics et la survie de l’État
L’économie du Mali repose en grande partie sur l’exploitation de l’or, de l’agriculture et des flux informels. Lorsque la sécurité s’effondre, ce n’est pas seulement l’ordre public qui est menacé, mais aussi la base fiscale de l’État. Les mines d’or, qu’elles soient artisanales ou industrielles, deviennent des zones de compétition où chaque groupe armé cherche à imposer son contrôle. Les trafics, les extorsions et les taxes informelles se multiplient, privant Bamako de ressources vitales.
Les routes transsahariennes, artères économiques essentielles pour le commerce régional, sont également devenues des zones de non-droit. Leur contrôle permet aux groupes armés de taxer les convois, de rançonner les populations et de financer leurs activités. Lorsque l’État perd le contrôle de ces axes, il perd aussi la capacité d’influencer la vie quotidienne des Maliens. À défaut d’État, d’autres acteurs – djihadistes, trafiquants ou chefs locaux – s’installent durablement, créant une souveraineté de fait, mais sans légitimité.
L’Alliance des États du Sahel : une solidarité de façade face à des défis communs
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES) dans une volonté affichée de rompre avec l’influence occidentale et de renforcer leur souveraineté. Cette alliance, bien que symboliquement forte, se heurte à une réalité implacable : ses membres sont des États fragiles, avec des armées sous pression, des économies vulnérables et des institutions militarisées.
L’AES peut coordonner des déclarations communes et renforcer une rhétorique anti-occidentale, mais sa capacité à apporter une réponse concrète aux crises reste limitée. Si chaque État de l’alliance est vulnérable, comment peut-il garantir un soutien mutuel efficace ? L’alliance pourrait, au mieux, devenir une confédération d’urgences, où chaque membre tente de survivre sans pouvoir réellement s’entraider. La souveraineté, sans moyens concrets, reste un slogan creux.
Le départ de la France : un vide qui persiste malgré les promesses russes
Le retrait des forces françaises du Mali a marqué la fin d’un chapitre dans l’histoire du Sahel. Paris a payé le prix de ses erreurs passées, de son arrogance et de son incapacité à stabiliser la région. Pourtant, l’anti-françafrique ne suffit pas à garantir la sécurité. La Russie, qui a occupé l’espace laissé vacant, n’a pas apporté de solutions durables. Elle a offert une protection à Bamako, mais elle n’a pas résolu les problèmes fondamentaux du Mali : la gouvernance, la légitimité politique et la cohésion nationale.
Le départ de la France ne signifie pas l’avènement d’un nouvel ordre stable. Il ouvre plutôt une période d’incertitude où plusieurs puissances – la Russie, mais aussi la Chine, la Turquie ou les monarchies du Golfe – cherchent à étendre leur influence. Pour les Maliens, cette compétition entre acteurs extérieurs ne se traduit pas par une amélioration de leur quotidien. Bien au contraire, elle aggrave souvent les divisions et les tensions internes.
Trois scénarios possibles pour l’avenir du Mali
Le premier scénario envisage une guerre civile tripartite. Bamako conserverait la capitale et quelques villes clés, tandis que le JNIM contrôlerait des zones rurales et le FLA consoliderait sa présence dans l’Azawad. Le pays resterait formellement unifié, mais il serait en réalité fragmenté, chaque acteur dominant sa propre sphère d’influence.
Le deuxième scénario anticipe un effondrement interne de la junte. Les défaites militaires, les pertes parmi les dirigeants et le mécontentement au sein de l’armée pourraient provoquer des fractures internes. Dans un système où le pouvoir est issu de coups d’État, un nouveau coup d’État n’est jamais exclu. Une faction pourrait tenter de sauver le régime en sacrifiant certains de ses membres clés.
Le troisième scénario prévoit une sécession de fait du Nord. Même si elle n’est pas officiellement proclamée, cette région pourrait devenir une zone soustraite à l’autorité de Bamako. Elle serait alors gouvernée par une combinaison instable de forces touarègues, de groupes djihadistes, de trafics et d’acteurs extérieurs. Ce scénario s’apparenterait à une Somalie sahélienne, où l’État ne serait plus qu’une coquille vide, incapable d’exercer une souveraineté réelle.
