La rébellion de l’AFC/M23, qui tient sous son contrôle de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, bénéficie toujours d’un appui militaire massif des Forces rwandaises de défense (RDF). C’est ce qu’établit le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies, remis au Comité du Conseil de sécurité en mai dernier et examiné en juin 2026. Les experts ont documenté la présence continue des RDF sur le terrain, ainsi que l’arrivée de renforts dans les deux provinces.
Le document révèle que les RDF sont engagées sur plusieurs fronts, utilisant des technologies de pointe, des drones, des équipements de guerre électronique et des forces spéciales. Ce soutien opérationnel permet à l’AFC/M23 de consolider ses positions et de mener des offensives.
Le rapport remet en cause l’argument avancé par Kigali pour justifier son intervention militaire. Les RDF ont mené des opérations dans des zones où aucune présence des FDLR n’avait été signalée, notamment à Uvira, affaiblissant la thèse de la légitime défense.
En décembre 2025, le déploiement des RDF dans l’est de la RDC était estimé entre 8 000 et 10 000 hommes au Sud-Kivu, et entre 6 000 et 8 000 au Nord-Kivu. Aucun retrait significatif n’a été observé par la suite ; seules des rotations et des renforts ont eu lieu.
« Le personnel des RDF était intégré à des bataillons mixtes aux côtés d’éléments du M23, notamment des unités de commandos originaires de Bigogwe, Rubavu et Cyangugu. Récemment, des éléments des RDF déployés en République démocratique du Congo ont commencé à utiliser des uniformes du M23 afin d’éviter d’être repérés. Pour les mêmes raisons, les mouvements de troupes étaient principalement effectués de nuit », explique le rapport du Groupe d’experts des Nations unies.
Ce nouveau rapport intervient alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se dégrader, malgré l’Accord de Washington et les multiples réunions d’évaluation. Les tensions entre Kinshasa et Kigali persistent, chaque camp interprétant différemment les dispositions de cet accord, ce qui complique sa mise en œuvre un an après sa signature.
Le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar, n’a pas non plus permis de rapprocher les positions. Les discussions de Montreux, en Suisse, n’ont pas produit les résultats attendus. Les engagements n’ont pas été respectés, et la détérioration de la situation au Moyen-Orient a relégué ce dossier au second plan, ralentissant les efforts de médiation.
