Sénégal : l’Indonésie, un allié clé pour décupler la production d’huile de palme

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Le Sénégal mise sur un partenariat stratégique avec l’Indonésie pour relancer sa filière oléagineuse et briser sa dépendance aux importations massives d’huile de palme.

Un projet ambitieux de 60 000 hectares de plantations de palmiers à huile a été présenté le 11 septembre à Dakar, lors d’un échange diplomatique avec l’ambassadeur indonésien. Ce plan, cinq fois plus vaste que les surfaces actuelles, vise à transformer durablement le secteur et à réduire la facture des importations qui pèsent sur l’économie. Les deux pays planchent désormais sur la création d’un groupe de travail mixte pour concrétiser ce virage.

Une filière à la traîne depuis dix ans

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : malgré des besoins croissants, la production sénégalaise d’huile de palme stagne depuis près de dix ans. Les données officielles révèlent une surface cultivable à peine supérieure à 11 800 hectares, avec une production annuelle plafonnée à 14 000 tonnes. Pendant ce temps, la demande intérieure explose, poussant les autorités à importer en moyenne 148 000 tonnes chaque année, pour un coût dépassant parfois 100 millions de dollars annuels.

Cette dépendance aux importations, jugée coûteuse et risquée, s’inscrit en contradiction avec les objectifs de souveraineté alimentaire du pays. Pour y remédier, le gouvernement a choisi d’agir à la source : en développant massivement la production locale.

L’expertise indonésienne, un atout majeur pour le Sénégal

Avec une production mondiale de 46,7 millions de tonnes en 2025, l’Indonésie domine le marché de l’huile de palme et détient un savoir-faire inégalé en matière d’innovation variétale, de gestion des plantations et de transformation industrielle. Pour le Sénégal, l’enjeu est double : non seulement étendre les surfaces cultivées, mais aussi s’approprier ces technologies pour structurer une filière enfin performante.

Les discussions en cours devraient permettre de finaliser un cadre opérationnel, incluant des transferts de compétences et des partenariats industriels pour garantir une montée en puissance rapide et durable.

L’Afrique déjà gagnée par la stratégie indonésienne

Le Sénégal n’est pas le seul pays africain à s’inspirer du modèle indonésien. En 2025, la Tanzanie a signé un accord de coopération avec l’Association indonésienne de l’huile de palme (GAPKI) pour renforcer les compétences locales et améliorer la productivité. Le Nigeria, premier producteur africain, a également engagé un protocole d’accord en 2024 pour échanger savoir-faire et technologies.

Ces exemples démontrent que le transfert de technologies et l’accompagnement technique sont des leviers efficaces pour des pays en quête de souveraineté oléagineuse. Reste à savoir si le Sénégal saura tirer profit de cette opportunité stratégique.