Le risque pour l’Europe : un Sahel instable aux répercussions globales
L’Europe sous-estime souvent l’impact d’une crise au Mali. Pourtant, le Sahel est un enjeu majeur pour la sécurité, les migrations et l’influence géopolitique. Un Mali fragmenté aggraverait les défis européens : augmentation des flux migratoires, renforcement des groupes djihadistes, pression sur les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest et affaiblissement de la position de l’Europe dans la région.
L’Europe a commis deux erreurs majeures : avoir considéré le Sahel comme un simple problème de sécurité extérieure, puis avoir perdu en crédibilité sans proposer d’alternative politique viable. Les solutions passées – missions militaires, formation des armées locales – n’ont pas suffi. Pour stabiliser le Sahel, il faut bien plus : des institutions solides, une justice fonctionnelle, une économie résiliente et une légitimité retrouvée. Sans cela, même les meilleures intentions se heurtent à la réalité d’un État en déliquescence.
Le Mali comme miroir des défis mondiaux
Le Mali illustre une vérité douloureuse : changer de protecteur extérieur ne suffit pas à sauver un État. Les Français ont échoué à stabiliser le pays. Les Russes risquent de connaître le même sort. La junte malienne a brandi la souveraineté comme un étendard, mais cette souveraineté n’est qu’un mot vide de sens sans les capacités concrètes pour l’exercer.
Un État ne meurt pas toujours dans un effondrement spectaculaire. Il meurt souvent bien avant, lorsque les routes ne sont plus sûres, lorsque les écoles ferment, lorsque les villages paient des taxes aux groupes armés, lorsque les convois ne circulent qu’avec une escorte, lorsque les soldats doutent des ordres et lorsque la population cesse d’attendre quoi que ce soit de l’État. Le Mali est dangereusement proche de ce seuil. Et ce qui se joue aujourd’hui à Bamako pourrait bien préfigurer les défis des décennies à venir, non seulement pour l’Afrique, mais pour l’ordre mondial dans son ensemble.
La junte malienne voulait prouver que la force militaire, soutenue par Moscou, pouvait restaurer l’unité nationale. En réalité, elle démontre que sans une vision politique claire, sans légitimité et sans capacité administrative, la force se consume elle-même. Le Mali n’est pas seulement un front de crise en Afrique. C’est un avertissement pour tous ceux qui croient qu’un changement de partenaire extérieur peut, à lui seul, résoudre les problèmes structurels d’un État.
Le trône est vacant. Après l’élimination prématurée du tenant du titre parisien dès les seizièmes de finale, le RC Lens et l’OGC Nice se retrouvent ce vendredi 22 mai sur la pelouse du Stade de France. Cette confrontation finale cache des objectifs diamétralement opposés pour les deux formations, entre rêve de gloire éternelle et impératifs de survie en championnat.
Le RC Lens à la poursuite d’un sacre historique
Pour beaucoup d’observateurs, l’absence de la Coupe de France dans l’armoire à trophées du RC Lens est une véritable bizarrerie. Bien que le club de l’Artois soit un pilier du football hexagonal, il a échoué lors de ses trois tentatives précédentes en finale, en 1948, 1975 et 1998. Ce vendredi, les hommes de Pierre Sage ont l’opportunité de mettre fin à cette malédiction et d’écrire une page inédite de leur histoire.
Ancien dirigeant emblématique du club, Gervais Martel a rappelé l’importance capitale de ce rendez-vous, soulignant que presque toutes les grandes écuries de l’élite ont déjà remporté ce titre, à l’exception des Sang et Or. Forts d’une saison exceptionnelle conclue à la deuxième place de la Ligue 1, les Lensois partent favoris pour décrocher leur premier titre majeur depuis leur victoire en Coupe de la Ligue en 1999 face au FC Metz. L’attaquant Florian Sotoca a d’ailleurs exprimé son immense détermination à laisser une trace indélébile dans les mémoires du club.
L’OGC Nice entre prestige et opération maintien
La situation est radicalement différente pour l’OGC Nice. Englués à la 16e place de Ligue 1 après une saison chaotique, les Aiglons ont la tête tournée vers un barrage décisif contre Saint-Etienne pour sauver leur place parmi l’élite. Le président du club, Jean-Pierre Rivière, a d’ailleurs admis que cette finale n’était plus la priorité absolue face à l’urgence du maintien.
