Solidarité de l’UA envers le Mali face aux menaces terroristes

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L’Union africaine réaffirme son appui indéfectible au Mali malgré les défis persistants

Lors d’une visite officielle à Bamako, le président de la Commission de l’Union africaine a confirmé le maintien de son soutien au gouvernement malien, en dépit de la suspension du pays en 2021. Mahmoud Ali Youssouf a souligné que la stabilité du Mali constituait une priorité pour l’ensemble du continent africain, refusant toute logique d’isolement. Cette position s’accompagne d’une coopération renforcée via des mécanismes comme la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL) et le représentant spécial de l’organisation.

Bamako, Mali | Monument rendant hommage aux forces armées maliennes après des attaques rebelles (illustration)

Un soutien politique qui doit se traduire par des actions concrètes

Les déclarations de solidarité ne suffisent plus, selon certains observateurs. Alioune Tine, analyste indépendant et fondateur du centre Africa Jom Center, insiste sur la nécessité pour l’UA d’adopter une posture plus proactive. « Il est temps que le président de la Commission de l’Union africaine passe des mots aux actes en mobilisant des ressources humaines et matérielles, notamment en sollicitant l’engagement de troupes africaines pour épauler Bamako dans sa lutte antiterroriste », plaide-t-il.

Les limites structurelles de l’Union africaine face à la crise malienne

Malgré la priorité accordée au dialogue, l’Union africaine fait face à des défis majeurs. La remise en cause de l’Accord d’Alger par les autorités maliennes complique davantage la recherche de solutions. Les alliances entre séparatistes du Nord et groupes jihadistes, comme le Jnim, exacerbent les tensions, tandis que l’organisation continentale, bien que refusant toute légitimité à ces coalitions, peine à imposer une feuille de route commune.

Addis-Abeba, Éthiopie | Mahmoud Ali Youssouf s'exprimant lors d'un sommet de l'UA en 2026

Aly Tounkara, chercheur au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, pointe les contradictions internes de l’UA. « Comment envisager un soutien militaire ou renseignement efficace quand les États membres ne parviennent même pas à harmoniser leurs positions ? L’organisation reste tributaire des financements extérieurs, ce qui limite considérablement son autonomie et son efficacité », analyse-t-il.

Entre condamnation des alliances terroristes, défense de l’intégrité territoriale du Mali et contraintes géopolitiques, l’Union africaine oscille entre discours diplomatique et impuissance opérationnelle. Cette visite de Mahmoud Ali Youssouf à Bamako pourrait-elle marquer un tournant ou rester un simple symbole de solidarité ?