Cependant, l’entraîneur Claude Puel refuse de galvauder l’événement. Pour le technicien, une finale doit se jouer avec intensité, sous peine d’aborder les barrages avec une dynamique négative. Le dilemme est réel : faut-il préserver les cadres pour le duel à Geoffroy-Guichard le 26 mai ou aligner l’équipe type pour engranger de la confiance ? Le précédent du Stade de Reims, qui avait perdu sur les deux tableaux dans une situation similaire, reste dans toutes les têtes.
Un impact majeur sur les qualifications européennes
Au-delà du trophée, le résultat de ce match sera scruté de près par d’autres clubs français. En temps normal, le vainqueur de la Coupe de France valide son ticket pour la Ligue Europa. Mais le RC Lens étant déjà assuré de disputer la Ligue des champions grâce à son classement en championnat, un succès des Nordistes redistribuerait les cartes européennes.
Si Lens l’emporte, le bénéficiaire direct serait le Stade Rennais, actuel 6e, qui verrait sa qualification en Ligue Conférence transformée en place pour la Ligue Europa. Ce glissement permettrait également à l’AS Monaco, 7e du classement, de récupérer in extremis un ticket européen. Cette finale au Stade de France possède donc des enjeux qui dépassent largement le simple cadre de la vitrine à trophées des deux finalistes.
Le directeur sportif du Paris Saint-Germain, Luis Campos, a surpris tout le monde en réagissant publiquement à une sollicitation en ligne concernant Julian Alvarez. Interpellé par un supporter parisien sur X, il a non seulement ouvert la porte au transfert de l’attaquant argentin mais a aussi précisé les critères que le joueur doit respecter pour rejoindre la capitale française.
Luis Campos, habituellement discret sur les réseaux sociaux, a choisi de briser le silence après qu’un fan du PSG l’a interpellé directement sur X. Le message était clair : « Alvarez mérite sa place au PSG ». Le dirigeant portugais a alors répondu en validant l’intérêt du club pour l’attaquant de l’Atlético Madrid, tout en détaillant les attentes du Paris Saint-Germain envers ses futurs joueurs.
Les exigences du PSG pour un transfert réussi
Dans un message percutant, Luis Campos a partagé sa vision du projet parisien : « À Paris, nous recherchons des profils prêts à s’investir corps et âme pour ce maillot. Ce ne sont pas les primes ou les salaires qui motivent nos choix, mais la passion du beau jeu, l’engagement quotidien à l’entraînement et l’envie de performer avec l’équipe. Ceux qui veulent vivre une aventure footballistique unique, dans une ville emblématique comme Paris, avec un staff technique exigeant et une direction ambitieuse, trouveront leur place. Le mérite sportif reste au cœur de notre philosophie : si vous jouez bien, donnez le meilleur de vous-même et incarnez les valeurs du club, les succès viendront naturellement. Et bien sûr, les récompenses financières suivront. »
Luis Campos se projette serein vers la finale de la Ligue des champions
Dans la foulée de ses échanges sur X, Luis Campos a également évoqué l’état d’esprit du groupe avant la prochaine confrontation en Ligue des champions. « Nous abordons ce rendez-vous avec sérénité, sans pression excessive. L’équipe est en pleine confiance, tout comme le coach et son staff. Chaque jour, nous travaillons pour renforcer ce collectif soudé. Rien n’est jamais facile, mais notre caractère et notre détermination nous distinguent. Nous avançons ensemble, unis comme une seule équipe. »
Ousmane Sonko reçu par l’archevêque de Dakar avant le pèlerinage de Popenguine 2026
Dans un geste symbolique fort, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est rendu à la Cathédrale Notre-Dame des Victoires de Dakar pour une audience avec Monseigneur André Guèye, archevêque métropolitain de la capitale. Cette rencontre, organisée à quelques semaines du grand pèlerinage marial de Popenguine, reflète l’importance accordée par les autorités politiques aux questions de paix sociale et de dialogue interreligieux.
Accompagné de la ministre porte-parole du gouvernement, Marie Rose Faye, ainsi que de la députée Béatrice Germaine Faye, Ousmane Sonko a été chaleureusement accueilli dans un esprit de respect mutuel et de collaboration institutionnelle. Les discussions ont mis en lumière les enjeux de cohésion nationale, alors que le Sénégal se prépare à accueillir l’une des plus grandes manifestations religieuses du pays.
Un échange centré sur la stabilité nationale et la tolérance
Lors de cet entretien, le chef du gouvernement a réaffirmé l’engagement de l’État sénégalais en faveur des valeurs de coexistence pacifique et de tolérance. Il a salué le rôle central des leaders religieux dans le maintien de l’harmonie sociale et la consolidation de l’unité nationale, des piliers essentiels pour un pays aussi diversifié que le Sénégal.
Monseigneur André Guèye, pour sa part, a exprimé sa satisfaction quant à cette visite et a formulé des vœux pour la paix durable, la prospérité collective et la réussite des initiatives en cours pour le développement du pays. La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de sérénité, reflétant l’importance accordée à cet événement religieux majeur.
Popenguine 2026 : un rendez-vous spirituel et social incontournable
Cette visite s’inscrit dans le cadre des préparatifs du pèlerinage marial de Popenguine, prévu pour 2026. Considéré comme l’un des rassemblements les plus emblématiques du Sénégal, cet événement attire chaque année des milliers de fidèles et met en avant les traditions de foi et de solidarité qui animent la nation.
Les autorités politiques et religieuses soulignent ainsi l’importance de ces échanges, qui permettent de renforcer les liens entre les différentes composantes de la société sénégalaise, tout en préparant le terrain pour un pèlerinage marqué par la ferveur et l’unité.
À Koumra, une formation d’envergure destinée aux forces de défense et de sécurité (FDS) a démarré dans l’enceinte du Commissariat central. L’objectif affiché : ancrer durablement le respect des droits humains et l’éthique professionnelle au sein des unités militaires et policières.
Un engagement collectif pour des pratiques irréprochables
Assurer l’ordre public tout en préservant l’intégrité et la dignité des citoyens représente un équilibre délicat. Pour y parvenir, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme et le Programme des Nations unies pour le développement ont lancé une initiative conjointe. Celle-ci s’inscrit dans le cadre du projet visant à renforcer la promotion et la protection des droits humains au Tchad.
Une mobilisation sans précédent des acteurs de terrain
Cette campagne s’adresse à l’ensemble des corps en uniforme : militaires, gendarmes, policiers, ainsi que les membres de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT). Les sessions se tiennent directement au sein des casernes, garantissant ainsi une accessibilité maximale pour les participants. L’enjeu ? Éradiquer l’impunité et restaurer la confiance entre les forces de l’ordre et les populations qu’elles servent.
Des modules adaptés aux réalités professionnelles
Les thématiques abordées couvrent plusieurs axes essentiels : la lutte contre les violences basées sur le genre, l’application stricte des droits humains, et une maîtrise approfondie des textes juridiques spécifiques à la justice militaire. Un accent particulier est mis sur la déontologie de la Gendarmerie, afin de renforcer la rigueur et la transparence dans chaque procédure.
Les échanges, animés par des experts internationaux et des officiers supérieurs, se veulent interactifs et concrets. Études de cas, rappels légaux et débats ouverts rythment ces deux jours de formation intense. L’objectif ? Transformer ces connaissances théoriques en réflexes opérationnels, pour une application quotidienne au service de la justice et des citoyens.
Vers une culture institutionnelle renouvelée
Cette initiative ne se limite pas à une simple transmission de savoirs. Elle vise une révolution culturelle au sein des forces de sécurité. Chaque agent doit devenir un acteur clé de la protection des libertés fondamentales, garantissant ainsi une application équitable et respectueuse des droits humains dans chaque intervention.
Le Tchad franchit ainsi une étape majeure vers une armée et une police alignées sur les standards internationaux. L’enjeu désormais ? Veiller à ce que ces enseignements s’ancrent durablement dans les pratiques professionnelles, pour le bien de tous.
Un inventaire complet des infrastructures nigériennes en cours de réalisation ou abandonnées révèle des dysfonctionnements majeurs, selon les données présentées par le Premier ministre Ousmane Sonko.
Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, Ousmane Sonko a présenté un bilan détaillé des 245 actifs et projets identifiés à travers les différents ministères. Ces infrastructures, réparties en quatre catégories patrimoniales, soulèvent des enjeux financiers et opérationnels majeurs pour l’État.
Quatre catégories d’infrastructures à surveiller
1. Les actifs dormants : infrastructures achevées mais non exploitées
Parmi les 30 projets achevés mais non mis en service, 25 sont actuellement bloqués, représentant un investissement gelé de 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets ont été classés comme prioritaires en raison de leur impact financier et des blocages persistants.
2. Les infrastructures recyclables ou valorisables
Vingt-trois actifs déjà en service pourraient être optimisés ou réaffectés. Répartis dans huit secteurs différents et gérés par 13 entités, ces infrastructures ont une valeur estimée à 1 065 milliards de francs CFA.
3. Les projets en cours nécessitant un achèvement urgent
Sur les 94 projets en cours, 62 sont bloqués. Leur coût total s’élève à 5 227 milliards de francs CFA, avec un besoin de financement complémentaire de 973 milliards pour les finaliser.
4. Le patrimoine immobilier et foncier recyclable
L’État nigérien recense 97 biens, dont 91 situés à Dakar. Leur valeur marchande globale est estimée à 132 milliards de francs CFA, tandis que leur rénovation nécessiterait un budget de 12,1 milliards.
Les causes des blocages : un cocktail de dysfonctionnements
Les retards et les arrêts de projets s’expliquent par plusieurs facteurs :
Blocages financiers (42 projets) : insuffisance de crédits, non-paiement des échéances ou défauts de paiement entraînant l’arrêt des travaux et l’absence d’équipements.
Blocages techniques (18 projets) : manque de coordination entre les acteurs, défauts de raccordement, équipements manquants ou sites non disponibles.
Blocages juridiques (14 projets) : conflits juridiques, marchés annulés, blocages administratifs ou absence de statut institutionnel formalisé.
Blocages opérationnels (13 projets) : infrastructures achevées sans modèle d’exploitation ou de gestion, parfois depuis plusieurs années.
Parmi les causes récurrentes, Ousmane Sonko cite également l’inadéquation entre les infrastructures et les besoins réels, ainsi que l’absence de réception formelle delaying leur mise en service.
Des mesures immédiates pour limiter les pertes
Face à cette situation, le Premier ministre a annoncé deux décisions majeures :
La création d’un comité spécialisé à la Primature pour approfondir l’inventaire et proposer des solutions concrètes.
Une demande formelle de compléter l’inventaire, jugé incomplet, afin d’identifier l’ensemble des infrastructures concernées.
Ousmane Sonko a également insisté sur la nécessité d’anticiper les problèmes techniques liés aux raccordements hydrauliques et électriques, et de repenser la planification des infrastructures pour inclure leur exploitation dès la conception. Il a dénoncé les pertes colossales engendrées par ces dysfonctionnements, attribuant les retards aux roublardises, négligences et laxismes de certains acteurs. Il est désormais impératif d’appliquer une tolérance zéro face à ces manquements, a-t-il conclu.
Un échange empreint de cordialité entre le Premier ministre et l’Archevêque de Dakar
Le Premier ministre Ousmane Sonko a rencontré aujourd’hui Monseigneur André Guéye en visite de courtoisie, à moins d’une semaine du célèbre pèlerinage marial de Popenguine. Cette entrevue s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse, favorisant des discussions apaisées et constructives.
Au cours de ce tête-à-tête, les deux personnalités ont évoqué des enjeux cruciaux pour le Sénégal, notamment la promotion de la paix, le renforcement de la cohésion sociale et l’amélioration du vivre-ensemble. Ces thématiques résonnent d’autant plus à l’approche d’un événement religieux majeur comme celui de Popenguine, qui attire chaque année des milliers de fidèles.
Des prières pour un Sénégal uni et prospère
Monseigneur André Guéye a profité de cette occasion pour adresser des vœux de stabilité, de paix et de prospérité au Sénégal. Ses prières s’inscrivent dans la perspective de l’imminent pèlerinage de Popenguine, un moment fort de spiritualité et de rassemblement pour la communauté catholique.
Une visite protocolaire dans la capitale sénégalaise
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’est rendu aujourd’hui en visite de courtoisie auprès de Monseigneur André Guéye, quelques jours avant le traditionnel pèlerinage marial de Popenguine. Ce rendez-vous, placé sous le signe du dialogue et de la convivialité, a permis un échange approfondi entre les deux personnalités.
Des échanges centrés sur l’unité nationale
Lors de cette entrevue, le chef du gouvernement et l’archevêque de Dakar ont évoqué ensemble les enjeux de paix sociale, de cohesion nationale et de vivre-ensemble au Sénégal. Une attention particulière a été portée à l’importance de maintenir un climat serein à l’approche de l’événement religieux.
Des prières pour un Sénégal uni et prospère
À l’issue de la rencontre, Monseigneur André Guéye a exprimé ses vœux pour un Sénégal stable, paisible et florissant, en lien avec la dimension spirituelle et rassembleuse du pèlerinage de Popenguine. Chaque année, ce rassemblement attire des milliers de fidèles catholiques, renforçant ainsi le tissu social sénégalais.
Quelques jours avant l’Aïd al-Adha, les artères de Niamey se transforment en autoroutes à bétail. Les camions s’immobilisent en file indienne aux portes des marchés, tandis que les étals regorgent de moutons. Pourtant, l’abondance affichée ne se traduit pas par une baisse des tarifs : l’inflation étouffe le budget des habitants.
Niamey, fin mai 2026 – Le spectacle est saisissant : des troupeaux à perte de vue, des bêlements résonnant entre les ruelles, et cette odeur caractéristique qui imprègne l’air. Les routes asphaltées et les pistes de terre sont sillonnées par des convois de camions lourds, venus des quatre coins du Niger pour alimenter les étals de la capitale. Niamey vit au rythme de l’Aïd, mais cette année, la fête rime avec dépenses exorbitantes.
Contrairement à 2025, marquée par une relative modération des prix, l’édition 2026 confirme la tendance à la hausse, plongeant les ménages dans l’embarras. Les familles, déjà fragilisées par la hausse généralisée des produits de base, doivent désormais faire face à ce nouveau choc tarifaire.
Des écarts de prix vertigineux sur les marchés de Niamey
Sur les places de vente, les étiquettes des moutons affichent des chiffres qui donnent le vertige. Les tarifs oscillent désormais entre 85 000 et 450 000 FCFA, selon la catégorie de l’animal. Voici ce que révèlent les dernières cotations :
Segment d’entrée (80 000 – 100 000 FCFA) : des agneaux ou jeunes moutons, idéaux pour les budgets serrés, mais dont la qualité laisse souvent à désirer.
Gamme intermédiaire (120 000 – 200 000 FCFA) : la catégorie la plus plébiscitée par les classes moyennes. Ces bêtes, bien charpentées, représentent déjà un effort financier conséquent pour de nombreuses familles.
Haut de gamme (250 000 – 450 000 FCFA) : des spécimens imposants, parfois issus de races rares, réservés à une clientèle aisée. Un luxe désormais inaccessible pour l’immense majorité des Nigériens.
L’inflation frappe aussi les condiments essentiels
Le piment sec, star des grillades de l’Aïd, subit lui aussi les affres de la hausse des prix. Malgré des stocks largement suffisants, son coût a explosé en une semaine. Un sac de 100 kg, qui coûtait 20 000 FCFA la semaine dernière, s’affiche désormais à 30 000 FCFA. À l’unité, la petite mesure de 800 grammes se monnaie à 1 000 FCFA.
Le pouvoir d’achat des Nigériens mis à rude épreuve
« On voit des moutons partout, mais personne ne peut se les offrir », confie un client désabusé devant un marché de la périphérie de Niamey. Ce constat reflète l’état d’esprit général dans la capitale. À l’approche de l’Aïd al-Adha, la pression sur les finances des familles nigériennes atteint des sommets.
Malgré l’afflux massif de bétail et la diversité des offres, la spéculation et la frénésie des derniers jours risquent de marginaliser une partie de la population. Résultat : pour beaucoup de foyers, cette Tabaski 2026 s’annonce sous le signe des sacrifices et des compromis douloureux.
L’Institut national de la statistique (INS) vient de publier l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) pour le mois d’avril 2026. Les chiffres révèlent une trajectoire macroéconomique spectaculaire : le Niger s’enfonce dans une déflation record de -8,5 %. Pourtant, sur les marchés, la réalité à court terme apparaît bien différente. Plongée analytique au cœur d’un grand écart économique.
Niamey, 21 mai 2026 — C’est l’histoire d’un chiffre qui soulage les économistes, mais qui fait froncer les sourcils des ménages. En avril 2026, l’indice général des prix à la consommation s’est établi à 98,8 points. Derrière cette statistique se cache un phénomène rare dans l’espace UEMOA : le Niger traverse une période de déflation structurelle, avec une baisse généralisée des prix de 7,5 % sur un an, tandis que la moyenne annuelle chute à -8,5 %.
À titre de comparaison, la norme de convergence de l’UEMOA fixe un plafond d’inflation à +3 %. Le Niger ne se contente donc pas d’être en dessous : il a littéralement inversé la courbe. Concrètement, un panier de biens qui valait 10 000 FCFA en avril 2025 n’en coûte plus que 9 250 FCFA aujourd’hui. Cette bouffée d’oxygène est principalement portée par deux secteurs clés :
L’éducation : un recul massif de -15,5 % des frais de scolarité ;
L’alimentation générale : une baisse globale de -15,2 % sur un an.
Cependant, lorsqu’on zoome sur les trente derniers jours, la mécanique semble s’enrayer. Bienvenue dans le paradoxe nigérien.
L’illusion déflationniste face au choc des huiles et des céréales
Si la tendance annuelle paraît rassurante, l’analyse mensuelle révèle un signal d’alerte. Entre mars et avril 2026, les prix ont progressé de 0,7 %. Une hausse modérée en apparence, mais particulièrement brutale dans sa composition, car elle touche directement les produits de base du quotidien nigérien.
Ainsi, les huiles végétales ont enregistré une flambée de +10,1 % en seulement un mois, provoquant un choc immédiat sur les dépenses alimentaires des ménages. Dans le même temps, les céréales non transformées ont augmenté de +1,2 %, accentuant davantage la pression sur des aliments essentiels comme le mil ou le sorgho.
Une hausse de plus de 10 % en quatre semaines sur l’huile végétale constitue un véritable micro-séisme pour les budgets familiaux. Pour les foyers les plus vulnérables, dont l’essentiel des revenus est consacré à l’alimentation, cette tension mensuelle efface rapidement le sentiment de soulagement associé aux statistiques annuelles. Car, dans la réalité quotidienne, les consommateurs n’achètent pas des tendances macroéconomiques ; ils achètent de l’huile, des céréales et des produits de première nécessité.
Décryptage : pourquoi la déflation reste une arme à double tranchant
D’où vient ce recul global de 7,5 % sur un an ? Il s’explique en grande partie par le contre-coup technique de la réouverture des frontières et par la stabilisation progressive des circuits d’approvisionnement après les perturbations liées aux crises de 2023-2024. À cela s’ajoutent les bonnes performances de la production agricole locale enregistrées l’année précédente. En d’autres termes, l’économie nigérienne absorbe progressivement l’inflation exceptionnelle provoquée par les années de tensions commerciales et logistiques.
Toutefois, en économie, la déflation n’est pas toujours synonyme de bonne santé. Si elle redonne temporairement du pouvoir d’achat aux consommateurs, une baisse prolongée et excessive des prix comporte également plusieurs risques structurels.
Le premier danger concerne les marges des producteurs. Lorsque les prix alimentaires chutent fortement, les agriculteurs et les éleveurs voient leurs revenus diminuer, ce qui peut freiner la production à moyen terme et décourager les investissements agricoles.
Le second risque est celui de l’attentisme économique. Dans un contexte où les prix baissent durablement, les entreprises comme les ménages les plus aisés peuvent être tentés de reporter leurs achats ou leurs investissements dans l’espoir de prix encore plus bas. Cette prudence ralentit alors la circulation de la monnaie et freine l’activité économique.
Le verdict des analystes
Le Niger évolue aujourd’hui sur une ligne de crête particulièrement étroite. D’un côté, la baisse des frais de scolarité et le recul annuel des prix alimentaires contribuent à stabiliser les fondations économiques du pays. De l’autre, la flambée soudaine de produits essentiels comme l’huile végétale rappelle que les marchés restent extrêmement sensibles aux perturbations d’approvisionnement, aux variations saisonnières et à la spéculation locale.
Pour les autorités, le défi ne consistera donc pas uniquement à maintenir le Niger sous le plafond inflationniste fixé par l’UEMOA. Il faudra également contenir ces tensions ponctuelles sur les produits de base afin que les performances macroéconomiques publiées par l’INS se traduisent concrètement par une amélioration durable du quotidien des ménages nigériens.
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